Dois-je forcer mon enfant à réussir ?

A tous les parents désemparés qui ont peur que leur enfant ne réussisse pas.

Question de Béatrice :

Nous avons une fille de 9 ans et demie. Notre fille n’a pas du tout confiance en elle. Nous devons passer des heures pour lui faire faire ses devoirs alors que le maître nous dit que cela doit durer 1 heure maximum. Nous voulons qu’elle réussisse et que si nous ne sommes pas derrière elle, elle ne les fera pas. Nous sommes pratiquement sûr que quand elle n’en a pas envie, elle nous répondra carrément de travers et on s’énerve à côté, on crie. On ne sait plus quoi faire. A l’école, le maître nous a dit qu’elle ne s’implique pas dans la classe, qu’elle ne finit jamais les exercices qu’elle a à faire. Nous avons fait un marché avec elle. Que si son maître nous disait que son travail ne s’était pas amélioré pendant la semaine, on ne l’inscrirait pas le lundi à son concours d’équitation qui devait avoir lieu le week-end d’après. En fin de semaine, nous avons revu le maître qui nous a annoncé que notre enfant s’était métamorphosée et que son travail était devenu parfait. Nous l’avons donc inscrite à son concours. Le vendredi d’après, le maître nous a annoncé que pour cette semaine, son travail était redevenu désastreux. Nous l’avons donc punie de son concours puis d’un mois d’équitation. Est-ce que nous avons bien fait car cela ne l’a pas beaucoup affecté. On ne sait plus quoi faire pour qu’elle apprenne à faire seule ses devoirs et qu’elle soit un peu plus responsable de ses affaires. C’est peut être un peu trop demander ? Nous n’arrêtons pas de nous énerver sur elle, de crier et de nous emporter et nous le regrettons après. Que doit-on faire sans jouer avec la carotte ? Car mon mari n’est pas tellement pour. Quelle position doit-on tenir devant elle pour ne pas s’énerver ? Il est vrai que nous l’avons eu tard car nous avons entre 46 et 54 ans. Nous avons peut-être moins de patience. C’est ce que mon mari pense. Pouvez-vous nous conseiller ? Nous vous en remercions d’avance.

Ma réponse :

Bien sûr – comme la plupart des parents – vous voulez que votre enfant réussisse. Mais votre désir qu’il réussisse vous fait prendre le risque de ne pas lui laisser beaucoup de place pour qu’il se développe par lui-même… C’est ainsi que dans un monde soumis au profit et à la concurrence acharnée, le risque pour les parents est de projeter leurs propres craintes et angoisses sur leurs enfants.

Quand vous partagez que vous « savez que si vous n’êtes pas derrière elle, elle ne réussira pas », vous tenez-là la preuve que vous ne lui faites pas confiance, et il vous appartient de découvrir qu’un enfant qui sent et sait que ses parents ne lui font pas confiance est un enfant qui ne peut pas développer sa confiance en lui-même.

Vous affirmez donc justement : « Notre fille n’a pas du tout confiance en elle. » Sans doute n’en avez-vous pas vous-même conscience mais vous alimentez un cercle vicieux : plus vous sentez confusément à l’intérieur de vous-même que les choses risquent de mal se passer pour votre fille, plus, obéissant à votre angoisse, vous essayez de les prévenir (alors même qu’elles ne se sont pas réalisées), créant par là-même une énorme pression sur elle. Vous vous dites qu’il ne faut surtout pas la laisser tomber (et en cela je suis parfaitement d’accord avec vous), mais (vraisemblablement à travers l’éducation qui a été la vôtre), les moyens que vous employez pour l’inciter à « bien travailler » sont essentiellement coercitifs. C’est ainsi que vous en arrivez à vous dire de bonne foi qu’il faut la punir « pour qu’elle comprenne ».

(En fait on crie et on punit son enfant « pour qu’il comprenne » quand son comportement nous rappelle, inconsciemment, que nous-mêmes – dans des circonstances passées semblables – avons été punis et avons subis les cris et les punitions de nos propres parents « pour que nous comprenions ».)

Votre mari sent confusément qu’il y a quelque chose de pas très juste là-dedans (puisqu’il partage avec vous qu’il n’aime pas « jouer avec la carotte »), mais ne sachant pas quoi faire d’autre… il « joue avec la carotte ». Vous soufflez donc le chaud et le froid, un jour (quand elle réussit) votre petite fille devient aimable et vous êtes prêts à la récompenser ; le lendemain, (quand ses résultats ne sont plus honorables selon vous), vous paniquez, vous avez peur pour elle et votre peur vous oblige à la punir et à revenir sur ce que vous lui avez donné ou promis.

Tout cela est infiniment déstabilisant pour votre enfant à qui il ne reste comme possibilité comportementale que de se réfugier dans une apparente insensibilité, (vous dites vous-même qu’il ne paraît pas « beaucoup affectée » de vos punitions) et je rencontre régulièrement des parents décontenancés par le soi-disant « j’menfoutisme » de leurs enfants. En fait votre fille se protège de vous avec les moyens qui sont les siens, comme elle le peut, mais ne croyez pas que quand elle tente de se blinder, elle est « insensible ».

On « se blinde » bel et bien parce que l’on est sensible et touché, même si à force de se blinder on peut devenir de plus en plus insensible.

A ce niveau, vous vous sentez encore plus démunie, l’intensité de votre désir de la voir réussir pourrait vous contraindre à une plus grande répression encore (qui n’aurait pour effet que de créer davantage de peur donc de repli chez elle), mais – par bonheur – vous vous mettez à douter de votre méthode… Est-elle la bonne ? Et vous n’en savez plus rien… « Peut-être (dites-vous) est-ce un peu trop demander ? » Avec une lucidité qui est la preuve de votre amour pour votre petite fille, vous vous remettez en cause et partagez : « Nous n’arrêtons pas de nous énerver sur elle, de crier et de nous emporter. » Bien sûr, je suis d’accord avec vous, un enfant qui sent – en permanence – ses parents s’énerver, crier et s’emporter contre lui ne peut pas devenir un enfant serein, donc un enfant capable de faire grandir sa confiance en lui-même. Cela ne peut créer qu’un enfant déstabilisé (donc privé du précieux équilibre auquel ils aspirent tous pour se développer) et rempli de doutes sur lui-même.

Un enfant – pour devenir adulte – (et qui sait – pourquoi pas – pour « réussir » ?) a besoin de développer une solide « colonne vertébrale psychique », cette colonne vertébrale, pour se construire a besoin de fiabilité. Votre enfant a besoin de sentir de l’intérieur votre stabilité et, la sentir, c’est pour lui percevoir comme une évidence que ses comportements (quels qu’ils soient) ne remettront jamais en cause l’amour que vous lui portez. Peut-être en êtes-vous vous-même persuadée, mais convenons ensemble qu’elle ne peut pas le « savoir », à moins de le percevoir et de le sentir par elle-même.

La confiance que les enfants peuvent avoir envers leurs parents se développe à travers la fiabilité et le respect que leurs parents ont pour eux.

Pour découvrir sa confiance en elle-même, votre petite fille a donc besoin de sentir tout au fond d’elle-même que quels que soient ses comportements vous êtes « avec elle » inconditionnellement. Peut-être est-ce justement cela qui vous fait peur : n’ayant confiance ni en vous, ni en elle, vous ne pouvez que jouer avec la relation comme avec une carotte…

Bien sûr qu’à force de punitions et de chantage, vous obtiendrez de temps en temps (comme vous l’avez déjà obtenu) de votre enfant qu’elle travaille, mais vous ne l’obtiendrez jamais dans la durée. Gandhi disait « La victoire obtenue par la violence équivaut à une défaite, car elle est momentanée. »

Il s’agit, pour un parent responsable, de comprendre et de vérifier dans sa relation à son enfant que s’il impose maladroitement ses demandes, il obtiendra la soumission ou la révolte, mais jamais la rencontre et encore moins son consentement.

Vous me parlez de votre âge, n’est-ce pas grâce à cet âge que vous pouvez justement être accessible à cette réflexion ? Et si votre âge vous permettait justement de comprendre la relation parent / enfant avec un certain recul, donc peut-être avec un peu moins de peurs ? Que craignez-vous ? Pourquoi devriez-vous continuer de confondre votre angoisse avec la destinée de votre fille ? En fait, (peut-être en conviendrez-vous ?) nos enfants ne nous appartiennent pas, ils nous sont « confiés » par la vie pour que nous leur permettions de développer une « colonne vertébrale psychique » solide, donc une confiance en eux-mêmes qui leur appartiendra et qui leur permettra de résoudre de manière autonome leurs propres difficultés.

Vous ne pouvez pas changer votre enfant, par contre, vous pouvez changer la relation que vous avez avec lui.

Et c’est dans le changement de la relation que vous avez avec lui que se trouve pour vous l’espoir.

La question se pose donc pour vous aujourd’hui, avec votre enfant « tel qu’il est », de savoir comment vous allez vous y prendre pour tenter de lui permettre de réussir « comme il le pourra », sur la base d’une solide confiance en lui ?

Pour ce faire, je vous invite à commencer par comprendre que si son maître vous précise que « les devoirs doivent durer une heure maximum », ce n’est certainement pas pour mettre en difficulté votre enfant mais au contraire pour le soutenir. Si les devoirs durent pour lui plus d’une heure, c’est le signe que quelque chose ne va pas. Quand « quelque chose bloque », n’est-il pas préférable d’essayer de le prendre patiemment en compte en le comprenant, plutôt que de le refuser en vociférant sous prétexte que la réalité ne nous convient pas ? La scène que nous ferions à notre enfant ne pourrait que le bloquer encore davantage. Que pouvons-nous obtenir – selon vous – sur la base d’une attitude intolérante qui nie la difficulté de l’autre ?

Le second travail sera de réfléchir aux raisons pour lesquelles une personne, un enfant, ne s’implique pas dans son travail. Si nous ne nous impliquons pas dans notre travail, n’est-ce pas parce que nous n’en comprenons pas le sens donc que nous n’avons pas d’intérêt pour lui ?… et ce n’est pas parce que nous aurons des parents qui nous répéteront sans cesse qu’il faut que nous comprenions que nous travaillons pour notre avenir (ce qui est vrai), que nous le comprendrons. Il ne suffit pas que quelqu’un nous dise la vérité pour que nous la reconnaissions comme vraie. L’altérité existe, ne sommes-nous pas tous différents de celui qui tente de nous convaincre ? Donc vous aimeriez que votre petite fille trouve de l’intérêt à ce qui (pour le moment) ne l’intéresse pas ou peu. Comment faut-il que nous nous y prenions pour que notre enfant s’ouvre peu à peu à ce qui nous nous paraît (à nous) bon pour lui ? Il faut que nous lui montrions, par notre attitude personnelle, que nous avons nous-mêmes de l’intérêt pour ce qu’il est important que, par exemple, il apprenne. Il existe différents moyens de le lui montrer, de le lui faire sentir. Le premier est justement de ne pas le laisser « seul » (vous me dites qu’il faut que votre enfant comprenne qu’il doit travailler seul), ne pas le laisser seul, ce n’est donc pas lui dire de travailler mais travailler avec lui, c’est l’épauler avec bienveillance… jusqu’à ce qu’il puisse travailler seul. Il ne s’agit pas de l’assister pour en faire quelqu’un de dépendant, mais de l’accompagner pour lui permettre d’accéder à son autonomie. Un peu comme un papa qui court à côté de son enfant qui fait du vélo pour la première fois, afin de lui permettre peu à peu de trouver son équilibre. Certains parents courageux (en fait simplement aimants) apprennent ainsi les leçons que leurs enfants ont à apprendre afin de les leur réciter en leur permettant de jouer ainsi au maître d’école. Des enfants, dans une telle émulation, auront à cœur, à leur tour, d’apprendre leur leçon et se sentiront soutenus et aimés dans une relation ludique qu’ils adorent.

Vous découvrez ainsi que « pour ne pas vous énerver », il vous faut changer, non seulement le regard que vous posez sur votre enfant mais également le regard que vous posez sur vous-même en tant que parent.

C’est dans un tel contexte et avec un tel regard que vous trouverez peu à peu l’harmonie tant désirée. Cela prendra certainement du temps, des années sans doute (car il est plus facile et rapide de détruire que de construire). Mais quelle importance pour des parents qui maintenant peuvent clairement percevoir que le temps qu’ils prennent pour travailler leur relation à leur enfant n’est que la preuve de leur amour pour lui. Là, vous l’accompagnerez, par exemple, à son concours d’équitation le cœur léger, en vous souvenant que tout être humain a besoin de détente, de re-création, et que cette détente atteindra d’autant plus son but… qu’elle ne sera pas conditionnée.

© 2009 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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23 réflexions au sujet de « Dois-je forcer mon enfant à réussir ? »

  1. Brigitte

    Je suis très touchée par votre témoignage qui me rappelle tant mes propres peurs et erreurs dans l’éducation de mes filles. Renaud a tellement raison et je vous souhaite de tout coeur de réussir à appliquer ses conseils. Votre fille a de la chance d’avoir des parents qui se remettent en cause, car il n’est pas trop tard pour améliorer votre éducation. Je peux vous assurer en me basant sur ma propre expérience, que les changements positifs sont vraiment possibles (chez vous et ensuite chez votre fille). Il vous faudra certes de la persévérance et du courage pour vous abondonner à l’Amour et je vous les souhaite de tout coeur.

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    1. Debaene

      Comme vous dites il n est jamais trop tard car aujourd hui j ai 13 ans et je suis une bonne élève (18 de moyenne) mais ça n à pas était toujours le cas. Puis ce que en CP ma maîtresse ne faisait que dire à mes parents que j étais une fille qui rêvait, travaillait trop lentement …….mais aujourd hui je suis une fille qui ne fait que travailler et ça inquiètent de plus en plus mes parents.

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  2. Myriam

    Profession : Animatrice
    Ville : Jarny

    Le rôle de parent est le métier le plus difficile au monde, c’est une remise en question perpétuelle. Ce que je peux ressentir lorsque je lis votre explication c’est que dans tout les cas votre fille est très intelligente et pour cause à n’importe quel monent elle peut se remettre à niveau, pour ma part j’ai connu ce problème et tout simplement le niveau de l’enfant était superieur au niveau de la classe et donc l’enfant ne se trouvait pas à sa place. Je ne pense pas que la punition soit la meilleure solution car en plus les chevaux sont très complémentaires à l’évolution d’un enfant. Longtemps une de mes filles à préférée sa jument à tout le reste et bien je peux vous dire car l’heure actuelle, elle s’en sort plutôt très bien car ce que nous ne pouvons pas faire comprendre à un enfant, le cheval ou le chien, qui ont des règles bien précises s’en chargent régulièrement. C’est un échange de bon procédé, tu fais je fais, tu donnes je donne, tu as envie j’ai pas envie etc… et ca marche. Et vous y ajoutez de la communication, parler et faire parler, avec une dose de complicité et vous verrez c’est gagné !!!

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Les choses ne sont pas si simples et un enfant ne fonctionne pas comme une recette de cuisine. Les mécanismes relationnels, surtout quand ils sont ancrés, sont extrêmement complexes. Pour qu’un enfant nous « fasse confiance » à nouveau, il nous faut une résolution sans faille, de l’amour et beaucoup de temps, d’autant plus que nous sommes nous-mêmes soumis à nos propres mécanismes émotionnels, il ne s’agit donc pas de laisser croire à des parents en souffrance que les choses peuvent être faciles.

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  3. Martine

    Peut être avez-vous peur de votre âge et que votre petite fille le ressente. Alors au plus profond de vous même, il manque « cette patience ». Vous vous énervez, vous criez, pour que votre fille réussisse, c’est comme si vous vouliez que votre fille grandisse et qu’elle ait une bonne situation avant que vous deveniez « vieux ».
    A 9 ans, le corps d’une petite fille commence à changer, c’est peut être trés difficile aussi pour elle. (Je me souviens de ma mère qui tirait les cheveux de ma petite soeur pour qu’elle fasse sa lecture sans faute.) Il faut vous dire que votre petite fille avec ou sans vous, fera son parcours dans les études comme elle voudra. Bien sûr vous pouvez la guider mais sans vous énerver et sans chantage ! Soyez tout simplement présente avec elle ! Prenez le temps ! Soyez là, toute entière à ses côtés ! Sans peur !

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  4. Jean-Michel

    Profession : Infirmier
    Ville : Longwy

    Le problème de la réussite est devenu en temps de crise obsédant. Lorsque j’avais 9 ans pendant les trente glorieuses, je m’intéressais spontanément à plein de choses qui n’étaient pas au programme de l’école. Il en résulte que je ne réussissais pas mes études malgré que mes parents me talonnaient. Puis un jour j’ai choisi mon métier plus tard pour être utile socialement. Il se trouve qu’à ce moment là, comme mes études correspondaient à mon but, je réussissais mieux. Actuellement j’ai un fils lycéen qui ne sait pas ce qu’il veut faire plus tard, mais qui est intéressé par faire la fête avec ses copains jusqu’à des heures impossibles. Inutile de dire qu’il ne réussit pas ses études. Par contre pour faire plus homme il a été très motivé par le permis de conduire qu’il a comme par hasard eu du premier coup. En ce qui me concerne je n’ai pas tendance a dramatiser et j’ai souvent vu les problèmes se décanter si on décrispe. Il m’arrive de penser que la lenteur et l’incertitude pouvaient comporter des avantages.

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  5. Capucine 36

    Profession :
    Ville : Le Blanc

    Nous sommes aussi des « vieux » jeunes parents ; notre fils est aujourd’hui âgé de 13 ans, moi 54 et mon mari 61. Il a les mêmes comportements que votre fille et nous sommes certains qu’il est capable du meilleur comme du pire. Nous sommes persuadés qu’en effet, notre âge nous permet le recul et nous pensons… que nous ne devons pas devenir enseignants … à la place des enseignants. Si notre enfant n’a pas compris une matière, c’est le rôle de son maître de réexpliquer en cours certaines leçons qui lui donneront les clés pour aborder les sujets suivants avec aisance : il y a fort à parier que votre fille n’est pas la seule en difficulté en classe et que les autres élèves en bénéficieraient aussi… Nous nous sommes permis, en séparant la sphère privée du scolaire, de permettre à notre fils de souffler quand il rentre de l\’école (même s’il est nécessaire de superviser son travail scolaire) et de s’épanouir comme un gamin, dans sa maison, avec ses parents ou le chat, ou bien de bricoler, lire, etc.

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  6. David Garcia

    Profession : Sans profession (au chômage)
    Ville : Belarga
    Pays : France

    Je viens tout juste de lire l’article sur l’enfants de 9 ans et demi.
    Et j’ai trouvais çà trés interressant.
    Maintenant, je vais vous donnez mon avis sur le sujet.
    Avant toute chose, sachez que je n’ai jamais û d’enfants.
    Mais çà n’a pas d\’importance étant donner qu’une expérience individuelle ne sera jamais une expérience internationnale (les probalitées son trops nombreuses pour toutes les regroupers).
    Sachez qu’une ou un enfant à une façon d’analizer et de comprendre toutes les situations, trés differaments de celle des adultes on appelle çà la psycologie infantile.
    Le truc, c’est de se souvenir de notre manière de penser et d’agir quand on était enfant. Inutile de faire en sorte qu’il découvre les choses par lui même, il aura le temps d’être adulte pour çà. Il faut tout simplement jouer le jeux avec lui.
    C’est à dire qu’on ne doit pas donner les ordres directements en ossants la voie. Mais indirectement (en lui faisants croire qu’on vas jouer par exemple), pour détourner l’attention sur sa contradiction; alors l’enfant vous obéira et avec le temps il prendra l’habitude de réalizer les repères de la vie que vous lui aurez apris, forgeant ou sculptant ainsi la personnalité que vous voulez que votre enfant ait étant adulte (commencez dès maintenant; car, aprés ce sera trops tards).

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  7. Manu

    Je tiens une sorte de carnet d’emotions qui date depuis pas mal d’années j’ai quelques dessins et quelques mots de mes 9 ans (j’en ai 21 aujourd’hui) qui m’aident à me replonger dans mon ancien etat d’esprit.
    Et certes, c’est pas facile de tout comprendre à cet age la, mais la vie peut etre tellement simple, tellement logique et on la complique tellement,
    Je sais que si un jour j’ai des enfants, et j’ai testé l’experience sur mes neveux, je leur dirai une verité simple et déchirante de bon sens.
    C’est étrange à dire mais j’aurai aimé qu’on me dise à cet age la, et me faire comprendre, sans enervement et avec meme un certain detachement, qu’étudier apprendre des choses, permet d’être heureux, c’est parce que tu as appris à lire à l’école qu’aujourd’hui tu te régale avec tes bd de titeuf, et c’est parce que tu continueras dans cette voie en t’interessant à d’autre matiere qu’un jour, tu pourrais etre une personne importante, un ingénieur si les sciences t’interessent, un professeur pour partager tes conaissances ou un garagiste si tu aimes les voitures, mais sache qu’aucune personne adulte si elle avait la possibilité de refaire sa vie, raterai ses etudes aujourd’hui, c’est ta chance et c’est ton destin.
    Je pense qu’à 9 ans c’est ce que j’aurai aimé qu’on me dise, qu’on m’encourage qu’on me dise la vérité, que je sache pourquoi papa et maman sont si enervé et pourquoi tout les parents et les enfants entre eux sont si enervé. Ca m’aurai peut etre fait peur, mais d’une bonne maniere.

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  8. gilles

    La situation que décrit Béatrice ressemble beaucoup à la mienne. Nous avons un enfant de 10 ans qui est extrêmement sensible, qui est doué voire très doué dans tout ce qu’il fait que ce soit le sport ou les jeux de l’esprit. Là où les choses se gâtent, c’est partout où il est dans une situation d’apprentissage contraint. Par contraint, je veux dire là où il doit suivre des règles, à la maison, les consignes de son enseignant à l’école ou dans son sport.
    Son institutrice nous dit qu’elle ne peut le laisser 15′ seul sans qu’il ne décroche. Et effectivement quand il est laissé seul, des leçons manquent, des exercices ne sont pas copiés. Il apprend avec moi sa leçon (sous la contrainte voire rarement dans la joie et le jeu quand j’en suis capable), il la sait et lorsqu’il doit la restituer ou faire une évaluation, le résultat est moyen.
    Son entraîneur sportif se plaint de ne pouvoir le faire progresser (comme il le voudrait) parce qu’il ne l’écoute pas ou qu’il ne tient pas compte de ses conseils. Alors que ce même entraîneur reconnaît ses progrès (impressionnants mais comment comparer ?)
    Le plus éprouvant, c’est incontestablement les devoirs à la maison. 3 situations : le refus de faire pur et simple, l’absence morale (il n’est pas « là », pense à autre chose, montre par son attitude un refus ou une envie de faire tout à fait autre chose), ou la coopération pleine et entière et redoutablement efficace.
    Et pour compléter le tableau, cette coopération pleine, entière s’obtient quasiment systématiquement après une sévère engueulade suivie d’une réconciliation.

    Pour parler des parents, et bien nous sommes des angoissés : peur de l’échec scolaire de notre fils. Là où nous divergeons, c’est sur la méthode. Je me bats contre moi d’abord pour être un parent aidant, pour trouver des moyens de rendre ludique l’apprentissage, pour lui donner cette confiance qui lui manque. Mais à la lecture de ce post, je me rends bien compte que mon principal problème est mon angoisse et ma fausse confiance en lui : plus exactement j’ai confiance en lui (à froid, au calme en face à face sans enjeu), mais dans les situations de travail, difficiles ou de conflit, mes angoisses reviennent et cela se traduit par mes cris, mes menaces, et la perte de confiance qu’immanquablement mon fils ressent. Il me dit d’ailleurs, « Papa est ce que tu m’aime toujours ? Papa ne me rejette pas, Papa on peut faire un câlin ? » après une engueulade. Ce qui me rassure, c’est que j’ai toujours réussi à garder ce lien avec lui et lui avec moi.
    Mais ce qui me fait mal et qui lui fait encore plus mal, c’est que je continue à déraper trop souvent : cris, menaces.
    Pour ce qui est de ma femme, elle a une vision simpliste : on ne négocie pas avec un enfant, mettre une baffe quand il nous manque de respect ou qu’il ne veut pas se mettre au travail. Autant vous dire que les conflits ont été fréquents entre nous 2 et que notre fils nous a demandé d’y mettre fin, c’est sans doute la chose la plus importante pour lui, cette peur de la séparation. Alors aujourd’hui chacun a mis un peu d’eau dans son vin. Je fais faire les devoirs à mon fils souvent par la contrainte, ma femme ne met (presque plus) de gifle. Mon fils voit un pédopsy (à reculons, il ne veut pas parler de lui et de nous à un tiers, je lui demande d’accepter pour que nous puissions progresser tous les 3).

    Alors je comprends et adhère à tout ce que dit Renaud Perronnet : je suis convaincu qu’il vaut mieux aider que contraindre, j’essaie de prendre du recul quand mes démons ressurgissent. Tout cela est facile à penser, à écrire, à faire à froid.
    Mais je ne suis pas patient, je supporte très difficilement l’attitude conflictuelle que prend mon fils quand je lui demande de se mettre au travail, et je manque des signaux évidents d’appel à l’aide et au final j’ai l’impression de faire plus de mal que de bien.
    Je me fais aider personnellement par un psy, mon vécu d’enfant éduqué par 2 psychorigides ne m’aidant pas particulièrement à aider mon fils. J’ai bien réussi mes études mais autant que je me souvienne, j’étais un enfant discipliné (jusqu’en seconde). J’ai convaincu ma femme de voir un psy.
    Que faire de plus ? que faire concrètement dans les situations où je dérape ou vais déraper ? comment montrer à la fois de la confiance et de la fermeté quand votre fils vous dit non, 5 fois de suite, quand il refuse de réfléchir et répond n’importe quoi ? Pour illustrer par une situation archi-répétée, comment se comporter quand il laisse couler l’eau dans la douche pendant 30 minutes alors que depuis qu’il se douche seul (3 ans),nous lui demandons de ne pas faire couler l’eau inutilement ? Schématiquement, je ne vois que 3 solutions : répéter en lui disant que ce n’est pas bien pour la nature et pour le porte-monnaie de papa, me mettre en colère, l’assister pendant la douche.
    Je vous remercie de vos conseils.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Parce que votre enfant est très doué, le fait que vous le forciez à réussir parle donc moins de ses difficultés à lui que de votre angoisse à vous. Cela, vous en convenez volontiers.
      Il y a donc en vous quelque chose d’irrésistible qui vous contraint d’agir vis-à-vis de votre enfant d’une manière inappropriée, d’autant plus que puisque vous savez à l’avance que vous allez déraper, vous ne pouvez pas faire autrement que de… déraper. Pour sortir d’un schéma dont on est prisonnier, il faut commencer par oser le voir et ce n’est pas une petite affaire : si vous continuez d’être prisonnier d’un schéma que vous prétendez connaître, c’est parce que vous ne l’avez – en fait – pas réellement exploré. Pire, une part de vous-même peut se servir de la connaissance que vous avez des conditions qui ont présidé à votre schéma comme d’un prétexte pour vous penser incapable d’en sortir (victimisation).
      Le poème de Portia Nelson « Autobiographie en cinq actes » illustre joliment ce cheminement, je vous invite à le lire, (mieux à l’étudier) à la fin de mon article « Voir ses schémas à l’œuvre pour y renoncer ».

      Mettez-vous à l’écoute de ce qui – en vous – est réellement déterminé à tenter une approche radicalement différente avec votre fils. Voulez-vous vraiment renoncer à la part de vous-même convaincue par le rapport de force ? Vous partagez que vous voulez « à la fois » montrer à votre enfant de la confiance et de la fermeté, comme si la confiance devait être « contre balancée » par de la fermeté. Peut-être est-ce cette croyance qui fait obstacle à une nouvelle relation avec votre fils ? Quelle est votre priorité ? Réinstaurer la confiance ou éduquer avec confiance et fermeté ? Qu’est-ce qui est le plus important pour vous aujourd’hui ? Est-ce bien d’aimer votre enfant de telle manière qu’il ne doute plus de vous ? Cette reconquête demande beaucoup de courage, de douceur et d’amour. Comment allez-vous vous y prendre pour lui en donner la preuve ? La preuve comprenez-vous ?
      Montrer à son enfant qu’on préfère l’aimer plutôt que de le punir pour avoir laissé l’eau couler, peut l’aider à remettre en cause la certitude qui devient la sienne, que ses parents préfèrent leurs principes à leur enfant.
      Heureusement, il existe – pour les parents – une infinité d’attitudes possibles avec leurs nuances. En fait – peut-être s’agit-il tout simplement de l’étonner ? Et si vous réfléchissiez pour trouver le moyen de faire à votre fils un « électrochoc » de confiance ?

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      1. Gilles

        Merci monsieur pour vos conseils et vos questions. Merci beaucoup.
        Ma priorité ? réinstaurer la confiance. Qu’il ne doute plus de moi et plus difficilement de sa maman (parce qu’elle n’est pas dans la même démarche). Je vais explorer mes schémas en lisant votre article. Il est une croyance fermement ancrée chez moi que ce qui est acquis maintenant (d’un point de vue scolaire) lui donnera un avantage très fort demain. mais j’ai acquis une croyance encore plus forte, c’est que en continuant de la même façon qu’hier, je vais irrémédiablement briser quelque chose de plus important chez lui ou lui attacher un boulet au pied dont il souffrira longtemps. Et ça, je ne peux pas le supporter.

        Avant de lire votre réponse à ma question mais après avoir parcouru votre site et posé ma question, j’ai tenté la chose suivante : hier je l’ai fait réviser dans un mode ludique que vous reconnaîtrez. J’ai joué à l’élève avec mon fils comme professeur. Il a visiblement aimé mais je sentais et je ne crois pas l’imaginer, une certaine curiosité teintée de méfiance. Il se trouvait qu’en plus il était absorbé dans la manipulation d’un jeu que je venais de lui acheter, ce qui le rendait peu disponible. j’ai bien réclamé plus d’attention mais comme un élève le demanderait, sans contrainte, juste des demandes.
        Sachant que son attention peut-être très forte malgré le jeu, j’ai appris ma leçon et je l’ai récité. Il en reste du coup forcément une trace (de la leçon) et surtout des méthodes que j’ai utilisées alternativement pour arriver à mémoriser. Et puis c’était un jeu.
        A la fin, je lui ai demandé une seule chose : colorier la carte comme demandée par la maîtresse. Refus. nouvelle demande. Nouveau refus. Nouvelle demande un peu plus tard : « c’est quand même indispensable, la maîtresse te l’a même écrit ». Refus, non je ne le ferai pas. Là j’avais 2 possibilités : imposer mais alors je revenais dans le schéma que je veux éviter. Laisser faire. Je me suis fais violence (vous avez raison : « la preuve ») et j’ai réussi à moitié (vision optimiste) : je me suis fermé comme une huître, pincé sans dire un mot et je l’ai laissé.
        Méditation pendant la soirée et je revois alors un épisode vu sur votre site où un enfant tue les poules dans un accès de rage. L’éducateur lui dit : « tu as cru que tu étais rejeté par tout le monde ? » ou quelque chose comme ça. Je transpose cela dans ma relation avec mon fils.
        Le lendemain, j’ai attendu 1 heure après le réveil et je lui dit « je crois que tu penses que je t’aimerais moins parce que tu refuses de colorier ta carte. Et bien tu te trompes. Je t’aimerai tout autant que tu la colories ou pas. Mon amour ne changera en rien. Je t’aime et je crois en toi, peu importe cette foutue carte dans notre amour.
        « Non colorier la carte est un moyen d’apprendre et aussi de respecter la demande de la maîtresse. Dans la vie, il y a des choses que l’on doit faire et il y a de bonnes raisons pour les faire. tu l’apprendras plus tard »
        Je l’ai vu marquer le coup. Son attention s’est décuplé, il était à côté de moi, assis, regard vers le bas, à gauche et à droite, comme s’il cherchait à se convaincre de ce qu’il venait d’entendre et son regard s’est un peu mouillé. Puis il m’a regardé et s’est appuyé contre moi en s’abandonnant. Là je pense que je lui ai donné une preuve, une vraie.

        L’électrochoc, si vous avez une idée, je suis preneur. Je pense qu’il teste en permanence mon/notre amour et ma/notre confiance, qu’il a eu des preuves irréfutables mais que les preuves ponctuelles ne sont rien devant 10 années de fil conducteur de type « fermeté ».
        Je vais vraiment explorer mes schémas pour sortir de ce fil. Je me dis que seul le temps et une conduite d’amour lui prouvera la réalité de cet amour.
        Merci encore pour cette discussion.

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Peut-être votre plus grand art résidera-t-il dans le fait d’éviter de vous mettre en position d’échec vis-à-vis de votre enfant. Donc de ne pas lui demander (du moins pas encore) ce que vous savez (aujourd’hui) pertinemment qu’il ne vous donnera pas. Non seulement c’est inutile mais ça crée un dommage pour la relation. Souvenez-vous il s’agit d’une reconquête qui vous demandera de la patience et du temps, mais qui vous donnera aussi beaucoup de satisfaction : celle de sentir votre enfant s’ouvrir à vous en ne vous craignant plus.
          Tout cela est extrêmement délicat : au moment où vous vous « fermez comme une huitre », votre enfant sentira sa victoire qu’il interprétera comme une capacité à vous dominer, ce qui n’augure rien de bon non plus… Oui – bien sûr – « peu importe cette foutue carte dans notre amour », c’est ce qu’il s’agit de lui prouver, plus en le lui faisant sentir (donc en lui en donnant la preuve) qu’en le lui disant. De toutes façons, derrières les mots, n’attendons-nous pas tous des preuves ?
          La finesse dans une relation pédagogique c’est de réussir à faire sentir à l’enfant qu’il n’a (par exemple) pas intérêt à ne pas faire ses devoirs. Cela présuppose que l’éducation est donnée par l’exemple, si votre fils vous voit et vous sent cohérent dans la manière dont vous faites ou ne faites pas les choses, dont vous êtes dans vos relations, il aura naturellement envie de vous ressembler car la cohérence (comme l’équilibre) fait envie. Elle fait d’autant plus envie qu’elle n’est pas imposée…
          Dans un tel contexte, soyez aussi persuadé que le travail que vous menez sur vous-même avec détermination et courage est en soi une très belle preuve d’amour pour votre fils et surtout ne doutez pas qu’il le ressente. Les inconscients se parlent souterrainement.
          N’oubliez pas aussi de lire « Le courage d’éduquer ».
          L’électrochoc se fait en étonnant l’autre, donc en lui donnant par un acte, une preuve d’autant plus forte qu’elle est pour lui irréfutable donc convaincante de l’amour de son parent. Trouvez quelque chose qu’il aime (et qu’il sait que vous n’aimez pas nécessairement), et mettez-vous à son écoute inconditionnelle. Il s’agit moins de « lui faire un cadeau » que de le stupéfier par votre attitude. Partir en voyage, pendant quelques jours avec son enfant peut aussi créer une ouverture dans une relation, si dès le départ, vous savez bien quel est votre objectif et la manière dont vous allez le mener…
          En voilà une excellente idée que celle de lui proposer de jouer à l’élève avec lui, mais si vous le lui proposez au moment même où vous venez de lui faire cadeau d’un jeu, vous lui fournissez (sans le vouloir) l’occasion de vivre une difficulté supplémentaire : celle de se concentrer sur son apprentissage plutôt que de jouer…
          Bonne chance à vous !

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  9. gilles

    Merci à nouveau pour votre réponse.
    Je qualifierais mon fils d’hyper sensible par nature doté d’une force et d’une combativité peu commune. L’amener à mettre cette force et cette sensibilité au service de son bonheur et de ses objectifs me semble bien être mon rôle de père. Le principal obstacle aujourd’hui est sa maturité affective. Elle est celle d’un enfant plus jeune que lui alors qu’il est doté d’une communication d’un jeune adulte.
    Vous avez raison, il vaut mieux éviter ce qui pourrait le détourner de son travail.
    Pour ce qui est de ne plus me fermer ou de ne plus me mettre dans des colères disproportionnées, je sens que c’est maintenant à ma portée (j’ai lu « voir ses schémas à l’oeuvre pour pouvoir y renoncer »). Je dois pouvoir éviter de tomber dans le trou, je sais déjà à quoi il ressemble, et dans la relation avec mon fils, je crois que je sais le voir avant de tomber dedans. Pour d’autres situations ce n’est pas forcément gagné, il y aura encore du travail.
    Ce matin, moment difficile mais oh combien instructif pour moi. Ma femme ayant malheureusement décidé de reprendre les devoirs en main (je passe les détails du conflit entre nous 2 assez violent, au cours duquel je suis tombé dans mon trou mais au cours duquel j’ai quand même passé certains messages forts), ma femme donc donne un exercice de révision à faire seul : conjuguer x verbes à y temps. Indignation de mon fils qui négocie et obtient une remise de 50% en calculant qu’il lui fallait x*y*z minutes pour faire cet énorme travail (calcul juste mais variables fausses). Cela aurait du suffire. Non, car il vient me voir en crise, pleurant qu’il n’y arrivera jamais, qu’il ne pourra pas faire de sport et se vautre sur son lit en refusant de travailler.
    Je le convainc après beaucoup d’efforts de s’y mettre. Je dois rester à côté de lui. Je prends garde de ne pas critiquer sa mère alors qu’il lui reproche de lui donner trop de travail (c’est faux), de le menacer (c’est vrai), de le punir (encore vrai), de le laisser tout seul pour faire son travail (c’est vrai). Il ajoute : »je ne veux pas lui faire plaisir, je m’en fous, elle est méchante, je n’aime pas travailler avec elle, je préfère travailler avec toi Papa ». A ce stade là, je me trompe peut être mais entre charybde et scylla, je choisis scylla. Je lui demande de me faire plaisir à moi (même si je sais qu’il doit travailler pour son intérêt, ce qu’il sait aussi, les colères de la mère sont trop traumatisantes). Je lui confie que « j’ai souffert dans ma jeunesse d’une maman pour qui le travail à l’école comptait plus que tout et que j’avais l’impression qu’elle ne m’aimait pas. Ce qui n’était pas vrai, elle m’aimait mais par moment elle mettait le travail et l’obéissance devant tout le reste. Ca me faisait mal ». Il me prend dans ses bras et me dit je vais te faire plaisir à toi mon Papa, pas à Maman. Après avoir montré son devoir fait à sa Maman, il lui fait un câlin.
    En synthèse, il est clairement incapable de travailler seul, paniqué par un devoir à faire seul, il perd alors tous ses moyens. L’affectif prend le dessus sur tout le reste : méthode, règles mémoire, … il ne lui reste que 50% de ses moyens et de ses connaissances. Et les notes s’en ressentent.
    Le fait que je fasse un gros travail sur moi ne suffira pas. Si je ne convainc pas ma femme de faire la même chose, notre fils ne guérira pas ses blessures, au mieux elles seront justes cachées.
    Monsieur Perronnet, je comprendrais que vous n’ayez pas le loisir de répondre à chaque fois, pour moi le fait d’écrire m’aide à comprendre et à voir clair. Merci encore, vous m’aidez vraiment.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En demandant à votre enfant de vous faire plaisir à vous, en lui demandant de vous comprendre étant donné votre histoire, vous prenez le risque de lui apprendre la dépendance et le pouvoir sur vous…
      J’ai l’impression que – dans votre couple – vous ne pouvez pas faire autrement que de régler vos comptes mutuels à travers votre enfant. Avez-vous déjà songé à faire un travail thérapeutique ensemble ?

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      1. gilles

        Je pense qu’il y a la théorie et la pratique dans une relation parents enfant. En l’occurrence, clairement il vaut mieux éviter de lui demander de me faire plaisir. j’en suis conscient, mais comme je l’ai écrit, j’ai du choisir entre 2 écueils. Et je ne pense pas avoir choisi le pire.
        Je ne lui demande pas de me comprendre quand je lui explique que la relation avec ma mère était compliquée. Je lui permets seulement de partager un fardeau. Sincèrement, je ne vois pas en quoi je lui apprends le pouvoir sur moi ? Mais je retiens la remarque.

        Quand il écrit sur plusieurs feuilles (que je lui ai données la veille) que « je vais le frapper mon père, il fait que des trucs méchants. Il dit des choses que je dois faire que personne ne peut faire alors vous imaginez ce que c’est pour moi … c’est trop dur pour moi. V.. (il écrit son prénom) déteste son père, V… naît esclave et demeure esclave jusqu’à 18 ans enfin j’espère. Je me vengerai plus tard et il ne verra pas mon fils. Je vais me venger de ce qu’ils m’ont fait tous les deux. »
        Il laisse ses feuilles en évidence sur son bureau. Comment l’interpréter ? comme un appel à la discussion ? comme un message qui ne passe pas à l’oral ? faut-il enlever ces notes pour montrer que j’en ai pris connaissance et ne pas lui en parler ? ou au contraire lui demander s’il veut en parler ?
        est ce un signe positif montrant qu’il arrive à formuler ses sentiments et à vivre son vrai Soi pour reprendre la formule d’Alice Miller ? (excellent livre que le drame de l’enfant doué, merci du conseil).

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  10. sandra bona

    bonjour j’etais vraiment touchee par ces temoins et reponces qui aident beaucoup a l’education de la nouvelle generation et puis c’est certe c’est comme un fardeau sur le dos et surtout quand on se trouve seul a realiser cela. merci pour vos attentions sans limites et a bientot.

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  11. Marina

    Bonjour,

    je parcours avidement ce site depuis quelques jours, et y trouve matière à remise en question ainsi que des clefs précieuses. J’ai posté un truc après la lecture (et re lectures) de l’article « pourquoi reconnaître sa toxicité à l’oeuvre dans sa relation avec l’enfant » , dont les mots sont tombés à pic.

    J’ai eu conscience assez tôt qu’un truc clochait chez mes parents (même si à l’époque le terme de toxicité parentale n’existait pas) puis l’année dernière, seulement et enfin, j’ai pu mettre le vrai nom scientifique sur la maladie mentale de ma mère (trouble du comportement de la personnalité narcissique.) Avant de tomber sur les articles et témoignages de Pourquoi Faut-il Reconnaître sa Toxicité, et A Propos des Parents aux Comportements Toxiques, je croyais avoir déjà parcouru la quasi totalité du chemin, tout en sachant confusément qu’il n’était pas encore fini. Je fais très attention à ne pas reproduire avec ma fille le schéma familial dont je suis issue, et pourtant…
    Vos paroles, les articles ainsi que les témoignages et les réponses, que je lis et relis (et relie) depuis quelques jours, j’avais vraiment besoin de les entendre. Elles font leur chemin et donnent tellement de sens. C’est assez douloureux effectivement, mais salutaire.
    C’est vrai que j’ai parcouru un bon bout de chemin, mais je m’aperçois qu’il est encore long. Il m’apparaît maintenant que c’est peut-être même un chemin qui en fait ne finit pas, mais on finit par trouver le bon pas pour le parcourir et il devient, dans la douleur, paradoxalement moins douloureux. Il y a même quelques moments de grâce.

    L’autre soir, je ne me suis pas énervée, et même pas agacée tacitement, contre ma fille alors qu’elle peinait pour faire un devoir toute seule et traînait dessus en regardant le plafond et en gribouillant un peu n’importe quoi, sans vraiment s’y mettre. Je lui ai apporté mon aide de façon toute sereine et même pédagogique puisqu’elle a fini par trouver toute seule et avec plaisir les réponses. Ce n’est pas la première fois que nous arrivons à partager un bon moment en faisant les devoirs, mais c’est la première fois que j’ai réellement réalisé que son attitude d’ouverture ou de fermeture dépend avant tout de la mienne. Je ne me suis pas emportée depuis ces 5 jours.
    J’imagine bien qu’elle pourra pas s’ouvrir ainsi du jour au lendemain à chaque fois, nous rencontrerons sûrement des devoirs d’école et des moments plus difficiles, mais j’ai intégré en moi que l’attitude juste ce n’est pas celle qui me pousse à projeter mes peurs et mes désirs sur mon enfant. Bien sur qu’il est « normal » d’avoir des peurs et des désirs pour son enfant, on s’en soucie et on veut le meilleur pour lui parce que l’on ne s’en fiche pas, mais je projetais sur elle mes propres peurs et mes propres désirs : issue d’une famille toxique, l’école a été pour moi un refuge et une planche de salut, je voyais même mes professeurs comme des parents que j’aurais aimé avoir. J’ai enfin fini par voir que la peur que mon enfant ne réussisse pas à l’école était issue de mon enfance intoxiquée alors que je croyais qu’elle venaient seulement de mon expérience d’adulte bien pensant et qui sait ce qui est bon pour son enfant. C’est tellement évident, pour ne pas dire « bulleux », que je me demande comment je n’ai pas pu m’extirper de ce comportement avant…. j’avais beau savoir que ce n’était pas le bon, je ne voyais pas comment me comporter autrement. Probablement parce justement il ne suffit pas juste de le comprendre intellectuellement, il faut aussi le revivre, pour que ça fasse son chemin non seulement au niveau de l’intellect mais jusque dans nos tripes. Là on comprends vraiment pour de bon, on intègre.
    Bien évidemment je désire toujours que ma fille réussisse, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l’aider, mais l’aider vraiment, la guider, pas la braquer ni lui dicter sa conduite sous la menace ou dans le conflit, elle n’a vraiment pas besoin de cela – et moi non plus d’ailleurs. Et si malgré ça elle ne réussit pas en ce domaine cela ne l’empêchera pas d’être heureuse et équilibrée, et ne m’empêchera pas non plus d’être fière d’elle (je le suis déjà de toute façon !)
    Oui, nos enfants ne sont pas nous, et ils ne nous appartiennent même pas, mais ce sont nos enfants et nous les aimons et nous les protégeons, même de nous-mêmes. Je saurai m’en souvenir.

    L’autre soir, j’ai vérifié ses exercices de français et me suis aperçu devant les réponses trop policées qu’elle avait du tricher en regardant la correction proposée en fin du livre. Lorsque je lui ai demandé si elle avait regardé les réponses elle m’a menti en répondant que non, puis d’un air gêné et mi amusé séducteur l’a admis dés qu’elle a compris que je ne n’aurai pas été dupe… La semaine dernière encore je serais rentrée, peut-être pas dans une colère noire, mais dans une colère quand même, ou alors tout du moins j’aurais dit que c’était « nul » de mentir, qu’elle ne progresserait jamais en trichant et qu’elle le savait et qu’en plus elle mentait : double peine. Ce soir, j’ai pu avant tout me rappeler que si mon enfant me mentait c’était par peur de ma réaction. « Pourquoi tu m’ as menti, c’est parce que tu as peur que je te gronde ?  » – Oui »
    – Et pourquoi tu aurais peur quand je te gronde ?  »
    – C’est parce que tu cries et j’aime pas ça !
    – Ma puce, mais oui c’est vrai, je comprends bien, personne n’aime ça de se faire gronder (dans les bras l’une de l’autre) …moi non plus j’aimerais pas… Est-ce que c’est plus parce que ça te fait mal aux oreilles ou plus parce que ça te fait peur ? »
    – Parce que ça me fait peur. »
    – Ma puce ! … Je ne vais plus te gronder. J’y arriverai. Tu sais pourquoi j’y arriverai ? Parce que je t’aime et que je ne veux plus te faire peur. » Grand sourire de ma fille et dans ses yeux une expression de soulagement, peut-être aussi de surprise, et de reconnaissance.
    Merci pour ce site qui nous a permis cette délivrance, ce moment délicieux et tous les autres qui vont suivre. Puisse mon témoignage servir à celui qui reconnaît ses travers dans les miens.

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  12. Géraldine

    Bonjour, comme Marina en juin dernier, je parcours actuellement et lis avidement ce site que je viens de découvrir. J’y trouve beaucoup de réconfort et j’y puise beaucoup de force pour persévérer dans ma vie de mère, de femme, de future divorcée.
    Je suis séparée de mon mari, et nos 2 enfants (11 et 9 ans) vivent en alternance une semaine chez moi et une semaine chez lui. Mon fils 11 ans et demi n’aime pas spécialement travailler ses cours de 6ème, mais je pense qu’il a compris depuis ces premiers mois de collégien, que l’effort n’était plus le même qu’en primaire, et que la masse de travail était plus importante. Et qu’il devait donc s’adapter.
    Son père et moi n’avons pas la même façon de voir le travail scolaire. De mon côté, j’estime que c’est mon fils qui doit travailler, qu’il se sentira mieux lui-même quand ses notes sont correctes, et que ça n’arrive pas par hasard mais grâce au travail fourni et à ses efforts. Je lui dis que je suis là pour l’aider (réciter les leçons, expliquer une notion qu’il n’a pas bien comprise, l’aider à s’organiser, à planifier un peu ses devoirs, etc), mais en aucun cas pour faire ses devoirs ou bien pour m’installer à côté de lui et le regarder faire. J’essaie de lui faire comprendre qu’il peut compter sur moi, mais que c’est à lui de faire les efforts en premier lieu, qu’un devoir peut paraître insurmontable mais qu’il doit commencer et essayer de lui-même avant de venir geindre auprès de moi qu’il ne sait pas faire. Je suis très convaincue par l’idée de confiance, pour l’avoir appliquée plus facilement quand mes enfants étaient plus jeunes (acquisition de la marche à 1 an, de la lecture en CP, politesse, de leur intérêt pour la protection de l’environnement : je n’avais aucun doute sur leurs capacités… peut-être tout simplement que je montrais l’exemple sans faire d’effort, naturellement justement).
    Côté scolaire donc, je ne sais pas si je fais bien, car du côté de son père c’est une tout autre façon de faire : les devoirs uniquement le dimanche matin, pendant 5h s’il le faut, le père à côté du fils sur la même table. Le père qui suit pas à pas l’avancée du travail etc. Le père qui demande 15 de moyenne générale minimum. C’était ainsi quand on vivait ensemble, et c’est toujours le cas.
    Je préfère que mon fils soit bien dans ses baskets, qu’il ne stresse pas outre mesure et qu’il soit content de ses résultats, mais ma crainte est qu’il comprenne mal et qu’il pense que je suis désintéressée de ses résultats, de ses apprentissages, et que je l’abandonne à son sort.

    J’essaie tant bien que mal, j’espère, d’autonomiser mon fils dans ses devoirs, mais quand il me rétorque ce matin même que : « chez toi je ne fais rien, chez papa je travaille », j’ai du mal à l’accepter…
    Je précise également que son père et moi sommes en conflit ouvert depuis près de 3 ans suite à la séparation (je suis partie), que nous ne communiquons que via nos avocats respectifs, et que je dois affronter des « provocations » de la part de mon fils. Je suis également totalement consciente que mon fils, comme ma fille de 9 ans, doit s’adapter chaque semaine quand il change de domicile… et qu’en soit c’est déjà une pression énorme.
    En vous remerciant d’avance pour votre aide,
    Géraldine

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, votre fils – dont les parents sont séparés – met en évidence devant vous les contradictions de ses parents. N’est-ce pas légitime de sa part ? De votre côté, pourquoi devriez-vous vous sentir négativement touchée ? Ne vous sentez-vous pas juste dans la manière dont vous vous sentez le respecter ?
      Je pourrais aussi vous dire « on en reparlera avec votre fils dans quelques années »…
      Ce que vous avez à accepter n’est pas la soi-disant vérité que son père s’y prenne mieux pour lui que sa mère, mais simplement la contradiction entre vous deux qui ne doit pas être toujours facile à vivre pour lui n’est-ce pas ?
      En fait vous avez le choix entre vous sentir personnellement blessée ou aimer votre enfant.

      Répondre
      1. Géraldine

        Je me sens négativement touchée car le père utilise tous les moyens qu’il peut pour nier mon existence, nier mon rôle de mère et essayer de prouver que je suis mauvaise pour mes enfants. Selon lui, si je ne fais pas comme lui, je suis forcément mauvaise et mal intentionnée. J’ai face à moi une personnalité toxique. Il l’a été pour moi, et je pense qu’il peut l’être envers ses enfants, car quand je lis votre article sur les parents toxiques, je constate qu’il les empêche de développer leur autonomie. Malgré la séparation, son emprise sur moi est encore présente, je ne peux m’empêcher de penser à l’utilisation qu’il va faire de tel ou tel de mes actes (ou non actes), et je me sens contrainte.
        Pour en revenir à l’exemple des devoirs, si je ne m’assois pas à côté de mon fils pour l’aider dans ses devoirs, c’est que fondamentalement selon son père, je ne veux pas qu’il réussisse et je l’entraîne vers sa perte. Je vois bien en écrivant cela que je fais bien plus confiance à mon fils que son père. Je suis convaincue que mon fils est déchiré, tiraillé entre ses 2 parents. Mais comment l’aider ?

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Je suis persuadé que le meilleur moyen d’aider votre fils est de mettre à jour – chez vous – les mécanismes qui font que même si intellectuellement vous comprenez les choses, vous restez émotionnellement, intimement la victime de vos peurs quant à l’emprise (non pas toxique) mais perverse qu’exerce contre vous votre mari.
          Ce travail c’est la découverte de la manière dont vous avez été émotionnellement abusée dans votre propre histoire. C’est cette « soumission à l’abus » et incapacité à mettre des limites (ce qui fait que vous vous sentez encore contrainte par lui), qui semble perdurer chez vous jusqu’à ce jour.

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