Comment devenir soi-même ?

Auteur : © Renaud PERRONNET

Thèmes principaux :

Dessin de Philippe Gelluck

La révolte interdite, où comment ne plus avoir besoin d’être gentil pour aimer.

« Chaque être humain arrive au monde avec une fiche technique psycho-morphologique, le travail est de la découvrir et de l’accepter. »

Alain B.

« C’est en étudiant peu à peu les rouages de ce moi que vous pourrez peu à peu le rendre moins contraignant. »

Arnaud Desjardins.

  • Aimer, fusionner, être dépendant, se révolter ?
  • Se respecter, respecter les autres, être gentil, être soi-même ?
  • Une petite histoire pour se comprendre et tenter d’y voir plus clair…

Pendant toute son enfance, il avait tenté d’être à la hauteur de la demande de sa mère, très émotive et possessive. Elle n’avait cessé de lui demander d’être comme elle voulait qu’il soit et il avait essayé de se conformer à sa demande du mieux qu’il avait pu.

Il n’avait pas eu la chance d’avoir une chambre à lui comme ses camarades, et alors que, petit encore, il en avait fait la demande, il lui avait été répondu que cela n’était pas nécessaire car, dans la famille, il n’y avait rien à cacher puisqu’on s’aimait.

Le soir, ses parents tiraient le rideau qui séparait l’espace de son lit du salon, et il s’endormait, épiant leurs conversations. Il mettait ses chaussons perpendiculairement à son lit pour faire plaisir à sa mère ; en échange elle lui répétait qu’il était « un amour » et souvent, avant qu’il ne s’endorme, elle le serrait très fort dans ses bras en lui disant « tu es la chair de ma chair, tu es à moi. »

Tard dans son enfance, il la laissa le coiffer avec une petite frange qu’elle lui coupait régulièrement aux ciseaux, elle lui souriait en lui disant qu’il était mignon, il aimait cela et il croyait qu’il était heureux.

Elle jouait à la poupée avec lui en lui confectionnant elle-même la plupart de ses vêtements, et il la laissait faire, et il pensait qu’elle l’aimait puisque souvent elle le regardait avec les yeux remplis du désir qu’il soit à elle et lui répétait avec gentillesse qu’elle avait envie de le remettre dans son ventre pour le protéger.

Il aimait tant la voir heureuse qu’il avait donné son assentiment à ses désirs. Il était devenu son jouet ; quand elle frémissait d’angoisse pour lui, il frémissait d’angoisse avec elle et quand elle était heureuse parce qu’il était sage, il s’aimait sage et s’efforçait de le rester.

Il appelait cela aimer et ressentait ainsi le monde en ordre et en équilibre, (car il ne savait pas ce qu’était la dépendance.)

Il ne se doutait de rien, ne sachant pas encore que ses besoins propres allaient contredire cet amour fusionnel et idéal.

Pourtant de plus en plus fréquemment, des disputes éclataient entre sa mère et lui, et un soir, alors qu’il avait à peine une dizaine d’années, le drame explosa, terrible. A partir d’une dispute futile, il avait senti monter en lui une force incommensurable, qu’il n’avait pas pu maîtriser, et qui lui fit très peur. C’est alors qu’en pleurs et fou de rage, il avait osé lui lancer au visage « Maman, je te hais ».

Ca avait été plus fort que lui, il n’avait pas pu le retenir. Parce qu’il avait ressenti très intensément l’injustice qu’elle lui faisait subir, sa force de vie n’avait pas pu faire autrement que de relever la tête comme pour éviter l’asphyxie.

Sur le moment, il aurait aimé ne plus exister, ça avait été affreux pour lui, il n’avait rien pu contrôler et il s’était blotti tout au fond de son lit en sanglotant du plus profond de lui même. Il s’était excusé parce qu’il savait qu’il aimait sa mère et il sentait confusément que cet amour fusionnel le rendait d’autant plus impardonnable que, dans la fusion, le détachement est interdit. Comment avait-il pu ressentir une telle haine ? Il allait devoir payer cette « faute » pendant des années.

Sa mère l’avait regardé en lui disant qu’il était un monstre, et très vite il se prit pour un monstre parce qu’elle le lui avait dit. Et il sentit monter les preuves de ce qu’elle disait : il était égoïste, incapable d’amour, car s’il en avait été capable il n’aurait pas pu lui dire ce qu’il lui avait dit, il n’aurait pas pu lui faire subir tout ce qu’il lui faisait subir.

A force d’avoir refoulé ses besoins et ses désirs, un beau jour, ça leur avait sauté à la figure à tous les deux. Ils ne pouvaient comprendre ni l’un ni l’autre ce qui s’était passé puisqu’ils pensaient tous deux qu’ils s’aimaient. Comment, dans une famille heureuse modèle comme la leur, avait-on pu en arriver là ? Ses parents lui dirent que les paroles qu’il avait prononcées étaient graves, d’ailleurs n’avait-il pas failli au second commandement de Dieu : « Tu honoreras ton père et ta mère » ? Et il était parfaitement d’accord avec eux, il allait devoir se racheter et même expier. Il n’avait plus été ce qu’il devait être et il sentait bien qu’il fallait qu’il le redevienne, à n’importe quel prix…

Son père lui avait dit avec force qu’il fallait qu’il se tienne à carreau désormais. C’est ainsi qu’il apprit à avoir peur du regard de l’autre, et s’empêcha d’être en paix avec lui-même. Il se promit intérieurement de ne plus jamais écouter ce vent de révolte qu’il sentait parfois souffler à l’intérieur de lui. Pour faire plaisir à ses parents, son idéal devait être de devenir définitivement gentil et aimant.

Dans sa crainte de ne pas être ce que ses parents voulaient qu’il soit, il était devenu ce qu’il devait être mais qu’il n’était pas : un gentil garçon qui ne s’aimait pas.

Il s’était pourtant de nombreuses fois promené dans la nature et avait senti cet ordre parfait dans un désordre apparent. Les cerisiers produisaient des cerises, les chênes des glands et les lapins ne semblaient pas complexer à la vue d’un chevreuil ou rêver de devenir des oiseaux. Cela ne lui avait pas servi de leçon et il continuait de penser qu’il devait lutter contre ses tendances à respecter ses besoins, puisqu’il les interprétait comme un odieux égoïsme.

Il se préparait donc à payer sa dette, incapable de voir que l’amour – comme la vraie gentillesse – ne se commandent pas, puisqu’ils sont l’expression spontanée de la vie. Il creusait donc son propre enfer pour éviter d’y aller, ne sachant pas que nous allons toujours précisément là où nous voulons éviter d’aller parce que c’est à cet endroit précis que nous avons quelque chose à résilier.

Il n’avait pas conscience qu’il venait de créer le volcan sur lequel il resterait assis durant toute son adolescence et même beaucoup plus tard… le volcan de sa relation à celles qu’il aimait.

C’est ainsi qu’il apprit à passer son temps à décliner les différentes formes de la peur.

Sapeur du conflit par exemple, il ne fallait surtout pas qu’il la montre mais à l’intérieur de son ventre ça se rétrécissait sans cesse et plus il s’ingéniait à l’éviter, plus il s’y exposait. Evidemment il se mit à penser que la vie était injuste vis-à-vis de lui qui consacrait son énergie à tenter d’être « comme il faut ». Plus il se conformait, plus il devenait victime et plus il souffrait de cet état. Alors – parce qu’il n’osait pas dire « non » – il devint cynique et amer. Le plus souvent, il s’arrangeait pour être conciliant, diplomate et quand il ne l’était pas il s’en voulait terriblement. Au fond de lui-même, il lui arrivait de prier pour que son Dieu lui donne la force de ne plus être ce qu’il pensait qu’il était : un monstre d’égoïsme ; et parce que son Dieu était Amour, il restait sourd à ses appels. Il trouvait – secrètement – son Dieu injuste et il le maudissait, tout en s’en voulant de le faire.

Sa plus grande peur était de ne pas se sentir compris par ceux qui prétendaient l’aimer, la con-fusion lui était devenue nécessaire, il fallait que l’autre pense comme lui pour qu’il se sente aimé. Sa vie tout entière allait s’orienter autour de la persuasion. L’incompréhension était pour lui le summum de la trahison, le désamour, la preuve qu’il n’existait pas : elle réveillait en lui l’agressivité de son désespoir.

Sa vie devint un enfer intérieur, il assimilait la moindre défiance au rejet mais, par peur d’un rejet plus grand encore, il ne le montrait pas. Sans doute cela lui permit-il de préserver certaines relations qui auraient été invivables sans cela pour les autres, mais à quel prix !

Evidement il s’arrangea inconsciemment pour perpétuer son enfer puisque les mêmes situations dramatiques avec les mêmes types d’acteurs se perpétuent chez chacun de nous jusqu’à ce que nous les prenions en compte. Bien qu’il l’ait entendu dire, il était incapable de le voir chez lui puisqu’il en était dupe pour lui même.

C’est ainsi qu’il tomba follement amoureux de la femme de son meilleur ami, une femme qui, bien que sincère et passionnée dans ses sentiments pour lui, ne parvenait pas à rompre sa première alliance. Cette incapacité fut pour lui particulièrement cruelle car elle ravivait la plaie de son enfance : la croyance en l’amour fusionnel que sa mère lui avait fait vivre et qui le faisait souffrir.

Pendant des années ils vécurent un amour passionnel ayant pour rançon la déchirure qu’il ressentait quand il lui demandait de choisir et qu’elle ne le faisait pas. Là, il pouvait pleinement vérifier sa loi : « La femme que j’aime ne me comprend pas et je ne dois pas lui en vouloir car si je lui en veux, ce sera trop dangereux pour moi, je risquerai de tout perdre… comme avec ma mère… »

Avec une détermination d’autant plus héroïque qu’elle était aliénée, c’est-à-dire qu’elle s’exerçait contre lui, il a tenu, rendant perplexes ceux qui ne savaient rien de ce qui l’empêchait de mettre fin à cette situation. Car quand une relation nous étonne on nous semble inexplicable, c’est toujours parce que nous n’en connaissons pas les mécanismes inconscients.

Un jour, des années plus tard, à force d’épuisement passionnel, la relation à trois s’éteignit et il se retrouva enfin seul avec sa passion amoureuse, toujours victime de sa croyance initiale en l’amour fusionnel que lui avait inculquée sa mère.

Sa difficulté principale – son besoin de se faire comprendre – ne s’était bien sûr pas résorbée puisqu’il ne l’avait jamais battue en brèche, mise à l’épreuve. Elle allait continuer à interférer, donc à mettre une ombre inexplicable dans sa vie de couple alors qu’il avait obtenu de sa compagne ce qu’il souhaitait le plus au monde.

Il ignorait que tant que les fondements même de son amour pour elle n’avaient pas été remis en cause, l’amour véritable lui restait interdit.

Inéluctablement, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les seules discussions parfois vives qu’il avait avec son épouse étaient liées à son besoin inextinguible de toujours parvenir à se faire comprendre. En fait, il continuait de mendier l’amour comme un enfant parce qu’il ne savait pas encore que celui-ci ne pouvait que se donner. Parce qu’il mendiait, il était insatiable et ne pouvait vivre que l’amertume et l’ingratitude de ce qui ne sera jamais assouvi. Il reprochait intérieurement aux siens de ne pas le comprendre en faisant évidemment toujours extérieurement tout pour qu’ils ne se doutent de rien. Parfois la révolte grondait en lui par tous ses pores (comme le jour où il avait osé dire à sa mère qu’il la haïssait) mais il souriait ou tentait de le faire en demeurant « gentil ». Il persistait à ne pas comprendre son propre vécu, il s’étonnait de cette ombre profonde au tableau de « celui qui avait pourtant tout pour être heureux ».

Sa souffrance et son sincère désir d’aimer étaient les moteurs de son acharnement à comprendre, et peu à peu la vérité lui apparut.

Une fois il put écrire sur son cahier d’analyse personnelle : « Etre gentil est pour moi le moyen déguisé que j’emploie avec ceux que j’aime pour me faire aimer d’eux, parce que j’ai peur de ne pas être suffisamment aimable à leurs yeux. »

Il chercha à comprendre davantage et analysa sa propre histoire. Un beau jour, au détour de ce qu’il avait vécu comme une injustice flagrante de la part de son épouse, tout lui remonta en mémoire avec évidence.

Il découvrit, reconnut et nomma la nature de l’amour de sa mère – qui n’avait pu l’aimer que passionnée et fusionnelle. Surtout il découvrit le piège que cet amour avait été pour lui. Il sentit qu’il continuait encore de payer une dette contractée dans son enfance, à un moment où il était totalement otage du besoin de sa mère et de son désir de lui plaire.

Il prit également conscience qu’à cette époque, sa mère avait non seulement pouvoir de vie et de mort sur lui mais aussi qu’elle détenait le pouvoir de sa propre plénitude. Plénitude qu’il continuait de rechercher éperdument à travers sa relation à sa femme !

Dans sa vulnérabilité passée, il n’avait pas pu faire autrement que de prêter allégeance à sa mère… pour survivre en croyant qu’elle l’aimait.

Au fur et à mesure de sa progression dans cette découverte, il prit conscience qu’il n’avait plus besoin de porter systématiquement sur les autres un regard suspicieux ni de les critiquer. Il ne ressentait plus non plus le désir irrésistible d’être d’accord et conciliant avec eux. Parfois il osait le « non » et découvrait que loin d’être nié, il n’en était que plus estimé, comme un interlocuteur valable et respectable.

Le refus que l’autre parfois lui opposait n’était plus pour lui une inévitable déchirure pour laquelle il était prêt àpayer le prix le plus élevé, il apprenait à le gérer avec aise plutôt que d’en être la victime.

Il se respectait lui-même et peu à peu se détendait. Il souriait intérieurement en se voyant capable de dire ses goûts réels et il s’émerveillait d’attirer dans ses relations des personnes qui, quelques années auparavant, le mettaient mal à l’aise et que secrètement il avait jugées grossières et sans tact parce qu’elles osaient ce qui lui faisait si peur !

Parfois, cela accrochait avec certains qui n’avaient pas l’habitude de le sentir exister de la sorte car il n’est pas banal de voir un mouton bêlant se transformer en tigre rugissant. Il put assumer des conflits qui lui permirent – parce qu’il avait appris à se respecter – de respecter les autres. C’est ainsi qu’en se donnant la permission d’être lui-même, il donna aux siens, l’opportunité d’être davantage eux-mêmes. Le jeu implacable de l’annexion de l’autre prenait fin parce que les rivalités nées du besoin d’être reconnu s’étaient épuisées.

Il était devenu capable d’assumer les différences chez ses proches, sans avoir besoin de s’excuser ou de battre en retraite. Pour preuve, il sentit qu’il lui était possible de rester debout face à la mauvaise humeur, à la colère ou à l’injustice des siens sans se sentir ébranlé aux tréfonds de lui-même comme par le passé. Sa dépendance à sa mère s’étant apaisée, il ne ressentait plus le besoin de lui obéir, même à titre posthume . Il lui avait rendu sa liberté par rapport à lui et parce qu’il la lui avait rendue, il pouvait aujourd’hui l’aimer telle qu’elle avait été : mère à l’amour fusionnel. Sa dette était payée, simplement parce qu’il ne ressentait plus la nécessité de continuer de la payer.

Tout devint peu à peu lumineux, il comprenait des détails restés jusqu’alors inexplicables de ses propres comportements passés, avec le même plaisir que prend un joueur à enfoncer la pièce à l’exact bon endroit du puzzle.

Il avait cherché pendant des années ce qui était déjà sous ses yeux. Les choses s’organisaient dans sa tête, se mettaient en place dans soncœur, il se réconciliait avec lui-même.

Le jour où il fut capable de reconnaître à coup sûr, quand elle se manifestait encore, la principale « fausse loi » à laquelle il avait obéi une grande partie de sa vie :

« J’ai besoin de me faire comprendre donc de me justifier aux yeux de ceux que j’aime et je suis terrorisé à l’idée de ne pas y parvenir car – si je n’y arrive pas – ceux que j’aime seront cruels avec moi et je devrai le payer ma vie entière en tentant de me racheter. »

Il put alors écrire à la suite :

« J’ai le droit d’être moi-même sans devoir me sentir jugé par les autres.

Je n’ai donc plus nécessairement le besoin d’être compris par ceux que j’aime.

Ceux que j’aime ne m’en veulent plus.

Je n’ai donc plus besoin de leur en vouloir en retour.

Je peux donc les aimer en paix tels qu’ils sont. »

C’est ainsi qu’il apprit à ne plus demander à ceux qui l’aimaient davantage que ce qu’ils pouvaient lui donner. Il n’avait plus non plus besoin d’en faire trop pour eux, comme par le passé, c’est-à-dire de tenter de leur donner plus que ce qu’il pouvait.

Il apprit donc à leur donner ce qu’il pouvait leur donner.

Il sentait maintenant comme une évidence que pour ne pas risquer de tomber dans la fusion, aimer c’est se souvenir qu’on est deux, c’est-à-dire donner à l’autre autant le droit d’exister que l’on se donne à soi.

Ainsi ceux qu’il aimait, de jour en jour, lui semblaient plus humains donc plus proches. Sorti de la fusion, il était capable d’accueillir la différence qui lui permettait d’aimer. Plus il nourrissait son amour pour l’autre, plus il le respectait et plus il le respectait plus il découvrait que l’autre lui ressemblait.

En osant s’ouvrir aux autres, il s’ouvrait à sa propre confiance en lui, et plus il s’ouvrait à sa propre confiance, moins il ressentait la nécessité de demander aux autres de répondre à ses besoins. Il avait appris à s’aimer donc à aimer, c’est-à-dire à se donner.

Et il remarqua qu’à chaque fois qu’il ne se protégeait pas de l’autre, c’est-à-dire qu’il s’ouvrait à lui – en silence – l’impression d’être séparé de lui disparaissait pour laisser la place à la communion.

© 2006 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

———–

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Creative Commons License
Comment devenir soi-même ? est un article écrit par Renaud Perronnet, déposé et mis à votre disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivs 3.0 France License.

72 réflexions au sujet de « Comment devenir soi-même ? »

  1. Farouz

    Bonjour,
    J’ai subi une enfance et une adolescence avec de gros manques affectifs, ma mère ne me laissait pas être moi-même. Dès que je voulais prendre une initiative ou dès que j’avais envie spontanément de faire quelque chose, elle m’engueulait violemment en me laissant croire que ce que je pensais était mauvais. Elle m’interdisait toute sortie et ne m’a JAMAIS fait confiance.
    Je viens de prendre conscience récemment que je me pensais être quelqu’un de « mauvais », à qui on ne devait pas faire confiance. J’ai découvert cela en thérapie ce qui m’a fait pleurer en séance. Depuis que je suis rentrée de cette séance, je ressens un malaise, une tristesse comme si quelque chose devait encore sortir de moi mais je n’arrive pas à « trouver » ce qui me rend triste. J’ai envie de pleurer mais je n’y arrive pas. Comment réussir à se libérer de cette tristesse, comment laisser remonter ce qui veut venir à la lumière? Peut-être est ce cette prise de conscience qui me rend triste?
    Merci infiniment pour votre aide.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Ces larmes que vous évoquez sont très importantes, elles parlent de votre compassion pour la petite fille que vous avez été et qui en a tant besoin, mais elles ne sont qu’un début, le début de la prise de conscience émotionnelle de tout ce que vous avez si douloureusement vécu.
      Laissez faire, laissez oeuvrer les choses en vous, ne cherchez rien et faites confiance à votre thérapeute puisqu’à travers lui, les choses se dénouent peu à peu et que vous devenez plus lucide.
      Le chemin de votre libération passe par votre complète ouverture à tout ce que vous avez vécu. Prendre conscience que vous n’êtes en rien « mauvaise » comme vous l’avez cru, mais que vous êtes simplement blessée, n’est pas une petite affaire !

      Répondre
  2. louli

    C’est si vrai ! j’adhère et je diffuse le lien à mes précieux amis
    arriver à être soi est un long et périlleux chemin mais ça en vaut vraiment la peine

    Répondre
  3. Fumée

    Ma mère fut ce qu’elle est : une femme qui manquait de confiance en elle à tel point qu’elle a voulu générer des « petits » elle, mais en mieux.
    C’était une femme qui se montrait violente aussi, nous manipulait ma sœur et moi, et qui ne parvenait, bien sûr, pas à nous aimer comme il l’aurait fallu.
    J’ai eu une conversation avec mes parents dernièrement, je ne sais finalement pas si cela m’a apporté quelque chose. J’ai eu le sentiment que ma mère avait changé, s’était améliorée. Toutefois … Ma colère, ma rage, ma haine même, n’ont de ce fait nul besoin d’exister ? Je m’en veux alors de les éprouver …
    Mais pire que cela encore, cette haine, cette colère, ces sentiments négatifs qui me dévorent l’existence me pousse à faire du mal à mes proches amies, car de ce fait je suis donc jalouse de LEUR bonheur, de leur réussite … Si je ne peux être heureuse, alors personne ne le doit. J’ai l’impression qu’on veut me prouver à quel point je suis médiocre lorsque l’on me parle de bonnes choses leur arrivant, je les jalouse immédiatement, et je recherche dans l’une d’elle un modèle.

    Cela fait un moment que je ne cherche plus à leur plaire à tout prix, c’est légèrement moins marqué. En revanche dans ma vie professionnelle, ou ailleurs …
    Je sais, je suis encore dépendante de ce lien avec ma mère. Mais je n’arrive pas à trouver COMMENT en faire le deuil, comment m’accepter et avancer ? Je pense avoir des débuts, mais je ne peux pas continuer comme cela ; mes amies sont mes amies, et à force je vais les perdre.

    Comme pour tout le reste, en fait. J’ai tellement peur de … d’être rejetée, d’être ceci ou cela …

    Néanmoins je veux VRAIMENT me sortir de là. Je ne peux plus continuer ainsi, ces souffrances inutiles que j’impose aux autres et à moi-même entravent totalement mon évolution, le bonheur, la joie … Bref.
    Je ne sais pas vivre, je ne sais pas profiter de la vie ; je ne me connais pas et j’ai peur de moi, de ce que je peux imposer aux autres …

    Bref. Comment faire est ma question.

    Je tenais à dire aussi que je me retrouve beaucoup – trop – dans cette histoire. Cela me chagrine car j’ai conscience de mes propres défaillances. Passons.
    Bonne continuation, merci pour vos conseils ;

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Votre colère et votre rage proviennent de vos anciennes émotions refoulées, issues de la manière dont vos parents vous contraignaient à croire qu’en vous maltraitant ils vous aimaient.
      Oui, bien sûr, votre mère « fut ce qu’elle est », il n’empêche que « ce qu’elle est » a été la cause pour vous d’une immense souffrance qui conditionne jusqu’à aujourd’hui vos comportements avec vous-même et les autres et que tant que vous ne vous y serez pas confrontée, ces comportements se répéteront.
      En réalité la part jalouse de vous-même n’est que la part blessée qui aspire au bonheur et à l’amour, alors pourquoi lui en vouloir d’exister ? Elle ne fait que frapper désespérément à votre porte afin que vous lui ouvriez et qu’elle se sente enfin reconnue.
      Vous accepter, c’est commencer par oser vous ouvrir à cette part blessée de vous-même et ce travail est largement facilité par un accompagnement thérapeutique avec une personne capable de la reconnaître sans la juger, une personne de confiance.

      Répondre
  4. Fumée

    Bonjour, merci de votre réponse.
    Je cherche encore mes propres réponses et j’apprends de jour en jour. Mon plus grand défi étant de m’accepter, effectivement de considérer TOUS mes sentiments pour comprendre ce que j’ai pu vivre et la façon dont cela a conditionné tant de temps ma vie et mes comportements …
    Comme je ne VEUX PLUS être ainsi, que je refuse catégoriquement d’être encore dépendante d’anciens schémas et de leur obéir, de ne pas être capable d’avancer … J’y arriverai. Et la suite, on verra.
    Merci encore pour votre réponse

    Mme Fumée

    Répondre
  5. Zikos

    Ces pistes me semblent importantes pour moi mais je ne sais pas comment evoluer vraiment. Le rejet je pense lavoir surtout vecu avec les autres a l’ecole entre autres ( peut etre du a un handicap physique que jai , pttr autre chose je ne sais pas ) . Avec mes parents .. Ils mont aime , valorise (surtout sur mes performances , sport , scolaire etc.. Mais je me suis tjs senti enfant par contre distrait , dans la lune pr eux , jai tjs un peu ce sentiment parfois qui revient) .
    Mais je me rend compte que je joue un role sur lequel je compte pour etre fier de ce que je suis et pour etre aime des autres . Mes parents etaient tres stresses , irritables et critiques l’un ac l’autre, alors j’ai essaye de devenir qqn de zen en gros . Je fuis le conflit , je veux etre et apparaitre detache , aimant , different, au dessus de tout ca..je medite etc.. Lautre jour un labsus ma surpris , je me suis dis , tu dois renoncer a etre percu comme ca , et la jai pense:  » mais je ne vois pas pk les autres pourraient m’aimer sans ca.. » merci beaucoup si vous trouvez un moment pour repondre :)

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Savoir que vous jouez un rôle pour être aimé des autres est précieux dans la mesure où cela vous montre que vous n’êtes pas aimé comme vous êtes mais comme on veut que vous soyez.
      Le jour où vous déciderez d’être vous-même plutôt que de continuer d’être l’otage de ceux qui prétendent vous aimer, vous vous sentirez enfin libre !
      Pour le moment vous êtes un « bon garçon » conforme et soumis. Que se passerait-il si vous ne l’étiez plus ? Bien sûr, vous vous dites que les autres ne vous aimeraient plus.
      En réalité ceux qui ne vous aiment pas pour vous-même mais pour l’image que vous leur jouez ne vous aimeront sans doute plus. Mais qu’en sera-t-il de tous ceux que vous ne connaissez pas encore et qui vous aimeront tel que vous êtes ? Y avez-vous pensé ? Avec lesquels voulez-vous vivre ? Avec ceux qui vous apprécieront tel que vous êtes (avec vos qualités et vos défauts) ou avec ceux avec lesquels il vous faut – jusqu’à ce jour – être conforme ?

      Répondre
      1. zikos

        Aprés avoir un peu essayé, je ne sais pas si ce sont les autres qui me maintiennent là dedans ou si c’est simplement moi qui n’ai jamais eu l’idée de laisser tomber le masque et voir si les autres m’apprécient tjs. En tous cas, effectivement l’idée d’aller plus loin et « d’imposer » les choses qu’on ne veut pas changer me parait bien à essayer . Mais déja, j’ai l’impression qu’accépter l’idée que ma personnalité ,nue , sans artifice, puisse être appréciée, appréciable ..c’est nouveau ça . Et que ça ne soit pas contredit par les autres .. :) Enfin on verra bien la suite.
        C’est génial de pouvoir avoir un avis comme ça gratuitement, je vous remercie beaucoup pour moi et pour les autres qui bénéficient de votre aide chapeau ;)

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Hé bien en voyant les choses telles qu’elles sont plutôt qu’en les appréciant à travers vos peurs, vous découvrirez que vous serez apprécié par certains (mais bien évidemment pas par tous !)
          Bonne pratique.

          Pour aller plus loin, regardez ce diaporama :
          Ni bien ni mal

          Répondre

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