Sortir du statut de victime

À M-C

A ceux ou celles qui s’interdisent la colère je vous invite – pour aller plus loin –  à lire cet article et à vous mettre à l’écoute de ce qui gronde en vous :

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5 réflexions au sujet de « Sortir du statut de victime »

  1. Alix

    Bonjour, merci pour ce post et vos articles.
    J’ai souvent eu envie de crier ce que mes parents (et ma soeur) m’ont fait, mais où? Pour résumer, ils ont attaqué mon identité. Comme ils passent pour des gens bien, je risque de ne pas être crue et d’être critiquée. Mon père qui avait fait des études de philosophie, parlait de sagesse et de liberté, passait pour un sage auprès de pas mal de personnes. Alors qu’il était un tyran, me terrorisait, me hurlait dessus, m’empêchait de sortir, m’humiliait, décidait de tout à ma place (activités, filières scolaires, études, travail). Ma mère ne m’a jamais prise dans ses bras ou réconfortée, j’étais toujours condamnée à rester dans ma chambre. Je lui étais utile comme confidente-psy cependant pour l’entendre, dès toute petite, dire du mal de mon père. Elle était cruelle avec moi, elle m’enfonçait ses doigts dans les côtes quand elle voulait passer, riait de ma créativité et de mes pleurs ou était totalement indifférente. Face à elle je n’ai jamais pu ouvrir la bouche car elle renversait la situation en me traitant d’agresseur. Les anniversaires et les Noël étaient des cauchemars grâce à ma mère, pour qui rien n’allait. Parfois l’idée me traverse d’écrire un livre, ou d’en faire une BD, mais cela me fatigue d’avance. L’autre beau paradoxe c’est qu’elle est branchée spiritualité et m’a fait découvrir les livres d’Arnaud Desjardins!… J’ai malheureusement utilisé pendant des années la spiritualité comme une autre façon de tuer mon moi au nom du Soi (=tout accepter, rien n’a d’importance que je préfère ceci ou cela, se laisser porter par la vie etc), la spiritualité a été le prolongement de l’enseignement la mort de soi prodigué par mes parents. Bref, pour couronner le tout, j’ai bien sûr beaucoup déménagé dans mon enfance et j’ai vécu dans des établissement scolaires. Quand j’étais lycéenne j’habitais dans mon lycée, dans lequel mon père y était le CPE!…
    J’ai honte de moi car bien qu’ayant fait des thérapies, ayant plus ou moins coupé les ponts avec ma mère (je ne la vois plus depuis 8 ans et suite au décès de mon père) et vivant isolée (j’ai arrêté avec les hommes, c’était de pire en pire), la vie me propose des rencontres amicales du même acabit : des personnes généreuses de prime abords et qui vont ensuite me manquer de respect, me dévaloriser, m’infantiliser, m’utiliser etc. Alors je coupe au bout d’un certain temps. Combien de dragons ai-je à pourfendre encore? J’en ai assez des schémas répétitifs. Je côtoie encore ma soeur (nous habitons la même ville et c’est elle qui m’a relancée il y a quelques années), par peur de ne pas m’en sortir seule et par espoir aussi que je serai en lien un jour, mais je n’ai pas confiance en elle, j’attends toujours le coup tordu, et il arrive toujours subtilement, un ton agressif qui vient d’on ne sait où, des objets provenant de moi qui sont cassés… Je compte rompre le contact avec elle (comme j’ai commencé à le faire avec une énième fausse amie) et vivre encore ce moment angoissant de n’avoir plus aucun lien avec un humain sur cette planète. Bref la peur toujours la peur, et l’isolement, et l’impossibilité de crier. J’ai 44 ans et ai une vie étriquée, je ne peux prétendre avoir réussi dans aucun domaine de l’existence, malgré mes efforts pour comprendre, me connaître, guérir et avancer. Ma créativité (poussive) en peinture n’attire pas les acheteurs, là aussi c’est l’échec, pour l’instant. Je me rends bien compte qu’il est temps pour moi de reprendre le chemin de la thérapie. J’ai besoin de ce témoin lucide dont parle Alice Miller.
    A la relecture de ce message, je vois mes parts : il y a une part lucide sur ma soeur (qui, entre autres choses, il y a 10 ans, en colère parce que je lui évoquais un soir ma souffrance, m’a empêchée de partir de chez elle, m’a frappée, puis est venue le lendemain chez moi me dire que JE l’avais frappée) et il y a une part qui se leurre, qui voudrait avoir une soeur à aimer et de qui être aimée. Mais la vérité est que j’ai peur de ma soeur.

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    1. Guillaume

      Bonjour, je compatis avec toi et je crois assez bien comprends comment tu peux te sentir à l’intérieur, car par d’autres moyens, mais tout aussi destructeur, mon ex et sa famille (depuis la naissance de mes deux enfants, la présence et le poids de sa famille était si importante dans toutes les sphères de vie que j’ai mis à la porte mon ex belle-mère à trois occasions. Et de ma vie je n’aurais jamais cru vivre de telles situations avec ma belle famille). Mais suite à une grave accident de travail qui m’a rendu inemployable, leur égoïsme familiale, leur égoïsme personnel, ainsi que leur incapacité d’adaptation (alors que je devrais être mort, ou du moins ne pas marcher, en apparence, personne ne peut savoir que j’ai plus de 25 diagnostics différents, dont les effets sont chroniques et généralisés, en plus des centaines de séquelles si rattachant, je devais être au service de leur fille, puisque je ne travaillais plus. J’ai des centaines d’exemples de maltraitantes, principalement psychologiques et presque tous de façon indirecte, leur permettant ainsi de nier ce qu’on leur prouve sous le nez, vivant en permanence dans « leurs univers », où les événements sont modifiés selon qu’ils sont positifs ou négatifs pour eux, mais dont ils ne sont jamais responsable ou coupable, n’ayant toujours rien fait, ou à l’opposer, de façon parfaite. Jamais ils n’avoueront un tord, ni même avoir de défauts, ou les minimisant jusqu’à en faire des blagues pour montrer l’exagération et détourner l’attention.

      J’ai été brisé par un accident, dont je n’aurais jamais dû réchapper et je m’en suis sortie haut la main pour qu’ensuite, la seule chose m’appartenant encore après, fut mise en miette par celle et ceux qui auraient dû m’aider à m’en sortir. Je me suis battue pour qu’on reconnaisse ce qui était des évidences suite à cette tragédie et une fois rendu en haut de la montagne, je me suis fais dénigrer, agresser, abuser financièrement, moralement et psychologiquement. La transposition constante de leurs propres faiblesses sur moi, l’absence d’encouragement ou de support dans la vie quotidienne. A tel point qu’elle pouvait me parler pendant 2 heures de ses élèves (de son retour du travail au souper, si je ne me sauvais pas dehors, entretien le terrain et la maison … et elle se fâchait si j’arrivais 5 min en retard pour le souper). Mais une sage dame d’un âge très vénérable, ma dite un jour: « Tu sais mon filleule, il y a des gens en ce monde, qui malgré leur apparence socialement acceptable, voir même parfaite, sont par d’autres affects, totalement démunis de certaines capacités, pourtant primaire à une vie en société. Ils sont simplement limiter dans certaines aptitudes, mais leur intelligence, parfois supérieur arrive à trouver le moyen de nous berner et se mentir à eux-mêmes sur leur vraie nature et le vide, dont il sont en fait rempli ». Et elle avait raison, car après avoir observer les situations avec c’est nouvelle lunette, j’ai finalement compris qu’ils n’étaient pas méchants, mais si limités, dans tellement de sphères, que malgré des pertes cognitives de 45% et un besoin d’aide dans la prise de certaines décisions, je restais encore, le pilier familial, au centre de tout, m’occupant de tout, réglant tout.

      Deux ans après ma séparation, je vis complètement isolé du reste du monde (pourtant, je reste en plein cœur d3 ma petite ville … ou plutôt celle de ma belle-famille), pour mes enfants, puisque je n’ai plus rien, et il ne me reste qu’eux pour trouver une raison de continuer à supporter cette souffrance physique et tenter de retrouver un semblant d’équilibre mental. Mais comment reconnecter avec le monde, lorsque depuis tant d’année (bientôt 8 ans que l’accident est arrivé), on me sentir que je n’y ai plus ma place. Je n’ai pas conseil à te donner, mais ce dont je suis certain, c’est que les gens ayant vécu des expériences difficiles sur le long terme, et qui s’en sont sortie, l’ont fait grâce à ce qui rassemble tous, une volonté de fer et une confiance inébranlable en soi et ses moyens. Bonne chance à vous et ne lâcher pas, parfois la vie, si on se donne la peine de regarder, nous fait un clin d’oeil pour rappeler qu’elle tient à nous …

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      1. Alix

        Bonjour Guillaume, merci pour votre témoignage et vos encouragements.
        Quand on n’a plus de famille ou d’amis, faire une activité de loisir ou faire partie d’une association peut permettre de se reconnecter avec le monde. Pour ma part je fais partie depuis peu d’une association artistique (la créativité et la peinture étant mes passions) et je compte m’y investir pleinement. Oui je suis d’accord avec vous il faut une sacré volonté pour avancer dans un environnement pareil!
        J’aime ce que vous dites pour terminer votre message car vous rappelez la bienveillance fondamentale de la vie et cela fait du bien de s’en souvenir régulièrement. Vous parlez du regard, et cela me fait penser qu’en fait le plus gros problème avec les gens toxiques, c’est notre propre aveuglement vis à vis d’eux. Je vois bien que suite à mon éducation je suis encore conditionnée à ne pas voir et ni ressentir la vérité tout de suite. Puissions-nous grandir en lucidité et en bienveillance vis à vis de nous-même! Bonne chance à vous aussi!

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    2. Amy

      Merci Alix pour ton témoignage ciselé et intense, et intense de lucidité également. Il résonne chez moi.
      Eleonor Roosevelt a dit parait-il : “Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement”.
      Personne ne peut nous “manquer de respect, nous dévaloriser, nous infantiliser, nous utiliser.”… sans notre consentement. Consentement tragique puisqu’il nous dessert, mais consentement quand même, et c’est une bonne nouvelle car là est notre pouvoir.
      Certes des personnes peuvent nous proposer un relationnel de cette nature (càd chercher à nous dévaloriser, prendre le pouvoir sur nous, etc.), mais ce sont toutes des propositions relationnelles que nous pouvons refuser ou recadrer à la seconde où nous le ressentons, si ce n’est effectivement pas ce que nous souhaitons vivre.
      Donc la question est bien : qu’est-ce qui, en nous, nous pousse à rester au contact de ce qui pourtant ne nous plait pas ? (et ce n’est pas de notre faute si nous faisons cela – nous n’avons pas à nous en sentir coupable – mais c’est de notre fait, et donc nous pouvons le changer.).
      La description de ton enfance et de la main mise de ton père sur ta vie, tes choix de vie, parle de terreur. La fin de ton message évoque la peur (de ta soeur).
      La peur, les peurs, nous tiennent (dans des fonctionnements tragiques qui nous desservent) si nous n’allons pas à leur rencontre. Elles empêchent les vrais “oui”, les vrais “non”, les vrais “stop”, etc.
      Il est naturel de se positionner face à ce qui ne nous convient pas lorsque l’on est construit dans l’expérience quotidienne de “Je compte, mes envies comptent, mes ressentis comptent, et je suis en sécurité pour les exprimer”. Mais bien plus difficile quand on s’est construit dans l’expérience de l’opposé (“mes ressentis ne comptent pas, et je ne dois pas bouger et tout accepter, pour ma sécurité.” ?), dans beaucoup de cris et de terreur.
      Or tu comptes.
      Tu est légitime à te donner à toi-même l’estime, le respect et la douceur que tu n’as pas eus, et à laquelle tu as absolument droit, respecter ta vérité intérieure, tes envies et tes ressentis.
      Encore merci pour ton partage qui a résonné fort chez moi.
      En espérant que ces lignes auront contribué, je te souhaite bonne chance sur la route du démantèlement de ce qui te tient. Je t’envoie toute ma compréhension, mes encouragements et mon soutien.

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      1. Alix

        Merci beaucoup Amy, je suis très touchée par ton message! Je te souhaite aussi plein de bonnes choses sur le chemin de ta vie.

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