Histoire de Jann ou La petite fille aux oreilles

LA PETITE FILLE AUX OREILLES, par Jann Well.

Inceste : Histoire de Jann ou La petite fille aux oreilles.

En l’an 2006, je dis à mon mari

« Je vais écrire un livre sur l’Inceste. »

Mon cher et tendre époux me répond :

« Mais, tu n’es pas bien ! Ces choses là, il ne faut pas en parler ! Ce sont des choses cachées ! »

Je suis restée « surprise » devant sa réponse. Je lui répondis enfin : « Je veux le faire et je t’invite à y participer, si tu le désires. »

Par Amour et par Haine, parce que j’ai appris que j’avais le droit de haïr, je ne dévoilerai pas, ma véritable identité. Ma famille restera aussi dans le secret.

Je dédicace ce livre, à tous ceux, qui, un jour, comme moi, ont été victime d’inceste.

Un merci géant ! Pour la Relation d’Aide qui m’a aidé dans mon mal être.

Je vais beaucoup mieux aujourd’hui, je peux mettre un « mot » sur ce qui m’est arrivé.

Jusqu’à ce jour, je n’en avais pas pris conscience.

Je parle d’Inceste, mais pas n’importe quel inceste ! Celui dont je parle est l’inceste entre frère et sœur.

Il parait que dans les familles nombreuses, cela arrive souvent. Il ne faut pas dramatiser ! Mais à Moi Petite Fille, il a Détruit Une Partie de ma VIE !

Bonjour, je m’appelle Jann et j’ai huit ans.

Quand le monde saura l’histoire, une histoire vraie, mon histoire…

Je vous écris aujourd’hui, à l’aide de mes cinq sens :

– la Vue

– l’Ouïe

– l’Odorat

– le Goût

– le Toucher

Des mots des phrases peuvent choquer.

La maison est grande, les murs sont blancs. Nous venons d’emménager, nous sommes éblouis. Le jardin est encore en terre battue rouge avec beaucoup de chardons. Il y a la cave, le garage et la buanderie où se dresse un gigantesque bac en pierre grise ; Maman s’en sert pour brosser le linge très sale. Au rez-de-chaussée, se trouve la petite cuisine, la grande salle à manger, le salon, le corridor le coin toilette. Nous montons à l’étage et nous nous trouvons face à la salle de bain, puis aux trois chambres. Un escalier pliant nous conduit au grenier.

Il y a de l’espace, c’est immense, cela change du petit HLM de Maman. Nous courons dans toutes les pièces et maman s’affole pour faire son rangement. Elle va vite, elle va toujours trop vite !

Nous sommes sept à la maison. Il y a mon grand frère, à la peau mate, ses mains son brunes, il fait de drôles de dessins sur les murs blancs de la maison.

Je n’aime pas ces dessins.

Ils font peur !

J’ai une sœur jumelle Eva, nous sommes inséparables. Nous portons les mêmes vêtements et les mêmes chaussures. Nous sommes « collées » l’une à l’autre. Ensemble, nous allons chercher le lait à la ferme, mais c’est toujours Eva qui a la responsabilité du porte monnaie. En cas de bêtises, c’est toujours elle, qui recevait la gifle.

1963, à l’école les pantoufles et le port du tablier sont obligatoires.

Un jour j’avais oublie mes pantoufles, la maîtresse très en colère m’a appelé devant son bureau. Elle me demanda de me retourner, souleva ma robe pour me donner une fessée devant toute la classe. J’ai pleuré de tout mon corps, mais en ravalant ma salive pour être forte devant mes camarades de classe.

Je la déteste cette maîtresse, c’est un MONSTRE ! Pauvre femme !

Je commençais à faire beaucoup de cauchemars, je voyais de petits bonshommes blancs qui parcouraient les murs de la chambre.

Papa travaillait beaucoup à l’usine, quand il avait son grand repos, il appelait cela « la grande Belle » ; il nous emmenait au parc de Bettembourg, et je restais devant la statue de Blanche Neige, elle était si douce et si blanche, elle me regardait, je lui souriais.

Il fallait qu’elle crie, Maman pour m’enlever à cet état de rêverie.

Lorsque nous étions plus grandes, papa nous emmenait voir la Guerre ! Les Tranchées des baïonnettes, les Forts les Masques à Gaz et cette odeur de rouille, de vieilles huiles, et toutes ces tombes et toutes ces têtes de mort, que l’on peut voir dans le Mémorial ; j’ai la nausée, j’ai envie de vomir, je déteste VERDUN !

Je voudrai retourner voir Blanche Neige avec ses mains si blanches.

C’était la coutume, une fois par semaine, le samedi soir, tout le monde prenait son bain à la maison. Quand la salle de bain était prise par les « hommes », maman nous mettait dans le « bac » au sous sol. Je n’aimais pas prendre le bain dans cette pierre froide.

On n’est pas du linge sale !

Eva et moi étions debout face à face dans le grand bac, on se regardait, on découvrait notre corps.

Ma mère nous frottait très énergiquement avec son gant de toilette tout rêche, elle nous faisait mal, elle allait encore vite. Parfois on lui criait « doucement ! » et comme réponse on avait une gifle ! Elle nous prenait alors dans ses bras et nous demandait « pardon » et elle pleurait.

Il fallait être propre pour mettre nos habits du dimanche et aller à la Messe.

J’aimais quand ma mère me serrait sur sa poitrine, elle avait une odeur de lait chaud ma mère, elle sentait bon le lait, ma mère.

Parfois ma mère se maquillait, elle se poudrait le visage et se mettait un rouge sur ses lèvres couleur rose bonbon.

J’aimais la voir maquillée, car elle était souriante dans ces moments là ; elle allait au cinéma ; elle allait voir « Ben-Hur. »

Ma mère nous laissait seule à la maison sous la garde de notre grand frère.

Je ne dors pas, je fais beaucoup de cauchemars, je sors de la chambre et descend l’escalier sans faire de bruit.

Mon Grand frère regarde la télévision dans la salle à manger, et là j’assiste à une scène de crime horrible !

Le film nous montrait que le frère désirait sa sœur, mais celle-ci, ne voulait pas se soumettre à son frère. Fou de colère, celui ci attrapa un grand couteau et tua sa sœur en lui donnant plusieurs coups sur tout le corps. Il y avait du sang, beaucoup de sang. A cette époque la télévision était en noir et blanc, mais on devinait bien que c’était le sang qui coulait du ventre de la sœur.

Cette image, me restera toujours dans ma tête !

« N’aie pas peur, me dit mon frère, c’est une histoire. »

Je file et monte les escaliers quatre à quatre, je me cache sous les couvertures.

Quand le jour se lève, je respire, je me sens forte puisque le « jour » est avec moi !

On joue à cache-cache dans la maison, on joue au loup et à l’agneau dans la maison, celui qui attrape l’autre sera mangé. On s’attrape et on se chatouille, on s’éclate, on rit de bon cœur, je n’ai pas peur, puisque le « jour » est avec moi !

Eva, ma sœur jumelle travaille mieux que moi en classe.

Arrive le jour de la séparation, puisque elle passe dans une classe supérieure et que moi, je redouble.

C’est un Drame !

Je ne veux pas, je veux qu’elle reste avec moi. Eva pleure aussi, je crie et je pleure « Pourquoi tu ne m’as pas attendu ? Je te déteste Eva ! Je te déteste, tu n’avais pas le droit de m’abandonner ! »

La nouvelle maîtresse ne savait plus quoi faire avec moi ; elle laissa quand même la porte qui sépara les deux classes ouvertes pendant quelques jours. Comme çà, on pouvait se sentir, ma sœur et moi. Elle est gentille cette maîtresse !

Avec ma sœur, je bougeais, je parlais, je chantais, je me sentais forte avec elle.

Je n’arrive plus à parler.

Ma voix change, elle devient grave, rauque, moche, on peut à peine m’entendre.

Mes bras tremblent, lorsque je n’arrive pas à faire un problème en math ou lorsque j’éprouve des difficultés en Français.

Alors on me raccompagne à la maison, et ma mère me fait des bandages imbibés d’alcool, autour de mes bras.

« Arrête me dit-elle, c’est dans ta tête, que cela se passe ! » «Mais je ne fais pas exprès maman, cela vient tout seul ! »

A la récréation, on se moque de moi, même ma sœur se détache de moi !

Nous sommes jumelles mais Eva est brune, moi je suis plutôt blonde.

Un jour mon grand frère m’appelle dans sa chambre : « Veux-tu que je te montre quelque chose ? Veux-tu que je fasse pareil avec toi, comme je fais avec Eva ? »

Il sort son sexe de son pantalon et me demande de le caresser.

Je lui réponds : « Vraiment, tu fais la même chose avec Eva ? »

OUI ! JANN JE FAIS PAREIL AVEC EVA.

La nuit les cauchemars n’en finissent plus. Il y a des têtes de Lion sur les murs de la chambre, la gueule grande ouverte pour me dévorer. J’ai peur ! Je réveille ma sœur, je lui dis : « Je n’arrive pas dormir. » «Viens, on va se bercer me dit-elle »

On se met à quatre pattes sur le lit, et on se balance d’avant en arrière. On se blottie l’une dans l’autre et on s’endort.

Un jour j’ai aperçu mon frère et ma jumelle dans la chambre. Ils faisaient des choses ensemble ; je me suis sauvée ; c’était donc vrai, mon frère faisait pareil avec Eva !

J’ai voulu parler de la « chose » avec ma sœur, mais je n’ai pas pu.

Elle avait changé, elle me repoussait de plus en plus, elle était devenue méchante avec moi. Elle était jalouse, parce que les gens disaient que j’étais plus jolie qu’elle.

En revenant d’un voyage à l’étranger, notre père nous fait cadeau de deux belles poupées. L’une était blonde, l’autre était brune. Il les posa à terre et nous demanda d’aller choisir nos poupées. Je suis blonde, pourtant je me sens attirée vers la poupée brune, ma sœur jumelle qui est brune s’avance vers la poupée blonde.

« Stop » dit mon père. « La poupée blonde est pour Jann et la poupée brune est pour Eva ! »

Avec un pincement au cœur, on accepte quand même notre beau cadeau.

En jouant au loup et à l’agneau, un jour mon frère me plaqua au sol dans sa chambre. Il commença à me faire une leçon d’anatomie : « Là » me dit-il tes seins pousseront, tu auras des poils sous les bras, en descendant sur mon bas ventre et en me caressant mon sexe, il me dit aussi « des poils pousseront là aussi, des poils pousseront sur tes jambes et tu auras aussi de la moustache ; mais tu te raseras, car toutes les femmes se rasent.« Serre fort, mon sexe » me dit-il. « Tu verras un liquide blanc en sortir. » Je n’aime pas quand il me touche ! Je veux qu’il me laisse tranquille ! Va-t-il le sortir, ce putain de liquide blanc ! J’ai la nausée !

J’ai envie de vomir !

Laisse moi tranquille je ne veux plus jouer avec toi ! Je veux retourner voir mes poupées !

« Mais ta sœur aime, quand je la caresse » dit mon frère.

Je pleure, JE VEUX QU’IL ME LAISSE TRANQUILLE !

Pour quoi, pourquoi Maman, tu ne nous emmènes pas avec toi aux commissions ?

Je veux prendre l’autobus avec toi, et aller au Grand Prisunic !

Je ne veux pas rester à la maison !

« Arrête ! De te regarder, et de rester plantée là, devant la glace ! » Me crie ma mère.

« Tu n’as donc rien d’autre à faire ! »

« Ça va, tu es jolie » ajoute-t-elle.

ELLE NE SAIT PAS MA MERE, JE NE VEUX PAS GRANDIR !

Mon cher et tendre époux refuse de continuer de me lire. « Mais vous n’êtes pas normaux dans votre famille ! » me dit-il. « Je n’oserai même plus te toucher ! » Je lui réponds « Pourquoi, j’ai la gale ! Et c’est quoi la normalité ? »

« Vous pouvez me toucher, cher et tendre époux, je suis passée au-delà de tout cela »

Pendant de longues périodes, je joue avec ma poupée. Le voisinage se moque de moi : « Tu n’as plus l’âge de jouer à la poupée ! » Je ne comprends pas ! Même ma sœur se moque de moi, parce que je joue avec ma poupée !

Maintenant, je joue à la poupée en cachette et personne ne me voit. Je fais aussi beaucoup de découpages. Je prends les vieux catalogues style « la Redoute » et j’habille toutes les femmes qui sont en slip et en soutien gorge ; je découpe et je leur colle des vêtements.

Sur mon petit bureau, je fais semblant de faire mes devoirs, je fais du découpage et j’habille toutes ces femmes à moitié nues dans les catalogues.

A l’école, je suis toujours malade. Avec le prof de Gym, on joue au basket. Je suis habillée en survêtement noir. On me demande de courir après le ballon, on me demande d’envoyer le ballon ! Je suis mal à l’aise, j’ai l’impression que l’on voit toutes mes formes à travers ce pantalon. « Mais que fais-tu donc, tu dors ! Allez bouge ! Remue-toi un peu ! » Ces mots résonnent dans ma tête, je suis mal ! Je m’écroule au sol en pleurant et en criant : « Je n’y arrive pas ! »

Le prof de Gym, vient à mon secours, je tremble, il me réchauffe avec une couverture. Il ne m’oblige pas à continuer de jouer au ballon.

La nuit, je commence à étouffer, je fatigue tout le monde !

Même le docteur ne sait plus quoi faire de moi ! Il dit à ma mère : « Il faut la marier votre fille ! »

Quel Connard ! Ce Docteur !

Je rêve d’un corbeau avec un grand bec jaune, qui me creuse un trou dans le dos.

Je rêve, que je suis attendue dans la salle à manger, par des personnes en grandes robes et portant des cagoules : « Je dois être sacrifiée, j’irai beaucoup mieux après ! » me disent-ils.

L’horreur, je reconnais les voix de ma mère, mon père, mes frères et sœurs !

ILS VONT ME TUER !

J’entends ma mère crier à l’étage elle vient de surprendre mon grand frère et ma sœur dans le même lit, c’est criminel, chez nous, on ne mélange pas les filles et les garçons !

Elle s’agite comme une folle, et dit :

« NE DITES RIEN À VOTRE PERE OU JE VOUS TUE ! »

Je garde le silence.

Je dors dans le même lit que ma jumelle. On ne se supporte plus ! Elle m’agace à se balancer tous les soirs, pour réussir à s’endormir !

Arrête Eva ! Je t’en supplie arrête ! Elle ne m’entend pas !

Mon frère me caresse même sous la table de la salle à manger, et personne ne se doute de quelque chose. Je commence à avoir de drôles de sensations, et cela me fait peur !

Un jour, mon frère me dit : « Il vaut mieux être violée que d’être tuée. »

Je ne mange plus de viande, la viande dans mon assiette sent mauvais ! Elle me donne la nausée et puis, j’ai l’impression que mon steak me regarde, il me rit au nez, il prend des allures de monstre !

Vite, je me lève de table sans demander la permission et je vais vomir dans les toilettes.

J’ai de bonnes notes à l’école, surtout en « couture » ce n’est plus des poupées que j’habille, mais des mannequins. Je dois reconnaître que dans la matière, je m’en sors assez bien.

Le Proviseur voyant mon bulletin de fin d’année, m’encourage, à continuer mes études.

Je suis alors inscrite dans un lycée d’enseignement professionnel, ou je pourrai préparer un BTS en Couture et Bonneterie.

J’ai dix huit ans, je me retrouve donc interne dans ce lycée. Je me fais des amis.

J’ai un ami qui est gentil avec moi. On se promène main dans la main, on s’amuse dans les parcs d’enfants, on fait du « tourniquet » du « toboggan » et de la balançoire.

J’aime beaucoup faire de la balançoire ; je me sens très légère, j’ai la sensation de voler si haut, dans les airs, si haut, si haut. Où je vais là, sur la balançoire, PERSONNE, NE PEUT M’ATTEINDRE !

Je n’ai pas beaucoup d’argent de poche. Avec d’autres copines de classe, le mercredi après midi, on s’occupe des enfants dans les « Mercredis Récréatives. » Cela nous fait un peu de sous.

Avec un autre Surveillant qui joue de la guitare, on murmure des chansons de Forestier et de Brassens.

Sans vouloir me vanter, je dois dire que je suis « assez bien foutue. »

J’ai tout ce qu’il faut ou il faut. Ma « Poitrine » n’en finit pas de pousser. J’essaye de la masquer, avec des vêtements larges.

Je rentre de permission un dimanche, fin d’après midi ; je suis assez fatiguée, le voyage est long par le train. Je décide de me rafraîchir un peu le visage dans les toilettes du lycée. Il y a peu de monde encore dans l’internat. J’entends du bruit dans les lavabos c’était mon ami, il était là, il m’attendait. « Mais que fais-tu ? Tu es déjà de retour ? » Je m’approchais de lui, il avait un air bizarre !

« Mais tu sens l’alcool » « Viens » me dit il ; il m’entraîne dans les toilettes des Garçons.

Je ne veux pas y aller, violemment il m’attire dans ces toilettes et commence à s’exciter sur moi. Je lui dis « Non, ne fait pas cela ! Je ne suis pas prête ! Pas ici ! »

Il est comme fou furieux et commence à m’aplatir sur le sol froid de ces toilettes !

Il arrache les boutons de mon manteau et déchire mes vêtements !

Il ne peut pas me pénétrer, je suis vierge encore !

A l’instant présent, je remercie mon frère de m’avoir laissé ma virginité et j’entends encore ses paroles : « IL VAUT MIEUX SE LAISSER VIOLER QUE D’ÊTRE TUEE ! »

Il rentra son sexe dans ma bouche et éjacula dans ma gorge. Il disparaît. Je suis restée un moment au sol, je crache, je vomis à m’étouffer, je m’essuie la bouche, avec le revers de ma manche.

CRIER ! MAIS POURQUOI FAIRE, UN AMI, CA NE VIOLE PAS ! N’est-ce pas !

C’ETAIT MON AMI !

Toute pantelante, je retourne à l’internat, et je prends une douche bouillante.

Je suis accroupie parterre dans les couloirs de l’internat, et je pleure, je pleure sans faire de bruit.

Une surveillante s’approche de moi : « Cela ne va pas ! Il ne faut pas rester là parterre ! Vous voulez discuter » me dit-elle. Je lui réponds : « Non Madame, tout va bien ! » « Comme vous voulez, dans ce cas allez plutôt au foyer » Je lui réponds que je préférerais aller me reposer au dortoir. Elle me donna cette permission.

La viande, je ne l’aimais plus, mais, même les légumes, maintenant, ont un drôle de goût !

Elle est vraiment DEGEULASSE ! Cette nourriture !

UNE POMME CELA SUFFIRA !

Je suis en première année, classe « Industrie de l’habillement ».

Je maigris, je perds tous mes vêtements. Lorsque, nous faisons « Atelier », je profite des machines à coudre pour rétrécir mes vêtements. Une copine de classe, très gentille, remarque mon changement. « Tu as un problème, tu es malade, tu n’es plus comme avant, quelque chose, ne va pas ! » me dit-elle.

« Tout va bien, juste un peu fatiguée, ne t’inquiète pas ! » je lui réponds.

Un Prof de Gym qui constate, lui aussi mon changement, me prend sous son aile. Elle m’invite chez elle, et là, je fais la connaissance d’un petit groupe de jeunes gens, qui sembleraient être aussi en difficulté. Je fais la connaissance d’un jeune toxicomane, accompagné par un étudiant en médecine, Tunisien, de bonne famille et très sympathique.

(C’est bizarre, ces profs de Gym, ils ont, eux aussi, une fonction d’Aidant ?)

Je suis Bien, je ne mange plus, je ne pense plus. Je brode sur mon pantalon de velours, un serpent qui tourne autour de ma jambe, au niveau haut de la cuisse, je brode une grosse pomme. Mon pantalon a beaucoup de succès et mes chaussures aussi. Ce sont des vieilles « Clarcks », trouées que j’ai réparé avec des rustines de vélo.

Je mets des fleurs dans mes cheveux, je ne porte plus de soutien gorge, plus besoin maintenant, je me couche dans l’herbe et j’admire le ciel. Je me sens tellement haut, que bientôt je vais l’atteindre.

Mais c’est quoi tout ce bruit ? Et ces gens qui s’affolent autour de moi ?

Ce gentil étudiant en médecine, le Tunisien a alerté la surveillante du lycée. Cette dernière prévient mes parents. Ceux ci ne me reconnaissent plus,

ILS SONT HORRIFIES À MA VUE ET PLEURENT ;

« Il faut l’hospitaliser de toute urgence, c’est grave, c’est plus grave qu’une pneumonie ! » dit le médecin.

Pourtant, je me sens si légère dans ma tête et si légère dans mon corps.

Me voilà tombée dans la spirale des Médecins :

ET CHER CONFRERE…

ET CHER CONFRERE… JE VOUS ENVOIE MA PATIENTE…

ET CHER CONFRERE…

On dirait, un manoir sortant du brouillard.

Les murs sont gris, les fenêtres sont étroites et hautes. On peut voir au niveau rez-de-chaussée des barreaux aux fenêtres.

Cet endroit semble cynique et austère !

« Je ne rentre pas là-dedans ! » dit mon père, en nous montrant le Pavillon Service Psychiatrie.

« Mais, pourquoi dit-il cela, et qu’est-ce qu’il y a là-dedans ? »

Ma mère m’accompagne, dans la chambre, je ne dis rien et je regarde par la fenêtre. Je suis triste que mon papa ne m’ait pas accompagné.

Tout d’un coup, on fait irruption dans la chambre. Le Médecin et son acolyte, enfin, je suppose, viennent de faire leur entrée.

Nom… Prénom… Date de naissance… Quel âge avez-vous ? « Il me prend pour une idiote ou quoi ! »

Il me fatigue ce Toubib. Je reste de marbre devant lui et je regarde par la fenêtre.

Le médecin se tourne vers ma mère et lui dit : « Si votre fille ne coopère pas, je ne pourrai rien faire pour elle. »

Je pèse 38 kg, et j’ai 20 ans dans ce service de psychiatrie.

Un petit garçon, certainement en visite auprès d’un parent malade m’offre une fleur !

Instinctivement, je porte la fleur sous mes narines, et en même temps je lui dis « Merci, elle est très jolie ta fleur ! »

C’est un véritable cadeau, très précieux pour moi, car Le Flair, devient mon instinct de Survie.

Je vide ma table de nuit qui est remplie de gâteaux et de chocolat, je les porte tous à mon nez, je les renifle un après l’autre. En fait, je mange avec mon Flair.

J’en mets un en bouche, j’essaye de l’avaler, « Non, je ne dois pas ! Je vais grossir ! » Et je file dans les toilettes pour vomir, et je me regarde dans la glace et je me trouve GROSSE !

Je commence à sortir, pour prendre mes repas dans la salle à manger avec les autres patients. Le Personnel Soignant m’encourage, et les Malades m’invitent à leur table.

J’ai de la purée de toutes les couleurs dans mon assiette. Blanche, orange, verte. (Pomme de terre, carotte, petits pois). On s’amuse à faire des fleurs dans nos assiettes, avec la purée de couleur, puis on mange leurs pétales.

Aujourd’hui, j’ai presque mangé toutes « MES FLEURS. »

J’ai su bien plus tard, que mon diagnostic Vital était sombre.

Ma mère allait à l’église tous les jours allumait un cierge et priait Saint Antoine, le Saint des choses perdues et le Saint des Miracles.

(Oh ! Mon Dieu ! Mais quelle bénédiction, ce petit garçon, en m’offrant une fleur qu’il avait cueilli dans le parc du Pavillon, C’EST LUI, QUI M’A SAUVE LA VIE.)

Il parait que j’étais très mal, moi, je ne m’en rendais pas compte !

Par contre, tous les microbes qui traînaient dans le service, étaient pour moi !

J’ai attrapé les « Oreillons » ; il y a donc obligation de me mettre en « Quarantaine »

Je quitte, le service de Psychiatrie pour aller à l’étage dans un service de Médecine.

Je suis seule dans la chambre, complètement seule avec moi !

Dommage, je commençais à être bien avec le personnel et les malades de la « Psychiatrie. »

J’ai grossi, je pèse maintenant 42 kg, mes parents veulent me faire sortir du « Pavillon » (c’est du privé, il faut payer, ils sont dans le besoin.)

« Votre fille sort mais elle n’est pas guérie » dit le médecin à ma mère.

Mais, comment guérir du Mental ?, quelque chose que l’on ne touche pas, quelque chose que l’on ne palpe pas, quelque chose, qui n’est pas matière !

Tous mes Organes et mes Viscères fonctionnent bien !

Est-ce que cela se soigne le Mental ?

Est-ce qu’on fait des clichés Radio pour le Mental ?

Est-ce qu’on fait des analyses, comme on fait des analyses d’urine ou des analyses de sang, pour le Mental ?

Est-ce qu’on donne un cachet d’Aspirine au Mental ?

Je pense que le Mental, se soigne en avalant du Temps, en Avalant Beaucoup de Temps, c’est-à-dire : VIVRE, mais VIVRE en BOUGEANT.

(Je pleure, je pleure Monsieur Renaud ; plus, j’avance dans mon écrit, et plus ma plume, ne veut plus s’arrêter.)

L’Anorexie, c’est comme le Cancer, on n’en guérit pas, on est en rémission. Pour moi : L’ANOREXIE, C’EST LE CANCER DU MENTAL.

Je rentre à la maison.

La maison est grande, les papiers peints, ont changé.

Je ne me souviens, que de mon Grand frère,

Eva, je ne sais pas ce qu’elle est devenue, les Autres, je ne sais plus.

Ma mère me fait des jaunes d’œufs battus avec du sucre et de la « Marsala » tous les matins.

J’ai l’impression, qu’elle veut me « bourrer » comme on bourre une oie.

Une Infirmière, Religieuse, vient tous les matins me piquer « les fesses. »

Elle m’envoie parait-il de la vitamine, en Intra Musculaire.

Cela fait horriblement mal, ces piqûres !

Ma mère me force à manger.

Je n’aime pas, quand elle me force.

Elle me traite de folle, quand je ne mange pas !

Je veux retourner à l’école mais ma mère ne veut pas.

« Tu as eu ta chance d’aller à ce lycée, il fallait la garder cette chance », me disent mes parents.

Comme si, c’était de ma faute, si je suis tombée malade !

« Tu n’as qu’à manger ! Me crie-t-elle ! J’en ai Marre de ma mère, elle est méchante ! »

Et mon père qui ne dit jamais rien. Mais à quoi ça sert un père ? Juste à faire son travail à l’usine. Mais moi j’existe !

Pourquoi, il ne joue pas avec moi !

Pourquoi mon papa et ma maman, ne me serrent pas dans leur bras !

Pourquoi ils ne me disent pas « Bonjour ou Bonne nuit » ? Pourquoi ils ne me prennent pas sur leurs genoux !

Leur seule parole c’est : MANGE !

Mes règles ne reviennent pas. Je mange en cachette la nuit. Je cache du saucisson sous mon oreiller. Je laisse la peau du saucisson afin de la renifler pour le lendemain. Je cache un couteau sous mon oreiller, cela devient la « caverne d’Ali Baba ».

Je tiens à peine debout et je suis de nouveau hospitalisée dans un autre hôpital avec des Perfusions.

C’est toujours le même problème qui revient. Dés que je me sens mieux, je me mets en Hyper activité.

Je fais de la « couture »,

Je couds le jour, je couds la nuit !

Ma mère me trouve des « Clients ».

(Tout va bien Monsieur Renaud, tout va bien. Finalement, ce n’est pas si dur d’écrire, il suffit de raconter son histoire.)

Mon grand frère est un « Objecteur de Conscience » ; il part dans les pays chaud, pour enseigner.

Il demande souvent de mes nouvelles et s’inquiète pour moi. Un jour, il m’a dit : « Si par malheur, il t’arrive quelque chose, je me suicide, car la logique des choses, c’est que nos père et mère partent avant les enfants. »

(Pourvu que je ne meure pas maintenant !)

Je suis maintenant seule dans mon lit. Il n’y a que mon frère absent, que je sens. On dirait que son odeur m’habite !

Je n’arrive pas à dormir, j’ai toujours ces horribles angoisses, mon père me donne bien, un Tranxène de temps en temps.

Je me glisse dans le lit de mon frère et je me blottie contre son oreiller.

Une nuit, alors que j’étais mal, je suis allée dans le lit de mon frère ; Oh ! Surprise, je me suis retrouvée contre ma mère !

« Mais que fais-tu là ? Tu ne dors pas avec Papa ? »

Et « toi ? » me dit-elle, «Tu n’es pas dans ton lit ? »

Je ne suis pas contente, je vais la tuer !

« Elle, n’a pas le droit ! C’est le lit de mon frère ! Elle n’a pas le droit, ce n’est pas son territoire ! »

Elle est « chiante » ma mère, elle est vraiment « chiante. » Je suis très en colère !

Ce n’est pas son Territoire, elle n’a rien à foutre dans le lit de mon frère !

Je me réfugie sous mon oreiller, dans la caverne d’Ali Baba ou il y a mes trésors : la peau du Saucisson, mes poupées de papiers, un vieil ours, une fleur et mon couteau.

Je caresse la lame du couteau :

« Si vous saviez, ma Mère, nous voulions juste être touchés ma mère !

Nous voulions juste être caressés, ma mère !

Nous voulions juste être bercés, ma mère !

Mais où est donc Eva ?

Ce n’est pas votre territoire ici, ma mère ! »

Sur les conseils de mon Psy, je quitte La Maison.

Je me réfugie chez une amie, au pays des cigognes.

« Vous venez d’où ? » me demandent les habitants de ce pays.

« Je viens de la ville où le ciel brille de mille lumières ! » en voulant parler des Hauts Fourneaux.

« Ah ! Vous venez de la France » me répondent ces braves gens.

C’est drôle, je suis en France mais je me sens complètement à l’étranger, subitement, je me demande « Qui je Suis ? »

Je n’ai pas peur, je n’ai pas d’angoisses, je me sens bien, comme si, j’étais soudain tombée du ciel. Pourtant, je devrais être effrayée, je ne connais pas cet endroit.

J’aime leurs maisons, j’aime leurs coutumes, j’aime leurs fêtes dans les rues, j’aime leur petit vin blanc et j’aime leur veilleur de Nuit.

Tout paraît si féerique ici ! Je me sens complètement transformée et j’ai même une forme Olympique !

J’oublie mon corps et je marche, je marche presque en dandinant et en chantant.

Mon corps est léger, il bouge, et ma voix est claire.

Je fais du porte à porte pendant trois jours, je trouve un emploi. Dans le « Prêt à Porter. »

Je me sens bien, très bien ; j’ai même mes règles qui sont revenues.

J’habite pour l’instant, avec mon amie et ses parents. Je fais la connaissance, avec les vaches, les lapins, les poules, je monte même à bicyclette, j’apprends à conduire le tracteur.

Le papa de mon amie, joue avec sa fille, ils rient et se roulent dans la paille.

Je les regarde, puis m’entraîne avec eux. On rit de bon cœur. On s’amuse tout simplement.

La maman de mon amie, nous prépare de bons gâteaux aux noix.

Je vis un compte de Fées,

J’apprends même à labourer.

C’est MERVEILLEUX, JE SENS BON LA TERRE.

Je flâne sur la page précédente de mon récit, je suis bien sur cette page. Mais la vie n’est pas un conte de fée.

Mon amie n’est pas souvent à la maison, elle est étudiante et interne.

Ses parents très gentils, m’ont pris sous leur toit et me considèrent comme leur propre fille. Sentant la jalousie, je m’en vais.

Chère Amie et chère Famille, je vous aime. Jamais je ne prendrai votre place ! Chère amie, la famille est quelque chose de bien trop précieux.

Je suis très reconnaissante de votre merveilleux accueil, merci de m’avoir fait rêver, il est temps que je parte, il est temps que je m’assume.

J’ai froid, le chauffage est presque inexistant, dans cette chambre d’hôtel.

Sur le lit, il n’y a pas de draps, juste un mince couvre lit de coton.

Je prends des douches bouillantes pour me réchauffer. On peut voir le jour grâce à une petite vitre située en haut du mur. La fenêtre s’ouvre à peine, et je n’ai pas le droit de cuisiner, car la chambre est couverte de moquette marron.

Mes revenus sont maigres, je ne peux pas aller tous les jours au Breakfast.

Puisque c’est nourrissant et peu coûteux, je me nourris, essentiellement de « Tartes Anglaise. »

(C’est une préparation à base de restant de pâtes et de pudding, parfumé avec du chocolat.)

Essayez, prenez une part de ce gâteau dans les mains, il pèse très lourd.

Je prends mon café, tous les matins au Salon de Thé du coin.

J’écris à ma Famille, mon père n’est pas content. Il a toujours dit que sa porte était en Sens Unique. Une fois parti de la maison, on ne revient plus. (C’est pour cela, que je ne voyais plus Eva.)

Je me sens si seule dans cette piaule et il fait si froid. Je n’ai plus de famille et je n’ai plus d’amis.

Je suis seule avec MON CORPS.

Je demande, une avance sur salaire, à mon patron pour m’acheter, une paire de draps et une couverture.

Mon patron me donne aussi l’autorisation de prendre mes repas de midi, dans l’arrière petite pièce de la boutique et qui sert également d’atelier de « Retouches. »

« Seulement, me dit-il, je suis obligée de vous enfermer à clés. »

« Je comprends. » Il est déjà gentil de me prêter son petit local, je suis heureuse dans ce petit coin.

« Je vais m’acheter un sandwich, je vous, en ramène un, » me dit-il.

J’accepte.

Mon patron m’a acheté, le sandwich, les draps et la couverture.

Il me caresse le visage et descend jusqu’à mes seins. Je n’ose pas bouger, il est mon Patron !

Je me sens Perdue, est ce que c’est comme cela que l’on dit MERCI ? Je ne sais plus dans ma tête. D’ailleurs encore aujourd’hui je rencontre des difficultés pour dire le mot merci.

POUR MOI, « MERCI », C’EST, SE DENUDER !

Un soir, en rentrant de mon travail, le concierge de l’hôtel me dit :

« Quelqu’un vous attend au bar. »

Qui cela peut bien être ? Je suis étrangère dans cette ville ; à part « Mon Patron ! »

Mon frère ! Mon grand frère à la peau mate et aux mains brunes !

« Bonsoir » me dit-il. Il me commande un « chocolat chaud » mon péché mignon.

De quel droit ? Mais pourquoi ? Si je n’ai pas envie de « boire » ! Mais qui il est ? Pour se permettre…

A l’instant même, je me transforme en « Automate », en agneau docile !

« Mais, comment m’as-tu trouvé ? »

« Je suis en permission pour quelques jours, et Maman m’envoie prendre de tes nouvelles. »

Gentille maman, elle me traite de Folle, et s’inquiète pour moi.

« A la maison, c’est le délire ! Papa met tout le monde dehors ! Et maman pleure ! »

Chers Parents, ils n’acceptent pas de nous voir grandir !

Mon frère me raccompagne dans ma chambre, et prend tous ses « Aises. »

« Elle est petite ta chambre » me dit-il.

« Oui, mais c’est mon domaine, c’est mon domaine à Moi ! »

Il rit, il ne, me prend pas au sérieux, il tombe sur le lit et m’entraîne avec lui.

« Ouvre ta bouche ! » me dit-il. Il me déshabille et me caresse.

« Tu es encore Vierge ! » Il me pénètre, oh ! Sans trop de difficulté, car à force d’être TORTUREE par TOUS CES DOIGTS, mon Hymen est très endommagé.

Çà y est ! C’est fini, c’est terminé, je suis dépucelée par MON PROPRE FRERE.

Je me sens ouverte, complètement ouverte, vidée de toutes émotions Humaines, j’ai simplement les oreilles qui sifflent.

J’ai vingt trois ans, je fais l’amour avec mon Grand frère et je jouis, à quatre pattes sur lui !

A l’instant précis je vois la « Maison » :

La Maison est Grande, et les murs sont Rouges, les murs sont couverts de Sang !

Je vais punir tous ces Hommes, je vais détruire leurs Vies !

Je vais me punir, je n’avais pas le droit de Jouir, c’est mon Frère !

Je prends le couteau et je me fais une entaille sur ma jambe !

C’est juste, une petite entaille monsieur Renaud, juste une petite entaille.

(Montage de l’auteur)

Il n’y a de chocolat chaud,

Il n’y a que du café noir,

Il n’y a plus de vigne et de petit vin blanc,

Il n’y a que du vin rouge,

Il n’y a plus de rivière à l’eau claire qui coule,

Il n’y a que la lave cramoisie d’un volcan qui coule,

Il n’y a plus de tarte à l’anglaise,

Il n’y a que de la tarte recouverte de ketchup,

Il n’y a plus de braves gens et de veilleur de Nuit,

Il n’y a que des Monstres !

Il n’y a plus de jour,

Il n’y a que des Nuits,

Tout mon être subit une « transmutation »,

Il n’y a plus de Loup et l’Agneau,

Il n’y a que le Loup et le Loup.

Je suis maintenant devenue « louve » et c’est cela ma jouissance, de voir couler le sang.

Ma vie n’est qu’une succession de viols, parce que, je ne sais pas me défendre parce que j’ai peur de tout.

Je voudrai retrouver ma sœur jumelle, je voudrai revoir mon papa et ma maman, même, s’ils me disent que je suis folle, je ne peux pas leur en vouloir « Ils NE SAVENT PAS », et si je leur dis la vérité, me croiront-ils ? Ils me traitent déjà de folle ! Ils ne me croiront jamais !

Je me sens seule, je me sens si seule, A QUI LE DIRE ?

Je rencontre un gentil jeune homme au salon de thé du coin. Il me propose de vivre avec lui, dans un appartement, un vrai appartement ! Avec cuisine, séjour, salle de bain et chambre !

J’accepte, je dois dire que l’appartement m’a séduit.

Je m’accroche à ma famille et, heureuse d’avoir un vrai appartement, je leur écris : « Je vais vivre dans un appartement avec un jeune homme. »

La réponse de mes Chers Parents :

« Tu te Maries avec ce jeune homme ou tu n’es plus notre fille ! »

Je ne comprends rien, mais pourquoi tant d’acharnement sur MOI ! Il ne la connaisse pas ma vie ! Moi qui avait décidé de me « ranger » !

JE SUIS FATIGUEE, J’EN AI MARRE, PERSONNE NE M’AIME !

Je ne sais pas, par quel miracle, mais j’ai un fils.

C’est tout rond,

C’est tout rose,

C’est tout chaud, et cela bouge tout seul.

Il pèse presque « quatre kilos. »

C’est mon BEBE,

C EST LA PLUS BELLE MERVEILLE DU MONDE ;

(Je vais bien Monsieur Renaud, je vais bien. Je ne suis pas encore trop abîmée, car je peux admirer mon Fils.)

Du haut de ma cinquantaine, je peux encore donner un enfant. Mais mon mari, refuse, il se trouve trop Vieux ! Est ce qu’on est vraiment trop Vieux pour donner un Enfant d’Amour ?

Moi, je ne me sens pas vieille. Je voulais cet enfant !

Les Hommes, sont égoïstes, ils ne pensent qu’à leurs plaisirs : « Plaisir des yeux, Plaisir du palais, Plaisir du ventre et plaisir de la chair. »

J’ai peur, je suis bien avec mon bébé, mais j’angoisse de plus en plus.

Même « Mon Patron » vient voir mon bébé. (Il me donne l’impression de vérifier, si cela n’est pas son enfant.)

Je suis mariée, mais « mon Patron est toujours là. »

J’ai peur de ne pas être à la hauteur pour mon fils. Je me dis, qu’il est trop beau pour moi et que je ne mérite pas cela !

Je l’aime de trop, je ne veux pas rater sa vie ! Je veux le protéger !

Il est là, il est aussi L’autre ! Mon Fils !

(Et c’est ainsi que je l’élèverais, c’est une réussite mon fils, il est complètement Autonome ! Si bien qu’aujourd’hui, il m’intimide, je ressens même des complexes d’infériorité vis à vis de Lui.)

Mon mari me traite de « Bifteck Troué » parce que, je suis complètement nulle au lit !

Mais, je n’ai pas envie de faire l’amour et puis je n’aime pas faire l’amour. Et puis j’en ai marre que l’on me touche, cela me donne envie de Vomir !

(Je suis mal, Monsieur Renaud, j’ai la nausée et je dégueule de plus en plus Maintenant ! Je ne comprends pas ce qui m’arrive soudainement !)

« NON » est mon problème .

Je ne sais pas dire : NON.

Mon Patron est toujours là et mon Frère sera toujours là, jusqu’à l’âge de trente ans.

(Apprenez-moi, s’il vous plaît, Monsieur Renaud à dire : NON.)

Alors que mon fils, dort dans son berceau, dans sa chambre ; une nuit, je suis violée sous la menace d’une arme blanche.

A cette époque là, nous avions pris une affaire mon mari et moi. Ce Monsieur était client chez nous.

Mon mari faisait des heures supplémentaires la nuit, pour pouvoir mieux nous en sortir financièrement.

C’était un client, j’avais confiance, il sonna à la porte en prétextant d’avoir oublié des clés, à l’intérieur du magasin.

Il s’avança vers moi et commence à me draguer, je ne veux pas, mais je n’arrive pas à dire : NON.

Il me bouscule sur le divan et commence à m’étrangler. Il me serre la gorge très fort, j’étouffe, je n’arrive plus respirer. « Laisse toi faire » me dit-il.

Dans ma tête, c’est clair et bien clair, il y a mon bébé j’ai peur, je ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose, je ne veux pas le réveiller.

IL me déshabille et m’embrasse avec violence, il avait la RAGE en lui. Il se déshabille, son corps était couvert de cicatrices. De grosses balafres lui traversaient le corps de haut en bas.

J’ai pris peur, très peur !

« Un mauvais souvenir d’armée. » me dit-il. Je ne peux pas parler, j’ai trop peur !

Je reste tétanisée, mais je lui fais l’amour, il a sorti un magnifique « Cran d’arrêt » tout brillant et tout ciselé de gravure. On dirait un couteau du désert comme dans « Lawrence d’Arabie. »

Il promène son couteau sur tout mon corps, et je suis complètement morte de peur. « Il va me l’enfoncer, il va m’arracher un sein, il va m’étriper. » Toutes sortes de choses me passent dans la tête. Il me prend dans tous les sens, la nuit est longue, la nuit est interminable, « Dors mon bébé dors, que je prie dans ma tête. »

Il est fou, il est cinglé ce type « Tu as, un corps pour faire l’amour » me dit-il. Alors, celle-là c’est la première fois que Je l’entends ! Je ne suis pas une beauté, je ne suis pas Vénus !

Quand le jour arrive, le type part, je reste là, étendue sur le plancher, avec mes brûlures à l’intérieur de mes cuisses, avec mes courbatures sur tout le corps.

Je n’arrive pas à me lever, je pèse une tonne !

Mon bébé !

Il faut, que j’aille voir mon bébé.

J’ai du sang partout, je me lave à l’eau bouillante, je m’asperge d’eau de Cologne et je pleure,

Je crie tout bas, je ne veux pas réveiller mon bébé.

Je ne dis rien à personne, je me tais, car j’ai trop peur ! Je prétexte une mauvaise chute dans l’escalier à mon mari. Celui-ci ne semble pas trop inquiet. Je vais voir mon Gynécologue.

Un soir en rentrant à la maison, le type était là, il m’attendait dans l’escalier.

Je prends la Fuite, avec mon Bébé.

Pourquoi, j’accumule tous ces viols ?

Vous n’allez, quand même, pas me dire que je les attire ?

Est-ce que, à travers mon frère, à travers ces viols, à travers ces amants, je cherchais le contact physique de ma mère ?

C’est bizarre, tout en marchant, dans mon histoire, je me trouve soudain « un fond Masochiste »

NON, je ne suis pas Masochiste, elle est simplement moche, mon histoire.

Je reviens au pays, avec mon enfant, je me suis rasée complètement les cheveux ; ma mère me dit toujours : « Mais tu es folle ma pauvre fille ! » de colère je lui réponds : « Je t’interdis de parler ainsi devant mon fils ! »

Je baisse les bras et je me soumets à ma mère : Oui, je suis folle, je suis malade et j’ai mal !

Le médecin me dit : « Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? »

« Mais pour qui me prend-t-il celui là ? ! Et de quel droit, il me dit tu ? »

J’ai l’impression de n’être qu’un déchet, un déchet humain !

Je me sens si sale !

On dirait que mon corps s’est complètement refermé sur lui.

Je suis de plus en plus sourde, à l’âge de trente ans. Les médecins ne comprennent pas et je porte un appareil auditif.

Mon nouveau mari me demande comment je le trouve ?

Je lui réponds : « Vous n’êtes pas beau, mais vous n’êtes pas moche ! »

Je me remarie en 1995, et je pèse 45 kg.

Mon nouveau mari, m’appelle « OISEAU », parce que, je suis toujours habillée, comme un épouvantail à moineaux. Je m’en fou, et puis, c’est plutôt, gentil Oiseau.

Je m’habille large, je ne veux pas que l’on voie mes formes.

Je suis revenue au pays, mais je suis toujours malade.

En 1998, je déclenche un Cancer.

Oh, je ne m’en sors pas très mal, mais on est toujours sur le qui vive avec ce genre de choses.

Je navigue, entre des périodes d’anorexie ou de boulimie. Je n’aime pas manger à table.

Bien sûr je m’efforce, quand même, à apprendre « les bonnes manières. »

Par contre, « Cher et tendre Mari, vous pouvez toujours m’apporter mon petit déjeuner au lit, j’adore ! »

J’ai l’impression que ma vie a été essentiellement « au Lit ». Et pourtant je ne jouis pas, je me suis interdit de jouir. Je me punis, je me punis seule, puisque personne ne m’entend et puisqu’on me prend, pour une tarée !

Déjà à l’école primaire, quand des copines me posaient la question: « As-tu un petit ami ? » Et que je répondais: « J’ai mon frère. » On me répondait : « Tu es sourde ou tu fais semblant ? »

Il n’y a pas si longtemps, je participe à une formation ; La Relation d’aide, où le Formateur Monsieur Renaud, nous dit :

« Je vous dirai presque, Ayez un Amant ? ? ? » Bien sûr, c’était sa façon de dire « Soyez Libre ! »

Moi, je veux bien, mais libre de quoi ? Quand on ne jouit plus, quand on ne jouit plus de rien !

Quand on ne sent vraiment plus rien, à quoi cela sert, cette Liberté !

Alors, je prends conscience, qu’il faut que je sorte de « mon Lit. »

Ce lit chaud ou tout n’est qu’odeur de sperme, ou tout n’est qu’odeur d’excrément, ou tout n’est qu’odeur d’urine, ou tout n’est qu’odeur de chair, de sang ou tout n’est qu’odeur de Placenta.

Je dois sortir du ventre de ma mère, je dois être libre du ventre de ma mère !

Je tremble, je me mets à trembler de plus en plus le « Dehors » me fait peur !

Puis, Monsieur Renaud, nous raconte de jolies histoires comme la « Belle et la Bête ». Je l’entends, je l’entends bien !

Oh ! J’aime quand il nous raconte ses histoires, cela me fait penser à Blanche Neige, au Loup et l’agneau, à Cendrillon, puis j’ai compris :

J’ai compris que je ne fonctionnais que grâce aux contes de Charles Perrault, grâce à Jean de la Fontaine, grâce aux Frères Grimm et à Wald Disney.

Il y a des contes qui nous font peur, et d’autres qui nous font rêver, mais c’est au travers d’eux que j’ai appris, et c’est à travers eux que je Survivrai.

Au début de l’histoire, je suis une espèce de Pantin à peine articulé et qui sait à peine dire « Oui. »

Plus j’avance dans mon histoire, et, plus cette histoire est horrible. Elle me fait peur, très peur, je suis un Monstre !

A la naissance de mon fils, je suis une Femme plutôt paumée, mais émerveillée de voir ce petit bonhomme bouger.

Pas à pas, avec Monsieur Renaud, comme guide, je découvre mes cinq sens. (L’Ouïe, la Vue, l’odorat, le goût et le toucher), et que j’ai des besoins.

Je me sens accueillie et j’entends, je suis, moi, seule et Unique.

Je découvre que je suis un complexe à trois niveaux : tête, cœur, corps.

Mais, comment faire, pour satisfaire mes besoins, si je supprime le cœur, et que j’ai mis la tête aux pieds, ou que j’avance sans tête ?

Pour cela, je remets de l’ordre dans mon complexe à trois niveaux.

Et comme je l’entends bien, Monsieur Renaud, je me colle des « grandes oreilles » à mes trois étages.

Je suis à l’écoute ! De tout mon corps, je suis à l’écoute !

J’écoute, avec ma tête, j’écoute mon cœur et j’écoute mon corps.

Mes sens sont en émoi !

C’est l’éveil !

C’est bizarre, je ressens subitement, une vive douleur dans le bas ventre, comme si quelque chose voulait sortir de mon ventre. Je ressens la même douleur, que j’avais ressentie quand, ma maman est morte. « Mes règles sont revenues. »

C’est la Délivrance, Monsieur Renaud,

C’est l’expulsion, Monsieur Renaud,

Voyez vous, je ne connaissais pas vos dons, de Médecin Accoucheur.

Je vis.

Je vis avec mon Histoire, parce qu’elle m’appartient, parce qu’elle est, MOI, SEULE et UNIQUE.

Quand le monde saura l’histoire, une histoire vraie, Mon histoire,

Je serai !

Après tout, est-ce que ce n’est pas un vrai conte de fée, mon histoire ?

Famille, je vous aime.

Jann.

Je suis maintenant à la grande école, et je suis tombée amoureuse de Vénus.

(La naissance de Vénus, de W. Bouguereau.)

Je ne jouis pas, mais je me réjouis de voir de telles beautés !

J’ai trouvé un équilibre, en travaillant la nuit et en dormant le jour. Je peux bien dormir, je ne fais plus de cauchemars, puisque le jour est avec moi !

« La maison est grande, les murs ont la couleur du soleil ! »

A tous les jeunes gens, à toutes les victimes, à toutes les jeunes filles, je vous offre ce poème :

Quelle que soit ta détresse,

Sort de ta forteresse,

Ne reste pas tigresse,

Soit une princesse.

Je SUIS.

Jann Well.

Remerciements à Monsieur Renaud,

Merci de m’avoir écouté, merci de m’avoir entendu, merci de m’avoir aidée à

remettre les pièces de mon complexe à trois niveaux à leur place. (Tête, cœur et corps.)

Merci de votre patience, merci de m’avoir accueillie, merci de m’avoir guidée.

Et parce que j’ai osé,

Merci à mon cher et tendre époux.

A vous, Monsieur Renaud, parce que c’est aussi votre merveilleuse aventure, je vous tire ma révérence, comme le fait si bien notre ami, Le Chat Botté.

Mes Hommages, la suite au prochain épisode :

A la recherche du Plaisir.


Quelques années plus tard, Jann m’écrit :

Mars 2010.

Bonjour Renaud, connaissez-vous le conte de la « Belle au Bois dormant »?

C’est un peu cela, ma vie actuelle.

Après, cet état comme d’endormissement, je me réveille ;

Je suis réveillée par le Prince de la Nature, de la Vie, et grâce à mes cinq sens,

je sens les choses, je les goûte,

je les touche,

j’apprécie ou je n’apprécie pas.

Mon corps se transforme, il prend des formes, c’est une vraie transmutation ce corps !

J’apprends à le regarder, à le toucher, mais c’est quoi ? et pourquoi ?

J’éprouve du plaisir à le regarder, à le toucher, et là je me braque, tout d’un coup une pensée envahit mon mental et me dit :

« C’est un pêché, ce n’est pas bien ! tu vas être puni ! »

Alors je chasse cette pensée de mon mental, et avec caractère ! je m’efforce à dire :

Jann Well par Jean-Claude Ciutad-Savary

Jann Well par Jean-Claude Ciutad-Savary

« Si le bon Dieu m’a donné ce corps de femme, c’est aussi pour avoir du plaisir ! »

Mais comment ressentir du plaisir, sans la pensée ! cette pensée avec sa montagne d’émotions : la peur, la colère, la révolte, la jalousie, la tristesse, la méchanceté, la joie… Mais comment ?

J’apprends, j’apprends qu’il y a cet état de pensée !

Cette pensée qui peut être constructive mais aussi destructive !

Cette pensée qui prend l’aspect de « Matière » à mes yeux !

Tantôt c’est un diable, tantôt c’est un jardin de fleurs, cette pensée !

Cette pensée que je rajoute avec les cinq sens.

Mais oui ! c’est cela ! nous faisons erreur quand on parle de nos cinq sens, à mon goût, il y en a six !

L’Odorat, le Goût, l’Ouïe, la Vue, le Toucher et la Pensée !

Comment vivre libre sans cette pensée ?

Comment vivre dans l’amour sans cette pensée ? a moins d’être mort !

Faut-il mourir pour être libre ?

Faut-il mourir pour avoir du plaisir ?

Krishnamurti, disait :

« La peur est imputable à la pensée; il en est de même pour le plaisir.

On est passé par une expérience agréable, la pensée s’y attarde et voudrait la voir se prolonger ; quand ceci s’avère impossible il y a une résistance, un état de colère, de désespoir, d’affolement. Ainsi la pensée est responsable  de la peur comme du plaisir, n’est-ce pas ?

Là où il y a plaisir il y a souffrance, il y a la peur nourrie par la pensée ; le plaisir accompagne la souffrance, ce sont deux choses indivisibles et la pensée est responsable des deux.

La pensée peut-elle donc prendre fin ? »

Jann Well.

Après avoir lu le texte de Jann, je vous invite à prendre le temps de visionner cette vidéo :

(Durée 8′)

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Si vous avez envie d’exprimer, de crier – anonymement – sur la toile, quelque chose de personnel que vous portez sur le coeur depuis longtemps, cet espace est le vôtre. Pour ce faire, prenez contact avec moi en CLIQUANT ICI

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20 réflexions au sujet de « Histoire de Jann ou La petite fille aux oreilles »

  1. J-M M

    Profession : Infirmier

    Bonjour Jann,
    J’ai grandi dans le milieu ouvrier avec toutes ses contradictions et ses moeurs rudes.
    Adolescent j’ai réalisé les dégâts sur la vie de nombreuses personnes autour de moi ; et c’est peut-être pour ça que par mon travail et mon militantisme, j’essaye de réparer constamment ce qui peut l’être. Avant de devenir adulte donc à la suite de ce constat, j’ai mis par écrit mes intentions face à ce monde peu rassurant dans lequel je devrai supporter bien des injustices.
    Voici ce texte qui me guide encore à sa façon :
    Etre heureux comme un défi
    Je veux être heureux comme un défi
    Malgré la solitude
    Malgré la misère
    Etre serein comme un défi
    Malgré la méchanceté
    Malgré la bêtise
    Etre souriant comme un défi
    Malgré les difficultés
    Malgré la haine
    Etre sincère comme un défi
    Malgré l’égoïsme
    Malgré les injustices
    Etre simple comme un défi
    Malgré l’orgueil
    Malgré l’ambition
    Etre nouveau comme un défi
    Malgré les habitudes
    Malgré la peur
    Etre espoir comme un défi
    Malgré l’oppression
    Malgré l’adversité
    Car être vivant est un défi.
    Par la suite j’ai vérifié que des problèmes viennent du monde environnant mais aussi de soi-même, et j’ai dû être doublement attentif.
    Finalement dans l’existence on rencontre beaucoup de dégâts, mais l’important est d’en ressortir grandi en en percevant un sens pour notre progrès personnel.
    Actuellement à la campagne j’observe fréquemment comment les plantes et les animaux réagissent aux difficultés en redressant ce qui a été tordu et en réparant ce qui a été abîmé, et c’est très encourageant de voir ce mouvement général de la vie.
    J’espère avoir été utile par ce petit témoignage et n’avoir pas gêné le déroulement de la réflexion.

    Répondre
  2. unjeunehomme

    J’ai vécu la même chose pour l’histoire du frère, et je ressens les mêmes émotions que celles décrites, j’ai 19 ans, j’avance plutôt bien dans la vie mais j’ai le même problème que toi avec la nourriture enfin disons que j’ai un problème de nourriture mais qu’il est totalement à l’inverse du tien je suis hyper phage, je mange j’ai des crises et je me mets à manger des quantités de nourritures plutôt énormes même si je viens de passer 4 mois à vide a perdre du poids (20kg). Je me sens coupable et perdu même si je sais que je ne devrais pas. Je comprends les répercutions que cela a pu avoir sur votre vie je n’ai vécu ça que d’une personne mais… c’est déjà suffisant alors de plusieurs… Ca me parait inimaginable à vivre. Je ne sais pas comment terminer ce commentaire donc je m’arrête ainsi.

    Répondre
    1. Jann

      Je pleure, je suis contente de vous lire et je suis heureuse de savoir que vous avancez plutôt bien dans la vie ; gardez bien cette phrase dans votre mental, vous avez 19 ans, battez-vous ! Oui, c’est vrai que c’est dur à vivre, c’est une souffrance qui colle à la peau ! Mais c’est notre passé, et on ne peut pas l’oublier ! Alors, moi, j’apprends à vivre avec ! J’avance doucement comme un enfant qui apprend à marcher et chaque jour je me découvre et chaque jour j’apprends ! J’apprends qu’il y a des gens merveilleux autour de nous qui sont prêts à nous tendre la main, et qui sont prêts à nous aider, j’apprends qu’il y a des jours de pluie et des jours de soleil ! J’apprends à aimer la terre et les animaux,tous les jours j’apprends et c’est si Bon d’Apprendre, alors si je peux me permettre : APPRENEZ ! Parce que, vous n’êtes pas coupable et tout comme moi, vous êtes une victime. Pourquoi vouloir terminer votre commentaire, il y a toujours une suite à un commentaire, donc, ne vous arrêtez pas, mettez simplement une virgule et CONTINUEZ, APPRENEZ…..

      Répondre
      1. unjeunehomme

        Mais c’est dingue à quel point enfin je n’arrive pas à le tenir pour responsable. Comme si toute ma vie était juste… du rien que tout ce qu’on me fait subir c’est que j’ai fais quelque chose qui à fait en sorte que ce soit à cause de moi. Je me bat chaque jour avec moi même vraiment comme une sorte d’auto thérapie, j’écris, je fais de la musique pour faire évacuer tout ça. Je suis ravi de voir à quel point vous aimez la vie. Je ne la déteste pas non plus. Et aussi le fait que j’aurai du mal à le dire à mes parents… Je ne pourrai jamais leur dire je ne pourrai pas leur détruire la vie a eux non plus même si ils sont loin de mériter mon mutisme… Mais ça fait tellement de bien, de savoir que quelqu’un est passé par les mêmes sentiments que moi de savoir que je suis pas seul, c’est la première fois que j’en parle vraiment et ça me fait bizarre d’en parler. Parfois tellement je me sens coupable, j’ai l’impression que toute cette histoire je l’ai rêvée, alors que je sais éperdument qu’elle est réelle. Merci de m’avoir répondu 🙂

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Oui, tout cela est parfaitement normal : votre ressenti « bizarre » comme l’impression d’avoir rêvé, alors que vous savez parfaitement que les choses sont réelles.

          On peut dire que le plus souvent, un enfant qui a été frappé par son parent préférera dire qu’il l’a mérité plutôt que de reconnaître la violence de son parent. C’est ainsi que la violence refoulée se perpétue de génération en génération.

          Il faut beaucoup de courage à un être humain pour affronter sa propre histoire et oser reconnaître, par exemple, que son parent a été tortionnaire ou incestueux. La plupart des personnes n’oseront jamais aller voir de ce côté et « préféreront » culpabiliser en se racontant des histoires à elles-mêmes. La plupart des personnes victimes d’inceste préfèrent penser qu’elles se trompent et prennent des antidépresseurs, jusqu’au moment où leur corps même se révolte*.

          L’accès émotionnel à la vérité de « ce qui a été » est la condition sine qua non de la guérison , donc de la paix possible avec « ce qui a été. » C’est parce que nous avons été habitués à être maltraités que certains d’entre nous ont beaucoup de mal à sentir qu’ils le sont encore aujourd’hui…

          N’oubliez pas que pendant notre enfance, nous ne pouvions pas vivre sans nos parents et que c’est la raison pour laquelle nous les avons idéalisés en nous convainquant qu’ils nous aimaient. Certains, bien plus tard, après l’enfance, continueront de ne pas oser reconnaître les faits « tels qu’ils se sont passés », sous prétexte de ne pas vouloir « faire de mal » à leurs parents.

          L’auteur de cet écrit, Jann a été très courageuse d’oser affronter sa propre histoire en l’écrivant. Comme elle – si vous le souhaitez – vous pouvez l’écrire, la sortir de vous-même et la faire figurer sur ce site anonymement. Cela doit venir de votre propre besoin.

          * A ce propos je ne saurai trop vous conseiller la lecture du livre d’Alice Miller « Notre corps ne ment jamais », paru aux éditions Flammarion.

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  3. Jann

    Comme le jeune homme dit vrai : « C’est dingue, comme ci que toute ma vie était juste, je n’arrive pas à le tenir responsable. »

    C’est vrai ! C’est ce que l’on ressent ! Et c’est ce qui fout notre vie en l’air !

    On se dit : C’est ça la vie d’adulte ! C’est ça la vie d’un homme ou d’une femme, mais c’est drôlement moche, JAMAIS ! je ne voudrais GRANDIR, et puis c’est LA FAMILLE, c’est notre modèle, c’est elle qui nous apprend, c’est elle qui nous protège, à travers sa culture et sa religion et puis les bandits, les fous, ils ne sont pas dans la famille ! Surtout pas ! Ils sont dehors ! C’est ce qu’on nous apprend à l’école ! « Ne pas traîner dans les rues le soir, rentrez bien vite dans vos foyer, etc. »

    Alors, où aller ? A 8 ans, on aime nos parents, nos frères et soeurs, on ne sait pas trop ce qu’ils font, on pense juste « Que c’est mal ! Que ce n’est pas bien ! Et à qui le dire ? »

    J’ai compris alors que c’est mon corps qui servait de bouc émissaire, je le maltraitais, j’ai mis quarante ans à m’en apercevoir !

    Avec vous Renaud, j’ai accouché de mon histoire et je me sens beaucoup mieux, et j’ai appris à être moi, les autres membres de la famille sont « Eux » et ils sont ce qu’ils sont, je ne suis pas obligée de les aimer, je ne suis pas obligée de les détester, mais MOI, j’apprends à m’aimer, OUI, parce que la vie est belle !

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  4. Anonyme

    Votre témoignage me touche beaucoup et il est clair que vous n’avez pas eu beaucoup de chance !! Moi aussi j’ai vêcu une expérience similaire à celle de votre frère mais elle a duré moins longtps c’était lorsque j’avais 6/7 ans et ma vie a basculé dès cet instant : je suis devenue introvertie , malade (j’ai déclanché une maladie neurologique), avec un gros problème vis à vis de la nourriture et de mon corps. Je n’arrivais pas à faire confiance aux autres et à moi même, je me suis coupé tout le pourtour des seins et je conserve encore des cicatrices. J’ai voulu me suicider lorsque j’avais 9 ans pour que tout le monde le regrette mais je suis très fière de n’y être pas arrivée !! Aujourd’hui jai 20 ans, je me sens beaucoup mieux, j’ai fait un gros travail sur moi car je ne pouvais plus vivre avec cela. Bizarrement, je ne m’en rappelais pas jusqu’à ce que je rencontre mon copain, que l’on fasse l’amour et que là les images reviennent peu à peu. Néanmoins aujourd’hui j’en ai très peu mais je fais encore énormément de cauchemards et des crises d’angoisse par moment très intenses notamment quand je me retrouve dans le noir et que je ne me rappelle plus que je dors à coté de mon copain ! J’ai encore l’impression d’être très grosse, très moche et dêtre incomprise dans ma famille car personne ne me croirait.

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    1. Jann

      J’ai lu ce message, c’est vrai, c’est trés dur de s’en sortir!
      J’ai un mari trés gentil, mais à chaque fois qu’il vaut me toucher, je me rétracte car le visage de mon frère apparaît !
      mais je fais l’effort avec mon mari, car il est mon mari et il n’est pas responsable de mon histoire!
      Avec lui, j’apprends à connaître la vie, à goûter à la vie toute simple!
      Avec lui , j’ai appris à pêcher et à toucher le poisson; J’ai appris à toucher un tas de chose que je ne touchais pas, parce que je trouvais toutes ces choses répugnantes, je touche maintenant la terre en jardinant, je mets mes mains et mes pieds dans la rivière, je touche maintenant la viande que je veux faire cuire, ce sont pleins de petites choses normales, ordinaires, mais pour moi, à chaque fois que j’arrive à Toucher , même à caresser un animal!
      pour moi ! c’est une bataille de gagner! OUI c’est comme celà que j’avance et c’est comme celà que je me réconcilie avec mon propre corps en n’ayant pas peur du, toucher!
      Car, c’est bien par là ,que nous avons été atteintes , c’est bien par le TOUCHER que nous avons été meurtries , c’est bien ce « toucher « qui a assassiné une partie de notre vie!
      mais nous sommes en Vie, parce que la vie est en nous , parce que nous aimons la vie, parce que nous respirons! nous arrivons à gérer nos angoisses !
      parce que nous respirons ! nous sentons la terre , la nature ! parce que nous respirons nous allons vers l’autre!
      OUI! nous gagnerons ! parce que nous respirons!
      Bien sûr ! qui croirait à notre histoire, surtout pas la famille!
      mais moi , Anonyme , je te crois , alors  » Respire! »
      et merci pour ton témoignage, celà fait du bien de savoir que je ne suis pas seule dans ce cas.

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  5. Anonyme

    Bonjour Jann.
    La lecture de votre histoire a été pénible, j’ai subi des atouchements de ma mère et d’un ami de la famile quand j’étais encore à l’école primaire, et avec mon père , il y a toujours eu des relations ambigües, c’était un regard, une ambiance, mais sans qu’il y est de passage à l’acte. J’ai essayé un jour de parler des attouchements de ma mère, mais c’est difficille, les gens acceptent d’écouter quand c’est un homme, ou même le père, mais de la part d’une mère, mon récit a été très mal accueilli, et il y a même un psy qui m’a parlé de souvenirs inventés. Merci d’avoir fait le don de votre histoire, c’est la première fois que je parle de moi de cette manière, avec des inconnus. Merci et je suis sûre que vous êtes heureuse, à présent, il ne peut pas en être autrement.

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    1. Jann

      Une partie de ma vie a été assassinée ! Mais je vis, alors j’apprends à m’aimer et à aimer.
      C’est Horrible de la part d’une mère ! Mais comment a-t-elle pu !
      Comment une maman peut-elle faire celà à son enfant ! Comment peut-on agir de la sorte sur un innocent enfant ! Sur son propre enfant ! C’est Monstrueux ! Et comment comprendre ? Et qui peut comprendre un tel acte ?
      C’est difficile de nous croire n’est-ce pas !
      Je me bats tous les jours pour apprendre à m’aimer et à aimer parce que je vis, je m’accroche beaucoup et je parle beaucoup à notre chère « mère nature » parce qu’elle est pleine de couleurs et remplis de merveilleux parfums. Je suis heureuse, même si la moitié de ma vie a été assassinée, même si des émotions en moi restent endormies, il me reste encore à vivre l’autre moitié, et cette « autre » je veux la vivre pleinement .
      Merci à vous de votre témoignage, de tout coeur avec vous.

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  6. Amanda.t

    Bonjour j ai lu votre histoire et j ai ressenti votre souffrance meme si moi je n ai pas vécue la meme chose , j ai douze ans , je sait je suis jeune pour lire ce genre de chose mais a huit ans un  » ami  » m a montré des images « pornographiques » me demandant de retirer mon maillot de bain … ses souvenirs qui resteront a jamais gravée en moi mais maintenant je voit un pédopsychiatre c est a cause de sa aussi que j ai eu des problèmes de poids mais maintenant je vais au collège je me sent bien meme si quand j y pense sa me rend triste j oublie et je continue ma vie j en ai parlée a mes ami(e)s et puis voila je me sent bien je me sent forte de l avoir dit a quel qu’ un et j encourage tout ceux a qui ont vécu quel que chose comme sa d en parler . j espere que mon témoignage aura servie a quel que chose !!!!!!!

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, merci pour votre témoignage, vous avez été et êtes courageuse d’oser parler de l’agression que vous avez vécue, et cela met en évidence non seulement votre force mais aussi votre confiance en vous-même.
      C’est toujours parce qu’elle se respecte, qu’une personne ose dénoncer les violences qu’elle a subies. Et nous avons le droit – chacun de nous – de nous respecter.

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  7. Marie

    Même cas, c’était mon frère qui a déclaré (ayant deux ans de plus que moi) vouloir passer à l’acte avec moi à l’age de 5 ans … j’ai passé la nuit avec ma mère prétendant avoir un cauchemars! j’étais sauvée … après klk années( et précisément à l’age de 14 ans) , il a osé passer à l’acte (me toucher les seins même étant habillée .. caresser son machin avec mes mains … mais je me suis enfuie (heureusement) .. je ne pouvais pas dire le NON mais je réagissait cela me rassure .. au moins je me suis dit que je suis une personne de bien … il n y a pas que mon qui abusé de mon corps, ils sont nombreux dans mon enfance ( soeur, voisin , professeur , un inconnu au bus) … a cahque fois que je me sentais menacée je m’enfuyais. ils n’osaient pas insister. Dieu merci . Actuellement à l’age de 25 ans je suis toujours célibataire et je n’ai jamais eu de petit amis.. je fais rarement confiance aux autres même a mes parents( que je culpabilise d’etre moins attentionnés a leur fille gatée et hyper active…. j’espere de tout mon coeur que ces experiences n’aient pas de mauvaises conséquences sur ma vie de couple (j’aimerais fondre une famille heureuse et sans complexe) . Merci pour votre lecture.

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  8. Linda

    je vous trouve incroyablement courageuse d’être passé à travers ces durs moments et de toujours savourer cette vie. Cette vie difficile mais toujours présente. Cette vie précieuse. Une chose à dire ; sans être égoiste, il faut que chaque personne sur cette terre soit consciente qu’il est l’être le plus important à ses yeux. C’est ainsi sinon, qu’on peut dégrader et tomber devant les autres.
    Je m’aime plus que vous. voilà, aussi simple et aussi difficile que ça. Je vous aimes beaucoup, énormément, vous comptez énormément pour moi mais je m’aime plus.

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  9. Anne Marie

    pfffff… je reste horrifiée en lisant un tel vécu…

    J’ai vécu l’inceste aussi : insidieux, pervers, me mettant dans la situation de « normalité » ; il me disait : « c’est normal cet apprentissage » ! C’était un « beau-père » .
    Je pense qu’il existe différents degré dans les horreurs de l’inceste suivant la parenté ? Je ne sais pas mais l’horreur est toujours là !
    J’ai pourtant écrit, crié mon histoire, très tardivement comme s’il me fallait attendre la mort de ma mère et de cet individu pour enfin dévoiler un tel secret ! (à 52 ans)
    Je ne suis pas certaine que nous guérissons des traces d’un tel vécu. Nous pouvons aller mieux, nous pouvons avancer autrement mais au fond de nous-même ne reste t-il pas un manque de cet enfance volée jusqu’à ce que nos yeux s’éteignent ?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui Anne-Marie, ce qui a été a été et les horreurs vécues resteront toujours des horreurs.
      Mais souvenez-vous que la façon dont vous vous situerez face à vos souffrances, la façon dont vous vous regarderez avec bonté plutôt qu’en vous accablant (comme le font par désespoir certaines personnes victimes de viols), déterminera votre capacité à survivre puis à vivre enfin.

      Et le jour où – ensemble dans une société – nous parviendrons à convenir qu’un être humain violé n’a (en réalité) rien perdu de sa dignité, un grand pas sera fait !

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  10. Jann

    Quand mes yeux s’éteindront,
    je serai Blanche Neige ! pure, innocente enfant , immaculée de blanc.
    De blanc je serai vêtue !
    Jann

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