Différence

Réflexion n° 46 :

Il y a les Français et les immigrés, les juifs, les chrétiens et les musulmans mais aussi les Roms, et puis les hétérosexuels, les bisexuels, les homosexuels et les asexuels, les femmes, les hommes et les transsexuels…

Parce que nous sommes tous différents, nous pouvons nous poser la légitime question de la manière dont nous allons vivre nos différences.

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Humilité

Réflexion n° 45 :

Il est intéressant de noter que le mot humilité (comme humiliation d’ailleurs) appartient à la même famille que le mot homme. Étymologiquement l’homme (du latin homo) est celui qui vient de l’humus donc de la terre, par opposition aux dieux qui ne sont pas des « terriens ».

Ainsi l’homme est humble en ce qu’il reste à sa « juste place », entre deux extrêmes : le trop et le trop peu.

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Prison

Réflexion n° 44 :

J’ai remarqué que beaucoup de personnes entreprennent un travail thérapeutique en s’imaginant qu’il est possible de guérir de ses « schémas » ou de ses « névroses » comme on guérit d’une mauvaise grippe.

Ainsi croient-elles que comme on chercherait à tuer un microbe pour recouvrer la santé, il suffirait de retrouver la ou les causes de ses troubles (le fameux traumatisme) pour en être libre, c’est-à-dire pour pouvoir définitivement sortir de sa prison.

Or ce n’est pas si simple.

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Bouche ouverte

Ce texte est dédié à toutes les personnes qui gardent la « bouche fermée »

Comme l’affirme le titre de l’avant-dernier livre d’Alice Miller : « Notre corps ne ment jamais. »

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Il y a quelques années que je connais Jann – pour l’avoir accompagnée dans sa révélation à elle-même des horreurs vécues dans son enfance.

Elle a d’ailleurs souhaité, il y a 9 ans – avec son talent si particulier – écrire « Histoire de Jann ou La petite fille aux oreilles », une histoire d’inceste qui figure depuis sur mon blog à la rubrique « Écrits thérapeutiques. »

L’autre jour, elle m’a envoyé un petit mot pour me manifester sa joie : « J’ai rencontré un chirurgien formidable, hors du commun et qui m’a tout de suite comprise ! »

Voici son nouveau témoignage :

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Opinion

Réflexion n° 43 :

La semaine dernière sur mon blog, une lectrice m’expliquait que mon article intitulé « Indignation » ne l’avait « vraiment pas convaincue » et que mon analogie avec l’ingénieur en aéronautique était « vraiment mal choisie ».

Par-delà le fait que je puisse – comme tout être humain – être maladroit et peu pertinent dans mes propos, sa réaction (légitime) m’a fait réfléchir à la manière dont beaucoup d’entre nous envisageons les choses de manière exclusive.

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Vieillir

Réflexion n° 41 :

« Vieillir c’est passer de la passion à la compassion », a écrit Camus.

Dans nos sociétés occidentales, on évite de parler des « vieux », on dit plutôt « troisième » ou même depuis que les centenaires sont légion, « quatrième âge ». C’est vrai que le panel est large entre le vieil homme prostré dans son fauteuil et le marathonien de 101 ans (Fauja Singh) qui a commencé la course à 88 ans ; mais aussi entre le « jeune retraité » encore très en forme et un vieillard de plus de 90 ans.

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Schéma

Réflexion n° 40 :

Dans le travail de connaissance de soi, on est amené à appeler l’entrelacs de pensées et d’émotions négatives qui trouvent leur sens dans notre passé un « schéma ».

C’est au moment où nous nous apercevons que nos schémas structurent l’ensemble de nos comportements que nous pouvons nous sentir mobilisés pour nous en débarrasser et commencer ce qu’il est convenu d’appeler un « travail sur soi ».

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Irritation

Réflexion n° 38 :

L’irritation est l’amie de celui qui cherche à se connaître, à condition qu’il soit d’accord pour la regarder de près plutôt que de la justifier (« c’est normal que je sois irrité après ce qu’il m’a fait ») en se racontant que s’il est irrité c’est forcément de la faute des autres.

Pourquoi en effet serait-ce toujours de la faute des autres ?

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Être Charlie

Réflexion n° 37 :

De retour du rassemblement organisé à Colmar ce 11 janvier 2015, en hommage aux 17 personnes tuées en trois jours dans les attentats, la formule de Martin Luther King « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots » nous a semblé plus que jamais d’actualité.

Pour « vivre ensemble comme des frères », il nous faut utiliser notre intelligence pour nous souvenir que ce n’est pas l’homme qui est (parfois) notre ennemi mais son comportement.

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Regrets

Réflexion n° 36 :

Je suis frappé de voir à quel point de nombreuses personnes ont tendance à idéaliser les gens au moment de leur mort, comme si elles voulaient que ne restent que les bons souvenirs…

Comme le dit le refrain d’une chanson de Georges Brassens :

« Il est toujours joli, le temps passé. Une fois qu’ils ont cassé leur pipe,

On pardonne à tous ceux qui nous ont offensés : les morts sont tous de braves types. »

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alt

Ma fille de 14 ans en est à sa 3ème tentative de suicide…

Ou Comment rencontrer la souffrance de son adolescent ?

« Un animal, un enfant et un ignorant sont esclaves de leurs désirs. Ils veulent les satisfaire immédiatement, quels que soient le moment, le lieu ou les circonstances… A quoi reconnaît-on un homme ? Un homme, avant de satisfaire ses désirs, tient compte du temps, du lieu et des circonstances, car il cherche à atteindre un but. »

Swami Prajnânpad.

Un homme, a fortiori un père…

Qu’est-ce qu’être un père ?

« Alice au chat du Cheshire : – Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m’en aller d’ici ? – Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre, répondit le chat. »

Lewis Carroll.

Le contexte :

Paul est un homme d’affaires, toujours entre deux avions, qui m’a écrit une première fois fin 2013. Après une deuxième tentative de suicide (TS) en 3 mois, sa fille de 13 ans, Lucie, se trouvait depuis deux semaines dans un centre pour évaluation et observation des adolescents.

Paul m’expliquait que sa relation à la mère de Lucie avait toujours été très conflictuelle depuis la naissance de leur fille et qu’ils se déchiraient mutuellement à propos des droits de visite et des communications avec leur enfant. Ayant obtenu le droit de garde, il m’explique : « toute trace de sa présence chez sa mère a été supprimée par celle-ci, qui ensuite a déménagé dans un appartement où ma fille dort sur un canapé du salon lorsqu’elle vient en visite, un week-end par mois, et pendant la totalité des petites vacances. Ce rythme a été imposé par la mère et je l’ai accepté sans négocier, à la demande de ma fille qui voulait absolument déménager. »

S’ensuivent un suivi psychologique et plusieurs crises de spasmophilie (syndrome d’hyperventilation lié à un état anxieux) pour Lucie.

Paul se décrit lui même comme un père « cadrant », il estime qu’au contact de sa mère laxiste, Lucie a développé pour survivre « une considérable capacité de négociation / manipulation et de mensonge de laquelle elle semble devenue prisonnière. » Il termine son portrait psychologique par ces mots : « elle a aussi une tolérance à la frustration pratiquement nulle. »

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