Oser la colère, oser être vrai avec soi-même

(A vous tous qui avez été maltraités et qui vous interdisez la colère, lisez, relisez cet article puis mettez-vous à l’écoute de ce qui gronde en vous. Faites cela par amour et respect pour vous-même.)

Partage de X :

Bonjour,

Je suis X ; j’ai 26 ans et…

J’en veux à mon père de m’avoir violée plusieurs année dans mon enfance ainsi que ma grande sœur.

J’en veux à ma mère de ne pas avoir porté plainte contre mon oncle pour avoir fait subir à ma grande sœur des attouchement sexuels tout en le laissant continuer à vivre sous le même toit que nous, sous prétexte que la condamnation de mon père a 20, oui vingt ans de prison était amplement suffisant.

J’en veux à ma mère de ne pas nous avoir cru lorsque nous lui parlions des vidéos que papa faisait de nous et de ses visites dans nos chambres la nuit tombée.

J’en veux à ma mère d’avoir attendu que ce soit le directeur de l’école primaire qui ait enfin appelé la police après une discussion avec ma grande sœur.

J’en veux à ma mère d’avoir emprunté la voiture de ma grande sœur et de ne lui avoir jamais rendue sous prétexte qu’elle y avait fait des réparations.

J’en veux à ma mère de n’avoir jamais pris la peine de me rembourser les 7000 € que je lui ai prêté sous prétexte que comme elle dit…

J’en veux à ma mère d’avoir conforté ma sœur dans un mariage blanc et de lui avoir pris un quart de la somme qu’elle avait touchée.

J’en veux à mon père d’être sortie de prison après seulement 12 années et de m’avoir écrit pour me dire qu’il se trouvait dans une maison de repos avec un cancer des os en phase terminale et qu’il voulait me voir avant qu’il ne soit trop tard.

J’en veux à ma sœur d’avoir accepté de l’argent de mon père durant sa peine de prison.

J’en veux à ma sœur de continuer à saluer notre oncle lorsqu’elle le croise comme si de rien était.

Je suis en colère ! Je suis en colère ! Je suis en colère d’aimer cette famille qui ma été imposée par la Vie.

Je suis en colère de porter le nom de mon père.

Je suis en colère que cette famille fasse partie de moi et de mon histoire.

Je suis en colère d’avoir fui ma famille depuis maintenant 7 mois en espérant arranger le problème alors que je suis le problème.

Mes ex petit amis « paix à leur cœur » ont je pense un arrière goût de pisse en repensant à mon passage dans leur vie… à base de gifles, d’insultes en tout genre.

Je haïs ces colère, ces frustration, ces cris, cette agressivité que je suis.

Toutes ces choses qui une fois redescendues laissent place à une énorme Culpabilité qui au lieu de me calmer me pousse à m’enfoncer encore plus…

Je veux changer je veux être en paix avec moi-même.

Je veux être mon propre héros…

Merci.

Ma réponse :

A propos de la colère :

Ayant tous entendus, quand nous étions enfant qu’il était « mal » de se mettre en colère, nous sommes victimes aujourd’hui de la tendance à considérer la colère comme mauvaise, donc a priori illégitime.

Or qu’est-ce que la colère ? A quoi sert-elle ? Est-elle « mauvaise » ?

La colère est l’émotion de celui ou de celle qui, vivant une injustice, une blessure ou une frustration, ne tolère pas qu’elle perdure. Elle a donc pour but de lui permettre de se défendre à un moment précis. Elle est une énergie centrifuge (qui va de l’intérieur vers l’extérieur), qui est une réaction contre l’agresseur et se retourne donc contre lui.

La difficulté est qu’on nous a appris depuis toujours, dans un discours perverti par la morale, qu’on n’était « pas beau » quand on était en colère, qu’il ne fallait pas se mettre en colère, que c’était mal et qu’il fallait pardonner à ceux qui nous avaient fait du mal. On nous a appris à confondre la colère avec la méchanceté.

C’est ainsi que nous n’avons, pour la plupart d’entre nous, pas eu d’autre choix que de refouler notre colère au fond de nous-mêmes, contraints par ceux que nous aimions, ou (pire) par nous-mêmes, ayant faites nôtres les croyances erronées de nos proches.

Or – contrairement aux idées reçues (reprises même par certains thérapeutes) – la colère est une émotion qui peut être saine donc juste et même nécessaire, quand elle nous sert à défendre notre intégrité. Elle est alors une protestation contre ce que nous ne pouvons pas tolérer et elle nous aide, par l’énergie qu’elle nous donne, à préciser les limites que nous ne voulons pas voir dépasser.

Même si nous avons entendu que la colère était « aveugle » ou « mauvaise conseillère », il ne nous faut pas la confondre avec la violence qui – elle – est toujours pathologique parce qu’elle est l’expression de notre rage et de notre impuissance.

La colère est bel et bien nécessaire à notre survie et il est normal qu’une blessure remémorée déclenche une émotion à l’encontre de celui ou de celle qui nous l’a fait subir. Nous connaissons aussi l’expression « sainte colère », qui exprime bien le côté « pacificateur » de la colère dans nos relations avec les autres.

Il n’y a pas à censurer une colère qui est reliée à notre identité propre et à la vérité profonde de ce que nous sommes ici et maintenant. Pour nous libérer des conflits et des manipulations familiales, pour sortir de la confusion (et dans confusion, il y a fusion) d’avec nos proches, nous devons laisser se manifester notre unicité propre, donc être fidèle à notre colère si nous sommes en colère. Et c’est même la condition de notre possible réparation. Autrement, nous trahissons ce qui en nous veut vivre et nous devenons les victimes de notre destin comme cela est tragiquement souvent le cas aujourd’hui.

La guérison des blessures passe par la libération émotionnelle. Pour ce faire il n’est pas d’autre moyen que d’ouvrir ces blessures en osant les laisser s’exprimer, la colère étant l’une des émotions alliées qui le permet. Il ne faut pas oublier que les émotions sont des processus physiologiques qui ne durent pas, qui libèrent de l’énergie et qui nous aident à résoudre nos difficultés si on les laisse s’exprimer sans les refouler. Il faut donc laisser à l’émotion son libre cours dans un lieu adapté, comme par exemple le cabinet d’un thérapeute bienveillant.

Si les émotions n’ont jamais pu s’exprimer, elles continueront de vous encombrer longtemps en sous-sol (dans votre inconscient), parce que la simple évocation de votre blessure (ici de votre blessure liée au sexe), fera remonter tout ce douloureux refoulé qui crie encore à l’intérieur de vous.

C’est parce que vous oserez hurler votre colère que vous parviendrez peu à peu à vous libérer de votre haine, c’est à cette condition que pourra se manifester en vous la paix à laquelle vous aspirez si fort.

Je m’explique en vous répondant plus personnellement :

Vous avez été violée de nombreuses fois par votre père, et votre mère en ne vous croyant pas lorsque vous lui en parliez n’a pas su vous protéger.

Qui oserait prétendre que votre colère n’est pas légitime ? Qui pourrait oser prétendre que vous devriez « pardonner et tourner la page », comme on l’entend si souvent dire par des personnes dénuées de toute compréhension comme de toute empathie pour celui ou celle qu’ils prétendent écouter ?

Votre colère est à écouter pour ce qu’elle est, et c’est en ceci qu’elle est saine et « sainte ». Elle est l’alliée non pas de la « victime dépressive et honteuse » à l’intérieur de vous mais de la partie de vous-même qui veut vivre, qui ose courageusement ressentir ce qu’on lui a fait et qui l’écrit pour le crier. C’est en ce sens que votre partage est salutaire et thérapeutique pour vous-même, comme pour celles et ceux qui, s’identifiant à votre vécu, oseront le faire à leur tour.

Il faut beaucoup d’honnêteté et de courage pour oser crier sa colère plutôt que de la refouler, plutôt que de l’étouffer. En fait, votre colère est la saine et juste expression de votre fidélité à vous même. En l’exprimant de la sorte, vous montrez à la face du monde, en le prenant à témoin, ce que vos bourreaux vous ont fait endurer et ont fait endurer à votre sœur. Votre colère est féconde en ce qu’elle est un témoignage de votre amour profond pour la vie.

Un thérapeute de mes amis dit que la colère est de la « tristesse infectée ». N’est-il pas nécessaire de crever les abcès de nos infections si nous voulons vivre ? Et je songe, en vous écrivant cela, à toutes ces personnes « mortes vivantes » parce qu’elles n’osent pas accueillir leur souffrance, accueillir la vérité de l’expression de la vie en elles.

L’expression de votre colère contre votre père introjecté est totalement légitime. Pour oser l’estimer légitime, je me réfère à une idée simple, issue du respect et des droits dus à tout être humain, et qui dit que personne, jamais, ne nait pour être la chose ou l’objet de quelqu’un d’autre. Parce que personne n’est esclave, personne n’a le droit d’exiger que l’autre se conforme à ses exigences, n’en déplaise à la culture machiste et sexiste dans laquelle nous vivons.

C’est notre peur de juger nos parents qui nous empêche de juger leurs actes. Or, comme toute l’œuvre d’Alice Miller l’exprime, le seul moyen à notre disposition pour nous délivrer d’un mal est de le reconnaître comme un mal. Donc nous devons juger les actes commis en particulier par ceux qu’une partie de la société, dans son aveuglement, dit qu’il ne faut pas juger, à savoir nos propres parents, si nous avons souffert de leurs comportements et malversations. Et j’entends à quel point la désolidarisation de celle qui avait pour mission de vous comprendre et de vous soutenir dans votre blessure (à savoir votre propre mère), a été et est encore douloureuse pour vous.

Nous ne pourrons nous libérer d’un mal qu’en osant braver les interdits et les fausses croyances enracinées qui nous empêchent de nous en souvenir.

Quelle qu’ait été la pathologie de nos parents, cela ne doit jamais nous empêcher de reconnaître et de juger l’horreur de certains de leurs actes, parce qu’il est évidemment toujours légitime d’évaluer l’impact d’un comportement. Et je me dois de préciser que nous ne devons pas avoir nécessairement besoin de penser qu’il faut qu’un acte soit conscient de la part de celui qui l’a commis pour pouvoir oser en évaluer l’horreur. Pourquoi ? Parce qu’une cause de souffrance objective restera toujours une cause de souffrance objective.

C’est ainsi que de même que la plainte peut-être une étape nécessaire, l’indignation et la colère sont deux émotions salutaires dans un travail thérapeutique bien mené, à la seule condition que cette indignation et cette colère ne se trompent pas de cible.

Attention à bien vérifier la cible :

Oui, vous en voulez à votre père, à votre mère, à votre sœur, mais prenez garde de ne pas retourner votre colère contre vous-même ! Oser ressentir sa douleur et la crier rapproche de soi-même à condition de ne pas devenir soi-même le martyr de sa propre plainte.

Devenir vous-même (donc vous libérer de votre passé de souffrance), n’est possible que parce que vous ferez tout pour vous soustraire à la domination psychique de votre bourreau, or si vous retournez votre colère contre vous même, vous vous assujettissez justement à votre bourreau en ayant la même attitude que la sienne.

Vous vous en voulez « d’aimer cette famille qui (vous) a été imposée par la vie. » Votre colère contre vos bourreaux risque de vous contraindre (dans sa confusion), à vous haïr vous-même sous le prétexte que vous êtes issue de leur œuvre. En fait la vie fait naître chacun de nous fondamentalement inégaux. Certains naissent avec une infirmité physique, d’autres avec des handicaps mentaux, d’autres peuvent même être issus du viol de leur mère… pour ne citer que des cas dramatiques.

Personne ne connaît le pourquoi du comment, qu’ils l’appellent dieu, le destin, le fruit du hasard ou de la nécessité. Le pourquoi de l’alchimie particulière qui est à l’origine de notre venue reste un mystère pour nous tous.

Mais devons-nous éternellement rester soumis à cette inégalité en en devenant dépendants ou allons-nous nous construire, en osant devenir qui nous sommes quelle qu’ait été notre alchimie constitutive ?

Ce n’est pas vous qui avez choisi votre père, ni votre mère, ni votre oncle, ni votre sœur.

La vie vous a été donnée, on pourrait dire que vous êtes son œuvre. Mais qu’allez-vous en faire ? Allez-vous rester soumise à ses contingences ? N’avez-vous pas une part – même minime – de liberté à travers elle ?

Osez déjà reconnaître que vous êtes totalement innocente du choix de vos géniteurs. Pour ce faire, mettez-vous à l’écoute de votre colère qui crie si fort en vous, car elle vous aide à exister pour l’amour de vous-même. Il ne faudrait pas que vous ajoutiez une injustice à votre souffrance. Il ne faudrait pas que vous preniez le risque insensé de désaimer celle qui – en vous – a tant besoin de votre amour, en la tenant responsable de ce qu’elle n’a jamais voulu.

Avoir le besoin d’être « votre propre héros » comme vous le dites avec la force qui est la vôtre, revient à oser être soi-même et ne plus devoir se regarder à travers un passé de souffrance. Personne ne « mérite » la souffrance et il est totalement légitime de vouloir s’en débarrasser.

Comment ne pas comprendre que vous finissiez par haïr « ces colères, ces frustrations, ces cris et cette agressivité » qui sont vôtres j’en conviens, mais – je vous l’assure – que vous n’êtes pas.

De même qu’un être humain n’est jamais réductible à ses actes, vous n’êtes pas réductible aux émotions qui sont les vôtres et qui vous harcèlent.

Vous découvrirez que l’expression de vos émotions est une étape sur le chemin de votre libération, une étape nécessaire et pas une fin en soi.

Pour que vos émotions soient une étape sur votre chemin, vous avez besoin d’oser pleinement les vivre (et comme je vous l’ai déjà écrit), cela est thérapeutique pour vous. Oser pleinement les vivre va, doit vous permettre d’aller au-delà, d’atteindre un autre stade, (Elisabeth Kubler-Ross (1) a théorisé cela d’une manière très intéressante dans ce qu’elle a appelé « les étapes du mourir ») et de même qu’il existe des étapes pour permettre à celui qui va mourir de partir sereinement, il existe des étapes pour vous permettre de passer à un autre stade de votre relation à vous-même afin de vous retrouver un jour en paix.

Non, vous « n’êtes pas » le problème, en aucun cas. Il y a un problème en vous, ce n’est pas du tout la même chose : si vous étiez le problème il n’y aurait pas d’espoir, si vous avez un problème, l’espoir est permis, comprenez-vous ?

Des personnes qui pensent que d’autres personnes sont des problèmes existent, ce sont des extrémistes comme – par exemple – les nazis qui voulaient supprimer les juifs de la surface de la terre parce qu’ils pensaient que les juifs étaient des problèmes.

En fait personne n’est un problème, sur cette terre, il n’y a que des personnes qui souffrent et qui (dans leur confusion), en arrivent à croire que d’autres sont des problèmes, et c’est justement cela « avoir » un problème.

Donc non ! « Vous » n’êtes pas le problème !

Je peux même vous donner la preuve que vous n’êtes pas le problème, puisque vous dites que votre cœur souffre et que vous ne voulez pas le mal de l’autre. Regardez, à travers la générosité de vos propres mots vous partagez : « Mes ex petit amis « paix à leur cœur » ont je pense un arrière goût de pisse en repensant à mon passage dans leur vie… à base de gifles, d’insultes en tout genre. »

Cet arrière goût de pisse dont vous parlez n’est que l’émotion qui est la vôtre en repensant à la manière dont vous avez dû les faire souffrir (sans pouvoir vous en empêcher), à travers votre terrible souffrance à vous. En parlant d’arrière goût de pisse vous montrez votre humanité, vous montrez que vous n’êtes pas d’accord avec la part de vous-même qui était contrainte (parce qu’elle était elle-même blessée) de les faire souffrir par ses comportements durs et violents.

L’amour et la cruauté ne peuvent que s’exclure mutuellement. S’ils semblent à un moment se confondre pour un être, c’est parce que cet être a été contraint dans son histoire de considérer la cruauté à son égard comme un témoignage d’amour. Pour le comprendre, les livres d’Alice Miller vous attendent, ils sont « limpides » à ce sujet.

C’est toujours pour la même raison que nous sommes odieux, agressifs, imbuvables et même parfois violents avec les autres. C’est parce qu’il y a à l’intérieur de nous une part de nous-mêmes mal aimée qui se venge et qui continuera de se venger tant qu’elle ne sera pas reconnue comme ayant souffert.

Le poète R. M. Rilke écrit ceci (qui pour moi est une clé) :

« Peut-être tous les dragons de notre vie ne sont-ils que des princesses qui attendent de nous voir agir juste une fois avec beauté et courage. Peut-être tout ce qui est terrible est, dans sa plus profonde essence, quelque chose d’impuissant qui a besoin de notre amour. »

Les dragons de notre vie ne sont que notre propension à la monstruosité or les monstres n’existent pas, seuls existent des êtres humains déchirés, perdus, qui en devenant parfois les prédateurs des autres, rêvent, désespérément d’exorciser leurs souffrances inconscientes (2).

Derrière le masque de la Bête, il y a toujours une profonde blessure qui cache une « Belle » (ou un « Beau ») qui attend l’amour pour enfin se manifester à la plénitude de la vie.

Pour reconnaître et vous ouvrir à cette part de vous-même que vous n’osez pas aimer, cette part qui a été salie, maltraitée, humiliée et qui est devenue avec le temps votre part malaimée qui crie à l’intérieur de vous et que vous pouvez entendre hurler dans les moments de silence et de solitude, il vous faudra beaucoup de « beauté et de courage. »

Votre partage, votre légitime colère, crie votre désir de vivre en paix. Il vous faudra donc de la bonté pour reconnaître la légitimité de votre désir, et du courage pour parcourir le chemin qui à ce jour vous en sépare encore. Sur ce chemin, vous pourrez tomber, sombrer parfois dans des moments de désespoir. Vous pourrez douter de tout mais jamais de celle qui doute, c’est-à-dire de votre force de vie, parce que quelles que soient les fées (bonnes ou mauvaises) qui se sont penchées jadis sur votre berceau, vous êtes, ici maintenant, vivante.

En vérité, il n’y a rien de « sale ni de laid » en vous-même. En vérité nous pouvons tous (vos lecteurs), reconnaître avec gravité votre vécu, votre souffrance, et permettez-moi de le faire.

Puissiez-vous peu à peu vous réconcilier avec cet enfant blessé en vous, avec la jeune fille innocente que vous avez été. Et plutôt que de mourir de souffrance et de culpabilité, les laisser mourir, elles, en les exprimant tant et plus.

Notes :

© 2013 Renaud PERRONNET Tous droits réservés.

04/03/2013 X me répond :

A l’arrivée de votre lettre j’ai quitté ma cuisine pour allez m’asseoir sur les escaliers… ça faisait longtemps que le temps n’avait pas été si agréable.

Ca faisait longtemps que je n’avais pas pleuré de joie.

Je suis assise-là et je ne sais pas quoi dire…

Je vais juste apprécier ce que je ressens et retourner à ma cuisine, mais maintenant je comprends et je ne veux pas m’arrêter là.

A mes 13, 14 ans la juge a proposé un psychologue pour moi et ma soeur.
J’étais sans doute trop jeune pour y voir un intérêt, mais les chose ont été amenées de telle manière que j’ai eu l’impression d’être « la malade » à soigner et me suis braquée.

Je veux un rdv avec vous ou quelqu’un que vous me conseillerez.

Merci beaucoup.

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CC BY-NC-SA 4.0 Oser la colère, oser être vrai avec soi-même par Renaud Perronnet est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'utilisation Commerciale-Partage à l'identique 4.0 .

62 réflexions au sujet de « Oser la colère, oser être vrai avec soi-même »

  1. Martine

    Mais comment ?
    Comment se mettre en colère, après avoir été abusée sexuellement pendant la petite enfance par un propre parent ?
    Comment ? puisque plus rien ne sort en nous ? plus aucune émotion ?
    On vit cachée, on se cache derrière nos vêtements, on se cache derrière un pilier dans la cour de l’école à la récréation, on se cache à la maison, on n’entend plus rien, on ne voit plus rien, la nourriture est même dégueulasse, mais comment ?
    Comment se mettre en colère contre nos parents qui nous protège, des méchants loups qui rôdent au-dehors ? Mais comment ?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      C’est vrai qu’après de telles agressions, il peut y avoir une période d’anéantissement, accompagnée même du déni de ce que les bourreaux ont fait. Ce n’est qu’après ce stade et qu’à la condition qu’on ait eu un témoin indigné de ce qu’ils ont fait (donc que l’on sache l’horreur), que la colère devient possible sur la base du ressenti.

      Il ne s’agit donc pas de « se mettre en colère contre ses parents », mais de se mettre en colère contre des géniteurs criminels à qui l’on ne peut justement pas donner le nom de parents.

      Répondre
  2. alya

    Bonsoir… le témoignage est boulversant, la réponse de monsieur peronet bienveillante et tellement vraie.. nos emotions etouffées nous etoufe jusqu’ a nous rendre etranger a nous meme… c’est apres une periode de grand desespoir , de souffrance que j’ai pu faire regarder s’exprimer ma colere… sans jamais cela ma permi de ne plus la diriger contre des inocents ni contre moi… j’ai exprimé mes emotions cela a mis du temps mais je regarde mes blessure avec compasion et respect elle ne me font plus souffrir……

    Répondre
  3. Bernard

    La colère a toujours quelque chose à nous dire, parce qu’elle nous permet de secouer le joug qui nous a été imposé (ou que nous nous sommes mis, peut-être?) pour reconquérir notre dignité. Elle nous dit que non, nous ne sommes pas condamnés à la faiblesse, à la dépendance, au dénuement mais qu’au contraire, nous avons droit au respect et à la dignité, que nous avons le droit et même le devoir de nous défendre, de nous révolter, de dénoncer le mal et l’injustice et que nous avons droit à la réparation. Mais pour cela, nous ne pouvons rester seuls. Nous avons besoin de toutes les aides possibles pour que, finalement, nous puissions nous aider nous-mêmes. Tout doit nous être bon: lectures, sites, forums, discussions; tout pour nous aider à retrouver notre dignité. Tout, même quelques chocs lézardant le masque qu’on s’est mis pour faire bonne figure (oui, nous ne sommes pas de « bons enfants », oui, nous éprouvons de la colère et de la haine, oui, nous pouvons être capables de petites mesquineries, mais quoi? ). Parce qu’est à partir de cette prise de conscience, face aux chocs, que nous pouvons refaire un pas vers la bonne direction. Nous avons besoin d’être reconnus pour que nous nous reconnaissions ensuite nous-même. La bienveillance des autres, leur soutien amical, leur geste fraternel doivent ensuite nous permettre de faire preuve de bienveillance envers nous-mêmes (ce qui n’empêche pas une certaine lucidité et une certaine honnêteté). Et puis il y a aussi l’action, qui nous permet de voir ce dont nous sommes capables et d’en retirer une fierté légitime. Et finalement, lorsque nous estimons que nous n’avons plus rien à prouver ni aux autres, ni à nous mêmes, alors on peut dire qu’on a franchi une étape importante. Je ne dis pas que la colère disparait à jamais, il peut y avoir des rechutes, comme des répliques décroissantes, mais quand nous sommes parvenus à une certaine stabilité, alors la colère est moins dangereuse, moins destructrice, parce que si nous sommes encore influencés par notre passé, nous sommes « bâtis » par nos actions présentes, aussi, et que nous sommes parvenus à édifier un édifice suffisamment stable en nous.
    J’ai l’impression de m’embrouiller un peu. Ce que je veux dire, c’est que si nous avons pour but de nous reconstruire nous-mêmes avec quelques aides bienvenues, alors notre colère, notre révolte est le carburant qui doit nous permettre d’avancer.
    Je vous fait toutes mes amitiés.

    Répondre
  4. LILOU

    Je suis très émue par la lecture de cet article.
    voici mon témoignage
    Avec l’aide d’un premier témoin lucide, un psychologue, j’ai rompu avec ma famille toxique. j’ai été bannie et maudite.
    Les mois qui ont suivi ont été la période la plus horrible. j’avais peur des représailles et j’étais anéantie par la culpabilité, je ne dormais plus je ne mangeais plus j’avais perdu plus de 10 kg et presque tous mes cheveux
    A ce moment là, j’ai lu, relu, et relu encore tous les livres d’Alice Miller ; elle a un talent extraordinaire pour expliquer les fonctionnements de façon extrêmement claire et concise . Je suis allée dans des site d’entraide comme celui-ci et chez un psychologue compétent et courageux.
    Ayant compris le fonctionnement de ces comportements toxiques, j’ai mis un terme a beaucoup de relations : on a tendance à reproduire et à cultiver ce que l’on nous a appris enfant en termes de relations humaines. Pendant quelques temps, je me suis retrouvée bien seule, j’en ai souffert mais avec du recul, je constate que cela m’a permis de me désintoxiquer le cerveau .
    Et puis petit à petit , miracle ! les témoins lucides se sont succédés, multipliés et j’ai changé
    J’ai rencontré des personnes au comportement sain
    Je suis devenue plus tolérante, plus calme, plus à l’écoute des autres, plus douce, …..en bref je suis devenue moi : le tas de boue dont on m’avait recouvert pendant tant de temps s’est dilué peu à peu
    Et j’ai commencé à vivre
    je suis restée sans nouvelles de ma famille pendant 3 ans et demi
    Je redoutais la mort de mon père
    Elle est survenue le mois dernier…. Bizarrement, je n’ai pas pleuré, je n’étais pas en colère, je n’avais ni peine ni haine ….je me sentais comme étrangère.
    La semaine dernière, j’ai du me rendre chez le notaire. Il a mis longtemps avant de commencer la lecture du testament manuscrit laissé par mon père. Je voyais son visage se décomposer.
    il s’est excusé à plusieurs reprises d’être obligé de se faire le porte voie de ce qu’il a appelé : une litanie d’horreurs, la gifle par delà la mort. Des larmes qu’il avait du mal à contenir se sont mises à couler de ses yeux au fur et à mesure qu’il lisait.. Sans le savoir cet homme est venu se rajouter au nombre de mes témoins lucides. Moi je ne pleurai pas, encore une fois, je me sentais étrangère à tout ça.
    Mon père savait que je serai contrainte de l’écouter encore une fois. Il a donc écrit pour me faire mal sans penser une seule seconde qu’il me faisait le plus beau des cadeaux : la seule preuve tangible de son ignominie.

    « The présent destroys the past every day »
    c’était la devise de Louise Bourgeois (c’est l’Alice Miller sculpteur : elle explique tout très bien et très clairement, elle a été violée par son père très jeune. Elle est décédée il y a 2 ans à l’âge de 98 ans, heureuse, belle et célèbre)
    Bien à vous tous
    Merci pour ce site, cher Monsieur Perronnet

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Merci pour votre bien éloquent et courageux témoignage !
      La manière dont vous avez pu sentir de manière si évidente que l’émotion de ce notaire vous offrait une nouvelle opportunité de constater la toxicité de votre père est exemplaire ! Et vous n’avez – en effet – plus besoin de le haïr depuis que vous en êtes délivrée.

      Répondre
  5. ninava

    bonjour,
    A l âge de treize ans après une première enfance stable, innocente et plutôt épanouissante ; j ai été violée par mon grand frere. il profitait de l absence de mes parents (cours du soir informatique) pour nous faire subir, à ma petite sœur mon petit frère et moi même ses jeux sexuels. Toujours, je défendais les petits et en payais le tribu. Je mourais d’envie, chaque lendemain matin, d’en parler a mes parents mais n y arrivais jamais et me renfermais sur moi même. Très vite je n’ ai plus supporté de dormir chez moi. Quand je rentrais en fin de nuit pour me reposer avant d aller au collège, mes parents, surement décontenancés me faisait courir autour du jardin en me menaçant d un bambou jusqu’ a que je m écroule. etc… Un jour ma mère, après m avoir frappé, m a craché au visage et m a hurlé que c était fini, que je n étais plus sa fille Je quittais définitivement le foyer familial. Durant mes années de lycée j étais livrée a moi même, survivant au monde nocturne de la rue et son cortège de dangers, plongée dans un mutisme dont je n étais consciente ni de la cause ni des conséquences, j’ étais devenue comme un animal et ai souvent essayé de me détruire plus ou moins consciemment. A la naissance de mon premier enfant, a 20 ans je fus incapable de donner ma date de naissance a la maternité. Bref !
    C’ est à ce moment que j ai commencé a faire de terribles cauchemars, très violents et persistants, qui ont eu le méritent de me faire prendre conscience de ce qui m était arrivé et que mon cerveau avait occulté durant toutes ces années de survie. J’ai alors énormément culpabilisé d’avoir abandonné ma sœur et mon frère.
    Plus tard j ai rencontré un gars bien, solide et aimant, qui m a prise pour épouse et qui m a donné 2 autres enfants. Au regard de notre situation actuelle je suis heureuse de ce que nous avons construit tous les deux. Nous avons tous les deux un emploi stable depuis longtemps, une maison tranquille ou les enfants ont bien grandi dans le calme le respect et l’amour. A l’âge de 36ans mes cauchemars m ont quittés. j’ai cru que grâce a mon mari, mes enfants, ma force mentale et mon travail sur moi et le temps aussi, je m’étais tirée d’affaire et j ai su retisser des liens vrais avec mon petit frère et ma petite sœur a qui j avais beaucoup manqué.
    Cependant et c’est là le pourquoi de cette correspondance, je suis tombée gravement malade a 38 ans, 2 ans après la fin de mes cauchemars. Cela fait maintenant 3 ans que mes médecins cherchent a diagnostiquer une maladie rare (Wegener sarcoidose ou wipple) et que je souffre physiquement au quotidien. Mon tableau fibromyalgique pourrait être l’expression de la somatisation des nombreuses blessures psychiques de ma vie mais je n’arrive pas a me persuader (et mes médecins non plus apparemment) que l endocardite la paresthésie les nodules pulmonaire (exérèse d’un lobe) les oedems maculaires en font partie. Pour la Xeme fois de ma vie je souffre. Je suis une battante mais là, j’en ai assez de me poser des questions. je ne sais pas, je ne sais plus, je suis triste que ma vie soit encore gâchée et même si j essaie d être forte pour ceux que j’aime je sens que j’atteins les limites de mes ressources psychiques. voilà, c’était pour le partage.
    Merci monsieur Perronnet pour votre précieux travail.
    Bien à vous.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      En vous lisant, je m’interroge sur votre propension à la lucidité. N’y a-t-il pas une contradiction à partager que vous avez eu une première enfance « stable, innocente et plutôt épanouissante » et que votre mère vous ait traité d’une manière aussi ignoble en vous crachant au visage et en vous disant que vous n’êtes plus sa fille ?
      Vous excusez presque vos parents en m’expliquant que s’ils vous couraient après avec un manche de bambou à la main pour vous battre jusqu’à ce que vous tombiez, c’était parce qu’ils étaient « décontenancés » (et vraisemblablement vous pensez que vous étiez une adolescente difficile.) Vous êtes-vous interrogée sur les causes réelles de vos comportements d’adolescente ? Avez-vous pu légitimer à vos propres yeux vos comportements d’enfant ? Vous avez longtemps vécu au coeur d’un véritable piège dont vous n’êtes nullement responsable : si je reste je vis l’horreur ; si je pars, je livre les petits à leur prédateur. Là vous avez longtemps défendu les « petits » jusqu’à ce que – grandissant – vous n’ayez plus eu d’autre ressource que celle de fuir le prédateur, seule, isolée et sans ressources que vous étiez.
      Qui oserait dire à une adolescente longtemps héroïque qu’elle n’aurait pas dû fuir ?
      Qui pourrait oser vous regarder en face en vous disant que vous avez « abandonné » les enfants ?
      Je présume que si vous « mourriez d’envie » de parler à vos parents des horreurs que votre frère vous faisait subir et que vous ne le faisiez pas, cela cache le fait que vous aviez peur de leur en parler, simplement peur de ne pas être entendue par eux. Et cela en dit vraisemblablement long sur votre relation.
      Qui sont ces parents « aveugles » ? Ne sont-ils pas tout simplement responsables (comme chacun d’entre nous), de leur cécité comme de leurs comportements ? Pourquoi ressentez-vous encore le besoin de les excuser ?
      Quelles sont les causes réelles du comportement prédateur de votre grand frère ?
      Vos cauchemars violents et persistants avaient du sens, ils ne faisaient que vous dire votre besoin d’attention et d’amour pour vous-même.
      Si vous voulez sortir de vos possibles somatisations, il vous faut rencontrer la vérité des horreurs que vous avez subies et cela ne doit pas se faire dans n’importe quel contexte.
      Je ne saurai trop vous recommander la lecture du livre de Muriel Salmona dont je cite un extrait à la fin de mon article : à propos des parents toxiques, ainsi que la consultation attentive du site Mémoire traumatique.
      Je suis persuadé que la lecture de ce livre répondra (intellectuellement) à vos doutes et aux questions nombreuses que vous vous posez encore sur vos comportements jusqu’à ce jour.
      Après cela, il vous faudra passer à l’action pour pouvoir, grâce à un travail thérapeutique sérieux et déculpabilisant, enfin vivre la vie à laquelle vous avez droit.
      Je vous souhaite du courage et de la détermination dont j’ai bien compris vous ne manquez pas.

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  6. Muriel

    Je découvre votre site et je vous remercie, monsieur Perronnet, pour cet espace de parole plein de compréhension et de bienveillance. J’ai 54 ans, mes deux parents ont été toxiques pour moi dès ma petite enfance. J’ai vécu, comme beaucoup dans ce cas, la sidération, la peur, le déni, les colères, la dépression, les somatisations. J’ai pu me libérer de l’emprise paternelle à l’age de 32 ans après une explication où il n’a rien démenti (attouchements, harcèlement, humiliations, cris) mais rien regretté non-plus. Après cela, j’ai pu enfin me marier et devenir mère et je ne l’ai plus jamais revu jusqu’à son décès, 17 ans plus tard. Pour ma mère, toujours vivante, c’est plus compliqué car sa maltraitance est plus subtile et confusionnelle avec un fort chantage affectif (alternance de mépris, moqueries, dépréciations, appels au secours, grandes déclarations d’affections). Une violence masquée qu’il m’a été très difficile à reconnaitre. Pendant des années, des allers-retours épuisants entre amour et haine et des dommages considérables sur ma vie personnelle. Je suis sous antidépresseurs depuis 30 années et hospitalisée deux fois. J’ai réussi à tenir mon mariage pendant 14 ans et à élever mon fils. Aujourd’hui, je me retrouve seule, complètement épuisée, face à moi-même et…à ma mère. Depuis 8 mois, j’ai cessé mon travail et toute vie sociale, je vis repliée et je réfléchis sur ma vie. J’ai tenté de m’expliquer avec ma mère comme je l’avais fait avec mon père mais elle refuse le dialogue, reste et restera figée dans son déni. Pour elle, c’est « dans ma tête », je suis « malade » et le passé, « il faut l’oublier ». Je comprends qu’il va donc me falloir renoncer à cette forme de réparation avec comme étape suivante, couper définitivement les ponts car à présent, elle voudrait m’utiliser comme bâton de vieillesse et je pressens un nouvel enfer. J’ai encore de la colère et de la culpabilité à évacuer pour trouver la force de me libérer. Mais ai-je le choix? Je crois que non, il est peut-être temps que je vive.
    Merci de m’avoir lue.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je suis pleinement d’accord avec vous, vous êtes arrivée à un moment où vous n’avez plus le choix. Les choses que vous ne pouvez pas oublier, il vous faut les affronter si vous voulez la paix.
      Pourquoi « couper les ponts » est-il si difficile ? Alice Miller répond : « Je pense que la douleur la plus vive qu’il nous faille traverser pour devenir honnêtes sur le plan émotionnel, c’est de reconnaître que nous n’avons jamais été aimés quand nous en avions le plus besoin. »
      C’est le courage de cette honnêteté avec vous-même qui vous permettra de traverser votre douleur (et non de vous perdre dedans) que je vous souhaite.

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      1. Muriel

        Grand merci de m’avoir répondu si vite. Je me sens confortée dans mes ressentis et cela me donne du courage.

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  7. ninava

    Je suis désolée de me montrer pessimiste mais notre histoire de vie fait ce que nous sommes. Il m’apparait que reconnaitre ses douleurs, sa culpabilité, sa colère, comprendre les évenements malheureux survenus comme « à la chaîne », leurs intrications et leurs répercutions probables sur notre psychisme ne soulage rien du tout. Je veux bien croire que ça peut nous aider à réguler nos névroses, à les tempérer mais ce qui nous a blessé ne nous rend pas plus fort, au contraire. Les armures de tout ordre qu’on se créait par la suite pour se protéger démontrent par leur simple existence la réalité de nos faiblesses.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Je suis d’accord avec vous, nos armures cachent nos blessures les plus intimes, mais je crois que ce que vous appelez votre « pessimisme » est la conséquence de votre désespoir.
      En effet, ce qui nous a blessé ne nous rend pas plus forts ! Ce qui rend plus fort c’est d’avoir traversé sa souffrance donc de ne plus être au stade de l’otage étranglé par les maltraitances subies.

      Notre histoire de vie (dans le contexte de la maltraitance), n’est pas le miroir de « ce que nous sommes », je dirai plutôt que c’est le miroir de ce que nous sommes devenus quand on nous a empêchés de devenir ce que nous sommes.
      « Ce que nous sommes », c’est ce que nous cherchons à être, parfois éperdument, malgré nos blessures, et ce sont elles qui nous empêchent « d’être » pleinement quand – donnant en cela raison à nos agresseurs – nous ne pouvons pas nous en donner la légitimité, d’où le travail thérapeutique de « reconnaissance » dont le but est de se libérer de son assujettissement aux blessures.

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  8. Muriel

    Dans mon cas, c’est le jour où j’ai pris conscience que je ne savais pas qui j’étais (tant j’avais été dépossédée de moi-meme par les maltraitances) que j’ai eu le sentiment d’un déclic, comme si la véritable clé était là. ça m’a pris des années à me demander « qui suis-je? » avec comme constat: si je ne sais pas qui je suis, c’est que je me suis perdue en route et qu’une autre femme vit ma vie à ma place. Les questions se sont enchainées: quand, comment, pourquoi? Elles m’ont obligées et encore aujourd’hui à revivre et ressentir les traumatismes subis, revivre ce qu’ils avaient créés de faux au fur et à mesure et découvrir ce qu’ils m’avaient fait perdre que je possédais en moi. C’est ainsi que j’ai compris que je ne suis pas celle que mes blessures ont fait de moi et que très lentement je commence à retrouver des bribes de ma vraie personne, celle qui était belle et saine et qui aurait pu etre heureuse (le sera). J’ai le sentiment que ce noyau resté intact est là et n’attend que moi, c’est ça qui me donne de l’espoir.
    Bien à vous et en toute modestie.
    Muriel.

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  9. bernadette

    OSER LA COLERE Le concept de bien ou de mal implique une notion de jugement. Sur quelle base, peut-.on dire que quelque chose est bon ou mauvais . La seule distinction vient du résultat. En effet, si quelque chose cause de la peine, de la souffrance, on considère que c’est q.q.chose de négatif. Si cela apporte du bonheur, on considère que c’est positif. Néanmoins, dans un premiers temps, il y a des choses qui peuvent se révéler négatives ou positives sans l’être par la suite. Il faut donc le dire en fonction des résultats ultimes qu’il y aura. Donc, il n’y a pas de bien ou de mal absolus ! Peut être qu’une bonne colère de temps en temps remet les choses en place mais si elle en devient une habitude, un réflexe ….. gare aux dégâts… C’est relatif, il faut voir le contexte. On peut aussi feindre une grosse colère en restant calme à l’intérieur, c’est plus intéressant car une vraie colère nous fait perdre beaucoup d’énergie. Qu’en pensez-vous ?

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  10. Muriel

    Quand il est question de maltraitances physiques, sexuelles, morales, il y a atteinte à l’intégrité d’autrui, c’est une très grande violence qui lui est faite et dont il portera toute sa vie les stigmates. On peut toujours théoriser sur le bien ou le mal, sur les causes ou les conséquences, cela s’appelle un abus et c’est une réalité. Quant à la colère ressentie par la victime, elle n’a rien à voir avec une habitude ou un réflexe et qu’elle soit refoulée ou exprimée, c’est l’écho d’une grande souffrance intérieure qui demande à etre soulagée, là encore aucun rapport avec une colère feinte qui n’est qu’une stratégie de communication.

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  11. bernadette

    Bonjour Muriel,
    Je vais vous répondre avec ma propre expérience. A l’âge de 26 ans (j’ai 65 ans aujourd’hui) je suis partie faire un stage dans le sud de la France dans un monastère bouddhiste. J’y suis restée 2 mois à m’initier à toutes sortes de pratiques bouddhistes et cela fait aujourd’hui presque 40 ans que j’ai continue ma quête. Au bout des 2 mois, je devais rentrer en Belgique et prendre un train à Cannes. Au lieu d’attendre le bus, j’ai fait du stop pour arriver plutôt sur la plage. C’était la première fois que je voyageais seule et n’avais presqu’aucune expérience de la vie. A cette époque, les femmes n’étaient pas aussi libres qu’aujourd’hui.
    Malheureusement, je suis tombée sur un conducteur qui m’a fait croire qu’il devait s’arrêter à la maison de sa mère pour y prendre q.qchose. Vous pouvez imaginer la suite…. moi toute naive, j’hésitais à le croire et je n’ai osé rien dire (on était éduquée comme cela). Il s’est arrêté dans un terrain vague et là j’ai compris. Aussitôt, il m’a empoignée par les cheveux, m’a pris un bras par derrière et m’a jetée sur le banc arrière, en me disant ensuite qu’il allait me tuer ! J’ai essayé de me débattre, il me serrait autour du cou (j’en ai gardé les marques de ses ongles pendant un mois) Ensuite j’ai essayé de m’enfuir (j’étais toute nue) et il m’a rattrapé par le talon. Je suis tombée dans les ronces et là il m’a encore tabassée. Alors, j’ai lâché prise car je me suis dite que j’allais mourir. J’ai donc accepté la mort qui arrivait et ai même chanté quelques mantras tibétains. Je me suis dite que si je devais mourir, autant mourir en chantant des prières. Et je ne sais par quel miracle, quelqu’un d’autre est passé dans le chemin. Du coup mon violeur prit peur et me mit la main sur la bouche pour que je ne crie pas. Le type est parti. Je ne sais vous expliquer quel réflexe j’ai eu, mais sentant sa peur, je lui ai parlé normalement comme à une personne normale et lui ai demandé de me conduire à la gare de Cannes. Il a accepté et j’ai continué à lui parler normalement en lui disant que ce n’était pas bien ce qu’il faisait. Il m’a répondu qu’il faisait cela pour se venger des femmes. Il s’est mis à genoux et s’est excusé. Il m’a sorti de sa voiture plein de vêtements de femmes (qu’il avait sans doute déjà violées) et m’a reconduit à Cannes jusque dans la gare. Il a même porté ma valise et est parti ensuite. Je me suis effondrée sur le banc et le type du guichet m’a remarquée, est sorti de son bureau et m’a demandé ce qu’il se passait. Je lui ai dit que je venais d’être violée. Il m’a proposé d’aller à la police mais j’ai refuse. J’étais épuisée et n’avais envie de parler à personne. Je suis donc rentrée en Belgique et me suis mise en contact avec mon Maître Spirituel. Pour nous les bouddhistes, nous voyons ce qu’ils nous arrivent comme le résultat de karmas anciens (dans d’autres vies). On recolte ce que l’on a semé. Je n’arrive même pas à lui en vouloir, j’ai vu cela comme une purification pour moi-même. Il le paiera certainement un jour, dans d’autres viés ou dans celle-ci sûrement et peut être alors qu’il se souviendra du mal qu’il a fait. Lui en vouloir vous rajoute de la souffrance inutile. Aujourd’hui, je suis mariée et y ait eu deux enfants et suis toujours bouddhiste plus que jamais. Je pourrais même dire que cette expérience m’a donné beaucoup de forces par la suite puisque j’ai pu m’en sortir toute seule et le seul conseil que je pourrais donner aux femmes qui se font violer : dialoguer, dialoguer avec votre violeur. C’est ça qu’ils attendent de rencontrer une personne humaine et pas quelqu’un qui a peur. Voilà mon expérience en direct. Bien à vous

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      J’ai beaucoup apprécié votre partage Bernadette notamment parce qu’il sonne « vrai » et je vous en remercie.
      Maintenant je vous invite à apprécier à votre tour la « limite » de votre expérience et notamment le fait qu’aucune expérience personnelle n’est « généralisable » aux autres. Je ne ressens pas juste de se servir (même inconsciemment, je ne vous fais aucun procès d’intention), de son expérience ou de son appartenance à une lignée spirituelle pour tenter de convaincre les autres. Je ne crois pas non plus que le concept de « bouddhiste » tel que vous le définissez (« nous les bouddhistes ») existe, il n’existe que des personnes différentes et uniques qui peuvent se dire bouddhistes et même avoir le sentiment d’appartenir à une même Sangha.
      Je vous invite à vous ouvrir à « l’autre » (donc à sortir d’un comportement égocentré), afin de comprendre que la conclusion de votre témoignage peut être très culpabilisatrice donc difficile à entendre.
      Tant mieux pour vous si ce que vous dites est vrai et que vous êtes aujourd’hui en paix, mais permettez à celles (comme à ceux) qui se sont fait agresser et détruire, de commencer par entreprendre le long chemin de leur réconciliation avec eux-mêmes par le juste sentiment de colère et de dégoût pour leur agresseur.
      Quand vous généralisez les choses et que vous donnez comme conseil aux femmes qui se font violer de dialoguer avec leur agresseur, cela ne peut être accessible qu’à une femme qui au cœur de l’agression le ressent comme possible, mais – de grâce – pensez à tous les êtres qui parce qu’ayant été terrorisés par leur agresseur n’auront pas pu le ressentir possible, qui vous liront, et ne pourront pas interpréter vos paroles autrement que d’une manière négative et culpabilisatrice contre eux comme contre vous.
      Ce n’est pas en prenant le risque d’enflammer des personnes blessées que vous les apaiserez.

      Parler de son expérience à soi est juste et permet à chacun de réfléchir dans le respect de soi-même et de l’autre. Donner des conseils aux autres quand ils ne nous les ont pas demandés, présenter son expérience comme un modèle à suivre pour les autres, c’est toujours prendre le risque de faire violence à l’autre et je suis persuadé que ce n’est pas ce que vous voulez faire.
      Oser conclure comme vous le faites que « les violeurs sont des personnes humaines qui n’attendent que de dialoguer avec la personne qu’ils agressent » me semble à la fois inconscient et dangereux.
      Comme il m’arrive régulièrement de le rappeler sur ce blog dans mes divers articles : nous souvenir que la violence de l’autre est toujours l’expression d’une souffrance ne doit pas nous empêcher de commencer par nous mettre à l’abri de cette violence.

      Se servir de son idéal (bouddhiste, musulman, chrétien ou autre) pour ne pas voir la réalité du danger quand il est en face de nous est à la simple mesure de notre incompétence qui confine parfois à la bêtise.

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  12. Muriel

    Je vous remercie à mon tour pour votre réponse Bernadette. Dans mon cas, comme pour bien des personnes, Il est question d’une maltraitance quotidienne, répétée pendant de longues années, dans le cercle familial et subie dès l’enfance. Croyez-vous qu’un enfant de 5, 8, 10 ans puisse dialoguer et ramener à la raison un adulte qui a les pleins pouvoirs sur lui, pour lequel il éprouvait amour et confiance?
    Ce que vous avez subi est terrible, vous l’avez vécu comme l’adulte de 26 ans que vous étiez alors et vous avez su adopter une attitude qui vous a sauvée. Votre religion vous permet de donner un sens à cet évenement et ainsi peut-etre, moins en souffrir. C’est heureux pour vous mais comme M Perronnet l’explique bien, chaque cas est unique et les chemins pour guérir des traumatismes, multiples.

    D’autre part, si je peux me permettre, en ce qui me concerne, j’aurais porté plainte. Pour une raison principale: contribuer à éviter que d’autres personnes subissent la meme chose.

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  13. lilou

    chère Bernadette
    Je voudrais vous dire qu’il me semble dangereux d’associer spiritualité, fatalisme et dette à payer. Le chemin spirituel qui consiste à nous élever ne doit pas nous faire perdre de vue nous existons AUSSI ici et maintenant au sein d’une humanité envers laquelle nous avons des responsabilités (si infimes soient-elles). Je suis d’accord avec Muriel : ne pas dénoncer un violeur c’est permettre qu’il puisse recommencer à nouveau. Il y a des enfants violés qui restent anéantis leur vie entière, d’autres qui quittent leur état de victime pour devenir bourreau à leur tour parce qu’ils n’ont pas eu l’opportunité de hurler leur douleur et leur colère, ni la chance d’être écoutés et d’entendre qu’on a abusé d’eux et que c’est MAL.

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  14. Muriel

    Oui, tout à fait, Lilou. J’aimerais rajouter que le fait de recevoir des excuses ou une demande de pardon de la part de son agresseur est très très important et je pense que cela aide considérablement car l’abus est reconnu donc c’est une réparation, précieuse pour la victime. Ce fut votre cas, Bernadette, et l’on peut dire que dans votre épreuve, ce fut une chance. Personnellement, je ne l’ai pas eu, tout a été nié, occulté, minimisé ce qui ajoute encore de la souffrance car on se demande sans cesse si on est pas fou, si on n’a pas tout inventé. La demande de pardon valide l’acte commis, lui donne une réalité et une vérité. Peut-etre qu’alors, effectivement il y a moins de colère ressentie et la possibilité d’un pardon?

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  15. bernadette

    Rebonjour Lilou et Muriel,
    Je suis bien d’accord avec vous, il faut dénoncer les violeurs. Si je ne l’ai pas fait, à ce moment- là, c’est que je n’avais plus la force de le faire, (mon martyr a duré 4 heures pendant lesquelles j’ai dû lutter et ruser avec mon agresseur pour rester en vie). Ensuite arrivée à Cannes, je n’avais qu’une envie, c’était de rentrer chez moi). Vous devez comprendre que je ne veux pas faire l’éloge de mon choix spirituel ou fanatiser, comme vous dites, ce que vous devez comprendre c’est qu’en ces moments-là, on n’a pas le choix et on utilise toutes les ressources auxquelles nous croyons. Si j’avais été chrétienne, j’aurais peut être appellé la Sainte Vierge. Et ça marche ou cela ne marche pas. Dans mon cas, cela a marché ce qui a encore renforcé ma foi.(mais bon c’est personnel) Je peux vous dire aussi qu’en ces moments-là, on ne pense pas beaucoup, on a peur ou, on a l’instinct. Je reconnais n’avoir pas été prudente mais je n’avais jamais eu d’expériences de voyager seule. C’était en 1975. A cette époque, on n’avait la majorité qu’à 21 ans et mes parents ne m’avaient jamais permis de faire mes expériences avant cet âge. Peut être que si je n’avais pas opté pour une voie ou une autre, je n’aurais jamais osé parler de mon expérience . Il est vrai que c’est délicat d’en parler car les personnes vont tout de suite penser que je veux les convertir- Excusez-moi, ce n’est pas le cas, je me suis accrochée à mes croyances comme à une bouée de sauvetage. Peut être pour vous, c’est dangeureux cette association de spiritualité, mais pour moi ce fut salutaire et cela fait partie de ma vie. Encore une fois, chacun est libre de penser comme il veut. Ce fut une expérience terrible mais j’en suis sortie grandie et non diminuée. Par contre, je trouve que les gouvernements sont encore trop permissifs avec ce genre de personnage et qu’ils ressortent un peu trop facilement des prisons après avoir, soi-disant s’être repentis et à la première occasion, ils recommencent. Dutroux en Belgique en est l’exemple typique, il est sorti deux fois de la prison pour recommencer par la suite. Bien à vous

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  16. remi

    Bonjour,

    Je suis parfaitement d’accord avec l’ensemble de cet article.

    Mais pourquoi devrions nous ne etre pas etre en colere contre la maltraitance?
    Tout ca,c est a cause de notre societe judeo-chretienne qui nous demande de pardonner autrui.

    Non,mais vous imaginez qu on a qu une vie et que des personnes se sont quand meme permis de la detruire,notamment lorsque l on etait jeune et que l on pouvais pas se defendre!
    Et l on devrais bien evidemment pardonner…..genial…..

    Moi,je pense qu il est aussi bon de verbaliser notre colere,cela nous permet d exterioriser toutes les energies negatives que l on nous as mis sur le dos.
    Pourquoi ne devrais-je pas etre en colere par le fait que je suis la seule personne de ma famille qui ai ete maltraite psychologiquement dans ma famille sur 3 generations?
    Honnetement,je suis en colere et je ne le cache pas.
    Ma situation a ete moins extreme que les experiences vecues par d autres personnes sur ce site,mais j ai tellement ete denigre,rabaisse,que je n ai commence a etre bien dans ma peau,qu a partir de ma derniere annee d ecole.Ma famille etait censee me valoriser et m aider a construire ma personnalite et non pas la detruire en miettes….. .On a casse mon reve professionel en cassant mon caractere pendant une quinzaine d annee,j ai fait 1 depression pendant un an et oui je suis en colere.

    Les gens qui minimisent la souffrance qu ont endures les maltraites,sont des gens qui n ont aucune experience de notre douleur ou n ont aucune absokument sensibilte psychologique.
    Si on minimise votre souffrance,faites-vous confiance,vous savez ce que vous avez vecu.
    Ne destinez pas votre colere contre vous-meme mais toujours contre ceux qui ont fait souffrir.Vous etes un survivant de la maltraitance et rien que pour ca,vous etes formidable.

    Honnetement,il y a des personnes qui ont participes a ma destruction identitaire qui sont mortes et ca m a pas attriste.
    Si j en croise certaines dans la rue,perso,je vais meme pas les saluer.

    On m a traite comme un paillasson pendant des annees,et je me demande bien comment je ne pourrais pas etre en colere et je pourrais pardonner.

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  17. Muriel

    Je suis bien d’accord. Avoir été abusé pendant toute son enfance, humilié, « cassé » par ceux-là meme qui étaient sensés nous faire grandir dans l’amour, est impardonnable. Rien ne peut excuser la torture physique ou psychologique, à plus forte raison si elle a été perpétrée par ceux dont le role naturel était de nous protéger.
    Personnellement, je n’ai pas à pardonner à mes tourmenteurs, ils ne le méritent pas, quelques soient les raisons qui les ont poussés à agir.
    Je reste persuadée que la guérison ne passe pas obligatoirement par le pardon surtout si l’on se sent obligé de le faire au nom d’une religion ou d’une idéologie.
    Ceux qui peuvent pardonner d’eux-meme et sincèrement, tant mieux mais moi, cela m’est impossible et je ne veux pas me culpabiliser pour cela ou croire que cela va m’empecher de guérir. Pas question de rajouter de la souffrance à celle qui m’habite déjà.
    Quant à la colère, elle a été pour moi le passage indispensable vers la lucidité et le pas essentiel vers la reconquete de ma dignité.
    Aujourd’hui, j’ai enfin réussi à couper les ponts avec ma famille toxique, il m’a fallu toute la puissance de ma colère pour y parvenir.
    C’est récent et je suis encore en colère. Ce n’est pas un état agréable, c’est certain mais indispensable pour ne pas retomber dans le piège de ma dépendance affective. C’est elle qui m’aide à lutter contre la culpabilité que je sens encore ramper de temps à autres car elle me rappelle que je ne dois rien à ma famille et surtout pas de continuer à la subir. Elle me soutient dans les grands moments de solitude que j’éprouve parfois du fait de cette rupture. Je ne lutte pas contre elle, je la laisse faire son travail parce que ce n’est plus une colère aveugle.
    Le jour où elle disparaitra, cela voudra dire que je n’en ai plus besoin et que j’aurai fait un grand pas en avant.

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    1. remi

      Merci pour votre temoignage et soutien,ca fait du bien 🙂 .
      On peut pas expliquer la detresse a n importe qui, car tout le monde ne peux comprendre la detresse qu on vraiment vecu les maltraites, aussi je vous remercie du fond du coeur pour votre empathie.

      Comme j ai dit plus haut vous n avez pas a vous sentir coupable.
      Le probleme c est pas vous, c est eux.
      Vous avez bien fait de couper les ponts, c est le mieux pour vous.
      Honnetement, Muriel je me fais de soucis pour vous. Vu la maniere dont vous écrivez, cela se voit que vous etes une personne particulierement intelligente et pleine de courage.

      Quand on est enfant et ado, on comprends pas toutes ces choses lies a la psychologie, on est a la merci des adultes.
      Moi, je comprenais rien, je croyais que le probleme c etait moi. Vraiment.
      Mes grands parents paternels ils s en foutaient pas mal de ce que je pensais, et ma grand-mere maternelle elle m a carrement casse psychologiquement pendant 15 ans, en me denigrant constamment par rapport a mes « genies de cousins ».
      On m a colle une personnalite des que j avais 6 ans et j avais rien demande et le pire c est que ca c est repercute sur ma vie scolaire.

      Vous savez quand j ai compris que j avais des qualites?
      A la fac. Pourquoi?
      Oh ben, car finalement j etais respecte et qu on etais sympa avec moi. Juste le truc que tout le monde merite.
      Avant a l école, j etais meme pas concentre, j essayais plutot de trouver une solution pour sortir de mon mal-etre. Ca me rendait carrement asocial.

      Ma grand-mere maternelle est devenue grabataire. Et ben, honnêtement, ca me fait rien,je suis pas du tout triste.
      J aurais ete capable de me defendre et en mesure de comprendre quand j etais enfant et bien je peux vous dire que je me serais pas laisse faire.
      Je suis toujours en colere de ce qu on m a fait.

      Pourquoi ne devrions pas etre en colère? A cause de principes religieux?
      Ben,je sais pas ce qu on fait pour etre maltraites mais « le mec d en haut », il a pas ete cool avec nous.
      Je pense qu on demandais seulement a etre traite comme les autres….
      En tout les cas, je tiens a dire a toutes les personnes qui ont ete maltraites que vous avez toute ma sympathie et que je vous soutien a 100%.

      @Muriel

      J ai lu certains de vos anciens messages et ce que vous avez vécu, c est bien pire que moi.

      Je peux vous dire que vous etes vraiment formidable et pleine de bon sens.
      Vous etes vraiment tres tres courageuse.
      Je sais meme pas si vous vous en rendez compte. Vous affrontez votre mal et vos blessures, et c est a mon avis salvateur et beaucoup plus courageux que ce que votre mere a toujours entrepris.

      En tout cas, moi, je remarque qu on partage certaines choses.
      Moi, aussi, je savais meme pas qui j etais pendant tres longtemps et aussi je pense que la maltraitance subie par les enfants, c est la plus terrible.
      Car on a aucune chance de se defendre.

      En tout cas,vous avez tout mon soutien

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  18. Muriel

    Rémi, merci…
    Merci encore à m Perronet pour cet espace de témoignage et d’échanges. Osons parler, témoigner, en libérant la parole nous sortons de la confusion et de l’isolement. Plus nous serons nombreux à parler, à nous soutenir mutuellement, plus nous décristalliserons cette boule de souffrance et de honte en nous. Depuis que j’ose parler, je constate que le nombre de personnes ayant subi des maltraitances pendant leur enfance est impressionnant mais beaucoup n’en parlent pas. Nous ne sommes pas des cas rares, victimes de je ne sais quelle malédiction du destin qui nous aurait frappés. La maltraitance infantile existe dans notre société au meme titre que les autres délits.
    La personne qui se fait attaquée dans la rue va-t-elle se taire et se laisser ronger par la honte et la culpabilité toute sa vie? Non? Et bien cela devrait etre pareil pour la maltraitance. Je crois qu’en la sortant du carcan malsain du tabou, nous la ramèneront à sa juste place, celle d’une atteinte à la personne qui ne doit pas etre davantage tolérée ni cachée que n’importe quelle autre.
    Il n’y a pas si longtemps, on cachait les enfants trisomiques dans le secret familial, ils étaient une honte pour la famille et ne vivaient pas longtemps dans des conditions de réclusion quasi inhumaine. Qu’en est-il aujourd’hui? On fait des films sur eux, la société les intègre pleinement et les reconnait en tant que personne dignes de vivre.
    Nos parents ne nous ont pas aimés, ils nous ont fait souffrir, c’est tellement contre-nature que cela nous donne l’impression que c’est nous qui ne sommes pas « normaux », c’est tellement sidérant que nous nous replions sur ce que nous croyons etre notre honte et notre anomalie. Et bien, non, c’est un crime qui fait partie intégrante de notre société. Alors, oui, parlons-en, encore et encore, brisons le tabou, nous sommes des personnes comme les autres et rien ne nous contraint au silence ni à l’indignité.

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  19. j.

    Ma vie a été basée sur cette souffrance!
    Ma vie je l’ai construite à partir de cette souffrance!
    Toute ma vie tourne autour de cette souffrance! Cela a été mon éducation, mon seul point de repère pour avancer dans la vie! Cette souffrance!
    Je n’ai que « Elle »
    Au fond de moi je sais que c’est moche!
    Au fond de moi je sais que c’est moche de coucher avec son frère! Lui seul, m’a donné une éducation sexuelle.
    Dans mon mental, il était tout ! mon petit copain, mon fiancé, mon protecteur!
    Ma mère le savait et n’a rien fait pour arrêter tout cela!
    Je m’accroche au tablier de ma mère! Je m’accroche à mon père, à mes frères et soeurs, c’est ma Famille, je l’aime! Je m’accroche à la table de la salle à manger où tout le monde est réuni!
    C’est mon « Monde »
    « Fais attention! dehors il y a des méchants », disait ma mère
    A 59 ans, je n’arrive pas ! je n’arrive pas être en colère!
    Pourtant je sais que c’est Mal! ce qu’ils ont fait!
    Je fais des efforts! mais j’ai peur!
    J’ai peur de la rue! j’ai peur de la ville! j’ai peur des grands magasins! j’ai peur des cinémas… Oui, j’ai peur des « Méchants » !

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    1. remi

      @J.

      Ce que vous decrivez est extrement triste.
      Vous n arrivez pas a etre en colere car on vous avais ete comme endoctrine…… . Ca a ete un veritable lavage de cerveau.

      Vous devez etre en colere car vous avez vecu dans la souffrance c est pas normal.
      Etiez vous heureuse dans cette souffrance?
      Meme si vous avez vecu que cela ca m etonnerais.
      Vous devez etre en colere car on vous a prive de nombreuses experiences et joies qui font la richesse de l existence humaine.

      Oh fait,regardez,tout le monde est pas mechant.
      Moi,je vous connais pas et ca m empeche pas d essayer de vous comprendre et de trouver des solutions pour vous
      J ai aucune intention de vous blesser et il y a plein de monde comme moi pres de vous
      Croyez moi,c est vrai.

      Répondre
  20. remi

    @Muriel

    C est vraiment magnifique,ce que vous nous racontez.
    Je dis pas ca juste pour vous « cirer les pompes »,c est vraiment super
    Vous etes sur la bonne voie.

    Vous voyez juste ce qui peux arreter ce type de fleau,c est la communication
    Moi,je vous conseille de pas rester repliee sur vous meme,mais d en parler a des gens de confiance,pour virer toutes les pensees negatives qui minent votre moral.

    En realite,pas mal de personnes ne savent meme pas qu elles ont ete maltraites surtout lorsque c est de la violence psychologique,car ben oui ils se sont pas fait frappes donc c est pas grave,alors qu non….c est tout aussi grave.
    La maltraitance infantile c est un vrai poison,car c est un veritablement endoctrinement.

    Il convient de parler avec des personnes qui ont les capacites cognitives pour nous comprendre.
    Perso,je sais tres bien que je peux meme pas en parler a certains de mes proches,car je connais deja leurs reactions.
    Ils me diront que j exagere,que c etait pas grave et toutes ces betises…..
    Mais honnetement je m en fous,car je sais tres bien ce que j ai vecu et je vous encourage de penser comme moi.
    De toute facon,ceux qui vous ont fais souffrir,c est des imbeciles,et ils ont juste aucune capacite a vous comprendre….

    Je vais expliquer la difference entre la maltraitance et bientraitance infantile.
    J ai parle aujourd hui avec ma petite niece Elisa qui a 11 ans et elle ne le sait pas encore,mais elle est extremement mature.
    Pourquoi?Car on l a extremement bien eduque.
    Moi,a cote,a son age,je ne le savais meme pas mais j etais constamment maltraite psychologiquement et j etais hyper mal dans ma peau et personne m a vraiment aide.
    Il y a une telle difference dans l education que c en est presque marrant.

    La maltraitance infantile c est vraiment terrible,
    Comment voulez vous pas etre en colere contre ca.

    Répondre
  21. Muriel

    Bonsoir J.,
    votre message, je le reçois comme un grand cri, celui que l’on pousse quand on n’en peut plus, qu’il faut que ça sorte. Ce long cri de désespoir et de souffrance que je m’entends encore pousser moi-meme. Pour ma part, il a été le point de départ à tout un processus salvateur. Je vous le souhaite, de tout coeur.

    Répondre
  22. Muriel

    Rémi,
    permettez-moi de répondre après-coup à votre dernier message (il a fait son chemin).
    Je suis encore d’accord avec vous, la maltraitance psychologique est tout aussi grave que la maltraitance physique.
    Personnellement, j’ai connu les deux et je peux dire que la violence psychologique est ce qui m’a fait le plus souffrir à long terme, celle sur laquelle j’ai eu le plus de difficultés à progresser car comme vous dites, elle ne se voit pas. Invisible mais bien réelle et destructrice. Il est si difficile d’avancer des preuves de cette atteinte que, dans mon cas, chaque fois que j’ai voulu le faire vis à vis de ma famille, je n’ai pas été crédible. Comme vous le dites ce sont les psychologues qui ont validé l’existence réelle du dommage, m’ont aidée à le verbaliser car c’est très difficile de décrire une situation basée sur des comportements, des paroles, des actes indirects et manipulateurs quand on en a été la cible.
    S’entendre dire ou insinuer qu’on est moche ou qu’on est un imbécile pendant toute son enfance, cela fait aussi mal que de recevoir des coups. Je confirme.
    J’ai espoir que cela évolue au niveau de la société avec la prise en compte légale du « harcèlement moral »… Meme si cela restera toujours compliqué d’évaluer le degré du dommage subi, surtout pour l’enfant qui ne saura pas l’exprimer aisément.
    Bien à vous et courage à vous aussi.

    Répondre
  23. remi

    Mouais,c est exactement ca
    A ce qu il parait,on devient plus resistant a la maltraitance physique,alors que la maltraitance psychologique est plus dure a gerer.

    Vous voulez savoir ce qui me degoute?
    Ben,la plupart des gens pensait que j etais un garcon trop protege par mes parents et que c etait pour ca que j etais timide,alors qu en fait ils m ont pas assez protege
    Si la maltraitance psychologique laissait des traces,je serais couvert de cicatrices….

    Il y a un truc qui m a frappe dans ce que vous avez decris plus haut,c est que vous dites que vous avez retrouve votre personnalite,a un moment
    Moi,j ai vecu le meme truc.Quand j etais petit j etais pas si timide que ca,mais a partir de mes 6 ans,on m a tellement denigre que ca m a tue psychologiquement et detruit ma personnalite au lieu de la developper.

    Il y a un truc terrible avec la maltraitance c est que tout mais alors tout est conditionne par elle,surtout a partir de l adolescence.Je peux vous le dire,je suis passe par la….. .
    En plus,de me faire detruire psychologiquement,je m auto-detruisais moi-meme,c etait un vrai enfer,surtout que personne ne m aidait.J avais une telle chape de plomb sur les epaules….je le souhaite a personne.

    Je suis tres tres en colere et triste car je me suis fais manipule par des imbeciles,qui ne sont jamais sortit de leur cambrousse.
    Quand on est petit,on a tendance a croire que les adultes sont infaillibles et on toujours raison….si j avais su je me serais pas fais marche dessus.

    En ce moment,des evenements douloureux ont reveilles en moi les effets pervers de la maltraitance que j ai subie.
    Tout le monde a ses problemes et ses cicatrices,mais quand c est en rapport avec la maltraitance,c est vraiment pas evident a gerer.
    En tout les cas,je suis content pour vous,vous avez l air de vous etes sortis de l impasse dans laquelle vous as plongee la maltraitance

    Répondre
  24. j.

    Merci à Rémi et Muriel
    je leur souhaite une Bonne Continuation dans leur chemin de vie.
    « Mais même si nous refusons de voir nos parents ou de leur parler, nous ne pouvons pas nous séparer complètement d’eux. Nous sommes faits d’eux. Nous sommes notre père, nous sommes notre mère, cela est vrai, même si nous pensons que nous les haïssons.
    Nous sommes la continuation de nos père et mère. Nous ne pouvons pas extraire ce matériau de nous-mêmes.
    Le fait d’être en colère contre nos parents n’y change rien. Nous sommes juste en colère contre nous-mêmes.
    Nous avons besoin de nous réconcilier avec les parents en nous, de parler avec les parents en nous et de rechercher des moyens de coexister en paix. »
    Extrait du livre La Peur par Thich Nhat Hanh

    Répondre
  25. Muriel

    Bonjour,
    Il me semble que ces propos font plus allusion à la représentation symbolique du père et de la mère qu’aux personnes réelles?
    Car, génétiquement et physiologiquement, nous ne sommes ni notre mère, ni notre père mais un etre unique résultant de la combinaison des deux. C’est très différent, je pense.
    D’autre part, si le père et la mère en nous en tant qu’image symbolique nous apparait haissable du fait de comportements perpétrés par les personnes réelles, il n’est pas justifiable, à mon sens, de refouler cette haine en s’interdisant la colère, sous prétexte que ces images sont en nous et font partie de nous. Si nous acceptons tout sous prétexte que c’est en nous, que ça fait partie de nous, si nous ne changeons jamais rien, quel est l’intéret d’une ouverture de conscience et d’un travail sur soi? La haine et la colère font partie intégrante de ce travail et vouloir les shunter m’apparait comme vain.
    Je suis d’accord en revanche avec la dernière phrase de votre citation. Réconciliation avec nos parents intérieurs, oui, mais qui ne nécessite pas forcément une réconciliation avec les parents réels. En fait nous nous réconcilions avec les symboles. Et je pense en effet que c’est très important, donc personnellement, je ne retiendrai que cette dernière phrase et je vais la méditer car je sens que c’est l’étape indispensable après la colère libératrice.
    Merci J.

    Est-ce que cette réconciliation avec les parents en nous, mène ou correspond à ce que l’on appelle le pardon?
    Merci.

    Répondre
  26. Muriel

    Bonsoir Remi,
    d’après ce que j’en sais et ce que je ressens, je dirais moi: que cela correspond à la partie en nous que l’on ressent comme féminine et celle qui relève plus d’une énergie masculine ainsi qu’à la représentation que l’on s’en fait. Pourquoi les assimile-t-on aux parents intérieurs? Je suppose que c’est parce que ces 2 énergies ou tempéraments ont été influencés par nos père et mère réels, en fonction de leur comportement éducatif et affectif, notre mère nous a servi de modèle pour construire notre image de la femme et notre père pour construire celle de l’homme .
    Dans le cas de maltraitance parentale, il est donc fort possible que l’une ou l’autre de ces énergies (la femme/mère ou l’homme/père) nous pose problème ensuite dans nos relations avec nos conjoints ou nos enfants.

    Personnellement et dans le cas qui est le mien, je me verrais bien réfléchir à cela:
    – quelle femme/mère ma mère réelle a-t-elle été /est-elle? Quelle femme/mère suis-je? Quel homme/père mon père réel a-t-il été? Quel est l’homme/père qui vit en moi? Je pense que cela me permettrait de démeler ce qui m’appartient et que je veux garder de ce qui m’a été inculqué et que je ne veux plus parce que cela ne me ressemble pas, n’est pas à moi et m’encombre.
    La colère peut encore m’etre un allié dans cette démarche, parce qu’en faisant ce listing elle peut etre encore un bon indicateur de ce qui me dérange.

    Répondre
    1. remi

      Ah bon,c est ca?
      Ah ben,je croyais que vous vous etiez libere de vos problemes moi.

      Votre psy vous avais pas conseille de faire ca?Il est bidon ou quoi?
      Moi,je l ai fait instinctivement en fait,et oui je vous le conseille vivement.
      En fait,ca vous permet de comprendre pas mal de choses et de moins souffrir,quand vous avez trouve la clef.

      Oui,il est vital de comprendre le comportement de vos parents,en revenant sur leur histoire,par exemple
      Oui,le comportement de vos parents a largement influence votre comportement et caractere.Le cadre dans lequel vous vivez enfant,est crucial pour votre future vie d adulte.
      Oui,la maltraitance parentale influe dans l ensemble de vos relations,c est sur.
      Tout est conditionne par elle,j ai teste.Quand j etais gosse et ado,tout etait conditionne par ce fleau.
      Sinon,souvent les enfants maltraites maltraitent sans le vouloir leur propres enfants.

      Vous avez toutes les pieces pour vous en sortir,il suffit de les assembler et vous serez liberee.
      Vous avez tellement ete maltraitee que ne vous rendez pas compte a quel point vous etes une personne intelligente et je vous comprends car j ai traverse la meme phase.
      Vous etes quelqu un de formidable,mais le truc c est que je reste persuade que vous en avez pas encore pleinement conscience.
      Vous avez un tel potentiel en vous,c est juste impressionant,mais comme on vous as surement quasiment jamais valorisee,vous vous en rendez pas compte…..
      Moi,je vous l affirme vous etes formidable!

      Répondre
  27. Muriel

    Merci beaucoup Rémi :), vraiment… Vous savez, je continue à me découvrir et je commence juste à m’aimer…
    Pour le travail sur le féminin/masculin, il y a longtemps que j’ai conscience du problème, depuis mes 1ers flirts en passant par mon mariage puis le renvoi de mon fils… Mais je n’ai pas pu l’aborder avant… J’ai été très longtemps dans le déni, l’immobilisme psychologique, l’évitement, je voulais juste oublier et vivre. Mais ce n’est pas comme ça que ça marche, n’est-ce pas?
    Aujourd’hui, mon fils est autonome, je suis fière de lui et de moi par la meme occasion. Je me retrouve seule à 54 ans, face à moi-meme alors je peux enfin plonger dans mes sombres profondeurs, j’en ai le temps et la maturité.
    Pour vous cela semble avoir été fait plus tot dans votre vie et c’est une réelle chance!
    C’est pour cela qu’il faut témoigner le plus possible, pour tous ceux qui pourront sortir du déni le plus tot possible dans leur vie.

    Répondre
    1. remi

      Mais de rien.Si je vous ecris tout ca,c est que je le pense vraiment.

      Mais non,vous n etes pas seule,arretez ces betises.Votre fils, il compte toujours pour vous non?.Je connais pas l histoire,mais je suis sure que vous vous aimez,et que si vous avez besoin de l autre,vous vous aiderais meme s il habite loin.
      Arretez de penser que vous etes seule.S il faut,il y a des gens qui vous apprecient sans que vous le sachiez.
      Regardez,moi,je vous ai jamais vu et ben je vous aime bien,sinon j essaierais pas de vous aider.

      Non,ca marche pas comme ca.
      Il faut affronter les problemes,car s ils restent enfoui en vous,c est tres mauvais et les energies negatives que vous avez accumulees a l interieur,vont ressortir a un moment donne.
      Le deni et l immobilisme c est tres mauvais.

      J ai 31 ans depuis Lundi.
      Pour sortir de ce marasme,il a fallu que je demerde quasiment tout seul,personne m a rien explique.
      Outre le fait,que mes grands-parents m ont demolis psychologiquement et que je me suis fait detruire a l ecole,il a fallu apres m etre reconstruit et la mort de mon pere,que je re eduque ma mere,car les vieux avaient mal fait le boulot.

      A l ecole,j etais tres souvent mal dans ma peau,jusqu a la fac car j etais vachement maltraite psychologiquement
      Je me suis arrache et j ai obtenu une licence d histoire,alors qu on me bassinait depuis des annees que j en etais pas capable(incapable d avoir meme le bac)
      Mon reve c etait de devenir journaliste sportif et meme apres avoir subi tout ca,j ai failli y arriver…..
      Je suis persuade que si j avais pas ete maltraite, j y serais parvenu car j avais un gros potentiel,mais j etais plus occupe a trouver un moyen de me sentir bien dans ma peau,que de m ameliorer a l ecole.
      On a casse mon reve et ca me degoute complet.
      En ce moment,apres une rupture amicale avec une femme qui exerce ce boulot,ca m est revenu et ca fait mal,il y a plein d energies negatives qui me remontent a la tete et c est pas marrant.Je sais quoi faire pour remonter la pente mais c est pas evident.

      En ce qui vous concerne,j ai quelque conseils a vous soumettre.
      Il est bon de se rappeller qui ont est,d ou on viens,qui sont nos parents….. .Cependant,il convient de penser aussi a des choses plus positives,sinon vous allez vous faire du mal.
      En ce moment,je fais un peu ca et c est pas bon pour moi,faut vite que je retrouve un equilibre et je vous incite a faire de meme,surtout que 54 ans c est pas vieux…..Ben ouais,vous avez pas 80 ans non plus quoi.

      Oui,il convient de temoigner je suis d accord,mais tout le monde est pas dans le deni.
      Moi,j etais pas dans le deni par exemple,je comprenais rien a ce qu il m arrivait car j etais simplement trop jeune.

      Bon ben,j espere que vous allez eventuellement suivre mes modestes conseils,meme si je suis plus inexperimente que vous.
      J ai ecris ca pour votre bien-etre.Vous meritez le meilleur et le bohneur.

      Répondre
      1. remi

        D autres elements me viennent a l esprit.

        Vous avez toutes les raisons du monde de vous aimer.
        Non,mais serieux,vous avez une force en vous assez incroyable.
        Vous vous rendez compte de tout ce que vous avez realise malgre tout ce que vous avez du subir?.
        J ai l impression que n avez pas tout le recul neccessaire,pour constater ce que vous avez vraiment realise…..
        C est pas donne a tout le monde de se relever de la sorte,apres une enfance pareille.
        Beaucoup seraient tombe dans l alcolisme et la drogue,mais vous non.

        C est des gens comme vous qu on devraient mettre en valeur a la tv et pas certaines personnes que l on peut voir.
        Vos messages sont pleins de bons sens mais je vous suggere d etre plus optimiste svp

        Sinon,tout le monde continue a se decouvrir pendant toute sa vie
        Il n y a pas que vous,c est le propre de l etre humain.
        Si vous pensez que vous vous connaissez par coeur et que vous maitrisez tout c est une grave erreur,en general.Cela peut emmener a de graves desillusions.

        Répondre
  28. Muriel

    Merci à Rémi.
    La colère continue son chemin en moi… Aujourd’hui, je découvre qu’elle cache, entre autre, une lutte intérieure qui m’épuise depuis des années. Lutte entre la détestation pour la personne qui m’a tant fait souffrir et l’amour immense que j’avais pour lui. Quand j’ai pris conscience du tort qu’il me faisait, il y a très longtemps, enfant, j’ai décidé de ne plus l’aimer. Mais cet amour revient régulièrement saper mon travail de détachement. Je le vis mal, ce sentiment qui perdure malgré tous mes efforts et que je sens comme une menace à ma guérison. Une partie de ma colère vient de là: colère contre ce dilemne dont je n’arrive pas à sortir. Parfois, je me laisse le droit de ressentir cet amour mais arrivent alors les émotions terribles dues à la maltraitance et j’ai l’impression d’etre un champ de bataille où cette guerre insupportable ne finira jamais.
    Je ne sais pas si c’est de l’ordre du syndrome de Stockholm.. mais comment sortir de cette impasse qui me ronge et mine toutes mes relations de couple?

    Répondre
    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      C’est un travail thérapeutique bien mené qui vous aidera à comprendre « qui » en vous parle quand vous dites « je ». Car vous êtes à la fois l’otage de l’enfant qui – en vous – a le besoin de se sentir aimé et de l’enfant qui – parce qu’il s’est senti trahi ne peut qu’être dans le ressentiment.
      Comprenez que tant que vous restez prisonnière de l’enfant en vous, vous ne pouvez qu’être contrainte par son dilemme, prisonnière de ce champ de bataille insupportable parce que contradictoire.
      La seule issue est de parvenir à sortir de ces contradictions, à trouver une troisième voie : celle de l’adulte en vous. C’est ce qui est à l’œuvre dans un travail thérapeutique de connaissance de soi.

      Répondre
    2. Martine

      Vos Parents ont été ce qu’ils ont été.
      D’accord avec Vous, ils ont bousillé une partie de votre vie, c’est horrible !
      Je suis un peu comme vous,
      Je n’aurais pas la prétention de dire comme vous, car chacun de nous, vit sa propre colère, sa propre souffrance. Personne ne peut vous aider, dans votre colère, qui habite votre intérieur, qui habite chaque cellule de votre corps, de votre peau. C’est à Vous qu’appartient la clé du bonheur ! C’est à vous qu’appartient la décision de vivre heureuse !
      J’ai aussi un fils, il a 35 ans, je me suis battue pour lui. Il a une très bonne situation et vit à une vingtaine de kilomètre de la maison, si je le vois une fois par an, c’est beaucoup !
      C’est dans son caractère, il est complètement autonome, refuse que je lui fasse son repassage. Dans son esprit « il est parti de la maison et une maman n’est pas là pour que je lui fasse ses travaux ménager ». Il est très respectueux,
      Oui, nous nous aimons ! même si on se voit très peu.
      Il est ce qu’il est !
      et je suis une heureuse maman !

      Ma mère est morte, mon père reste un odieux personnage égocentrique ! Je me souviens aux funérailles de ma mère, mon père nous la jouait à « la Traviata ». On entendait que lui dans l’église. Il ne voit les femmes qu’avec un balais et une serpillière, j’ai mis longtemps à comprendre ! Vivre chez lui est un suicide ! pour lui, la femme est faite pour le servir, sa mère lui lavait les pieds, puis ma mère a continué de le faire, son amie l’a fait également, elles sont toutes mortes aujourd’hui, il aurait voulu que je prenne la relève, je lui ai répondu :
      « TU NE ME TUERAS POINT »
      Il pèse 160 Kg, il est dépendant de l’oxygène jour comme de nuit, a des difficultés à se mouvoir, a réussi à avoir un tas de Femmes autour de lui, pour le ménage, la toilette etc… il ne manque de rien, mes frères ont quittés la région, et de temps en temps j’ai la visite de mes deux soeurs.
      Ils nous arrive d’aller dire « Bonjour » au Père.
      Il est ce qu’il est.
      C’est très dur d’accepter ! mais nos parents ont été ce qu’ils ont été, ils ont certainement répétés des schémas de leur existence.
      Vous avez subi ! Vous avez compris ! C’est à Vous qu’appartient de dire :
      « STOP ! c’est TERMINE ! Vous ne continuerez pas à foutre ma vie en l’air ! Peut-être que si j’en ai envie et si j’en ai le temps, vous aurez un petit bonjour !
      Ils ont été ce qu’ils ont été.

      Pensez à vous, pensez à votre couple, vous avez tant d’amour à donner, à recevoir, ne laissez pas votre passé gâcher tout cela, la vie est si précieuse, si surprenante !
      Aidez-vous d’un petit animal, pourquoi pas ? C’est si merveilleux et si paisible d’entendre un petit chat ronronner dans nos bras !

      J’ai 59 ans et je m’appelle Martine, je me permets
      de vous embrasser,
      de vous enlacer bien fort dans mes bras et de vous dire :
      VIVEZ, SOYEZ HEUREUSE,

      Ils ont été ce qu’ils ont été

      Répondre
      1. Remi

        Magnifique message de Martine,plein d humanite et d espoir

        Personellement,Muriel je comprends pas vraiment pourquoi vous aviez encore de l affection meme si c etait involontaire et que vous subissiez une vrai forme d endoctrinement.
        Moi,je vous promets que je les aimes pas et que si je me retenais pas je leur mettrais des tartes.

        Non,mais,vous vous rendez compte ce qu on vous as fait?
        C est une des choses les plus graves qui puisse arriver
        ON VOUS AS VOLE VOTRE JEUNESSE!

        Répondre
        1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

          Voici une belle occasion pour vous Rémi, de comprendre que si vous avez besoin de vous retenir pour « ne pas leur mettre des tartes », c’est que vous avez refoulé votre colère.

          Répondre
          1. Remi

            J ai ete maltraite psychologiquement mais j ai pas envie de tomber dans la violence contre des personnes agees qui commencent pour certaines a faire de l Alzheimer…..

            Répondre
  29. Muriel

    Grand merci à vous trois pour vos messages de sympathie et de soutien.

    Martine et Rémi: Je vous envoie à mon tour tous mes voeux solidaires de sérénité retrouvée et de bonheur personnel. J’aurai plaisir à continuer à échanger ici avec vous.

    Monsieur Perronnet, merci pour ces nouvelles pistes que vous me donnez si généreusement.
    Je crois que j’ai soulevé un « gros lièvre » là, me concernant, et qu’en effet il serait bien que je pense à un suivi thérapeutique. J’avoue que je me débrouille seule depuis pas mal d’années mais j’ai là une problématique qui me désarme et je suis fatiguée de lutter seule avec moi-même…
    Bien à vous.

    Répondre
    1. Remi

      « Vous luttez toute seule » et c est bien la le probleme.
      Il faut en parler autour de vous a des gens qui seront en capacite de comprendre.
      Il faut en parler comme vous le faites sur ce type de forum ou vous pouvez rencontrer des personnes qui elles aussi rencontrees des chemins difficiles.

      Pourquoi?
      Ca vous liberes des pensees negatives qui vous assaillent,ca vous permet de parler avec des gens qui peuvent vous apporter leurs sentiments et compassion.

      Bref,ca fait du bien.
      J en ai parle a quelqu un la semaine derniere je me suis sentis mieux,j ai prevu de faire pareil avec une certaine Vanessa

      Répondre
  30. Lucette

    Bonjour Monsieur,
    Est-il obligatoire de passer par la colère ?
    Après de longues réflexions je viens de comprendre que je ne m’étais pas sentie aimée par ma mère. Mais cela ne veut pas dire que elle ne m’aimait pas. J’ai une soeur 1 an plus âgée que moi et un petit frère trisomique (3 ans plus jeune que moi).
    Étant commerçante elle avait peu de temps à nous consacrer. Quand je suis née elle s’occupait bcp de ma soeur qui avait un an et qui demandait bcp d’attention et moi je restait sage dans mon lit puis mon frère est né et à son tour il a demandé bcp d’attention. J’ai l’impression de n’avoir jamais eu mon tour. Je ne me sent pas aimable mais je n’ai pas l’impression de ne pas m’aimer. Il est vrai que je fais souvent passer les besoins des autres avant les miens. Quand voila peu j’ai compris cela j’ai pleuré pour ce petit enfant qui voulait simplement de l’amour et un peu d’attention, j’ai été si triste pour ce petit bébé qui avait dû se sentir si seul et j’ai compris que ce bébé c’était moi. J’ai donc ressenti beaucoup de tristesse pour mon enfant intérieur mais je ne comprend pas pourquoi je devrais en vouloir à ma mere ou ressentir de la colère envers elle. Elle a fait comme elle a pu en fonction des circonstances de la vie, personne n’est parfait ( oui j’ai aussi l’habitude de trouver des excuses à tout le monde). A mon tour je suis mere de deux beaux enfants de 22 et 19 ans et j’ai moi aussi certainement commis des erreurs. J’essaye de bcp parler avec eux et de les respecter mais mes peurs ne sont pas toujours facile à apaiser.
    Merci de m’avoir lue, merci pour votre attention ainsi que pour votre site qui permet de comprendre bien des choses.
    Bonne journée

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Nous sommes tous différents et rien n’est obligatoire pour personne.
      Il s´agit moins de « devoir passer par la colère » que de découvrir qu’une émotion en cache souvent une autre. Le plus souvent derrière la colère se cache une très grande tristesse, inaccessible si l’on n’a pas osé commencer par accueillir la colère.

      Si vous avez appris à systématiquement trouver des excuses à tout le monde, il vous sera difficile de rencontrer en face pour la traverser, la souffrance qui est la vôtre. Vous continuerez de vous mentir à vous-même en la minimisant, en vous racontant que ce que vous avez vécu n’est pas pire que ce qu’ont vécu les autres et votre souffrance restera inaccessible.

      Or pour se délivrer d’un mal il faut le reconnaître comme tel.
      La colère est pour chacun de nous l’émotion liée à l’injustice qui n’a rien à voir avec la vengeance. Commencer par la colère c’est pour beaucoup de personnes oser réaliser ce qu’on leur a fait subir. Et cela est la condition sine qua non pour accéder un jour à la paix et à l’équanimité dans notre relation à nous-même et aux autres.

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  31. vanina

    bonjour, atteinte d’un mal que la médecine ne peut pas guérir et qui va me tuer, j’entends de droite et de gauche qu’il faut que je « lâche prise ». Je voudrais savoir si cette expression, visiblement à la mode, veut vraiment dire quelque chose lorsque le corps entier est raidi de douleurs lors des crises et que le psychisme est frustré de cette nouvelle temporalité de l’existence qui s’annonce trop courte. N’est ce pas faire violence que de dire ceci à quelqu’un qui veut s’accrocher à une vie qui à du sens ?
    merci.

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Quand une personne se sent démunie devant le mal qui accable une autre, elle court le risque – ne sachant quoi lui dire et se sentant impuissante – d’être maladroite avec elle.
      C’est ainsi que plutôt que de courageusement tenter de vous rencontrer dans votre douloureuse impuissance mutuelle, elle peut en arriver à vous donner des conseils inappropriés qui ne peuvent que vous agacer parce que vous ne vous sentez ni écoutée ni comprise.
      Il est – en effet – toujours maladroit (donc violent) de donner à l’autre un conseil qu’il ne peut pas suivre et je suis pleinement d’accord avec vous, ces personnes feraient mieux de se taire.

      Cela dit, il est vrai que la frustration de votre psychisme participe à votre souffrance et que l’un des moyens de l’alléger serait – sans doute – de réussir à l’apaiser.
      A propos du lâcher-prise, je vous invite à lire ma réflexion en cliquant ici.

      J’ajouterai que de se bien traiter soi-même avec douceur, c’est travailler à avoir le discernement qui nous permettra de nous ouvrir à des êtres humains que nous savons dignes de la confiance que nous mettons en eux et ne pas partager notre souffrance avec des êtres pour lesquels nous pressentons qu’ils seront incapables de l’accueillir parce qu’ils auront peur d’elle.

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  32. Jann

    D’accord avec vous, Vanina !
    Celui qui me dit « il faut Lâcher Prise » alors que je suis pliée par le poids des douleurs, que mon mal est incurable qui va me tuer et que j’aime la vie ! Je lui fous mon poing dans la figure !
    et je sais de quoi je parle, j’ai été moi même atteinte par un cancer, à ce jour, je suis guérie.
    Au début de ma maladie, j’en voulais à la terre entière, pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fais pour mériter cela ?
    Et pour combler le tout, à ma sortie d’hôpital, j’ai trouvé à la maison, des montagnes de fleurs ! il y avait des fleurs partout, on aurait dit le palais de la Princesse Diana d’angleterre ! Les voisins, amis et familles venaient m’apporter des fleurs !
    « Mais ce n’est pas vrai ! je ne suis pas morte encore, ils sont tous fous ! ils veulent m’enterrer avant l’heure ! »
    De rage ! j’ai balancé toutes ces fleurs à la poubelles ! Mon mari me dit : « C’était juste un geste de sympathie, une gentillesse pour dire que tous ces gens étaient avec moi pour combattre mon mal. »
    J’étais vraiment rouge de colère et je répondais à mon mari : « J’en ai rien à foutre ! de leur gentillesse! je ne veux pas de fleurs ! »
    Personne n’était à mon écoute !
    Quand je disais, ce que je ressentais, les seules réponses que j’avais c’était du genre :
    « Ma belle soeur a eu la même chose, tu verras çà va passer…. tu devrais faire ceci…. tu devrais manger cela…. » tous les gens me fatiguaient, pas un et pas une ! se mettait assis devant moi et m’écoutait en silence ! tout simplement en silence ! en me regardant, ou en me chauffant, simplement à mettre une couverture sur moi ! être à l’écoute de mon corps qui me faisait mal et de mon psychisme ! cela a été très dur, et cet aide, je l’ai enfin trouvé en faisant un travail sur moi.
    J’ai fais de ma maladie un autre moi !
    C’était moi avec moi !

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    1. vanina

      oui, bravo et merci Jannn de votre témoignage compréhensif. Merci à vous aussi monsieur Perronnet de m’avoir dirigé vers ces articles que je n’avait pas repéré; c’est ca ,accepter de s’absenter en tant que tenant, c’est dur mais c’est préférable par moment.
      cordialement avec vous.

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  33. Robin

    La colère, c’est quand qu’elle s’arrête? Je ressens une énorme colère contre une personne qui m’a psychologiquement blessé, sauf que ça fait depuis des mois que je l’éprouve et maintenant elle me pourrit juste l’existence. Après je n’ai encore trouvé personne ayant montré de la compréhension pour moi, mais est-ce bien utile si ma colère est bien dirigée? C’est quand que je pourrai être en paix avec moi-même?

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    1. Renaud Perronnet Auteur de l’article

      Commencez par trouver un thérapeute qui vous montrera compréhension et empathie, vous pourrez alors explorer avec lui les causes de votre colère c’est-à-dire rencontrer la part blessée en vous qui a tant besoin de s’exprimer.

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  34. Robin

    Donc oui, j’ai trouvé une thérapeute et oui je suis arrivé à me libérer d’une partie de ma colère. Je suis encore quand-même pas rassuré sur l’utilité de la colère parce qu’elle a un énorme pouvoir autodestructeur. Maintenant l’anxiété et la colère me rongent de l’intérieur et je n’arrive tout simplement pas à prendre ma vie en main. J’ai été victime de harcèlement moral ou je me suis fait abusé de ma confiance, abusé de l’autorité de la personne, manipulé et j’ai fini par avaler le poison qu’elle m’a forcé à boire. La personne était sensé avoir un rôle de formatrice et voilà qu’elle m’a entièrement démoli en seulement deux jour. On peut parler d’un traumatisme puisque je me suis trouvé dans un état de sidération. C’est seulement deux ans plus tard après avoir été capable de me faire respecter par mes parents et de mettre des limites face à leur comportements toxiques que cette blessure a refait surface dans mon esprit. Tout ça pour dire que j’ai l’impression que la colère ne fait que générer encore plus de colère. Je suppose que casser la figure à cette personne n’est pas un solution, même si j’y pense que trop souvent. C’est bien l’aspect d’une mémoire traumatique d’avoir l’impression de revivre le moment dans toute son intensité de manière répétée. J’ai essayé de faire comprendre ma souffrance à mes parents, ça n’a fait à chaque fois qu’empirer mon mal-être. J’en parle aussi à ma thérapeute, la première séance ma soulagée mais maintenant je ne sais pas si j’avance vraiment dans mon cheminement. Du coup je me dirige vers vous pour savoir comment fonctionne la colère et comment je peux m’en sortir. Je vous remercie d’avance pour votre réponse. Apparemment il n’y a pas de solution miracle.

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  35. Jann

    Bonjour Robin,
    il faut du temps, beaucoup de temps, la souffrance que vous vivez ne va pas partir d’un coup de baguette magique! Non, je ne crois pas au miracle non plus!
    Mais je crois à mon thérapeute, parce que j’ai entièrement confiance en lui! je crois en cette relation! je crois à son écoute! Je crois à notre travail, car c’est un travail à deux, je crois à la sincérité de cette relation où il n’y a aucun jugement, il n’y a que Vous et votre mental, alors Robin fermez les yeux et si vous avez entièrement confiance en votre thérapeute, laissez-vous guider , et par lui et par vous, ne soyez pas pressé que cela se termine. Votre souffrance et votre colère partiront au fil du temps.
    Un jour vous vous sentirez plus léger, ne me demander pas quand, car personne! ne peut vous répondre à cette question. Ce qui importe c’est cette relation de Confiance que vous aurez établi avec votre thérapeute. Bien sûr on se pose parfois la question : « Mais tout ceci ne mène à rien, que du temps perdu …pourquoi faire et je suis toujours mal , j’en ai marre etc  » Ses questions que l’on se pose sont normales, je dirai même que cela fait parti d’un état que l’on peut ressentir pendant la thérapie, vous pouvez même vous fâcher pendant cette thérapie, c’est un processus normal, mais ne laissez pas tomber!
    Non ! la solution miracle n’existe pas! Mais la Patience, le Dialogue , la Sincérité ,l’Ecoute la Confiance avec votre thérapeute çà, vous pouvez l’avoir , et déjà çà c’est Enorme ! c’est une sortie vers un Mieux Etre !
    Courage, force ! De tout coeur avec vous,
    Martine

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    1. Chantal

      Il faut croire que je suis prête à entendre « ce qui gronde en moi » puisqu’après avoir lu votre article « Oser la colère » je viens de comprendre enfin pourquoi je retombe aussi souvent entre les griffes de la dépression. Plusieurs années de thérapie m’ont aidée à décrypter les ressorts qui animaient la violence de mes parents à mon encontre, à verbaliser ma souffrance sans jamais, pour autant, parvenir à soigner mon enfant intérieure.

      Jusqu’à aujourd’hui ce que j’appelle mes « émotions réflexes » face à des paroles blessantes que je vis comme dévalorisantes, humiliantes, sont capables de m’embarquer dans un cyclone autodestructeur, convaincue qu’elles sont la preuve que je suis « nulle à chier », « bonne à rien ».

      Ces paroles mille fois répétées me semblent avoir gravé en moi une empreinte indélébile comme une identité profonde et subliminale qui serait mienne. Pour la tenir à distance j’ai cherché à « comprendre » les rouages de ma souffrance et celle de mes parents comme si c’était la seule solution pour « rationaliser » ce que j’avais vécu. Contrainte à me « taire » pour laisser libre cours à la folie de ces parents déviants je m’explique à présent pourquoi j’ai tant « intellectualisé » mes ressentis.

      En faisant cela je me suis interdit de me confronter à mes hontes les plus intimes, porter en moi la folie de ces « monstres » contre laquelle je me suis tant battue, ne pas être à la hauteur de ce qu’on attend de moi ou de l’image que je renvois, être « une mauvaise fille » potentiellement responsable de « faire mourir » ses parents qui ont « tant souffert ».

      Avec le recul je me rends compte combien vous aviez raison lorsque vous m’avez répondue un jour « Je ne crois pas que vous ayez tourné la page comme vous le croyez à tort », convaincue que j’étais qu’il me fallait pardonner à mes parents pour me « réhabiliter » moi-même. En effet, je prends conscience à présent de la justesse de vos paroles. Durant toutes ces années j’aurais finalement oeuvré à l’attente implicite de mes parents, panser leurs plaies. Il est temps que je prenne enfin soin de moi, que je me mette « à l’écoute » de l’être humaine que je suis Moi, d’abord émotive avant que « rationnelle ». Merci à vous

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