Pourquoi faut-il reconnaître sa toxicité à l’oeuvre dans sa relation à l’enfant ?

(et comment aider les parents à sortir de leur toxicité ?)

« C’est en vivant avec des adultes épanouis que les enfants deviennent à leur tour des adultes épanouis, pas en se faisant bourrer leur petite tête de principes moraux par des hypocrites bien intentionnés mais inconscients. »

Lee Lozowick.

A la fin de mon article sur les parents aux comportements toxiques* que j’écrivais en mai dernier, je précisais :

« Pour que tous les membres d’une famille apprennent peu à peu à vivre ensemble dans le respect et l’amour, il leur faut ne plus avoir le besoin de se manipuler les uns les autres sous le prétexte qu’il est douloureux de reconnaître ses maladresses. »

Après avoir lu cet article sur la toxicité à l’œuvre chez certains parents, un homme de 50 ans m’a écrit :

« Lorsque mon père me faisait des reproches, me battait ou m’insultait, c’est-à-dire tous les jours, je me taisais, maintenant, je n’accepte plus aucun reproche, justifié ou non, et je m’autorise la colère, sauf que maintenant c’est complètement débile, démesuré et n’a plus lieu d’être, je suis en colère contre moi de n’avoir pas eu la force de réagir mais je fais payer aux autres ce que j’ai subi. »

On sait en effet aujourd’hui que les enfants victimes d’abus courent environ deux fois plus de risques que les autres de souffrir de comportements pathologiques à l’âge adulte.

Je constate régulièrement – dans les diverses formations que j’anime – que les personnes qui n’ont pas été respectées pendant leur enfance peinent à avoir des comportements sains et équilibrés avec les autres. Certaines, parce qu’elles ont été systématiquement rabaissées et humiliées, persistent à se considérer comme inférieures ou « petites » alors qu’elles sont adultes, parvenant, par exemple, très difficilement à oser mettre des limites à un supérieur hiérarchique inquisiteur et dominateur. D’autres partagent volontiers (à condition qu’on les écoute sans jugement a priori), qu’elles se sentent les premières victimes de leur agressivité qui leur « joue des tours malgré elles » dans la mesure où elles ne parviennent pas à s’adresser aux autres sans que le ton de leur voix ou le choix de leurs mots et de leurs comportements ne trahissent la manière dont – il y a parfois bien longtemps – elles-mêmes ont été forcées de prendre l’agressivité et la violence de leurs éducateurs toxiques pour de l’amour.

On sait qu’il existe une plus forte probabilité d’être maltraitant chez les personnes qui ont été maltraitées, même si cette probabilité reste relativement faible (entre 5 et 10 %) selon l’étude du psychologue Jacques Leconte dans son dernier livre « La Bonté humaine. Altruisme, empathie, générosité. » (Editions Odile Jacob, 2012.)

Le mécanisme de la mauvaise foi du parent toxique :

Encore faut-il que nous nous entendions sur le concept de maltraitance. Comment celui qui n’a pas été éduqué au respect de l’autre pourrait-il se reconnaître lui-même comme maltraitant ? Ceux qui estiment a priori qu’une baffe n’a jamais fait de mal à personne ne peuvent pas reconnaitre qu’ils sont maltraitants, de même, en sont incapables ceux qui sont toujours prêts à justifier leurs actes en disant que les autres les ont poussés.

C’est ainsi que les parents aux comportements toxiques ne peuvent que difficilement savoir qu’ils sont toxiques puisqu’ils tiennent le plus souvent un raisonnement imparable qui les empêche de voir la réalité en face : ce sont leurs enfants qui sont responsables de leurs comportements.

Ils valident par là l’éternelle formule justificatrice des violences relationnelles entre individus : « Tu me pousses à bout, si je te frappe, tu l’auras bien cherché ! ». La locution maltraitante « Qui aime bien, châtie bien. » sert à déculpabiliser à bon marché les comportements les plus toxiques de certaines personnes incapables de se regarder en face.

Si cet enfant s’est pris une baffe, c’est de sa faute, et nous n’avons pas à craindre d’affirmer qu’il l’a cherché, comme si un être humain autre qu’un masochiste pouvait désirer la maltraitance. Dans d’autres contextes, certains pensent aussi que si cette fillette s’est fait agresser sexuellement, ce ne pouvait être que de sa faute, qu’elle l’avait certainement cherché elle aussi par son attitude ambiguë.

Quand un être humain n’a pas le courage de se sentir responsable de ses propres comportements (de ses propres erreurs), il culpabilise et tente par un habile tour de passe-passe (pour se protéger) de retourner la relation en affirmant « c’est pas moi, c’est l’autre ! ». Je me souviens de cet intéressant slogan de la Prévention Routière voici quelques années : « Sur la route, pourquoi disons-nous toujours que c’est de la faute des autres ? »

Certains parents au comportement toxique n’hésitent pas à en faire davantage encore. Ils expliquent : « Oui les enfants ont le chic pour énerver les adultes et les mettre à bout, surtout quand les parents sont fatigués »

Incapables de voir que la formulation « les enfants ont le chic » est injuste, car les enfants n’ont le chic de rien, ils sont « comme ils sont » (c’est-à-dire des enfants), et s’il n’y avait pas cette sensibilité particulière à l’énervement, cette fatigue, ce terrain propice à la toxicité chez le parent, ils ne seraient les déclencheurs de rien du tout.

C’est ainsi que certains soutiens aux « pauvres » parents toxiques, sous le prétexte de ne surtout pas vouloir prendre le risque de les culpabiliser, leur expliqueront que leur agressivité est « normale » puisqu’ils sont fatigués ou qu’ils n’en peuvent plus, confondant en un tout mortifère le « normal pour eux » et le « normal pour l’enfant. »

Ces parents, devenus incapables de se regarder suffisamment objectivement pour constater le mal qu’ils font à leurs enfants, s’accommoderont ainsi de leur toxicité en la justifiant à bon marché par leurs soucis incessants, le stress de la vie quotidienne ou tout simplement le temps qu’il fait.

Comme d’habitude, nous sombrons dans l’injustice et la confusion quand nous ne sommes pas lucides avec nous-mêmes et les moyens que nous utilisons pour nous dédouaner, nous déresponsabiliser, vis-à-vis des autres.

C’est pour cela qu’il faut répéter inlassablement que la cause de l’agressivité du parent au comportement toxique se trouve bien à l’intérieur de lui et que tant qu’il n’en aura pas pris conscience, il ne pourra pas sortir de sa toxicité. Comme Alice Miller l’écrivait : « Nous ne pouvons pas nous libérer d’un mal sans l’avoir nommé et jugé comme un mal. » Elle dit « nommé et jugé ». Il y a donc du bien à nommer et juger le mal comme un mal, n’en déplaise à ceux qui en culpabilisent parce qu’ils ont peur de le reconnaître. Pour espérer se débarrasser de sa propre agressivité contre son enfant, un parent doit donc commencer par la reconnaître comme indésirable, donc la juger comme un mal.

En voulant éviter à tout prix la culpabilité aux parents toxiques, sous le prétexte (vrai) qu’elle est un poison, on empêche la prise de conscience de l’erreur qui est le seul point de départ du possible changement de comportement.

Pourquoi devrions-nous culpabiliser de commettre des erreurs ?

Le métier de parent n’est certes pas facile parce qu’il nous met sur la brèche et nous force à nous mettre en cause alors que nous prétendons aimer nos enfants. Mais pourquoi devrions-nous complexer d’avoir des problèmes ? En quoi serait-ce culpabilisant d’en avoir ? Devons-nous nous sentir culpabilisés par notre médecin quand il nous dit que nous sommes malades ? Pourquoi le fait d’avoir un problème relationnel avec notre enfant (comme avec quiconque d’ailleurs) devrait-il être culpabilisant ?

En fait culpabiliser ce n’est pas constater son erreur (parce que constater son erreur est parfaitement sain), c’est se la reprocher en pensant qu’on aurait dû ou pu se comporter différemment et ce sont là deux choses bien différentes*.

La qualité d’être de l’aidant :

Aider, une personne, c’est l’accompagner dans le fait de voir où elle se trompe, de manière à ce qu’elle cesse de se tromper, donc qu’elle agisse conformément à ce qu’elle veut pour elle. Dès lors, aider un parent qui prétend aimer son enfant, c’est l’accompagner afin de lui permettre de voir au grand jour la manière dont il s’y prend pour faire du mal à son enfant tout en prétendant l’aimer. Et cela demande tact et doigté à l’aidant.

En fait la question est moins « Comment l’aidant doit-il s’y prendre ? que « Quel doit être son niveau d’être ? »

Si Carl Rogers* nous enjoint de nous poser honnêtement la question « Puis-je arriver à être d’une façon qui puisse être perçue par l’autre comme étant digne de confiance, comme sûre et conséquente au sens le plus profond ? », il en est une autre plus redoutable pour l’aidant, qu’il énonce de la sorte : « Ma sécurité interne est-elle assez forte pour permettre à l’autre d’être ce qu’il est (sincère ou hypocrite, infantile ou adulte, désespéré ou présomptueux) ? » autrement dit dans le contexte qui nous préoccupe : suis-je moi-même en tant que parent et aidant, suffisamment lucide dans ma relation à mes propres enfants, pour pouvoir accueillir le parent au comportement toxique avec sa culpabilité ? Ou ma propre culpabilité, ma propre colère et/ou mon propre énervement vont-ils me contraindre à m’ériger en aidant qui excuse plutôt qu’en aidant qui comprend et accueille ? Dans quelle mesure mes émotions personnelles risquent-elles d’interférer dans la relation, par exemple à travers ma crainte personnelle que le parent au comportement toxique que j’accompagne culpabilise de ses maladresses ?

Quand des parents sont amenés à avoir le désir de comprendre la motivation de leurs actes vis-à-vis de leurs enfants, c’est bien parce que – confusément – ils ne les sentent pas justes. Dès lors leur culpabilité est bien la manière floue et toxique pour eux dont s’exprime leur confusion. Cette culpabilité n’a donc pas à être niée (par le soi-disant pouvoir de l’aidant à qui ils en font part), mais au contraire à être simplement accueillie avec empathie par celui où celle en qui ils ont mis leur confiance.

Il est essentiel que le travail de déculpabilisation soit fait par celui qui culpabilise plutôt que par celui qui l’écoute. Et s’il est fait par celui qui l’écoute, cela parle – en fait – de son besoin personnel de se protéger devant une émotion qu’il est incapable d’accueillir parce qu’il en est encombré. Pour accompagner l’autre dans sa délivrance, il faut s’être préalablement délivré soi-même. Si accompagner un parent toxique, c’est lui permettre de rencontrer ses pires difficultés, il n’est pas possible de l’accompagner si l’on craint quelque chose pour lui.

C’est pour cela qu’Alice Miller constate que beaucoup de thérapeutes bloquent (sans en avoir conscience) leurs clients en les empêchant d’accéder à leur vérité sous le prétexte de les aider, et qu’elle nous encourage à trouver un « véritable thérapeute » c’est-à-dire une personne qui aura déjà réussi à faire avec elle-même ce qu’elle se propose de faire avec les autres.

Fuir ses monstres c’est leur obéir, s’y confronter c’est se donner la possibilité de découvrir qu’ils sont en papier. Il est impossible d’accompagner l’autre, c’est-à-dire d’être avec lui, au moment où il se confrontera à ses propres monstres, sans s’être préalablement et personnellement confronté aux siens et c’est ce travail préalable qui permet la qualité d’être d’un aidant.

L’accompagnement c’est la reconnaissance de « ce qui est » :

Accompagner n’est pas une petite affaire qui se limiterait à mettre l’autre en garde de ne pas culpabiliser (ou à dire à l’autre qu’il a fait ce qu’il a pu et que ce n’est pas bien grave). Accompagner un parent c’est être là avec lui pour le meilleur comme pour le pire et sans éviter le pire. L’acceptation inconditionnelle du parent aux comportements toxiques passe par le fait d’évaluer avec lui objectivement ce qu’il fait. Il ne s’agit pas de lui faire les gros yeux mais de lui parler avec respect et compréhension et sans aucune compromission, sans aucun laxisme : oui, regardons ensemble, là, cette attitude (l’attitude qui est la vôtre), est bien source de souffrance pour votre enfant. Oui, parents, vous avez des problèmes dans votre relation à vos enfants, et ce qui est grave c’est que vous ne le savez pas et que plus de 80 % d’entre vous battent encore leurs enfants.

Sur un forum qui a pour thème « J’ai frappé mon enfant », un père partage : « Ce soir il est chez sa maman. Il devrait quand même venir passer un moment chez moi, car je souhaite discuter à froid de ce qui s’est passé ce matin avec lui et m’excuser tout en expliquant que la colère est un incendie qu’il a lui même allumé. » Comment cet enfant pourra-t-il entendre les excuses de son père tant que ce dernier continuera de lui dire qu’il pense que c’est lui qui a allumé l’incendie ?!

Tant que les parents toxiques ne veulent pas prendre l’entière responsabilité de leurs actes et de leurs comportements, ils ne pourront pas guérir les blessures de leurs enfants. Une parole d’un parent responsable est donc la parole d’un parent qui prend la responsabilité de ses actes en totalité : si je t’ai frappé, ce n’est pas parce que tu as fait quelque chose de mal (comment le mal pourrait-il soigner le mal ?) mais bien parce qu’il y a de la violence en moi, et je ferai – à partir de maintenant – tout ce qui est en mon pouvoir pour que cela ne se reproduise pas. Si cette parole est réparatrice pour l’enfant, c’est à la fois parce qu’elle est vraie et parce qu’elle est totalement déculpabilisante pour lui.

Certains parents aux comportements toxiques expliquent qu’il ne leur est pas toujours possible d’aller contre ce que qu’ils sont et ce qu’ils ressentent. Dans la confusion qui est la leur, ils confondent la maîtrise de soi-même avec le refoulement de ce qu’ils pensent et sont. Dans leur impuissance et leur solitude, ils croient que de se nier peut être une solution à leurs difficultés.

Il n’est jamais juste d’expliquer à son enfant que si on s’est énervé ce n’est pas de notre faute. Etre un parent aimant c’est prendre toute la responsabilité de ses actes parce qu’aimer son enfant c’est être moins sensible à sa propre culpabilité qu’aux souffrances de celui-ci, et je sais que cela peut être difficile à entendre.

Certains parents ou accompagnants au comportement toxique prétexteront une « sainte et légitime colère », sous le prétexte, par exemple, que la colère est une émotion utile et qu’elle est à l’origine de beaucoup de révolutions. Dans leur confusion, ils ne voient pas que si la colère est une émotion utile et nécessaire pour se défendre, c’est leur toxicité qui leur fait confondre se défendre et attaquer. La colère est aussi à l’origine de beaucoup d’horreurs, principalement quand elle attaque sous le prétexte de se défendre et se transforme ainsi en violence. N’avons-nous pas plus besoin de ponts que de murs dans notre relation à nos enfants ?

Trop souvent le parent toxique, contraint par ses propres démons, ne parvient pas à ce discernement, à cette clarté bienfaisante pour l’enfant, comme ce parent qui explique sur un autre forum : « J’ai toujours expliqué à mes enfants que la famille était un petit Etat qui pouvait être « policé » ou « policier » selon que les membres de la famille étaient respectueux des règles ou bien se mettaient en dehors de celles-ci en permanence créant un climat de défiance propre à la mise en place de contrôles et de sanctions policières et parentales. Une évidence qui échappe à la logique des ados. »

Il est facile de manipuler un adolescent en lui faisant croire dans un moment de tranquillité que nous avons le choix entre être policé ou policier. Or la nature aimante de la relation parent enfant se révèle au moment même où le parent, ayant justement le pouvoir de se conduire en policier, renonce à ce pouvoir (à ce rapport de force) pour lui préférer le respect et la compréhension.

L’indien Yaqui Don Juan Mathus enseigne ainsi à Carlos Castaneda : « Ceux qui t’entourent ne sont pas en tort parce qu’ils ne peuvent s’empêcher de se conduire comme ils le font. Tout est en fait de ta faute, parce que toi, qui peux t’en empêcher, tu préfères au fond les juger. »

Qui d’autre que le parent – dans la relation parent enfant – peut renoncer à ses jugements et à ses comportements dominateurs par amour pour l’autre ?

Les dernières recherches menées depuis une trentaine d’années nous montrent que l’enfant est par nature un être en développement qui dès son plus jeune âge manifeste des comportements d’entraide et de reconnaissance sans les avoir appris des adultes. Il convient donc d’accepter l’idée que l’enfant devenu sournois et menteur est un enfant qui a été contraint de le devenir sous la coupe d’un parent toxique. Dès lors, toute la dignité du parent réside dans le fait qu’il reconnaisse enfin sa maladresse, son erreur ou sa toxicité. Pourquoi préférons-nous juger nos enfants plutôt que de simplement reconnaître qu’ils sont des enfants et que nous nous laissons souvent bien trop facilement aller à l’agressivité à leur égard – parce que nous rentrons fatigués, que nous n’avons pas envie de jouer avec eux, que leurs cris et leur enthousiasme nous hérissent, en un mot qu’ils ne se comportent pas comme nous aimerions qu’ils se comportent : sagement, posément, attendant patiemment que nous soyons disponibles à eux (des comportements d’adultes responsables !) ? Sommes-nous à ce point las de vivre avec eux que nous ne pouvons que les manipuler plutôt que de nous assumer devant eux avec amour ?

En conclusion :

La pleine reconnaissance des erreurs et maladresses est toujours libératrice parce qu’elle réconcilie avec soi-même, qu’elle rééquilibre. C’est au contraire la pitié de soi-même issue de la peur d’assumer ses actes comme ses paroles qui enferme les êtres dans une culpabilité mortifère – destructrice pour eux-mêmes et pour la relation.

S’intéresser de très près au mécanisme de sa propre toxicité est juste et nécessaire. Toute personne ayant des comportements toxiques a sa propre raison de les avoir, mais tant qu’elle n’a pas reconnu et assumé sa toxicité, elle ne peut pas en devenir responsable, le changement lui devient donc interdit et pendant ce temps-là… les enfants trinquent d’autant plus qu’on leur fait croire qu’ils sont responsables du comportement de l’adulte.

S’il est possible, pour un ex enfant maltraité de devenir un parent aimant, ce ne peut être que parce qu’il aura préalablement objectivement reconnu l’aberration de ses comportements agressifs pour l’enfant.

Il est donc capital pour un parent d’oser se confronter à ses comportements toxiques non pas pour en culpabiliser, mais pour en devenir responsable puisque la reconnaissance de sa responsabilité est à l’origine du changement possible de ses comportements. Cette lucidité, cette propension à « oser voir en face les choses telles qu’elles sont », est en effet le point de départ d’un changement réel pour le parent qui veut briser la malédiction des générations précédentes. Le reste n’est que du bricolage qui conforte et justifie l’ego totalitaire et tentaculaire du parent toxique en le légitimant dans ses émotions et ses comportements les moins adaptés : l’agressivité et la violence.

De même qu’il existe des parents qui pensent que leurs enfants « cherchent » des claques, il existe des parents qui pensent éduquer leurs enfants quand ils les battent systématiquement. Eve Ricard dans son ouvrage La Dame des mots (Editions NiL, 2012), raconte : « Ils donnaient à leurs enfants des baffes à leur dévisser la tête, et quand on leur a dit : « Vous ne devriez pas frapper vos enfants », le père a répondu : « Mais je ne les frappe pas… je n’ai pas de bâton ! »

Tant que les parents n’oseront pas reconnaître leur toxicité en face, nous continuerons de vivre dans un monde suffisamment flou pour que l’humiliation, l’agressivité et la violence continuent d’être présentés comme des moyens éducatifs.

Il existait des cultures traditionnelles pour qui le simple fait de toucher un enfant représentait un interdit infranchissable. Il se trouve que la nôtre (en tous cas en France) a perdu cette dignité-là et que l’ayant perdue, ses membres se retrouvent à tenter de justifier des actes qui ne peuvent pas l’être. Bien sûr que si ces actes ne peuvent pas l’être, ce n’est pas pour autant que ceux qui les commettent ne peuvent pas être compris.

Parents toxiques, nerveux ou fatigués, plus votre égocentrisme sera prégnant, plus votre morale vis-à-vis de votre enfant sera relâchée. Ne culpabilisez pas de votre toxicité, osez plutôt regarder en face les regards apeurés de vos enfants, puis osez vous ouvrir à ce que cela vous fait. C’est en osant pleinement le ressentir que vous trouverez une réponse alternative à votre toxicité, une réponse aimante, gouvernée par la finesse de votre ressenti et de votre amour.

Notes :

© 2013 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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39 réflexions au sujet de « Pourquoi faut-il reconnaître sa toxicité à l’oeuvre dans sa relation à l’enfant ? »

  1. Jéromine

    Merci cher monsieur pour cet article salutaire. On se demande pourquoi dans notre pays l’éducation « avec une bonne baffe de temps en temps, hein, ça peut pas faire de mal » perdure comme ça ; alors qu’on sait très bien que pour le développement de la personne, chaque coup porté, compte de manière désastreuse. Mais le déni de cette souffrance est bel et bien là et se transmet de manière générationnelle. J’essaie comme vous, dans mon boulot d’enseignante, d’éveiller les consciences sur ce fait. J’enseigne à des jeunes de 18-20 ans qui seront un jour parents et à qui on parle peu souvent d’éducation. Après, ils se débrouillent comme ils peuvent avec souvent dans les poches un gros silence sur ces questions taboues et sensibles comme ont le voit dans vos courriers. Bien cordialement Jéromine

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  2. Laure

    Pour ma part ce fut tout a fait cela , une mère toxique et maltraitante au possible qui plus est n’avait de cesse de me faire passer pour l’enfant démoniaque et qui dressait un tableau de moi immonde au possible a qui voulait l’entendre . J’ai vécu un enfer jusqu’à 17 ans où je suis partie sur Paris et où enfin ma Vie a commencé , oui j’ai commencé a vivre a 17 ans . Depuis cette libération , ma vie se déroule au mieux , bien sûr avec tout le courage que cela nécessite , avec tout le travail thérapeutique que cela suppose …et la ferveur de balayer , de désactiver les blocages que sa toxicité a pu entraîner dans Ma Vie .

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  3. Brigitte

    « Pour moi, ce sont avant tout des enfants… »

    Madeline, notre fille cadette, est décédée à l’âge de 22 ans. Son décès m’a bouleversée et je voudrais vous relater ce que cet évènement m’a appris sur l’éducation des enfants. Voilà…
    Cette phrase « Ce sont avant tout des enfants », qui résume vraiment son attitude intérieure vis-à-vis des enfant poly-handicapés qu’elle a accompagnés pendant un stage de 3 semaines, a fait la différence avec d’autres postulants à l’emploi proposé dans un IME (Institut Médico-Educatif), pour apprendre le difficile mais beau métier d’AMP (Aide Médico Psychologique) en alternance. A l’issue du stage, le directeur l’a reçue dans son bureau :

    Le directeur : « Alors, Madeline, que penses-tu de nos petits malades ? »

    Madeline : « pour moi, ce sont avant tout des enfants »…

    Il faut dire qu’elle savait de quoi elle parlait. Née prématurément et souffrant d’une maladie génétique, elle s’est battue avec courage et détermination malgré plusieurs opérations,malgré 3 maladies auto-immunes qui se sont déclarées à 12, 16 et 18 ans et qui ont eu raison de sa vie alors qu’elle avait 22 ans. Mais sa courte existence résume très bien cette maxime de Sénèque, le célèbre philosophe romain : « La vie ressemble à un conte. Ce qui importe ce n’est pas sa longueur mais sa valeur ».

    Son départ a été cruellement ressenti par les enfants dont elle s’occupait avec amour et dévouement depuis 18 mois. Pourtant ceux-ci ne sont pas « sensés » se rendre compte, comprendre ou ressentir quoi que ce soit, vu « leur état ». Des témoignages nous sont parvenus des autres soignants et de parents : l’amour qu’elle leur portait était réciproque et son départ laissait un vide. Madeline disait souvent qu’elle se sentait privilégiée de pouvoir, entre les repas et les soins, les embrasser, les bercer, jouer avec eux, chanter ou jouer d’un instrument de musique, promener ces petits ou plus grands enfants. Elle se sentait très concernée et touchée quand l’un d’eux, ayant fait un malaise, était transféré à l’hôpital ; je me souviens d’une fois où j’ai exprimé mes doutes : « mais cela ne serait-il pas mieux pour ce petit et sa famille qu’il meure ? pourquoi s’acharner à le réanimer alors qu’il n’a aucune joie dans sa vie ? ». Quelle ne fut pas sa colère et son indignation : « mais il connait des joies ! il sait rire et se réjouir ! il connait des peines et des découragements, des frustrations et des colères ! que savons-nous de ce que vivent ces enfants qui ne peuvent communiquer que par leurs yeux et que seuls ceux qui sont très attentifs à eux comprennent ? ». Je me suis sentie honteuse, car bien sûr elle disait vrai, et elle parlait depuis son cœur.

    Madeline est pour nous un exemple de courage et de persévérance. Son départ de cette vie terrestre a été un choc pour sa famille et ses amis mais le chemin magique du deuil nous a permis de grandir et de constater que les liens d’amour ne meurent pas. Parce que le choc fut terrible mon cœur s’est ouvert largement et j’y ai trouvé les regrets de n’avoir pas été avec elle plus « sincèrement et complètement compatissante » et de n’avoir pas pu lui témoigner tout l’amour que j’avais pour elle. Pour son bien, croyais-je, je devais être forte, la pousser à avoir une scolarité et une vie normales, être ferme et exigeante. Je pensais alors que mes raisons étaient louables et j’étais sincèrement mue par de bonnes intentions. Et puis, il y avait sa sœur, son père, la maison et le travail !

    Quelques fois, quand j’allais l’embrasser dans son lit, elle regardait intensément mes yeux à la recherche de mes sentiments sincères et me disait : « maman, tu pleures ! » alors que mes yeux étaient secs. Je regrette aujourd’hui de n’avoir pas plus favorisé, par ma disponibilité et mon écoute, l’expression de ses pleurs et de ses peurs (quant à ses maladies, leurs implications et conséquences, à ses frustrations devant les régimes, à ses interrogations sur son avenir…). Mes propres peurs m’en ont empêché, ainsi que mon éducation, mes programmations internes etc. Oui je regrette de n’avoir pas « simplement » pleuré avec elle (ce qui ne veut pas dire sur elle, ou pire, sur moi) ; je craignais que cela ne diminue sa force de vivre et d’agir. Oui, j’avais terriblement peur. Peur aussi que si je lui montrais mes sentiments pour elle, elle baisserait les bras. Aujourd’hui je sais qu’il n’en aurait rien été, bien au contraire.

    J’ai appris que la vie est courte, quelque soit l’âge auquel nous la quittons. J’ai appris le poids des regrets et ils sont lourds à porter, malgré l’aide de thérapeute et d’amis sincères. J’ai appris aussi que les parents ont besoin d’aide ! c’est un lieu commun de dire qu’il n’y a pas de formation pour devenir parents et que c’est le plus beau métier du monde… mais je voudrais vous convaincre ici qu’il y a des choses à faire : avec l’aide d’un thérapeute compétent vous pouvez soigner vos propres blessures d’enfants pour en être libre et pouvoir écouter l’élan de votre cœur aimant de parents, vous pouvez vous souvenir que votre objectif principal quand vous les avez fait naître était de les rendre heureux.

    Cet objectif est souvent oublié, enfoui sous le poids de la vie professionnelle, de couple, des soucis quotidiens, de la fatigue, des frustrations. Mais un enfant est avant tout un enfant qui a besoin et qui mérite de connaître notre amour pour lui, qu’il soit malade, turbulent, énervant, désobéissant, bref, un enfant ! Les accepter tels qu’ils sont, comprendre qu’ils sont uniques et forcément différents de nous, avec leur propre vie à conquérir qui ne peut pas être celle que nous avons rêvée pour eux. Et je complète en disant que cela ne signifie pas qu’il faille abdiquer de notre rôle d’éducateur, de guide, mais ça c’est une autre histoire.

    Avant qu’il ne soit trop tard, vraiment trop tard, souvenez-vous de votre amour pour eux. Et souvenez-vous : ce sont avant tout des enfants, vos enfants.

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  4. Laure

    Merci Brigitte pour ce beau témoignage au delà des mots que nous laisse Madeline , merci à vous de nous le partager et de transmettre ainsi cette puissante leçon de vie .

    Gratitudes ,

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  5. Agnès

    Comme cet article me bouleverse! Il arrive « par hasard » à un moment où je commençais à perdre courage. Je suis maman de 2 petites filles. La grande a 5 ans et mon bébé aura 1 an dans quelques jours. Et j’ai réalisé il y a quelques temps la toxicité de ma relation avec ma propre mère. Mais mon véritable problème réside dans le fait que je me vois reproduire les mêmes schémas dont j’ai pourtant souffert avec ma grande. Il m’arrive de m’emporter et je le regrette amèrement à chaque fois. De général, je prends le temps de présenter mes excuses à ma fille et de lui dire qu’elle n’est en rien responsable du comportement de maman. Que c’est maman qui a du mal à gérer ses émotions. Et c’est plus qu’évident pour moi que le problème vient de moi et non de mon enfant! Bien sûr que non, elle ne veut pas mettre sa maman en colère! Comment faire donc pour mettre définitivement un terme à mes propres comportements ? Vous dites que le premier pas est la prise de conscience de notre toxicité. Et je suis d’accord mais ce n’est pas suffisant. Comment agir pour ne plus refaire ces erreurs?

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  6. Marina

    Bonjour,

    j’ai plus de 40 ans. Je sais depuis fort longtemps que ma mère a quelque chose qui ne tourne pas rond… il y a pourtant seulement deux ans que j’ai eu l’opportunité de mettre un nom sur ce quelque chose : trouble du comportement de la personnalité narcissique.
    C’est, à mon humble avis, pire que de la « simple » perversité narcissique, dans le sens où le pervers choisit de et se délecte à anéantir l’autre en en tirant un sentiment de toute puissance. Il est finalement assez facile à démasquer, ou du moins fini par l’être. Dans le cas de trouble du comportement de la personnalité narcissique, c’est un peu plus compliqué car le bourreau souffre autant qu’il fait souffrir les autres, et même croit dur comme fer que c’est lui la victime. Il n’a absolument pas conscience que le problème vient de lui, il en est tout simplement incapable… Bien que l’on puisse se demander jusqu’à quel point. De toute façon, tout un système de justifications, voire de mythomanie sincère, est échafaudé et répété à l’envi à qui est là pour l’entendre. Bref, tout ça pour dire que j’ai fini par prendre pleinement conscience que ma mère est quelqu’un de malade et d’inadapté psychiquement. ( Dire qu’il a fallu tout ce temps pour pouvoir mettre un nom sur sa maladie ! On est bien seul quand on subit de l’abus dans le cadre familial et pour juger de ce qui est « normal » et de ce qui ne l’est pas. La récente vulgarisation et médiatisation de la perversité narcissique et des parents toxiques permettra peut-être qu’on le soit moins. )
    Ca aide à prendre de la distance et à pouvoir pardonner la maltraitance subie pendant l’enfance, et ses répercutions qui vont bien au-delà. Ca ne justifie rien, ça ne moralise rien non plus, mais ça permet un détachement, une conscience plus éclairée du problème.

    Bien sur le mal est fait, la colère et l’agressivité refoulée sont toujours bien présentes en moi et prêtes à ressurgir de temps à autre envers ma fille de 10 ans quand elle ne se plie pas à mes exigences de parents qui veut « bien faire » et « pour son bien » : je me suis encore emportée dernièrement en dépassant les bornes quand elle n’a pas fait un devoir d’école avec sérieux, et n’ai pas pu lutter contre la pulsion de lui balancer une torgnole avec un « tu l’as bien cherchée celle-là  » La culpabilité a suivi, les excuses, le pardon… mais à quoi bon si c’est pour recommencer le mois prochain ? Elle fait des efforts à l’école et a bien compris que la réussite scolaire c’est « pour son bien », inutile d’en rajouter ni de l’en dégoûter. Je lui ai dit que je l’aimais de toute façon, réussite ou pas, et c’est vrai, mais il reste entre nous un durcissement dans le rapport aux devoirs d’école dont je suis la cause. En voulant « bien faire » je l’ai braquée. Heureusement que le papa est là et prend le relais. Ce jour là il m’a adressé, et devant elle, des reproches comme quoi j’exagérais et étais beaucoup trop agressive, ce qui ne m’a pas du tout plu. Mais il a bien fait. Cet épisode de trop et votre article m’ont bien fait comprendre qu’effectivement, en me justifiant de « vouloir bien faire » je dépasse les bornes malgré moi et que cela vient de l’éducation que j’ai reçue. On ne me donnait pas de torgnoles à cause des devoirs – que je faisais toujours bien, l’école étant devenu mon refuge et ma planche de salut – mais pour tout un autre tas de raisons, toutes « justifiées » bien entendues. Quoi de plus légitime pour une maman comme moi de vouloir à tout prix que son enfant réussisse à l’école, n’est-ce pas ? Je crois que je viens de trouver grâce aux témoignages et à vos réponses éclairantes une motivation renouvelée et une clef pour changer ce point. Merci de tout coeur.

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  7. tocayo

    Mes parents ont passé leur vie à m’armer et à m’acculer dans un coin, et maintenant ils sont surpris que je sois une bête sauvage. Ils ont tout sali, tout touché, tout observé, ma chambre n’est plus qu’un lieu de passage et ce qui est dedans ne m’appartient pas. Toute demande devient un conflit et tout conflit doit se résoudre avec l’un des deux qui s’écrase. Qui ne peut être que moi.
    Alors maintenant, entre écouter mes émotions et leur faire payer ça (sachant que ça ne consiste qu’en un traitement égal à celui que j’ai subi) sachant que par le passé j’ai 2, deux fois parlé comme ils m’ont parlé dans des contextes où j’étais à leur place, et ça s’est mis à pleurer. Donc ou bien je ruine tout avec même pas le dixième de ma souffrance ou bien j’étouffe tout, les autres sont pas blessés, et la douleur est moins vive pour moi. Toujours est il que je fus surdoué à une époque et maintenant je suis surtout proche de l’hôpital psy…
    Je peux évidemment pas parler de cette faiblesse à qui que ce soit mais j’ai été tellement bien dressé que si quelqu’un me donne un ordre en gueulant un peu et de manière menaçante, j’ai presque pas le choix d’obéir…
    Et encore! Si j’avais été totalement sans conscience j’aurais pu à un moment les tuer et partir en rampage, si j’étais moins intelligent j’aurais juste pas fait attention et j’aurais pu socialiser quand j’étais jeune et avoir d’autres visions que celles de mes parents, et même sans tout ça, j’aurais pu juste prendre leur éducation et être comme eux, détester le reste du monde avec eux… Mais non. Maintenant, mes atouts sont ma croix.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Entre « ruiner tout et étouffer tout » il y a le respect que vous vous devez à vous-même et qui vous permettra d’entreprendre un travail thérapeutique afin de sortir – enfin – de vos noeuds de maltraitance.
      Bon courage !

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      1. tocayo

        L’article m’a secoué alors j’ai envoyé ça. Circonstances aggravantes et autres, je ne serai jamais indemne mais c’est en bon chemin pour que cette influence sur ma vie diminue. Content d’avoir des références claires et des situations que je connais dans cet article…

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  8. GRAOUILLI

    bonsoir
    j’ai rendu visite à mes enfants adultes qui habitent à 800 kms de moi et nous avons organisé un petit repas de Noël où nous étions 6 (mes enfants de 24 et 27 ans, l’amie de mon fils, 20 ans et leur cousin de 36 ans ainsi que son amie, 29 ans… et moi qui n’ai malheureusement pas pris plaisir à cette soirée car les jeunes qui m’accompagnaient était sur le mode « survolté », à tel point que le séjour ressemblait à une salle de classe primaire sans enseignant métamorphosée en cours de récré, émaillée de cris, de rires, de taquineries et moqueries de toutes sortes, les boules de papier cadeau transformées en projectiles et j’en passe ! et ce mode ne s’est jamais arrêté si bien que nous n’avons pas pu vraiment discuter … le pompon a été le moment où d’autres membres de la famille ont téléphoné n’empêchant pas le bruit de fond de s’amenuiser ! mes rappels au calme furent vains avec un profond sentiment de frustration, une impression de soirée très superficielle, une rencontre stérile…des personnes irrespectueuses .. enfin en décalage avec ce à quoi je m’attendais ! depuis, je me pose des questions, est-ce moi qui les juge et qui suis ringarde … ( je trouve ça plutôt sympa d’être un peu déjanté et de rire mais pas de façon permanente au risque de tomber dans l’excés ) ou sont-ils immatures à ne pas être en capacité de se poser et de passer une soirée à discuter dans le calme ??

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui bien sûr, relisez-vous, vous les jugez parce qu’ils ne sont pas conformes à « ce à quoi vous vous attendiez. »
      Vous avez le choix de préférer vos attentes à vos enfants et de courir le risque d’être déçue.

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      1. GRAOUILLI

        soit ! ils ne sont pas conformes à mes attentes de « parent toxique à l’oeuvre » et je suis déçue ! mais qu’en est-il de leur comportement quelque peu atypique qui, avec le recul, pourrait apparaitre tout de même un peu caricatural par le commun des mortels ! oui, je sais que je n’ai pas à juger ! mais ne doivent-ils pas respecter de leur côté des règles basiques de bonne conduite, eu égard à ceux qui n’adhèrent pas à leur jeu et pas seulement à l’encontre des parents ??
        merci

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Sans doute le doivent-ils selon vous mais le problème n’est-il pas votre relation à eux quand ils ne le font pas ? Ces « règles basiques de bonne conduite » sont-elles si importantes à vos yeux qu’elles vous empêchent de les aimer tels qu’ils se présentent à vous ? Qui faites-vous souffrir en les appréhendant de cette manière ?

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  9. degrimmales

    bonjour,

    J’ai 32 ans et mère d’une petite fille de 4 ans 1/2. Je sais que je suis néfaste pour elle, je m’en rend bien compte… lorsqu’elle commence à faire un « caprice »,c ‘est à dire qu’elle n’écoute plus et reste sur son idée qui est impossible en général à réaliser, je sens la colère monter et je ne me contrôle plus. Je dois avoir mon visage mértamorphosé car je vois bien dans son regard qu’elle a peur de moi, du coup elle pleure de plus belle ce qui me rend encore plus folle de rage… je hurle, essaie de la raisonner, alors que c’est moi qui devrait l’être, et fini par la frapper pour qu’elle cesse de pleurer, parler… Cette agressivité je l’ai en moi depuis très longtemps, avec mon conjoint aussi je suis toujours dans le reproche, la vengeance, le désir de faire mal psychologiquement, et l’envie de faire mal physiquement parfois. Sauf qu’avec lui je ne vais pas jusque là, au fond j’ai surement peur qu’il puisse retourner cette violence contre moi alors que ma puce elle, est sans défense, elle est toute fragile, à bien y réfléchir c’est une cible facile… Elle me dit que je suis méchante, que je lui parles mal… et elle a raison.
    je me sens horrible, sale, presque sadique de vouloir faire mal comme ça aux personnes que j’aime…
    ma fille commence à me parler mal et comment lui dire de ne pas me parler comme ça elle ne fait que reproduire ma façon d’être… effet miroir c’est ça??
    Cette situation me fait souffrir car je ne veux pas être cette personne et je ne veux surtout pas que ma fille soit cette personne…
    Je vais voir quelqu’un mardi et j’espère sincèrement un travail sur moi pour réussir à me défaire de cette agressivité qui pourri mon conjoint, ma fille, bref ma famille.
    Le problème c’est que du plus profond de ma mémoire je n’ai pas l’impression d’avoir eu un de mes parents toxique. En fait je n’ai quasiment pas de souvenir de mon enfance, 2 ou 3 avant mes 9 ans… Mon conjoint est persuadé que j’ai préféré ne pas me souvenir inconsciemment… Jusque là je n’y croyais pas mais maintenant que j’ai conscience d’être dans une relation toxique avec les personnes qui m’entourent… je ne sais plus quoi penser.
    Si je vais voir ce thérapeute, que peut-il faire pour moi si je n’ai aucun souvenir??
    Merci

    Tout ça pour dire

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, vous butez sur votre ressenti présent mais c’est le travail indispensable que vous effectuerez avec votre psychothérapeute qui permettra à votre passé d’émerger. Donc permettez-moi un conseil : ne vous souciez pas du futur ni des moyens, soyez juste ici maintenant honnête dans votre relation avec lui. Vous ne devenez pas « folle de rage » par hasard. Apprenez petit à petit à avoir le « goût de la vérité », c’est cette simple attitude qui participera à votre délivrance.
      Pour aller plus loin, lisez : Les racines de la violence

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  10. Muriac

    Si seulement la plupart des personnes que je croise frappant leur enfant (forte claque sur la cuisse, bras, pas encore vu au visage en public, ouf!) et/ou hurlant comme des forcené-e-s, pouvaient prendre l’initiative de travailler sur elles-mêmes (bravo pour celles/ceux qui agissent!). Car franchement, moi qui habite le littoral, je vois et entends quelques fois des parents (très souvent français, nerveux typique!) violenter leur enfant, soit: un père hurler sur un gamins de 4 ans ou 5 ans! (ça doit faire l’effet d’une gueule de lion! du coup le gamin pleurait plus fort, forcément!), ou bien une grand-mère « capot » surveillant dans un parc son petit-fils (?), et fessée s’il s’éloignait de plus de 2 mètres, ou une mère menacer sa fille (6 ans env.), après une bonne claque, de la fessée cul nu (entendu aujourd’hui même, plutôt primaire en 2016!), et des grand-parents sadiques créant un climat de peur avec claques en prime sur leurs petites filles en vacances (et là j’ai souhaité « bon courage » à la jeune adolescente 😉 la grand-mère me fusillant du regard!) et ce n’est malheureusement certainement pas fini :-/ Maintenant, c’est à moi de ne pas craquer devant ces (grands) parents qui eux n’accepteraient certainement aucune de ces tornioles douloureuses 😉 Si je pouvais ne pas les remarquer…

    Désolée mais ne pas devenir parent m’a permis au moins de ne pas devenir aussi stupide, si ce n’est détraquée!

    Parfois, je me dis qu’une formation avec certificat pour devenir parent devrait être obligatoire! … vu la difficulté (les dangers et l’enjeu social) que représente l’éducation. (et en bonus, un bon moyen de régulation des naissances, car certain-es y réfléchiraient à deux fois, lol)

    Ne plus prendre cela comme naturel ni à la légère! D’autant plus si l’on souhaite vivement que les violences conjugales cessent, nous devons être cohérent-e-s!

    Et quelle image donne t-on aux étrangers qui viennent en visite en France, y avez-vous pensé ? Pas très évolués, hein? Je le mentionne car j’ai moi-même longtemps vécu à l’étranger où les châtiments corporels sont condamnés!

    Bon sang, il est grand temps de sortir de l’ornière, et faire de solides, amples et durables campagnes de sensibilisation sur la prévention de violences de toutes natures. Et pour vivre au plus près du bonheur.

    Ce site y contribue et c’est bien !

    (bon ça soulage… ;-))

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  11. Andréanne

    Bonjour M. Perronnet! Je suis la maman d’un merveilleux garçon de 7 ans, que j’ai eu à 38 ans, alors que je me croyais assez mature pour ne pas me laisser submerger par des colères qui me font dire des âneries presque aussi pire que celles que je me suis faite crier tout au long de mon enfance.
    Je suis née d’une mère que les psychiatres disaient dépressive, mais dont je dirais plutôt qu’elle était TPL et irresponsable car elle ne savait pas se gérer (elle était extrêmement colérique et je la trouvais dangereuse: menaces de mort ou de casser un membre à ses enfants et son mari, coups de poing à la tête à moi et mon frère) et qu’elle nous laissait seuls à la maison, mon frère et moi, depuis que nous étions au monde, peu importe que nous ne soyions âgés que de quelques jours ou quelques années. Mes parents se sont divorcés quand j’avais 5 ans et mon frère 8 ans. Nous avons habité, à partir de ce moment-là, avec mon père : un homme travaillant 72 heures par semaine, de nuit, et nouvellement monoparental, qui nous aimait et se fendait en dix pour assurer notre bien-être matériel, notre sécurité et notre confort, mais qui utilisait la violence physique pour nous punir. Avec mon frère, il utilisait aussi parfois la violence verbale. Non pas en lui criant des méchancetés, mais en faisant des comparaisons blessantes avec moi ou un autre enfant. Malgré cela, nous étions (et nous sommes toujours) convaincus, moi et mon frère, que nous étions la prunelle de ses yeux et qu’il souhaitait notre bonheur (mais se sentait dépassé). Mon père est mort alors que j’avais 8 ans. À partir de ce moment-là, mon frère a habité avec mes grands-parents maternels (et garde d’eux un bon souvenir) et moi je me suis ramassée avec ma mère jusqu’à l’âge de 12 ans, car un jour elle a complètement démolie l’intérieur de la maison et la police est arrivée, puis j’ai été envoyée chez un oncle et une tante (la sœur de ma mère) qui avaient un fils de deux ans plus jeune que moi. J’ai toujours eu l’impression qu’ils ne m’aimaient pas. Ils ne m’ont jamais fait sentir que j’avais ma place parmi eux. Ma tante était aussi méchante, violente et colérique que ma mère; par contre, personne ne savait cela. Elle cachait bien son jeu et tous pensaient que c’était une bonne personne, assez aimable pour élever la fille de sa sœur «malade»; mais chez elle, je me faisais dire que je n’étais pas chez nous, que je devais me considérer bien chanceuse qu’ils me gardent etc. en plus de me faire faire des crises comme celles que me faisait ma mère.
    Je ne veux pas que mon fils ressente ce genre de rejet. Je l’aime tellement. Je veux qu’il soit heureux, épanoui, gâté par moi et par la vie (il a une belle vie, joue au hockey, au soccer, au baseball, fait du ski , de la natation, a de nombreux amis)… mais je lui cri souvent après quand je le réprimande. Quand je suis fatiguée (et ça arrive souvent car je suis insomniaque) mes colères sont disproportionnées et je lui dis des méchancetés épouvantables quand je suis de mauvaise humeur ou très fatiguée (par contre physiquement je ne lui fais pas de mal, comme mon père et ma mère nous en ont fait).
    J’ai des problèmes financiers, je n’ai pas d’assurance pour consulter un psy, j’ai, par le passé, tenté d’obtenir de l’aide auprès du CLSC (je suis Québécoise) mais sans succès. Je me sent de plus en plus inadéquate comme parent. Je suis monoparentale. Une chose est sûre, pour l’instant en tous cas, mon enfant sait que je l’aime profondément et que je suis prête à tout pour en faire une être heureux et bien équipé pour avoir une belle vie. Je le lui dis que je n’ai pas à agir ainsi; qu’il a droit au respect; qu’il mérite que je me fasse aider. Mais lui faire du mal psychologiquement est inacceptable et me chagrine énormément. Je veux que ça arrête, mais je sais aussi que personne d’autre ne veut son bonheur autant que moi. Pour cette raison, je ne le confierai jamais à une famille d’accueil. Il risquerait d’y vivre ce que j’ai vécu chez la sœur de ma mère.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Il y a en effet beaucoup d’ex enfants qui sont encore persuadés avoir été aimés par leurs parents violents, pire qui pensent avoir mérité leurs violences et se définissent le plus souvent eux-mêmes comme mauvais ou durs à cuire.
      Dans mon monde à moi on ne cherche pas à blesser ceux qu’on aime, mais il est vrai que cela dépend de l’acception que vous donnez à ce mot « aimer ». Vos parents vous aimaient-ils comme des parents ou comme le loup aime un agneau ?
      A quoi devrait vous servir la croyance que vous étiez la prunelle des yeux d’un homme qui vous humiliait ? Sans aucun doute à vous dénigrer et à faire baisser l’estime pour vous-même que vous devriez vous porter.
      Que puis-je vous répondre en priorité ? Sans doute que si vous ne voulez plus vous laisser submerger par des colères qui vous « font dire des âneries », il va vous falloir commencer par rencontrer ces colères qui parlent des manières dont vous avez été contrainte – jusqu’à aujourd’hui – de les interpréter comme des manifestations d’intérêt et d’amour de vos géniteurs.
      J’appelle cela « remettre votre monde à l’endroit », préalable nécessaire à un parent pour qu’il puisse endosser son rôle de parent aimant, c’est-à-dire non pas de parent ne faisant plus jamais d’erreurs avec son enfant mais de parent capable de ne plus abuser ou manipuler son enfant donc de le respecter.
      Pour ce faire, il ne suffit malheureusement pas de simplement le vouloir mais de s’en donner les moyens en allant voir à l’intérieur de soi la manière dont vous avez été humiliée et blessée par vos propres géniteurs.
      Par contre je vous mets en garde : dire à votre enfant qu’il mérite que vous vous fassiez aider quand vous lui criez dessus et cela sans rien faire, revient simplement à le manipuler. Comment voulez-vous qu’un enfant qui vous aime comprenne autrement votre remarque qu’en la prenant cruellement contre lui, c’est-à-dire en culpabilisant de vous faire crier ?

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  12. Sophie

    Simplement merci à ce texte apparu dans le moteur de recherche lorsque j’ai cherché « Pourquoi je suis autant fâchée lorsque mes enfants font des dégâts de nourriture ». J’ai eu une mauvaise journée aujourd’hui avec les enfants, je me suis sentie une mauvaise mère, et lorsque j’essaye d’en parler à des proches ou avec mon conjoint, rares sont les personnes capables de m’entendre dire « j’ai été une mère de merde aujourd’hui ». Les gens tombent rapidement dans le « mais non, mais non! » Vous avez raison de dire que c’est rassurant d’entendre une personne qui dit « En effet, ce comportement n’est pas acceptable ». Et c’est tellement nécessaire. Sans quoi, ça continue de renforcer cet idéal inatteignable qu’on essaye d’atteindre. C’est mon cas en tout cas 🙁 Je travaille fort pour amener des modifications. Mais ouf que ce n’est pas terminé… Ne pas tomber dans ce rapport de force, c’est si difficile lorsque ce n’est pas ce qui m’a été enseigné. Je sens physiquement combien ça me coûte parfois… Je suis en ce moment dans la phase dépressive contre laquelle bien des gens luttent pour éviter de se voir comme ils sont… Ma tête sait que c’est nécessaire. Mon coeur, lui, s’accroche, car c’est loin d’être un moment facile.

    Encore merci pour ces mots justes qui sauront me guider dans mon cheminement.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Pourquoi tant de violence à votre égard ? Oui vous pouvez être – comme tant d’autres – une mère maladroite, conditionnée par son histoire. Si vous voulez en sortir il vous faut d’abord (et avant de mettre de l’ordre dans la relation à votre enfant), mettre de l’ordre dans votre relation à vous-même. Comment voulez-vous qu’une femme qui ne s’aime pas elle-même puisse devenir une mère qui respecte son enfant ?

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      1. Sophie

        Je vais réfléchir à ça… Peut-être que ce serait plus exacte d’indiquer « j’ai été une mère violente aujourd’hui et j’étais incapable de sortir de ma violence… » Pour l’instant, c’est synonyme… Je sais aussi que j’ai le pouvoir d’être autrement.

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          D’accord avec vous, une « mère violente » que vous ne voulez plus être oui. Ce qui est très différent d’une « mère de merde » qui est franchement dépréciatif et met en évidence le désamour que vous vous portez.

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  13. Valérie

    On est pas si nombreux a témoigner et je peine a le faire car ayant toujours su mettre mon intelligence au service de mon travail et de mes etudes, j’ai honte de n’avoir pas su à 41 ans passés, l’utiliser dans ma vie relationnelle privée. Et si nombre de mes amis m’admirent sur ma capacité à leur donner des conseils justes qd ils en ont besoin, je sais que je descendrais bien bas de ce piedestal s’ils me savaient maltraitante. L’ecart entre mes enfants est grand et mon petit dernier m’as fait remettre en cause les « reactions fortes » de mères fatiguées et/ou isolées comme ma sœur les appellent. Avant de vous lire c’est ce qui me déculpabilisait provisoirement mais qui ne m’apportait pas vraiment de paix intérieure. En effet, admettre que j’etais maltraitante avec mon bébé qui ne devrait recevoir que de l’amour m’as obligé a regarder les choses en face le temps que je mette le doigt sur ce qui me rends ainsi. J’ai eu le coeur brisé souvent avec mon ainé qd je voyais qu il avait les larmes aux yeux et une forte culpabilité de l’avoir frappé enfant. Etre seule ne doit pas être une excuse, comme je l’ai bcp trop entendu. Je ne croyais pas reproduireun jour la violence verbale et/ou physique de ceux qui n’ont jamais été mes parents ( beau-père, oncle, frere, soeur,…) mais hélàs….Merci donc pour mes enfants et moi-même de nous aider a mettre fin a la souffrance

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  14. Raben

    Bonjour,
    Je trouve vos articles très percutants, ils ont un véritable effet d’éclairage sur moi, je vous en remercie beaucoup!
    Je n’aime pas beaucoup lire sur un écran, alors Je me demandais si il vous serait possible de proposer un téléchargement vocal, en plus de la version PDF…
    Merci.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Merci de votre retour et tant mieux, mes articles ont en effet pour but d’ouvrir les yeux des personnes qui les lisent.
      Je n’ai pas de téléchargement vocal à vous proposer mais je pense que vous pouvez vous servir de la possibilité que vous offre votre ordinateur de la lecture vocale de n’importe quel document en PDF.
      Bien à vous.

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  15. Laprun

    Bonjour

    Je pense être une mère toxique issue de parents toxiques car maladroits, énervés…et également en raison d’une institutrice ( religieuse) maltraitance à l’égard de tous ses élèves.
    Jai conscience de ma toxicité j’ai peur d’avoir fait déjà bcp de mal à mon fils de 15 ans ( Bien qu’il ne soit pas du tout susceptible) et en train d’en faire à ma fille de 7 ans. (Très susceptible).
    J’ai e te suivi de nombreuses années mais c’est un désastre…

    Je fais bcp d’efforts pour me corriger pour expliquer à mon fils mes errements passes…ou présents…au niveau de l’humiliation verbale…
    Je ne viens pas pour me faire rassurer…mais trouver peut être des astuces pour limiter les dégâts si c’est encore possible….

    Merci

    Répondre
  16. Nadou

    Bonjour,

    Merci pour ce article très intéressant.

    Vous évoquez des parents toxiques qui ne sauraient pas, ne se rendraient pas compte, de leur toxicité, croient bien faire, ou ne peuvent pas s’en empêcher et qu’ils se trouvent des excuses.

    Mais moi, je peux vous dire qu’il y a des personnes « toxiques » qui savent très très bien ce qu’elles font.

    S’entendre répondre calmement, le regard droit dans les yeux « Personne ne te croiera » par une personne qu’on confronte à ses comportements « toxiques », et bien ça calme ! (bien sûr aucun témoin de cet « aveu »)

    S’ils existent des parents toxiques « malgré eux », je pense qu’il existe malheureusement aussi des parents toxiques qui savent qu’ils font le mal par leurs comportement, le savent très bien et l’assument complètement. (en donnant le change à tout le monde sauf à sa victime)

    S’il est utile pour un thérapeute de savoir qu’i y a des parents toxiques « malgré eux », je pense qu’il est utile aussi aux enfants, de savoir qu’il y a des parents toxiques « maléfiques » (sans vouloir effrayer, c’est un mot « raccourci » en opposition aux « malgré eux »), et cela peut aider à le savoir. Car penser que des parents « maléfiques » sont toxiques « malgré eux », c’est encore une fois, leur trouver des excuses, leur laisser du temps, espérer qu’ils changent, quand certains assument très bien ce qu’ils font, vis-à-vis d’eux-mêmes en tout cas.

    Parfois, reconnaître que le Mal existe au lieu de faire du Déni, contribue à lutter contre lui

    Nadou

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je crois que les relations humaines avec l’inconscient qui pousse chacun à agir sont trop complexes pour être réduites à un simple combat manichéen entre le bien et le mal.
      Chacun voit le bien et le mal à sa porte à travers son besoin d’apaiser une souffrance plus ou moins insupportable.
      Cela créé des relations humaines qui peuvent être « toxiques » et même « perverses », s’il est vrai que la perversité c’est ce qui nous pousse à ne pas tenir compte de l’autre. Cela peut même déboucher sur des comportements sadiques et/ou masochistes.
      En parlant de « maléfices », ou de lutte du bien contre le mal, vous posez-la un absolu discriminateur qui ne fait pas partie de mes croyances et qui me semble d’autant plus dangereux que c’est en son nom que les humains s’entre-tuent. Les guerres de religion se sont faites et se font encore au nom de cet idéal mortifère. Il n’y a pas de bouc émissaire à chercher, chacun est plus ou moins l’esclave de ce qu’il ressent et agit au nom du bien pour lui-même qui est souvent le mal pour l’autre. Plutôt que de penser qu’il est mauvais, je préfère constater qu’il se trompe. Considérer l’autre comme un mal, c’est avoir peur de lui donc se préparer à en être la victime.
      Pour aller plus loin, je vous invite à lire mon article : Comment gérer celui qui dit du mal de nous ?
      Ainsi que : Les racines de la violence

      Répondre
  17. Nadou

    Merci pour votre réponse.

    Sans vouloir caricaturer, mon message est qu’il y a des parent qui font du mal à leurs enfants et s’en rendent très bien compte qu’ils font du mal, et l’assument complètement face aux victimes. Quand on vous dit « Personne ne te croiera » c’est qu’il y a une complète conscience des actes mauvais.

    Bien sûr il ne faut pas tomber dans des travers et étiqueter quelqu’un de « maléfique » dès le premier comportement toxique… et ne laisser aucune chance à la personne de changer.

    Mais, penser que 100% des personnes toxiques n’ont pas conscience qu’elles font du mal… et qu’au fond elles ne le veulent pas, cela peut être dangereux pour les victimes. Personnellement, j’encourage les victimes à ne pas jouer le rôle de thérapeutes et à couper les liens dès le premier acte de violence. Ce qui est difficile pour des enfants mineurs, donc dépendants de leurs parents. C’est pour cela, que selon moi, il est important pour la société de ne pas trouver des excuses systématiques aux parents toxiques. Cela demande du discernement, c’est d’ailleurs pour cela qu’il y a une justice et du pénal… mais parfois certaines choses ayant lieu dans un huis-clos sont difficiles à prouver.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Qui pense que les victimes devraient jouer le rôle de thérapeute pour leur bourreau ?! Oui, quelle confusion ! Pourquoi parlez-vous d’excuser ? Parce que vous assimilez excuser et comprendre.
      Celui qui excuse c’est celui qui juge or il ne s’agit pas de juger mais de comprendre.
      Qu’est-ce que comprendre ? Comprendre c’est juste chercher la cause d’un comportement : il n’y a pas d’effet sans cause.
      Serait-il juste de ne pas chercher à comprendre sous le prétexte que des manipulateurs peuvent se servir de cette compréhension comme d’une excuse pour leurs actes toxiques ?
      Faut-il supprimer les couteaux sous le prétexte que certains s’en servent pour tuer ?
      En ce qui me concerne, je ne suis pas « la société » et je n’ai aucune prétention à vouloir la changer. Je suis juste un thérapeute qui tente d’accompagner des personnes qui le souhaitent à comprendre la cause de leurs propres comportements toxiques pour justement « en sortir ».

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      1. Nadou

        Merci pour votre réponse. Quand j’écris « j’encourage les victimes à ne pas jouer le rôle de thérapeutes » c’est parce que c’est parfois un réflexe qu’elles ont en espérant supprimer la violence (vu dans des témoignages de vécus dans la presse, et notamment les enfants)

        Quand j’ai évoqué « la société qui trouve des excuses aux parents toxiques », j’ai un peu trop généralisé. Certaines personnes se rendent compte ou savent que certaines personnes aux comportements toxiques ont conscience qu’elles font du mal, mais je trouve que cela ne transparait pas tellement dans les medias. Quant aux « excuses », le terme matérialisait pour moi, le fait de penser qu’une personne aux comportements toxiques est forcément inconsciente du mal qu’elle fait.

        Je suis d’accord pour dire qu’excuser est différent de comprendre. Et qu’il est intéressant de comprendre, ce que je pense que vous faites dans cet article complet. Personne ne naît avec des gènes de comportements toxiques et il y a donc bien des processus à l’oeuvre.

        Enfin je ne vous mets pas en cause comme thérapeute, je ne le suis pas moi-même.

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        1. Amy

          Bonjour Nadou,
          Je partage mes réflexions à la lecture de vos échanges :

          Une personne qui dit « Personne ne te croira » semble effectivement bien savoir ce qu’elle fait, au sens de : elle semble être au courant du fait que ses actes ne sont pas corrects. Par contre le fait qu’elle cache ses actes (elle donne le change à l’extérieur pour que rien ne transparaisse) et espère (« Personne ne te croira ») que ça reste caché, me semble un indicateur qu’elle n’est pas tranquille avec ça, et non qu’elle l’assume, bien au contraire. (ce qui rejoint le « au fond, quelque chose en elle sent que ce qu’elle fait n’est pas « correct »). Mais au fond cela concerne l’autre et ce qu’il a en lui (que je ne saurai jamais véritablement) et de ce fait je ne crois pas que ce soit le plus important. -?-

          Comprendre que l’autre a en lui – manifestement – des raisons de faire ce qu’il fait, puisque ça a lieu, ne veut pas dire devoir « rester sous les cailloux qu’il me lance ».
          Si j’ai mal – et bien que je comprenne que l’autre ait ses raisons pour ses actions – je m’en vais.
          Enfin « normalement », naturellement, c’est ce qui devrait se passer.
          Mais pas si par toute une suite de malentendus je crois que « comprendre l’autre » implique de se soumettre à ce qu’il me fait et qui me fait du mal. (Voir les « Il faut me comprendre…! » parfois utilisé pour dire « Je sais ce que je fais mais je ne peux pas changer, et toi si tu m’aimes tu dois rester à mon contact et faire avec »).
          Il y a le même genre de malentendu très très tragique avec « accepter » parfois compris comme impliquant de « se soumettre à ».

          Pour ce qui est de devenir le thérapeute de celui qui vous maltraite, cela a résonné chez moi avec ces deux aspects :
          –> Le fait d’être naturellement touché par l’état de l’autre, et l’élan à potentiellement vouloir contribuer à son bien être si j’en ai l’envie et les moyens (et en lui demandant s’il a besoin d’aide !) ; qui fait partie des élans naturels possibles de l’être humain selon moi ;
          Doublé du conditionnement suivant (« doublé » dans les deux sens, je crois : comme « second aspect », et comme « aspect qui passe devant et efface le premier ») :
          –> Enfant, quand j’étais totalement dépendant de mes parents, ma sécurité, mon bien-être, passait par le leur. Si eux allaient mal, alors ça allait mal pour moi ; le lien est rapidement fait dans l’expérience quotidienne.
          Et du coup, dans les environnements où l’expérience de vie proposée est trop douloureuse, il y a urgence et « contribuer au bien être de mon parent quand j’en ai l’envie et les moyens » se fait doubler et remplacer par : quoi qu’il m’en coûte – porter, soutenir, et être le thérapeute de mes parents : les aider à aller bien (dans l’espoir qu’il aillent mieux et par suite de pouvoir vivre, soi, des choses plus acceptables)
          Réflexe-solution de survie de l’enfant, qui parfois se poursuit en tant qu’adulte, et qu’on peut effectivement repérer et chercher à comprendre pour trouver une meilleure façon de faire.

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  18. Camille

    Bonjour
    Je souhaite réagir à votre article par rapport à la définition que vous faites d’un parent toxique qui serait un parent violent de par ses paroles et ses gestes avec ses enfants.
    Un parent toxique peut il être un parent qui ayant subit des violences et des humiliations dans son enfance surprotège alors de façon extrême son enfant ? L’empêchant pas la même de devenir autonome et lui transmettant ses propres peurs ?

    Merci

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