Responsable ou coupable ?

Cette réflexion vous intéresse, pour aller plus loin, lisez :

Téléchargez gratuitement ce post et envoyez-le à vos amis et sur les réseaux sociaux :

CC BY-NC-SA 4.0 Responsable ou coupable ? par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

3 réflexions au sujet de « Responsable ou coupable ? »

  1. Barbara L

    J’aime beaucoup ce message car il me demande un vrai travail d’appropriation “dans le corps”. il y a quelque temps j’aurais lu la première phrase et j’aurais explosé de colère; Quoi? non seulement je me sens (souvent/toujours) coupable, mais en plus on me dit que je suis lâche? arretez de me taper dessus par pitié! C’est surement parce que je n’avais pas encore pris la mesure (donc ressenti toute l’ampleur de l’emprise) du sentiment de culpabilité Coupable de ne pas être à la hauteur, assez bonne, assez aimable, assez gentille, assez sage, etc Coupable bien sur puisque étant une bonne fille, gentille, très sage et bonne à l’école ne suffisait pas pour recevoir un amour simple et léger de ma famille. L’amour nourrissant auquel j’aspirais enfant et dont le besoin se fait encore sentir souvent…
    Donc oui, à la moindre faute, la culpabilité et surtout la honte me poussent à me replier sur moi et à craindre la punition (au moins morale), le jugement (au moins du regard d’autrui que j’imagine s’il n’est pas dit). Bonjour le sabotage personnel.
    Je crois que pour que je me sente responsable et que je puisse mieux aujourd’hui comprendre ce que veut dire la dignité de soi, j’ai du lâcher prise sur cette injonction mortifiante à la perfection. Ce n’est pas encore gagné à 100% mais ca avance. Comment? deja mes parents sont décédés en 2016 et du coup, je me sens plus libre de ne pas craindre de les décevoir ou leur faire de la peine ou les angoisser (à 52 ans il est temps). Ensuite, il me semble que j’ai tres tres envie de profiter de la vie et d’arreter de m’en demander toujours plus. Du coup, parfois, je ne peux pas faire … pas etre wonderwoman, pas dire oui a tout, pas réussir exactement comme je le souhaite ou ils (patron, collègues…) le demandent. So what? je fais “de mon mieux” et un point c’est tout. Vous voulez plus? eh bien donnez moi les moyens de faire plus. Ce ne sera pas gratuit. Si je dois prendre une décision difficile, je m’autorise à changer d’avis. Je m’autorise à hésiter. Je m’autorise à être égoiste plutôt qu’à faire “ce qui est bien, gentil, altuiste” parce que je sais qu’il n’y a pas de contrat et que tout donner de bon coeur doit etre réservé à des choses ou des gens précis, quand cela me (ME) fait plaisir, et pas dans l’espoir d’en recueillir un bon point ou la paix (plutot qu’un reproche, un jugement).
    Du coup, si l’autre porte un jugement, ou me dit son point de vue, alors cette “dignité de moi” n’est pas un égoisme ou une violence mais simplement d’être debout, ici et maintenant, autonome, et de voir l’autre sans ressentir de besoin de plaire à tout prix, de recevoir ses mots pour ce qu’ils sont, SES mots, pas les miens, et de les confronter à ce que je suis. Si l’autre me dit “tu m’as blessé”, je ne vais plus me voir comme une horrible chose, mais plutôt entendre “je me sens blessé par toi” et du coup lui demander quelle est cette blessure. Si l’autre me dit, tu as échoué, ou tu as fais une erreur, eh bien je vais encore sans doute vouloir m’excuser, mais je vais essayer de regarder avec cette personne quelle est cette erreur et si vraiment j’aurais pu faire autrement, et éventuellement m’excuser de ne pas avoir pensé faire autrement, et voir comment progresser. Si l’autre me dit “fais ci, fais ça” ou “j’ai besoin que tu m’aides”, alors je vais me demander d’abord si j’en ai envie, si cela me fait plaisir, et si ce n’est pas le cas, je dirai non ou demanderai à en discuter pour trouver une solution. Bon, facile à dire… pas toujours si facile à faire, mas il s’agit de s’entrainer!
    et pour finir sur la derniere phrase de ce post, oh que oui c’est maladroit et cela peut faire si mal. En particulier quand on est dans la détresse et que l’on attend de l’autre une aide, une voix, des béquilles, un réconfort Et que l’autre va donner un conseil (famille, ami), pire un jugement ou un diagnostic (medecin, psy). Sur la base de mon vécu, je crois que ce qui fait le plus mal dans ces moments ce n’est pas tant le mot (par exemple, “vous vous faites du mal toute seule”, ou “vous cherchez les ennuis inconsciemment”, j’invente ici…) mais plutot le fait que c’est une affirmation. C’est cette affirmation qui fait mal. Alors que posé en question, invite à réflechir. Ne pensez vous pas que vous en faites un peu trop là? ou “ce serait si bon d’etre réconfortée n’est-ce pas”? plutot que “vous etes dépendante affective”…

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, faites de votre mieux et souvenez-vous que personne sur cette terre n’est né pour être ce que l’autre voudrait qu’il soit.
      A propos de l’égoïsme, souvenez-vous aussi qu’il n’y a rien d’égoïste dans le fait de dire non à l’autre (puisque personne ne doit rien à personne), ce qui est égoïste c’est justement de vouloir que l’autre soit conforme à son propre besoin.
      Oui Barbara, cela demande de l’entrainement et cet entrainement que vous décrivez très bien va vous permettre de découvrir que vous êtes la seule maître de vous-même.
      A propos de l’erreur souvenez-vous que ce qui est fait est fait donc que vous n’auriez pas pu faire autrement que ce que vous avez fait. La réparation éventuelle de l’erreur se trouve dans le futur, jamais dans le passé.
      Pour aller plus loin lisez : Comment gérer celui qui dit du mal de nous ?

      J’entends ce que vous dites à propos des diagnostics médicaux et psy, mais pourquoi ne seriez-vous pas dépendante affective par exemple ? Qui ne l’est pas ? La constatation n’est pas un jugement elle fait mal à celui où à celle qui est dans le déni de peur de reconnaitre les choses telles qu’elles sont. Notre travail n’est-il pas de convenir que les choses sont toujours telles qu’elles sont, si c’est vrai, c’est vrai n’est-ce pas ? Il nous faut rencontrer avec dignité (donc sans honte) ce qui est bancal en nous pour pouvoir le redresser librement et ne plus devoir éternellement en souffrir.
      Bon courage pour la suite !

      Répondre
  2. Barbara

    Bonjour Renaud, merci pour cette réponse à laquelle j’adhère. J’ai pris un raccourci avec mes lignes sur la dépendance affective. Le souci avec l’expression “dépendance affective” est qu’elle est souvent “culpabilisante” (tiens donc) car souvent associée à celle d’une personne droguée, en demande immense, qui n’a plus toute sa tête ou son discernement, voire qui mendie, qui ne peut plus se passer de l’autre etc. Pas tres joli à voir n’est-ce pas? alors que si l’on va voir du côté des psychologues humanistes (par exemple Michèle Larivey, Redpsy) eh bien on lit que la dépendance affective est.. tout simplement si j’ose dire.. un très grand besoin d’amour. C’est à mon avis une version bien plus réconfortante et “porteuse” d’une reconnaissance de ce besoin (fondamental) par la personne en souffrance que de lui dire qu’il est “comme” un drogué (jugement qui rabaisse – est-ce un aspect de notre culture ‘coup de pied aux fesses”? ). Les mots peuvent aussi être des tuteurs de résilience.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *