Méchanceté

Réflexion n° 5 :

« La méchanceté est l’expression tragique de l’amertume des gens qui n’ont pas pris soin de leur souffrance », explique le psychologue Marshall B. Rosenberg, créateur de la Communication Non Violente.

Il est vrai qu’ordinairement nous ne sommes pas enclins à tenter de comprendre les causes des comportements de ceux que nous jugeons méchants !

Pourtant si nous nous observons nous-mêmes, nous conviendrons facilement que c’est bien parce que nous avons un problème et que nous souffrons que nous sommes parfois en colère et dans le ressentiment contre des tiers.

Puisque ce qui est vrai pour nous est évidemment vrai pour les autres, allons nous pouvoir nous souvenir que quand l’autre nous apparaît comme méchant, il ne fait qu’exprimer maladroitement sa souffrance ?

Ainsi pourrons-nous peut-être adapter nos comportements en conséquence.

Regarder les choses « telles qu’elles sont », c’est donc oser regarder objectivement ce qu’il y a de plus subjectif en nous (et découvrir les causes cachées de notre agressivité). Ce qui nous aidera à appréhender objectivement ce qu’il y a de plus subjectif en l’autre en n’étant plus dupe des causes cachées de ses émotions. Ce qui nous permettra de le comprendre et ne nous empêchera nullement de l’avoir à l’œil s’il devient objectivement menaçant pour nous.

© 2014 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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CC BY-NC-SA 4.0 Méchanceté par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

12 réflexions au sujet de « Méchanceté »

  1. Brigitte

    Cette réflexion est vraiment salutaire pour ma vie si je pense à l’appliquer dans les « moments cruciaux » car elle change mon regard sur l’autre et donc est susceptible de changer ma vie : Au lieu de m’apitoyer sur moi (pauvre victime du méchant), je regarde l’autre et le vois vraiment ; au lieu de tourner en rond dans ma colère, j’en sors et je compatis avec l’autre ; au lieu de m’enfermer dans la rancune, je fais le chemin pour aller vers l’autre ; et, j’ose l’écrire, au lieu de cultiver l’aigreur, je cultive l’amour. Merci !

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Le programme semble alléchant mais les choses ne sont pas si faciles ! Avoir compris quelque chose avec la tête (ce à quoi servent ces réflexions) ne nous permet pas pour autant de l’appliquer aussi facilement.
      Comprendre et pratiquer que l’autre est un autre et qu’il n’est donc pas nécessairement méchant est déjà immense. Quant à aller vers « le méchant », compatir et l’aimer, nous n’en sommes pas là et il me semble très idéaliste (donc dangereux pour nous) de pouvoir penser que nous pourrions en être là !

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  2. Catherine

    Bonjour ! Je suis un peu embarrassée, pour moi il existe vraiment des gens méchants, des gens qui se réjouissent du malheur des autres, il y a aussi les haineux pathologiques, les pervers narcissiques, les manipulateurs en tout genre, les violeurs de vie privée, les violeurs tout court, les violents, ceux aussi qui se fichent bien pas mal de votre amour et de votre compassion, j’ai été élevée dans la religion judéo chrétienne, où on me demandait de prier pour eux, pour qu’ils deviennent meilleurs de les regarder avec pitié et empathie n’a jamais rien changé dans leurs comportements, un sourire un bonjour une main tendue n’a rien changé et devenir méchant soit même ne changera rien non plus, tout ce que j’ai trouvé pour l’instant, c’est de les tenir à l’écart de ma vie et je peux vous dire qu’il ne reste plus beaucoup de monde !

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      1. Catherine

        Merci pour le lien, merci pour ce site, une personne méchante peut facilement basculer dans la dangerosité sous peu qu’elle soit désinhibée par l’alcool par exemple ou autre chimie, les méchant(e)s me font peur, merci encore.

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Oui et il est important de l’avoir à l’oeil pour ne pas en devenir la victime. (Cela s’appelle se protéger et se défendre et il est toujours juste de le faire.)

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  3. Pascale

    Oui, comme cela est vrai ! J’en ai fait à nouveau l’expérience moi-même, alors que nous nous retrouvions les 3 frère et soeurs pour venir faire un dernier adieu à notre petite soeur, placée sous coma artificiel des suites de la rupture de plusieurs anévrismes cérébraux. Dans notre famille, dès que nous sommes rassemblés plus d’une journée l’échange devient vite agressif. Et surtout, hormi le fait qu’aucun de nous n’est vraiment en mesure d’accepter l’autre tel qu’il est, il y a, inconsciemment, des jeux de pouvoir. La plupart du temps, il y a « tension » de part et d’autre et nous nous « aboyons » vite dessus, parfois il y a des « méchancetés » échangées, blessantes pour chacun et chacune.
    A mon retour chez moi, sachant que cela n’est pas juste et souffrant terriblement de cet état de fait, surtout lors d’une rencontre qui se devait être dans la paix et le respect due à la situation de notre petite soeur, j’ai pris la résolution d’être beaucoup plus vigilante vis-à-vis de moi-même afin d’ éviter de rentrer dans le système familial habituel, de me contrôler plus et surtout de laisser à l’autre la liberté de son ressenti sans vouloir toujours interférer et ainsi de blesser « involontairement » l’autre.

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  4. Pascale

    Bonjour,

    Cette réflexion est en effet très intéressante. Toutefois, je pense qu’il est difficile de la mettre à profit si on n’a pas soi-même pris soin de ses souffrances, et surtout, si on n’en a pas tout d’abord pris conscience. Car pour prendre soin de ses souffrances, encore faut-il en avoir au préalable pris conscience…

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui parfaitement, la compréhension des motivations des autres n’est possible que pour celui qui a préalablement pris soin de ses propres souffrances.
      Il est donc possible de faire un mauvais usage de cette réflexion, par exemple en culpabilisant d’avoir du ressentiment contre le méchant. (Sous le prétexte qu’il souffre)

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  5. florence

    La méchanceté, c’est beaucoup de ressenti face à une réalité dans le vécu d’autrui.
    Par rapport à mon vécu, j’ai souvent ressenti mon mari comme « méchant » car je ne cherchais pas à comprendre sa réaction à l’évènement et que sa réaction ne me facilitait pas la vie ou en tout cas, n’allait pas vers le même objectif que le mien. Mais ce n’était pas de la méchanceté. C’était une frustration que je vivais comme une réaction méchante de sa part.
    Depuis que j’ai compris cela, j’accepte bien mieux ses prises de positions, même si je ne suis pas d’accord.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, tout dépend du contexte :
      Nous pouvons employer le mot « méchant » contre l’autre afin de nous mettre à distance de lui grâce à notre jugement.
      Mais un pervers, par exemple, peut jouer avec nous en nous manipulant et il est important dans ce cas que nous nous donnions les moyens de le reconnaitre objectivement comme dangereux…

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  6. Agata

    Bonjour,

    Cette réflexion sur la méchanceté me semble très intéressante parce qu’elle touche, me semble-t’il, à la question du bien et du mal, à notre discernement et à notre positionnement face « au mal méchant » comme dirait Gilles Vignault.
    Je pense qu’on a tendance à assimiler agressivité et méchanceté, hors il est nécessaire quelquefois de hausser de ton et de faire preuve de dureté pour remettre à leur place les personnes excessivement critiques et/ou envahissantes et leur faire comprendre ce qu’elles font ressentir aux autres. Quand l’autre tente de nous faire du mal, consciemment ou inconsciemment, il est psychologiquement sain de ne pas être dupe, de ne pas l’accepter et de lui renvoyer très clairement notre fin de non recevoir et son mal dans sa propre figure. Ce n’est pas ajouter du mal au mal que de maintenir fermement nos propres frontières.
    Comprendre que c’est la souffrance qui rend méchant est utile d’abord et surtout pour ne plus prendre pour soi la méchanceté d’une personne et apprendre progressivement à ne plus être personnellement atteint. Cela peut aussi permettre dans certains cas de désamorcer la méchanceté d’une personne qui, n’étant pas trop éloignée de sa propre souffrance, n’attend qu’un geste de compréhension de l’autre pour la reconnaître et y faire face. On est alors plus dans le cas de « l’ours mal léché » en attente d’affection que du haineux ayant fait de la méchanceté un mode de vie.
    Car souvent les « méchants » refusent de reconnaître une souffrance qui les rendraient vulnérables. Ils redoublent alors de hargne face à une attitude désireuse de les « désarmer » de leur méchanceté protectrice, et deviennent d’autant plus haineux et destructeurs qu’ils sont intensément jaloux d’une bonté dont eux-mêmes sont désespérément « coupés ». Leur méchanceté leur servant à transférer sur l’autre leur trop plein de souffrance, parfois jusqu’au sadisme et à la perversion, il est indispensable de savoir la reconnaître clairement comme telle et de s’en protéger fermement. Percevoir la blessure intérieure lancinante de l’autre parce qu’elle entre en résonance avec la sienne propre ne doit pas nous leurrer sur la destructivité potentielle de celui que n’a encore fait aucun travail sérieux sur lui-même.
    La véritable bonté pour le méchant et pour soi-même n’est pas dans la tolérance complaisante mais dans la justesse, dans le fait de ne pas être dupe. Si le méchant se retrouve complètement seul à cause de sa méchanceté, cela peut être pour lui l’opportunité d’une réflexion, d’une prise de conscience et d’un changement d’orientation. C’est à chacun d’entre nous qu’il incombe de faire face sans complaisance au mal que tous nous portons en nous, de le comprendre et de le nommer comme tel pour pouvoir l’assumer puis s’en séparer sans ambiguïté.

    Il m’a fallu beaucoup de temps et recevoir beaucoup de coups, pour comprendre tout ça, moi à qui on avait appris qu’en étant « gentille » avec tout le monde, tout irait bien pour moi !

    Agata

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