Euthanasie : Une aide-soignante lance un appel au secours !

Martine partage sa sensibilité de soignante à propos de l’affaire Chantal Sébire, cette femme qui ayant une tumeur incurable au visage, se déclarait « violemment hostile » au suicide, et réclamait le droit de mourir de façon assistée.

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A PROPOS DE L’EUTHANASIE, UNE AS LANCE UN APPEL AU SECOURS

21/03/2008 Libre partage de Martine

Profession : Aide-Soignante.

Dans les journaux, on parle beaucoup de Chantal Sébire et cela fait peur, cette dame en grande souffrance demandait simplement de l’Aide !

Aider à mourir ne veut pas dire « la peine de mort » pour moi l’euthanasie est égale à une « exécution. »

Nous qui travaillons dans le système santé, nous ne sommes pas là pour donner la mort !

Nous sommes là pour soigner, respecter et entourer la personne malade !

Nous sommes là aussi pour apaiser également la Famille !

Nous sommes là pour les accompagner jusqu’au bout et même au-delà !

Chantal Sébire et sa famille étaient dans l’incompréhension, on ne parle pas d’accompagnement !

QUI s’est occupé du Mental de cette famille en souffrance ?

N’oubliez pas Vous Messieurs les Médecins !

N’oubliez pas Vous Messieurs les Dirigeants !

N’oubliez pas Vous Messieurs du Gouvernement !

que nous sommes avant tout HUMAINS ! c’est à dire un complexe à trois niveaux :

  • TÊTE (mental)
  • CŒUR (amour, âme)
  • CORPS (action, bouger)

Martine, aide-soignante en gériatrie.

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Pour aller plus loin, vous pouvez lire sur ce site :

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Vous êtes aidant (éducateur, travailleur social, thérapeute, psychologue, professeur, bénévole…) Vous êtes soignant (infirmière, aide-soignante, médecin, sage-femme…) Vous êtes parent ou « aidant naturel » (de vos vieux parents, d’un voisin…) Vous souhaitez témoigner, vous avez quelque chose à dire ou à crier. Votre partage touchera ceux qui vous liront et qui pourront vous répondre. N’hésitez pas à m’envoyer votre texte que je pourrai publier dans l’espace dédié aux aidants ! Pour ce faire, CLIQUEZ ICI

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5 réflexions au sujet de « Euthanasie : Une aide-soignante lance un appel au secours ! »

  1. Jean-Luc Auteur de l’article

    Cette question est très importante. A priori on est agacés par les commentaires journalistiques sur cette situation. Mais en définitive, cela démontre l’état de désarroi dans lequel notre société se trouve devant l’idée de la Mort. Peur de mourir, peur de perdre et peur de souffrir… Je suis bien OK avec cet appel et les questions graves posées par Martine. Derrière cela se trouve vraisemblablement le drame de notre société qui est le drame de chacun d’entre nous. Citoyens, Médecins, Politiques, Nous sommes bouffés par la peur, Nous ne donnons de place qu’à la peur, Tout ce que nous faisons est motivé par la peur, (si, si, regardons bien…) Comme si « la Vie » n’était qu’une fatalité et « la Mort » une punition. Chaque situation donnée par « la Vie » est une occasion pour chacun d’entre nous de dépasser ses peurs, son égocentrique petit moi. Que l’on soit Mourant, Soufrant, Aidant, Travaillant, Sportif,… etc C’est là que l’on se découvre, c’est là que l’on apprend à se connaître, à s’accepter, c’est là que « la Vie » prend son sens, pour soi même, donc pour les autres s’ils le veulent bien, car ce n’est pas à nous d’en décider. Avoir peur de mourir (ou de la mort de l’Autre) c’est prendre conscience de l’immensité du Vivant. C’est avoir peur de le perdre, ce Vivant, Au lieu de « mourir de peur de mourir » renversons notre regard, Vivons et aidons à vivre c’est bien plus… passionnant ! Madame Chantal Sébire, n’a probablement pas été aidée, ni accompagnée pour « accepter » ce qui est très difficile ou douloureux, c’est dommage pour elle, mais positivement, elle nous donne l’occasion de nous interroger, nous et c’est peut-être là, tout le sens de son acte et du choix de son entourage. Qu’elle en soit saluée.

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    1. Martine Auteur de l’article

      Oui, Jean-luc, c’est cela et je suis bien OK avec vous, « on est agacés par les commentaires journalistiques.. » Ce matin encore en lisant mon journal, je lis : « Euthanasie : une malade demande un référendum » Clara Blanc atteinte d’une maladie dégénérative a demandé un référendum sur le suicide assisté et le droit à mourir dans la dignité et a lancé un appel en ce sens au président de la République » Elle écrit : « Il y a selon moi une étape où la vie n’est plus la vie mais une agonie irréversible.. C’est une conception de la dignité et du droit de chaque être à disposer de sa vie et par là même de sa mort. » Je trouve cela très effrayant ! Va t’on faire de notre propre mort un commerce ! Va t-il y avoir des cliniques spécialisées ou vous pourriez mourir à « Bon Prix » !Où en est rendu notre nature humaine ! Où ? en est rendu là notre dignité et notre « Pudeur » !

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  2. Anonyme Auteur de l’article

    Ce monde n’a plus aucun sens si on se laisse piéger par ce qu’il nous offre. je n’imaginais pas la profondeur de ce qu’on appelle le « matérialisme », mais c’en est une parfaite illustration. Les valeurs affichées partout ne sont plus que commerciales. On nous ferait bouffer des OGM jusqu’à en crever sans rien vérifier dans l’unique but de faire des royal-tees. Peu importe le prix de la Vie. Ce qui est paradoxale, c’est que, par ailleurs, les mêmes pouvoirs et les médias nous vendent la peur de souffrir et la peur de mourir. Que ce soit à bon prix ou pas, l’important c’est que cela soit légitimé par la loi, mais quelle loi ? C’est bien qu’il y a culpabilité derrière. C’est probablement la culpabilité de la fuite devant la Douleur, et devant la Mort. (cette impudeur) Je ne sais pas quel serait mon comportement dans une situation identique (grosse douleur physique) qui me toucherait, mais j’ai dans l’idée que regarder tout cela bien en face et accepter de se faire aider, donc reconnaître sa faiblesse, serait prendre racines dans la force d’affronter l’épreuve. On le fait à une échelle moindre au quotidien finalement. Souffrir ou Mourir maintenant ou plus tard ? qu’est ce que ça change ? Aujourd’hui, personnellement, je me détache du côté « scandaleux » et « sensationnel » de ces préoccupations journalistiques, ce qui compte c’est ce qui se passe en moi. Il est important que je sache que d’Autres portés vers le besoins d’aider peuvent m’apporter un soutien (digne), mais il me semble que cela serait un véritable échange; et, par une expérience familiale, je pourrais même dire que dans ce cas, le souffrant devient l’aidant, « l’exemple » en terme d’humanité et de dignité.C’est bien de partager ces idées et d’échanger, Martine, vous dites des paroles justes et ces paroles doivent circuler, c’est notre façon d’Être, sans indignation mais avec détermination.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Aujourd’hui, la question est de savoir si la loi Léonéti du 22 avril 2005 qui autorise le « laisser mourir » doit également autoriser le « faire mourir ».

      Personnellement je ne crois pas qu’il soit juste de balayer la demande de « faire mourir » d’un revers de main, car il y a eu et il y aura toujours des demandes de mort qui ont un sens et auxquelles il peut être légitime d’accéder.

      A côté de cela, je ne peux que comprendre l’indignation de « soignants » à qui on demanderait de « faire mourir ».

      Comme l’exprime dans un article intitulé « Le dilemme sans fin de l’euthanasie » (Journal Le Monde du 06/04/07), le spécialiste des questions de bioéthique et professeur de philosophie Jean-Yves GOFFI :

      « Les individus ont-ils, sur eux-mêmes, une souveraineté limitée ou une souveraineté absolue ? Si cette souveraineté est absolue, ce que je crois, peut-elle s’étendre au point d’impliquer certains actes d’autrui comme une prestation obligatoire ? C’est beaucoup moins évident. »

      Il n’en reste pas moins que la demande de mort de personnes désespérées suscite ma compassion plutôt que mon indignation.

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  3. Mafrance Auteur de l’article

    Le malade a le droit d’être soigné. L’être humain détient la gestion de son existence. Quand quelqu’un demande la mort, ce n’est plus un soin dont il s’agit mais de la délègation de sa décision à quelqu’un d’autre. Pourquoi n’en fait-il pas usage? Certains sont trop handicapés mais tous les autres auraient les moyens de la faire car nous savons tous comment des gens se suicident. Quoiqu’il en soit, si quelqu’un veut mourir et qu’il n’y arrive pas, c’est que quelque chose de non résolu ou quelqu’un qui a besoin de le voir vivant le retient sur terre. Le meilleur accompagnement est donc de comprendre avec le malade de quoi sont faites ses retenues et il peut alors s’en aller en paix, en toute liberté. J’ai vécu cette expérience avec quelques personnes, tant avec celui (ou celle) qui part qu’avec ceux qui restent. La démarche personnelle fut très profonde et conduisit à une sérénité pour chacun.

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