J’ai donné une tape derrière la tête de ma fille suite à un quiproquo, j’en suis malade, help !

Question posée par Sandrine.

Avez-vous conscience qu’à travers votre malaise et votre mauvaise conscience vous cherchez à vous éliminer ? À définitivement vous disqualifier en tant que mère ?

Pour avoir un tel désir de vous rendre malade, cherchez ce que l’on a pu vous dire, dans votre histoire, à propos de votre propre valeur.


Tentez d’observer la disproportion qui existe entre votre acte et la manière dont vous culpabilisez de l’avoir commis.
Tant que vous restez incapable de convenir la tête haute de ce que vous avez fait (quoi que soit ce que vous ayez fait), des actes qui ont été les vôtres, vous vous condamnez à vous éliminer, ce qui revient à dire à devoir renoncer à votre désir de changer.

Il n’y a pas d’alternative, pour pouvoir changer, il vous faut commencer par prendre la responsabilité de vos actes. Ce qui est fait est fait et vous avez été incapable de faire autre chose que ce que vous avez fait à ce moment-là, compte tenu de la personne que vous êtes.
Suite à un quiproquo avec votre enfant, vraisemblablement énervée, vous tapez. Pour pouvoir un jour remettre en cause votre comportement, il vous faut commencer par l’assumer.
Très ordinairement, vous avez choisi de taper votre enfant pour faire stopper un comportement qui vous était insupportable. En réalité ce n’est même pas un choix, juste l’automatisme d’une personne qui ne supportant pas son impuissance, tape.
Cela parle donc de vous-même, de vos apprentissages et de votre dignité, pas de votre fille.
Pourquoi avez-vous refusé ce quiproquo ? Regarder sa nature vous éclairera sur vous et la manière dont vous vous y prenez pour refouler vos émotions.
Parce que si vous tapez votre enfant que vous ne voulez pas taper, c’est bien parce qu’une énergie de violence refoulée se trouve en vous. Vous conservez une énergie sous pression en vous et, à l’occasion d’un quiproquo, votre énergie refoulée fuite. Il ne peut pas en être autrement !

Maintenant, je vous propose cette pratique :

Prenez un temps pour vous-même, allongez-vous dans un endroit tranquille, et remémorez-vous consciemment ce quiproquo, laissez venir votre malaise, votre agressivité, ne l’étouffez pas. Quel est – en vous – le point sensible qui a été touché dans ce quiproquo avec votre fille ? Laissez venir librement et consciemment dans votre tête et dans votre corps, les associations éventuelles qui se font entre ce quiproquo et votre histoire personnelle (il ne peut pas ne pas y en avoir). Ressentez les tensions dans votre corps, laissez-les s’exprimer comme elles le souhaitent. Contorsionnez-vous si vous en ressentez le besoin.

Il y a là vraisemblablement un nœud que vous pouvez laisser se dénouer à condition que vous restiez en contact avec vos émotions déclenchées. Rien à faire, juste laisser faire et regarder, donner la permission d’apparaître à ce qui est si insupportable pour vous.

Pas de fausse pudeur, c’est ainsi, laissez faire, il n’y a pas de danger, vous êtes seule avec vous-même à essayer de vous voir telle que vous êtes ici et maintenant.

Quoi qu’il advienne, vous êtes d’accord avec le fait que ce soit advenu : c’est donc ainsi que les choses se sont passées pour vous. Ouvrez-vous sans crainte à l’insupportable pour vous-même. Cet « insupportable » est de l’énergie contenue depuis si longtemps, laissez-là s’exprimer comme elle vient.
Elle ne cherche à s’exprimer que pour s’en aller donc pour vous délivrer.
Laissez faire. Pas de répression, pas de mauvaise conscience, les choses sont comme elles sont, vous n’avez qu’à les accueillir.
Accueillez tout ce qui vient. Laissez faire la détente, laissez votre énergie redevenir fluide.

 

Si vous parvenez à pratiquer cet exercice, vous découvrirez que la manière dont vous avez vécu l’insupportable avec votre fille ne parlait en réalité pas de son comportement mais de vous, de vos souffrances refoulées. Vous seule avez besoin d’exprimer pour être apaisée.
C’est tout simple : une émotion très largement refoulée s’est exprimée à l’occasion d’un malentendu avec votre fille.
Pourquoi devriez-vous vous rendre malade (avoir honte), de ce qui vous arrive ?
D’accord, vous percevez maintenant qu’il y a une attitude dysfonctionnelle en vous, et vous avez le droit de chercher à en sortir en vous permettant d’exprimer librement ce que vous contenez depuis vraisemblablement si longtemps.

Plus tard, après avoir fait ce travail, quand vous vous sentirez enfin au moins un peu libérée, réunifiée avec vous-même parce que comprise par vous-même, vous pourrez parler à votre fille avec douceur pour lui expliquer sobrement qu’à l’occasion d’un échange avec elle, une émotion (en lien avec votre passé), a jailli subitement en vous, qui a déclenché votre agressivité.
Dites-lui que c’est bien vous (et non pas elle) qui êtes responsable de vos émotions, et que vous mettez actuellement tout en œuvre pour que cela ne se reproduise pas parce que vous avez compris que c’était à la fois violent et très injuste pour elle.

Puis continuez de ne pas avoir peur, restez légère avec votre fille, ne vous attardez pas trop longtemps et proposez-lui de faire un jeu.

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Pour aller plus loin, lisez : Comment sortir de sa toxicité de parent ?  Culpabilité et amour de soi, ainsi que : Culpabilité et souffrance.

Illustration : Fractale.

© 2020 Renaud PERRONNET Tous droits réservés. 

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2 réflexions au sujet de « J’ai donné une tape derrière la tête de ma fille suite à un quiproquo, j’en suis malade, help ! »

  1. Kiri

    Un jour j’ai hurlé sur mes enfants. J’étais hors de moi. Quelques heures plus tard, après avoir fait le point avec moi-même, je me suis excusée auprès d’eux.
    J’avais eu honte d’eux à la bibliothèque. Leur comportement n’avait pourtant pas été totalement inacceptable mais mes fils s’étaient chamaillés au point de se pousser, dans la bibliothèque ! Ça a durée 10 secondes, puis tout est redevenu normal. Mais cette épisode, je ne l’ai pas digérer, surtout qu’il y avait une mère avec avec son petit garçon, juste à côté, qui était sage comme une image.
    Dans la voiture, au retour, j’ai hurlé sur mes enfants comme jamais, les accusants d’être mal élevés, pas reconnaissante pour tout ce que je faisait pour eux.
    Mais au fond j’étais en colère de devoir élever mes enfants toute seule et de ne pas avoir le respect que je méritais tandis que leur père, qui ne se donner aucune peine pour leur éducation, avait droit à une obéissance à toute épreuve.
    Puis j’ai compris, que je leur en voulais de se soumettre à leur père, comme moi moi-même avait été soumise à mon propre père et à leur père. J’ai aussi compris que j’étais trop dure avec moi-même : à la différence de leur père et de mon père, je demandais à mes enfants d’obéir et non d’être soumis. c’était peut être plus fastidieux pour moi mais plus juste et respectable. D’ailleurs mes enfants m’avaient obéi à la bibliothèque puisque le conflit avait duré quelques secondes à peine.
    Quand l’heure du dîner est arrivée, j’ai dit à mes fils ai que je tenais à m’excuser pour tout ce j’avais dit, mon fils aîné de 5 ans m’a alors dit : « Tu sais maman, on sait au fond que ce n’est pas contre nous que tu es en colère. Tu es en colère contre toi. Mais ça va aller ».
    J’étais stupéfaite. Les enfants sont d’une intelligence. Je n’ai jamais autant appris sur moi-même que depuis que je suis maman. Et du haut de leur petit âge, ils m’apportent des éclairages que je peine à trouver toute seule. Cette vérité est juste belle. Et tous ces épisodes ne font que me faire réaliser que l’enfance et la place qu’on y occupe, sont un véritable cadeau.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Votre non digestion de cet incident est à la mesure de l’absence de conscience de ce que vous avez dû vous-même supporter enfant.
      Oui, les enfants sont fins, sensibles et ils aiment leur parent. Puisse cela être une motivation suffisante pour que les parents maitrisent leurs émotions en leur compagnie ! Quand les parents sont inconscients de qui ils sont et de ce qu’ils ont vécu, leurs enfants trinquent.

      Pour aller plus loin, lisez : Parent efficace ou parent conscient ?

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