Aider ? Avec quelle ressource ?

  • Qui suis-je moi qui prétends aider ?
  • Quelles sont mes motivations ?
  • Le droit de douter.
  • Etre à l’écoute de soi.
  • Se relier à ce qu’on veut vraiment.
  • Aider, ça sert à quoi ?

Parfois, des questions judicieusement posées, nous aident à nous resituer et à nous réconcilier avec notre désir le plus profond. Aidants, soignants, n’allez pas trop vite, prenez le temps de laisser surgir en vous vos propres réponses aux questionnements de cet article… et de vous ouvrir à la petite histoire qui le suit. De par mon métier, je me retrouve presque quotidiennement en présence d’aidants. La plupart du temps, stimulés par ce qui – en eux – les a poussés à faire ce métier difficile, ils savent très bien pourquoi ils agissent. Cohérents avec eux-mêmes, ils n’ont pas d’états d’âme et avancent… Parfois cependant, et de plus en plus dans ce monde où les lieux d’aide doivent être rentables, certains d’entre eux doutent, ils doutent du bien fondé de leurs actions. Dans un environnement qu’ils ont de plus en plus de mal à considérer comme favorable à la qualité humaine de ce qu’ils veulent faire, le questionnement peut surgir, percutant à l’intérieur d’eux-mêmes :

  • Ça sert à quoi, tout ce que je fais là ?
  • Peut-être que je me suis trompé(e) dans mon choix professionnel ?
  • Est-ce que je ne suis pas en train de m’épuiser pour rien ?

En fait, ces questionnements fonctionnent un peu pour eux comme une épreuve, une stimulation. Ils sont l’opportunité qui s’offre pour vérifier le sens et la valeur que les aidants donnent à leur métier et à leurs actes. Sans ces doutes, peut-être tomberaient-ils dans le ronronnement (si peu stimulant) de l’habitude : « Je suis obligé(e) de faire ce boulot dans ces conditions, j’en ai marre, mais j’ai pas le choix. » Au cœur de cette remise en cause, certains pensent que ce qu’ils font ne sert plus à rien parce qu’ils sentent ne pas avoir les moyens adaptés et surtout ne pas avoir le temps de le faire bien ! En s’écartant (malgré eux le plus souvent) du sens qu’ils veulent donner à leur relation d’aide, ils en arrivent à perdre le sens même de leur rôle. Un peu comme si, sur un champ de bataille, un soignant sentant le peu de possibilités qu’il a d’agir, comparé à l’ampleur et à l’horreur de la situation, en arrivait à se persuader qu’il n’a d’autre alternative que la fuite. C’est à ce moment-là que l’aidant a le plus besoin de se souvenir qu’il a le droit d’en avoir marre et besoin de savoir pourquoi il fait ce qu’il fait. Peut-être alors – sur cette base – se sentira-t-il mieux ? Peut-être se sentira-t-il enfin respecté (par lui-même), comme rasséréné par sa capacité à se situer authentiquement par rapport à ses besoins. Là, peut-être osera-t-il se détendre pour faire une pause… Et n’étant plus contraint par une force extérieure à lui qui l’enjoint de « faire » quelques soient les circonstances, il pourra s’ouvrir à ce qui, à l’intérieur de lui, demande à se faire entendre. Il prendra alors conscience qu’il n’est pas, surtout pas, l’héroïne ou le héros sur lequel repose tout l’édifice et, pas à pas, le plus souvent dans l’ombre, il agira avec simplicité et humilité pour donner du sens à ce à quoi il croit. C’est alors qu’il lui deviendra possible – comme au vieil homme de cette petite histoire – de s’ouvrir à la réalité telle qu’elle est. Un jour, un vieil homme allait et venait sur une plage de sable, et rejetait à l’océan les étoiles de mer que les vagues avaient emportées sur la grève. Un promeneur qui l’observait lui demanda :

  • Grand-père, que fais-tu là ?
  • C’est la marée basse maintenant, et en conséquence, beaucoup d’étoiles de mer se retrouvent sur le rivage. Si elles ne sont pas rapidement rendues à l’océan, elles vont mourir asphyxiées.
  • Mais ce sont des milliers d’étoiles qui sont jetées sur le rivage chaque jour, et je suis sûr qu’il n’est pas possible de toutes les ramasser. Tu ne peux pas y changer grand chose, dit le promeneur.

Le vieil homme sourit en entendant ces paroles. Il prit une étoile de mer dans la main, la lança dans l’océan et dit :

  • Ça a changé quelque chose pour celle-ci.

© 2004 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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