Voir les choses telles qu’elles sont : la leçon des feuilles

« La vie est un jeu, un défi, une conquête, simplement parce que les choses n’arrivent qu’une fois. Ce n’est jamais la même eau qui coule sous le pont. Tout ce qui arrive est nouveau, donc précieux, source de lumière. Tout ce qui vient, vient seulement pour vous enrichir, pour vous illuminer, uniquement quand vous êtes prêt à l’accepter. Alors, soyez toujours prêt à être étonné. »

Swâmi Prajnânpad

« Il t’est arrivé de voir une main arrachée, un pied, une tête coupée, gisant séparés du reste du corps ? Voilà ce que se fait à lui-même celui qui n’accepte pas ce qui arrive et qui se sépare du Tout. »

Marc Aurèle

« Ne sentirez-vous donc pas qui vous êtes, pourquoi vous êtes nés, quel est ce spectacle auquel vous avez été admis ? »

Epictète

Le contexte :

L’être humain fonctionne comme une respiration : inspir puis expir. Si nous voulons agir sur le monde et aider les autres, il nous faut alterner entre vivre dans le monde et nous retirer du monde. C’est ainsi que celui qui est dans le rôle de l’aidant, donc en première ligne, devra à un moment se mettre en retrait(e) avant de pouvoir retourner en première ligne.

Puisque dans la dualité il y a l’extérieur et l’intérieur, inséparables, je suis allé prendre soin de mon « intérieur » en allant « faire retraite » pendant une semaine complète dans un lieu de silence et de paix, dans un lieu propice à la méditation, à la réflexion, dans un lieu propice à un abandon vivant.

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Vivre heureux avec Alzheimer ?

« Un patient Alzheimer, ce n’est pas forcément un patient grabataire au fond de son lit, c’est un patient qui au début a quelques troubles et qu’il va falloir accompagner tout au long de l’évolution de cette maladie… Ce qui me semble important, c’est de proposer différentes actions thérapeutiques, médicamenteuses ou non, pour vivre malgré tout avec cette maladie. »

Docteur Drunat.

« Ne pas regarder sans cesse ce que l’on perd ou a perdu, mais ce qu’il nous reste de capacité, d’intelligence ou de sensibilité… et il n’y a qu’ainsi que la maladie peut être supportée et la vie continuer d’être vécue, avec le but de faire de chaque instant un moment important. »

Claude Couturier (patient Alzheimer.)

Regard et parole fondamentalement « révolutionnaires » sur l’accompagnement d’un malade atteint d’Alzheimer, le livre de Colette Roumanoff Le bonheur plus fort que l’oubli donne des pistes précises pour qui veut éviter « les mille et une manières d’aggraver la maladie » (titre du chapitre 6) et au contraire apprendre « les mille et une manières d’améliorer le quotidien » (titre du chapitre 10).

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Le consentement, c’est tout !

« Du latin consentire ; de cum, avec et sentire, sentir, penser. Tomber d’accord sur, accepter, admettre. »

Le Larousse

« Donner est toujours juste, quand il y a quelqu’un pour recevoir. »

Swami Prajnanpad

« Ces amis trop empressés qui vous rendent des services qu’on ne leur a pas demandés – la pire forme d’indiscrétion. On ne devrait pas s’occuper de nous sans notre consentement. »

Emil Cioran

 

JE SUIS UNIQUE

Je suis donc moi-même et pas quelqu’un d’autre

Personne ne m’est identique

ainsi

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Ne pas rester à la surface des choses

(Pratique émotionnelle.)

Il y a quelques jours, en ouvrant mon téléphone portable, je suis tombé sur un mail que ma femme venait de m’envoyer. Impulsivement, sans même prendre le temps d’en lire l’objet, je l’ai ouvert. Il contenait une photo à télécharger.

Un clic plus tard, je reconnaissais le hêtre du jardin, splendide avec ses couleurs automnales.

La photo avait été prise de l’intérieur de la maison de telle sorte que le montant de notre porte fenêtre la barrait en son milieu.

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Traumatisme et présence

Comment s’y prendre avec une personne victime d’un traumatisme ?

Ou comprendre le fonctionnement du traumatisme pour respecter et entrer en relation avec les personnes qui en sont victimes.

Il faudrait agir avec une personne traumatisée comme nous ferions avec une personne blessée, or le plus souvent, le traumatisme ne se voit pas.

« L’amour n’est pas une valeur, mais justement ce qui nous délivre de toute évaluation. La mise en présence la plus pure. »

Fabrice Midal[2]

Question de Daniel :

Je suis le conjoint d’une femme victime d’un viol alors qu’elle avait 16 ans (elle en a aujourd’hui 37). Elle me l’a dit dès notre rencontre il y a 9 ans mais a quitté la phase de déni des conséquences de ce traumatisme depuis seulement quelques mois. Et 20 ans de silence ont gravé beaucoup de choses. Son évolution est très très lente et la honte et la culpabilité sont très présentes. Nous sommes encore loin de l’acceptation, et je ne parle pas de guérison pour le moment. J’éprouve beaucoup de difficultés à l’aider correctement et je suis très souvent maladroit face à des attaques qui ne me sont pas destinées, mais sont dirigées vers moi, au quotidien.

En lisant votre article : « Comment gérer l’agressivité et la violence dans la relation d’aide ? » je me suis reconnu dans les attitudes qui provoquent le conflit et enveniment ces situations.

En tant que thérapeute, considérez-vous que je puisse m’appuyer sur vos travaux concernant les personnels médicaux pour tenter de trouver des éléments de réponse et réussir, un jour, à avoir l’attitude juste face à cette situation ?

Merci d’avance pour votre attention.

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Le mental

« Le mental a son origine dans le refus d’une réalité impossible à supporter. »

Arnaud Desjardins

On ne répétera jamais assez que nous nous faisons principalement souffrir à cause des pensées que nous avons sur nous-mêmes, que nous croyons et auxquelles, sans songer à les remettre en cause, nous obéissons aveuglément.

Ces pensées sont le plus souvent insidieuses et déraisonnables puisqu’elles sont issues de notre expérience propre distordue et de ce que les autres ont raconté à notre propos et que nous continuons obstinément de croire en infidélité complète avec qui nous sommes.

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Projections

Réflexion n° 50 :

Lors d’un dîner, un homme prend la parole pour expliquer aux autres invités que, de nos jours, les gens sont devenus terriblement égoïstes :

–     Hier, alors que je me rendais au restaurant avec une amie, nous avons vu un pauvre homme renversé par une voiture, qui gisait à terre, presque inconscient. Parmi tous ceux qui le regardaient, personne n’avait l’idée de l’aider. Eh bien, après avoir fini de manger, quand nous sommes sortis du restaurant, figurez-vous que ce pauvre homme était toujours à la même place !
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La solidarité des convives

Vous connaissez peut-être la célèbre formule de Martin Luther King qui, le 31 mars 1968 à Washington, cinq jours avant son assassinat, s’exclamait : « Il nous faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons périr ensemble comme des imbéciles. » 

Cette courte histoire issue de la tradition hassidique pour vous le faire sentir de plus près : Continuer la lecture

Le vizir et la mort

« Nous sommes tous créatures d’un jour. Et celui qui se souvient, et l’objet du souvenir. Tout est éphémère. Et le fait de se souvenir, et ce dont on se souvient. Aie toujours à l’esprit que bientôt tu ne seras plus rien, ni nulle part. »

Marc Aurèle

Beaucoup de thérapeutes se gardent de prendre en compte de manière explicite l’angoisse de mort de leurs patients alors que d’autres sont persuadés que, dans une thérapie approfondie, il est à la fois nécessaire et précieux d’aider les patients à accueillir cette angoisse pour s’y confronter et l’élaborer.

Entrer en thérapie c’est notamment se confronter au mécanisme du refoulement et découvrir qu’il est une peur fondamentale : celle de l’idée que chacun se fait de la mort et de l’inéluctable.

Pour vous faire sentir le mystère et l’implacabilité de l’inéluctable et de la mort, je propose à votre réflexion cette histoire qu’on prête à Farid al-Dîn Attar, poète et mystique soufi de la Perse du XIIIème siècle. Continuer la lecture

Enfermements

Réflexion n° 49 :

La plupart du temps nous sommes enfermés, murés à l’intérieur de nous-mêmes, incapables d’en sortir, incapables d’envisager que la réalité puisse être différente de celle que nous pensons voir, incapables d’envisager que les autres puissent avoir une sensibilité, un point de vue différent du nôtre.

En fait nous sommes souvent ignorants, comme cet homme qui – dans la pénombre – prend une corde pour un serpent.

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Neutre

Réflexion n° 48 :

Tout ce à quoi nous accordons de l’attention prend de la valeur à nos yeux. C’est à travers l’attention que nous leur donnons que nous rendons les choses importantes pour nous. Tant que nous ne leur accordons pas d’attention, les choses n’existent pas pour nous et rien ne se produit pour personne.

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Lucidité

Réflexion n° 47 :

Nous ne sommes pas tous égaux face au travail de connaissance de nous-mêmes que nous entreprenons. Il faut dire que le premier obstacle à ce travail c’est qu’il nous demande de partir de « là où nous sommes », quelles que soient les insuffisances, les manques ou les faiblesses que nous pouvons constater en nous. Or une personne convaincue de ses insuffisances en culpabilise le plus souvent et, inhibée par sa mauvaise conscience, ne peut pas se voir objectivement à l’œuvre et continuera indéfiniment de se raconter des histoires sur elle-même.

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