Enceinte grâce à ses rêves

J’avais 20 ans quand mes parents sont morts et, après avoir failli sombrer dans la folie, j’ai mené une « vie de patachon », sans entraves ni tabous.

A 35 ans, je vis en couple, mon compagnon Samy et moi désirons un enfant.

Comme – deux ans plus tard – je ne suis toujours pas enceinte et que je ne veux pas entrer dans la « médicalisation », j’essaie de me préparer autrement à l’accueil d’un bébé : en cherchant à comprendre – à travers mes rêves – ce qui en moi bloque cette maternité.

Le texte suivant est le récit (à la troisième personne) de l’expérience onirique qui m’accompagnera jusqu’au début de ma grossesse :

Depuis que Catherine a décidé d’écouter les messages de son inconscient, chaque nuit, elle prend en notes, sans se réveiller tout à fait, sur un carnet posé à côté du lit à cet effet, les images et récits qui se bousculent sur son écran mental et, le lendemain, elle les recopie, les illustre, leur donne un titre et tente de les comprendre. Elle remplit plusieurs classeurs d’anecdotes loufoques, de rencontres incongrues, d’histoires insolites dont voici quelques spécimens :

L’enfant-aigle

A La Mecque, un groupe d’hommes veut tuer un enfant au couteau pour un sacrifice. J’essaie de les en empêcher en faisant sortir l’enfant de leur cercle. L’enfant se transforme alors en oiseau. C’est un aigle à qui j’apporte à manger dans un grand pré et que j’apprivoise petit à petit.

Chevaux drogués à la carotte molle

Des chevaux sont couchés sur le côté, les uns sur les autres, suants et claqués. Je les caresse l’un après l’autre et leur distribue des carottes molles qui les requinquent immédiatement.

L’île aux mouettes et le pigeon nageur

Samy construit une île pour que les mouettes puissent gagner directement le large. L’une d’elle s’élance, réussit un très beau vol et atterrit sur la mer. Un pigeon nageur vient se faire caresser, il a de magnifiques plumes, très longues.

Chien messager

Dans une cour, un chien tient une lettre entre ses dents et la tend, tout content, à une dame qui la prend.

 

En vérité, tout ceci la surprend, l’amuse, mais elle n’y comprend goutte.

Les clefs de ses songes lui échappent.

Une « passeuse de sens » se présente alors sur son chemin pour l’aider à analyser ses rêves, à retrouver dans ses tréfonds ce qui l’empêche d’être mère pour, l’ayant reconnu, le dépasser.

A l’hiver de cette année-là, l’inconscient sait le désir de maternité et convoque animaux et plantes oniriques pour dire la force de vie qui pousse :

Nous gardons un enfant et un petit chien qui se fait attaquer par une poule très vigoureuse. Je lui donne des coups de pied et elle devient une bête à poils. Nous jouons chacun avec un magnifique serpent très gentil. Il y a aussi des chats et des chiens qui s’en donnent à cœur joie dans la cuisine pendant qu’on ne regarde pas. Tout est sens dessus dessous. J’ouvre la porte et mets tout le monde dehors.

La chatte aux yeux verts

En voiture dans la forêt, on entend miauler et on voit arriver une chatte superbe au pelage marron et blanc, avec des yeux verts, un regard extraordinaire. Elle est avec un chaton et tous les deux montent dans la voiture.

Lotus et raisins

On fait de savants bouquets avec des fleurs blanches et bleues, genre lotus. On y ajoute du raisin noir. Tout le monde en mange, je vais en décrocher pour moi et j’accroche du blanc à la place.

Les rêves du bébé

Dans une pièce avec plusieurs enfants : certains dorment, l’un se fait frotter énergiquement avec une serviette éponge bleue tandis qu’un bébé, les yeux ouverts se met à me parler de ses rêves et me les donne à lire.

Dans le stock incroyablement fécond, se glissent les blessures à reconnaître et à comprendre avant de pouvoir porter un enfant : la grossesse difficile de la mère de la rêveuse et sa propre naissance – par césarienne, tentée in extremis :

Blonde et morte

Nous sommes en Amérique sur un pont enjambant un terrain vague. Un mec retient par la main une nana qui enjambe le pont et, quand il la lâche, elle s’écrase en bas sans bruit et restera ainsi, blonde et morte, face contre terre pendant tout le rêve. Plus tard, je joue au dessus d’elle sur un genre d’échelle que je fais bouger pour me calmer les douleurs au ventre.

L’agneau sanglant

Je monte pour rendre visite à la mère d’une amie et je dois me glisser dans un fente très étroite après laquelle, sur des marches, se trouve un drôle d’agneau (sans pattes) blanc, taché de sang. Je le crois mort mais je vois ses yeux bouger. Il vit mais je ne le touche pas. J’arrive chez la femme qui me parle d’une brebis qui s’est donné des grands coups de pied dans le ventre et qui saignait terriblement. Elle a recueilli un peu de ce sang avant que la bête ne meure.

Catherine savait qu’à sa naissance, on avait craint pour sa vie et celle de sa mère mais elle n’avait pas – jusqu’à ce rêve – revécu l’intensité de sa peur de mourir. Elle croyait même que la césarienne lui avait offert une naissance sans violence !

Des élèves se battent avec des épées de bois. Je chante la fin du combat.

Au printemps, Catherine peut en effet « chanter la fin du combat » entre l’adolescente rebelle, la séductrice invétérée et la femme rêvant d’être mère : elle range ses santiags de motarde, s’achète des robes, se met à faire un peu de cuisine… et… tout naturellement… un bébé choisit de s’incarner dans son ventre…

Je suis en train de faire l’amour avec Samy quand je vois des traces rouges sur son sexe que je prends pour du sang. On regarde mieux, ce sont des œufs, orangés, genre œufs de poisson… Pus tard, je lange une petite fille que son père va emmener se coucher.

(Rêve du 20 mars, nuit de la conception ?)

Une petite fille est annoncée, clamée ; le test de grossesse est positif, les futurs parents exultent et le fœtus-fleur s’épanouit :

Je passe dans une allée d’arbres-tulipes bleu foncé. Le dernier a des grosses fleurs roses et bleu ciel. Le mot poulailler est inscrit partout. Samy achète des dizaines d’œufs.

(Rêve du 28 avril)

On mange des cerises dont l’une se transforme en un gros œuf que le futur époux va partager.

(Rêve du 8 juin)

Toute la grossesse de Catherine est vécue par les deux futurs parents comme une période de joie, de confiance et de plénitude.

Ils font le choix d’un obstétricien anthroposophe qui sent et dit le bébé avec ses mains ; une seule échographie, au 6ème mois, sans dévoiler le sexe du fœtus. Chacun des rendez-vous – mensuels – avec cet homme de coeur est une fête qu’ils partagent tous les deux, une communion avec le mystère.

Si c’est une fille, ils l’appelleront Lucie. Les prénoms de garçons leur résistent.

La veille de l’accouchement, fin novembre, ce message onirique :

Pour sortir plus vite et me rendre au rendez-vous avec l’obstétricien, j’ouvre une petite fenêtre carrée secrète et je me glisse, les jambes en avant, en dérangeant une toile d’araignée rose et un petit crabe rose aussi.

Le rose. L’inconscient enfonce le clou et c’est bien une fille qui s’incarne, petit cataclysme miraculeux qui chamboule tout dans leur vie.

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7 réflexions au sujet de « Enceinte grâce à ses rêves »

  1. Sandrine

    Profession : Soignante et formatrice

    C’est un véritable conte qui s’est joué au creux de votre corps et de votre âme. Quelle bonne idée de lire à travers ses songes ce qui se cache dans ses pensés secrêtes. Une démarche qui devrait éclairer plus d’une personne perdue.
    Ce qui est fantastique est le lien qui déjà uni bébé Lucie et maman Catherine bien au delà de sa conception.
    Pleins de bonheurs à vous trois.

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  2. Souhaila

    Profession : Contrôleuse des douanes

    Je trouve sa surprenant… est ce vraiment la réalité ??? Je suis perplexe… n’est ce pas un tissu de mensonge ? Je suis désolée de voir sa comme sa mais je suis perplexe, c’est pas tous les jours des histoires comme sa !!!!!

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En effet, Souhaila, je comprends votre étonnement à la lecture de ce témoignage. J’ai accompagné moi-même Catherine, de très près, pendant toute cette période, je peux vous affirmer non seulement que, comme disaient Freud puis Jung, les rêves sont la « voie royale de l’inconscient » mais qu’en plus un bébé est né !

      Plus que la simple expression du désir, le rêve – parce qu’il aide à accueillir les contenus de l’inconscient – permet un élargissement de ce que nous sommes. Se mettre à l’écoute de ses rêves, permet d’apporter au conscient une nouvelle donne symbolique qui aide à dépasser la difficulté. Jung disait : « C’est comme si un fleuve, après s’être perdu dans des bras secondaires marécageux, découvrait à nouveau son lit ordinaire, ou qu’une pierre posée sur une graine en train de germer était soulevée de telle sorte que la pousse puisse croître sans entrave. »

      Découvrir, sentir, aimer et comprendre ses rêves de l’intérieur peut aider une personne à à y voir plus clair en elle-même, comme à remettre en mouvement ce qui stagnait.

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      1. Souhaila

        Profession : Contrôleuse des douanes

        Oui, je comprends ce que vous voulez dire ! Je souhaite pleins de bonheurs à vous trois. C’est vrai que c’est une belle histoire… au delà des rêves… bonne chance pour la suite… Cordialement.

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  3. Elietha

    02/09/2008
    Prénom : Elietha

    Je trouve ce témoignage avec commentaires d’une belle sensibilité de retranscription et il ouvre divinement bien la fenêtre du travail intérieur, je suis touchée par cette possibilité de partage dans le respect.

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  4. Cécile

    Avec le témoignage de Catherine on sent la présence et le mystère d’une réalité subtile. Ca pourrait être un conte moderne parce qu’il s’agit d’une rencontre avec une Connaissance « autre ». Et c’est cette Connaissance qui me rend espoir quant aux facultés de l’Homme.
    Catherine a beaucoup de chance.

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  5. Caroline

    Profession : Metteur en scène
    Ville : Lisbonne
    Pays : Portugal

    Ça me rassure d’entendre une histoire comme celle-là, ça me rassure sur notre capacité à tous de réaliser nos désirs les plus profonds avec ce que tout le monde a : un coeur, une tête, un corps… Un pouvoir un peu magique accessible à chacun d’entre nous. Merci Catherine pour votre belle et inspirante folie !

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