Enfant gâté

Réflexion n° 23 :

Nous avons du mal à tolérer que nos attentes ne soient pas comblées ou – pour le dire autrement – nous avons du mal à accepter d’être frustrés.
Il est très intéressant de constater que, aussi absurde que cela paraisse, nous nous attendons (la plupart du temps) à ce que les choses se passent comme nous voulons qu’elles se passent.

C’est ainsi que quand nous ouvrons le robinet de notre salle de bains, nous nous attendons à ce que l’eau coule, quand nous donnons une pièce à notre enfant pour qu’il aille s’acheter des bonbons, nous nous attendons à ce qu’il nous dise merci, et quand nous nous proposons de faire un pique-nique, nous nous attendons à ce qu’il fasse beau – pour ne donner que des exemples « légers » mais éloquents.
Nous avons un comportement « d’enfant gâté » qui va d’autant plus souffrir et s’indigner le jour où la réalité ne correspondra pas à ses attentes.
En réalité, ce que la vie nous donne et nous permet, nous pouvons être certains qu’à plus ou moins long terme, elle va nous le retirer. Nous connaissons tous le proverbe qui dit : « Les meilleures choses ont une fin », et je crois qu’il faut être vraiment imperméable à la réalité pour penser que ce qui nous est agréable va durer. Daniel Morin illustre cela avec une image très parlante quand il affirme : « Le goût d’une sucette se termine toujours par le goût du bâton. »

Vivre, c’est oser prendre la totalité de la vie, la fin avec le début, la mort avec la naissance, l’ombre avec la lumière car l’un ne va pas sans l’autre.
Pour nous aider à prendre conscience qu’il y a un prix à payer pour tout, Swami Prajnânpad utilisait une puissante métaphore : « La vie vous donne le miel sur la lame de rasoir et le goût de miel se transforme en goût de sang dans la bouche. »

© 2014 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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16 Commentaires
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mc
mc
29 juillet 2014 11:44

Un jour cette pensée m’est venue : “Dire qu’un jour (…façon de parler…!) tout ça sera comme une chose qui n’aurait JAMAIS été…!” Ce n’est pas du tout pareil que ne plus etre. Cette pensée m’a fait regarder la vie tres différemment, la vie est devenue plus spacieuse, plus mouvante, plus libre. c’est fou le pouvoirde la pensée et d’une ennoncée juste.

Lorenc Pascale
29 juin 2014 18:33

Oui, dans notre société (encore de luxe, malgré une relative détérioration de la situation économique), nous sommes tous des “enfants gâtés” qui, la plupart du temps, ne s’en rendent même pas compte. Ce n’est jamais assez, ni assez bien. Malgré une prise de conscience plus aigue depuis quelques années et un travail sur l’élargissement de cette conscience, les vieux schémas fonctionnent et tentent encore d’imposer leur loi. D’autant plus que l’enfant en nous n’est souvent pas guéri de ses blessures et “réagit” pour survivre. Je blesse l’autre quand son comportement ne répond pas à mon attente, pour éviter de vraiment… Lire la suite »

bernadette
bernadette
24 juin 2014 09:24

La mort est un moment très important dans la vie. Elle fait partie de la vie. Pour moi, rien ne meurt, tout se transforme, la mort n’est que la continuité de la vie. Aussi bien se préparer à la mort est très importante pour bien vivre ce moment. On se prépare toute une vie à la mort. Ayant passé plusieurs fois dans ma vie très proche d’elle, chaque fois qu’elle s’approchait, je l’acceptais, je lâchais prise. C’est pour cela que j’apprécie à chaque instant la vie qui m’est offerte. Il n’y a pas un seul jour où je pense qu’un… Lire la suite »

ninava
ninava
Répondre à  bernadette
2 juillet 2014 09:17

bonjour Bernadette, J’accompagne régulièrement les personnes dans leur fin de vie et j’atteste qu’il est trés rare qu’elles l’acceptent. Il n’ y a qu’ 1% de ces personnes qui déclarent un syndrôme de glissement, c’est à dire qui acceptent de mourir, de lâcher prise comme vous dîtes. Pour les 99% restant, c’est la panique, le refus,l’angoisse ou la colère, la dépression ou la démentification, c’est comme ca. Certes la mort est une réalité, ils en ont bien conscience mais c’est une triste réalité bien sur!! Vous avez bien de la chance de ne voir que des bonnes choses, même là… Lire la suite »

Muriel
Muriel
24 juin 2014 09:22

Bonjour,

Je trouve la citation miel/sang violente.

Apprivoiser la mort, la fin, c’est le travail de toute une vie, à mon sens.

De plus, je trouve que cette réflexion est vraiment trop “raisonnable”. Si on n’ajoute pas que l’illusion que tout ira mieux plus tard est fondamentale, c’est triste. Après tout, on peut penser que l’homme a besoin de croire au « paradis » (quel qu’il soit) pour avancer. Mais peut-être est-ce ma façon particulière de fonctionner?

Merci pour ces réflexions, toujours enrichissantes.

Catherine
Catherine
23 juin 2014 14:26

Le plus difficile, est de savoir qu’au bout du chemin il y a la mort, en est-on vraiment conscients ? Beaucoup vivent comme si ils n’allaient jamais mourir, je l’avoue moi aussi et ce n’est pas tous les jours que j’y pense, sinon la vie serait d’une tristesse infinie, l’humain a donc inventé la réincarnation ou le paradis. Par contre dans certaines situations, je peux y penser et cela m’aide à traverser une épreuve, tout s’arrange, sauf la mort me dis-je. Enfant gâtée, je ne crois pas en être une, souvent j’entends les gens pester contre la pluie qui dérange… Lire la suite »

ninava
ninava
Répondre à  Renaud Perronnet
24 juin 2014 08:34

bonjour Depuis que j ai treize ans, je crois que je vais mourir bientôt. Je crois avoir accepté l’idée de ma finitude et du coup, je ne me fache quasiment jamais, mais je ne me réjouie jamais non plus. Lorsque j ai des satisfactions je passe vite à la suite et j’ai toujours besoin de me dépêcher . Lorsque j ai des coups durs, je me desespère du temps que j’y perds. Je suis hyper active mentalement et dans chacuns de mes investissements. C’est fatiguant et parfois je voudrais être fénéante , naïve , et beaucoup moins vigilente. Je suis… Lire la suite »

ninava
ninava
Répondre à  Renaud Perronnet
24 juin 2014 09:40

A oui ! C’est ca, ca explique bien la chose. Merci Monsieur Perronnet.
Bien à vous.
Vanina.

soly
soly
Répondre à  ninava
24 juin 2014 09:20

Bonjour Ninava,
Mais oui , on va tous mourir Ninava !!! et tout ce que vous faites ne changera rien, cela ne vous rendra pas immortelle ! dommage que vous ne profitiez pas des bons moments que vous pouvez vivre, j’espère pour vous qu’il n’en est pas ainsi. Peut-être devriez-vous fréquenter des personnes qui ont cette joie de vivre, çà peut-être contagieux ! je vous souhaite une journée légère comme une plume !

ninava
ninava
Répondre à  soly
2 juillet 2014 08:53

Bonjour soly, Je pense que vous n’avez pas bien saisi mes propos. Il me semble avoir partager qu’au contraire,j’avais bien conscience de la finitude des êtres humains. Je ne pense pas avoir ecrit que mes actions étaient menées dans le but de devenir immortelle mais plutot dans le but de remplir ma vie avant ma mort. Je n’ai pas dis que je ne saisissais pas les bons moments de la vie mais juste que je ne m’y attardais pas; les évènements s’enchainent et il faut suivre, c’est bien ainsi !! Lorsque vous dites qu il faudrait que je fréquente des… Lire la suite »

Soly
Soly
Répondre à  ninava
9 juillet 2014 16:08

Oh Nivanâ, je viens seulement de vous lire . J’ai probablement mal compris alors…Je voulais juste vous dire qu’on peut égayer sa vie sans raison apparente…mais je me prends pour qui ? je suis ok avec vous, certaines personnes n’aiment pas trop se questionner. Non, je ne suis sûre de rien, pleine de doutes, rien n’est garanti, c’est la vie. Je peux vous dire que la compagnie de personnes joyeuses çà dérange aussi, çà perturbe certains esprits…Il me vient une phrase: “celui qui vient au monde pour ne rien perturber, ne mérite ni égard ni patience” je crois de R.Char… Lire la suite »

Catherine
Catherine
Répondre à  Renaud Perronnet
24 juin 2014 13:22

Merci pour votre réponse, je ne pense pas que la pensée de la mort me détruise, le mot est trop fort, elle m’attriste mais la vie reprend vite ses droit dans mon cas-Et vous faites bien de donner cet exemple avec la prise de bec, j’y songerai !
Cordialement

Soly
Soly
23 juin 2014 10:38

Cette métaphore est vraiment puissante, je la ressens très intérieurement. Le miel, la lame, le sang… Elle est vivante, vibrante, vraie… Nous sommes tous des enfants gâtés si nous pouvions nous observer objectivement, mais voilà, nous ne le faisons pas souvent. Comparativement, je peux me sentir hyper gâtée, et d’autres fois pas du tout… Un jour ma fille, découvrant la réalité de mes ressources financières (demande de bourse pour ses études) m’a dit, et cela m’a figée “Ben dis donc heureusement que tu as rencontré le père, mais on vivrait dans une caravane avec toi !!!…” Je ne lui en… Lire la suite »

bernadette
bernadette
23 juin 2014 08:31

Effectivement, c’est ainsi que les évènements se passent. La meilleure attitude est de ne rien attendre et de vivre et travailler avec ce qu’il se présente. Vivre le moment présent est l’instant le plus réel de la vie, sans penser au passé qui est mort et au futur qui n’existe pas encore. Vivre le moment présent avec tout ce qu’il se présente, c’est goûter et apprécier la vie. Nous vivons toujours avec des peurs et des espoirs, des aversions et des désirs et ne pouvons que constater que tout est impermanente dans la vie. L’impermanence est bien la seule permanente… Lire la suite »