2 réflexions au sujet de « Le tour de passe passe de l’abuseur »

  1. Barbara L

    Parfois il n’y a même pas besoin de phrases d’accusation. Parfois l’adulte séduit l’enfant, se montre gentil tout d’abord, attentionné, l’enfant ne raconte pas à sa famille qui n’a aucune raison de s’inquéter (encore plus si les parents sont les abuseurs!), puis les gestes vont etre plus caressants, et si l’enfant rechigne l’adulte va l’apaiser, et progressivement l’enfant va refouler son rechignement, penser que ce n’est pas normal qu’il dise non à un adulte tellement, tellement gentil et patient et qui lui veut tellement de bien n’est-ce pas… et l’abus va avoir lieu, encore et encore, et l’enfant va même ressentir une excitation, voire du plaisir, et il ne saura pas du tout ou il en est car au fond de lui une voix persistera qui lui dira, non, non, je ne veux pas cela, je n’aime pas cela, mais il n’aura même plus à ce stade la force de la faire entendre, et puis quelle force face à un adulte? … et toute sa vie, il cherchera ensuite qui il est, en quoi croire, en lui ou seulement en ce que lui disent les autres, car sa voix a lui sa voix intérieure, n’a aucune importance puisque personne ne l’écoute, il n’a même pas le droit de l’écouter lui-non plus, elle n’existe pas.
    Il faut raconter et dire cela. Il faut que les enfants abusés, devenus adultes, non résilients ou partiellement, racontent ce clivage, ce déni de soi… parce que ce n’est pas suffisant de parler de morale, de règles, de viol, d’inceste, d’abus, de manipulation… tant que personne ne prend conscience du traumatisme que vit l’enfant abusé depuis le dire de l’enfant, en écoutant les victimes, pas simplement les faits racontés, mais ce qu’elles ont ressenti, vécu…
    Et puis dans un second temps, parce que le viol, la maltraitance physique sont plus facilement imaginables (visualisables) par la plupart des gens, dans un second temps un jour on parlera sans penser que c’est moins grave de l’abus mental, de la perversion, de l’enfant captif des mal-êtres de son entourage… ça prendra sans doute encore des années, plusieurs générations peut-etre. L’essentiel est de progresser.
    En ces jours de fêtes se voulant pleins de bienveillance, j’envoie plein d’ondes pleines d’amour à tous les enfants qui souffrent en silence, qui sont perdus, qui sentent que les choses ne vont pas mais n’ont personne vers qui se tourner, ne savent plus quoi penser, et vont pour beaucoup trainer ce boulet toute leur vie, à cause d’adultes pathogènes eux même victimes. Continuons à briser le silence et expliquer, pour éviter, agir, soulager, panser.

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  2. Sophie

    Quelle force dans votre pensée, Barbara! C’est pour lire ces mots qui soignent que je suis votre fil de réflexions, Renaud Perronnet.

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