Tout est neutre

Pour aller plus loin et comprendre la manière dont notre interprétation de la réalité est à l’origine de notre perception émotionnelle du monde, lisez :

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8 réflexions au sujet de « Tout est neutre »

    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je pense que vous confondez la réalité (qui est neutre en elle-même) avec vous-même, c’est-à-dire avec l’interprétation, la valeur que vous lui donnez, l’opinion que vous en avez. Ce sont deux choses différentes.

      Par exemple :
      Une compote de fruits acides est neutre mais pas pour celui ou celle qui l’apprécie ou la déteste.
      Une maison qui brûle est un magnifique spectacle pour un esthète mais pas pour celui qui en est le propriétaire.
      Il s’agit donc de comprendre que c’est nous qui donnons de la valeur (bien / mal) aux choses qui n’en ont pas en soi, c’est en cela que « tout est neutre »…

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  1. Amy

    Merci pour ce post. A sa lecture, ça pique en moi… Une partie de mon système intérieur interprête, enfin cherche à me convaincre, en se servant de ce post, que : « Alors, tu vois bien, tout est neutre. Telle personne ne te maltraite pas, au fond c’est toi le problème, c’est toi qui mets une attention disproportionnée sur ses mots, ses gestes, et tu finis par croire qu’elle te maltraite. »
    Le « celui qui voit les choses telles qu’elles sont met en doute ses opinions personnelles à propos des choses » est interprété à l’intérieur de moi comme une invitation à la remise en cause et à la négation de mes ressentis : c’est moi le problème, j’ai un problème de « là où je mets mon attention ».
    Or, pour prendre un exemple personnel, quand mon père se comporte de la façon dont il se comporte (que je qualifie de comportement autoritaire, dominant et écrasant), il se réveille une grande, une très grande colère en moi, et je n’ai pas du tout envie de « mettre en doute » mon ressenti. J’ai envie de crier mon besoin de respect pour qu’il perçoive, qu’il réalise ses façons d’être, et/ou – à défaut de pouvoir être entendue et donc qu’il puisse considérer l’idée d’aller regarder comment il se comporte – de couper le lien pour me protéger. Je n’ai pas du tout envie de mettre en doute mes tripes e me disant que tout est neutre. Bien au contraire je ressens un énorme besoin de respect et de protection et de préservation de moi-même. Qui n’est pas une chose aisée et spontanée à concrétiser chez moi, que je suis en train de ré-apprendre (se sentir légitime à vouloir vivre libre, avoir une vie à soi sans rendre des comptes à une figure d’autorité, sans craindre les cris ou les repproches permanents, être respectée, etc.)
    Alors du coup je me dis que pour les personnes qui se sont construites comme moi dans une survie passant par l’inhibition, par le fait de retenir toute expression de soi, par le muselage de soi-même, passant par des croyances du type « C’est moi la fautive, c’est moi qui ne fait pas bien » et un doute quasi-systématique de ses ressentis, la pente est glissante, et il y a un risque à mal interpréter ce post et à croire « Tout est neutre, en fait peut-être que je ne suis pas maltraité.e, peut-être que c’est moi qui ai un problème d’attention et qui fais exister des choses qui n’existent pas ».
    Je veux bien un éclairage complémentaire.
    (en fait que crois que j’ai besoin d’une confirmation que mon salut est dans le fait d’écouter mon ressenti, de ne plus jamais nier ma réalité intérieure mais bien de me respecter et d’aller vers ce qui me fait du bien car j’en ai le droit.)
    Merci, et merci pour tous les écrits de ce site.

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    1. Amy

      Je poursuis pour partager le lien de la page que je viens de lire ici : Neutre, dont l’article et les questions/réponses ont clarifié la confusion dans mon système intérieur et m’ont procuré de l’apaisement.
      A toute fin utile quelques extraits qui tombaient à point pour moi, et si ça peut aider d’autres personnes :

      « Découvrir que tout est neutre n’est certainement pas être indifférent (…) »

      « Voir la neutralité des choses ne veut pas dire devoir ne pas être atteint, et ne veut pas non plus dire ne pas le montrer. »

      « La réalité est toujours neutre – une autre manière de dire que les choses sont toujours telles qu’elles sont. Mais il n’y a surtout pas à se servir de cette neutralité pour contredire et nier ce que vous vivez vous ! Cela ne veut pas dire que vous « devez » rester neutre.
      L’important pour un être est de rester vrai avec lui-même.
      La vérité du moment est à la fois (et de tout votre coeur) : oui la réalité est par définition neutre ; et oui je souffre, oui elle m’est insupportable. (…)
      Vous trouverez votre force dans l’adhésion complète à ce que vous vivez sur le moment. Pas de déni. »

      « Le signal qui nous montre que nous refusons, c’est l’émotion qui met en évidence le décalage que nous vivons entre ce que nous attendons de la réalité et la réalité telle qu’elle est.
      Le but est donc de vivre le plus complètement possible l’expérience de soi-même afin qu’il n’y ait plus ce décalage, ce qui nous permettra non pas d’être neutre, insensible ou mort, mais en paix avec les choses telles qu’elles sont. »

      « La présence d’une émotion signifie qu’il y a « refus de voir les choses telles qu’elles sont ». Il s’agit alors de commencer par accepter d’avoir refusé, pour ensuite pouvoir accepter les choses telles qu’elles sont. »

      « Accepter les choses telles qu’elles sont c’est seulement accepter ce qui a été ; cela ne présuppose pas que nous tolérions qu’elles durent. »

      Merci encore.

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    2. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En effet, votre interprétation de la situation trouve son origine dans votre souffrance et se nourrit de votre souffrance.
      Vous avez là une très intéressante illustration du fonctionnement du mental : vous connaissez manifestement très bien la « vérité » qui crie votre colère au travers de votre ressenti mais votre mental cherche à l’étouffer et c’est ce qui vous amène à me poser une question pour légitimer ce que vous savez déjà.

      Pour aller plus loin et comprendre le fonctionnement du mental, je vous invite à lire cette histoire : Le mental.

      Le mental est implacable et la vraie question est celle de votre attitude envers lui. Un ancien proverbe chinois explique bien les choses, il dit : « On ne peut empêcher les oiseaux noirs de voler au-dessus de nos têtes mais on peut les empêcher d’y faire leur nid. »
      Les oiseaux noirs ce sont les pensées du mental. Vous n’êtes pas responsable de vos pensées, mais vous êtes responsable de la manière dont vous les laissez faire leur nid dans votre tête, c’est-à-dire de la manière dont vous allez vous y prendre pour les croire.

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  2. mary

    bonsoir
    j’aime votre post, je comprends que c’est moi qui crée un écho à la situation en fonction de mon conditionnement, ce qui n’empêche que l’autre peut être réellement maltraitant c’est ce que je vais faire de l’information qui viendra de mon ego ou de ma partie pas neutre puisque je suis le pas neutre mais aussi le neutre n’est-ce pas?
    cela me fait penser au travail de Byron Katie ou elle remet chaque pensée en question
    .encouragements chaleureux pour votre travail

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, il s’agit d’apprendre à reconnaître votre subjectivité quand vous l’êtes, afin de l’être délibérément.
      Voir les choses telles qu’elles sont va vous permettre de faire l’économie de votre émotion, ce qui vous permettra d’agir plus rapidement dans la direction de ce que vous voulez pour vous-même en faisant – par exemple – l’économie de votre indignation.

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