3 réflexions au sujet de « Manipulés par la peur »

  1. Amy

    Oui.
    Se pourrait-il que notre monde industriel occidental plutôt globalement lisse et confortable, qui ne comporte plus ni risque, ni danger, ni surprise (réèls), où tout est plus ou moins prévu à l’avance, contrôlé, anticipé, jalonné, ceintures bretelles parachute…, se pourrait-il, donc, que les membres d’une telle société soient inconsciemment en recherche de peur, car en appétit qu’enfin « quelque chose se passe » d’inhabituel et d’imprévu et amène ainsi de la vie (!) dans des vies normées et lisses où il n’y en a que peu ? Comme on va voir un film d’horreur ou de catastrophe au cinéma, pour enfin ressentir un peu d’adrénaline ?
    La fascination pour quelque chose qui fait peur car au milieu de ce qu’on décide d’être une « catastrophe », là, paradoxalement, on se sent « en vie » ?
    La fascination pour quelque chose, enfin, qui soit plus grand que nous, plus fort que nous, comme on peut être fasciné par une tempête, un orage, où une montagne énorme devant soi, qui nous dépasse et a plus de puissance que nous ?
    (Quitte à exagérer ce qui est devant nous pour s’assurer de cette sensation)
    Bref, il y a nécessairement 1) des causes et 2) des bénéfices secondaires à cette fascination pour le Covid.
    (sans faire mention des peurs de l’enfance réactivées, du rapport à l’autorité protectrice réactivée, …)
    Je continue à réfléchir.
    Merci pour vos posts.

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  2. Isabelle

    On a peur de ce que l on ne connaît pas et de ce qui est mortel. A moins de ne pas tenir à la vie c est bien naturel tout de même…
    Le cancer touche tout le monde et on sait comment se battre contre même …la faim dans le monde c’ est une triste réalité mais là encore on peut agir.
    J ai des parents âgés 86 et 90 ans …j ai peur pour eux car ils sont vulnérables face au covid et leur vie en est bouleversée maintenant.
    Pour l instant on ne sait rien du covid vraiment si ce n est qu il tue les plus faibles et se propage à une vitesse effrayante..
    Bref tout ça me paraît bien logique d avoir peur sans rentrer dans une psychose excessive.
    Au jour d aujourd’hui on ne sait toujours pas comment combattre ce virus ni comment il va évoluer.
    Serions nous manipulés..?? Dans quel but alors ?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Ce que je cherche à communiquer dans ce post c’est qu’il y a quelque chose d’aveuglément égocentrique chez nous, à être dans la peur de la mort d’une personne très âgée qui nous est chère, en même temps que sur notre planète, un enfant de moins de 5 ans meurt de faim toutes les 11 secondes.

      Ce qui nous fait souffrir n’est donc pas « la mort de l’autre » mais la mort de l’autre en tant qu’il nous est proche, que nous y sommes attachés, et que nous ne voulons pas souffrir. Cela nous montre à quel point nous avons oublié l’autre et nous sommes recroquevillés sur-nous-mêmes.
      Cela nous montre aussi que notre principal problème est nous-même.

      Evidemment, loin de moi l’idée de reprocher à quiconque d’avoir peur de la mort prochaine d’un de ses parents, mais c’est juste en cela que je dis que nous sommes manipulés par la peur.
      Il ne s’agit donc pas d’une manipulation externe de je ne sais quelle force obscure, mais d’une manipulation émotionnelle interne qui nous montre à quel point nous nous sommes éloignés de la vie véritable quand nous sommes dans la peur qu’un processus inéluctable et naturel arrive.
      « Tu ne meurs pas de ce que tu es malade, disait Montaigne, tu meurs de ce que tu es vivant. »
      Avoir peur de la mort c’est avoir peur de la vie qui l’inclut : parce que nous sommes nés, nous allons mourir.

      Manipulés par la peur nous devenons incapables d’accompagner dignement « ceux qui vont mourir », nous préférons obéir à notre peur égoïste (c’est toujours la peur qui justifie l’acharnement), plutôt qu’à l’amour que nous avons pour celui que nous aimons en le laissant partir, en lui souhaitant « bon voyage », parce que nous sommes d’accord pour que son temps soit fini.
      C’est ainsi qu’insidieusement, l’égocentrisme (je ne veux pas que tu meures), devient le maitre en s’acharnant pour empêcher la mort, et que manipulés par la peur nous en arrivons à penser que la mort est injuste.
      Notre monde moderne a si peur de la mort qu’il la cache, aujourd’hui avec le virus il ne parvient plus à la cacher et nous vivons dans la peur. Nous payons donc chèrement notre déni de mort.

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