Comment ne plus avoir peur de ceux qui nous critiquent ?

UN ASPECT DU TRAVAIL THÉRAPEUTIQUE :

PRENDRE CONSCIENCE DE SON SCHÉMA PRINCIPAL ET OSER LE REMETTRE EN CAUSE.

« Pour découvrir les différentes facettes conscientes et inconscientes qui nous constituent, il faut se mettre à l’écoute de soi-même; regarder ce que l’on fait et se demander qui agit. On s’aperçoit alors qu’une large partie de ce qu’il y a véritablement à connaître consiste en ces couches de mémoires et d’expériences qui se sont cristallisées et sont devenues, à la longue, des façons automatiques de faire, de sentir et de penser. »

Guy Corneau.

Question d’A. M. :

Travailleuse Sociale.

Je me présente, je m’appelle A. M. Je suis étudiante et en septembre, je vais entreprendre ma troisième année d’études supérieures. (Je suis dans le domaine du social et vais étudier pour faire travailleur social.)

Je fais appel à vous, car je ne sais plus qu’elle attitude adopter.

Durant mes deux années d’études, j’ai fait la connaissance de deux filles de ma promotion. Au départ, tout se passait pour le mieux, nous nous entendions bien et étions proches. Je les considérais comme mes amies.

Au début, de la deuxième année, une autre fille est venue compléter notre groupe, c’est à partir de ce moment que les choses se sont envenimées pour moi.

En effet, les tendances du groupe se sont inversées, mes amies se détournaient de moi, pour la nouvelle arrivante. Je leur ai parlé à plusieurs reprises, à chacune pour leur expliquer que je me sentais exclue.

Rien à faire, elles continuaient comme si de rien était. Ce comportement m’a fait énormément de mal, car du jour au lendemain, j’avais l’impression de me retrouver seule. Finalement, j’ai pris mes distances avec ces personnes car elles me stressaient constamment (elles étaient les meilleures de la promotion et parlaient tout le temps des cours).

J’en étais arrivée à un tel point, que je ne voulais plus aller en cours.

Aujourd’hui, je n’ai plus de contact avec elles, le problème est que je me retrouverai avec elles à la rentrée au mois de septembre et que je ne sais pas du tout qu’elle attitude adopter. Je n’ai plus envie de subir leur comportement.

Avec ces personnes, je me sentais rabaissée, inutile et toujours à la traîne. Surtout avec l’une d’entre elle, qui a énormément d’influence sur les gens.

J’aimerais savoir quelle attitude adopter ou quels conseils pouvez-vous me donner, pour réussir à les ignorer.

Ma réponse :

Voudriez-vous commencer par lire mes articles « Voir ses schémas à l’œuvre pour y renoncer » et « Le défi de l’aidant », que vous pourrez facilement télécharger sur mon site, peut-être cela vous parlera-t-il ?

La question importante est à mon sens pour vous, de découvrir pourquoi quand des gens que vous aviez cru être vos amies (et qui ne le sont pas en fait) se détournent de vous, vous avez, je vous cite, « énormément mal. »

C’est un peu comme si vous aviez été « abandonnée » et que par là même vous soyez devenue incapable de regarder dans une autre direction que celle de votre blessure.

Qu’est-ce qui s’est activé en vous (selon vous) à ce moment là ? Avez-vous déjà été « trahie » dans votre existence ? Il semblerait que oui, et que ces attitudes fassent ressurgir un passé douloureux pour vous.

Ce que vous dites : « Je n’ai plus envie de subir leur comportement » est très juste. Posez-vous cette question : qu’est-ce qui ferait que vous soyez condamnée à devoir le subir ?

Quelle attitude adopter avec des gens qui ne souhaitent plus vous voir selon vous ? Pouvez-vous définir ce qui vous empêcherait de ne plus voir ceux que vous ne voulez plus voir ?

Mais vous avez surtout besoin de découvrir pourquoi (quand les autres ne veulent plus de vous) vous vous sentez rabaissée ?

Comment estimez-vous la confiance que vous avez en vous ?

N’avez-vous pas le droit (comme chacun) de ne pas devoir être dépendante des autres ? (Etant entendu que notre dépendance commence au moment même où nous nous sentons les victimes des autres).

Je comprends bien que vous appréhendiez la solitude aujourd’hui. Mais comment allez vous agir pour ne pas en être la victime ? Comment allez-vous vous y prendre pour vous ouvrir aux autres ? A de nouvelles relations ?

Votre peur, votre solitude sont dans votre esprit, il ne s’agit pas de les sous-estimer car elles sont réelles, je vous invite juste à tenter de les comprendre : « Tiens, c’est intéressant. Qu’est-ce qui fait que je ressens cela ? »

Savez-vous pourquoi vous craignez cette solitude ? Vous a-t-on fait croire que vous n’êtes pas à la hauteur et fragile ? Si oui, qui ?

2) Réponse d’A. M. le 21/08/06 :

Profession : Travailleuse Sociale

Je tiens à vous remercier de m’avoir répondu.

Lorsque vous m’avez dit que j’étais en quelque sorte « abandonnée » et que j’étais incapable de regarder dans une autre direction. C’est exactement ce que je ressens.

Cette situation je l’ai déjà vécue, et j’ai l’impression qu’à chaque fois ça recommence.

Au lycée, j’étais très proche d’une fille, mais j’ai fini par comprendre que je la craignais. Je n’osais jamais lui dire le fond de ma pensée car elle était très agressive et faisait des scènes en public. Ce n’était pas une amie parce ce que j’avais peur d’elle, elle s’est fait d’autres amies. Vous savez, nous avons repris contact toutes les deux il y a un an environ. La situation n’a pas changé, elle est toujours pareille et moi aussi, je n’ose pas lui dire ce que je ressens, parfois j’ai envie moi aussi de crier et de m’exprimer comme elle, de lui dire ma façon de penser et ce qui ne me plait pas chez elle mais je n’y arrive pas, et elle le sait.

Non pas que je n’ai pas de caractère mais avec certaines personnes, ça ne ressort pas.

Je me sens rabaissée et trahie parce que j’ai l’impression de ne pas être assez bien pour ces filles. Toutes les trois étaient les premières de la promotion. Cette relation me stimulait au départ, puis au fur et à mesure du temps, j’étais de plus en plus découragée, sans m’en rendre compte ; cette relation m’épuisait, j’avais l’impression qu’elles étaient, tout le temps en compétition. J’ai douté de moi, me disant que j’étais nulle, que jamais je ne serais acceptée dans cette fameuse école pour ma troisième année et que elles oui car elles étaient les meilleures. Finalement, contre toute attente j’ai été acceptée et une des trois (la dirigeante du groupe) est sur liste d’attente, elle, la première dans tous les domaines.

Vous savez, lorsque j’ai appris qu’elle était sur liste d’attente, j’ai été contente. Je me déteste pour ça, mais je me suis dit ce jour là : ce ne sont pas toujours ceux qui ont les meilleures notes qui y arrivent. Quelle pensée puérile. Vous vous rendez compte. Je déteste toutes ces situations que j’ai vécues, parce que je trouve, en y pensant que c’est d’un ridicule, tellement enfantin, et le pire de tout ça, c’est que ça m’affecte encore aujourd’hui.

En côtoyant ces filles, je me suis sentie rabaissée car je me suis dit que je ne serais jamais à la hauteur dans ma future profession, que je n’étais pas assez intelligente et beaucoup mais alors beaucoup, beaucoup moins bien qu’elles, vu qu’elles m’excluaient constamment. Je me comparais sans cesse à elles. C’est par leur comportement que je me sentais rabaissée et inutile. En même temps, je ne voulais pas me soumettre à elles, et qu’elles me dirigent. Je voulais rester moi.

Oui, je ne veux plus les voir et ne plus subir leur comportement, mais d’un côté j’y suis condamnée car elles seront dans ma promotion (de 15 élèves).

Bien sûr je veux rencontrer d’autres personnes, mais je les connais quasiment toutes car elles sont de ma promotion de l’année dernière, où il n’y avait que des clans.

Je n’ai pas beaucoup confiance en moi, dans beaucoup de domaines. Je le sais. Ce que je voudrais, c’est vivre ma vie, ne pas être dépendante des autres, être moi, et qu’on m’apprécie pour ce que je suis. Oui, tout ce que je veux c’est être moi.

Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi, je n’arrive pas à avoir une amie qui m’apprécie pour ce que je suis.

Je ne sais pas répondre à certaines questions que vous me posez : « Quelle attitude adopter avec des gens qui ne souhaitent plus vous voir ? » Les ignorer ?

« Comment agir pour ne pas en être la victime ? » Prendre confiance en moi ?

Je doute de moi, je me rends compte qu’il est très difficile de se connaître soi même. Par moments je suis tellement stressée, j’essaie de me demander pourquoi ? Mais parfois je ne sais pas y répondre. Je ne m’écoute pas assez et ne me fais pas confiance.

Ma réponse :

Je vous propose quelques pistes supplémentaires sur la base de vos réflexions.

Quand vous dites : « Cette situation je l’ai déjà vécue, et j’ai l’impression qu’à chaque fois ça recommence. » Sachez que tant que vous n’aurez pas été voir ce que cette situation réactive, cela recommencera. Si vous souhaitez que cela cesse parce que cela vous fait souffrir, il faut que vous vous demandiez (au besoin avec l’aide d’un thérapeute à la hauteur) ce que cela réveille en vous.

Il y a des personnes qui vous sont proches et qui par leurs attitudes et depuis très longtemps vous font peur, dans ce contexte il est très difficile pour vous de séparer l’amitié de la peur. Pour vous, dans votre histoire personnelle, il y a eu confusion et cela vous met très mal à l’aise parce que vous vous demandez qui est quoi. En ce sens, comprenez bien que « par rapport à votre apprentissage », vous êtes totalement « normale ». Vous vivez un douloureux paradoxe parce que vous avez appris à avoir peur de qui vous étiez proche. Tout être humain qui aurait appris la même chose que vous vivrait ce douloureux paradoxe.

Vous vivez dans la peur de la critique des autres parce que vous pensez, je vous cite : « Quand les gens m’excluent, cela veut dire que je suis beaucoup mais alors beaucoup moins bien qu’eux. » Comment savez-vous cela ? Quelle est l’expérience de vie qui vous a appris cela ?

Le propre de la peur pathologique est de vous inhiber donc de vous empêcher d’agir. Tout au fond de vous, vous avez envie de crier… mais vous n’y parvenez pas, du moins dites-vous « avec certaines personnes ». C’est là, précisément ce que vous avez à découvrir : avec quel type, quel genre de personnes ? Des personnes qui vous feraient penser à qui ?

Parce que vous êtes enfermée dans la peur d’être critiquée, vous créez un « sentiment d’infériorité ». Comprenez que ce sentiment d’infériorité n’existe que parce que vous êtes enfermée dans cette peur qui vous use et vous fait dépenser une énergie considérable.

Ce qui est intéressant à observer c’est que les faits (vous êtes acceptée en troisième année) démentent votre croyance (en votre incapacité à réussir). Votre sentiment d’infériorité ne repose donc sur rien d’objectif, il est une croyance que vous avez été amenée à avoir sur vous. Pourquoi et comment sont les deux questions essentielles auxquelles il est important, pour vous de répondre.

Parce que vous pensez que vous n’avez aucune « raison valable » d’être dans le ressentiment vis-à-vis de « ces filles de votre promotion », quand vous l’êtes, vous vous en voulez, vous vous détestez. Souvenez-vous toujours qu’un être humain qui a peur fonctionne à la manière d’une victime et le propre d’une victime, c’est d’avoir du ressentiment contre les autres. Vous ne vous aimez pas sous ce jour, vous vous trouvez « ridicule »… simplement parce que vous n’avez pas encore accès à la raison qui fait que vous fonctionnez comme une victime. Vous ne pouvez pas – pour le moment – vous dissocier de vos propres croyances négatives sur vous-même.

Comme toute personne qui ne s’aime pas vous vous comparez aux autres (en oubliant que vous êtes unique donc incomparable). En fait, de vous comparer vous permet de vous éviter de vous confronter à la cause véritable de votre difficulté présente (qui est liée à la réactualisation de votre vécu passé). A un autre moment, quand vous reprenez courage et confiance en vous (ce qui vous montre que vous n’êtes pas brisée), vous réagissez et exprimez de tout votre cœur que vous voulez « rester vous-même ».

Bien sûr, ce ne sont pas les autres qui sont la cause de vos comportements de peur mais la manière dont vous les voyez, dont vous les interprétez, dont vous leur donnez de l’importance (et cela bien malgré vous) c’est pour cela qu’il faut (si vous le voulez) aller voir, là où ça vous fait mal, c’est-à-dire découvrir ce qui est à l’origine de votre peur.

Oui – comme chacun de nous – vous avez le droit de devenir qui vous êtes donc de vivre votre vie. Ce qui vous en empêche (pour le moment) est votre dépendance au passé.

Je suis d’accord avec vous, « il est très difficile de se connaître soi même », cela demande de la détermination c’est-à-dire oser regarder ce que communément les gens n’osent pas voir en face.

Toute seule, vous concluez « Je ne m’écoute pas assez », c’est très juste, il va falloir que vous appreniez à vous écouter, à vous découvrir, à vous comprendre. Le seul obstacle à cela serait de penser que vous n’y auriez pas droit parce que vous seriez mauvaise ou moins bonne que les autres. C’est cette pensée ségrégationniste qui vous interdirait d’oser penser que comme tous les êtres humains, vous avez le droit de ne pas craindre les autres, donc de prendre en compte votre peur qui vous les fait craindre afin de vivre et d’être heureuse.

Cette pensée doit devenir peu à peu une certitude et cette certitude vous permettra peu à peu d’avancer, de prendre confiance donc de pouvoir faire avec votre peur.

Cela vous sera rendu possible grâce à la connaissance que vous aurez de vos propres mécanismes. Ce travail sur vous est capital, surtout pour la « travailleuse sociale » que vous voulez devenir (et qui ne pourra pas se permettre de devenir une victime des personnes qu’elle se proposera d’aider.)

3) Réponse d’A. M. le 01/11/06 :

Profession : Travailleuse Sociale

Je tiens à vous donner quelques nouvelles.

J’ai laissé passer la rentrée pour prendre mes repères, et réfléchir sur moi-même.

Il y a quelques jours, à mon école, une intervenante nous a fait cours et était psychologue. Une chose dans ses dires m’a frappé, et depuis, je réfléchis beaucoup dessus et comprends plus de choses.

Elle a dit que lorsque nous étions petits, si nous avions des problèmes pour être intégrés dans un groupe (amis, camarades de classe), il y a de fortes chances, que cela se reproduise de manière inconsciente plus tard.

Or, je me souviens de mon enfance, elle était pénible car j’étais à l’école dans mon village, les instituteurs se connaissaient bien et échangeaient beaucoup entre eux.

J’étais considérée comme un cancre, en réalité, j’étais effrayée par mes professeurs et n’arrivais plus à réfléchir, ce qui expliquait mes mauvaises notes (cela aussi j’ai pris du temps pour le comprendre), ils s’énervaient dès que je ne comprenais pas et me montraient du doigt, tous les élèves ricanaient. L’ennui est que cela s’est poursuivi pendant tout mon cycle primaire, vu que les professeurs communiquaient entre eux.

Tous les matins, avant d’aller à l’école j’avais terriblement mal au ventre, mes parents ne comprenaient pas mon trouble et étaient très en colère contre moi, du fait de mes mauvaises notes.

En plus, de cela, les élèves de la classe se moquaient eux aussi de moi, me trouvaient des surnoms ridicules, et s’amusaient de me laisser seule, sans que je ne comprenne pourquoi. J’en étais à un tel point que je falsifiais mes notes pour ne pas me faire engueuler le week-end. C’était une situation horrible pour moi.

Il m’a fallu du temps pour que je comprenne que cette histoire qui a duré longtemps m’a beaucoup affecté, je pense même qu’elle m’a traumatisé.

Lorsque j’en parle aujourd’hui avec mes parents, ma mère en a pleuré une fois, à elle je lui en veux moins qu’à mon père de ne pas avoir vu ce qui se passait même s’ils éprouvent tous les deux des remords. Mon père je lui en veux plus, car je détestais son attitude envers moi, il me criait dessus, ne m’expliquait jamais calmement lorsque je ne comprenais pas mes erreurs, je me sentais nulle, bref un cancre. Je le craignais.

Je me souviens qu’un week-end, pour me punir de mes mauvaises notes il m’a laissé seule à la maison, ma mère travaillait tandis que lui est parti au cinéma avec ma sœur.

Ce qui était difficile, c’était qu’à l’école, cela n’allait pas du tout, aussi bien avec les instituteurs qu’avec les élèves, je n’avais pas de véritables copines car elles se moquaient sans cesse de moi et me laissaient toute seule, j’en étais à un tel point, que je leur donnais plein de jouets pour qu’elles ne me fassent pas « la gueule ». Mais aussi à la maison ou j’avais le sentiment d’être incomprise.

Je comprends mes parents, pour eux c’était normal d’écouter le professeur.

Ces détails peuvent paraître insignifiants, pourtant lorsque l’on vit cela avec des yeux d’enfants, c’est dur. Encore aujourd’hui lorsque que j’y pense, j’ai un véritable pincement au cœur. Les enfants sont vraiment cruels entre eux.

Bref, quoi qu’il en soit, j’ai l’impression que cela se reproduit, les remarques cinglantes de mes camarades m’ont poursuivie pendant mon cycle au collège. En fait, ce que je n’ai jamais compris, c’était pourquoi me laissait-on toute seule. Je comprenais seulement plus tard, que dans un groupe il y a des meneurs qui souhaitent que l’on se plie à leurs règles et ceux qui sont menés.

Aujourd’hui, je crois que j’ai sans cesse la crainte que cela se reproduise, j’ai été tellement confortée dans mon enfance d’être inintéressante que j’ai l’impression que ce sera toujours le cas. Comment une chose qui s’est passée il y a plus de 10 ans peut tellement m’affecter encore aujourd’hui ? J’ai l’impression d’être prisonnière de cela.

C’est drôle je n’aurais jamais cru que mes « problèmes » pouvaient provenir de là, pourtant dès que la psychologue en a parlé, ça m’a frappé comme si cela était une évidence, que c’était juste là, mais que je ne le voyais pas.

Lorsque j’ai parlé brièvement avec cette psychologue, elle m’a dit que je me confortais dans cette impression comme si cela était normal, dès que je me sens exclue d’un groupe, je me rassure en me disant que c’est normal puisqu’il, en a toujours été ainsi.

Qu’en pensez-vous ?

Ma réponse :

Je vois que vous progressez dans la juste compréhension que vous avez de vous-même et cela est très important pour devenir libre de ce qui vous rend prisonnière encore aujourd’hui. Comprenez qu’il vous est possible – avec la détermination qui est la vôtre -de vous évader de votre prison, donc de ne plus devoir indéfiniment penser qu’il vous faut réussir à faire « comme si » donc à ignorer ceux qui vous font peur en vous critiquant.

Vous êtes entrain de découvrir que si vous cherchez à ignorer ceux qui vous font peur, c’est parce que vous êtes prisonnière de votre peur et esclave d’un passé que vous n’avez pas encore intégré.

Tant que nous ne sommes pas prêts à les entendre, nous n’entendons pas les choses… et puis un jour, sans que nous sachions trop pourquoi, quelque chose que pourtant nous savons… cristallise et… nous l’entendons : c’est ainsi que vous découvrez qu’ayant eu, petite, des problèmes à vous intégrer avec des camarades de classe, vous continuez d’avoir des difficultés, adulte, avec des camarades de promotion. Vous découvrez ainsi le lien entre ce que vous vivez aujourd’hui et votre passé. Cela est devenu pour vous, dites-vous « une évidence », qui était juste là et que vous ne voyiez pas. C’est en effet comme cela que se déroule une importante prise de conscience. C’est cela accéder à la connaissance de soi, vous avez là appris (pour toujours) quelque chose de votre manière de fonctionner.

C’est cela qui permet à certains thérapeutes de dire que les choses n’arrivent pas par hasard, que nous les attirons, inconsciemment bien sûr. C’est vrai que c’est parfois très difficile pour nous d’entendre que « notre être attire notre vie » (même si c’est – pour ceux qui l’entendent – l’opportunité d’une issue : changer). (A ce propos vous pouvez consulter ma réponse à la question : « Peut-on dire que la maladie nous rend service en nous alertant ? »)

Les paroles de cette psychologue, intervenante dans votre école, ont fait mouche. Sans le savoir, elle a parlé de vous et maintenant tout afflue chez vous.

Regardons ensemble : comme vous le faites très bien, il est capital de différencier ce que nous appellerons le message apparent (vous en tant que cancre) du message réel (vous effrayée), c’est donc parce que vous êtes effrayée, que vous vous inhibez et paraissez cancre aux yeux de certains autres. Lesquels ? Il sera important pour vous de vous confronter personnellement (à l’intérieur de vous-même) à chacun d’entre eux.

Peu à peu vous êtes donc rentrée dans votre coquille (ne sachant que faire d’autre pour vous protéger) et plus vous rentriez dans votre coquille, plus vous paraissiez différente, plus vous étiez montrée du doigt et rejetée. Le mot n’est pas trop fort, je pense que vous pouvez dire que vous avez été traumatisée.

Etre traumatisé, c’est être contraint de prendre (parce que nous ne savons pas comment nous y prendre autrement) une apparence que nous ne voulons pas prendre, terrorisés que nous sommes par l’image que les autres nous donnent de nous. Vous avez donc appris peu à peu à vous trahir vous-même, à filer doux et à trouver des stratagèmes pour moins souffrir (comme donner des jouets donc des cadeaux, c’est-à-dire tenter d’acheter l’amour ou l’attention de l’autre), incapable que vous étiez à l’époque (parce que vous étiez petite) de vous assumer telle que vous étiez. Votre corps, en somatisant avec un terrible mal de ventre a tenté pourtant de crier votre vérité qui n’a été entendue ni par vous (contrainte de vous penser nulle), ni par vos proches (contraints par leur croyance « un enfant doit travailler à l’école et écouter son professeur. »)

Dans un tel contexte, vos proches semblent vous avoir davantage enfoncée que soutenue.

Vous dites que vous en voulez à votre père parce qu’il n’a rien senti du drame intime que vous viviez : non seulement il ne gardait pas son calme, mais en plus il en rajoutait en vous criant dessus et en participant activement aux critiques des autres. Il est donc parfaitement juste et opportun que vous lui en vouliez puisqu’il a participé activement au fait que vous vous soyez sentie nulle. (Je vous rappelle que nous ne sommes pas entrain de juger quiconque mais simplement entrain de voir « la vérité » de votre vécu intime en nous souvenant que nous ne sommes jamais à l’origine de ce qui nous est arrivé dans l’enfance.)

Vous évoquez même qu’un week-end, pour vous punir de vos mauvaises notes, il vous a laissé seule à la maison et est parti au cinéma avec votre sœur : pour vous, cela n’a pas été autre chose qu’une intolérable injustice doublée d’un abandon.

Il est important que vous compreniez qu’à l’époque, vous vous étiez interdit de pouvoir penser consciemment que votre père avait eu une attitude indigne car ça aurait été vous avouer à vous-même ce que vous ne vouliez surtout pas entendre (qu’il vous aimait bien mal) prisonnière que vous étiez de votre besoin d’être aimée. En conséquence de quoi la fausse loi qui est à l’origine de votre schéma s’est gravée en vous : « Je mérite d’être abandonnée parce que je suis nulle. » et vous êtes devenue une victime (qui se réveille aujourd’hui parce qu’elle ne veut plus souffrir.)

Et… invariablement, tant que vous ne vous confrontez pas à cette fausse loi, elle se répète, parce qu’elle ne demande qu’à ce que vous la démasquiez (et c’est ce que vous êtes entrain de faire.)

En ce qui concerne votre mère, vous dites que vous lui en voulez moins (qu’à votre père) parce qu’elle a pleuré de son erreur, (je vous comprends car le fait qu’elle pleure de son erreur, vous a fait sentir qu’elle en avait pris conscience donc qu’elle vous avait au moins un peu comprise !) Cela me rappelle l’attitude dont vous me parlez dans votre second mail, quand vous avez appris que votre amie était sur liste d’attente et que vous vous en êtes réjouie. Là encore vous preniez en quelque sorte votre revanche.

Pourquoi, plutôt que de vous juger, ne vous comprendriez-vous pas ? Il y a de la frustration, du ressentiment, de la haine en vous. Vous en libérer, c’est ne pas les juger, ne pas les refouler mais les reconnaître, les accueillir : ces émotions ne sont que les rançons de vos souffrances et quand vous m’écrivez : « Je déteste toutes ces situations que j’ai vécues, parce que je trouve, en y pensant que c’est d’un ridicule, tellement enfantin, et le pire de tout ça, c’est que ça m’affecte encore aujourd’hui. » vous ne faites que vous maltraiter un peu plus en ne vous aimant pas vous-même.

Comprenez-vous qu’en vous détestant vous-même, vous faites le jeu de ce que vous n’aimez pas en vous ? Et que si vous avez du ressentiment pour vos parents (par exemple), c’est uniquement parce que vous avez souffert de leur cécité, de leur participation injuste à ce qui vous faisait tant souffrir. Qui pourrait se permettre de juger votre ressentiment issu de votre souffrance ?

Donc je vous invite à ne pas céder trop vite à la compréhension de vos parents. D’accord, « pour eux c’était normal d’écouter le professeur », mais ce « normal » a été pour vous très cruel puisque cela vous accompagne toujours aujourd’hui en vous obligeant à être contre vous-même, au point de me demander dans votre premier mail comment vous pourriez réussir à ignorer ceux qui vous font du mal.

Vous allez au plus profond quand vous partagez : « En fait, ce que je n’ai jamais compris, c’était pourquoi me laissait-on toute seule ? » Pourquoi la lâcheté, l’injustice et l’incompréhension ? Pourquoi toute cette inconscience ? Il est sûrement important pour vous que vous vous accordiez le droit de laisser monter votre ressenti en face de cette question et que vous le partagiez si vous le voulez.

Vous avez l’impression d’être prisonnière de votre passé, cela est normal . Le neurobiologiste Jean-Didier Vincent, directeur de l’Institut Alfred Fessart à Gif-sur-Yvette, explique dans son livre « Les Anatomies de la pensée » : « Tout notre être est mémoire. (…) Les souvenirs obligent à construire un schéma d’action, souvent bricolé de façon à apaiser une insupportable souffrance. (…) Les représentations se construisent dans le cerveau à travers le filtre des émotions. Émotions et affects servent de support à leur construction. » Vous entendez, nos schémas tentent d’apaiser une insupportable souffrance, alors comment pourrions-nous nous en vouloir de les avoir adoptés ?

Je cède au plaisir de partager cette citation éclairante d’Arnaud Desjardins avec vous : « Le développement de l’enfant se fait par cristallisation autour d’impressions emmagasinées dans l’inconscient, à partir d’un drame ou des drames de sa petite enfance, qui demeurent aussi puissants et actifs qu’ils sont oubliés. Ainsi ce que nous sommes est l’expression de ce dont nous nous sommes nourris. Nous sommes le résultat des impressions que nous avons perçues, des événements que nous avons vécus. Si une blessure laisse une cicatrice sur notre être physique, un drame laisse une cicatrice sur notre être psychique. Un enfant s’est senti abandonné par sa maman. Devenu adulte, il s’angoisse dès que son épouse est en retard ou manifeste son désaccord même sur un détail secondaire. »

Plus vous comprendrez de l’intérieur, c’est-à-dire pas seulement avec votre tête mais aussi avec votre cœur et votre corps donc avec vos tripes, que votre inconscient vous incite à agir donc que vous ne faites que vous débattre pour moins souffrir, plus vous vous en libérerez donc moins il vous obligera. Cela passe par oser être authentique vis-à-vis de vous-même. Un collègue thérapeute explique « Pour mettre de l’ordre, il faut regarder le désordre » ce n’est ni confortable ni agréable que d’oser regarder le désordre mais c’est la seule issue que nous ayons, si nous voulons mettre de l’ordre.

La psychologue intervenante dans votre école vous a dit que vous vous confortiez dans cette impression que vous avez de vous-même comme si cela était normal. Oui, cela s’appelle un schéma, c’est-à-dire que vous obéissez à une loi (que vous n’avez pas voulue mais à laquelle vous avec donné votre accord étant petite, à l’époque, vous n’avez pas pu faire autrement.) Donc – aujourd’hui encore – dès que vous vous sentez exclue d’un groupe, vous vous rassurez en vous disant que c’est normal puisqu’il, en a toujours été ainsi.

Aujourd’hui est différent d’hier ! Allez-vous oser remettre en cause cette loi ?

Quand vous partagez que vous avez un « pincement au cœur » quand vous prenez conscience que vous avez « vécu cela avec des yeux d’enfants », vous commencez très justement à avoir de la compassion pour la petite fille si peu comprise que vous avez été. N’hésitez pas à la prendre dans vos bras pour l’écouter, elle en a simplement besoin (et c’est cela se réconcilier avec soi-même). Vous êtes innocente de ce que les adultes ont voulu vous faire vivre, le découvrir, c’est commencer à remettre en cause votre fausse loi. C’est commencer à vous libérer.

Et vous reconnaîtrez que vous aurez commencé à la remettre en cause à la sensation de détente et de bien être que vous vivrez aussi bien physiquement, qu’émotionnellement et mentalement.

Aujourd’hui, dites-vous, vous vivez dans la crainte que « cela se reproduise », en fait cela se reproduira parce qu’il ne peut pas en être autrement (tant que vous obéissez à cette loi).

La question n’est plus, pour vous, de savoir « quand » ça va se reproduire mais plus précisément de savoir si « quand ça se reproduira » cela rencontrera une « pauvre victime en proie à la peur » ou un être humain déterminé à se comprendre (donc à ne plus se juger) et qui – parce qu’il se comprend – reste debout, immobile, au cœur de son malaise, les yeux ouverts et vivant.

Là, vous ne serez plus obligée ni contrainte par votre schéma, vous en serez devenue libre. Le drame qui a laissé une cicatrice sur votre être psychique – parce qu’il aura été reconnu par vous – ne demandera plus à se réactualiser, il vous laissera en paix… avec une cicatrice propre.

(Pour illustrer cette pratique, n’hésitez pas à lire et relire le poème « Autobiographie en cinq actes », de Portia Nelson, cité à la fin de mon article « Voir ses schémas à l’œuvre pour y renoncer ».

4) Réponse d’A. M. le 11/12/06 :

Prénom : A. M.

Profession : Travailleuse Sociale

J’ai lu plusieurs fois votre réponse, j’ai également lu l’article : se libérer de ses schémas.

Lorsque j’ai lu votre réponse, la première fois, j’ai pleuré, c’est comme si je m’autorisais enfin à ressentir la souffrance que j’endurais. J’ai même été très surprise de cette réaction. Puis j’ai eu un sentiment de soulagement, parce qu’enfin on me comprenait et que je me comprenais moi-même. En fait c’est cela, je me suis autorisée à vivre, du moins à laisser sortir ma souffrance.

Ce que vous m’avez écrit m’a frappé comme si c’était une évidence, comme lorsque la psychologue a parlé.

Vous savez, lorsque j’en ai parlé une fois avec mon père, de ce qui s’était passé lorsque j’étais petite, il m’a dit que je devais oublier, ce qui ne m’a pas plu, c’est surtout le ton employé : c’était l’air de dire c’est bon tu es chiante à ressasser, oublie. Eh bien non, voyez vous, je n’ai pas envie d’oublier parce que je sais que ça fait partie de moi.

Le sentiment qui a suivi, je n’arrive pas bien à le définir, à la fois soulagée de comprendre que toutes mes réactions provenaient de ce passé mais à la fois des craintes. Est ce que je vais enfin arriver à me débarrasser de ces sentiments horribles ? Lorsque j’ai lu l’article pour se débarrasser de ses schémas, le paragraphe « à qui s’adresse le travail sur les schémas », je me suis encore une fois aperçue qu’en réalité j’étais triste et agressive. Souvent au cours de l’année passée mon père me demandait « la vie est belle ? » et moi à chaque fois je me disais « non !! » sans comprendre pourquoi j’étais dans un tel état.

En me questionnant je me suis également aperçue que je fuis toute relation amoureuse. J’ai peur de beaucoup de choses, du coup je me trouve des excuses pour ne pas me lancer (Je me dis : pas pendant les études).

J’ai toujours les mêmes craintes qui rejoignent ma façon de penser : peur de ne pas être aimée pour ce que je suis, peur d’être quittée. Du coup je fuis pour être sûre de ne pas souffrir alors qu’en réalité le poids de la solitude m’est de plus en plus insupportable. Et bien sûr, j’envie les autres !! Eux sont capables de se lancer, de prendre des risques, et moi non, et je me dis que c’est bien fait que de toutes façons je ne le mérite pas.

Ce qui est bizarre c’est que je n’aime pas la solitude mais que j’y suis toujours confrontée. Je pourrais faire des efforts pour ne plus l’être mais inconsciemment, je veux me protéger.

Pour les hommes je me dis : surtout ne tombe pas amoureuse, tu seras tellement mal lorsqu’il te quittera. Quand des amies me racontent leurs déboires je me dis « tu as raison d’être seule, au moins tu ne te tracasses pas pour des histoires de ce genre », et après lorsque je les vois heureuses, je les envie.

Pensez-vous que le fait de fuir toute relation provient également de mon schéma ? Plus j’y réfléchis, plus j’ai l’impression qu’il dirige tous les domaines de ma vie et pas que ce côté relationnel, mais aussi sentimental.

J’ai pris conscience de ce schéma, mais je ne sais pas comment faire pour le briser. J’aurais besoin de votre aide.

Merci pour votre soutien et vos réponses.

Ma réponse :

Je suis d’accord avec vous, vous avez pris conscience de votre schéma, c’est-à-dire de la manière avec laquelle vous répétez des comportements que vous ne voulez plus. Votre principal risque – maintenant que vous en avez pris conscience – serait de vous percevoir avec pitié et condescendance. Ainsi vous serait-il possible de vous lamenter avec des « Je suis une imbécile », de vous culpabiliser avec des « J’aurais pas dû ».

Si dans le passé, vous avez été comme vous avez été, c’est bel et bien parce qu’à cette époque là, vous ne pouviez pas être autrement. Contrainte par la peur, vous n’avez pas pu penser et agir autrement que comme vous avez pensé et agi. Par contre, ce qui était vrai à une époque de votre vie n’est plus vrai aujourd’hui, puisque vous découvrez le « pot aux roses ». De le découvrir a pour seul but de vous permettre de ne plus tomber dans ce que vous savez maintenant être « votre piège personnel » sinon, cela n’aurait aucun sens.

Je vous invite à faire naître en vous une nouvelle attitude à la fois réaliste et lucide : juste la vérité, rien que la vérité de ce que vous avez été. Devenir, vis-à-vis de vous-même, ici et maintenant, le propre « témoin lucide » de vos manières erronées de penser et d’agir en comprenant que si vos comportements sont ce qu’ils sont à ce jour, vous avez nécessairement une « bonne raison pour vous » de les avoir adoptés. Si vous osez regarder cela « en face », la peur que vous avez de reproduire vos propres comportements erronés diminuera d’elle-même. La peur de la peur diminuant, votre peur originelle diminuera à son tour.

Vouloir changer est en soi une violence contre soi-même. Votre but est donc de comprendre et de sentir que par-delà les jugements que vous pouvez émettre sur vous-même, vous êtes ce que vous êtes, ici et maintenant, et que cela ne laisse rien présager de votre avenir.

Plus vous continuerez de vous détendre dans la compréhension que vous avez de vous-même, plus vous permettrez au changement que vous souhaitez de se produire en douceur.

Donc, vous remontez à la source : vous découvrez que votre père n’a pas toujours été aussi aimant que vous auriez aimé qu’il soit, qu’il a même été parfois franchement odieux, là vous sentez l’émotion remonter (ce qui est normal puisqu’elle n’a jamais été exprimée), vous l’accueillez et sentez alors un certain soulagement. Vous vous sentez comprise mais surtout : vous vous comprenez vous-même (c’est à cela que sert un thérapeute), vous vous réconciliez avec un certain passé qui vous avait divisé contre vous-même.

Regardez, comprenez, ressentez à quel point tout se délie tout seul : comme vous dites très justement : « Je me suis autorisée à vivre ma souffrance », vous vous êtes autorisée à vous ouvrir à vous-même, vous vous êtes autorisée à vivre, au cœur de la vérité de votre vécu, c’est cela qui est thérapeutique.

Pour des raisons qui lui appartiennent, votre père – quand vous lui avez parlé de ce moment traumatique passé – vous a dit que vous deviez oublier sur un ton qui vous a choqué très fort. Comme un enfant ressent au fond de lui-même l’injustice causée par son parent qui le gifle « pour son bien », vous ressentez que l’attitude de votre père qui veut « effacer » ou minimiser (bien sûr sur la base de ce qu’il ressent lui) la gravité de ce qui s’est passé entre vous, est injuste. Son attitude ravive même votre colère contre lui (l’important est pour vous – ici – de rester fidèle à ce que vous ressentez), et vous dites d’une manière parfaitement cohérente « je n’ai pas envie d’oublier parce que je sais que ça fait partie de moi », il n’y a en effet rien à oublier car l’oubli ne peut pas se décider, encore moins se forcer. Si l’oubli n’est pas possible, la « cicatrisation définitive », elle, est possible quand la charge émotionnelle du passé a été reconnue, s’est exprimée et est donc apaisée. Pour le moment, vous n’en êtes pas à ce stade, vous vivez toujours vos sentiments comme « horribles » (dites-vous) et c’est aussi en ce sens que vous restez fidèle à vous-même.

Si vous voulez encore davantage vous comprendre vous-même, souvenez vous que le sentiment premier que vous avez eu de vous-même provient du premier stade de votre développement (cela veut dire que l’idée que vous vous êtes faite des autres est liée aux personnes avec qui vous êtes entrée en contact lors des premières années de votre vie.)

Qu’en est-il précisément pour vous ? Quel a été le premier stade de votre développement ? Vous me dites que bien vite, vous avez été considérée comme un cancre, effrayée par vos professeurs et n’arrivant plus à réfléchir et que cela s’est poursuivi pendant tout votre cycle primaire. Tous les matins, avant d’aller à l’école, vous aviez peur de l’humiliation et somatisiez en ayant terriblement mal au ventre, là-dedans vos parents étaient incapables de vous aider puisque non seulement ils ne vous comprenaient pas mais répondaient à la déception que vous leur inspiriez par de la colère ! Vous n’aviez pas d’autre alternative que de les craindre (du moins votre père). Je mesure donc l’intensité de votre souffrance quand vous m’écrivez : « C’était une situation horrible pour moi » et je vous invite à surtout ne rien renier. C’est parce que vous ne renierez rien de votre passé (très signifiant) que vous en deviendrez de plus en plus libre.

Ce que vous avez été depuis votre « début » a été remodelé et renforcé tout au long de votre enfance par les réactions de votre entourage telles que vous les décrivez, cela a peu à peu créé l’idée que vous vous êtes faite de vous-même, c’est cette idée qui est à l’origine de votre schéma.

Sur la base de ce conditionnement permanent de vous-même, s’est développé un sentiment habituel de vous, tel que vous vous vivez aujourd’hui.

C’est dans ce contexte que vous m’avez écrit votre premier mail en me demandant quelle attitude adopter pour réussir à ignorer les personnes qui vous font mal et que je vous ai proposé de regarder EN VOUS ce qui faisait que vous vouliez les ignorer.

Les choses se dévoilant peu à peu, vous êtes maintenant sur le seuil d’une nouvelle prise de conscience, en vous apercevant que vous fuyez toute relation amoureuse. Bien sûr, la manière dont vous avez appris à craindre la relation avec les autres rend pour vous la relation amoureuse particulièrement périlleuse. Vous vivez donc cette relation comme risquée. N’allez pas trop vite, comprenez et accueillez cette jeune femme qui – pour le moment – est mal à l’aise dans la simple perspective de la relation amoureuse. Elle n’est pas « folle », comprenez-vous ? Elle a simplement des besoins présents à oser concilier avec son passé douloureux.

Là-dessus, vous tergiversez, vous vous racontez à vous-même que ce n’est pas le moment d’être amoureuse puisque vous entreprenez des études. Regardez, ce prétexte est donc l’allié de votre méfiance vis-à-vis de la relation amoureuse. D’autre part, et là vous êtes « vraie », vous dites vous-même n’avoir aucun goût pour la solitude. Cette solitude est donc la manière que vous avez momentanément trouvée pour moins souffrir (et soyez certaine qu’elle a eu sa valeur, ne la reniez pas elle non plus).

Quand vous vous dites à vous-même : les autres dans la relation amoureuse « sont capables de se lancer, de prendre des risques, et moi non, et je me dis que c’est bien fait que de toutes façons je ne le mérite pas », vous vous maltraitez vous-même plutôt que de vous comprendre.

Vous vous maltraitez parce que vous vous sentez encore contrainte de retourner contre vous-même les sentiments d’hostilité que vous avez pour ceux qui vous méprisaient, (et qui vous ont longtemps obligé à penser qu’ils avaient raison : que vous étiez un « cancre » donc une personne sans valeur.)

Aujourd’hui, vous avez découvert que si vous ne réussissiez pas c’est simplement parce que vous étiez tétanisée par la peur. Vous n’avez donc plus besoin d’épargner personne et je vous invite à oser vous confronter à l’injustice de vos éducateurs (je ferai mieux de dire de vos dresseurs) plutôt que de les comprendre.

Donc maintenant regardez, ouvrez-vous avec authenticité : ne méritez-vous pas l’amour ?

Aujourd’hui, votre force de vie, votre désir de rencontrer un homme, votre désir d’aimer vous pousse et en même temps vous avez peur. Ce désir vous conduit sur un terrain dangereux parce que pas encore complètement consolidé.

Plus vous « naissez à vous-même », plus vous prenez confiance en vous, moins vous « obéissez » à votre passé traumatisé, plus vous vous consolidez, plus vous vous permettez de vous ouvrir à ce que vous voulez profondément : aimer. En fait tout est « intact », à l’intérieur de vous.

Vous êtes à un moment crucial… à qui allez-vous obéir ? A votre « désir de peur » ou à votre « désir d’amour » ?

Laissez-vous faire, observez, écoutez simplement ce qui est entrain de naître en vous ! Que de remises en questions, que de croyances ébranlées !

Pas à pas, n’ayez crainte, vous avancez pas à pas comme cela vous est possible, les modèles n’existent pas « ailleurs », vous êtes votre propre modèle, il n’y a rien à « faire », juste vivre, vous comprendre vous-même, avec le regard bienveillant de ce « témoin lucide » dont je vous parle plus haut.

Vous êtes entrain de remettre en cause, d’ébranler des croyances anciennes, ça bouge, laissez faire et continuez de me faire part de vos découvertes si vous le souhaitez.

Bienvenue dans ce nouveau monde de respect de vous-même.

© 2006 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

————-

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Comment ne plus avoir peur de ceux qui nous critiquent ? est un article écrit par Renaud Perronnet, déposé et mis à votre disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivs 3.0 France License.

28 réflexions au sujet de « Comment ne plus avoir peur de ceux qui nous critiquent ? »

  1. Vincent

    Me sentant bafoué, j’ai fait quelques recherches sur le net, pour trouver d’éventuelles pistes pour me sentir mieux… C’est là que je tombe sur cette discussion qui m’interpelle au plus haut point. Mon vécu est évidemment très différent, ne serait-ce que parce que je suis un garçon.

    Je n’ai pas toujours été bien intégré à l’école primaire, mais j’ai malgré tout eu de vrais amis. Mes parents m’ont plus enfoncé que soutenu dans mes moments de doutes, en me culpabilisant, ou en niant ma détresse. En secondaire, ça s’est estompé, mais c’est resté présent. J’ai commencé à découvrir que la provocation et l’autodestruction me protégeait du jugement des autres, car j’ai commencé à les amuser, et à ne plus me soumettre… mais cela m’a plus détruit au final, que réglé mes problèmes.

    Je me rends compte que je me suis nié! J’ai abandonné mes études universitaires, alors que je savais être capable de les mener à leur terme… Je me suis rassuré en me disant que je savais très bien que j’étais intelligent… Bref, aujourd’hui, après quelques années de n’importe quoi, je me lance à nouveau dans la vie. Je prends des décisions qui me semblent adultes…

    Et je vois une partie de mon entourage sous-entendre, voire dire clairement, que je suis prétentieux d’agir ainsi. Je vois des gens que j’aime agir sans réfléchir, tout comme moi lorsque j’étais adolescent… Les gens auxquels je fais allusion, il s’agit surtout de la fille dont je suis amoureux. Elle a 30 ans comme moi, et pourtant, elle me donne la sensation d’agir comme une gamine de 16 en pleine rébellion. Et lorsque je lui en parle, elle le prend très mal, car soi-disant je la juge, et je parle comme un « professeur ». N’ayant pas toujours vraiment confiance en moi, j’ai tendance au bout d’un moment à abandonner et à me taire… Et c’est encore pire finalement. Je ne comprends pas pourquoi je l’aime, alors qu’elle refuse que je m’exprime. Elle me demande son avis, je lui donne. Si mon avis est en désaccord avec elle, ou mets le doigt sur des failles, c’est la guerre, et je passe pour le mauvais prétentieux. Du coup, elle m’énumère, en les exagérant, ou en les inventant, mes défauts et mes erreurs… La communication me semble impossible… Et pourtant je l’aime, car évidemment, à côté de delà nous passons énormément de bon temps. Je dirais que ces situations représentent 20% de notre relation. Mais c’est très lourd et cela nuit aux autres 80%. Et le pire, c’est que je me dis que je devrais l’envoyer se faire foutre… et quand je le fais, je suis malheureux comme une tombe…

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, bien souvent un parent maladroit et persuadé agir « pour le bien » de son enfant, pense l’aider en l’enfonçant, en niant son ressenti et/ou en le culpabilisant.

      L’enfant – innocent – est ainsi inconsciemment forcé à se renier lui-même car, quand il doit choisir entre son besoin d’être aimé par ceux dont il est totalement dépendant, et la fidélité à lui-même et à ce qu’il ressent, il choisit toujours son besoin l’amour et de sécurité.

      C’est la raison pour laquelle les enfants maltraités qui n’ont jamais eu l’occasion de découvrir qu’ils ont été maltraités, disent toujours qu’ils étaient durs et bien sûr pensent qu’ils ont mérité ce qu’ils ont reçu.

      Mais vous ne faites plus partie de ces enfants là, puisque vous me dites que vous vous êtes senti bafoué. Vous avez donc été capable de reconnaître que les adultes chargés de vous protéger (vos parents), vous ont « plus enfoncé que soutenu dans vos moments de doutes, en vous culpabilisant, ou en niant votre détresse. »

      Vous avez aussi senti que vous aviez le choix entre vous « autodétruire » pour vous protéger du jugement des autres ou vous exposer à leur jugement et vous respecter.

      Mais si vous me dites que votre volonté de ne pas vous soumettre, vous a davantage aidé – au final – à vous détruire qu’à régler vos problèmes, c’est que votre besoin de sécurité a été plus fort que le respect que vous avez pu avoir pour vous-même.

      Aujourd’hui, après quelques années de recul – dites-vous – quelque chose se réveille en vous et vous osez remettre en cause votre certitude passée d’avoir été aimé (vous prenez conscience que vous avez été nié). Là, bien sûr, une partie de votre entourage vous critique. Comprenez que cela ne peut pas être autrement, que la plupart du temps, personne ne peut en faire l’économie.

      Si vous voulez vous libérer, il vous faut ne plus croire ceux qui vous maintenaient sous leur domination. Et si vous le faites… il vous critiqueront certainement.

      Vous êtes amoureux d’une fille de 30 ans qui – dites-vous – vous demande votre avis (ici vous faites un beau lapsus révélateur de votre vécu en m’écrivant « elle me demande son avis » !) et qui ne peut pas l’entendre quand vous le lui donnez… C’est vrai qu’il est rare que ceux qui nous demandent notre avis soient capables de l’entendre si la réponse que nous leur faisons ne va pas dans leur sens. Je suis d’accord avec vous cette attitude est bien peu « adulte ». Une autre vérité est que les gens n’aiment pas qu’on mette le doigt sur leurs failles et que par conséquent bien peu auront l’honnêteté de les reconnaître.

      Alors où en êtes-vous ? Quand vous écrivez « et pourtant je l’aime », ne serait-il pas plus juste de dire « et pourtant j’ai besoin d’être aimé par elle » ? Si « oui », pouvez-vous tenter de dire pourquoi ? Est-elle le moyen que vous vous donnez de permettre à vos vieux « monstres » de s’exprimer ? Quand vous exprimez avec force « je devrais l’envoyer se faire foutre », ne vous fait-elle pas revivre tous ceux qui ne vous ont pas respecté ?

      Sans doute… et selon votre « schéma premier », ne pourriez-vous qu’être malheureux de quitter ceux qui vous maltraitent ?

      Répondre
  2. Christiane

    Profession : Assistante administrative
    Ville : Hénin-Beaumont
    Pays : France

    Je suis trés touchée par tout ce que je lis.
    La mort de mon frère a éveillé plein de doutes quant à mes croyances.
    Votre site me permet de cheminer doucement et d’éclairer encore un peu plus mon cheminement sur le développement personnel entrepris depuis maintenant pas mal d’années.
    Se découvrir est une réelle ouverture à l’amour et au respect de soi.
    Merci pour votre aide !!!
    Courtoisement.

    Répondre
  3. GrosED

    Salut ! Je suis tombé sur ce site hier (j’ai tapé dans google : ne plus avoir peur) et en parcourant cette page j’ai éprouvé un profond soulagement. Non je ne suis pas un gros con et il y a une raison à tout. Depuis je me sens mieu, j’ai trouvé le courage de parler à un pote de mes problèmes et il m’a répondu avec une grande humanitée, apres quoi il m’a invité chez lui à manger et j’ai pu partager un repas avec ses parent (je pensait qu’ils me détestaient alors qu’ils sont en réalité géniaux).
    Tout ca pour dire que ca fait du bien de parler meme si on à l’impression de dire des conneries car au final quelqu’un va nous comprendre et les gens sont, somme toute, intérressants et gentils pour la plupart.
    Je suis content ce soir =)
    Merci ciao.

    Répondre
  4. Louise

    Profession : Etudiante
    Ville : Maumusson
    Pays : France

    Le commentaire de A.M. m’a beaucoup touché, bien que nous n’ayons pas le même problème. En effet, je me suis rendue compte hier soir de ma dépendance envers ma meilleure amie. Tout ce que je fais, je me demande si elle l’aurait fait, je lui demande son avis sur tout et j’ai l’impression de me forcer à être d’accord avec elle. Et je me suis rendue compte que je ne m’écoute jamais et je pense n’avoir aucune personnalité. De plus, j’ai toujours eu des problèmes relationnels avec les autres, je me sens toujours rejetée et inférieure. Et même quand je me sens supérieure au début, ça dure très peu de temps. Je me compare tout le temps aux autres. Je pense que ce problème de rejet est dû à la naissance de ma soeur : ce jour là mes parents m’ont interdit d’entrer dans la chambre de ma mère à la maternité car ils pensaient que je ne voudrais pas la quitter. Je l’ai vécu comme un abandon et depuis ce jour je suis restée très jalouse de ma soeur, je la frappais étant plus petite, comme pour la punir d’être plus aimée que moi par mes parents. Je pensais que ses jouets étaient mieux que les miens, elle a des meilleures notes que moi, elle est plus gentille et plus belle que moi et quand elle faisait des bêtises c’était toujours moi qu’on grondait. A l’école ça a continué, je me sentais exclue et rejetée, surtout au collège où je me sentais constamment jugée. Aujourd’hui je suis au lycée et je n’en peux plus de cette situation, mais je ne veux en parler à personne de peur d’être jugée. ma meilleure amie est dans ma classe cette année, et au bout de 2 jours de cours, je me sens vide et inutile par rapport à elle. Elle attire plein de monde, elle est très sociable, et moi je suis toujours en retrait, et c’est grâce à elle que je me fait des « amis ». Je me sens dépendante, et je veux être libre, et surtout moi-même. J’ai remarqué que je m’intéresse très peu aux gens, et j’imagine que c’est la peur d’être inférieur ce qui m’empêche de me sociabiliser. Je déteste les compliments car ça me prouve que j’ai tord de penser que je suis nulle. De plus, je déteste montrer à quelqu’un que je le trouve sympatique de peur d’être rejetée, je n’ai jamais eu de relation amoureuse pour la même raison. J’ai pris conscience de toutes ces choses, j’ai beaucoup pleuré, mais j’ai l’impression de louper le plus évident et je ne me sens pas encore capable de changer.
    J’aimerais avoir quelques conseils pour me sentir moins dépendante de ceux qui me rejettent.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je vous sens très lucide sur vous-même dans votre auto-analyse, vous vous niez constamment car vous êtes en effet persuadée ne pas avoir de valeur. En cela vous « obéissez » et continuez d’obéir à ceux à travers qui vous avez vécu l’abandon. C’est cela qu’il s’agit de découvrir et d’oser sentir. Cela se fait pas à pas à travers un travail thérapeutique de connaissance de vous-même qui vous aidera à ne plus devoir obéir à ces croyances mortifères pour vous.

      S’il vous était possible de comprendre que vous êtes totalement innocente de ce qui vous est arrivé dans l’enfance, vous cesseriez de vous comparez aux autres, parce que (comme chacun de nous) vous êtes unique donc incomparable. Comme vous le dites si bien : « Je déteste les compliments car ça me prouve que j’ai tord de penser que je suis nulle », si vous l’avez remarqué, vous pouvez tenter de ne plus obéir à ce que vous avez remarqué car vous n’en êtes plus dupe, faites confiance à cette part de vous-même qui sait pourquoi vous fonctionnez ainsi. C’est cette part qui est le début de « l’adulte libre » en vous. N’essayez pas de « changer », soyez vous-même tout de suite et tenter de l’être, c’est comprendre que vous avez une « bonne raison » à vous d’avoir ces tendances. Cette compréhension c’est le début de l’amour de vous-même qui vous permettra un jour de dire « J’ai changé. » Oui Louise, « l’enfant en vous » qui s’est senti abandonné vous contraint de le croire, respectez-le, écoutez-le, il a tellement besoin d’être entendu. Mais pourquoi devriez-vous éternellement croire et obéir à un petit enfant qui souffre ?

      Répondre
  5. xiiii

    Profession : Etudiante

    Je trouve tout ça intéressant, et j veux dire que moi aussi j ai cet handicap et je ne supporte pas tout s qui m arrive. et tout ça a cause de mon père, il est très sévère( bon la plupart des temps) et il me fait très peur parfois ( toute la famille d ailleurs) et ça a provoquer chez moi LA PEUR et LA HANTE tout l temps et j arrive pas a me délivrer d cette situation. sans oublié que j ai des sentiment bizarre envers certaines personnes surtout ceux que je connais pas .

    Répondre
  6. Valérie

    Bonjour, et merci pour ce site très encourageant,

    Ma situation est aussi très différente de celle décrite par A.M., mais les sentiments ressentis sont semblables :

    Rejetée depuis ma naissance par ma famille entière (abandon du côté paternel – pas connu la famille avant l’âge de 21 ans, dressage d’enfant du côté maternel – pour faire court…), j’ai connu une 1ère délivrance en 2002 après 5 séances de PNL. J’ai beaucoup progressé dans l’intervalle, mais je me sens toujours polluée (de différentes façons) par plusieurs proches :

    1) De ma soeur cadette (1/2 soeur avec qui je n’ai pas été élevée, que j’ai recherchée et retrouvée à 21 ans. C’est cette relation que j’ai le plus de mal à gérer) : depuis que l’on se connaît, je me sens jugée, examinée sous toutes les coutures, et bien sûr critiquée sans ménagement, notamment sur le sujet de l’argent. En effet, j’ai toujours eu un problème relationnel à l’argent (privée par ma famille maternelle, contrebalancé par l’apport de tout ce que je voulais par mon père adoptif, un ami de la famille qui vivait sous notre toit). Comme j’ai une tendance naturelle à plus écouter le fond que la forme, j’ai donc compris qu’il fallait que je progresse dans cet aspect de ma vie, mais pour elle, ce n’est jamais assez.
    Par exemple, nous avons déménagé assez loin de chez elle et ne sommes pas allés la voir en 6 ans (parce que les soins que demandent ma dystonie neurovégétative nous prennent temps et argent et aussi parce que nous n’en avons pas envie !). Nous ne nous voyons donc qu’à sa venue dans sa maison de campagne qui est à proximité, mais tout les échanges téléphoniques sont une récurrence de critiques sur notre absence. Ou encore, le fait que je souhaite manger sainement (je m’alimente selon les principes de la méthode Kousmine) et donc que j’emmène systématiquement mes repas quand je lui rends visite. Pour elle, cela signifie que je n’ai pas les valeurs familiales paternelles puisque ces valeurs sont celles du partage, de la nourriture faite avec amour, ce qu’elle ne retrouve que quand c’est elle qui me rend visite, puisque, là au moins, j’ai fait quelque chose pour elle…
    De plus, les choses se sont empirées quand elle est devenue thérapeute (entre autre , Coaching, PNL, Décodage Biologique). Les simples questions que j’avais le malheur de poser pour comprendre une de ses affirmations se soldaient invariablement par une réplique acerbe mettant en lumière combien je refusais de l’écouter, avec force cris… Elle est même allée jusqu’à me conseiller d’arrêter de me justifier alors que c’est elle qui induit cet état de fait.
    Je voudrais vraiment ne pas être touchée par ses critiques, être moi-même en sa présence, sans pour autant la perdre (elle a déjà coupé les ponts par 2 fois, impossible d’en parler, elle se met tout de suite en colère).

    2) De ma mère et grand-mère : j’en ai assez d’entendre des critiques incessantes sur ce que je fais ou dis. Pour elles, à 41 ans et mariée depuis 12 ans, je suis toujours l’adolescente rebelle et instable que j’étais à 15 ans (et pour cause !). Ayant eu de récents événements dans ma vie me permettant de progresser, j’ai mis en place quelques actions concrètes : ne plus leur parler de mes projets personnels, écouter leur conversation sans émettre d’avis afin de ne pas générer de conflit (je me dis « c’est LEUR avis »). Là ou je suis un peu désemparée (tout en étant sereine), c’est quand je fais l’objet d’une « attaque directe » par le biais d’une critique sans appel : je suis tout à fait capable de réagir, mais je ne sais pas comment. J’aurais besoin d’exemples concrets pour répondre (ou pas d’ailleurs !) à des affirmations aussi assassines que : « tu commences tout, tu finis rien », « t’es pas capable d’élever un enfant », « t’étais où ? encore en train de dépenser ton argent alors que t’en as pas (si on m’appelle au téléphone) »

    3) De mon père adoptif : il est mon seul repère masculin, même si par l’âge, il pourrait être mon grand-père. Récemment, il a été hospitalisé pour insuffisance cardiaque et tout mon monde a très sérieusement été ébranlé. Je me suis aperçue que ma seule relation d’amour filial autre que celle que je vis avec mon époux n’étais pas éternelle, et je me demande comment je peux anticiper l’inévitable. JE NE VEUX PAS vivre avec la pensée « polluante » que je ne vais pas survivre à l’événement, d’autant que depuis 3 ans, je vis avec la dystonie. Celle-ci génère des extra-systoles auriculaires extrêmement anxiogènes et je vis constamment dans la peur de mourir. Cette hospitalisation n’est donc pas faite pour me rassurer, et rajoute même à mon fardeau. Comment puis-je dépasser cela ?

    En dernier lieu, les sentiments négatifs qu’ont générés ces attitudes ont fait des petits au fil des années. Aujourd’hui, j’en ai assez de m’excuser de vivre : par exemple, ma 1ère pensée en écrivant ce mail était de faire court, ma 2ème de m’excuser d’avoir été trop longue (par rapport à qui ? A quoi ?). Que puis-je faire concrètement pour assumer pleinement qui je suis ?

    Merci beaucoup pour ce site plein de considération pour « l’autre », ce que je ressens de vous est que votre seul but est la relation d’aide et l’accueil de l’autre sans jugement. Cela me donne de la force dans ma progression certaine vers une guérison rapide et définitive.

    Cordialement

    Valérie

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Une personne à qui vous vous ouvrez parce que vous pensez qu’elle est thérapeute (donc qu’elle peut vous entendre) et qui vous répond par des « répliques acerbes », des cris, des reproches, qui vous dit d’arrêter de vous justifier sans même comprendre les raisons qui vous amènent à le faire n’est pas un thérapeute.
      Elle peut dire qu’elle est thérapeute mais elle ne l’est pas.
      En définitive, la question essentielle pour vous est de comprendre de l’intérieur comment vous vous y prenez avec vous-même quand vous vous sentez jugée par votre demi soeur ? Vous, avec vous-même, comprenez-vous ? Qu’est-ce qui fait que vous ressentez le besoin inextinguible de continuer de fréquenter une personne que vous avez tant cherchée et qui est si peu à votre écoute ? Qu’est-ce que vous cherchez à vous donner à vous-même à travers elle et que vous désirez tant, vous qui avez été si peu accueillie depuis votre naissance ? Le savez-vous ? Pouvez-vous le partager clairement ?
      Oui, de vous dire « c’est leur avis » aux personnes qui vous maltraitent est juste mais pouvez-vous le vivre « en vérité » ? Si non, je crois que ce que vous vous infligez à vous-même c’est de penser que vous « devriez être capable de vous dire que c’est leur avis », et par là même, vous vous maltraitez à votre tour (comme le font avec vous les membres de votre famille). En fait votre mère et votre grand-mère vous critiquent incessamment, regardez patiemment, avec de l’intérêt pour vous-même la part de vous-même encore attirée par elles.
      Avant de penser à dépasser votre peur, il vous faut commencer par la rencontrer, là aussi patiemment, vous qui avez été si mal aimée. Découvrir que le départ de celui qui vous a aimé dans un environnement sans amour est tout particulièrement terrible pour vous. Vous êtes assoiffée, vous trouvez de l’eau et voici qu’une partie du puits risque de se tarir, vous n’êtes pas sur un pied d’égalité avec celui qui n’a pas particulièrement soif. Il vous faut l’intégrer peu à peu et l’intégrer peu à peu ce n’est pas vous charger encore davantage en vous disant que vous devriez être capable d’être, celle que vous n’êtes pas encore. Bien sûr, vous ne voulez pas vivre avec cette pensée polluante « je ne vais pas survivre à la mort de cet homme qui est mon repère » mais cette pensée polluante est là, il vous faut l’apprivoiser peu à peu… avoir peu à peu moins peur de votre peur, cela est possible, dans l’amour et le respect de soi-même. Pour « dépasser cela » comme vous dites, vous avez besoin d’apprendre à agir vis-à-vis de vous-même avec amour et respect de vous-même, car même si ne sont pas des valeurs qui vous ont été enseignées, ce sont certainement des valeurs avec lesquelles vous avez le droit de vivre.
      Concrètement, pour assumer qui vous êtes vous pouvez continuez d’agir comme vous le faites, cela s’appelle mettre en pratique : voir (par exemple) qu’alors que des forces tentent de vous contraindre à « faire court » comme à vous excuser, il vous est possible de tenir bon dans le respect de qui vous êtes et de ne pas « devoir vous excuser ». Après tout votre interlocuteur n’est-il pas libre lui aussi de sa réponse ?
      Quel bonheur de sentir votre détermination et votre force.

      Répondre
      1. Valérie

        Vous aviez raison : je voudrais pouvoir leur dire  » c’est votre avis  » sans que leur réponse me donne mal au ventre. Comme je suis dans une impasse, l’idée du déménagement s’est imposée et elle pourra se réaliser avec leur décès ! Quelle horreur de devoir sa libération à la mort…

        Une autre chose me hante : mon couple est en train de faire les frais de mes inaptitudes, et je suis tellement en recherche de paix en même temps qu’en conflit permanent que mon mal-être est présent à chaque instant (j’ai de plus en plus de départs de tachycardie alors que je devais bientôt arrêter mon anti-arythmique).

        En bref, depuis notre mariage il y a 13 ans, nous nous disputons quotidiennement (je n’avais d’ailleurs connu que ça durant toute mon enfance et jusqu’à mon départ à 20 ans, mon mari, a contrario, n’a jamais entendu aucun cris ni critiques dans son foyer). J’avais des attentes, entre autres ne pas avoir à porter tout l’aspect moral du couple à bout de bras, comme dans mes autres relations, mais je n’avais pas vu que justement, c’était là un de ses principaux défauts.

        Paumée affective, j’ai embrayé les schémas familiaux de cris et de critiques. Au milieu de tout cela, mon mari à pris sa place pendant quelques périodes de courte durée, et j’ai constaté avec bonheur que je n’avais pas de réflexe castrateur. Il était loin d’être sans défaut mais était vraiment impliqué dans notre couple (peu d’oublis, peu d’erreurs, des prises de décision, de bonnes analyses de couples,…) et cela m’a amplement suffi pour que tout les points négatifs ne viennent en rien perturber le quotidien.

        Seulement 6 mois sur 13 ans, c’est peu. A force de palabres, nous avons ensemble mis le doigt sur la cause : il ne veut pas changer. Même s’il le souhaite, il voit bien qu’il prouve le contraire par ses (non-)actes et ne sait pas comment y remédier.

        Il y a 2 mois, j’ai arrêté tout effort car je suis vraiment à bout : plus de ménage, plus de traitement des papiers, plus de lessives, plus de choses faîtes en temps et en heure, plus de soutien moral et physique, plus de réponses à ses 50.000 questions sur des sujets abordés en long, en large et en travers…, et je me suis aperçue que même si je savais répondre à mes envies, j’avais toujours été dans le devoir pour que ma vie ne parte pas à vau-l’eau. Ne faire que ce qui me plaît à même été dur au début mais on s’y fait très vite…

        A cette évocation, mon mari a compris que lui était plus que souvent dans l’envie et seulement par défaut dans le devoir (quand je ne pouvais vraiment pas assumer ou à cause de la maladie).

        Aujourd’hui, rien ne vas plus, je n’arrive plus à vivre. Il exprime clairement qu’il ne changera pas et je peux l’entendre. Par contre, je n’ai plus la force de  » gérer  » les innombrables frustrations et colères quotidiennes que génèrent chacun de ses gestes ou actions (ou autres), d’autant que cela pèse beaucoup sur mon physique du fait de mon handicap. Je ressens que ma santé peut basculer, après 13 ans de colère ininterrompue et je ne le souhaite pas, c’est déjà assez dur comme ça.

        Comment faire pour y arriver, pour être  » toute neuve  » à son contact, ne plus ressentir de frustration, de colère, de mal-être à se sentir rejetée une fois de plus. Moi, je suis dans le changement, j’aime le changement, je suis donc très motivée pour y arriver car nous nous aimons profondément et ne souhaitons pas en arriver au divorce. De plus, je sais que sans ce harcèlement moral constant, j’aurai la force de travailler la sérénité face aux critiques incessantes de ma famille.

        Un élément important est à prendre en considération : j’ai réussi à passer par dessus mon histoire de famille pour enfin avoir une vraie envie de fonder un foyer, en accord avec mon époux bien sûr, mais à 42 ans, le temps se fait court. Nous voudrions tellement concrétiser cette envie commune avant qu’il ne soit trop tard et sans reproduire le schéma familial de mon côté (la plupart des femmes de mes 2 lignées paternelles et maternelles doivent choisir entre avoir l’enfant ou le couple, les familles sont toujours éclatées).

        En attendant, je me suis isolée chez ma mère, absente pour 15 jours. C’est autant de disputes et de mauvaise ambiance en moins car je craignais pour mon cœur. Je suis dans une impasse et j’ai besoin de clés pour m’apaiser et continuer à avancer. Est-ce possible ?

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Ce n’est pas parce que vous comprenez certains de vos comportements que vous en êtes libre, si vous constatez lucidement qu’aujourd’hui vous êtes dans une impasse, n’est-ce pas une raison suffisante pour entreprendre un « vrai » travail ?
          Aussi utiles pour vous qu’elles l’ont été, je ne crois pas que « 5 séances de PNL » aient pu vous faire avancer beaucoup…
          Personne ne peut devenir « tout neuf », il est par contre possible d’apaiser ce qui demande et crie si fort en vous.
          N’avez-vous jamais envisagé de commencer une thérapie sérieuse avec un thérapeute compétent qui vous permettrait de faire grandir la « paumée affective » que vous diagnostiquez chez vous ?

          Répondre
  7. Sandra

    Bonjour,

    Mon problème à moi est assez difficile à écrire car je n’en ai jamais parlé ou je me suis tue car j’avais trop de fierté pour en parler.

    En fait, j’ai une peur des autres qui m’empêche de parler correctement et de dire ouvertement ce que j’ai envie de dire. Paradoxalement, je ne sais pas si cela vient de ma peur des autres, mais j’ai tendance à être incohérente dans ce que je dis sans m’en rendre compte ce qui fait que aujourd’hui, lorsque je m’adresse à quelqu’un (ou envoi un mail) je pense systématiquement que la personne en face me trouvera bizarre et/ou ne me répondra pas.
    Alors je me relis beaucoup ou réfléchis énormément avant de parler à quelqu’un, j’ai toujours une appréhension par rapport à ce que les autres vont penser de moi…

    J’ai trouvé ce site par hasard sur Google en essayant de trouver un remède à ce malaise permanent. Des fois je me dis que c’est parce que je suis très jeune (16 ans) et que ce problème passera avec le temps mais rien à faire. J’ai toujours l’impression d’être inférieure (que ce que je dis n’a aucun sens ou aucun intérêt par rapport à ce que dise les autres, que je ne sais rien etc…) et c’est une idée que j’ai tout le temps dans ma tête.

    Avant, je n’étais pas comme ça. En 6ème, j’étais déjà une fille discrète mais j’avais beaucoup d’amis et je ne me posais pas de questions mais ensuite arrivée en 5ème, je ne sais pas trop pourquoi, une amie qui était très chère à mes yeux et avait beaucoup d’influence au collège m’a « lâchée » et à commencer à rameuter tous ses amis contre moi…ses amis étant également les miens, je me suis retrouvée toute seule et je pleurais tous les soirs. A mon avis, c’est comme ça que mon calvaire à commencé, j’ai réagi en ignorant tout le monde et je ne disais plus un mot de la journée a part aux adultes du collège qui s’inquiétaient pour moi. J’ai commencé à devenir paranoïaque et extrêmement renfermée (je pensais que tout le monde me critiquait et je ne parlais à personne de tout ça).
    Ensuite, s’en ait suivi une fugue et deux renvois définitif de mes collèges…j’ai donc changé trois fois ce qui pèse lourd mais ce que j’assume totalement étant donné qu’aujourd’hui j’ai décidé d’arrêter le lycée (comme je ne m’entendais avec personne et avait peur de tout le monde) et je souhaite désormais aborder la petite enfance car avec les enfants, je m’entends bien et ne suis pas quelqu’un d’extraverti, pas quelqu’un pour la vente en tous cas.

    Bref je ne sais pas si c’est à cause de cette histoire qu’aujourd’hui je suis comme ça.
    Ma question aujourd’hui est que puis-je faire pour ne plus avoir peur des gens, ne plus être associable et me sentir bien dans mes baskets ?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Essayez de trouver ce qui est à l’origine du fait que vous pensez que les autres vous trouveront toujours bizarre et ne vous respecteront pas. Cela n’a rien à voir avec votre jeunesse, qui donc vous a appris que vous seriez inférieure ? Avant même votre 6ème, dites-vous, vous étiez une fille « discrète »… De quoi aviez-vous peur ?
      A force d’avoir été critiqués, beaucoup d’entre nous nous regardons avec un regard dénué de toute confiance en nous…
      Pour aller plus loin, vous pouvez lire Comment parvenir à guérir de son enfance ?

      Répondre
  8. mamia

    c est inutile d essayer de n pas avoir peur moi je peur de tout mes collèges elles savent qui je me sent inférieure a eux personne ne me adresse le parole ça faite 5 ans qui je travail avec eux donc je fait comme je peux je pence cette gendre de peurs est dans le gênes chez certaine personne

    Répondre
  9. alain

    Salut ,

    Moi aussi j’ai pu lire tout ce qui se dit dans ce forum que j’ai trouvé en cherchant à me débarrasser de ma peur des gens, donc en faisant une recherche sur Google.

    Donc moi aussi j’ai peur des critiques des gens, mais moi c’est un peu différent, car chaque fois les gens me vois comme un gai, alors que je le suis pas, j’aime les femmes, mais cela s’est développé au fur et à mesure que le temps passe , ça a commencé dans le milieu professionnel , au début j’avais une certaine confiance en moi , mais j’ai l’air gentille ou bien je me comporte gentiment (bien que j’ai essayé d’être un peu dure pour montrer le contraire) , je suis devenu timide , gêné par les propos des gens chaque fois qu’ils disent de moi que je suis gai , donc le travail pour moi est devenu un calvaire , je quitte des boulots à cause de ça .

    Je me sens mal dans ma peau , je souffre chaque fois , bien que j’ai essayé à maintes fois de m’en foutre des paroles des gens , du moment que je me connais et je connais ma valeur , mais ça m’a pas débarrasser de ma peur , la ou je vais ça recommence , même avec mes amis , je sens qu’ils ris de moi , plus le temps passe et plus le problème approfondie , maintenant ça s’est prolongé même à mon voisinage là ou j’habite, j’entends les voisins le dire de la même façon , même si je déménage ça change pas.

    Je pars boire un café je vois le regard des gens me dévisageant et en riant après, j’essaye de ne pas m’isoler je parle à des amis au téléphone chaque semaine, bien que je pense qu’ils pensent tous la même chose ou qlq uns d’entre eux, j’ai lu des livres de psychanalyse et j’ai essayé chaque fois de regarder d’ ou vient le problème, mais ça change pas et le temps passe.

    Chaque fois que je m’apprête à commencer un nouveau job, j’ai peur de recevoir les mêmes critiques.

    sincèrement je ne sais plus quoi faire , des fois quand j’entends ces critiques , je me renferme en me disant je suis là pour travailler , autre chose je m’en fou , mais j’ai remarqué que ça me rattrape et j’entends les gens le dire à haute voix , ça devient de harcèlement , donc je dénonce ça mais ça marche pas , possible que ça devient même plus grave et tout le monde se retourne contre moi , j’ai même dit que je suis marié et c’est le cas ,mais même s’ils me croient , ils ne changent pas de paroles , t’es gai , t’es gai , et ils font tout pour que je sois gêné et pour que je quitte mon travail j’ai l’impression que je dérange .

    mais tout ça est du probablement à mon comportement de gène ,de peur chaque fois que j’occupe un poste ( même pendant toute la durée que je passe au travail ) et aussi parce que j’ai un sentiment de culpabilité par rapport à ma jeunesse , parce que à jeune âge ( 5- 11 ans )j’étais agressé à mainte fois par des gars plus âgé que moi , et de puis ce temps ci je me sens gêné et timide , bien que je fais tout pour le caché et paraître fort , comme un homme fort , confiant qui a oublié tout ça mais ça marche pas apparemment .

    Des fois j’aimerais bien tuer tout ceux qui mon agressé et en finir avec, après je me dis que je vais me retrouver en prison toute ma vie.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Vous convenez vous même que toutes vos peurs remontent à des vécus de jeunesse, il conviendrait de les analyser avec un thérapeute en qui vous auriez confiance. En tentant de refouler vos peurs, de les cacher et de vouloir paraître qui vous n’êtes pas parce que vous souffrez d’être celui que vous êtes en ce moment, vos symptômes risquent d’empirer, cela s’appelle l’inhibition et c’est votre inhibition qui peut aller jusqu’à vous donner des envies de meurtres ! Il vous faut comprendre que quand vous essayez de vous raconter à vous-même que vous vous moquez de ceux à qui en fait vous accordez beaucoup d’importance, vous n’essayez que de vous tromper vous-même.
      Je vous invite donc à consulter un thérapeute sans tarder.
      En attendant, vous pouvez lire mon article « Comment parvenir à guérir de son enfance », qui vous éclairera peut-être.

      Répondre
      1. alain

        merci pour votre réponse et vos conseils .

        concernant le thérapeute , j’aurais aimé le faire mais j’ai pas les moyens pour ça , car j’ai déjà essayé de voir un psy analyste , à qui j’ai raconté tout , mais après 10 séances avec lui , j’ai pas constaté de changement dans mon caractère ou ma situation , je comprends que de tels problèmes ça prend beaucoup de temps mais pour moi c’est plus une question d’argent que de temps de thérapie .

        donc si vous pouvez me donner des conseils pratiques à suivre pour faire un travail sur moi même en premier lieu , car je ne sais pas quel cheminement je dois suivre pour reprendre confiance en moi même ,aussi pour ne plus penser que je suis gai ( car à force d’entendre les gens le dire , tu te dis que peut être ils ont raison et c’est moi qui ne voit pas ça , mais j’ai posé cette question à mes ex et toutes elles me disaient que j’ai rien de gai et que je suis un homme comme il faut , même ma femme actuelle le dit .

        donc je suis arrivé à la conclusion qu’il faut faire un travail sur moi ,enlever la timidité et la gêne qui l’entoure mais je ne sais pas par quoi commencer et quel chemin suivre.

        toute suggestion qui pourrais m’aider est acceptée avec grand plaisir .

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Comment se fait-il que vous pensiez d’une manière obsessionnelle que vous êtes gay alors que vous ne l’êtes pas ? Comment se fait-il que les autres vous renvoient cette image qui vous est insupportable ? Pourquoi vous est-elle insupportable puisqu’elle ne correspond pas – dites-vous – à ce que vous êtes ?
          Vous avez une difficulté avec votre identité sexuelle qu’il s’agirait d’explorer sérieusement avec un thérapeute, ce n’est vraisemblablement pas une simple question de timidité. Vous donner les moyens de cette exploration me semble très important puisque cela conditionne votre vie et votre équilibre.

          Répondre
  10. Pett

    Bonjour,

    Alors voilà je suis en dernière année de collège et j’aimerais vraiment en garder un bon souvenir.. Sauf qu’il a une fille qui a 2 reprises était dans ma classe (et je risque de me retrouver encore avec elle) et est très influente et très violente (elle avait frapper violemment une de mes amies l’année dernière) tous le monde a peur d’elle et personne n’ose rien dire d’elle ou de contrer ses insultes ou ses critiquent. Je me demandais juste comment je pourrais ne pas avoir peur d’elle et comment ne pas m’abaisser devant elle sans faire un homicide social car si quelqun est en désaccord avec elle il l’est avec tout le monde. Je pense que je vis assez mal cela car je suis de nature indépendante je ne peux en parler a mes  »amies » car je ne leur fait pas confiance et vraiment personne n,est de confiance je le sais grâce a différentes histoire qui ce sont passée. J’aimerais vraiment que cela cesse.

    Merci d’avance.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Comprendre peu à peu que votre dépendance est un assujettissement, donc que plus vous avez peur de cette personne, plus vous lui donnez du pouvoir sur vous-même et moins vous vous respectez. Ce sera l’occasion pour vous de vérifier si ce que vous dites de vous-même est vrai : une personne réellement indépendante ne s’abaisse jamais.
      D’autre part si vous ne pouvez pas parler de ce qui vous trouble à vos amies, c’est que vous n’en avez – en fait – pas.

      Répondre
      1. Pett

        Oui je pense que vous avez raison. Maintenant je comprend quelque chose. Je n’ai pas parler a mes amies de cela car j’en ai honte. Mais au fond je pense que tout le monde en a honte et que personne n’ose en parler. Je vais essayer de demander l’avis des autres personnes sur lesquels elle exercent sont  »autorité » et je pourrais savoir comment ne plus avoir peur d’elle ni m’abaisser. Peut être qu’au fond je ne suis pas aussi indépendante que je ne le croyais. Merci beaucoup pour vos conseils.

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Même si les autres ont honte, vous, vous avez le droit de ne pas avoir honte… parce que vous êtes une personne unique. C’est de cela que vous devez toujours vous souvenir : nous sommes tous différents !

          Répondre
  11. Isabelle

    Bonjour,

    Je viens de terminer la lecture de beaucoup de vos articles et cela m’amène à prendre conscience de beaucoup de choses sur moi-même.
    Ma relation aux autres est complexe: je recherche des amitiés compliqués dans lesquelles je me remets constamment en question; ai-je bien fait de lui avoir fait confiance? Ne va-t-il pas aller le répéter à d’autres personnes?
    Ce soir, je me rends compte que je ne vais pas bien et que mes schémas m’amènent à interpréter très négativement beaucoup de réactions ou de réflexions de la part des autres. Je n’ose pas leur en faire part de peur de confirmer mes ressentis. Ainsi, je préfère m’éloigner plutôt que de communiquer. De plus, j’ai tendance à beaucoup critiquer mes amis et à les juger, et cela m’amène à culpabiliser. La culpabilité fait partie de ma vie que ça soit avec mes parents ou mes amis. Sur le moment, je ressens beaucoup de colère, puis une fois celle-ci passée, elle laisse place à la culpabilité. En effet, j’ai peur de perdre le soutien de mes amis, qui ne m’aimeront plus et me critiqueront derrière mon dos. Ainsi, je me retrouve dans un cercle vicieux.

    J’ai conscience d’être une personne complexe et j’aimerais vraiment que tout cela s’arrête!
    Je vous remercie de m’avoir lue!

    Isabelle

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, une personne est critique envers les autres parce qu’elle est d’abord critique envers elle-même, et elle est critique envers elle-même (elle manque de confiance en soi) parce qu’elle a été beaucoup critiquée dans son histoire.
      Plutôt que de culpabiliser (ce qui ne sert qu’à vous empoisonner vous-même) essayez de vous comprendre (pas de vous juger) vous-même avec bienveillance. C’est dans cette direction là que vous parviendrez un jour à ne plus devoir critiquer les autres donc à sortir de ce cercle vicieux.
      Peut-être êtes-vous « complexe » mais à mon sens vous êtes surtout malheureuse.

      Répondre
  12. Farouz

    Bonjour,
    Avant tout, je vous remercie encore pour vos réponses qui m’encouragent à continuer mon travail thérapeutique.
    En ce qui me concerne, j’ai eu une mère maltraitante qui m’a conduit à penser que je n’étais pas quelqu’un d’aimable, ni même à la hauteur dans toutes les circonstances de ma vie. En travaillant sur moi, j’ai découvert que j’ai du mal à accepter cette réalité. Or, c’est pourtant la reconnaissance de l’existence de cette réalité qui me permettra de la changer. J’ai remarqué que mon attitude était similaire dans mon travail: lorsque mon patron adopte un comportement qui me choque, je préfère faire comme si cela n’existait pas et je supporte les choses qui ne me plaisent pas (je dois dire que j’ai tellement subi d’abus de ma mère que mon seuil de tolérance est totalement déréglé: j’accepte des attitudes ou des remarques que mes collègues n’accepteraient pas). Pourtant, si je regardais les choses en face, si j’acceptais cette réalité, je pourrais décider de ce que je veux faire: parler à mon patron, changer de travail…Moi je suis incapable de faire ça, je me dis que je suis trop susceptible, « l’autre ne peut pas vouloir me faire du mal ». Du coup, je prends sur moi jusqu’au jour où j’explose comme une cocotte minute et je retrouve à quitter mon travail du jour en lendemain sans avoir gérer mes arrières. C’est une situation qui se répète dans ma vie. Je me demande pourquoi je ne veux pas accepter les choses comme elles sont? Est-ce parce que j’ai pris l’habitude de me penser toujours fautive?
    Je vous remercie d’avance pour votre réponse.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Tant que vous aurez le désir de réussir à changer votre mère, vous continuerez à vous empêcher de voir et ressentir pleinement ce qu’elle vous a fait.
      Le jour où vous l’accepterez « telle qu’elle est », donc une personne capable d’être dangereuse pour vous quand elle l’est, vous aurez fait un grand pas dans le respect de vous-même auquel vous avez droit.

      Si vous vous dites que vous êtes incapable de vous respecter vous même, vous ne parviendrez jamais à le faire. Plutôt que de dire « je ne parviendrai jamais à », je vous invite à dire « jusqu’à présent je ne suis pas parvenue à »…
      Ce n’est pas du tout la même chose…

      Pour aller plus loin, vous pouvez lire : à propos des parents toxiques

      Répondre

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