Différence

Réflexion n° 46 :

Il y a les Français et les immigrés, les juifs, les chrétiens et les musulmans mais aussi les Roms, et puis les hétérosexuels, les bisexuels, les homosexuels et les asexuels, les femmes, les hommes et les transsexuels…

Parce que nous sommes tous différents, nous pouvons nous poser la légitime question de la manière dont nous allons vivre nos différences.

Allons-nous nous entrechoquer à travers elles ou nous enrichir d’elles ?

Sur un champ de bataille serait-il légitime pour une infirmière d’organiser la longue file de ceux qui attendent en souffrant pour se faire soigner par sexe, nationalité, religion ou couleur de peau ? Tous ne souffrent-ils pas au même titre à travers leur humanité ?

Comment s’y prendre pour assumer nos différences sans devoir nier nos ressemblances ?

Krishnamurti nous propose une réponse : « Lorsque vous dites Indien, musulman, chrétien, Européen, ou autre chose, vous êtes violent.

Savez-vous pourquoi ?

C’est parce que vous vous séparez du reste de l’humanité, et cette séparation due à vos croyances, à votre nationalité, à vos traditions, engendre la violence. »

Cette violence due à la séparation s’exprime tout particulièrement à travers les totalitarismes dont la caractéristique principale est de mettre en avant les différences et de croire avoir le monopole de l’humanité, donc de nier à son ennemi sa qualité d’homme afin de le mettre au ban de l’humanité et ainsi pouvoir l’anéantir.

Nous sommes donc violents quand nous nous servons de la différence pour exclure.

En fait tous les hommes sont conformes au principe fondamental de la vie : la différence. « Une personne n’est pas une autre personne. Qui est-elle alors ? Elle est unique. » (…) Unique ? Elle est elle-même et pas quelqu’un d’autre. Elle est elle-même et personne ne lui est identique », répétait inlassablement Swâmi Prajnânpad en invitant ceux qu’il rencontrait à observer l’infinie variété des formes.

Si chacun est différent, la comparaison devient impossible car pour comparer il faut une base commune. Il en déduit : « Je suis moi, il est lui. Je suis conditionné d’une certaine manière et lui d’une autre. C’est tout. L’état dans lequel je suis est le seul qui soit le mien, sans aucun autre possible. »

Il s’ensuit que les jugements de valeur sont aberrants puisqu’ils dépendent de la comparaison : « Juger est une illusion parce que si vous devez juger, vous vous servez de votre propre échelle de référence. Derrière le jugement se cache la croyance que tout le monde est identique. »

Et il conclut : « Regardez le soleil. Éclaire-t-il seulement les bons et les saints ? Non, il éclaire tout le monde, le saint comme la prostituée. »

Se souvenir de la différence c’est se donner les moyens de ne plus juger et de commencer à comprendre.

© 2015 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés. 

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6 Commentaires
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Margot
Margot
4 mai 2018 13:37

On confond trop dans la langue française “séparer” assimilé à isoler, opposer et “distinguer” qui parle des caractères distinctifs, de l’unicité d’une personne. On ne peut pas faire d’union sans distinguer au préalable, et la confusion, le “tous pareils” c’est de la fusion – or la fusion est le début de la violence, car on ne reconnaît pas qu’une part de l’autre nous échappe toujours. La fusion c’est “tu es (comme) moi” avec pour corollaire si tu n’es pas comme moi, si tu marques ta différence, alors tu es l’ennemi à éliminer. La fusion c’est : je sais tout de… Lire la suite »

Marie
Marie
22 juin 2016 11:14

En fait, en disant je suis Français, Indien, on se met dans une case, en fait avant d’être Français, Indien nous sommes un être à part entière est ce cela que cet article veut dire avant de vouloir faire des comparaisons, on peut déjà juste dire qu’on est tous unique avec des ressemblances et des diffèrences et qu’on a le droit d’être unique du moment qu’on se respecte les uns les autres en trouvant des terrains d’entente pour vivre ensemble. De se servir d’un effet de généralisation pour écraser au lieu de se considérer comme des êtres uniques et de… Lire la suite »

Bouillon
Bouillon
4 mai 2015 15:15

Bonjour, La dernière phrase ne me convient pas du tout au sujet du soleil qui éclaire tous, “le saint comme la prostituée”. La prostitution n’est pas l’apanage de la gente féminine pas plus que la sainteté, celui de la masculine ! Mais c’est un poncif qu’on entend trop souvent à mon goût. Cela me heurte même et je souhaite que vous corrigiez par : “le saint et le prostitué” ou : “la sainte et la prostituée” ou “la sainte et le prostitué” (pour une rare fois, la femme aurait le beau rôle). Qu’en pensez-vous ? Cette phrase est une traduction… Lire la suite »

Marie
Marie
27 avril 2015 09:32

Je pense que pour accepter les autres, on doit d’abord apprendre à s’accepter soi même.

yam
yam
14 avril 2015 11:48

Bonjour, merci de ce rappel par les temps qui courent….Même si toutes ces choses nous apparaissent comme évidentes, il est bon de se rappeler que nous pouvons et que nous devons prendre de la hauteur. A l’échelle de l’univers , nous sommes tous des êtres, dont les quêtes, les histoires se ressemblent et nous allons tous vers la même fin. Peut-être est ce en pensant ainsi que nous arriverons à vivre un idéal commun, plus empreint de sérénité qu’il ne l’est actuellement.

Très belle journée à tous.