5 réflexions au sujet de « Pourquoi s’inquiéter ? »

  1. Vanina

    Bonjour,
    L’inquiétude est un sentiment issu de notre interprétation de la situation. Il est susceptible de perdurer si la situation n’évolue pas ou que je ne suis pas capable d’en modifier ma vision .
    Mon inquiétude vient du travail de ma pensée, plus ou moins consciente, qui fait interagir mes valeurs, la maturation de mes expériences, mes connaissances théorique sur le sujet, ma sensibilité etc…
    Voici par exemple deux évènements qui vont m’inquiéter: les tensions de ces derniers mois entre Kim Jong-Un et Donald Trump, ma collègue qui tape sur la tête d’une personne âgée groggy pour qu’elle mange.
    Dans la première situation, j’assume mon sentiment d’impuissance car mon désir d’agir à ce niveau là est caduque, la situation que je juge inquiétante (pour le moins) ne dépend aucunement de moi.
    Dans la deuxième, mon désir d’agir issu du travail de la pensée me conduit à la construction d’une action (plus ou moins pertinente) pour tenter de faire évoluer la situation.
    En ce sens, je suis bien contente d’avoir une capacité d’interprétation à la vue d’un phénomène. Si il est primordial d’être clairvoyant dans l’émotion ressentie qui est à l’origine de notre sentiment, tout comme dans nos possibilités d’action, il me semble que ce processus est essentiel pour ne pas sombrer dans l’insignifiance de l’être.
    Merci de votre lecture.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui Vanina c’est pour cela qu’il est si important de développer une véritable vigilance par rapport à ce qu’on se raconte à soi-même. Il s’agit non pas d’interpréter les choses mais de les voir véritablement telles qu’elles sont (donc en dehors de l’émotion qui nous contraint à l’interprétation.)
      Il est en effet fondamental que nous devenions responsables de nous-mêmes dans notre relation aux autres et cela passe par une vision lucide qui nous permettra (même dans une situation qui dépend de nous), de faire une distinction entre ce que nous pouvons raisonnablement faire et ce que nous ne pouvons pas raisonnablement faire.
      Cela s’appelle « garder l’équilibre », n’est-ce pas ?

      Répondre
  2. Barbara L

    Le mot « faire » me semble ici primordial. Quelques soient nos pensées, nos souffrances, nos questionnements, au bout du compte il y a le « pouvoir d’agir » (Yves Clot), ce qui inclut aussi la non-action. Tant que nous sommes dans le ressenti, la douleur, le ressassement, alors c’est la souffrance, le poisson qui tourne dans le bocal, le petit singe dans la tete. Des que l’on passe à l’acte/action, même pour écrire ici (sourire) alors la pensée est dirigée vers une tentative de solution/construction… avec tous les risques que cela comporte. Ce que je vois ou entends dans mon quotidien, c’est soit la fatigue d’essayer et l’envie d’être « secouru » (personnes dépressives, burnout…), la perte de ce pouvoir d’agir (mais je ne prétends pas ici etre experte ou sachante, j’essaie juste de ne pas entrer dans trop de détails), mais aussi, chez d’autres, une très grande envie d’agir mais un désarroi face à l’ampleur des enjeux, ou alors l’impression de faire si peu. Il me semble alors que le collectif, les réseaux, des sites comme celui-ci, peuvent apporter ce soutien et ce partage essentiels pour continuer « à y croire »…

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, la possibilité que nous avons d’agir sur les choses pour les transformer, la possibilité que nous avons d’agir sur nous-mêmes pour nous adapter aux choses telles qu’elles sont, sont les moteurs de la vie.
      Et c’est bien un symptôme de la dépression que de croire que cela ne sert à rien d’agir.
      Il s’agit donc moins « d’y croire » que de vivre, ce qui revient à dire « oser se lancer », oser prendre le risque de vivre.

      Répondre
  3. Barbara

    oui oui, je ne parlais pas de fantasmer, mais de se dire, « je peux le faire » et d’oser comme vous le dites si bien. C’est en cours 🙂

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *