J’ai peur de moi-même, conseillez-moi

Question de Louise :

Étudiante

J’ai beaucoup travaillé sur moi, ça fait 2 ans que je cherche qui je suis vraiment, et je comprends petit à petit. Ça met du temps et j’ai l’impression d’en faire une obsession. Je m’en veux mais au fond de moi je n’ai pas l’assurance de pouvoir être aimée pour ce que je suis, alors j’ai du mal à vivre mon quotidien légèrement avec les autres.

Je comprends au fur et à mesure que c’est à moi d’aimer et d’avoir envie de donner pour vivre à ma façon, seulement est-ce que je dois suivre mes envies (sachant que je n’ai pas toujours envie des autres parce que je sens en moi un esprit bloqué donc je préfère rester seule) ou est-ce que je dois essayer de relativiser absolument et me dépasser ?

Je m’en veux de ne pas avoir envie de la vie alors que c’est elle que j’attends, et je m’en veux aussi d’avoir du mal à vivre l’instant et de toujours penser au futur.

Merci de me répondre sincèrement. Je trouve des solutions petit à petit mais j’ai peur de cet esprit embrouillé et de cette incapacité à vouloir de la vie réellement. J’ai peur de ne pas pouvoir être aimée, et j’ai peur de la façon dont je vais m’en sortir.

Conseillez-moi.

Ma réponse :

On entre en thérapie parce qu’on souffre et c’est cette souffrance qui est le moteur de notre désir de changement « Je ne veux plus continuer de vivre comme cela. » Or le simple fait de vouloir changer (c’est-à-dire d’être insatisfait de ce que l’on est ici maintenant) est en soi une très grande violence. Et pourtant… sans désir de changer, rien ne bouge.

Il s’agit donc pour tout candidat au changement de tenter d’être à la fois fidèle au désir qu’il a de changer et bienveillant avec la part qui à l’intérieur de lui-même en est – pour le moment – « là où elle en est ». Donc de trouver l’équilibre entre la légitimité de son besoin de changer et la fidélité à ce qu’il est.

Je remarque que dans votre demande, vous vous posez souvent la question (parce que vous voulez que votre souffrance cesse) de ce que vous devez faire, du « comment bien faire ? »

Vous en arrivez à vous demander à vous-même d’essayer de « relativiser absolument » comme d’essayer de vous « dépasser ». Ainsi, le pouvoir que vous tentez d’avoir sur vous-même agit comme une violence contre vous. Cette violence créé le repli, la contraction d’une part de vous (la part qui ne peut pas faire autrement que d’être ce qu’elle est), contraction qui rend encore plus difficile le changement que pourtant vous appelez du plus profond de vous-même. Cela pour vous faire sentir que j’ai le sentiment que vous vous mettez beaucoup la pression…

En fait le pouvoir de « faire contre ce que nous sommes » que nous pensons avoir sur nous-même, quand il n’est pas surtout illusoire, est tout simplement nocif.

Si vous comprenez ce que je vous dis là, vous risquez de penser que vous vous y prenez de la mauvaise manière… Bien sûr que vous ne vous y prenez pas « comme il faut » puisque vous souffrez et que justement en faisant une thérapie (ou en me posant votre question), vous souhaitez apprendre à ne plus souffrir.

Pouvez-vous sentir que votre premier point d’appui est cette confiance que vous pouvez trouver en vous-même d’être ce que vous êtes : de ne pas être déjà arrivée mais d’avoir déjà fait le premier pas pour en sortir.

Le travail ne peut se faire que pas à pas, car il est vrai que dans le monde relatif et impermanent qui est le nôtre, nous ne pouvons pas avoir d’assurances… il va donc falloir faire avec votre manque d’assurance et non pas attendre une assurance qui ne viendra jamais (donc illusoire) pour avancer.

Il ne s’agit pas de diviser, de séparer mais de rassembler, de réunir des aspects différents de vous-même qui vous font souffrir et qui sont un peu comme des « frères ennemis ». Reconnaissez-les, nommez-les, organisez une rencontre de tous ces aspects de vous-même et parlez-leur du fond de votre cœur : « J’ai bien compris que si les uns et les autres, vous aviez tant d’exigences, c’est que vous étiez – chacun de vous à votre façon – malheureux. Je suis venue vous dire que je n’ai l’intention de rejeter personne, vous êtes tous un aspect de moi-même et je vous resterai fidèle parce que je sais qu’à un moment donné ou à un autre de ma vie, j’ai eu besoin de vous pour exister. »

Peut-être que si vous osez vous parler à vous-même de la sorte, vous vous sentirez davantage « pacifiée », moins dans l’urgence.

Sans doute est-ce (comme vous me le dites) « à vous d’aimer » mais si vous ne le faites pas c’est que – pour le moment – vous ne le pouvez pas.

Sans doute avez-vous senti (ou vous l’a-t-on dit (?) ce qui serait bien différent parce qu’on vous aurait obligée à le croire) que c’est à vous « d’avoir envie de donner pour vivre à votre façon ». Votre remarque me fait un peu penser à un parent qui voulant le « bien » de son enfant (voulant le mettre devant ses responsabilités) le malmène en tentant de le convaincre : « Maintenant tu es grand et il faut que tu réalises que… » Pauvre enfant à qui son parent (qui ne le comprend pas, qui ne le respecte pas) dit ce qu’il pense qu’il doit être pour grandir et qui créé chez cet enfant (qui ne peut être que ce qu’il est et faire que ce qu’il peut), un puissant sentiment d’incompréhension, de solitude et certainement aussi d’abandon.

Oui, parfois vous sentez en vous un « esprit bloqué » qui vous force à la solitude. Voulez-vous ouvrir votre coeur à cet « esprit bloqué ». Nos esprits sont parfois « bloqués » quand c’est le moyen qu’ils trouvent pour tenter de moins souffrir. Ce n’est pas en les « raisonnant » et en leur disant « débloque-toi » qu’ils s’ouvriront. C’est en les comprenant, donc en vous donnant la permission de sentir au plus profond de vous-même que si votre esprit est parfois bloqué, vous avez certainement une très « bonne raison » (qui en est la cause) et en osant vous ouvrir à cette bonne raison. Est-ce bien cela que vous faites avec votre thérapeute ?

Vous êtes très lucide quand vous partagez « Je m’en veux de ne pas avoir envie de la vie alors que c’est elle que j’attends. » D’accord avec vous, c’est votre paradoxe du moment (qui n’est pas votre paradoxe éternel.)

Il n’y a rien à forcer, il y a à comprendre et à aimer, à vous aimer, telle que vous êtes. A oser vous réconcilier avec « celle en vous qui vous a joué tant de tours. » Dans la pratique c’est – par exemple – avoir de moins en moins le besoin de vous en vouloir quand vous préférez encore « rester seule. » Le déploiement de vous-même ne peut pas se faire contre vous, soyez bienveillante avec vous-même donc avec votre besoin non encore apaisé de rester seule, alors même que votre désir le plus cher est de rencontrer l’autre, la vie. Comment allez-vous vous y prendre pour vous réconcilier « dans » et « avec » votre paradoxe ?

C’est vrai, nous nous en voulons parfois beaucoup de ne pas être ce que nous rêvons, ce que nous fantasmons d’être. Et si la paix n’était que le produit de la réconciliation ?

D’accord vous pensez au futur, sans doute êtes-vous impatiente et « l’impatiente » en vous malmène parfois celle qui est « à la traîne » parce qu’elle a encore un peu peur. Mettez ces deux énergies en présence, c’est parce qu’elles se rencontreront qu’elles auront moins peur l’une de l’autre et que peut-être un jour, elles deviendront amies.

Ce sera alors pour vous le début de votre renaissance.

© 2007 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

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11 réflexions au sujet de « J’ai peur de moi-même, conseillez-moi »

  1. Louise

    Profession : Étudiante

    Merci bien pour cette réponse.
    Je me rends compte que j’ai fais de moi une obsession (car j’en avais besoin) mais maintenant il me faut m’en libérer et arriver à vivre. Si je suis malheureuse avec les autres et avec moi-même c’est que je n’arrive pas à m’oublier, à me rassurer et me faire confiance. Au fur et a mesure du temps je prend conscience qu’il faut que j’agisse pour me libérer des mes angoisses, que je me réconcilie avec moi-même en me prouvant que je peux prendre du plaisir avec les autres, et que j’avance.
    J’essaie de profiter de ce que j’ai autour de moi pour me changer les idées et enclencher un état d’esprit plus positif et moins exigeant sur moi-même.
    Si je me perds beaucoup dans mes pensées c’est parce que je ne sais pas vraiment ce que je veux (si j’ai envie des autres ou pas…) et donc ça m’angoisse.
    Mais je suis sûre d’avoir envie des autres alors je vais essayer de surpasser mes peurs pour m’en libérer et pour me prouver que je peux vivre simplement. Si j’arrive à me libérer de ces angoisses je suis sûre de pouvoir beaucoup donner et de vivre bien ! J’essaie d’être bien avec moi-même pour être bien avec les autres, mais c’est pas facile d’être bien avec soi-même sans les autres donc je cherche un équilibre.
    J’ai besoin d’entreprendre et d’assumer absolument et de faire de moi une affaire d’état parce que c’est comme ça que je déprime.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, regardez tous ces « il faut », il serait utile de les remplacer par « je peux car j’en ai compris, senti la nécessité. »

      C’est parce que vous serez bien avec vous-même que vous pourrez être bien avec ou sans les autres.

      Une personne qui n’est bien qu’avec les autres se condamne à ne pas être bien seule et à ne plus être bien avec les autres quand ces autres la rejettent, ce qui est inéluctable.

      Puisque pour pouvoir un jour être bien avec les autres, il y a nécessité d’être bien avec soi-même, il est utile de voir pourquoi nous ne sommes pas bien avec les autres.

      La plupart du temps c’est parce que nous nous comparons à eux, sans cesse, avec notre mental, c’est-à-dire que nous continuons de vivre en ayant intériorisé les juges que nous avons rencontré dans notre enfance. Peu à peu, une personne peut en devenir malade : quand elle n’a plus besoin « des autres » pour se critiquer, puisqu’elle est devenue « les autres » dans sa tête.

      Le meilleur moyen que nous avons de « mettre les autres » dans notre tête en nous comparant sans cesse à eux est de penser. Donc si « vous vous perdez dans vos pensées », ce n’est pas (comme vous le dites) parce que vous ne savez pas ce que vous voulez mais l’inverse : vous ne savez pas ce que vous voulez parce que vous vous perdez constamment dans vos pensées.

      Il n’existe qu’un seul moyen de moins se perdre dans ses pensées, c’est de vivre en sentant que vous vivez. Plus vous sentirez, moins vous aurez besoin de penser. Sentir, c’est vire en osant vous servir de vos sens, c’est sensualiser votre existence.

      Devenir soi-même, c’est arrêter d’écouter « les autres » dans sa propre tête et sentir par soi-même.

      La thérapie, c’est la découverte de la manière dont vous vous y êtes prise pour apprendre à ne plus sentir, donc à vivre en mettant les autres à votre place à vous. L’analyse est utile mais n’est pas la finalité, la finalité, c’est de vivre.

      Plus vous vous comprendrez, plus vous découvrirez que ce qui vous est apparu – à une certaine époque – comme une nécessité parce que vous n’aviez aucune liberté pour agir autrement, ne l’est plus aujourd’hui.

      C’est cela qui est thérapeutique c’est-à-dire qui permet de vivre en sentant.

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    2. Marambaud

      Pourquoi as tu peur , de toi même et de tes réactions . Si tu reste négative tu n’aboutiras a rien et tu n’aura que peines et chagrins . Laisse donc ton cœur parler et va vers les autres les bras ouvert et tu verras par toi même qu’il y a plus de bonheur a donner , qu’as recevoir .tu as le cœur trop agite et tu nesaid pas te faire confiance , arrette donc de te dénigrer et de te dévaloriser quand tu est seule . Dieu a mis en toi des talents et des clés pour que tu surmonte tout ce qui t’arrive . Que de ta bouche il ne sorte plus des paroles de destruction , car ce sont elles qui t’empêchent de vivre une vie heureuse est épanouie ,j’ai ce sentiment que tu aime la solitude , car elle est bonne par moment pour prendre des décisions dans le calme et le repos . Mais ne te referme pas comme une huitre et laisse couler de ton cœur l’amour qu’il contient et donne le aux autres avec un sourire et tu te rendras compte , le fait de tendre la main aux autres ça t’ouvre toutes les portes et tu aura une telle explosion de joie , que tu ne feras même plus attention a ta propre personne . Alors Petite , sors de ta coquille et pars a l’aventure tu as plein de choses a voir et a trouver. Que Dieu te bénisse , je ne te dirai que ceci , fortifie et prend courage , car la joie de l’Éternel elle est ta force si tu le veux . COURAGE TU VAS GAGNER CETTE BATTAILLE . Bisous

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      1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

        Quelle naïveté dans ces propos ! Un être humain qui se referme comme une huitre (comme vous dites si bien) est un être qui souffre, et il ne suffit malheureusement pas d’exhorter ceux qui souffrent à ne plus souffrir pour qu’ils ne souffrent plus !
        Bon courage à vous aussi !

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        1. Chantal

          Il y ades moments dans la vie où on n’est pas bien avec soi-même. Je l’ai vécu, comme beaucoup d’autres. Je restais terrée chez moi alors que je rêvais d’être entourée. Je me lamentais, seule dans mon coin, parce que personne ne semblait s’inquiter de mon sort. En présence de plusieurs personnes je me sentais souvent comme une extra-terrestre. Je n’avais pas les mêmes centres d’intérêts, leurs discussions me mettaient mal à l’aise. Toutes ces situations m’amenaient à me dévaloriser moi-même. J’ai mis du temps à comprendre qui je suis et ce que j’aime partager, avec qui, et aussi, accepter ma différence (nous sommes tous différents), parce que je n’aime pas forcément partager tous mes moments avec quelqu’un ou quelques-uns, j’aime aussi mes moments de solitude dans lesquels je me ressource. J’ai fini par m’accepter telle que je suis et pas telle que je croyais devoir être pour faire partie du monde « normal », il n’y a pas de normalité, il y a ce que l’on est, il faut apprendre à le respecter, à se respecter. Quand je me sens seule j’appelle une amie et nous convenons d’un rendez-vous. Rien que ça et ma solitude ne me pèse plus. J’ai renouée avec l’harmonie, cela s’est fait tout doucement, à mon rythme, chacun a le sien, il faut l’accepter pour ne pas se faire violence inutilement. Cela devient une évidence lorsqu’on est en paix avec soi-même. Avant cela on s’entête, après on se respecte.

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  2. F.

    Bonjour,
    Je suis une thérapie afin de regagner l’estime de moi. j’ai récemment pris conscience que je ne me sentais pas aimable et que je me traitais comme un tyran. Puis soudain j’ai été prise d’une terrible angoisse me laissant penser que j’allais mourir. Après réflexion, je me suis rendue compte que quand je revenais à moi, je ressentait un vide terrible. J’ai toujours appris à me fier aux autres, à me déterminer dans le regard des autres, du coup, le fait de revenir à moi me fait peur car j’y vois le vide. Mais qu’est-ce que ce vide? est-ce la peur de moi-même? Est-ce l’absence d’identité ou le fait de devoir la construire soi-même? En écrivant, je me rends compte que depuis enfant, ma mère ne nous a jamais laissé faire les choses par nous même, elle nous rendant dépendant (peut-être pour qu’on reste près d’elle). Je ne pouvais jamais faire les choses par moi-même en fonction de mon ressenti, mes désirs, j’ai peut être développé une croyance selon laquelle je ne pouvais pas m’autodéterminer? Si je me détourne de mes vieux schémas, une nouvelle route s’ouvre à moi, est-cela le vide? Peut-on avoir peur de cette liberté tant attendue où on peut se réaliser selon ses propres choix, envies? Est-cela la peur du vide?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      C’est la prise de conscience graduelle de vos manques qui vous permettra d’y remédier.
      Ne pas se sentir digne d’être aimée, se maltraiter, c’est constater vos manques. Votre prise de conscience dévoile un grand vide en vous, c’est-à-dire un espace qui a besoin de votre amour pour vous-même.
      Vous êtes aujourd’hui face à du nouveau qui vous attire et vous fait peur à la fois.
      Devenir responsable de soi-même n’est pas une petite affaire puisque cela implique d’assumer peu à peu de vivre dans un monde dans lequel tout change en permanence et où choisir exclut toujours…

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  3. Fumée

    La peur de soi-même … Oui, le titre me fut relativement évocateur : je suis terrifiée par moi-même. Bon, peut-être que le terme est en réalité fort. Mais j’ai peur de moi-même, de ce que je vais trouver « là-dedans ». Je crains que cela ne me convienne absolument pas, de ne plus être la « gentille fille » j’imagine. J’ai seulement peur que ce véritable moi, là, en bas, soit en fait quelqu’un de tout simplement terrifiant.
    Et pourtant, j’ai un grand besoin d’être moi-même ! Il en devient urgent, impératif, vital même. Je ne peux pas continuer comme cela car, si tel venait à être le cas, alors non seulement je blesserai mon entourage , mais aussi moi-même. Je refuse l’un comme l’autre.
    Je suis lasse de souffrir pour quelque chose qui est passé et qui devrait être mort, quelque chose dont j’aurais dû faire le deuil il y a longtemps mais dont j’ai toujours été incapable de me séparer. Je suis lasse de tout ceci, lasse de mes colères violentes qui depuis une bonne dizaine de jours ne me lâchent pas ; lasse de cette tristesse qui tous les soirs me tord les entrailles, qui refuse de me lâcher car je ne peux pas la laisser pleinement et totalement s’exprimer – il me faudrait au moins plusieurs jours entiers pour se faire, mais comme tous et toutes, j’ai mes obligations la journée et me dois donc de laisser de côté mes sentiments.
    Mais parfois, c’est dur. Me voilà ainsi en dépression car je n’arrive pas à surmonter ce passage-là de ma guérison spirituel.
    Il me faudra du temps, un temps qui peut être malheureusement long, j’en ai conscience … Ce temps qui présentement me rend dingue, car cette souffrance commence réellement à me peser.
    Passons.
    Je dois bien admettre qu’à ce jour, je ne sais toujours pas comment passer cette peur de moi-même, ce sentiment que quelque chose de franchement … malsain ? Mauvais ? dangereux ? Je ne saurais comment le qualifier … se tapit en moi et je crains de le libérer. Comme si m’autoriser à être moi-même était une entrave à des ordres, à quelque chose … Et le fait de l’écrire me permet de prendre conscience que c’est sûrement, encore, les restes de la relation avec mes parents. Pour parler d’avantage encore de ma propre vie, ma mère nous a toujours tous empêchés d’être nous-même. Mon père était plutôt soumis et effacés, ma sœur et moi enfants. Je suis surprise de voir à quel point les entraves de l’enfance peuvent encore nuire à l’adulte …
    J’ai déjà eu énormément de mal à prendre conscience du fait que notre mère n’a pas su nous aimer comme elle l’aurait dû. Et ce qu’importe toutes les circonstances atténuantes qu’elle peut avoir. Le résultat est là. Et même en tentant de lui parler de ce que J’AI ressenti, de ce que J’AI éprouvé … Tout fut nié en bloc, ou presque. C’était … déroutant, désolant.

    Je ne suis sûrement pas encore prête à guérir car une fois encore je ne m’accepte toujours pas, vu que j’ai peur de moi-même.
    Ce commentaire est long, il n’avait pas été prévu que tel soit le cas. Mais j’ai au moins pu prendre conscience de ces « petits faits » … Et du coup, ma colère doit être celle que j’éprouve à son égard …

    Vous remerciant de ces articles ;
    Mme Fumée

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Oui, ce que vous décrivez si bien se nomme la peur de votre ombre (des aspects primitifs de vous qui demandent à être reconnus), avec lesquels vous avez besoin de vous réconcilier. Notre ombre est à l’origine de nos conflits psychiques, pour Jung elle est : « la personnification de tout ce que le sujet refuse de reconnaître et d’admettre en lui. Se mêlent en elle les tendances refoulées du fait de la conscience morale, des choix qu’il a faits pour sa vie ou d’accéder à des circonstances de son existence, et les forces vitales les plus précieuses qui n’ont pas pu ou pas eu l’occasion d’accéder à la conscience. » Il y a des parts de vous restées enfouies qui ne demandent qu’à naître, le paradoxe c’est que vous les vilipendez.
      Tous les êtres ont une ombre. Elle est de la vie refoulée qui accable l’inconscient, la seule manière de la pacifier c’est d’apprendre peu à peu à l’accueillir.

      Répondre
  4. Ange

    je ne sais pas ce que j’ai. mais je ne vais pas bien . j’ai peur de moi-meme parce que je ne sais pas ce que je suis.
    je me vois stresser, angoisser sans raison consciente . et a ma conscience je suis vide ; le temps n’a pas de signification pour moi, beaucoup de personnes m’aiment bien pour ma simplicité, mais en vrai ce n’est pas ce que je suis, avec mon esprit englouti, noyé de pensees de tous les sens. j’essaie plutot de les masquer, de m’abandonner pour me fondre a la masse . je n’arrive pas à assumer mon intelligence, parce que mes idees,mes pensees diverges sans cesse . je n’arrive pas à aimer, à part desirer. Je me connais pas, je me mens à moi meme pour me donner une personnalité, je me sens incompatible avec moi-meme… je n’ai ni colere,ni enthousiame, aucune confiance en moi…

    selon votre expertise j’espere avoir une solution…

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Comment voulez-vous que je puisse « expertiser » une personne que je ne connais pas et qui m’écrit quelques lignes dans un commentaire d’article ?
      Je pense que vous avez besoin de vous impliquer dans un travail thérapeutique sérieux et régulier avec un thérapeute en lequel vous pourrez mettre votre confiance.
      C’est du moins ce que je vous souhaite, courage, ne vous laissez pas tomber !

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