Haine de soi

Réflexion n° 2 :

« Si l’on creuse un peu derrière les apparences, on s’aperçoit que la haine de soi n’est que le résultat d’une trop haute idée qu’on a de sa personne (…) ce n’est qu’une forme d’amour de soi exacerbé », dit le Dalaï-Lama.

Il y aurait donc un « faux » amour de soi pathologique masquant la haine de soi et un « vrai » amour de soi, cousin du respect de soi-même.

Quand dans mon métier, j’entends des personnes affirmer qu’elles « s’aiment bien », je me demande souvent si elles ne confondent pas ce qu’on appelle communément l’amour-propre ou un certain narcissisme avec le véritable respect de soi-même.
En fait le narcissique vit un pathétique déficit de l’image qu’il a de lui-même, qu’il compense artificiellement en essayant de donner le change à tout le monde y compris à lui-même. Il est par exemple persuadé que les règles sont faites pour les gens ordinaires et ne s’appliquent pas à lui, car il ne supporte pas ce qui le limite. Il est aussi persuadé que ses besoins sont plus importants que ceux des autres – qu’il ne peut pas reconnaître, notamment dans les domaines professionnels et amoureux.

Plutôt que de continuer à jouer indéfiniment la comédie en prétendant être celui qu’on n’est pas, ne serait-il pas préférable de nous réconcilier avec le véritable « nous-même » (ce qui serait un authentique amour de soi), en convenant simplement des qualités réelles qui sont les nôtres , même si – le plus souvent – nous n’avons pas été aidés en cela par nos parents et nos éducateurs ?

© 2014 Renaud & Hélène PERRONNET Tous droits réservés.

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18 réflexions au sujet de « Haine de soi »

  1. jean michel

    Je ne me souviens pas avoir connu la haine de moi, peut être simplement en début d’adolescence un dégoût de mon physique non athlétique, mais j’ai compris ensuite que c’était bon pour les situations utilisant l’endurance. De même, plus tard je me sentais diminué parce que je ne réagissais pas aussi vite que les autres dans les situations à problèmes, et puis j’ai compris que cette lenteur moins spontanée naturelle me servait à mieux faire le tour des problèmes avant de foncer sur les apparences. En fait on n’est jamais bon à rien, et nos particularités nous préparent à agir dans des domaines et circonstances qui seront utiles d’une façon ou d’une autre, pas forcément celle qu’on croyait au départ. Ca confirme qu’une personne seule est encore plus grandie en étant insérée dans un collectif diversifié, et c’est ce qui fait que la famille est à mon sens une base de départ importante pour se construire. je me demande si être insatisfait de soi en tant que facette de l’estime de soi n’est pas préférable à une certaine indifférence qui ferait de nous des robots dans un monde où tout est régulé sans notre participation. Le narcissisme est probablement susceptible d’être un peu apprivoisé par soi même, en effet qu’est ce qu’on entreprendrait avec enthousiasme si on ne s’en faisait pas avant une image idéale ? C’est valable pour soi, pour les relations, pour les projets, sans pour autant courir après des mirages démesurés d’égocentrisme. On remarque souvent dans les médias des gens réputés importants qui se révèlent d’étranges baudruches dans les faits concrets.

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  2. Karine

    Bonjour, j’ai l’impression que pour sortir du mépris/jugement de soi et du narcissisme et pour ne plus courir après des chimères il faut beaucoup de temps pour apprendre à connaître la personne qu’on est vraiment, reconnaître et accepter ses besoins réels et ses limites, et quand on était mal parti cela demande des remaniements difficiles, des renoncements et des deuils. C’est dur d’accepter d’être un petit être humain limité! Parfois il faut renoncer à des personnes ou à des rêves ou bien tout changer pour mettre en place ce qui permet au mieux de combler nos besoins légitimes. Pourtant je crois sincèrement que cela vaut le coup de faire cette démarche car c’est à mon sens ce qui permet de trouver de la joie durablement. De plus quand on apprend à mieux s’aimer soi-même on apprend aussi à accepter les différences des autres et cela permet d’authentiques partages. Ce n’est pas simple dans la pratique à mettre en place et c’est même parfois inaudible tant cela peut bouleverser l’image qu’on a de nous même et nos croyances. Je trouve que c’est difficile parce que tout le monde a plus ou moins des illusions sur soi, mais tout le monde ne cherche pas à en faire le deuil. Parfois il faut fuir me semble -t-il, du moins si on ne peut pas communiquer.

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  3. Brigitte

    Bonjour,
    Je suis intéressée par ce sujet et vous remercie de le mettre en lumière. En effet, j’ai 50 ans et malgré un travail thérapeutique j’ai des difficultés à lâcher une forme de haine de moi. Enfant et adolescente j’ai été victime de différentes formes de maltraitances… notamment, j’ai fait ce que mon agresseur me demandait, malgré l’interdit de l’inceste. De cela il me reste une image négative de moi. Par ailleurs, ma mère était appelée « la putain du village ». Devant moi, alors que j’étais enfant, des hommes racontaient leurs débats avec elle. A partir de là, ma mère m’a dégoutée, ainsi que la sexualité et il me semble que, malgré le travail thérapeutique, je me dégoûte d’être la fille de ma mère. J’éprouve donc une forme de haine de moi que J’aimerais parvenir à quitter. Pourtant, aujourd’hui, je me sens en paix avec ma mère, il me semble que je comprends pourquoi elle est devenue ce qu’elle est devenue et pourquoi elle n’a pas pu m’aimer. Elle a reproduit son histoire. Voilà ce que je voulais partager avec vous.
    Bien cordialement.
    Brigitte

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui Brigitte, je ne saurais trop vous recommander la lecture de l’intense et passionnant livre du Docteur Muriel Salmona « Le livre noir des violences sexuelles » qui vous aidera à comprendre comment (malgré le travail que vous avez fait), l’information s’organise dans votre cerveau à travers votre mémoire traumatique issue des horreurs que vous avez vécues. Elle explique aussi comment il est possible de désamorcer cette mémoire en réparant les atteintes neurologiques qui sont réversibles.

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      1. brigitte

        Bonjour,
        Merci pour votre réponse. Suite à votre mail j’ai commandé l’ouvrage « le livre noir des violences sexuelles » car, en effet, il pourrait bien m’éclairer. Suite à votre réponse, j’ai parcouru quelques articles en lien avec ce livre et j’ai été très émue par la justesse de ce que j’ai lu. Comment se fait-il qu’en 10 ans de thérapie jamais un professionnel (psychiatre, psychanalyste, psychothérapeute…) n’est évoqué cette mémoire traumatique ? J’en profite pour partager une autre de mes réflexions, je m’interroge sur le lien entre la déclaration du Dalaï lama « La haine de soi n’est que le résultat d’une trop haute idée qu’on a de sa personne… » et ce que je ressens. Suite aux violences, les humiliations, le rejet et l’abandon que j’ai subis je ne pense pas (sauf erreur de ma part) avoir une haute idée de moi ; bien au contraire, la partie de moi qui est en lien avec ces traumatismes à plutôt à voir avec une image négative.
        Chaleureusement
        Brigitte

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Oui, c’est le paradoxe de la formule qui m’a en effet intéressé. Comme il est dit, il est besoin de « creuser un peu derrière les apparences » . Je suis persuadé (même si le travail est souvent long et difficile), qu’il est possible pour un être humain qui a été aussi odieusement maltraité que vous l’avez été, de sortir des influences nocives de cette mémoire traumatique qui se rejoue en lui, c’est-à-dire de ne plus avoir le besoin, pour vivre, de se condamner à bâtir un équilibre instable construit sur un narcissisme compensatoire et un faux amour de soi.
          En sortir c’est pouvoir convenir qu’on a été sali, et que si on a été sali, on n’en est pas sale pour autant. Il est pour beaucoup de personnes bien difficile d’oser sentir qu’elles ne sont pas réductibles à ce qu’on leur a fait où à ce qu’on leur a dit qu’elles étaient (et cela d’autant plus que les traumatismes ont laissé des marques dans leur cerveau.) Cela leur demande de renoncer à l’image fausse qu’elles ont d’elles-mêmes, de renoncer à la haine qu’elles peuvent avoir pour elles-mêmes afin d’accéder à un authentique respect et amour pour les personnes quelles sont, dans l’innocence qui est la leur et dont elles ne peuvent plus douter à mesure qu’elles y accèdent.
          La lecture du livre que je vous ai conseillé plus haut vous y aidera certainement.

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  4. MC

    Bien que je comprenne, je pense, ce que veut dire le dalai-lama et que d’ailleurs vous commentez vous memes fort justement en parlant d’image compensatoire, je trouve que c’est une définition tres théorique. Il est hélas des cas redoutables, comme celui de Brigitte, ou l’on a à faire à bien autre chose.
    Brigitte, je voudrais vous dire mon tres grand respect pour votre immense courage ! Je connais plusieurs personnes ayant subi des epreuves effrayantes comme celles-là, reunir l’ensemble de ces malheurs sur un seul etre c’est au-dessus de l’entendement. Continuer sans cesse de perseverer comme vous le faites c’est magnifique! Bravo ! Je vous embrasse.

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  5. brigitte

    Bonjour,
    Je vous remercie pour vos réponses. C’est bon de se sentir entendue et comprise. Oui, en effet, comme je le pressentais il me semble aussi que la phrase du Dalaï Lama est théorique et que dans mon cas nous avons à faire à autre chose. Ce sujet autour de la « Haine de soi » et nos échanges auront eu le mérite de m’encourager à persévérer. J’ai trouvé quelques pistes intéressantes, constructives, dans le  » livre noir des violences sexuelles ». Cela me fait penser que j’avais lu un autre livre intéressant, il s’agit de « Panser l’impensable » de Fernande Amblad aux Editions Jouvence.
    Chaleureusement
    Brigitte

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    1. el hedri

      Brigitte vous avez tout à fait raison de mentionner les editions jouvence on y trouve des livres excellents et pour la connaissance de soi en particulier. Je vais me procurer celui que vous citez.
      Je ne sais pas ce que Monsieur Perronnet en pense , mais avant de dormir j’ai pris l’habitude de m’adresser quelque fois un message. Par exemple: « je veux etre éclairée sur ce problème précis » et je note les rèves qui ne manquent pas de se produire. La difficulté est ensuite de decripter et de saisir le sens de l’information qui nous est transmise. Cela pour deux raisons, la première nos cultures nous ont coupés de la pensée symbolique et nous sommes devenus si compliqués que les images dont la lecture pourrait etre quasi littérale nous echappent complètement, ensuite et là c’est beauccoup plus subtil et plus grave: le moi de la conscience de veille s’acharne à nous dissimuler
      l’information ou pire va tenter et là on court un gros danger à manipuler et instrrumenter l’information. Du coup bien que cette méthode m’ait beaucoup aidé je n’ose la conseiller. dommage…Cela démontre une fois de plus combien le chemin vers la « liberté » est exigeant.

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  6. Lily

    Bonsoir Renaud, par synchronicité je suis ravie de commenter sur votre site en toute conscience et confiance car je sais que je suis au bon endroit, parce que je sais que je serais pas juger comme on m’ toujours montré du doigt, abandonnée par ma mère, comme elle m’a dit quand je l’ai retrouver a l’adolescence, qu’elle ne m’aimera jamais parce que je suis le fruit de son malheur et que j’ai tout le portrait de mon géniteur violeur, suite à cela par loi de résonance il est logique je n’ai attiré qu’une famille d’acceuil aimante qui allée prendre soin de moi à l’écoute mais au contraire d’amplifier les mémoires traumatique! au contraire de créer un schéma destructeur, donc maltraitante humiliation toute mon enfance pour conséquence une vie pourri pendant plus de 45 j’en ai 46 depuis le 25 janvier et ensuite dans mes vies de couple (maltraitance, violence, humiliation, rejet) a l’age de 3 ans attouchement sexuel, ensuite à l’age de 13 ans humiliation à connotation sexuel par un grand de la 3 iem au collège, moi la bète noir et l’autre le chouxchoux qui faisait se qui voulait pendant que moi « jme taper » toute ses fichus corvées, l’assistante maternel qui me rétorquer sans arrèt t’es qu’une bonne a rien t’es une garce une putain comme ta mère et tu finiras sur le trotoire, toute ma petite enfance a subir ses malédictions puant! sans parler de m’accuser de sorcière, en me portant des accusation assez grave. tous ceci est rester impuni, tout comme pour les personnes ma vie d’adulte …
    Je tiens aussi a préciser que depuis ma maternel j’ai étais malatraiter aussi à l’ecole « la fessée en publique par la maitresse devant les camarades, toute ma solarité n’a était qu’echec, humiation, toute ma vie a supporter mon mal etre dans ce monde… pour dire les femmes ont toujours étaient un cauchemard.. la nourricère de la dass, la maitresse d’ecole, les camarades filles et mème tout le monde j’ai toujours était la risée de tous, et je passe des détailles de ma vie d’adulte juste rajouter que la haine que j’ai vis à vis de moi me pourri la vie et j’ai autant de haine vis a vis des femmes surtout celles qui sont succeptibles de plaire au homme … je comprend bien sur après toute ses annèes de recherche sur notre fonctionnement d’ou vient la dépendance affectives, la jalousie dans la couple que je subit encore et je comprend aussi pourquoi ma vie est bloqué dans tous les domaines et pourquoi ne parvient pas à passer à l’action malgrès de merveilleux outils de développement personnel que je possède aujourd’hui parce que la cause racine est la haine de soi… mais maintenant comment s’en libérer totalement quand on a personne sur qui compter et quand on a pas d’argent (malgrès tous le potentiel que je possède) …
    PS: que se soit pour les addictions, la dependance affective et la jalousie, les anorexiques, les boulémiques, les alcooliques ou mème le tabac ectc… ses substances sont la afin de fuir nos émotions désagréables et anestésier ou d’étouffer la souffrance et je vous l’apprend pas, tant que nous trouvons pas la cause racine qui se trouve bien caché dans l’inconscient par l’ego (semblable à un chien qui cache sa nourriture)

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  7. Renaud Perronnet Auteur de l’article

    Vous semblez en effet « savoir beaucoup de choses » mais en définitive « savoir » ne sert pas à grand chose. Il s’agit de sentir les choses, c’est cela qui vous permettra d’avoir le coeur brisé pour vous-même et c’est à ce moment que l’ouverture se fera.

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  8. Lily

    Merci de m’avoir répondu Renaud, mais pour moi il m’ a fallut chercher et comprendre, comme vous dites cela ne sert pas à grand chose, si! parce que grace à cela je suis toujours en vie aujourd’hui parce que l’ignorance tue autant que la haine de soi ou de la jalousie, d’en prendre conscience est le d »but de la délivrance, parce que je pense que je me serais suicidé…. comme vous dites il suffit de sentir les choses et je connais parfaitement ce que s’est que de’avoir la boule au ventre et d’etre terrifier chaque jours… concernant le coeur brisée j’aimerai que vous me préciser un peut plus parce que je connais aussi peut pas de la façon comme vous le percevez…
    Merci de m’éclairer …

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je veux simplement dire que votre mère vous a fait porter une charge extrêmement lourde et que de vous ouvrir à vous-même c’est oser vous voir – enfin – comme une personne qui a le droit de vivre parce qu’elle est innocente de la charge que sa mère lui a fait porter.

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  9. Lily

    Bonjour Renaud, je valide tout à fait vos réponses, il me faut détricoté les conditionnements et s’est pas tache facile, il y a eu beaucoup de ravage dans mon cerveau (programmes défectueux) . Pour cela il me faut etre ne alignement et entourer des bonnes personnes comme j’ai mis en place une stratégie d’adhérer à 3 associations en relience avec mes attentes, donc l’une ou ce trouve plusieurs activité culturel (Développement personnel) je m’investi en tant que bénévole pour divers taches y compris l’animation, le deuxième se trouve etre dans l’échange des connaissances pour élargir et évoluer et puis la troisième pour le développement spirituel, ce qui me permettra enfin d’etre actif avec des personnes positive ayant les mèmes valeurs et passion… je pense avoir trouver l’antidote pour purifier les mémoires traumatiques noeux et blocage, qui m’empécher d’accepter cette incarnation avec la reconnaissance des autres, la pyramide de Maslow m’a aussi ouvert les yeux …
    PS: la première chose à faire se libérer des personnes toxine en se créant un plan de vie afin de rencontrer des personnes qui reconaitront vos qualités et vos valeurs, à l’écoute et vous soutienne avec l’intelligence du coeur et les personnes négatives partirons d’eux mèmes, parce qu’ils ne supporterons pas vos vibrations …
    Je pense que tous le monde devrait pratiquer cette stratégie pour se libérer de la dépression et de leurs addiction en se créant de leurs passions en activités ….

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    1. Armelle

      Bonjour Lily,
      Il s’est écoulé pas mal de temps depuis ton message, mais tombant dessus ce soir, je réponds pour partager ma compréhension de cette histoire de « coeur brisé » versus « chercher à comprendre ».
      Oui, le mental qui « cherche a comprendre », qui cherche des pistes de solutions ou de réponses, il t’a très certainement sauvé la vie à un moment donné. Il n’est pas à rejeter.
      Il n’y a pas un bout de nous qui ne cherche pas, de la façon qu’il connait, à assurer la survie du système. Le mental, quand il y a détresse, il cherche – comme tout le reste et à sa façon – à contribuer, à chercher une solution. Pour lui ça veut dire essayer de comprendre. C’est ce qu’il sait faire de mieux, rassembler de l’info, analyser, comparer, classer, … essayer enfin de comprendre pour sortir de l’inconfort, ou de l’horreur, parfois.
      Mais ce mental, malgré toutes ses facultés, est impuissant à réparer les morceaux de nous qui sont en miettes. Car ces blessures sont relationnelles, et ne peuvent être apaisées que par une expérience dans le domaine de la relation, pas par la compréhension mentale. Une relation (= relation thérapeutique) qui aura les caractéristiques nécessaires (écoute sans limite, bienveillance sans limite, douceur sans limite, accueil de tout ce qui vit en toi, en nous, sans aucune exception) pour que toutes les parties de nous qui ont quelque chose à dire puissent se dire, se montrer, être entendues, que tout puisse s’ouvrir et que nous tombions à nos propres genoux, le coeur ouvert et brisé, en amour pour nous-mêmes, de reconnaissance de tout ce que nous avons enduré, tout ce que nous avons essayé, etc.
      Avoir le « coeur brisé pour soi-même » c’est mesurer, sentir, sans rien retenir, sans rien juger, sans rien minimiser, tout ce qui est vivant en nous, ce qui a eu mal, ce qui s’est passé et de ce que nous avons ressenti, tout ce qui n’a pas pu vivre.
      En tout cas pour moi, le « coeur brisé pour soi-même », c’est ça, c’est aller contacter ça, et c’est le top et c’est le début de tout.
      En espérant que ce message sera utile,
      Amour.

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  10. Victoire de Tourtour

    Bernanos: « La grâce des grâces, c’est de s’aimer soi-même humblement. » (Journal d’un curé de campagne)

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  11. Fleur

    Merci pour ces posts intéressants. Je suis tres etonnée par la phrase du Dalai Lama, que j’aime beaucoup en général.. mais a-t-il jamais vécu ces minutes ou l’esprit ne pense qu’en terme de « je suis nulle, j’ai tout raté, je ne sais pas prendre les bonnes décisions, etc »… ou la douleur est si vive et ou, comme personne ne l’entend et ne sait la recevoir, alors on se dit tout cela a soi même, attendant en vain qu’on nous dise… mais non, mais non…

    Ce que disent Brigitte et Lily et El Hedri, c’est que l’on peut « comprendre »… on peut mettre sur la table des faits, des evenements, en parler, les décrire, voire même porter un jugement ‘c’est horrible, ca n’aurait pas du arriver), mais apres? pour autant on n’en sort pas. Come vous le dites Renaud, il faut le ressentir, mais c’est toute la la difficulté, car quand on a été maltraité on a appris a se couper de ses ressentis (qui sont tout sauf de l’amour, mais plutot de la tristesse, de la detresse, de la violence…). Ce n’est pas le cerveau qui a été meurtri mais le coeur. Et pour guérir le coeur s’adresser au cerveau est-il vraiment utile? oui, on se sent « compris », on se sent moins seul, d’autres aussi ont souffert… mais personnellement je reste toujours bloquée dans ma forteresse blindée contre la souffrance.. je ne sais toujours pas me faire vraiment plaisir, je n’arrive toujours pas a prendre les décisions constructives agissantes plutot que d’accepter encore et encore de subir comme si je n’avais pas le choix. Je n’arrive pas a m’autoriser… tout cela est rationnel, le souci est l’envie, le moteur… qui marche pour la violence la depreciation mais pas pour l’amour, de soi et des autres.
    Ce qu’il faudrait, sans doute, ce sont des bras réconfortants… comme le singe de Harlow. Or personne ne nous les offre vraiment et on est la au dela des missions des psy…

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  12. Léa

    Est-ce être pathologiquement narcissique quand l’homme que l’on aime ne nous plaît pas physiquement – parce qu’il a retourné la violence des autres contre lui-même et a beaucoup endommagé son aspect corporel- mais nous interpelle et nous correspond, nous bouleverse, nous séduit par la finesse de son analyse, ses connaissances, ses valeurs, son empathie… car sa vie ressemble à la nôtre sur pas mal de points mais qu’on a vécu différemment des moments extrêmement douloureux l’un comme l’autre?

    Je suis déchirée sur ce point alors que cet homme est merveilleux, féministe, protecteur. Je me suis imaginée une vie douce et il me l’offre mais parfois il me dégoûte (je précise que l’on a porté atteinte à mon intégrité psychique et corporelle à maintes et maintes reprises, lui s’est renfermé en lui-même et a attaqué son corps tandis que moi j’allais quand même vers les hommes car ils m’ouvraient alors entre autres leurs bras, et je faisais beaucoup de sport mais je pense que finalement, les deux extrêmes ont des ressemblances).

    Je précise qu’il veut s’améliorer, en a envie et que sur le « marché matrimonial », je suis beaucoup plus jolie que lui mais je ne trouve aucune étude mettant en exergue que cela m’a apporté mon lot d’agressivité tant des femmes que d’hommes à cause de la jalousie ou la volonté de me draguer.

    Il renvoie une image de moi qui n’est pas idéale et qui plombe mon narcissisme.

    J’ajoute que j’ai été très maltraitée enfant alors que lui, non même si son père était absent et sa mère très contrôlante. Son père était absent car il travaillait beaucoup. Moi, mes géniteurs ont été très violents et j’ai beaucoup souffert d’un climat d’insécurité affectueuse, financière…
    Lui a pu se bâtir une carrière, chose que je n’ai pas pu faire, moi, car j’ai subi aussi énormément de violence au travail.
    Est-ce mal de lui dire de faire du sport, qu’il s’habille bien?
    Parfois, il me fait honte et il le sait donc il se corrige.

    Je suis bien perdue…

    Pourquoi personne n’aborde jamais ces problèmes avant que l’on se mette en couple, surtout quand on a pu voir comme moi que des couples se haïr, avoir de la violence contre eux-mêmes, contre les autres, voir des gens se comporter comme des animaux plutôt que des êtres civilisés (ils savaient se tenir au travail quand ils travaillaient pourtant, j’ai l’impression qu’ils déversaient leurs frustrations sur nous quand nous étions enfants, puis aussi à l’âge adulte, sans jamais en prendre conscience)?

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