Voir ses schémas* à l’oeuvre pour y renoncer

* Un « schéma » est un entrelacs de pensées et d’émotions négatives qui trouvent leur sens dans notre passé.

Un accompagnement à la connaissance de soi.

« Le meilleur service que l’on puisse rendre aux autres, c’est de leur faire remarquer que c’est l’inconscient qui les incite à agir et de les aider à comprendre cet inconscient. »

S. Prajnanpad.

  • Histoire de notre manière de voir les choses.
  • Mais d’où proviennent les filtres de nos représentations mentales ?
  • Pourquoi sommes-nous assujettis à des schémas ?
  • Quelques exemples de fonctionnement d’un schéma.
  • Comment comprendre ses schémas ?
  • Pourquoi la simple compréhension ne suffit-elle pas ?
  • Un exemple de schéma brisé.
  • Le déroulement du travail.
  • Les 5 stades de la libération d’un de ses schémas.

Histoire de notre manière de voir les choses :

Un aphorisme Zen nous dit avec humour que l’essentiel pour nous dépend du filtre émotionnel à travers lequel nous regardons les choses qui nous entourent : « Pour son amant, une belle femme est un délice, pour un moine c’est une distraction (au sens étymologique de « ce qui détourne ») pour un moustique, c’est un bon repas. » (1)

Ne savons-nous pas tous, instinctivement, que c’est parce que nous sommes à l’aise et de bonne humeur que nous sommes capables de relativiser une situation difficile et qu’à l’inverse, si nous nous sentons d’humeur maussade et acariâtre, nous risquons fort de dramatiser, c’est-à-dire de voir précisément la situation sous son angle le plus sombre ?

La manière dont je me situe par rapport aux choses détermine la manière dont je vais être capable de les prendre.

Vous vous retrouvez, un matin tôt, dans un bus bondé, littéralement compressé contre les autres voyageurs. Là, vous recevez soudain un violent coup de coude dans les côtes. Sous l’effet de la douleur, vous vous retournez, excédé, pour découvrir celui qui vous apparaît comme un jeune « blanc-bec » goguenard et insolent. Votre réaction agressive ne tarde pas.

Le lendemain matin, dans le même contexte, vous vous tenez à la barre centrale de l’autobus. A nouveau, sans crier gare, vous recevez un violent coup de coude dans les côtes. Vous vous retournez, prêt à « mordre » et là, vous découvrez un aveugle désorienté qui tente vainement de retrouver son équilibre.

Non seulement vous ne vous énervez pas mais en une seule seconde, vous n’avez plus mal et culpabilisez de votre réaction émotionnelle intérieure en pensant « le pauvre, lui qui est dans la nuit permanente ».

Que s’est-il donc passé ? Pourquoi pouvez-vous aller jusqu’à dire que vous n’avez plus mal alors que la veille, pour un coup d’une même intensité, vous avez gardé un souvenir cuisant jusqu’au milieu de la matinée ?

En fait (3) :

La manière dont nous nous sentons ne provient pas de ce qui se passe dans notre vie mais de linterprétation que nous donnons de ce qui nous arrive. Et c’est une bonne nouvelle car si la manière dont nous nous sentons devait provenir de ce qui se passe dans notre vie, nous serions les esclaves de ce sur quoi nous ne pouvons généralement rien. Par bonheur nous y sommes pour quelque chose… puisque c’est nous qui interprétons.

Mais alors, pourquoi interprétons-nous donc souvent les événements d’une manière négative ? Pourrions-nous, sinon ne plus interpréter, du moins ne plus être les victimes paradoxales de nos propres interprétations négatives ?

Si nous sommes si souvent les victimes de nos interprétations négatives, c’est parce que nous sommes le théâtre d’une lutte permanente entre des humeurs contradictoires et changeantes qui font fluctuer notre conscience.

« La sonnerie du téléphone retentit, vous êtes à l’instant même un autre que celui que vous étiez avant que la sonnerie n’ait commencé à retentir. Vous entendez un timbre de voix au bout du fil : suivant que cette voix sera connue ou inconnue, agréablement reconnue ou désagréablement reconnue, vous serez encore un autre. Et ainsi de suite… »(4)

Telle une barque au fil du courant, nous nous laissons dériver, instant après instant, au fil de nos rencontres et impressions émotionnelles.

Nous ne voyons pas le monde réel, nous voyons le monde à travers les filtres de nos représentations mentales, elles-mêmes conditionnées par nos émotions. Si nous souhaitons vivre dans le monde tel qu’il est, nous avons en premier lieu à devenir capable d’identifier les filtres qui nous le masquent.

Le plus souvent nous nous représentons les choses non pas telles qu’elles sont mais telles que nous voudrions qu’elles soient, c’est-à-dire telles que nos schémas(2) nous les rendent désirables à travers leurs distorsions. C’est ce que nous appelons notre « vision du monde ».

Ainsi, nous sommes capables – paradoxalement – de faire de la liberté un idéal, tout en demeurant esclaves de nos conditionnements.

Mais d’où proviennent les filtres de nos représentations mentales ?

« Le développement de l’enfant se fait par cristallisation autour d’impressions emmagasinées dans l’inconscient, à partir d’un drame ou des drames de sa petite enfance, qui demeurent aussi puissants et actifs qu’ils sont oubliés.

Ainsi, ce que nous sommes est l’expression de ce dont nous nous sommes nourris. Nous sommes le résultat des impressions que nous avons perçues, des événements que nous avons vécus.

Si une blessure laisse une cicatrice sur notre être physique, un drame laisse une cicatrice sur notre être psychique.

Un enfant s’est senti abandonné par sa maman. Devenu adulte, il s’angoisse dès que son épouse est en retard ou manifeste son désaccord même sur un détail secondaire.

A des degrés différents, tout le monde est prisonnier du passé.

Quand un adulte réagit violemment, hors de proportion avec la situation donnée, c’est que les gens ou les événements lui font beaucoup plus mal, infiniment plus mal qu’ils ne lui font apparemment pour des yeux extérieurs. » (4)

Si nous avons été très aimé et bien traité, nous grandirons dans un sentiment de « confiance foncière » selon l’expression du psychanalyste Eric Erikson. Dans ce contexte, nos relations affectives seront ouvertes et stables, basées sur la confiance en soi et le respect de l’autre.

Mais si nous avons été victime de maltraitance (et il n’est pas nécessaire d’avoir reçu des coups pour nous être senti mal aimé), nous risquons fort de nous enfermer dans un schéma de défiance et de méfiance systématique et bien évidemment inadapté à la réalité de nos relations.

Mais qu’est-ce, au juste, qu’un schéma ?

Un schéma est un entrelacs de pensées et d’émotions négatives qui trouvent leur sens dans notre passé. Ici et maintenant, nous sur implantons le passé sur le présent parce que nous avons peur de nous laisser à nouveau prendre au piège.

« Chat échaudé craint l’eau froide », dit l’adage. En fait, notre drame réside dans l’assujettissement au passé et la généralisation hâtive.

Pourquoi sommes-nous assujettis à des schémas ?

« Si le seul moyen de préserver le moi consiste à perdre autrui, alors l’enfant ordinaire préfère renoncer à son moi », constatait Abraham Maslow. En fait, « nos schémas reflètent les sacrifices que nous avons dû consentir pour préserver l’essentiel – ou ce que nous tenions pour tel. » (1) Nos stratégies schématiques nous ont toujours permis dans le passé de trouver des solutions à nos problèmes. Et, bien qu’elles soient obsolètes aujourd’hui, nous les répétons.

Si nous les répétons, c’est parce qu’au cœur de nos automatismes, nous ne pouvons pas faire autrement, « tout notre être est mémoire. (…) Les souvenirs obligent à construire un schéma d’action, souvent bricolé de façon à apaiser une insupportable souffrance. (…) Les représentations se construisent dans le cerveau à travers le filtre des émotions. Émotions et affects servent de support à leur construction. » (5)

Dans le passé, et parce que nous avions besoin d’affection et de reconnaissance, nous nous sommes conformés à ce qu’exigeaient de nous, nos éducateurs qui nous disaient : « Tu es un gentil garçon » ou « Tu es une gen­tille fille », lorsque nous faisions ce qu’ils voulaient, ou nous qualifiaient de « méchant garçon » ou de « méchante fille » quand nous ne le faisions pas.

Ainsi, nous nous sommes mis à prétendre être qui nous n’étions pas, juste pour faire plaisir aux autres, juste pour paraître assez bien à leurs yeux. Nous nous efforcions de faire plaisir à nos éducateurs et, par là-même, nous avons commencé à jouer des rôles, à prendre des masques, à nous conformer, par peur d’être rejetés.

Cette peur peut avoir créé chez nous, peu à peu, le schéma de la hantise de ne pas être comme il faut : le schéma de la soumission. Et si nous nous sommes soumis, c’est parce qu’à l’époque, notre besoin de reconnaissance était plus fort que notre besoin de respect de nous-même.

Alors, que sommes-nous devenus ?

Au bout du compte, à force de répétitions, nous sommes devenus conformes à nos schémas, c’est-à-dire à quelqu’un d’autre que nous-même, un peu comme si nous étions devenus des copies de ce que les autres pensaient de nous.

« L’adaptation aux besoins parentaux conduit souvent (mais pas toujours) au développement d’une « personnalité-comme-si » ou de ce qui est souvent appelé faux-Soi. L’enfant se conduit de manière à ne montrer que ce que l’on attend de lui, et il s’identifie complètement à cette apparence. Son vrai Soi ne peut se développer et se différencier car il ne peut être vécu. » (6)

Quelques exemples de fonctionnement d’un schéma :

Une petite fille n’a pas reçu suffisamment d’empathie, d’attention, d’amour, de la part de ses parents trop occupés par leur nouveau commerce. Peu à peu, sa conviction profonde s’enracine inconsciemment en elle : « quand j’aime quelqu’un, mon attente est déçue. » Enfant puis adolescente en manque de reconnaissance, elle a remarqué que plus elle devenait une « petite adulte responsable », plus elle recevait de l’attention de ses parents. (Le jour où, notamment, elle s’est mise à fumer comme eux, elle a ressenti pour la première fois de sa vie, une certaine complicité avec eux.) De leur côté, ses parents, préoccupés par leurs propres difficultés professionnelles, ont pensé : « quelle chance que notre fille devienne si rapidement autonome, nous n’avons pas besoin de nous en occuper. » Ainsi les efforts, issus du manque de l’adolescente réduite à la mendicité relationnelle, comblent les parents qui ne se doutent de rien.

« Un enfant est totalement sans défense contre ce genre de manipulation. Le drame est que les parents eux aussi sont livrés sans défense à ce mécanisme, aussi longtemps qu’ils se refusent à affronter leur propre histoire. » (6)

Devenue jeune femme, elle constate en se lamentant que ses différentes conquêtes lui filent entre les doigts. Elle s’étonne de tomber sur des hommes fragiles, instables et peu sûrs d’eux avec lesquels elle ressent confusément qu’elle ne pourra pas bâtir une relation solide. A chaque fois, c’est l’échec.

Elle constate, tentative de relation après tentative de relation, que quand elle aime, elle est toujours déçue. Trouvant la vie bien injuste, elle envie les autres qui semblent ne pas avoir de problèmes pour construire leur vie affective. Elle ignore qu’elle perpétue un schéma qui date de son enfance. Pour « sauver la face », elle se cache, par exemple, derrière une image d’elle « grande-gueule-toujours-en-forme », mais elle souffre secrètement de ne pas pouvoir construire une relation solide.

Ses schémas, non décodés, risquent de se perpétuer indéfiniment et il lui faudra beaucoup de courage et de détermination pour les remettre en question. Car même si elle ne les a pas délibérément choisis, elle leur a donné son accord. Cet accord est si fort que même quand elle parviendra à comprendre – dans le principe – le fonctionnement de ses schémas, à chaque nouvelle relation amoureuse, elle subira encore leur influence à travers la tentation de sa propre dévalorisation : si mon attente est déçue, c’est que je ne vaux pas grand chose.

Dans un autre contexte, ce schéma de dévalorisation pourra, par exemple, amener tragiquement la personne qui en est victime à penser que si on la maltraite et on l’humilie c’est qu’elle le mérite. Intérieurement, consciemment ou inconsciemment, elle se dira : « L’autre me fait une faveur d’être avec moi. Je ne suis pas digne d’amour et de res­pect. Si je ne sais pas pourquoi il me maltraite, lui, le sait certainement. » Si elle est en plus victime d’un schéma d’abandon, la simple perspective que son tortionnaire la quitte la terrifiera.

Si par malheur, un homme qui a des enfants divorce et est victime d’un schéma de privation affective, il lui faudra beaucoup de vigilance pour ne pas céder aux caprices de ses enfants, par crainte de ne plus être aimé par eux.

Alors que faire ?

Alice Miller parle d’affronter sa propre histoire, c’est-à-dire de voir que « nous ne pouvons rien changer à notre passé, que nous ne pouvons pas faire que les dommages qui nous ont été infligés dans notre enfance n’aient pas eu lieu, mais que nous pouvons nous changer, nous « réparer », regagner notre intégrité perdue. » (6)

L’adulte peut évoluer s’il comprend que son blocage dans les schémas de son enfance assujettie n’était qu’une stratégie de survie, certes valable à l’époque (parce qu’elle lui a permis de survivre) mais ne correspondant plus, aujourd’hui, à la réalité (car il n’est plus un enfant dépendant.)

Trouver le courage de rompre avec nos schémas c’est trouver le courage de rompre avec nos accords fondés sur la peur et revendiquer notre capacité à être, car l’enfer (notre souffrance) vient de notre résistance à vivre la vie telle qu’elle est.

Comment comprendre ses schémas ?

Les schémas s’insinuent progressivement au cœur de nous-même et conditionnent notre vie entière. Notre première liberté réside dans notre capacité à les démasquer.

Pour les comprendre, nous devons y être attentifs, mettre sur eux le projecteur de notre conscience lucide, c’est-à-dire devenir peu à peu de plus en plus conscients de nos fonctionnements paradoxaux, capables de repérer nos émotions fortes qui ne sont que des réponses inadaptées, des messages de notre inconscient qui nous appelle à devenir plus conscient. Il s’agit d’apprendre à ne rien laisser dans l’ombre, à devenir l’observateur assidu de notre vie psychique et à découvrir clairement qui nous sommes et la manière dont nous agissons car nous ne pouvons évoluer que sur la base de ce que nous avons vu.

Pour cela, il nous faut aussi nous réconcilier avec nous-même, c’est-à-dire apprendre à ne rien refuser de ce que nous découvrons progressivement sur nous, et admettre notamment l’importance de nos demandes affectives.

C’est grâce à cette vision, basée sur l’intention d’avoir une attention, que nous pourrons peu à peu substituer des actions conscientes à des réactions machinales, c’est-à-dire briser la compulsion répétitive de nos schémas.

Pourquoi la simple compréhension ne suffit-elle pas ?

La compréhension n’est pas « magique », elle ne suffit pas dans la mesure où elle ne débouche pas sur l’action pratique. Après avoir vu à l’œuvre nos schémas, nous devons apprendre à y renoncer, c’est-à-dire à travailler sur un lâcher prise.

Il nous faut découvrir en nous ce que nous voulons vraiment, c’est-à-dire la création d’une force capable de discriminer, capable de rester sourde aux sirènes déclencheuses du schéma, afin de réussir, peu à peu, à faire le deuil des vieilles réactions émotionnelles que nous ne voulons plus, car même si nous ne les voulons plus, elles conserveront pour nous une attraction, pendant encore un certain temps.

Être le témoin conscient des derniers soubresauts de nos schémas démasqués, pour les laisser mourir, sans broncher.

Avec qui faire ce travail sur ses schémas ?

Ce travail, nous pouvons l’entreprendre dans un contexte thérapeutique d’accompagnement à la connaissance de soi, le thérapeute apportant au patient l’attention bienveillante et la compréhension empathique qui lui ont fait défaut dans son enfance. C’est pour cela que le critère essentiel de sélection de notre accompagnateur est la confiance et que si nous sommes la victime d’un schéma de méfiance, ce travail thérapeutique reste hautement improbable.

Car bien que personne ne puisse nous dire comment enlever la carapace qui nous isole et nous anesthésie, (puisque nous sommes les seuls à pouvoir sentir de l’intérieur comment nous nous y sommes enfermés,) c’est à travers l’aide du thérapeute, que nous verrons nos schémas à l’œuvre et que nous pourrons trouver la force d’y renoncer.

Un exemple de schéma brisé :

Parce qu’il était aveuglé par l’attitude extrêmement possessive de sa mère qu’il confondait avec de l’amour, cet homme, infirmier d’une quarantaine d’années, n’avait jamais eu conscience d’avoir été mal aimé. Ne s’étant jamais observé lui-même sous l’angle du schéma de la privation affective, cet homme ne pouvait que nier et refouler les souffrances relationnelles que pourtant il vivait. Il s’étonnait cependant de son agressivité latente et de son profond ressentiment vis à vis des choses et des êtres, émotions qu’il ne parvenait pas à maîtriser. D’autre part il ne savait pas que, dans ses relations à autrui, il était toujours entrain d’essayer de prouver quelque chose, et ressentait un profond sentiment de solitude et de dépit quand ses amis coupaient court à ses discussions incessantes comme quand ses patients refusaient l’aide qu’il leur offrait.

Si cet homme ne parvenait pas à découvrir son schéma de privation affective, c’est parce que de le découvrir remettait en question la pensée qu’il avait de l’amour que sa mère lui portait, et que cette remise en question était pour lui impossible parce que trop culpabilisante, prisonnier qu’il était de son besoin d’être aimé.

Une fois que le miroir déformant du schéma a été pour lui brisé, grâce au travail thérapeutique, il a pu découvrir que sa mère l’avait mal aimé et, malgré tout, sentir qu’il ne ressentait pas le besoin de la juger. Il s’est également, progressivement, moins senti le besoin de « prouver des choses » aux autres et son sentiment récurrent de solitude a disparu.

Il a pu sourire intérieurement de son choix de vocation, classique chez une personne en besoin affectif et, conscient de cela, il s’est employé à se mettre davantage à l’écoute de ses patients, sans plus devoir ressentir un sentiment d’injustice quand ceux-ci refusaient son aide ou étaient agressifs avec lui. Son ressentiment permanent s’est apaisé et il a pu, peu à peu, devenant maître de lui-même, donner libre cours à sa créativité.

Le déroulement du travail :

Le poème « Autobiographie en cinq actes », de Portia Nelson nous en montre les différentes étapes :

  1. Je marche dans la rue. Sur le trottoir, il y a un grand trou. Je tombe dans le trou. Je suis perdu, désespéré. Ce n’est pas ma faute. Je mets une éternité à trouver la sortie.
  2. Je marche dans la même rue. Sur le trottoir, il y a un grand trou. Je fais comme si je ne le voyais pas. Je retombe dans le trou. Non ! Ce n’est pas vrai ! M’y voilà de nouveau ! Ce n’est pas possible ! Mais ça n’est pas ma faute. Je mets encore longtemps à trouver la sortie.
  3. Je marche dans la même rue. Sur le trottoir, il y a un grand trou. Je vois le trou. Je tombe encore dedans. C’est devenu une habitude. Mes yeux sont grands ouverts. Je sais fort bien où je suis. C’est ma faute. Je trouve immédiatement la sortie.
  4. Je marche dans la même rue. Sur le trottoir, il y a un grand trou. Je le vois. Je le contourne.
  5. Je marche dans une autre rue…

Les 5 stades de la libération d’un de ses schémas :

1) Stade de l’inconscience complète :

Je marche mécaniquement et tombe donc mécaniquement. (« L’homme est comme une marionnette dont les stimulations extérieures tirent les fils. »(4)) En conséquence je souffre et me vis comme victime impuissante du monde extérieur, je me débats dans mon malheur, inconscient de toute possibilité d’évolution.

2) Stade de la prise de conscience du problème :

Je retombe dans le même trou en marchant tout aussi mécaniquement. Là, je m’indigne de la répétition de mon comportement, je nie même la réalité (« ce n’est pas possible ».) Je suis toujours malheureux et aveugle, mais j’en ai marre, donc je suis prêt à prendre conscience que j’y suis pour quelque chose.

3) Stade de la prise de conscience du schéma :

Je prends conscience de la réalité de mes schémas et de mes croyances, avec lucidité, je vois « ce qui est », sans culpabiliser ni désespérer mais en en prenant toute la responsabilité. N’étant plus dupe de moi-même, ayant fait naître le témoin conscient en moi, je me sens mieux et bien qu’étant tombé dans le trou, je parviens à moins souffrir.

4) Stade de la pratique consciente :

Je suis parfaitement conscient de mon schéma et de ce qu’il me fait faire. Grâce à une attention vigilante permanente, je ne retombe plus dans mon schéma duquel je me dégage peu à peu.

5) Stade de l’autonomie :

Je suis libre de mon schéma. Conscient de moi, je n’agis pas en réaction mais d’une manière autonome et créatrice… à moins que je ne rencontre un autre schéma…

A qui s’adresse le travail sur les schémas ?

Le travail sur les schémas s’adresse aux personnes qui ont envie de se découvrir elles-mêmes, à celles qui se trouvent à un moment de changement dans leur vie et se posent la question du sens de leurs attitudes, du pourquoi de leurs relations.

A celles qui sont simplement surprises par l’intensité de leurs réactions émotionnelles, comme à celles qui ont des problèmes profonds à résoudre et qui ressentent fortement le stress, l’angoisse, le ressentiment ou la tristesse dans leur vie quotidienne.

Que permet le travail sur les schémas ?

  • De mieux nous accepter nous-même en acceptant notre passé, parce que la compréhension détend et nous aide à faire le deuil de ce qui a été.
  • De nous libérer des pensées critiques, insidieuses et culpabilisantes que nous avons sur nous-même, et par là-même, de nous sentir reliés à notre spontanéité, à notre créativité.
  • D’aller au-delà de nos émotions de révolte et de colère, en n’ayant plus besoin de notre agressivité, issue de nos schémas de privation et d’abandon.
  • De nous débarrasser de notre tristesse, de notre morosité et de notre pessimisme chronique en découvrant notamment que nous ne sommes pas obligés de croire toutes nos pensées.
  • D’améliorer nos relations (enfants, conjoint, collègues) parce que nos schémas activent nos blessures (qui sont les causes profondes de ce que nous attirons) en nous empêchant de les refermer, donc nous obligent à attirer les mêmes types de personnes et à reproduire les mêmes comportements que par le passé.
  • En un mot, à être plus à l’aise, avec nous-même et avec les autres.

(1) Tara Bennett-Goleman, psychothérapeute, dans « L’alchimie des émotions » aux Éditions Robert Laffont.

(*2) Schéma : structure et mouvement d’ensemble du processus d’une conduite. Ici, entrelacs de pensées et d’émotions négatives qui trouvent leur sens dans notre passé.

(3) D’après un schéma de Francine Filion, psychothérapeute canadienne.

(4) Arnaud Desjardins, philosophe, dans « A la recherche du Soi », Éditions de la Table Ronde.

(5) Jean-Didier Vincent, neurobiologiste et directeur de l’Institut Alfred Fessart à Gif-sur-Yvette, dans « Les Anatomies de la pensée ».

(6) Alice Miller, psychanalyste pendant 20 ans, se consacre depuis 1980 à des recherches sur les liens entre les mauvais traitements infligés aux enfants et leurs conséquences sur la vie de l’adulte. Lire : « Le drame de l’enfant doué » aux Éditions PUF.

© 2002 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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40 réflexions au sujet de « Voir ses schémas* à l’oeuvre pour y renoncer »

  1. Liber

    Excellent article qui rejoint l’étude que je poursuis, et qui porte sur l’analyse des facteurs de genèse et d’évolution des distorsions entre réalité sociale-historique et ses représentations mentales moyennes, imports affectifs compris, dans des groupes de population donnés.

    Répondre
  2. Caro

    Je vous remercie pour cet article… Il correspond aujourd’hui à ce que j’attends de la thérapie … J’y reconnais en filigranne les lumineuses découvertes d’Alice Miller… et des « recettes » concrètes à appliquer à tout moment de la vie.
    Merci Monsieur Perronnet.
    Bravo !!!

    Répondre
  3. Xavier

    Profession : Educateur
    Ville : Mende
    Pays : France

    Franchement, c’est un article très riche avec beaucoup de profondeur et un développement complet du processus d’action de nos schémas. Je pense qu’il fait échos a tout un chacun sur nôtre vécu individuel. Il est souvent difficile pour la plupart de se regarder vraiment en face, de l’interieur car c’est douloureux, mais c’est un travail nécessaire pour éviter de nous laisser embarquer sur le bateau de nos illusions.
    Merci encore pour ce témoignage qui en dit long sur nos vies.

    Répondre
  4. Djamel

    Profession : Technicien en informatique
    Ville : Toulouse
    Pays : France

    Merci Monsieur pour cette article qui est très intéressant pour toutes personnes qui souffre (intérieurement), à cette occasion je porte à votre connaissance que y’a un livre de Stéphanie Hahusseau (comment ne pas gacher la vie ?) un livre intéressant sur le sujet. Les différents schémas et les solutions. Merci.

    Répondre
  5. Laetitia

    Profession : Coiffeuse
    Ville : Toulon
    Pays : France

    J’ai 25 ans et je fais un travail en moi depuis l’age de 16 ans tout ce qui a ete dit j’en ai conscience le probleme est que j’ai du mal a le mettre en application ds ma vie de tous les jours car je commence un travail et des que mon etat est triste noltasgique… faut tout recommencer car je baisse les bras… mais avec votre info je pense que je vais m’accrocher davantage car je desire vraiment lacher prise… c tout ds la tete.. merci en tout cas pour ces conseils ils m apporteront beaucoup a mon avis… je laisse la vie me guider sur ma voie et experrience a vivre afin de devenir moi meme…

    Répondre
  6. Renaud Perronnet

    Oui Laetitia, lâcher prise, c’est bien, mais il ne faut pas confondre « lâcher-prise » avec « laisser faire »… Oui, les croyances sont importantes… mais une fois qu’on l’a « vu », le travail ne fait que commencer. Vous connaissez le proverbe « Aide-toi et le ciel t’aidera »…

    Avez-vous cherché à découvrir pourquoi (avec tout ce que vous me dites savoir de vous-même), vous baissez si vite les bras ? Pourquoi cette nostalgie ? Si la connaissance que nous avons de nous-mêmes nous sert d’alibi pour ne pas pouvoir évoluer, à quoi nous servirait-elle ?

    Répondre
  7. LE JAN yannick

    Bonjour,
    Merci pour votre site extrêmement clair et bien structuré et pour votre générosité.
    Psychanalyste Adlérien, je me retrouve dans votre vision du psychisme. En effet Alfred Adler a mis en évidence le « style de vie » qui colore notre perception de la réalité.
    Yannick LE JAN – Le Cabinet Associatif 93250 VILLEMOMBLE

    Répondre
  8. Anne

    Merci Monsieur Perronnet de nous laisser un accès si rapide à notre recherche de sortir d’un schéma.
    Je chercher à démonter le schéma de mon fonctionnement dans l’amour car j’ai mon couple qui est en danger de mort et mes enfants en danger de suivre un schéma qui n’est pas le leur.
    J’ai perdu mon frère (moins d’un an de différence) et mon père l’année suivante, tout deux d’une très longue maladie. j’ai pris le rôle de l’ainé et l’ainée de famille pour aider Maman lors des ses absentes fréquentes pour soutenir son fils et son mari à l’hôpital.
    Je vis à côté de l’amour qu’on me donne, pire je le prend puis le refuse. C’est horrible et à mon age je sens que je suis dans un tournant de ma vie et j’ai le choix entre abandonné et mourir ou déconstruire le schéma d’un coeur sec, soit disant solide à toute épreuve.
    A qui dois-je parlé? je rejette ou protège toujours ma famille en ne voulant pas aborder en profondeur le sujet…
    Combien de temps cela va me prendre, mon époux ne m’attendra plus longtemps dans ce schéma-là et si je le perd, je suis perdue…

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Attention, l’impression d’avoir un couteau sous la gorge ne peut pas être à l’origine d’un travail efficace sur soi-même.
      Si vous vivez dans la peur, faites-vous aider plutôt que de risquer de faire les choses sous la contrainte de cette peur car cela ne pourra que se retourner contre vous…

      Répondre
  9. urzainqui

    Bonjour

    J’ai lu attentivement et plusieurs fois votre article sur les schémas que je trouve très intéressant.
    Je vis depuis très longtemps avec des shémas qui me pourrissent la vie, j’en suis conscient mais à ce jour, rien y fait ils prennent toujours le dessus.
    Résumé de ma vie et de mes schémas:

    à l’age de 8 ans mon grand père maternel décède (je n’assiste pas à l’enterrement) peu après mes parents commencent à se séparer cela prend du temps , ma mère fait un simuli de tentative de suicide qui pour elle était faux (monté de toute pièce pour récupérer son mari) le fait est que j’y est assisté mais ne m’en souvient pas du tout… j’ai par la suite vécu uniquement avec ma mère dépressive stress permanent sans en avoir conscience mon père m’a abandonné en niant l’abandon encore aujourdh’ui (ne supportait plus les réactions excessives de ma mère)
    soit j’ai épongé le malheur de ma mère ainsi que ce stress permanent
    j’avais peur de ma mère elle me dévalorisai dévalorisait mon père etc…
    dans mes peurs permanents j’étais ds une sorte de non vie ne pouvant m’exprimer
    elle m’a souvent traiter de rien et de futur ramasseur de salade et je voyais en partant à l’école ses ramasseurs de salade…. je sais aujourdh’hui qu’a ce moment la j’ai mélangé mon état de non vie de peur permanente avec ses ramasseurs de salade je me sentais rien et enfant je sais que j’ai eu les pensées suivantes:
    plus tard je ne serai rien je n’aurai pas de vie je serai ramasseur de salade je n’aurai pas d’enfant ni de femme et ma vie sera foutu jusqu’a la fin de ma vie.

    J’ai fais des études jusqu’en BTS puis dès mon 1er travail ds la vie active j’ai fait une dépression (ma mère m’accusant de n’avoir pas fait assé d’études)
    j’ai repris un travail en ayant une peur constante un stress constant puis arrêter puis travaillé puis arrêté car me sentant incapable de travailler comme bon à rien
    J’ai entamé une psychothérapie qui dure depuis plus de 7 ans bien sur depuis je sais ce qu’il m’est arrivé ds mon passé que j’avais complètement nié
    je sais aujourd’hui que je vie sur mes schémas
    mais cela me rend tjrs incapable de travailler et à bientot 40 ans mes schémas que je ne controle pas m’empechent de vivre
    j’ai beau en prendre conscience ils st plus fort encore
    cela me déroute complètement.
    J’espère un jour y arriver… je lutte pour.

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  10. DOBAT CHRISTIANE

    Bonjour,
    C’est à propos des schémas répétitifs, j’attire toujours des hommes en détresse, chomeurs, problème d’alcool, et j’en passe, je viens de quitter mon compagnon qui souffrait de ne pas etre aimé de ses enfants
    je viens de rencontrer quelqu’un depuis 15 jour, qui a énormément de probleme. J’ai pris la décision de supprimer ses schémas et souhaite rencontrer un homme bien,
    Merci beaucoup de me guider dans la mesure de vos possibilités

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Prendre conscience d’un schéma répétitif est une chose, comprendre et sentir de l’intérieur ce qui l’active en vous en est une autre. Un schéma ne se supprime pas sur la base d’une simple décision. Qu’est-ce qui fait – selon vous – que vous êtes « attirée » par des hommes à problème ? Qu’est-ce que cette attirance nourrit en vous ?

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  11. DOBAT CHRISTIANE

    j’ai dû mal m’exprimer , je ne suis pas attirée par des hommes à problèmes, mais c’est eux qui me choisissent
    et je m’aperçois de cela lorsque je suis rentrée dans la relation, mais cette fois j’ai mis fin tout de suite à une relation débutante de 15jours, pour supprimer ces schémas répétitifs. Ces 3 hommes ont des bas salaires, chômage et problèmes de vision ou avec leurs enfants. Je pense que c’est déjà bien de réagir, mais peut être qu’il faudrait que je fasse quelquechose de plus profond pour ne pas les attirer.
    La dernière relation m’a dit « lorsque l’on te regarde l’on voit que tu as le coeur sous la main » autrement dit bon coeur, c’es assez curieux.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, ayez de la curiosité pour vous : Comment se fait-il que certains hommes me regardent de cette manière ? Est-ce que cela parle de moi ?
      Puis prenez la mesure de la réponse que vous donnerez à ces questions.

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  12. Pascal

    Merci pour votre article
    Vous décortiquez et déroulez avec des mots simples ce qui, pour des non initiés comme moi, restait quelque chose de très confus. Je me retrouve pleinement dans votre analyse !
    J’ai déjà pris conscience, il me faut maintenant continuer le chemin vers l’autonomie . . .

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  13. jenny

    Bonjour, superbe article je me suis reconnue !!! J ai eu plusieurs echecs amoureux et le dernier reste encore douloureux… a chaque fois ca ne fonctionnait pas pour les memes motifs… infidélité du conjoint. Ca devient trop repetitif pour moi et de plus en plus compliqué a digérer… je me suis senti coupable de ses echecs ! Mais on m a posé la question : pourquoi reproduis je les memes schémas en échecs amoureux? Je commence a prendre conscience de certaines choses mais je vois pas encore quelles sont les raisons qui me poussent a aller vers le même genre d hommes. Comment savoir? A qui demander pour faire une therapie de ce genre? Compliqué…. merci de m avoir lu.

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  14. Marie

    Ce n’est pas toujours facile de savoir d’où viennent nos schémas, parfois j’ai la sensation d’un vide mais je ne sais pas d’où cela vient.

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je crois qu’il s’agit moins de « savoir d’où cela vient » que de vous mettre à l’écoute de ce vide afin d’entendre ce qu’il veut vous dire. C’est après cette écoute attentive de vous-même que vous découvrirez vraisemblablement d’où cela vient.

      Répondre
  15. Isabelle

    Merci pour votre article. J’ai trouvé très intéressant cette répétition des schémas. Quand on vit en couple chacun amène les siens. Mais que faire quand les 2 xhémas sont les très proches et que l’un prend le dessus et violente psychologiquement l’autre, s’introduit dans la faille qu’il connaît puisqu’elles sont très semblables. Mon mari et moi avons été les ignorés de la fratrie, les invisibles. Aujourd’hui il prend le dessus sur moi pour trouver un équilibre et en même temps en m’enfonçant la tête sous l’eau. Je souffre d’un manque d’estime et de confiance en moi. Je suis fragile psychologiquement, débordée par mes émotions et je ne pense qu’à une chose, partir pour me retrouver. Mais retrouver quoi. J’ai l’impression que je suis comme noyée

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Que faire ?
      S’aimer suffisamment pour ressentir la nécessité d’entreprendre chacun de son côté un travail thérapeutique.

      En ce qui vous concerne, n’est-il pas « normal » que puisque vous êtes régulièrement débordée par vos émotions vous vous sentiez noyée ? Vos émotions ont simplement besoin d’être comprises et acceptées par vous, ce qui est l’objet d’un travail thérapeutique n’est-ce pas ?

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  16. carpol

    Bonjour,

    j’ai lu attentivement votre article que je trouve très interéssant et très concret.
    je suis actuellement en TCC (depuis 7 mois) on m’a détecté plusieurs schémas, notamment, l’abandon, avec une insécurité affective, méfiance, abus, rejet social, insuffisance, sacrifice de soi, idéaux exigeants, punitions, défaut d’auto contrôle et droits personnels exagérés. j’ai compris le système des schémas, j’ai noté mes réactions « disproportionnées » j’essaies avec une très grande volonté de contrecarrer tout cela. (j’y arrive plutôt bien surtout au niveau des « colères » terribles) je suis avec un nouveau compagnon depuis 9 mois, j’ai deux enfants de deux papas différents, et mon nouveau compagnon qui vit à la maison a son fils 1 semaine sur deux, je dirai que le plus difficile pour moi, est mon schéma de méfiance, ou je n’arrive pas à trouver comment m’en sortir, j’ai toujours l’impression que les gens vont me faire un coup de Trafalgar (ce qui n’est jamais le cas en réalité). j’ai eu un père violent et alcoolique, une mère absente psychiquement, et humiliante. un ex mari violent avec qui je suis restée 10 ans. un petit indice serait le bienvenu pour m’en sortir au plus vite. mon nouveau compagnon m’accepte réellement telle que je suis. merci

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  17. Harless

    merci pr ce article vraiment très enrichissant qui m’a appris enormement de chose sur ma personne je me rend compte que j’ai longtemps été enfermé dans des schema isensés qui me pourissent la vie et je suis desormais déterminé a en sortir et le plus tôt sera le mieux.

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  18. Marina

    C’est tout à fait ça. On ne voit pas le trou quand on y tombe, même qu’ en fait on est parfois tellement dedans qu’on ne sait même pas qu’on y est (^^). Et alors même qu’on en est sorti, à chaque fois on y retombe, jusqu’à ce qu’enfin on se rende compte qu’effectivement il y a bien un trou et qu’on est tombé dedans… et ça ce n’est que le début.
    Ensuite, une fois qu’on l’a vu, qu’on en est donc enfin bien sorti et faisant enfin la différence entre dedans et dehors (déjà rien que ça…) et qu’on le voit donc bien arriver, et bien on se voit même tomber dedans. C’en est presque drôle. Exaspérant surtout.
    Et c’est là qu’arrive la tâche la plus difficile mais nécessaire : le regarder bien en face, s’attarder au dessus juste à son bord, le plus près possible, à en scruter courageusement la vertigineuse abîme, sans concession. Il y a un proverbe chinois bien amusant et pourtant très intelligent qui stipule : « ce n’est pas le puits qui est trop profond, c’est la corde qui est trop courte. » Alors il faut accepter de descendre avec cette corde en sachant qu’elle va devoir être très longue, en se faisant confiance, telle une araignée dont la fabrique de son fil ne dépend que d’elle, tel un spéléologue dont la curiosité déterminée l’emporte sur la peur. Et heureusement, au contraire d’une vraie grotte prête à s’enfler d’eau à tout moment et à nous noyer pour de vrai, il n’y a que des larmes dans cette grotte là, de la souffrance qui ne demande qu’à être reconnue, rien qui puisse nous tuer, au contraire. C’est là qu’on rencontre les dragons qui ne demandent qu’à se transformer en princesses.
    Bizarrement la sortie est beaucoup plus facile et légère que la descente, bizarrement, on sait déjà qu’on ne retombera plus dans ce trou là.
    Mais bon, il y a sûrement un autre trou quelque part, caché avec ce qu’on appelle à tout-va ‘la résilience’, et qu’on ne voit pas. Rester vigilent, à l’écoute de soi et des autres, c’est le maître mot.
    Merci M. Perronnet.

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  19. Marina

    …Euh, la descente du fil ne dépend que de nous mais on peut se faire aider, bien sur. En fait on doit même se faire aider. La preuve, en parcourant ce site c’est bien de l’aide que l’on recherche et que l’on trouve. Ca doit vouloir dire qu’on est déjà sur la bonne voie. Faut poursuivre, et ça, ça ne dépend que de nous…

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  20. VF

    Bonjour, et à nouveau merci pour ces articles limpides.
    J’ai compris des choses sur moi. Pas sure en revanche de les avoir acceptées.
    Je n arrive pas a etre satisfaite de ma vie. A lacher prise, a accepter que la vie soit comme elle est. pour reprendre l image du trou dans le trottoir, je me sens enfermée dans des schemas que je ne dois pas avoir compris ou que j ai mal compris ou qu en partie seulement, puisque je me sens toujours dans un carcan, pas sure d agir comme il faut, de comprendre les evenements, de bien les interpreter. Je ne me sens pas liberee.
    Je ne sais pas comment progresser. Je rumine. Peut etre y trouvé-je une satisfaction….
    J ai fait un travail pendant 4 ans de 2008 a 2012. Puis dans un elan de survie j ai decide de quitter mon mari en 2013 et de briser ma famille (j ai eu 2 enfants avec lui) pour pouvoir revivre car je mourais de cette vie. Pour m aider a traverser cette douloureuse periode j ai ete suivie a nouveau par un autre therapeute jusqu a ce debut d année. Puis comme je tournais en rond, ça ne m aidait plus, j ai stoppé. J ai fait quelques seances d hypnose mais je sens que ca ne repond pas a mes attentes, malgre l hypnose j ai l impression de rester a la surface. J ai l impression de ne rien comprendre a la vie. J aimerais me sentir liberee, vivre pleinement, etre heureuse de ce que la vie m’offre et pouvoir la vivre telle qu’elle est. Cela arrive quand meme sur de tres courtes periodes mais dans l ensemble Ca semble hors de ma portée je retombe dans le trou du trottoir.
    J ai lu une bonne partie de vos articles, j’ai posté des commentaires auxquels vous avez répondu, j’ ai relu les articles et meme etudiés mot a mot ! J ai egalement lu Alice Miller (le drame de l enfant doué, le corps ne ment jamais, c’est pour ton bien).
    J ai peur de m engager dans un nouveau travail therapeutique. J ai peur de ne pas rencontrer le therapeuthe qui va enfin m aider, meme si j’en conviens, le travail vient de moi… suis je si resistante ?
    Merci pour votre aide

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En effet, tant que vous aurez l’impression de ne pas connaître vos schémas, vous vous sentirez dans un carcan. Comprenez que pour s’évader d’une prison il faut commencer par l’explorer donc bien la connaître donc que si vous retombez dans le trou c’est bien parce que vous ne l’avez pas « vu » (tout en sachant qu’il y en a un.)
      Vous dites que dans un « élan de survie » vous avez quitté votre mari et brisé votre famille. Croyez-vous vraiment qu’une femme qui meurt puisse être une mère qui tient la route ? Ne serait-il pas plus juste de dire que vous avez raisonnablement osé agir pour vous donc également pour la mère de vos enfants, même si cette période a été douloureuse ? N’aurait-elle pas été infiniment plus douloureuse pour tous sans votre « élan de vie » ?
      Votre partage vous montre que vous n’êtes pas si « résistante » et votre désir de vous en sortir est votre meilleur allié.
      Pour aller plus loin vous pouvez lire mes articles :
      Se situer et trouver le bon thérapeute,
      La confiance, le thérapeute et la relation,
      Et surtout :
      Pourquoi un travail thérapeutique ?

      Répondre
      1. VF

        Merci pour votre réponse.
        Je sais que j’ai des parents toxiques. Simplement pour expliquer que mon questionnement ne date pas d’hier : je me posais déjà la question il y a plus de 10 ans, et j’ai alors lu le livre de S. Forward.
        Le mot bienveillance ne fait pas partie de leur vocabulaire.
        Mes parents n’ont pas comblé mes attentes (je n’ose pas dire « aucune », je ne voudrais pas être injuste avec eux si jamais j’en avais oubliées), d’ailleurs pour faire simple je ne devais pas en avoir des attentes, et je ne devais pas parler. Si j’avais pu m’éduquer seule, cela les aurait soulagés. Ils ne m’ont pas non plus protégée pendant mon adolescence. J’ai dû me sentir bien seule face aux problèmes depuis que je suis née.
        J’ai certainement dû tout faire pour tenter de leur plaire pour qu’ils m’aiment et tenter de me conformer à leurs désirs, mais j’ai toujours été « celle qui crée des problèmes, celle qui n’est jamais contente, celle qui est asociale », et je me sens en trop, inintéressante, jamais attendue jamais espérée. Je n’ai jamais senti qu’ils avaient envie de connaître des choses de moi ou de passer du temps avec moi.
        J’ai des parents qui sont dans un déni permanent, qui ne m’ont pas permis de vivre mon enfance. Je suis parfois dans le déni vis-à-vis de mes propres enfants et cela me fait peur. Je m’en suis rendue compte.
        Bien, bref, je sais tout cela. Je pense avoir fait le tour de mes « traumas », de mes manques en tant que petite fille. Maintenant je suis adulte, j’ai compris que je peux faire autrement.
        Je n’y arrive pas et je n’ai jamais connu le fameux « transfert » avec mes 2 précédents thérapeutes. Est-ce parce que je n’ai pas trouvé le bon thérapeute ? Qu’est-ce qui pourra changer la 3ème fois ? Pourquoi est-ce que je reste bloquée ? Est-ce que je veux vraiment changer ? Ou bien est-ce juste une occupation qui comble un vide ?

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        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Peut-être, pour vous répondre, il faudrait vous connaître.
          Quel vide pourrait-elle combler ?
          Avez-vous le désir de ne plus devoir rester soumise à votre passé et vivre votre vie enfin ?

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  21. nadia

    merci pour larticle ,mon probleme consiste dans le schema dabadon .que dois je faire voir un therapeute ou jsue suivre vos conseils.merci

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Eh bien commencez par mettre en pratique ce que vous avez compris et dans quelques mois, si vous constatez que les choses n’avancent pas, n’hésitez pas à vous faire aider.

      Répondre
  22. nadia

    merci pour la reponse .je voudrais eclaircir un peu plus ma situation .ce sentiment dabandon je lai parce que a lage de 9ans ma mere ma laise avec mon pere qui est un depressionne pendant trois mois .parce que jetais scolarise donc je dois poursuivre mes etudes et rester avec mon pere .j ai passe des moments tres defficiles qui sont restes dans ma memoire ,jirai dune maison a une autre dun cousin a un autre tout au long de journe ,je deteste rentre a la maison .apres trois mois ma mere est retourne chez nous parce que mon pere etait alle en prison pour un delit familiale.pendant ce temps jetais bien je me sentais en securite malgre toutes les dificultes que ma mere trouve pour subvenir a nos besoin .apres deux ans le pere regane le foyer avec sa depression qui nest pas guirri .cetait un calvaire de chaque jour .dispute cris et meme des fois il frappe mes petits freres .tres souvent jai souhaite sa mort qu il disparaisse de notre vie .ya eu des moments ou je supplie ma mere de le quitter de divorce et de yaller vivre chez nos grand parents .j ai grandi acote de tous moments de bonheur ,tellement je pleur souvent le jour ou je rigole je crains verser des larmes chauds.jetais responsabilise tres jeune .mon seul souci etait et toujours daider ma mere a faire grandir mes freres et soeurs .avec le temps mon pere est decede ,je nai pas senti son abcence comme je ne reclame pas sapresence .le fardeau de responsabilite me pese actuellement pcq ,je laisse ma propre vie de cote et je me concentre sur ma famille et leur bien.il ya deux ans de cela j ai mi fin a une relation a cause de son temperemment agressif ,il cris il hurle souvent avec moi ,ca me rappelle mon vecu .cette personne ma taxe de negativite ,j ai essaie de voir un psychologue qui ma un peu aider .actuellement j ai 39ans je suis en relation avec qqun depuis 6mois et jai tous le temps peur qu il mabandonne ,qu il me laisse tomber ,on se dispute sur des futilites ma lectures meme des fois ma facon de parler et il me fait tjrs des reproches que je maffolle que je suis trop emotive .et c est vrai je m inquiete des que il me boude et je me mets a pleurera sexcuser meme si je suis convaincu que je nai pas tort.comme j ai remarque que je reproduit les memes erreurs que celle de l autre relation.voila donc en detail mon probleme .j ai decide de changer ce qu il faut changer pour etre bien mais je ne sais pas trop comment quel planing a suivre par exemple.que dois je faire au juste ?merci bien pour votre aide et reponse.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Comme vous le pressentez vous êtes dépendante de votre douloureuse mémoire. Tant que vous restez identifiée à la « petite fille abandonnée » en vous, vous répétez inlassablement les mêmes comportements.
      Je n’ai pas de réponse qui fonctionnerait pour vous comme une clé qui vous permettrait de sortir de la prison dans laquelle vous êtes enfermée. Pour vous aider il me faudrait vous connaitre et vous comprendrez que ce n’est pas à travers quelques lignes sur internet que je le peux.

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  23. Maélys

    Bonjour, merci pour cet article
    Je me suis rendu compte qu’à chaque fois (vraiment à chaque fois) qu’un homme me plaisait ou m’avait plu il finissait toujours avec une de mes amies proches. Cela se passe souvent de la même manière, je finis par dire que ça ne me pose pas de problème du tout alors que ça me met toujours dans tous mes états.
    Mais je n’arrive pas à savoir pourquoi cela se passe toujours ainsi et comment faire pour sortir de ce « schéma » sans en connaitre la raison…?

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  24. Maria

    Bonjour,
    J’ai lu avec grand intérêt ce texte sur lequel j’ai atterri suite à une recherche pour sortir de l’enfer du schéma dans lequel je suis. Je n’ai pour ainsi dire rien appris de nouveau, mais cela n’enlève en rien à la profondeur de votre article et au fait que vos mots ont, par voie de conséquence, fortement fait écho en moi. Au point où j’en suis, je connais mon schéma par coeur (oserais-je dire). Et pourtant je continue de m’y brûler jour après jour. J’ai connu la violence déjà in utero par un père qui frappait ma mère… Mon schéma est lié à la survie, à la terreur de l’extérieur, de l’autre, du monde. Méfiance, impuissance acquise, pessimisme, résignation… j’en passe . Pourtant la Vie se démène en moi et persiste (mal, sûrement, j’avoue). J’ai deux questions: Peut-on en sortir seul? Même si je crois que non car je vois bien que je suis plus forte que moi même et que j’arrive à m’embobiner plus souvent que nécessaire. Toutefois comme je ne laisse personne m’atteindre, je me vois comme le hamster tournant dans sa roue et ne sachant absolument pas comment faire! Et une dernière question: les schémas liés à la survie, et a fortiori créés in utero, sont-ils capables d’être brisés, réagencés, contournés, remis au goût du jour? Vous ne pouvez imaginer la douleur que cela représente: avant je ne savais pas pourquoi j’étais si mal, maintenant je sais et je me vois agir dans le même sens, comme si j’étais dans une tour de verre ne pouvant accéder aux manettes de contrôle. Merci de m’avoir lue.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Il ne s’agit pas « d’apprendre du nouveau » mais de vous situer d’une nouvelle manière par rapport à ce que vous avez appris et compris de vous.
      Si – après avoir tenté de vous en sortir seule – vous constatez que c’est impossible, il vous reste à vous faire aider n’est-ce pas ? Cela passe par établir une relation de confiance avec un thérapeute. Si vous acceptez de n’éventuellement pas pouvoir le trouver dès la première rencontre, pourquoi y aurait-il un obstacle ?
      Pour aller plus loin je vous invite à lire ces articles :
      Se situer et trouver le bon thérapeute
      La confiance, le thérapeute et la relation
      Sinon, vous lirez aussi avec intérêt :
      Schéma

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  25. chalopin

    Bonjour
    Merci beaucoup pour votre article qui laisse de l espoir!
    Je suis moi même ds un schéma de repetition m accrochant à des hommes qui me repoussent ou ne m aiment pas je m attache généralement trop vite et repoussant ceux qui m aiment
    J ai pris conscience de ce schéma depuis 2 relations et la dernière je l ai vécu en toute conscience en sachant que j étais en plein dedans (homme en instance de divorce) mais s en pouvoir l arrêter. …
    Est ce que je m enfonce ds mon schéma ou bien suis je sur le chemin de la guérison si j ai compris ?
    J ai l aide d une psychologue qui m aide ds ma demarche.
    Merci beaucoup pour votre réponse.

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