365 paroles inspirantes de Swami Prajnanpad pour les 365 jours de l’année

Une boussole pour être

Ces paroles sont des invitations à un travail de connaissance de soi basé sur l’acceptation de la réalité telle qu’elle est ; elles expliquent de manière rigoureuse et implacable comment s’y prendre pour mener une existence la plus consciente et lucide possible.

« Le meilleur service que l’on puisse rendre aux autres, c’est de leur faire remarquer que c’est l’inconscient qui les incite à agir et de les aider à comprendre cet inconscient. »

« L’inconscient c’est une action non terminée dans le passé qui s’introduit de force dans le présent. »

Swami Prajnanpad

En effet, on ne peut pas se libérer d’une dépendance dont on ignore la nature, c’est ainsi que la fine connaissance et la compréhension de soi-même et de son propre fonctionnement sont essentielles à celles et à ceux qui veulent se libérer de leur passé.

Swami Prajnanpad qui disait que la spiritualité n’est qu’un autre nom pour désigner l’indépendance et la liberté, est un sage et thérapeute indien (1891 – 1974), qui a proposé, entre psychanalyse et Advaita Vedânta, une voie originale vers la liberté. Pour en savoir plus, cliquez ICI.

Swami Prajnanpad n’a jamais écrit de livre ni fait de conférence. Ses paroles, toujours adressées à quelqu’un de particulier dans un contexte particulier, sont extraites d’entretiens enregistrés et de réponses à des lettres aujourd’hui publiées.

Avant de les découvrir et pour vous les approprier, gardez à l’esprit que même si ces paroles sont éclairantes, c’est ce que vous en ferez personnellement qui est important.

La parole de Swami Prajnanpad d’aujourd’hui :

Date: 21-10-2020
Si je suis convaincu, je serai convaincant

N'essayez jamais de convaincre qui que ce soit ! Soyez d'abord convaincu vous-même et vous serez immédiatement convaincant. Ainsi cela irradiera de vous et ne pourra que produire un écho. Mais s'il y a un doute, une hésitation, ce doute et cette hésitation vont se répandre autour de vous et produire hésitation et doute à l’extérieur.        

Vers la réalisation de soi, p. 115

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La parole de Swami Prajnanpad d’hier :

20-10-2020: Critiquer ou censurer ?

Vous ne pouvez pas remettre en cause l'expression de qui que ce soit. Mais vous pouvez critiquer ce qu'il exprime. Voyez bien la différence !       

Vers la réalisation de soi, p. 209

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Vous pouvez commander, auprès de votre libraire préféré, ce recueil de 366 citations de Swami Prajnanpad, édité en mars 2020, sous le titre Swami Prajnanpad, Le Maître du Oui, aux Éditions Points Vivre :

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Notes : Ces 366 paroles sont extraites (par ordre de dates de parution), des dix-sept livres suivants, tous (sauf quatre) parus aux Éditions Accarias L’Originel, tous sont le résultat du remarquable travail de traduction, de mise en forme et de synthèse de Daniel et Colette Roumanoff, tous deux élèves de Swami Prajnanpad :

  • R. Srinivasan, Entretiens avec Swami Prajnanpad, 1986.
  • Sumangal Prakash, L’Expérience de l’unité, 1986.
  • L’Art de voir, Lettres à ses disciples, Tome 1, 1988.
  • Les Yeux ouverts, Lettres à ses disciples, Tome 2, 1989.
  • Daniel Roumanoff, Svami Prajnanpad, Un maître contemporain, tome 1, Éditions de La Table Ronde, 1989.
  • La Vérité du bonheur, Lettres à ses disciples, Tome 3, 1990.
  • Daniel Roumanoff, Svami Prajnanpad, Le quotidien illuminé, tome 2, Éditions de La Table Ronde, 1990.
  • Daniel Roumanoff, Svami Prajnanpad, Une synthèse Orient Occident, tome 3, Éditions de La Table Ronde, 1991.
  • Daniel Roumanoff, Psychanalyse et sagesse orientale, 1996.
  • ABC d’une Sagesse, paroles choisies de Swami Prajnanpad, Éditions de La Table Ronde, 1998.
  • L’Éternel présent, 2002.
  • Le But de la vie, 2005.
  • Ceci, ici, à présent, 2006.
  • La Connaissance de soi, 2008.
  • Vers la réalisation de soi, 2009.
  • De la sérénité, 2011.
  • Sumangal Prakash, Svami Prajnanpad mon maître, 2012.

Pour aller plus loin : Pour avoir un aperçu complet de l’enseignement de Swami Prajnanpad, vous pouvez lire la remarquable synthèse faite par Daniel Roumanoff ainsi que sa biographie et un recueil de paroles choisies et classées par thèmes :

  • Daniel Roumanoff, Svami Prajnanpad, Un maître contemporain, tome 1, Éditions Albin Michel, 2009.
  • Daniel Roumanoff, Svami Prajnanpad, Le quotidien illuminé, tome 2, Éditions Albin Michel, 2009.
  • Daniel Roumanoff, Svami Prajnanpad, Biographie, Éditions de La Table Ronde, 1993.
  • ABC d’une Sagesse, paroles choisies de Svami Prajnanpad, Éditions Albin Michel, 2009.

(Daniel Roumanoff est élève de Swami Prajnanpad mais aussi sanscritiste. Ces trois tomes ont été dans leur première forme, une thèse de doctorat soutenue en Sorbonne et dirigée par le philosophe indianiste français Michel Hulin.)

Et aussi : 

  • Les formules de Swami Prajnanpad, commentées par Arnaud Desjardins, Éditions de la Table Ronde, 2003.
  • Vivre, La guérison spirituelle selon Swami Prajnanpad, Emmanuel Desjardins, Éditions du Relié, 2019.
  • De l’autre côté du désespoir, Introduction à la pensée de Swami Prajnanpad, de André Comte-Sponville, Éditions Accarias L’Originel, 1997.
  • Dire oui à ce qui est, Alain Delaye, Éditions Accarias l’Originel, 2013.

33 réflexions au sujet de « 365 paroles inspirantes de Swami Prajnanpad pour les 365 jours de l’année »

  1. Kriss

    Bonjour Renaud, je me permets ce commentaire car cette citation de Swâmi Prâjnanpad m’inspire beaucoup :
    « La seule manière de se défaire de l’émotion attachée au passé est de revivre l’expérience en revenant dans le passé comme si le même incident du passé se produisait maintenant »
    Alice Miller préconise cette méthode également (si je ne me trompe), l’idée vient-elle des deux ou alors Alice Miller aurait-elle été inspirée par les pensées de Swâmi Prâjnanpad ?
    Si cette méthode est ainsi préconisée et par un grand sage thérapeute indien et par une grande psychanalyste, celle-ci pourrait « vraiment » fonctionner, et si tel est le cas, nous pourrions enfin sortir de bien d’émotions exagérées ou inappropriées qui ne surviendraient que parce que certains souvenirs refoulés (car trop difficiles à supporter par l’enfant que nous étions alors) n’auraient pas été vécus, et la bonne nouvelle serait que nous « pourrions » (si nous le voulons vraiment) les « revivre » aujourd’hui, pour enfin se débarrasser de ces émotions qui apparaissent par rapport à des situations actuelles, qui inconsciemment et inlassablement font toujours références à nos souvenirs non vécus car refoulés.
    Si l’on suit ce schéma, il resterait cette question : « si ces souvenirs sont refoulés, ils ne sont donc pas « conscients », comment faire pour les ramener à notre conscience, pour se « souvenir » ? C’est la question la plus importante …
    Dans mon cas par exemple, je réagis souvent (et de plus en plus depuis que j’effectue ce travail sur moi-même) et de manière assez forte (même si je ne le montre pas) par rapport à certaines situations d’aujourd’hui, il y a en effet deux sentiments « fil conducteur », qui en ressortent toujours, je les connais bien, mais je n’arrive pas à les associer au souvenir correspondant qui « resonnerait effectivement’ avec la situation d’aujourd’hui.
    Est-il « vraiment » possible d’avoir accès à ses souvenirs de la toute petite enfance, sans avoir forcement recours à l’hypnose, ou à la régression dans le passé par exemple ?
    Y aurait-il quelques pistes ?
    Merci

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Pour se défaire de l’émotion attachée au passé, Swâmi Prajnânpad proposait simplement de « voir », ce qui dans sa formulation était opposé à penser ou à avoir des opinions sur les choses. « Voir » c’est rencontrer la vérité des choses telles qu’elles sont en en faisant l’expérience, donc découvrir la manière dont nous projetons ici et maintenant le passé sur le futur.
      Quand un être prend conscience à la fois physiquement, émotionnellement et intellectuellement qu’il commet une erreur en sur implantant les choses, il s’arrête de la commettre.

      Mais « voir » n’est pas facile pour celui qui ne se connaît pas, pour celui qui est habitué au mensonge, à la censure et au refoulement parce qu’il vit dans la peur.
      Pour en sortir, Swâmi Prajnânpad avait une méthode que ses élèves ont appelé le « lying » (par opposition avec les rencontres « sittings » que ses élèves avaient avec lui en face à face). Une pratique de non-faire donc d’abandon : en position couchée, juste laisser sortir l’émotion sans se protéger et en acceptant de rencontrer tout ce qui vient. Opportunité de basculer conscient dans l’inconscient pour rencontrer et laisser s’exprimer des forces très puissantes. (C’est dans un tel contexte que certaines personnes retrouvent des mémoires, des souvenirs traumatiques qui étaient occultés depuis longtemps.)
      Notez que le « lying » ne libère pas en soi. Faire un lying c’est saisir le fil rouge de l’émotion pour remonter jusqu’au souvenir refoulé. Se donner l’opportunité « d’exprimer ce qui a été réprimé » dans le passé, disait Swâmi Prajnânpad. Ayant alors (dans le présent) la connaissance des choses telles qu’elles se sont passées, il devient plus facile de cesser de projeter ses illusions sur le monde et les autres.
      Swâmi Prajnânpad précisait : « Seule la compréhension libère » mais il faut préciser qu’il ne parlait pas là d’une simple compréhension intellectuelle, mais d’une co-naissance totale de l’être.

      Il ne s’agit donc pas de « chercher à associer » intellectuellement une émotion à un souvenir hypothétique qui par définition n’a pas été retrouvé, dans l’espoir qu’il puisse résonner en vous. Il s’agit juste d’exprimer ce qui est en le laissant sortir. Encore faut-il en avoir le courage et le goût. Vous l’exprimez fort bien, l’émotion est le fil conducteur qui mène au blocage qu’il s’agit de rencontrer et d’accepter, ceci afin de pouvoir débloquer les choses.
      Alice Miller n’a jamais connu Swâmi Prajnânpad mais je me souviens qu’Arnaud Desjardins (l’un de ses élèves et celui qui avec Daniel Roumanoff l’a fait connaître), avait énormément d’estime et de considération pour elle.

      Répondre
  2. Kriss

    Merci infiniment, pour m’avoir apporté tous vos éclairages sur le sens de « voir », qui permet de débloquer les choses, c’est-à-dire « rencontrer la vérité des choses telles qu’elles sont, en en faisant l’expérience, donc découvrir la manière dont nous projetons ici et maintenant le passé sur le futur ».
    Je souhaitais ajouter par rapport à la méthode « lying » que j’avais récemment d’une manière naturelle utilisé une pratique de non faire et d’abondan en position couchée, mais mon erreur je pense avait été de ressentir seulement ma souffrance qui résultait de mes émotions, au lieu de ressentir et « laisser sortir » les émotions proprement dîtes, ce qui expliquerait qu’aucun résultat ne s’est fait sentir (le fil conducteur étant l’émotion et non la souffrance en résultant)

    Répondre
  3. Kriss

    Bonjour Renaud,
    Suite à nos derniers échanges ci-dessus concernant la citation de Swâmi Prajnânpad :
    « La seule manière de se défaire de l’émotion attachée au passé est de revivre l’expérience en revenant dans le passé comme si le même incident du passé se produisait maintenant »

    Ce qui est tout de même « formidable », c’est que cette citation permet (pour les personnes qui ne le savaient pas)
    de :
    1. « prendre conscience » que les mal-êtres, parfois ou de manière continuelle, ressentis « aujourd’hui », que souvent l’on ne comprend absolument pas, proviennent d’ émotions refoulées de l’enfance qui viennent se « coller » (cela dans une situation d’aujourd’hui qui inconsciemment nous rappelle notre enfance, et qui peut être tout-à-fait anodine) à notre état d’être d’aujourd’hui.
    2. et lorsque cette prise de conscience est faite, d’essayer en ressentant l’émotion d’aujourd’hui de remonter à l’émotion du passé pour enfin vivre et ressentir cette dernière, aujourd’hui, ce qui devrait faire disparaître dans un même temps et définitivement les mal-etres (émotions) habituels d’aujourd’hui.

    Là, nous sommes dans la théorie que j’ai bien comprise « mentalement », mais ce n’est pas du tout là la raison de mon commentaire.

    La nouveauté pour moi, c’est cette prise de conscience en : 1)

    Exemple : j’étais affairée sur mon ordinateur toute l’après-midi (mon esprit était donc bien occupé), mon travail terminé, j’éteins l’appareil et puis, étant seule dans la maison (et dans la vie il faut le préciser car cela change la donne aussi), me retrouve face à un grand silence dans la maison. Un silence lourd, de plomb et qui me fait mal, que je ne m’explique pas. Je sors un peu, m’occupe, rien n’y fait ! Le sentiment me poursuit, alors que hier par exemple j’ai été seule aussi et que le silence d’hier m’a plutôt été agréable et reposant et j’ai pu m’y glisser de manière tout à fait sereine.
    (donc il peut y avoir ces deux cas de figure par rapport à la solitude)

    J’essaie donc d’analyser pourquoi cette « émotion » bizarre par rapport à ce silence lourd d’aujourd’hui ?

    Je n’ai pas encore la réponse au pourquoi,

    mais par contre ce que je peux dire, et c’est la raison de mon commentaire, c’est que la « seule » prise de conscience, qu’il ne s’agit pas d’une émotion d’ « aujourd’hui », mais qu’elle concerne le passé, et même si cette emotion du passé n’est pas « encore identifiée », cela change « tout » que de le savoir :
    car là il y a une explication qui est bien « objective » : il suffit de « regarder les choses comme elles sont » aujourd’hui, et je vois que cette émotion est quand à elle subjective et qu’elle n’a rien à y faire : en effet, je suis libre, il fait beau, et à part cette « émotion » je n’ai pas de problème de santé, aucun problème particulier, je « pourrais » agréablement vivre avec ce silence …

    S’il n’y avait pas cette prise de conscience, ce serait très difficile, car il est très difficile de faire face à un problème si nous n’avons pas au minimum un indice …

    Il me reste à identifier d’où provient l’émotion …
    Puis la ressentir dans l’aujourd’hui …

    Je suis désolée pour la longueur du texte mais j’avais envie de partager cela
    🙂
    Kriss

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je ne dirai pas : « ce qui devrait faire disparaître dans un même temps et définitivement le mal-être (émotions) habituel d’aujourd’hui. » Il serait plus juste de dire : quand on a « vu » les choses à l’oeuvre donc qu’on a été pleinement conscient ne serait-ce qu’une fois que l’émotion d’aujourd’hui n’est qu’une projection de l’enfance, il devient presque facile de ne pas s’y identifier aujourd’hui donc de remettre les choses à leur juste place plutôt que de se laisser manipuler par l’enfant en soi.

      Oui, il va vous falloir vous intéresser de beaucoup plus près à « ce silence lourd, de plomb » qui vous met si mal à l’aise. Vous y intéresser vraiment c’est le rencontrer (on ne peut se débarrasser que de ce que l’on connait), oser plonger dedans (c’est-à-dire plonger là où vous avez peur d’aller), c’est ainsi que l’illusion se dissipera.
      Remarquez que vous ne pouvez pas « analyser pourquoi » puisque vous n’avez pas rencontré ce pourquoi.

      D’accord ce que vous partagez-là est encourageant : « ça change tout de le savoir », vous allez donc avoir le courage d’aller voir ce qui se trame dans cette émotion passée donc rencontrer votre douleur de l’époque, regarder et comprendre les choses telles qu’elles sont.

      Oui, en effet, vous êtes libre en vérité et vous êtes aujourd’hui même encore « occupée » par cette émotion par le simple fait que vous la refusez. Il y a là un jeu à l’intérieur de vous-même : vous faites exister ce que vous refusez. Si vous accueillez, si vous êtes d’accord pour la rencontrer, votre émotion (comme toute émotion) épuisera son énergie et disparaitra.
      Oui, ce silence n’est problématique que parce que vous le refusez… et si vous le refusez c’est parce qu’il n’est pas neutre pour vous, qu’il est encore « coloré » par votre passé.

      Répondre
  4. Kriss

    Bonjour Renaud,

    Merci mille fois, plus, dix milles et ce n’est pas assez …
    J’attendais secrètement votre réponse qui je le savais, allait « éclairer » (le mot est faible) mon commentaire.
    Vos mots qui raisonnent très fort en moi, je les « sais » comme vrai, même si je ne me l’explique pas (puisque non vecus aujourd’hui), il me reste à ne plus « refuser » mon ou mes émotions liées au passé même si pour l’heure je ne sais pas encore comment m’y prendre pour « plonger là où j’ai peur d’aller »…, mais je sais aussi que « ce » reste là du chemin est à trouver et à faire par moi-même, car nous nous trouvons à ce stade dans le domaine des « ressentis » …
    Merci, pour m’avoir permis de prendre conscience du chemin à suivre.

    Répondre
  5. Kriss

    Bonjour Renaud,

    Swâmi Prajnânpad dans l’une de ses citations nous dit :
    « Le transfert : le moi adulte est submergé par le moi infantile.
    Le transfert implique une certaine dépendance. »
    Cela voudrait-il dire que pour que le moi adulte reprenne les rennes (le transfert), il faille « aussi » reconnaître, accepter puis accueillir son moi infantile, soit d’accepter d’en être « pour partie » « dépendant », ai-je bien compris le sens de la citation ?
    En vous remerciant pour votre éclairage sur cette question
    Bien à vous
    Kriss

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Par nature le moi infantile est dépendant de son parent puisqu’il ressent le besoin d’être aimé par lui, il n’est donc pas libre.
      De même à travers le transfert, l’analysé peut ressentir ce même besoin, du moins quand il s’identifie à son moi infantile.
      Le moi adulte doit donc commencer par reconnaitre et accepter ce besoin du moi infantile en lui. Le propre du moi adulte c’est en effet de voir et reconnaitre les choses telles qu’elles sont, c’est ainsi qu’il parvient à se libérer.
      Ce qui nous empêche de voir et reconnaitre les choses telles qu’elles sont, c’est la censure qui est liée à notre idée du bien et du mal que nous retournons contre nous-mêmes.
      Vous pouvez aussi lire : Transfert et contre-transfert

      Répondre
  6. Kriss

    Merci Renaud pour vos explications.
    Je n’avais effectivement pas compris la citation.
    Je vais me référer à votre partage : transfert et contre-transfert

    Répondre
  7. Kriss

    Bonjour Renaud,

    Je viens de prendre connaissance de cette citation de Swâmi Prajnânpad : « aimer le sujet de sa conférence », je ne le voyais pas sous cet angle là en matière de « conférence », je trouve cette citation éclairante (je comprends mieux pourquoi mes quelques petites interventions en publics n’ont pas été un succès, j’étais plus en train de me demander comment les autres me percevaient.
    Et pourtant je le sens un peu ainsi par rapport à mon projet de création d’entreprise : ne faire qu’un avec elle.

    Je comprends cette citation ainsi, nous ne devons pas nous occuper de l' »exterieur » et être « partagé » par rapport à lui, c’est-à-dire :
    pour la conférence se demander si le public va aimer ou non, mais au lieu de cela laisser le partage et la transmission se faire, et pour l’entreprise dans mon cas, vivre l’activité au travers elle et la laisser se déployer sans la peur d’imaginer que les clients pourraient ne pas être satisfaits puisque nous ne faisons plus qu’un avec nous-mêmes et donc avec l’entreprise puisque nous la « vivons », ce qui ne laisse plus de place à la peur.
    En la « vivant », nous pouvons « apporter » , c’est qui est mon intention.
    Petite réflexion.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, c’est en effet ce que cette parole dit, il ne vous reste donc plus qu’à l’expérimenter émotionnellement donc à « le faire » pour vérifier par vous-même si ce qui est dit est vrai.

      Répondre
  8. PascaL

    Notre inconscient est-il à notre service pour notre bien ?
    Qu’est-ce qu’une action non terminée (dans le passé) ?
    Auriez-vous un exemple concret d’action non terminée ?
    D’avance merci pour vos explications

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      L’inconscient existe parce qu’il y a refoulement, il en est la conséquence parce qu’il y a des choses que nous n’avons pas voulu ou pu voir à la lumière de la conscience (Alice Miller appelle cela la « Connaissance interdite »). Pour rétablir l’équilibre, pour exprimer ce qui a été caché, l’inconscient cherche à devenir conscient : il cherche à se libérer. En ce sens nous sommes tous menés à notre insu par notre inconscient et cela à la mesure dont nous exerçons la censure contre nous-mêmes.

      Une action non terminée dans le passé est une action que vous auriez pu ou même dû commettre si vous n’aviez pas été contraint – par la morale, les conventions et le surmoi – de la refouler.

      Un exemple pour illustrer le mécanisme.
      Imaginons que depuis votre enfance et à travers votre besoin d’être aimé, vous ayez toujours obéi à vos parents, et refoulé votre désir intense de devenir comédien parce que votre père vous a toujours dit que « pour être quelqu’un de bien et qui réussit » il vous fallait être ingénieur, tout en vous interdisant de faire du théâtre.
      Jeune adulte, tout semble consciemment bien aller, vous avez maintenant une « belle situation », même si intérieurement et sans bien savoir ce qui se passe en vous ni pourquoi, vous ne vous sentez pas à votre place, vous n’êtes pas heureux, et surtout vous ne vous expliquez pas votre agressivité latente contre vos parents que vous aimez.
      Un soir, invité chez eux, votre père fait ouvertement l’éloge du métier d’ingénieur. Vous ne savez pas pourquoi mais vous vous sentez agacé au plus haut point, votre père fait preuve d’autorité et c’est à ce moment que votre état émotionnel s’amplifie : la discussion s’envenime et vous sentez plus ou moins confusément que vous avez envie de l’insulter. De toutes vos forces vous tentez de vous dominer mais c’en est trop, plus vous tentez de vous dominer plus vous avez envie d’exploser. Finalement vous lui dites des paroles définitives. Après les avoir proférées bien sûr, vous culpabilisez en vous demandant quelle mouche vous a piqué, aidé en cela par votre mère qui accable d’autant plus votre comportement qu’elle ne peut pas le comprendre et s’en indigne.
      Vous rentrez chez vous honteux, vous pensez que vous êtes un ingrat et un mauvais fils.

      Que s’est-il passé ?
      Votre père (sans le savoir), a réactivé par son attitude ouvertement autoritaire votre émotion de colère refoulée liée au renoncement non consenti à votre vocation. Vous avez – inconsciemment – voulu lui faire payer ce renoncement à vous-même. Seulement vous ne vous comprenez pas, vous vous en voulez et jugez votre comportement à la fois insensé et inexplicable.

      Il vous faudra un long travail de connaissance et de compréhension de vous-même pour découvrir que votre père, par lequel vous aviez toujours prétendu vous sentir aimé, ne vous a en réalité pas respecté, pas aimé autrement qu’à travers ses besoins à lui, et qu’inconsciemment vous lui en voulez.
      Au fur et à mesure de votre prise de conscience, du ressentiment et de la colère contre lui va monter en vous, il vous faudra la gérer en l’assumant. Vous allez, pas à pas, découvrir « votre vérité », donner du sens à certains de vos malaises comme à certaines de vos réactions jusqu’ici inexplicables.
      Ce faisant vous allez apprendre à vous respecter c’est-à-dire à ne plus renoncer à vous-même et à vos besoins légitimes, sous le prétexte qu’un autre (fût-il votre père), vous y a enjoint.
      Ce faisant vos parents s’étonneront vraisemblablement de vos nouveaux comportements, ils pourront vous reprocher d’être devenu inconstant. Incapables de vous comprendre, ils interpréteront négativement vos nouveaux comportements et mettront en évidence ce qu’ils appelleront votre ingratitude.
      À moins qu’ils ne décident de vous respecter en reconnaissant leurs erreurs c’est-à-dire qu’ils ne fassent plus prévaloir leurs opinions sur vous au détriment de vos besoins propres.

      Aujourd’hui vous mettez du sens à votre insatisfaction profonde, vous avez enfin découvert que vous avez bâti votre vie sur la base du contentement d’un autre que vous-même.
      Vous savez que « l’action non terminée de votre passé » était votre refus de vous laisser obliger par les projections de votre père. Vous connaissez enfin la cause de votre agressivité latente contre lui. Il vous reste à oser devenir qui vous êtes pour vous sentir apaisé. Vous acceptez enfin votre passé (les contradictions liées à votre éducation), à travers ce que votre inconscient vous a révélé. Peut-être même pouvez-vous en sourire, il n’y a plus de lutte interne entre ce que vous êtes et ce que vous voudriez être, le déchirement a cessé, vous êtes enfin en paix.

      Je pense en effet que notre inconscient lutte pour notre équilibre donc pour notre bien. Il nous met sur la piste de quelque chose d’inaccompli qui demande à s’accomplir. Nous mettre à son écoute, le comprendre, et même permettre son expression, c’est donner du sens à qui nous sommes.
      Comme le disait le poète Rilke : « Nous n’avons aucune raison de nous méfier du monde, car il ne nous est pas contraire. S’il y est des frayeurs, ce sont les nôtres : s’il y est des abîmes, ce sont nos abîmes ; s’il y est des dangers, nous devons nous efforcer de les aimer.
      Si nous construisons notre vie sur ce principe qu’il nous faut toujours aller au plus difficile, alors tout ce qui nous paraît encore aujourd’hui étranger nous deviendra familier et fidèle. »

      Pour aller plus loin et voir le mécanisme de l’inconscient à l’œuvre lisez aussi : La division contre soi-même

      Répondre
  9. Kriss

    Bonjour Renaud,

    « Une relation apparaît quand quelqu’un essaie d’être une personne »,
    Que voulait exactement dire Swâmi dans cette partie de sa citation ?
    Merci d’avance pour votre éclairage.
    Kriss

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En effet Swâmi Prajnânpad fait une distinction entre l’individu et la personne. Pour lui, l’individu est un adulte infantile, la personne est l’homme devenu conscient de son rôle en relation avec les autres, de ce qu’il a à faire et à être. L’individu considère d’abord ce que l’autre est pour lui, la personne considère d’abord ce qu’elle est pour l’autre. (Exemple : c’est mon fils ou je suis son père.)
      De l’enfant au sage, Swâmi Prajnânpad distinguait quatre stades qu’il énonçait ainsi : moi / moi et les autres / les autres et moi / les autres seulement. Donc de l’individu le plus égocentré à la réalisation de la personne : le sage totalement non égoïste.
      Ainsi on peut dire que la relation n’apparaît que quand deux personnes tiennent mutuellement compte de l’autre, et cela jusqu’à « rendre l’autre sien », (a contrario il n’y a pas de relation entre deux individus qui parce qu’ils sont séparés n’ont chacun que faire de l’autre.)

      Répondre
  10. Kriss

    Merci pour votre réponse, je comprends mieux la citation de Swâmi Prajnânpad et j’aime beaucoup votre explication.

    « Une relation apparaît quand quelqu’un essaie d’être une personne » : lorsque quelqu’un « essaie » d’être une personne, c’est peut-être qu’il se rend compte qu’être seulement un individu, manque de saveur. S’il « essaie », c’est que son intention devient autre et qu’il a envie d’entrer dans la relation et la vivre.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui et Swâmi Prajnânpad expliquait que l’enjeu de l’être humain était de se comporter selon ce qu’il appelait non pas la morale mais sa « dignité intrinsèque », (par opposition à être « esclave du mental ».)

      Répondre
  11. PascaL

    Récemment, un collègue m’apprend qu’il a fait des provisions alimentaires pour faire face au prochain effondrement du système financier. Serein et sérieusement, il me confie qu’’il pourra tenir quelques mois en cas de pénurie, de chaos, de guerre urbaine… Quel délai nous sépare de cette crise systémique? déjà 2020?

    Sur le coup, je me suis senti très mal – angoisse, forte anxiété – alors que je me suis déjà informé sur ce sujet ou à la lecture d’articles sur la collapsologie. Mon mental m’a (re-)conduit à la peur racine – la mort. Sur le moment, ce que je vois, c’est que je suis démuni, non préparé, sans solution pour survivre à cette catastrophe.

    Devant cette prédiction, le sage reste serein – car il n’a pas/plus peur de la mort.
    La mort est toujours présente avec lui, il ne la craint plus, il n’espère plus rien, il est prêt à perdre sa vie et à agir pour le bien de l’humanité.

    Devant cette incertitude (ce doute), moi, par contre, je suis stressé par cette idée obsédante que la fin de l’humanité est possible et peut-être pas si éloignée…

    Je ne vois pas le message que m’envoie mon inconscient.
    Quelle est cette action non terminée?

    – Me demande-t-il d’accepter le fait qu’un jour je vais mourir, que je vais tout perdre.
    – Me dit-il, cela ne sert à rien de t’inquiéter, vis au jour le jour de ton mieux, tout ne peut quand même rien y faire, accepte…
    – Me dit-il, tu refuses cette réalité (difficile à supporter) – un jour tout va s’arrêter et les choses ne tourneront sans doute pas comme tu le souhaites, accepte…

    Je vais continuer à travailler sur l’acceptation
    « Dire oui à tout ce qui vient » (émotions)
    « Dire oui à ce qui est » (dans l’instant présent)

    Est-il judicieux de « Dire non à ce qui n’est pas encore » ?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Le stress est l’effort que nous faisons pour nous adapter à la réalité telle qu’elle est (or si nous avons besoin de faire un effort pour nous y adapter c’est bien parce que nous la refusons, n’est-ce pas ?) Pour aller plus loin, faites ce test : Êtes-vous au clair avec les notions de stress de croyance et d’adaptation ?

      Pour pouvoir changer ou transformer une situation, vous n’avez pas d’autre choix que celui de vous adapter à elle. C’est bien parce que vous acceptez votre mal de tête (que vous reconnaissez avoir mal à la tête), que vous pouvez prendre un doliprane n’est-ce pas ?
      Il vous faut commencer par accepter les petites choses, qui ne comprendrait pas que vous angoissiez à l’idée d’un effondrement en 2020 ?! Cette croyance réveille en effet des peurs archaïques en vous. Qui pourrait vous en vouloir de ne pas être un sage comme vous dites ?
      Oui, la seule chose dont vous pouvez être certain c’est qu’un jour vous perdrez ce que vous avez acquis, c’est « la loi ». Raison de plus pour goûter ce que vous vivez consciemment n’est-ce pas ? Et d’agir en conséquence.
      D’autre part vous ne pouvez pas accepter à l’avance quelque chose qui vous fait peur… Accepter c’est accepter l’évidence : ce qui est ne peut pas ne pas être donc déloger le refus de ce qui est qui est en vous (et rien d’autre.)
      Faire tout ce qui est en son pouvoir pour que quelque chose que nous redoutons ne se passe pas est parfaitement sain et légitime (ça s’appelle être conséquent), et c’est en ce sens que l’action écologique est parfaitement justifiée. Les lamentations sont inutiles mais l’action est utile alors regardez ce qui vous reste à faire en votre âme et conscience (regardez ce que vous pourriez faire qui pourrait vous apaiser un peu et faites-le), c’est cela qui vous permettra d’atteindre la paix.
      Le reste c’est juste alimenter le mental qui refuse la réalité telle qu’elle est parce qu’il ne peut pas la supporter !

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  12. Kriss

    Bonjour,
    Merci pour ces partages des paroles de Swâmi Prajnânpad troublantes dans leur simplicité. Ne dit-on pas que la Vérité est simple ?
    Sur la citation du jour :
    « La cause racine de la division,
    La cause racine de la division c’est que votre égo et votre surmoi sont en conflit. C’est la cause de tous les troubles. Ainsi, la sévérité de votre surmoi, comme on dit en psychanalyse, est à la racine de toute tension. »

    Je trouve cette citation très intéressante, car elle « paraît » (et cela n’engage que moi) simple et apporter une clé à certains troubles légers ou moins légers que nous ne saurions pas vraiment définir, et qui empêcherait la détente réelle.
    Je dis « paraît simple » car même si on la comprend intellectuellement il manquerait le « comment faire » pour la résolution des conflits en question ce qui constitue l’étape la plus difficile je l’entends ainsi ici.

    Il serait dommage de ne pouvoir approfondir le sujet qui permettrait de coller à une meilleure compréhension de cette parole du jour, aussi j’aurais cette question : qu’entendait Swâmi Prajnânpad par « surmoi » et pourrait-on s’inspirer d’un exemple de conflit ?
    Je vous remercie pour votre éclairage.
    Bien à vous,
    Kriss

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, elles sont simples, c’est nous qui compliquons les choses, mais nous avons dû les compliquer depuis si longtemps qu’elles ne sont pas faciles à mettre en pratique.

      On sait que Swami Prajnanpad avait lu Freud. On peut donc dire qu’il donne au surmoi la définition classique que lui donne la psychanalyse : une instance qui juge, censure et interdit. Une « conscience morale » en quelque sorte, qui se forme principalement à travers l’image des parents (donc en référence à leur propre surmoi), et qui filtre inconsciemment nos pulsions.
      Le surmoi est donc à l’origine du refoulement de nos désirs et nous conditionne dans nos choix tout au long de notre vie.

      Cela précisé, pour avancer, il faut comprendre deux points.
      Le premier (et il est important de le voir à l’œuvre), est que notre conscient tend constamment à équilibrer son état en faisant en sorte que des tendances psychiques contradictoires ne puissent pas se rencontrer.
      Comprenez par exemple que quand un enfant est maltraité par son parent, il souffre émotionnellement, en même temps qu’il aime son parent. Si ces deux aspects de lui-même se rencontraient, l’enfant ne pourrait pas le supporter. Ses deux émotions étant en contradiction, l’enfant s’efforce de les rationaliser. Cette rationalisation se fait dans le psychisme de l’enfant à partir du surmoi qui tente d’équilibrer les choses pour permettre à l’enfant de survivre. (Si mon parent agit ainsi c’est parce qu’il m’aime.)
      Plus tard, et toujours sur le même mode, l’enfant devenu adulte continue de s’équilibrer inconsciemment avec son surmoi. Cela s’appelle le refoulement et il n’y a aucune raison pour que cela cesse.

      Pour que les choses changent (et c’est là le second point), donc pour se défaire d’un mal, il faut préalablement et précisément l’identifier comme tel. (Début du travail thérapeutique.)
      Mais cette identification ne suffit pas en soi, il faudra que l’adulte devienne capable de discriminer, c’est-à-dire de réussir à voir les choses telles qu’elles sont pour lui ici maintenant, ce qui lui permettra de choisir ce qu’il veut réellement pour lui-même. (Celui ou celle qui a vu que son parent le maltraite ose ne plus s’y soumettre.)
      S’atteler à cette tâche permet à la force des pulsions refoulées de diminuer, ainsi ça « libère » des tensions accumulées. (Je vous rappelle que nous cherchons à sortir de la division pour être enfin nous-mêmes.) Mais attention, au moindre relâchement de l’attention, la personne se trouvera emportée par la pulsion émotionnelle qu’elle rejette, (par exemple alors qu’elle était déterminée à ne plus se laisser piéger par son parent elle pourra se dire en oubliant ce qu’elle veut vraiment : « Oh, je ne vais pas ne pas répondre à sa demande, ça lui ferait de la peine »,) s’interdisant par là-même d’agir conformément à ce qu’elle a vu et senti.
      Il lui faudra à la fois de la détermination et beaucoup de courage pour réussir à repérer puis isoler des émotions contradictoires et vivre sa vie délibérément (ni en conformité, ni en rébellion vis-à-vis de ses parents.)
      C’est pour cela qu’on parle de la nécessité d’affronter sa mauvaise conscience (le surmoi).

      Répondre
  13. Kriss

    Wouah ! voila ce qui me vient à l’esprit, MERCI!
    Votre réponse non seulement m’éclaire mais elle me touche parce que je la comprends, et les paroles de Swämi Prajnânpad prennent tout leur sens pour moi maintenant.
    Ce que je viens de voir et ce qui est nouveau (car je n’ai jusqu’à présent pas su mettre de mot sur le ressenti) c’est la notion de pulsion émotionnelle, qui doit sans doute apparaître (si j’ai correctement compris) lorsque je pense « oh, je ne vais pas ne pas répondre à sa demande, ça lui ferait de la peine » ce que je considérais jusqu’à’ présent comme de l’amour. Et je me débattais dans les contradictions.
    Je dois tout de même préciser que l’amour est là (je le sens bien, c’est celui ou il n’est nul besoin de parler, le cœur est juste ouvert pour cela), mais il s’est, et continue à se transformer progressivement en « état » (laissant s’en aller, doucement, l’amour « émotion »).
    Bien à vous,
    Kriss

    Répondre
  14. Renaud Perronnet Auteur de l’article

    Imaginons que vous ayez une soeur handicapée mentale. Lui demanderiez-vous conseil afin de vous aider à régler vos affaires professionnelles ?
    Imaginons que je m’étonne de ce que vous ne le fassiez pas. Seriez-vous d’accord pour dire que si vous ne le faites pas c’est parce que vous ne l’aimez pas ?
    Ce n’est donc pas parce que l’on aime quelqu’un qu’on lui permet de faire ce qu’il veut avec nous, n’est-ce pas ?
    Le travail est de parvenir à regarder ses contradictions en face.

    Répondre
  15. Kriss

    Merci parce que j’ai compris :
    que je « peux » aimer, dans le sens où j’ai le droit, la légitimité, dans le sens ou cela n’est « pas contradictoire » avec ma façon de ressentir les choses et donc avec ma façon d’agir en conséquence, faire ou ne pas faire, dire ou ne pas dire, dans le respect de ce que je suis.
    Je suis libre d’aimer vraiment et aussi libre de ressentir vraiment,
    je suis libre d’aimer mais aussi de m’aimer,
    d’ailleurs libre d’aimer ne peut se faire sans être libre de s’aimer soi-même.

    Répondre
  16. PascaL

    Merci pour votre nouveau livre – Le Maître du OUI.
    Je vous souhaite qu’il remporte un franc succès en librairie.
    Il sera un de mes guides en cette période défavorable.
    Continuez à prendre soin de vous, de vos proches, de vos lecteurs…

    Répondre
  17. Chris

    Merci Renaud pour cette citation de Swâmi Prajnânpad qui aujourd’hui raisonne en moi :

    « La seule chose qui sauve est la lucidité constante sur ce que je ressens à tout moment. C’est ce qui sert de test pour distinguer entre : fait et fiction, réalité et non-réalité, vérité et mensonge, « je » et mental. »

    Je partage cette phrase, parce que quand je la lis mon cœur bat joyeux et dit que c’est tellement vrai. je peux parler de sa vérité car je la ressens bien, parce que j’ai pu comprendre et intégrer ces deux mots qui me paraissent essentiels, les mots « lucidité » et « ressenti », l’un allant avec l’autre, parce que très longtemps je ne m’autorisais pas à « ressentir » vraiment dans le moment présent, juste ce qui était « autorisé », soit relatif à notre « soi disant morale », ce qui était beau, ce qui pouvait donner la belle image, ce qu’il « convenait » de ressentir, je n’aurais pu affirmer cela si finalement je ne m’étais pas autorisée à être moi simplement, en me regardant de manière honnête, mais sans jugement, en ressentant pleinement tout ce qui se passe en moi.

    Le fait de rester lucide et d’oser ressentir à tout moment, me procure un grand sentiment de liberté, de légèreté et de joie, jamais connu auparavant.
    Finalement qu’y a t-il de plus vrai que la « lucidité » et le « ressenti « , n’est ce pas le propre de la vie (voir et ressentir) ? Ce qui peu conforter dans le fait qu’il ne peut pas y avoir d’erreur de chemin (?)

    Toujours, merci pour votre aide.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Le critère qui vous permettra de toujours savoir si vous êtes ou non sur le « bon chemin » a été donné par Arnaud Desjardins à l’un de ses élèves : « Voir c’est le bonheur de voir, si c’est la douleur de voir, ce n’est pas voir. »

      Répondre
  18. Chris

    Merci pour ce complément d’éclairage. Puis-je prendre le mot « voir » pour « compréhension » aussi (?)

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Voir vous laisse en paix d’un point de vue intellectuel aussi.
      Emmanuel Desjardins dans son livre Vivre – La guérison spirituelle selon Swâmi Prajnânpad, résume bien les choses : « Voir, c’est vivre libéré du poids du préjugé, de l’opinion, du jugement, de la comparaison et de l’illusion. »

      Répondre
  19. Chris

    Oui, je comprends la nuance, voir recouvre quelque chose de plus large, c’est rapide, instantané, cela devient clair.

    La phrase d’Emmanuel Desjardins confirme dans sa définition de « voir », ce que je commence progressivement à entre-apercevoir. Alors de la lire cette phrase ainsi dite, me procure joie et apaisement.
    Merci

    Répondre
  20. PascaL

    J’aurais aimé connaître la vision de Swami Prajnanpad ou d’Arnaud Desjardins sur le sens de la vie, sur la place de l’Homme dans la Nature, et ce qui différencie vraiment l’Homme de l’animal? Est-ce la conscience « raisonnée » le propre de l’Homme? Quid de sa créativité? Au final, la pratique de la méditation (de pleine conscience) ne nous rapproche-t-elle pas davantage de l’animal que nous étions, avec ses instincts de base?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Voici – pour vous éclairer – ce qu’en disait Swami Prajnanpad :
      « Un animal, un enfant ou un homme ignorant sont emportés par leurs désirs. Ils cherchent à satisfaire leurs désirs aussitôt qu’ils apparaissent. Sans les contrôler, sans considérer le temps, ni le lieu, ni les circonstances qui permettent ou non la satisfaction des désirs. C’est le stade de l’individualisme pur. Alors qu’est­-ce qu’un homme ? Il considère comment, où et quand satisfaire ses désirs de manière à se rapprocher du but qu’il s’est fixé. »

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