Comprendre

Réflexion n° 29 :

J’ai remarqué que nous avons souvent très peur de comprendre l’autre. Et je crois que c’est parce que la plupart d’entre nous confondons « comprendre l’autre » avec « être d’accord avec lui ». Comme si la compréhension des mobiles des actes d’un autre nous obligeait à les légitimer.

Un délinquant braque une banque, au moment où il tient en joue le caissier avec son révolver, un client terrifié se met à crier. Il se retourne alors contre celui qui lui apparait comme un obstacle et tire.

Le lendemain on s’interrogera dans les journaux sur les causes soi-disant mystérieuses de la violence de ce braqueur. Celui qui dirait quelque chose comme : « moi, je sais pourquoi ce braqueur a tiré, c’est parce qu’il a eu peur… », se verra répondre : « je ne suis pas d’accord avec toi, on ne peut pas tout excuser… » Comme si de comprendre la cause première de la violence de cet homme accréditait le bien fondé de son crime, comme si ça l’excusait le moins du monde !

En fait, nous avons peur de comprendre l’autre quand nous sommes (une fois de plus) dans la confusion entre lui et nous.

Pour reprendre l’exemple précédent, il me semble évident que la violence de cet homme a été motivée par son manque de sang froid et sa peur (et – en cela – je le comprends, c’est-à-dire que je valide sa logique interne à lui). Je pourrais par exemple, si je le rencontrais, lui dire : « j’ai bien compris que si tu as tiré c’est parce que tu as eu peur. »

Mais d’avoir validé sa logique interne à lui n’implique évidemment pas que ce soit la mienne, puisque je ne suis pas lui.

Je peux donc comprendre la logique criminelle d’un être humain sans pour cela être d’accord avec elle – puisque les valeurs qui sont les miennes sont différentes des siennes. De même que je peux comprendre que cet homme violent batte son épouse, je comprends l’épouse qui, tout à fait légitimement pour elle, porte plainte.

Dans un tel contexte je peux avoir de la sympathie pour cette femme victime de la violence de son mari, et de l’antipathie pour cet homme, incapable de se maîtriser, ce qui ne m’empêche nullement… de les comprendre tous les deux. En fait, comme le disait le poète latin Térence : « Je suis humain et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. »

Si j’ose voir la réalité en face sans en avoir peur, rien de ce qui fait partie de la vie ne m’est étranger car je peux tout comprendre.

© 2014 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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37 réflexions au sujet de « Comprendre »

  1. Muriel

    Bonjour,
    pour l’avoir vécu, il est effectivement très difficile de faire la démarche de comprendre les raisons qui ont pu pousser quelqu’un à nous faire du mal. C’est plus facile lorsque nous ne sommes pas personnellement concernés par ces actes car on peut chercher à comprendre de façon intellectuelle sans qu’il y ait d’affects en jeu. A partir du moment où nous sommes la victime nous pouvons difficilement etre objectifs et compréhensifs vis à vis de nos agresseurs, nous éprouvons forcément de l’hostilité à leur endroit ce qui est incompatible avec une posture d’ouverture destinée à les comprendre.
    C’est ce qui fait tout l’interet de choisir des jurés sans aucun lien avec les partis lors d’une procédure judiciaire , ils peuvent avoir la neutralité et le recul nécessaire pour comprendre et ensuite juger de façon impartiale.
    Certains thérapeutes invitent leurs patients à comprendre les mobiles de leurs agresseurs pour se libérer de leur souffrance. C’est compliqué à faire surtout quand les liens agresseur/agressé sont puissants sur le plan affectif. Une femme battue par son conjoint et qui va essayer de le comprendre ne risque-t-elle pas de l’excuser justement du fait des sentiments qu’elle a pour lui et dans ce cas, le risque n’est-il pas qu’elle se place dans le déni du préjudice subi et continue à endurer cela?

    Je pense que ce travail de compréhension ne peut etre entrepris que lorsqu’on s’est totalement libéré des liens affectifs qui nous lient à notre « bourreau ».

    J’aimerais rajouter aussi que cette amalgame entre comprendre et excuser est fait par les avocats des prévenus qui utilisent cette compréhension pour en faire des circonstances atténuantes donc des excuses. Les victimes vivent mal cela en général.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, ce travail de compréhension n’est possible qu’après que nous nous soyons libérés des liens qui nous lient à notre bourreau. C’est une erreur de vouloir « d’abord comprendre » (et je m’interroge sur les thérapeutes dont vous me parlez, qui invitent leurs patients à comprendre les mobiles de leurs agresseurs, ils me font penser à ceux qui disent qu’il faut pardonner !) cela me semblerait quant à moi parfaitement cruel, inhumain et anti thérapeutique.
      Il n’est possible de comprendre « qu’après », après avoir retrouvé la paix et l’équilibre et cette paix ne devient possible qu’à celui qui « accepte » que ce qui lui est arrivé, lui soit arrivé (et c’est ainsi – quand on reconnait, enfin, son bourreau comme un bourreau – que les liens malsains avec le bourreau se rompent.)
      C’est la réconciliation avec soi-même (d’abord), qui rend possible la compréhension de l’autre et de ses mobiles.

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  2. vanina

    Oui, bien sur, on peut comprendre les causes de tel ou tel comportement auquel on n’adhère pas, mais il m’apparait parfois difficile de légitimer le dit comportement en lui même malgré mon approche empathique et il me reste étranger.
    Par exemple, je comprends que mes collègues maltraitent parce qu’elles manquent de formations ou d’assimilation de leur contenu, parce qu’elles sont épuisées ou dépassées par la charge de travail, parce qu’elles sont frustrées par le sentiment de ne pas être entendues dans leurs contestations.
    cependant, je vis absolument les mêmes difficultés professionnelles qu’elles. Pourtant, je tâche et je parviens à effectuer des soins de qualité relative aux contraintes, c’est à dire sans brusqueries et dans le respect de la singularité de chaque personne soignée. Mes collègues s’en montrent d’ailleurs très contrariées.
    Si je comprends les causes probables de leur comportement pour le moins déplacé, je ne comprends pas pourquoi elles n’essayent pas d’effectuer du meilleur travail, pourquoi elles n’essayent pas d’agir et de réfléchir différemment, pour le mieux,d’évoluer. Alors j’en viens à penser que, soit elles se complaisent dans leurs agissements, soit elles n’en ont pas conscience, et ça , je ne peux le concevoir sans les affubler de quelques tares mentales. Suis-je de ce fait une méchante personne insensible? Suis-je à côté de la plaque? A quoi cela sert-il de comprendre? Merci de m’avoir lu.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, c’est pour cela que je précise dans mon article que de comprendre la logique interne de l’autre n’a rien à voir avec la légitimer puisque nous n’avons pas les mêmes valeurs que cet autre.
      En fait, si je tente de comprendre votre relation à vos collègues maltraitantes : vous vous dites que puisque vous êtes capable « d’effectuer des soins de qualité » en veillant à ne pas tomber dans la maltraitance, vos collègues devraient être capables de faire de même.
      En réalité – même s’il est tout à fait souhaitable qu’ils s’y prennent comme vous – ils ne sont pas vous, donc il n’est pas juste de les comparer. Vous ne savez pas non plus s’ils ne font pas « ce qu’ils peuvent » (comme vous) compte tenu du risque de burn-out qui les guette dans un environnement dans lequel ils sont très peu soutenus. En affirmant qu’ils n’essayent pas d’effectuer le mieux possible leur travail, vous les jugez. Une fois que vous les avez affublés de « quelques tares mentales », comme vous dites, vous n’êtes pas plus avancée.
      Les personnes inconscientes « existent » que cela nous plaise ou non. Donc – plutôt que de les juger – nous pouvons tenter de les comprendre – et peut-être se détendront-elles quelque peu face à notre regard bienveillant (c’est une question de pédagogie). Avez-vous déjà vu quelqu’un changer en profondeur (je dis bien en profondeur), sur la base du jugement maltraitant qui éloigne et sert à convaincre l’autre qu’il est différent et qu’il n’a donc qu’à aller se faire voir ailleurs ?
      Je suis persuadé que vous n’êtes ni insensible ni méchante mais que votre jugement sur les autres (qui est issu de votre propre jugement sur vous-même) peut vous jouer – comme à nous tous – des tours. C’est-à-dire à réussir à faire exactement l’inverse de ce qu’en réalité, au fond de vous-même, vous souhaitez faire avec eux.
      Oser voir et sentir cela, dans sa relation avec ses collègues est une véritable pratique relationnelle de tous les instants.

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      1. vanina

        Mais n’avons nous pas le droit d’avoir un avis, un jugement sur des comportements choquants. Est-ce mal?
        Vous même n’avez vous jamais d’opinion sur des comportements aux antipodes de vos valeurs?
        L’être humain n’est-il pas doté d’un centre du jugement à cet effet dans son cortex cérébral et cette fonctionnalité n’est-elle pas la base de nos préférences et de nos choix?
        ‘Reconnaitre son bourreau comme tel afin d’accepter ce qui nous est arrivé’ n’est-ce pas un jugement en soi?
        L’hypothèse qu’elles’ font ce qu’elles peuvent’ par rapport au contexte n’enlève en rien le caractaire mortifère de leurs agissements; comment puis-je avoir un regard bienveillant sur ces attitudes?
        En qualifiant mon jugement, mon avis de maltraitant, imaginez vous combien vous me faites mal? Mes collègues sont bien portantes par rapport aux personnes fragiles et trés vulnérables qu’elles maltraitent et c’est moi qui suis maltraitante alors que je ne me permet jamais de leur faire de reproche et que je tache de les comprendre?
        Je ne comprends pas ce que vous voulez dire quand vous écrivez que mon jugement sur les autres est issu de mon jugement sur moi-même.
        bon, peut-être que je ne comprends rien à rien. Merci de m’avoir répondu.

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Bien sûr que nous sommes tous concernés, vous comme moi. Vous semblez confondre discernement et jugement. Le discernement nous sert à y voir plus clair et nous aide à vivre avec lucidité, le discernement nous permet aussi de comprendre les raisons et le mobile de l’autre. A contrario le jugement moral est par nature égocentrique, il nous met à l’abri, nous permet de penser avoir raison et de nous dresser au-dessus des autres au nom de cette raison.
          Pourquoi vous blessez-vous avec mes paroles ? Je n’ai pas qualifié VOTRE jugement de maltraitant mais LE jugement de maltraitant. Si vous faites une affaire personnelle des propos tenus sur mon blog, vous pouvez évidemment vous blesser avec.
          Quand une collègue commet une erreur, nous pouvons en effet la juger, ce faisant nous nous exposons à la blesser ce qui est à mon avis le meilleur moyen pour qu’elle s’enfonce dans son erreur. A l’inverse quand nous nous efforçons de la comprendre et de le lui faire sentir, il devient possible pour elle de se remettre en cause parce qu’elle n’a pas ressenti le besoin de culpabiliser.
          Le jugement de nos collaborateurs et collègues est pédagogiquement maladroit (et nous ne sommes pas vous et moi définitivement à l’abri de cette maladresse !) c’est ainsi qu’il nous arrive de nous en mordre les doigts en ne sachant plus comment nous y prendre pour « réparer » la relation.
          Il faut savoir ce que nous voulons : punir l’autre ou l’aider à changer. Si nous voulons l’aider à changer, du moins l’accompagner dans son évolution, nous devons nous y prendre de telle manière qu’il se sente compris par nous.
          Bien sûr que face à une situation de maltraitance avérée, il faut mettre les limites, mais nous n’avons pas besoin de juger notre collègue pour les lui mettre. En référer à son supérieur hiérarchique parce qu’on a vu sa collègue taper une personne âgée c’est notre devoir d’aidant et – malheureusement – beaucoup n’osent pas lui obéir par crainte d’être jugé par celui qu’ils auront dénoncé. Pourquoi témoigner de la maltraitance d’une collègue devrait-il nous empêcher de prendre soin d’elle ? Pourquoi ne serait-il pas possible de rester fidèle à ses valeurs en même temps que non blessant pour ses collègues ?
          Ton acte est intolérable, c’est la raison pour laquelle quand je t’ai vu le commettre, j’en ai tout de suite référé à Madame X., maintenant, je te connais, nous sommes collègues depuis si longtemps, je sais qu’actuellement dans ta vie tu vis des choses très difficiles qui te mettent constamment sous pression, je voulais te dire que même si ton geste est objectivement maltraitant (et il l’est), personnellement je ne t’en veux pas parce qu’en le commettant, je sais que tu as réagi à une pulsion de survie pour toi qui voulait apaiser ta propre souffrance.
          Seulement nous n’avons pas appris à distinguer une personne de son acte et c’est ainsi que vous vous sentez culpabilisée par mes propos même si vous avez l’intuition de n’avoir pas compris quelque chose quand vous terminez par « bon, peut-être que je ne comprends rien à rien. »
          Aller plus loin, c’est comprendre que s’il est difficile pour vous de ne pas juger les personnes qui commettent des erreurs, c’est parce que vous-même vous avez été soumise au jugement des autres quand vous en avez commis. Vous ne jugez pas les autres par mauvaise volonté mais parce que vous avez vous-même subi la blessure du jugement. Nous sommes ou avons été à peu près tous les victimes de cela.

          Pour finir, je vous invite à réfléchir à ce qui m’apparaît comme l’une des plus belles paroles d’Alice Miller : « Si nous voulons nous libérer d’un mal, il faut l’avoir nommé et jugé comme un mal. »

          Le jugement moral induit le plus souvent chez celui qui en est l’objet un besoin de vengeance, il empêche la constatation non émotionnelle de la vérité c’est-à-dire de « ce qui s’est objectivement passé » et suscite le déni (non, non, c’est pas vrai, ce n’est pas moi.) Le jugement moral sur l’autre n’est qu’une réaction émotionnelle qui déclenchera le plus souvent une réaction émotionnelle de l’autre. Ne sont-ce pas dans leurs enchainements réactionnels que les êtres humains s’entre-déchirent dans une totale confusion qui les mène à la violence ?

          Pour aller plus loin, je vous invite à :
          – Lire mon article Comment gérer celui qui dit du mal de nous ? (Sommes nous volontairement méchants ?)
          – Regarder le film (DVD) de Michael Haneke « Le ruban blanc » qui illustre la transmission du mal.

          Répondre
  3. Muriel

    Je me pose la meme question que Vanina: que faire après avoir compris? On peut pardonner si c’est possible, modifier notre propre comportement etc…
    Mais pour prendre notre décision ne faut-il pas passer par le jugement de ce que l’autre a fait? Un jugement éclairé par la compréhension. Est-ce condamnable dans ce cas?
    Pour les collègues de Vanina, si je peux me permettre, je pense aussi que leur comportement qui consiste à se défouler sur des innocents du préjudice qu’on leur fait subir est inexcusable. De plus, ça ne règle en rien leur problèmes car elles se trompent de cibles. C’est déplacer injustement la maltraitance sans la faire cesser pour autant. Pour moi c’est de la lacheté.
    En écrivant cela, j’émets un jugement négatif moi aussi,mais comment faire autrement? Comment comprendre sans juger?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Que fait-on après avoir compris ? Pourquoi devrions-nous « faire » ? Comprendre n’est-ce pas sentir qu’on est capable d’élargir son monde à celui de l’autre ? Donc n’est-ce pas – en soi – admirable que d’en devenir capable ? N’est-ce pas LE défi de l’homme que celui de s’ouvrir à l’autre ? Celui de rester fidèle à ses valeurs sans avoir le besoin de la haine (quand cela est possible) ? Celui de ressentir au plus profond que « l’autre » existe alors même que nous ne sommes pas d’accord avec lui. Que je comprenne (ou pas) l’autre, n’existe-t-il pas (lui aussi) dans sa différence et parfois (lui aussi) avec sa certitude d’avoir raison ?
      On prête ce mot à André Malraux, peut-être vous aidera-t-il à sentir davantage les choses : « Avant de juger, il faut comprendre et quand on a compris, on n’a plus envie de juger. »

      Tout cela présuppose que nous ne nous torturions pas avec l’idée « qu’il faut comprendre », bien sûr qu’il y a des comportements des autres que nous ne pouvons pas comprendre (notamment si nous en avons été les victimes.) Je préciserai que nous ne pouvons pas les comprendre « pour l’instant », rien n’est définitif, tout bouge et change. Ce peut donc être extrêmement violent de penser qu’il nous faut comprendre. Dans ce cas précis il nous reste à nous réconcilier avec nous-mêmes en nous souvenant que nous ne sommes jamais tenus de faire ce que nous sommes dans l’incapacité de faire.

      Répondre
  4. Muriel

    Merci pour vos réponses monsieur Perronnet, je vais les relire et y réfléchir… Pour moi c’est encore très confus ce rapport compréhension/jugement, je veux dire au niveau de ce que je ressens meme si intellectuellement, je pense à peu près « comprendre » 🙂 ce que vous voulez dire..
    Par contre, j’ai encore du travail à faire par rapport aux gens maltraitants, cette discussion m’en fait prendre conscience: c’est plus fort que moi, si je vois quelqu’un en maltraiter un autre, je n’ai qu’une envie (attention, ça va etre violent): l’anéantir, le faire disparaitre de la surface de la terre… Quelqu’un qui maltraite un plus faible que lui, pendant des jours et des jours ne mérite pas que je tente de le comprendre, la torture mentale n’a rien à voir avec un acte de désespéré, stressé, en burn out, c’est de la perversion. Si j’ai à faire avec quelqu’un de dangereusement pervers et malfaisant, la question de maintenir de bonnes relations avec ce monstre ne se pose meme pas pour moi, vous comprenez.. Et pour moi ce n’est pas quelqu’un qui fait de son mieux mais de son pire.
    Désolée, la colère que j’ai encore en moi me rend violente dans ces propos, je comprendrais que vous ne les éditiez pas..

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui Muriel c’est pourquoi j’avais pris soin de préciser que vous ne deviez pas vous torturer avec ce thème. Votre colère est légitime (il serait dangereux pour vous d’en culpabiliser), parce qu’elle est le produit de votre souffrance, votre travail consiste donc à la légitimer pour pouvoir la rencontrer et non pas à la refouler sous le prétexte mortifère qu’il faudrait comprendre l’autre.
      Il n’est pas question pour un être qui a eu la vie brisée par une personne violente de commencer par comprendre ses motivations !
      Mais il n’est pas question non plus de diviser l’humanité en deux catégories : celle qui mérite de vivre et celle qu’il serait légitime d’éliminer.

      Par contre nous pouvons sans doute tous commencer par tenter de comprendre le point de vue de ceux qui nous agacent un tout petit peu…

      Répondre
  5. OLICHET

    Bonjour,

    En fait, on est dans le pardon après la colère et avoir reconnu qu’on a été une victime ensuite quand on fait le travail d’essayer de comprendre on commence à pardonner en comprenant l’autre, on sait qu’il ne l’a pas fait contre nous mais parce-qu’il avait un souci ce qui n’excuse en rien son geste, il faut juste lui dire qu’il a fait mal afin qu’il essaie de faire un travail pour l’aider que son acte est très méchant mais que l’on sait que cela ne représente pas forcément l’homme tout entier c’est ça ?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Pas tout à fait. Ce n’est pas quand on a fait le travail d’essayer de comprendre qu’on peut commencer à ne plus en vouloir à celui qui nous a fait du mal, mais quand on a commencé par oser s’ouvrir soi-même au mal que l’autre nous a fait donc qu’on a osé le reconnaître comme un mal plutôt que de l’excuser que les choses sont mises en place et que la compréhension peut devenir envisageable.

      Sans doute que l’autre ne l’a pas fait « contre nous » quand il agit compulsivement (de manière injuste pour nous), afin d’apaiser sa souffrance insupportable à lui, mais il ne le sait pas.
      Ce ne sera malheureusement pas suffisant de dire à l’autre qu’il a mal fait pour qu’il le reconnaisse (!), ce travail ne peut se faire que sur la base de son désir sincère à lui. Mon expérience de thérapeute peut vous dire que beaucoup d’êtres souffrent en silence de leur violence alors même que nous ne le savons pas.
      En attendant il vous faut donc vous souvenir que l’autre peut être dangereux pour vous, donc l’avoir à l’œil. La compréhension de la logique interne de cet autre vous y aidera, c’est pour cela qu’elle est aussi de votre intérêt et non pas parce « qu’il faut être gentil avec les autres. »

      Répondre
  6. Muriel

    Oui, j’entends bien, merci pour cette précision..
    En ce qui me concerne, j’ai fait cette démarche de comprendre, je pense qu’elle est incontournable. J’ai compris certaines choses importantes, bien sur, et, bien que ça n’aie pas du tout apaisé ma colère ni modifié mon jugement sur les evenements, cela a eu un effet quand meme très positif: donner du sens à ce qui n’en avait pas pour moi en me libérant de la question lancinante du « pourquoi? ».
    Bien à vous.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, si vous ressentez le besoin de juger, si vous vous sentez facilement agacée par les comportements de vos collègues, vous pouvez être certaine que c’est parce qu’il y a une colère – vraisemblablement depuis longtemps – refoulée au fond de vous (et non pas parce qu’ils ne font pas ce qu’il faut). Votre « ils ne font pas ce qu’il faut » n’est que la partie émergée de l’iceberg, il vous faut donc aller voir plus profond.

      Ce ne peut évidemment pas être la compréhension qui pourra vous apaiser.
      La compréhension viendra peut-être après mais elle ne peut pas être un préalable. Vous faire le reproche de ne pas assez comprendre vos collègues serait simplement maladroit pour vous.

      Donc si vous souhaitez davantage comprendre « les autres » ou simplement apaiser votre colère, il vous faut commencer par accueillir ce qui en vous veut encore se dire (malgré le travail que vous avez déjà fait.) Cela revient à dire qu’il vous faut vous laisser raconter à vous-même la totalité de votre histoire personnelle refoulée.

      Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Le travail concerne la relation de soi-même avec soi-même et non de soi-même avec l’autre.
      Pourquoi tenez-vous à pardonner ? Ce qui est fait n’est-il pas fait ? Nous ne pouvons pas « faire comme si rien ne s’était passé » (déni), nous pouvons simplement « ne plus en vouloir à l’autre » ce qui est une autre manière de dire « être en paix » avec soi-même et son propre vécu.

      Répondre
      1. OLICHET

        En fait, si je comprends bien il ne s’agit pas de pardonner pour excuser mais essayer de ne plus en vouloir à l’autre c’est une étape difficile. En fait ça peut se faire que quand on cicatrise un peu car tant que le mal est là c’est difficile, je pense que ça doit venir avec le temps.
        Merci pour vos réponses.

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Le paradoxe c’est que pour arriver à ne plus en vouloir à l’autre, il faut commencer par être d’accord avec soi-même quand on lui en veut. (Cela passe donc par ne surtout pas essayer de ne plus en vouloir à l’autre car ce serait vous trahir si vous lui en voulez !)
          Cela s’appelle se respecter, être fidèle à soi-même car c’est à ce prix que vous trouverez la paix.

          Répondre
  7. OLICHET

    On nous apprend souvent qu’il faut tendre l’autre joue quand quelqu’un nous fait mal mais du coup la victime n’est pas reconnue ?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Qui vous a appris cela et pourquoi ? Pourquoi devrions-nous obéir à des paroles que nous ne comprendrions pas ?
      Pour devenir capable de « tendre l’autre joue », il ne faut pas souffrir de celui qui nous fait du mal donc ne pas être « victime ».
      Une victime qui tendrait l’autre joue serait simplement masochiste dans sa relation à son bourreau.

      Répondre
  8. OLICHET

    J’ai appris cela au catéchisme quand j’étais jeune mais j’avoue que je n’ai jamais bien compris pourquoi on devait tendre l’autre joue quand on nous faisait mal.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, c’est donc peut-être l’occasion pour vous de vous poser la question : Pourquoi serais-je tenue d’appliquer ce que je ne comprends pas ?
      Occasion pour vous d’aller plus loin en vous posant la question de la légitimité – pour vous – de vous défendre si et quand vous en ressentez le besoin.

      Répondre
  9. Muriel

    Bonjour, mon témoignage personnel :
    je me suis sentie mieux quand j’ai compris que ce n’était pas à travers l’autre que je résoudrais mon problème. Que mon seul soucis consistait à ne plus souffrir de ce que j’avais vécu avec lui, pas de savoir si je devais lui pardonner ou non. Pour cela il a fallu que je passe par un détachement émotionnel vis à vis de lui. Que je cesse de le considérer comme important dans ma vie. Que je me dise que la personne la plus importante c’est moi et ce que je ressens. Pas ce que, lui, ressent, pas les devoirs que je crois avoir envers lui. S’il doit etre pardonné, je me dis que seul lui peut le faire, c’est sa problématique, pas la mienne. Moi je dois gérer mon statut de victime, je ne peux ni n’ai le devoir de gérer en plus son statut de tourmenteur. ça lui appartient, je le lui laisse.
    Personnellement pour opérer ce détachement, j’ai eu besoin, et ce n’est pas encore fini, de la colère. Pas une colère diffuse, refoulée mais une vraie colère, celle qui m’habite et que je ressens contre lui. Non seulement je ne lui tend pas l’autre joue mais je lui envoie toute la colère qu’il a fait naitre en moi et sans remords aucun. qu’il l’accueille comme il le voudra ou le pourra, ça non-plus ce n’est pas de mon ressort, c’est de sa responsabilité.
    Moi, j’évacue ma souffrance et il n’y a que ça qui a de l’importance à mes yeux aujourd’hui.
    Plus tard, viendra l’apaisement et le vrai détachement, je ne sais pas à quoi cela ressemblera mais ça ne pourra etre que mieux, j’en suis certaine.
    Bien à vous.

    Quand je parle de lui renvoyer ma colère, je ne veux pas dire, lui faire volontairement du mal pour me venger. Simplement lui dire que j’ai de la colère contre lui et pourquoi.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, dire à l’autre que vous avez de la colère contre lui et pourquoi est d’autant plus légitime que cela vous aidera à reconnaître ce qu’il vous a fait comme un mal. (Si beaucoup de personnes ne l’osent pas, c’est sans doute parce qu’elles sont dans un flou relationnel, une totale confusion avec elles-mêmes.) Une fois sorti de ce flou, il devient possible de se confronter à l’autre.
      Si la vengeance est une faiblesse (parce qu’elle nous ligote à notre bourreau), la reconnaissance objective des choses telles qu’elles sont est une force.

      Je suis complètement en accord avec vous : ce n’est pas à travers l’autre que nous pouvons résoudre nos problèmes mais à travers nous-mêmes, en prenant la complète responsabilité de ce qui nous est arrivé ce qui revient à dire en osant sortir du statut de « victime. »
      Je m’explique. Une victime ne peut que souffrir de son état, si nous continuons à nous voir éternellement à travers ce filtre, nous nous condamnons à mourir de ce que nous avons dû subir. Ne serait-ce pas totalement injuste ?
      Or nous ne sommes jamais réductibles à ce qui nous est arrivé, ne sommes-nous pas infiniment plus ?
      C’est certainement un long et difficile chemin à parcourir que celui d’oser se percevoir comme un être humain à part entière quelque soit ce qu’il nous a été donné de vivre. (Et je ne veux donner de leçon à personne là-dessus car je sais que chacun fait « comme il le peut. ») Si j’en parle c’est pour simplement attirer l’attention des personnes qui souffrent : cela est possible.
      Prenons un exemple : nous savons tous que dans certaines cultures mortifères une femme qui a été violée est considérée socialement comme une femme qui a été définitivement salie et c’est ce « définitivement » qui condamne la victime à se sentir éternellement victime qui m’effraye !
      Ce « définitivement » revient à continuer de la rendre victime de son viol toute sa vie durant. Nous devrions faire tout particulièrement attention au regard que nous portons sur un être humain victime d’un viol, y compris à nos soi-disant regards compassionnels qui peuvent l’enfermer dans ce que ses bourreaux lui ont fait.
      Tant qu’une « victime » continue de se considérer comme une victime, elle ne peut pas s’en sortir car elle continue à se définir par rapport à ce que son bourreau lui a fait.
      En réalité si la « victime » pouvait relever la tête, si elle osait voir la vérité : qu’elle a le droit de vivre parce qu’elle est en vie et qu’elle porte en elle une noblesse et une dignité éternelles et inaltérables parce qu’intrinsèque, une valeur sacrée de son simple statut d’être humain, elle rayonnerait.
      Personne ne peut salir personne mais chacun de nous pouvons nous sentir plus ou moins « salis » en relation avec les valeurs de la culture à laquelle nous appartenons, et il est vraisemblablement temps pour certains de nous de changer de culture et de relever la tête. C’est avec plaisir que je constate que c’est ce que font de nombreuses femmes aujourd’hui.
      Il est possible (je ne dis pas facile), de sortir de sa culture mortifère, de se regarder dans une glace et de se considérer innocent des horreurs que les autres nous ont parfois fait subir. C’est aussi possible de voir que les insultes que l’autre profère à notre égard parlent de lui et non pas de nous.
      Ce long travail de réhabilitation de soi-même n’est pas facile, il demande de ne pas avoir froid aux yeux, et commence par accepter en soi-même la légitimité de sa colère.
      Encore une fois – en disant cela – loin de moi l’idée de donner une leçon à quiconque, je souhaite juste aider mes lecteurs à toucher leur profondeur, c’est-à-dire le lieu où à l’intérieur de nous, chacun de nous sait que cela est vrai.

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Oui, et c’est ce qui est sans doute le plus difficile à entendre : après tout ce qu’elle a vécu, la victime devrait encore « faire l’effort de sortir de son statut » ? diront certains.

          La vie n’a que faire du juste et de l’injuste (certains diront qu’elle est cruelle et sans pitié). Nous sommes donc condamnés (pour nous en sortir), à prendre nous-mêmes la responsabilité de notre souffrance, même si elle nous a été injustement infligée par des autres.

          Ces paroles sont difficiles à entendre : tant que la victime ne peut pas faire autrement que de se situer – en tant que victime – donc par rapport à son bourreau, elle souffrira. Sa propension à se plaindre ne l’aidera pas à retrouver la vie et la liberté, au contraire, plus elle se plaindra et plus elle s’enfermera dans sa souffrance.
          Le deuil est un processus à suivre et beaucoup s’arrêtent « en cours ».

          Aller au bout de ce processus c’est pouvoir accepter ce qui nous est arrivé, non pas par résignation, mais « parce que ça nous est arrivé » et que ça ne peut donc pas être autrement. C’est donc par amour de la vie que les personnes acceptent « ce qui leur est arrivé ».

          La renaissance n’est possible qu’à celui qui accepte de faire le deuil de ce qui lui est arrivé. Récemment, une personne qui avait perdu ses deux jambes dans un accident, me citait Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »
          Cela revient à dire que c’est nous qui détenons le pouvoir de notre guérison. (Ce n’est pas une insulte, c’est la plus belle chose que nous pouvons entendre.)

          Aussi étrange, incroyable et même injuste que cela puisse paraitre, la personne qui a entendu, compris et osé ressentir cela « quitte » sa souffrance et revit, enfin.

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        2. shannon

          Je me suis aperçue car je vivais dans le dénie totale et je pensais que c était normal la vie que j avais quand j étais enfant…Mon grand père me frappait, avec un fouet et j étais humilié, surtout quand je n avais pas de bonnes notes..il arrêtait les passent dans la rue et disait que j étais une mauvaise eleve..j étais humilié..Ma mère ne s occuper pas de moi…donc c était mon grand père…heureusement que j avais une passion la danse classique ou j étais la meilleur au conservatoire.Aprés l école mon trajet était minuté, gare a mois si j avais du retard…Les week ends je ne sortais pas…et je devais refuser les invitations d amies..j étais enfermé..je me réfugier alors dans la musique et les livres..mais le plus terrible c est que je pensais que c était normal…Mon oncle a abusé de moi..;avec la complicité de sa femme…pendant des années…Donc me refuge était la Danse, et j étais très maigre, car on m obliger a manger des restes de nourriture…Avec le temps j ai compris quand j étais adulte qui se servait de moi pour toucher les allocations..;et ne pas être seul…Je ne partais pas en vacances….Ma mère ne m aimait pas elle m a confié a son père et sa mère…Je vivais entre l école, le conservatoire et la maison…Mon grand père le traitait de cancre, d incapable, ma mère me disait que j étais très laide…Et quand j ai été reçue a l OPERA, mon grand père a refuser de m y inscrire…Il m a mis comme apprenti coiffeuse pour que je ramène de l argent…Violences verbales, humiliations, pas d amour fut mon quotidien enfant.Quand il décéda a mes 17 ans…Je partie de la maison a 20H….J ai eu le courage de faire ce que je souhaitais…je suis devenue danseuse, muse d un grand photographe, moi que l on disait moche…Mais je garde des cicatrices profondes…

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          1. vanina

            mon dieu Shannon, quel témoignage bouleversant et courageux. Il me semble m’y retrouver. Bravo pour votre courage extraordinaire, votre persévérance merci beaucoup pour votre partage, et bon courage pour votre avancement avec vos blessures.

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  10. OLICHET

    Je vous remercie de cet échange, quand on est jeune, on a tendance à assimiler en pensant que les adultes ont la science infuse et en grandissant si on ne prend pas le temps d’y réfléchir ça reste sans vraiment que l’on s’en rende compte. Merci de votre aide.

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  11. OLICHET

    Je ne voulais pas dire que j’étais jeune mais quand on est petit, on est crédule et quand on est adulte parfois on garde des croyances qu’on nous a transmises sans y réfléchir. Je comprends que pour passer à autre chose, il ne faut pas chercher à comprendre l’autre, mais penser à soi ce qui n’est pas toujours facile.

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  12. OLICHET

    En fait, il faut se détacher des autres pour ne pas tout prendre pour soi, ce qui équivaut à s’aimer sans attendre que l’autre nous aime, comme ça on ne lui permet plus de nous faire du mal.

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  13. OLICHET

    Tout cela m’a permis de comprendre qu’il ne fallait pas se focaliser sur le mal qu’on nous a fait mais sur ce que nous avons ressenti nous. Tendre l’autre joue équivaut à ne pas chercher à se venger car sinon on serait attaché à la personne qui nous a fait du mal mais à chercher à ce que nous avons ressenti nous pour ne plus être attaché à la personne, se détacher émotionnellement pour soigner nos blessures.

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    1. jean michel

      Sans vouloir embrouiller la réflexion, j’ai remarqué dans certaines circonstances que il arrive qu’on ne comprenne pas certains de ses propres actes,comme si on était plusieurs en une même personne. Et aussi certaines réalités vécues étaient comprises d’une certaine façon et d’une autre dans des périodes différences. Et encore que avoir un avis ou discerner des causes et effets à partir d’un acte n’était pas toujours neutre sur le plan du ressenti et de l’émotion, rendant difficile une vision objective menant à une compréhension semblable au raisonnement scientifique basé sur des certitudes. La prudence tend à éviter de simplifier la réalité surtout dans le domaine relationnel si complexe entre personnes nécessairement différentes.

      Nous sommes tous des êtres humains limités, dans ce qu’on subit, ressent et dans ce qu’on fait par rapport aux autres. Des comportements individuels ont aussi des causes résultant d’influences extérieures du passé comme du présent, de l’individuel comme du collectif, et qui ne sont pas mentionnées de façon explicite, car alors elles seraient identifiables et donc distinctes de la personne.

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