Irritation

Réflexion n° 38 :

L’irritation est l’amie de celui qui cherche à se connaître, à condition qu’il soit d’accord pour la regarder de près plutôt que de la justifier (« c’est normal que je sois irrité après ce qu’il m’a fait ») en se racontant que s’il est irrité c’est forcément de la faute des autres.

Pourquoi en effet serait-ce toujours de la faute des autres ?

Je me souviens que sur son blog une femme réagissait à l’un de mes articles sur la relation parents / enfants dans lequel je développais que quand les parents criaient sur leurs enfants, ils les traumatisaient, et qu’il fallait donc éviter de le faire pour ne pas leur faire du mal.

Elle avait écrit ceci : « Ce discours m’énerve au plus haut point, quand y’en a marre, y’en a marre ! »

On peut trouver deux raisons complémentaires à une telle réaction.

D’une part, il y a des chances que cet article ait parlé d’elle dans son rapport à ses propres enfants, d’autre part ces propos ne l’auraient pas tant irritée si elle n’avait pas dans le fond l’intime conviction qu’ils disaient vrai.

Car nous ne sommes irrités que par ce que nous n’aimons pas chez nous.

« Qui juge se dénonce, qui accuse se défend, qui médit se raconte » dit le proverbe. On pourrait ajouter « qui est irrité se démasque », ou (comme le disent avec simplicité les enfants) : « c’est celui qui dit qui y est. »

Pour reprendre l’exemple cité plus haut, quelqu’un qui parle toujours gentiment à ses enfants ne peut pas être irrité par un article dénonçant les « parents hystériques ».

L’irritation s’avère donc être un bon moyen à notre disposition pour faire apparaître notre inconscient. Notre part d’ombre. Des fonctionnements en nous que nous n’aimons pas et que nous tenons cachés.

En fait nous sommes irrités par nous-mêmes au moment même où nous reconnaissons – en l’autre – le reflet de ce que nous sommes intérieurement et que nous refusons avec obstination d’être.

« Celui qui ne se voit pas lui-même n’arrête pas de parler des autres. Il passe son temps à repérer et à mépriser en autrui des fautes et des faiblesses qui sont en fait camouflées et refoulées en lui-même », explique Swâmi Prajnânpad.

Lorsque nous serons vraiment persuadés que ce qui nous irrite chez l’autre est en nous, plus ou moins caché, nous pourrons nous servir de l’irritation pour mieux nous connaître.

Faisons le pari que puisque pour cette femme il était culpabilisant donc insupportable de convenir qu’il était dommageable pour les enfants de leur « crier dessus », il ne lui restait pas d’autre possibilité – dans la contradiction qui était la sienne – que de justifier ses propos par son débordement émotionnel.

Dès lors que nous refusons quelque chose en nous-mêmes, nous nous condamnons à le refuser chez les autres et – à travers notre irritation – nous nous démasquons.

Car, s’il est vrai que les personnes agissent toujours en fonction de ce qu’elles sont, pourquoi devrions-nous être irrités par elles ?

Si nous sommes d’accord pour que les autres aient les réactions qu’ils ont, l’irritation tombe d’elle-même. Alors nous pouvons entendre leurs propos sans y ajouter notre part émotionnelle.

Sachant cela, nous pourrons peut-être nous réjouir – lors de l’expression de notre prochaine irritation (ou de la suivante !) – d’avoir l’opportunité donc la chance d’apprendre quelque chose sur nous.

© 2015 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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34 réflexions au sujet de « Irritation »

  1. Lidia

    Ma fille s’est fait casser sa voiture et voler son telephone qu’elle avait laissé sur le siege conducteur. Quand elle m’a appellé pour me le dire, et qu’en plus elle accusait la terre entière pour son innatention, je me suis sentie en colère. Je me suis dit : quelle idiote, elle avait qu’à mettre un panneau servez vous sur la voiture!!
    Et puis la colère montant, je me suis dit : ok laisse ta colère sortir, tu as le droit et quand tu seras calmée on verra ce qu’elle reveille en toi. Ca a duré 2 mns et quelques exemples de ma conduite me sont revenus. Là, j’ai ri et je me suis dit : Tu juges quoi? sa naïveté? regarde la tienne. Cet épisode m’a permis de me regarder a travers la petite et surtout de retrouver dans l’instant ma tendresse pour elle et pour moi. Alors, oui c’est très efficace d’étudier ses réactions

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  2. Marie

    Je suis tout a fait d’accord avec ça.
    J’ai une question ma mère n’arrête pas de donner tout plein de bons conseils mais elle ne l’est suit jamais ça rejoint à ses failles qu’elles voudraient soignées et qu’elles n’arrivent pas ? Est-ce que les conseils qu’on ne suit pas peut être semblable à l’irritation qui met en avant nos failles ?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui bien sûr, le conseil donné à une personne qui ne l’a pas demandé parle de celui qui le donne et non pas de celui à qui il s’adresse…
      Et il y a souvent confusion quand celui qui le reçoit le prend pour lui, alors qu’il n’a rien demandé.

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  3. Eva

    Merci pour ce sujet. La vie est plus douce comme ça. Plus je me donne le droit de me comprendre et de m’aimer et plus j’apprécie les autres et les relations avec les autres. La vie devient passionnante!

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  4. Marie

    Oui c’est vrai mais je viens de penser que si cela nous touche c’est qu’on doit avoir une faille de ce côté là. Merci pour cette ligne en plus ça m’a permis d’éclaircir un nouveau point et je suis également d’accord avec Eva, une fois qu’on cherche nos failles et qu’on essaie de les soigner on est mieux.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, et si ça vous irrite sacrément c’est simplement parce que vous voulez être différente de ce que vous êtes quand vous êtes irritée, autrement dit vous vous faites violence en ne vous accueillant pas vous-même telle que vous êtes. C’est cette violence là (la violence contre soi-même), qu’il s’agit d’éradiquer en premier. Et pour ce faire, il faut la voir à l’oeuvre.

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  5. Marie

    Donc en fait si quelqu’un est dur avec une autre personne en fait c’est contre elle. Elle ne voit même pas l’autre, elle se fait des reproches à elle même. Du coup, voilà tout l’intérêt d’être bien avec soi quand on est parents car quand on est enfants on boit les paroles des parents car on veut être aimé.

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  6. Marie

    Bonjour,

    Votre article est très intéressant. Je suis une thérapie actuellement et cette idée m’est passé par la tête une fois.
    Je me suis dit est-ce-que ce que je reproche aux autres est une partie de moi.
    Je me pose la question sur certains sujets et notamment je me demandais si quand je reproche quelque chose à mon conjoint, est-ce-que je dois me regarder d’abord. Car certaines choses, je n’arrive pas à les trouver au fond de moi…
    Je lui dis souvent qu’il n’optimise pas les choses, n’anticipe pas, ne propose pas alors que j’ai vraiment l’impression de le faire.

    En espérant une réponse de votre part.
    Merci beaucoup de me lire.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vous reprochez donc à votre conjoint de ne pas faire ce dont vous avez besoin. A ce niveau peut-être pouvez-vous vous demander pourquoi vous en avez besoin, n’est-ce pas justement parce que cela correspond à un manque et à une insuffisance chez vous ?
      Par delà la logique de mon raisonnement, je crois qu’il est surtout important que vous approfondissiez votre introspection. Ce que vous êtes justement entrain de faire dans votre thérapie.
      Vous pouvez aussi vous poser la question : Pourquoi devrais-je me « torturer » avec cette réflexion si (pour le moment du moins) elle ne me « parle « pas ? Donc laisser faire les choses en vous tout en restant lucide.

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      1. Marie

        Je vois. Même si j’ai un peu du mal à comprendre tout par moment. Je n’analysais pas de la bonne façon.
        Donc quand quelque chose nous agace c’est qu’une part de nous n’est pas « comblée » car il nous manque quelque chose. Et il faudrait travailler sur ce quelque chose.

        Mon introspection n’est pas toujours évidente et surtout parce que j’ai l’impression de stagner et de tourner en rond. J’espère réussir à aller au dessus de tout ça un jour.

        Lorsque j’ai trouvé votre site, j’ai faillit vous demander des conseils mais je me dis que pour le moment ma psy m’apporte des choses donc bon. Pourquoi changer, même si j’aime beaucoup votre façon de penser.

        Merci pour votre réponse en tout cas !

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Oui, votre introspection s’approfondira à mesure que vous vous ferez confiance. Pour ce faire il s’agit d’oser pleinement ressentir tout ce qui se présente à vous (de bon comme de mauvais), c’est grâce à votre intuition, à l’aspect de vous qui ose ressentir les choses, que vous y verrez plus clair et que vous deviendrez de plus en plus vivante.
          Commencez pas vous ouvrir auprès de votre psychothérapeute de l’impression que vous avez de stagner et de tourner en rond, il vous dira alors ce qu’il en pense.

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          1. Marie

            Hummm j’ai justement l’impression que quand je lui dis ça elle me dit rien. Elle m’écoute.
            Elle me pose des questions mais pour m’aider à me diriger vers des réflexions ou des choses. Par moment, je me demande si elle est faite pour moi haha… Je sais pas trop 🙂

            Répondre
            1. Marie

              Bonjour Renaud,

              Je crois que j’ai compris quelque chose. Lorsque je m’énerve contre mon conjoint, et que je lui fais des reproches, c’est parce que j’essaie de le rendre parfait comme je voudrais l’être moi-même ?
              Une personne m’a évoqué ça, et ça m’a fait tilt, et j’ai pense à votre article…
              Je garde l’idée en tête.

              Répondre
              1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

                Oui, en effet, les personnes perfectionnistes sont souvent extrêmement dures avec les autres (parce qu’elles le sont avec elles et qu’elles voient les autres à travers leurs propres filtres.)

                Répondre
                1. Marie

                  Je crois que ça me bloque aussi sur faire de nouvelles choses comme prendre des cours de danses car j’ai peur du jugement des autres et d’être nulle. Pourtant par moment je ne me vois pas comme perfectionniste…

                  Répondre
                  1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

                    Oui, dans ces moments vous pouvez vous poser la question : A qui ai-je envie d’obéir ?
                    – à moi-même et à mon désir ?
                    – ou à la peur que j’ai du jugement des autres ?
                    Celui qui obéit à sa peur se condamne à souffrir.

                    Répondre
                    1. Marie

                      Oui, la peur fait partie de ma vie.. Ce qui est parfois difficile à gérer même s’il faut savoir se faire violence. Merci pour votre conseil !

  7. vanina

    bonjour monsieur Perronnet,
    la semaine dernière, trois décisions délétères pour les personnes vulnérables concernées, ont été prises par l’infirmière chef et une partie de l’équipe soignante:
    -il a été décidé du changement de place à table d’une patiente sans concertation avec celle- ci, qui depuis refuse de s’alimenter. Personne ne s’alarme.
    -il a été exigé d’une vielle femme, trés agées,dont le faible état général et les souffrances physiques sont reconnus médicalement et connus de l’équipe, qu’elle se rende désormais au refectoire du rez de chaussée pour alléger le travail de l’équipe des étages. La patiente dit pourtant être soulagée et satisfaite du souper à l’étage (petit comité, adaptation du rythme, proximité de la chambre et prise en soin dès la fin du repas lui permettant un coucher plus précoce…) mais n’ose pas revendiquer son choix, intimidée par l’équipe soignante sourde à ses difficultés.Personne n’intervient.
    -une troisième dame , suite à une fausse route au bouillon vermicelle, se voit imposer des liquides épaissis et une texture mixée à chaque repas, disposition qu’elle a toujours refusé depuis son institutionnalisation après AVC, et qu’elle n’apprécie toujours pas ; La dénutrition et ses conséquences la guette.Personne ne défend son choix de manger comme elle le désire , au contraire.
    Face à cette organisation mortifère allant à l’encontre de toutes les recommandations professionnelles régissant le soin aux personnes agées, je décide de m’inscrire en faux lors des transmissions inter-équipe. Je n’ai su le faire sans une pointe d’indignation et d’irritation certainement due à la répétition de ce genre d’évènement dans l’établissement.
    Cependant je ne trouve pas le reflet de cette irritation dans mes postures et attitudes quotidiennes. En effet, ma vision de la vie est plutôt humaniste, j’accepte autui tel qu’il est et me refuse à toutes pratiques dominatrices de manipulation ou d’injonction. Je parviens même depuis vous à considérer mes collègues ayant une culture du soin trés éloignée de la mienne.
    Est-ce que le fait de m’irriter face à ces comportements répétitifs qui vont à l’encontre de mes valeurs signifie qu’au fond de moi je ne suis pas ce que je crois être?
    Je ne sais pas si j’ai été bien claire, est-ce que, si l’on réfléchi à notre irritation, il en ressort systématiquement qu’elle est de notre fait ?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vous pouvez vous poser la question : qui est irrité et pourquoi ? Vous conviendrez alors que c’est bien vous qui l’êtes et penserez vraisemblablement que vous avez bien des raisons de l’être autrement dit que vos raisons de l’être se trouvent en dehors de vous, qu’elles sont objectives.
      Cherchez alors simplement à qui appartient les valeurs qui sont à l’origine de votre sentiment injustice ?
      L’irritation qui est la vôtre est donc bien de votre fait car si (par exemple), vous n’aviez pas ces valeurs, vous ne le seriez pas.
      Vous êtes irritée à cause de la croyance qui est la vôtre que les autres devraient se ranger à votre bon sens. Sans cette croyance, pas d’irritation, juste des différences et des opportunités d’agir pour vous dans le sens qui vous semble juste (comme par exemple en déposant plainte ou en faisant un signalement).
      Comme l’exprime une citation de la tradition Zen qui figure sur la colonne de droite de mon blog: « Même si on aime les fleurs, elles fanent ; même si on n’aime pas les mauvaises herbes, elles poussent. »
      Ce qui ne nous plait pas existe, que cela nous plaise ou non. Alors pourquoi en être irrité ? Simplement parce que nous nous sentons personnellement et intimement remis en cause dans les valeurs qui sont les nôtres et que nous ne l’acceptons pas.
      Parce qu’attention, si vous en convenez, votre irritation disparaîtra et vous parviendrez à vous détendre.
      De toutes les façons que cela nous plaise ou non, les autres ne sont-ils pas toujours tels qu’ils sont ?

      Répondre
      1. vanina

        bonjour monsieur Perronnet et merci pour votre réponse.
        Vous semblez penser que mon objectif est « que les autres devraient se ranger à mon bon sens ».
        Cela fait deux fois que vous me le suggérez, mais je ne le crois vraiment pas. Ce n’est pas mon bon sens mais juste des règles professionnelles issues de reflexions et d’études scientifiques de grands savants et penseurs que tout soignant doit appliquer (sans amputer pour autant le style de chacun) dans l’exercice de ses fonctions sans cela il y a violence. J’imagine bien que mon vécu fait que je ne la supporte pas, cette violence faite par des personnes qui sont censés prendre soin. Dans quelle limite l’irritation et l’indignation qu’elle crée chez moi doit-elle être refléchie et reconsidérée ? Cette réaction n’est elle pas saine et la base de toute action pour tenter de la faire cesser ? Cela dit, votre petit mot me fait me poser des tas de questions auquelles je vais reflechir avant de revenir vers vous. Merci.
        Bien à vous.

        Répondre
  8. Jeromine

    On peut alors faire un distingo entre irritation et indignation ? L’irritation nous empoisonne nous mêmes et est se retourne contre nous au final. Mais l’indignation qui nous soulève quand on voit une injustice se commettre nous permet de passer à l’action et d’essayer de la réparer, d’agir. Si je vois quelqu’un maltraiter un animal ou une personne, je suis personnellement indignée, bien sûr que ça me renvoie peut être à des violences que j’ai pu subir, mais cette réaction me semble saine, il y a tant de passivité dans notre monde concernant le traitement d’autrui. L’empathie est peut être dangereuse car on souffre mais sans elle comment faire pour comprendre ? La question d’après, c’est sans doute comment garder sa sérénité en toutes circonstances et ne pas tomber dans un énervement qui nous déstabilise émotionnellement. Qu’en pensez vous ?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En apparence, votre raisonnement semble imparable : il faut commencer par l’indignation pour arriver à l’empathie.

      En réalité je crois que l’indignation ne sert qu’à se défendre soi-même et qu’elle est la sœur de l’irritation puisqu’elle consiste à refuser « ce qui est » parce que ça nous gêne nous.
      Pour pouvoir agir sur quelque chose et le transformer, nous avons besoin de commencer par le reconnaître comme vrai, l’indignation nous en empêche puisqu’elle est une forme de déni personnel qui nous éloigne de la réalité en nous rapprochant de notre monde émotionnel égotique.

      Je crois que ce n’est d’ailleurs pas un hasard si nous vivons dans un monde régi par l’indignation, la bonne conscience et les déclarations d’intention car tout cela va de pair. Nous avons besoin d’actes, pas de déclarations fussent-elles pieuses.

      Si nous voulons accéder à l’empathie avec l’autre, nous avons besoin de le rencontrer lui, pas nous dans notre réaction à ce qu’on lui a fait. Et je crois que cela devient possible au moment où – dépassant notre indignation de surface – nous devenons capables d’entrer dans notre profondeur qui nous aidera à prendre pleinement la mesure de ce que vit l’autre (de le rencontrer vraiment), et de ce que nous voulons comme de ce que nous ne voulons plus, donc de convertir nos pensées en actes.

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      1. Jéromine

        C’est drôle, je pense que pour une fois on ne s’est pas compris, et sur une question de terme. Je ne parlais pas d’une indignation consensuelle de surface mais plutôt si vous préférez de « révolte » au sens où Albert Camus l’entend et qui permet de passer à l’action après avoir réfléchi aux valeurs éthiques que l’on peut partager ( « Je me révolte, donc nous sommes »)
        Bien à vous Jéromine

        Répondre
  9. Corinne

    Bonjour monsieur Perronnet,

    merci pour vos ecrits d’une grande clarté,

    je ressent parfois une forte irritation face a mon enfant de 3 ans dont la demande n’est pas parfois avec ce que je peux lui donner,
    je crois que je n’arrive pas a supporter le conflit interne dans lequel je me trouve, vouloir qu’il soit heureux (souriant content) et l’inpossibilité de repondre a sa demande dans une situation x dans laquelle je me trouve ( expl: il veut les bras/je dois faire a manger…ou m’occuppe de sa soeur…souvent j’ai deja tiré sur « ma » corde voulant faire au mieux sur d’autres sujets )
    dans ces moment là je vais lui demander de comprendre avec explication logique a l’appui (il parle et comprend bien, mais je sais que ce n’est pas forcement possible d’integrer l’information a ce moment là ou que a « sa » comprehension de l’evenement n’est pas ce que je crois etre) et je vais monter le ton pour mettre fin a cette situation dc imposer…
    il me dit souvent, « j’ai envie « , parfois je ne sais comment reagir face a ça car je ne sais pas toujours ce qui prevau sur son élan interieur (gardant a l’esprit qu’il faut malgres tout le structurer)
    bref, meme en vous ecrivant je vois que je suis sans cesse avec le souci de faire bien et de ne pas me tromper, faire « mal », ce qui bien sure me met parfois sous pression ou en colere quand la situation m’ammene a…lever le ton.
    Je suis aussi tres sensible a la tristesse que me renvois parfois le visage de mon garçon, je ne sais pourquoi, ou meme si il semble s’ennuyer(là il va m’agacer parcequ’il trainne »et je n’ai ps la possibilité parceque je suis avec ma fille ou par ignorance a le « stimuler » positivemen)…. j’ai le sentiment de ne pas faire bien ou de ne pas le rendre heureux bien que je sache que personne ne peu avoir la banane tout le temps et que les haut et bas font parti de la vie de chacun meme des enfants…je luis demande souvent si ca va…ce qui n’est pas une bonne chose car il s’agit là de mon stress…
    Pourriez-vous clarifier ces elements afin que je puisse les depasser et etre plus sereine pour et avec mon enfant ?
    merci

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, je vous crois lucide quand vous partagez que vous ne supportez pas le conflit interne dans lequel vous vous trouvez entre vouloir qu’il soit heureux et l’impossibilité qui est la vôtre de répondre à toutes ses demandes.
      C’est ainsi que vous vous y prenez pour rentrer dans un cercle vicieux mortifère pour tous les deux : vous vous en voulez de ce que vous ne faites pas pour votre enfant et que vous pensez que vous devriez faire pour lui et (en conséquence) à un moment où à un autre vous ne pouvez pas faire autrement que d’avoir envie de le lui faire payer, ce qui vous sert à vous en vouloir davantage.
      Ce n’est pas parce qu’une partie de vous est capable de relativiser en sachant que personne ne peut être toujours heureux tout le temps, qu’une autre partie de vous ne s’en veut pas de ne pas rendre les autres heureux.
      La piste que je vous propose est celle d’aller voir du côté de cette part de vous-même « perfectionniste » qui est vraisemblablement à l’origine de votre schéma destructeur de la relation.

      Répondre
  10. Marie

    En fait, je viens de comprendre que cette réflexion et très déculpabilisante car on se dit que si on énerve quelqu’un on lui permet de soigner ses failles et on culpabilise moins ça nous permet de rester soi. Merci merci.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je ne crois pas que vous puissiez aider l’autre en l’énervant (dans la mesure où cet autre ne sait pas qu’il pourrait soigner ses failles en les regardant en face.) Par contre vous pouvez soigner les vôtres en vous demandant pourquoi – vous étant aperçue que vous énerviez l’autre – vous souhaiteriez continuer de le faire !
      Par contre je vous souhaite – ayant énervé quelqu’un – de pouvoir le reconnaitre et même vous en excuser, sans avoir le besoin d’en culpabiliser.

      Répondre
  11. Catherine

    Bonjour à tous, je viens de prendre connaissance de ce post et des divers messages, voici la situation dans laquelle je me suis retrouvée.
    Ma mère a 96 ans, je prends en charge son linge toutes les semaines. La semaine dernière il n’y avait aucun linge à laver. Ma mère qui se déplace sans difficultés, m’a dit: » je ne me suis pas salie et l’infirmière ne m’a pas douchée, on ne m’a pas changée de linge de corps ni de chemise de nuit (qui par ailleurs sentait fort l’urine), ni de serviette de bain, ni de gant de toilette »… (entre parenthèses ma mère porte des couches la nuit seulement) elle dit avoir été « lavée au gant uniquement « les parties souillées pendant la nuit et cela toute la semaine. Sur ce une de ses infirmières arrive, je lui demande donc pourquoi ma mère n’a pas été douchée de toute la semaine ni changée de linge, celle ci me répond: » Ce n’était pas moi la semaine dernière, mais je dirais à ma collègue que vous êtes « fâchée ». Voilà le mot lâché « Fâchée » parce que j’ai osé demander pourquoi ma mère ,n’a ni été changée ni douchée.
    Je me suis entendue répondre: « Madame, je ne suis fâchée avec personne ! Je dénonce simplement que ma mère n’a pas reçu les soins de nursing pour les quels vous êtes employées »
    Pourquoi l’ infirmière a employé ce terme « fâchée »? Je me pose encore aujourd’hui la question, aurais je parue irritée en demandant à ce que ma mère reçoive correctement les soins que le médecin lui a prescrits ?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En ce qui me concerne, je ne vois pas ce qu’il y aurait d’illégitime à être contrarié et même pourquoi pas « fâché » de constater que des personnes en qui nous avons a priori confiance s’occupent si mal de notre propre mère.

      Répondre
  12. Marie

    Quand je dis ça je vais à l’extrême dans l’autre sens car j’ai toujours pensé qu’il fallait aider les autres.
    Du coup ça me fait du bien que je les aide quand malencontreusement je les énerve mais oui vu comme ça cela peut être mal interprété en effet.

    En fait, je voulais dire que j’ai tendance à culpabiliser quand j’énerve quelqu’un ça doit certainement me venir de quelque part et oui ce n’est peut être pas la bonne solution de se dire que ça peut aider l’autre, il vaut mieux que je cherche d’où ça me vient c’est sur.

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  13. Marie

    Je voulais répondre à Marie car moi aussi je veux toujours être parfaite et là je rentre de la danse et oui au début du cours « Madame perfection » veut tout faire bien et à la fin du cours je suis fatiguée et je lâche prise et c’est là que je m’éclate le plus qu’est ce que c’est bien, j’aimerais pouvoir être comme ça tout le temps…

    Répondre

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