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	<title>EVOLUTE Conseil</title>
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		<title>Pourquoi sommes-nous agressifs envers nos enfants et comment y remédier ?</title>
		<link>http://www.evolute.fr/education-enfants/agressifs-envers-enfants</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/education-enfants/agressifs-envers-enfants#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 20 Mar 2012 10:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Education des enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Réponses à vos questions]]></category>
		<category><![CDATA[Agressivité]]></category>
		<category><![CDATA[Eduquer]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Neurones miroir]]></category>

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		<description><![CDATA[« Personne ne peut diriger le vent mais on peut toujours apprendre à ajuster ses voiles. » Proverbe  « Parler à un adolescent, ce n'est pas lui dire : "Maintenant je suis là pour t'aider", mais lui dire la phrase complète : "Je sais qu'à des moments, je n'ai pas été là quand tu m'attendais mais maintenant je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #800080;"><em>« Personne ne peut diriger le vent mais on peut toujours apprendre à ajuster ses voiles. »</em></span></p>
<p class="first-child " align="right"><span style="color: #800080;"><em>Proverbe</em><em> </em></span></p>
<p><span style="color: #800080;"><em>« Parler à un adolescent, ce n'est pas lui dire : "Maintenant je suis là pour t'aider", mais lui dire la phrase complète : "Je sais qu'à des moments, je n'ai pas été là quand tu m'attendais mais maintenant je suis là. »</em></span></p>
<p align="right"><span style="color: #800080;"><em>Daniel Morin</em><em> </em></span></p>
<p><span style="text-decoration: underline; color: #ff6600;">Question de <strong>Stéphanie</strong> :</span></p>
<p>Bonjour, je suis mariée et maman de trois enfants et mon mari me reproche souvent d'être agressive avec mes enfants, avec lui et même avec les étrangers.</p>
<div id="attachment_4050" class="wp-caption alignright" style="width: 264px"><a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/action_neurones_miroirs.jpg"><img class="size-full wp-image-4050" title="action_neurones_miroirs" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/action_neurones_miroirs.jpg" alt="" width="254" height="210" /></a><p class="wp-caption-text">Neurones miroirs en action...</p></div>
<p>Aujourd'hui, j'ai parlé agressivement à la directrice d'école maternelle où mon fils doit aller, car j'ai appris par une maman qu'elle avait fait entrer un enfant en début de semaine, donc je suis allé lui demander si je pouvais faire de même avec le mien et elle m'a répondu que cela n'était pas possible, qu'il n'y avait plus de rentrée après janvier, et là, au lieu de lui expliquer calmement ce que je venais d'apprendre par une maman, je me suis énervée. Maintenant, je m'en veux j'ai mal au ventre car je sais qu'au lieu de réfléchir à ma demande, ce sera « NON ».</p>
<p>Quant à mes enfants, j'aimerais qu'ils soient parfaits, même si je sais que ce n'est pas possible car je ne suis pas parfaite moi-même (et personne ne l'est). Du coup, ma fille aînée s'éloigne de moi et se rapproche de son père (malgré que je sois là toute la journée et pas lui), mon deuxième cherche à toujours être ailleurs. Ils me mentent car ils savent que je vais monter en flèche et ça m'énerve encore plus.</p>
<p>Je ne sais plus comment faire pour me sortir de cette spirale, j'aimerais que tout le monde m'aime, même si je sais que ce n'est pas possible !</p>
<p>J'ai cette sensation que tout le monde compte sur moi car j'ai du caractère, mais personne ne se préoccupe de savoir si je vais bien !!!!</p>
<p><span style="text-decoration: underline; color: #ff6600;">Ma réponse :</span></p>
<p><span id="more-4043"></span>Il y a beaucoup de lucidité dans votre partage : vous convenez d'abord volontiers que ce que vous dit votre mari est vrai, vous convenez également que vous vous y êtes mal prise avec la directrice et que quand on est maladroit, le risque est que l’autre se ferme définitivement, sans espoir de retour.</p>
<p>C’est en effet ce qui se passe le plus souvent dans les relations humaines : quand, sous le prétexte que les autres devraient penser les choses comme nous les pensons, il nous arrive d'être agressifs avec eux, nous les blessons. Or une personne blessée se ferme, nous en avons tous fait personnellement l'expérience, (notamment à travers nos vécus de blessés, quand nous nous refermons nous-mêmes), et les autres ne sont pas si différents de nous...</p>
<p>Comprendre cela, c’est découvrir que si nous parvenons à établir avec l’autre une relation de bienveillance plutôt qu’une relation de domination, cet autre éprouvera moins le besoin de se refermer… pour le plus grand intérêt des deux parties.</p>
<p>Rester bienveillant avec son enfant qui a fait une bêtise (ce qui n’a rien à voir avec le féliciter), lui permettra de ne pas devoir se fermer, en étant le plus souvent agressif à son tour, à notre égard.</p>
<p><strong><span style="color: #ff6600;">Pourquoi en sommes-nous si difficilement capables ?</span></strong></p>
<p>A ce stade, il nous faut nous demander ce qui se passe en nous-mêmes.</p>
<p>Qu’est-ce qui vous contraint ainsi - presque malgré vous - à être agressive, comme vous l’illustrez dans votre propos ?</p>
<p>La réponse est simple, si vous êtes agressive, c’est parce qu’il y a de l’agressivité à l’intérieur de vous ; cette agressivité étant consensuellement définie par les chercheurs en psychologie sociale comme <em>« un comportement destiné à blesser intentionnellement un autre individu, (ce dernier étant motivé à en éviter les effets.) »</em></p>
<p>C’est un travail de connaissance de soi qui vous permettra d’aller plus loin, de – vraisemblablement découvrir (c’est vrai pour tellement de personnes !) – que s’il y a une agressivité larvée à l’intérieur de vous qui ne demande qu’à trouver une occasion de s’exprimer, c’est simplement <span style="color: #800080;"><strong>parce que vous l’avez apprise</strong></span>, c’est-à-dire que dans votre histoire, au moment où vous avez été interpellée par vos éducateurs de façon agressive, vous n’avez pas eu d’autre choix que de considérer cela comme une forme d’amour puisqu’on vous a dit que vous l’aviez mérité. Je fais ici allusion à la conclusion des travaux d’<a href="http://www.alice-miller.com/" target="_blank">Alice Miller</a> qui met en évidence que quand un enfant se fait agresser par un adulte qui lui exprime que cela est « pour son bien », cet enfant n’a pas d’autre choix que de <span style="color: #800080;"><strong>légitimer l’agression de l’adulte en la refoulant (l’agression refoulée s’appelle de la colère), à l’intérieur de lui-même</strong>.</span></p>
<p>Cette colère s’accumule peu à peu, contre les autres et contre la vie, parce que « rien ne marche », elle crée du malheur et de la rancœur qui à leur tour vont se déverser sur les autres et en particulier sur les enfants parce que ce sont les plus faibles, ceux que l’on domine le plus facilement, ceux vis-à-vis desquels on ose dire (sans se remettre en cause), des paroles comme <em>« maintenant, tu te tais, car c’est moi qui ai raison. »</em></p>
<p><strong><span style="color: #ff6600;">Regardons les choses de plus près :</span></strong></p>
<p>Les théoriciens de l’apprentissage social pensent que nous avons une capacité à modifier nos comportements et à les adapter à des situations précises, en fonction de nos expériences acquises antérieurement. L'apprentissage passe donc par l'observation des autres, c'est la raison pour laquelle le « parler agressif » comme les châtiments corporels sur les enfants constituent un véritable modèle d'agression.</p>
<p>Les dernières découvertes des neuroscientifiques concernant les mécanismes de l’apprentissage de cette agressivité nous permettent d’y voir plus clair.</p>
<p>Jusqu'à récemment, on ne connaissait pas les mécanismes neuronaux à l'œuvre dans le processus de l'apprentissage par observation, mais depuis une trentaine d'années, des techniques d’investigation très poussées comme l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRM) et la tomographie par émission de positrons, permettent « d’observer le cerveau penser », en repérant en temps réel et de plus en plus précisément, quels groupes de neurones sont actifs au moment de la pensée.</p>
<p>En 1996, le chercheur Giacomo Rizzolatti et son équipe ont voulu voir ce qui se passait dans les cerveaux de deux personnes en interaction. C’est alors qu’ils ont constaté que <span style="color: #800080;"><strong>lorsqu’une personne ressent ou fait quelque chose et qu'une autre personne l'observe, les mêmes neurones - qui sont actifs chez la première personne - vont s'activer chez celle qui l’observe… comme dans un miroir</strong>.</span></p>
<p>La découverte de ces « neurones miroirs » a débouché sur un grand nombre d'études qui permettent aux neuroscientifiques de dire avec certitude (depuis avril 2010), que les comportements qui sont les nôtres sont liés aux comportements que nous avons observé chez les autres. On sait - par exemple - que c'est grâce à ces neurones miroirs qui s'activent que si on tire la langue à un nouveau né, il la tire à son tour.</p>
<p>C'est ainsi que quand on est agressif avec un enfant, on ne lui apprend pas à être sage et patient, mais - par l'intermédiaire des neurones miroirs - on lui montre l'exemple de l’agressivité, c'est-à-dire qu'on lui apprend à être agressif à son tour. Les chercheurs confirment donc la théorie de l’éducation du « par l’exemple », en constatant que nos enfants acquièrent leur agressivité en mimant nos comportements. Pour simplifier, nous pouvons dire que <span style="color: #800080;"><strong>tout au long de l'enfance, nous allons faire des copies des modes de fonctionnement émotionnel de nos éducateurs (donc de leurs connexions neuronales), ce qui va constituer pour nous un conditionnement psychologique d’autant plus profond qu’il sera inconscient.</strong></span></p>
<p>Seulement voilà, la constatation objective de l’interactivité des phénomènes dans le cerveau des êtres humains à travers l’apprentissage est une chose, leur assimilation émotionnelle en est une autre. La découverte des « neurones miroirs » qui a scientifiquement validé le rôle de l'exemple dans l'éducation est rapidement devenue culpabilisatrice pour des personnes peu lucides avec elles-mêmes donc non désireuses de se remettre en cause. Dans un groupe d’Analyse de la Pratique avec des parents, je sais par expérience à quel point il est délicat de parler des neurones miroirs à des personnes dépendantes de leurs émotions agressives, et je constate le plus souvent que leur déni de cette découverte est proportionnel à leur incapacité à être responsable d’elles-mêmes, donc à reconnaître leurs comportements agressifs.</p>
<p>Les choses sont pourtant très simples, les neurones miroirs qui sont dans notre cerveau enregistrent les comportements que nous voyons et nous incitent à les reproduire. Il s'en suit - que cela nous plaise ou non - que <span style="color: #800080;"><strong>nous sommes d'autant plus responsables de nos comportements, qu'ils induisent ces mêmes comportements en retour chez les autres</strong>.</span></p>
<p>Si le cadre familial constitue la matrice principale du développement émotionnel de nos enfants, c’est la prise de conscience de la responsabilité qui nous incombe dans ce cadre familial qui peut nous influencer positivement dans nos comportements d’éducateurs.</p>
<p><strong><span style="color: #ff6600;">Illustration à travers le thème de la punition :</span></strong></p>
<p>Les adeptes de la punition argumentent (à juste titre), qu’il faut que l’enfant comprenne son erreur, qu’il s’en souvienne, qu’elle lui serve de leçon. La question est donc de savoir si la punition est un bon moyen, mis à la disposition des éducateurs, pour que l’enfant se souvienne de ce qu’il ne doit pas faire.</p>
<p>Car nous savons maintenant que si la punition subie par l’enfant est vécue par lui comme la vengeance de son éducateur, elle fonctionnera pour lui, à travers ses neurones miroirs, plus comme un « modèle d’agression », que comme une incitation à ne pas recommencer. Or on sait à quel point la punition est fréquemment vécue par les enfants comme une injustice…</p>
<p>C’est ainsi que les chercheurs en psychologie sociale en sont arrivés à nuancer la prétendue efficacité de la punition en précisant que – pour qu’elle puisse être efficace – il faut qu’elle remplisse nécessairement ces trois conditions :</p>
<ol>
<li>Qu’elle soit administrée de manière prévisible pour le sujet.</li>
<li>Qu’elle soit légitimée par des normes sociales partagées par les protagonistes.</li>
<li>Qu’elle soit donnée immédiatement.</li>
</ol>
<p>On comprend en effet que pour être efficace (c’est-à-dire pour sortir du modèle dominateur du rapport de force qui crée un « vaincu », donc un désir de revanche plutôt qu’un amendement), il faut d’abord que l’enfant soit averti du risque encouru, puis qu’en tant qu’être humain doué de raison, il comprenne et donne son accord au contrat régi par la punition, enfin que le laps de temps situé entre son acte et la punition ne soit pas trop grand afin qu’il puisse se souvenir émotionnellement de son assentiment à la punition.</p>
<p>A moins de ces trois conditions, le caractère dissuasif de la punition n’est pas garanti ; pire, il risque d’aller à l’encontre de son but, c’est-à-dire de renforcer le comportement pourtant non désiré… et c’est ce qui se passe le plus souvent et les parents de se lamenter : <em>« Je ne te comprends pas, tu savais que tu allais être puni et tu l’as fait quand même. »</em></p>
<p>Eux – bien sûr – se sentent justifiés, légitimés dans leur désir de donner leur punition, au moment même où l’enfant vit une injustice flagrante pour lui. Confondant son monde à lui avec celui de l’enfant, l’adulte va proférer <em>« tu sais très bien pourquoi je te punis »</em>, créant le plus souvent chez l’enfant une soumission apparente avec – en profondeur - la propension à mentir et le ressentiment.</p>
<p>De plus, pour un parent, admettre que la punition est néfaste, c’est remettre en cause la manière dont il a été éduqué par ses propres parents, et, le plus souvent, il n’est pas prêt à cela car c’est encore trop douloureux pour lui.</p>
<p><strong><span style="color: #ff6600;">Après ce long détour sur les causes profondes de notre agressivité, voici maintenant quelques pistes qui, si elles sont suivies, nous permettront de ne plus être le jouet de nos comportements agressifs ?</span></strong></p>
<p>Comme vous en convenez vous-même, vous êtes dans une grande confusion : vous souhaiteriez que vos enfants soient parfaits alors que vous savez pertinemment que la perfection n’existe pas ; vous vous retrouvez face à votre fille qui s’éloigne de vous au moment même où vous ressentez qu’avec tout ce que vous faites pour elle, son comportement est une injustice flagrante pour vous ; vous percevez également que si vos enfants vous mentent c’est parce qu’ils sentent que vous allez « monter en flèche », vous n’êtes donc pas exempte de culpabilité…</p>
<p>Là, vous êtes désappointée, perdue et partagez une souffrance supplémentaire : c’est au moment où vous sentez que vous avez le plus besoin de vous sentir aimée par les vôtres que vous avez la sensation qu’ils vous laissent tomber…</p>
<p>D’anciennes situations d’injustice se réactivent en vous et vous ne savez plus que faire…</p>
<p><em>« Tous les hommes désirent la paix, mais il y en a peu en vérité qui désirent les choses qui conduisent à la paix »,</em> disait Aldous Huxley.</p>
<p>Vous avez déjà perçu (en vous mettant simplement à l’écoute de vous-même), que vous n’êtes en rien une femme « mauvaise », vous savez que ce que vous souhaitez secrètement, au fond de votre cœur, c’est la paix et l’harmonie avec les vôtres. Votre intervention sur mon blog en est la preuve.</p>
<p>Alors, comment vous y prendre pour arriver à désirer « les choses mêmes » qui conduisent à la paix ?</p>
<p>Cela passe par ce qu'il est convenu d'appeler un « travail sur soi-même » dont je vais tenter de décrire quelques moments importants :</p>
<ul>
<li>Commencez d’abord par vous souvenir que (comme vos enfants le font actuellement avec vous) vous avez inconsciemment fait des copies, dans votre propre cerveau, des connexions neuronales de vos éducateurs. Cette prise de conscience est profondément déculpabilisatrice ; en effet la culpabilité appartient au passé. Cherchez simplement à vous souvenir d’agir, au présent, dans la relation à vos enfants. Tout se passe « ici et maintenant.</li>
</ul>
<ul>
<li>Pour ce faire, être honnête avec soi-même. Etre honnête c’est oser vous confronter aux choses telles qu’elles sont, plutôt que de les nier sous le prétexte qu’elles ne vous conviennent pas. Dans votre cas c'est d’abord reconnaître votre émotion d'agressivité quand il y a lieu, mais aussi aller plus loin en convenant que vous n’aimez pas votre enfant « à ce moment là », convenir que vous cherchez à lui faire mal, et que vous cherchez à le punir en le lui faisant ressentir.</li>
</ul>
<ul>
<li>Là, être « belle joueuse » donc conséquente, c'est-à-dire ne plus vous attendre à ce que l’autre accède à votre demande quand vous avez été agressive avec lui donc quand vous l'avez blessé. Peu à peu, vous apprendrez à ne plus vous indigner de l'attitude fermée ou révoltée de l'autre puisque vous serez de plus en plus consciente que vous l’avez - au moins en partie – suscitée, que des mécanismes inconscients très intenses en vous voulaient lui faire mal. Puisque chacun « récolte ce qu’il sème », l'application à nos relations de cette sentence implacable devient : si ma récolte ne me convient pas, j'essaye de voir ce que j'ai semé plutôt que d'accuser les autres de mes malheurs. Travailler là-dessus, c’est travailler à devenir responsable de soi-même, cela permet de relever la tête, et c’est un excellent moyen de s’éloigner de la dépression qui guette celui qui se vit comme une « victime. »</li>
</ul>
<ul>
<li>Enfin se souvenir que l’agressivité comme la violence ne sont jamais légitimes puisqu'elles ne se réfèrent qu'à « la loi du plus fort ». Avec humour, un proverbe béninois nous le rappelle en énonçant : <em>« un grain de maïs a toujours tort devant une poule »</em>, seulement nos enfants ne sont pas des grains de maïs et la capacité que peut avoir une personne à en dominer une autre ne lui confèrera jamais aucune légitimité. Beaucoup de personnes en conviennent superficiellement mais trahissent leurs convictions dès qu'elles ne leur sont plus favorables. Elles énoncent alors des paroles qui montrent leur mauvaise foi et leur confusion, notamment avec les enfants : <em>« Je vais t’en foutre une puisque c'est le seul langage que tu comprennes. »</em> Devenant la proie de leurs émotions, dans leur cécité, elles en arrivent à justifier leur agressivité en se convainquant que l'autre la demande, et sont bien loin de se souvenir qu'une personne blessée se ferme…</li>
</ul>
<p>Les plus lucides et conscients parmi nous conviendront aisément que ce n’est pas en criant ou en tapant sur notre enfant que nous parviendrons à le faire changer. Tout au plus obtiendrons-nous qu’il se tienne à carreau pendant quelques instants parce qu’il aura peur de nous.</p>
<p>Si nous voulons qu’il s’ouvre à nous, il nous faut nous ouvrir à lui…</p>
<p>Ce premier travail de responsabilité vis-à-vis de vous-même vous amènera à reconnaitre et assumer la vérité de ce qui s'est passé dans la relation. Reconnaître devant l’enfant qu’on a été agressif, quand on l’a été, demande force et courage, mais étonnera celui avec lequel on l’a été. Ce sera le début d’une nouvelle relation, basée non pas sur la peur mais sur le respect mutuel. Ainsi vous pourrez dire à votre enfant quand vous le jugerez opportun, quelque chose comme <em>« tu sais, c’est vrai que je suis bien souvent agressive à ton égard, et je comprends que tu ne te sentes plus aimé par moi dans ces moments là, cela va changer car je t’aime et je suis de plus en plus consciente que c’est douloureux pour toi. »</em></p>
<p>Les adultes qui découvrent cette ouverture du cœur, dans mon cabinet, se mettent le plus souvent à pleurer.</p>
<p>J’invite ceux qui pensent qu’il ne faut pas se dévaloriser devant son enfant, à faire la différence entre l’amour propre et la dignité : celui qui a de l’amour-propre a honte de son erreur, celui qui a de la dignité l’assume. L’amour-propre épuré, il restera la dignité.</p>
<p>Ce travail préalable d’honnêteté avec soi-même dans la relation à son enfant l’éduquera par l’exemple, (souvenez-vous des neurones miroirs...) Il deviendra à son tour « honnête », ne ressentant pas le besoin de se protéger de ses erreurs parce qu’il n’aura pas vu son parent le faire ; par contre il surprendra (du moins au début) l’enfant qui subissait l’agressivité de son parent, et c’est bien ce dont il s’agit, de le surprendre, de l’étonner… afin qu’il sente (peut-être pour la première fois de sa vie), qu’<span style="color: #800080;"><strong>il est possible de commettre des erreurs tout en continuant de se sentir aimé par ses parents</strong>.</span> (Ce sont les parents en perte du sens même de leur rôle, qui veulent priver leur enfant de leur amour afin de les dresser.)</p>
<p>Parfois nos relations familiales se déroulent « sans amour manifesté » et c’est ce dont vous témoignez à la fin de votre partage : <em>« Personne ne se préoccupe de savoir si je vais bien !!!! »</em> Eh bien je fais le pari avec vous que votre entourage – un jour – se préoccupera de savoir si vous allez bien, le jour où – indubitablement - il ressentira que vous êtes vous-même attentive à le respecter. Dans une famille où personne ne respecte personne, tout le monde souffre en silence.</p>
<p><em>« On peut montrer aux enfants que certains actes ne sont pas humains mais font ressembler à des animaux. C'est un discours moral mais pas culpabilisant. C'est un discours moral que de sortir les gens du niveau des pulsions à l'état brut pour les faire devenir dans le langage au service de la cohésion sociale, au service de l'expression, enfin de la symbolisation qui fait l'humain. On ne peut pas élever des enfants sans morale mais on peut élever des enfants sans sanctions. »</em> Comme Françoise Dolto, je pense que notre humanité n’est pas innée mais qu’elle se prouve inlassablement par des actes qui nous différencient des animaux, et que le meilleur moyen de le faire découvrir à nos enfants, c’est de leur faire sentir qu’on les respecte, parce que le respect est la mise en évidence de l’amour.</p>
<p>Il est intéressant de constater que, dans plusieurs de leurs conclusions récentes, des chercheurs en psychologie sociale soulignent, que pour diminuer les comportements indésirables d’un enfant, il est plus efficace (donc moins potentiellement dangereux), de <span style="color: #800080;"><strong>récompenser leurs comportements désirables, en ignorant purement et simplement leurs comportements agressifs</strong></span>, plutôt qu'en les punissant par de l’agressivité en retour.</p>
<p align="center">-----------------------------------</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Pour aller plus loin, vous pouvez lire sur ce site :</span></p>
<ul>
<li><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/peur-bonte-impuissance" target="_blank">Pour ne plus avoir peur de la bonté ni de l’impuissance…</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/reponses-questions/gerer-propre-agressivite" target="_blank">Comment gérer sa propre agressivité ?</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/gerer-agressivite-aide" target="_blank">Comment gérer l’agressivité et la violence dans la relation d’aide ?</a></li>
</ul>
<p align="right"><span style="color: #ff6600;">© 2012 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
<p> <span style="text-decoration: underline;">Note à propos des commentaires :</span></p>
<p>Si ce témoignage vous donne envie de partager un vécu personnel, je vous invite à vous exprimer dans les commentaires ci-dessous.</p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.evolute.fr%2Feducation-enfants%2Fagressifs-envers-enfants&amp;title=Pourquoi%20sommes-nous%20agressifs%20envers%20nos%20enfants%20et%20comment%20y%20rem%C3%A9dier%20%3F" id="wpa2a_2"><img src="http://www.evolute.fr/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_171_16.png" width="171" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.evolute.fr/education-enfants/agressifs-envers-enfants/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L’identification dans la relation d’aide</title>
		<link>http://www.evolute.fr/relation-aide/identification-relation-aide</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/relation-aide/identification-relation-aide#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 05 Mar 2012 16:38:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Relation d'aide]]></category>
		<category><![CDATA[Réponses à vos questions]]></category>
		<category><![CDATA[Identification]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.evolute.fr/?p=3897</guid>
		<description><![CDATA[« Ce n'est pas tant l'aide de nos amis qui nous aide que notre confiance dans cette aide. » Epicure. Question de Marie-Claude : Assistante de Travail Social, en Bourgogne. Je suis « aidante » dans un groupe de femmes qui sont dans une démarche de trouver le chemin de l'abstinence par rapport à l’alcool. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #800080;"><em>« Ce n'est pas tant l'aide de nos amis qui nous aide que notre confiance dans cette aide. »</em></span></p>
<p class="first-child " align="right"><span style="color: #800080;"><em>Epicure.</em></span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #ff6600; text-decoration: underline;"> Question de <strong>Marie-Claude</strong> :</span></span></p>
<p>Assistante de Travail Social, en Bourgogne.</p>
<p>Je suis « aidante » dans un groupe de femmes qui sont dans une démarche de trouver le chemin de l'abstinence par rapport à l’alcool. <a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/identification.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3905" title="identification" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/identification-300x210.jpg" alt="" width="300" height="210" /></a>Depuis trois séances, une jeune femme de 33 ans, maman de cinq enfants, n'arrive pas à supporter que ses enfants et son mari ne lui fassent plus confiance. Ils la surveillent en permanence, fouillent dans son sac à main, ont mis des mouchards sur son ordinateur… ils ne la croient pas, quand elle dit ne pas avoir bu alors que cela était vrai et à cause de cela, elle vient de replonger. Elle dit avoir confiance en moi car je ne la juge pas. Je me rends disponible pour elle et je pense être bienveillante car je l'écoute (j'ai fait une formation « Approche Centrée sur la Personne » (1), mais je me sens démunie…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #ff6600; text-decoration: underline;">Ma réponse :</span></span></p>
<p><span id="more-3897"></span></p>
<p>Vous n’avez pas d'autre motivation consciente que celle d'aider au mieux les personnes qui participent au groupe que vous animez. Vous pratiquez l'écoute active, telle que vous y avez été formée, avec l'espoir de permettre à ces personnes de se sentir en confiance avec vous.</p>
<p>Un jour quelque chose ne va plus. Alors même que vous analysez que la relation à la personne que vous aidez est bonne, bien que vous sentiez qu'elle a confiance en vous, elle ne parvient pas à tenir son objectif d'abstinence d'alcool et cela vous trouble. C'est seulement que son mari et ses enfants, vraisemblablement lassés par son inconstance, ne lui font plus confiance, ils induisent donc chez elle le comportement que justement ils souhaitent éviter... Leur prédiction manipulatoire se réalise, la personne que vous aidez se remet à boire, et vous vous sentez malheureuse, démunie, trahie par des personnes sur lesquelles vous n'avez en réalité aucun pouvoir puisque vous ne les connaissez même pas.</p>
<p>;</p>
<p>En fait - sans en avoir conscience - vous vous êtes identifiée à la personne que vous vous proposiez d'aider. Vous avez oublié qu'elle n'est pas vous, c'est-à-dire que ses comportements sont régis par des lois psychologiques que vous ne connaissez pas et qui appartiennent à son histoire à elle.</p>
<p>L’identification est un mécanisme psychologique inconscient par lequel une personne tend à établir une relation de similitude avec une autre personne en en appréhendant les symptômes. La sympathie est, par exemple, une identification affective typique.</p>
<p>S’identifier dans la relation d’aide, c’est se reconnaître soi-même dans une caractéristique psychologique d’une personne que l’on aide. Or s’il s'agit bien de faire preuve d'empathie et de compréhension vis-à-vis de cette femme, il ne s’agit pas de ressentir personnellement sa souffrance comme si vous étiez devenue elle-même.</p>
<p>Se désoler personnellement de la situation que vit l'aidé est quelque chose de dangereux (pour un aidant), car cela revient à prendre et analyser ce que vit l’aidé à travers soi, donc à se mettre à une place qui n'est pas la sienne. Rester à sa place d'aidant, c'est ne pas se fixer sur le rôle du « je » de l’aidé, et pour cela se souvenir constamment (au cœur de la relation) que l'autre est un autre, afin d’éviter de prendre le risque de devenir lui.</p>
<p>C'est à cette condition que la relation d'aide et l’empathie deviennent possibles, une condition qui met chacun (l'aidant comme l'aidé) à sa place objective.</p>
<p>Carl Rogers (2) exprimait les choses ainsi : <em>« Puis-je avoir une personnalité assez forte pour être indépendant de l'autre ? Mon moi intérieur est-il assez fort pour sentir que je ne suis ni détruit par sa colère, ni absorbé par son besoin de dépendance, ni réduit en esclavage par son amour, mais que j'existe en dehors de lui avec des sentiments et des droits qui me sont propres. »</em></p>
<p>Etre indépendant de l’autre, c’est oser le rencontrer sur la base de la vérité de la relation : je ne suis pas toi, tes problèmes ne sont pas les miens et c'est justement grâce à cela que je peux t'écouter et te comprendre sans te juger, sans devoir prendre parti. Cette attitude n’est pas de l’indifférence, c’est de la « différence respectée » qui est la garantie - pour celui que nous nous proposons d'aider - de notre écoute objective. A l'inverse, craindre de se sentir démuni par exemple, c'est se retrouver préoccupé par soi-même plutôt qu’à l’écoute de l’autre. Je prends tellement à cœur tes problèmes qu'ils me deviennent insupportables... ce qui m'empêche de pouvoir t’entendre. Etymologiquement comprendre signifie « prendre avec soi », inclure, ce que Carl Rogers appelle « être à l'intérieur du monde de l'autre » et non pas « être comme toi » qui signifie s'identifier à l'autre.</p>
<p>Ainsi - dans votre relation d'aide - faire sentir à cette femme que vous êtes avec elle et que vous la comprenez, est différent de souffrir personnellement de la manière dont sa famille se comporte avec elle... Oui, sa famille, se comporte de manière manipulatrice, mais c'est sa famille à elle et vous n’y pouvez rien, c’est ainsi. Quand vous partagez que c’est « à cause de ça », qu’elle s’est remise à boire, vous prenez parti pour elle contre sa famille en vous appropriant ce qu’elle dit, vous devenez en quelque sorte sa complice dans une identification inconsciente.</p>
<p>N'est-ce pas sa contradiction « à elle », de continuer de tolérer que ceux qui sont en principe là pour la soutenir, l'enfoncent en la faisant douter d'elle-même au moment où elle a le plus besoin de ses ressources ?</p>
<p>Vous sentir démunie, c'est aussi prendre le risque de vouloir en faire plus que ce que vous pouvez faire. Ce n'est pas à vous aidant de « réussir », votre rôle est d'accompagner, accompagner ne veut pas dire accompagner dans la réussite exclusivement (car elle ne dépend pas de vous mais de l'aidé), accompagner signifie rester fidèle à l’autre tel qu’il est, donc accompagner l'autre là où il va, quel que soit l'endroit où il va. Surtout, vous n'êtes pas là pour juger ce qui est bon ou mauvais pour la personne que vous accompagnez, la voie de son évolution est unique, par quels chemins contradictoires et insoupçonnables cette personne ne va-t-elle pas passer ? Se souvenir de cela c'est devenir capable de ne pas s'émouvoir outre mesure de ce qui semble – à un moment donné - être un échec. Les échecs ne sont que des mirages par lesquels la vie fait passer ceux qui veulent réussir, pour devenir un jour enfin capables de ce qu'ils veulent vraiment. Les difficultés par lesquelles passent les personnes que vous aidez ne sont pas les preuves de leur incompétence, ou de la cruauté de la vie à leur égard, mais des occasions déguisées, « en vêtements de travail » (l’image est de je ne sais plus qui), qui leur sont données pour les faire progresser. Vous n’avez donc – en tant qu’aidant - rien à craindre, aucune raison d’avoir peur pour l’autre.</p>
<p>;</p>
<p>Maintenant, regardons d’un peu plus près la situation concrète de cette femme.</p>
<p>Elle se « victimise » en vous disant « si je ne réussis pas ce n'est pas de ma faute (pas de notre faute ?), c'est la faute de ma famille. » Elle bute sur un schéma d'excuse, rançon de sa non confiance en elle, qui l’empêche de faire ses choix de manière autonome en devenant pleinement responsable d’elle-même.</p>
<p>Votre rôle est bien de l’accompagner dans le lieu même où elle bute. L’accompagner c’est l’entendre et la comprendre, pas la justifier. Si - quand elle vous dit « ce n’est pas ma faute » - vous lui répondiez « je suis d’accord avec vous », vous prendriez partie pour la part d’elle-même incapable de faire des choix autonomes, contre la part d’elle-même secrètement désireuse de les faire. Votre travail d’aidant c’est d’adhérer à ce qu’elle dit, c’est-à-dire <span style="color: #800080;"><strong>être tout à fait d’accord pour qu’elle dise ce qu’elle dit, sans devoir pour autant lui exprimer que vous êtes personnellement d’accord avec ce qu’elle dit</strong>.</span></p>
<p>Aider, ce n’est pas prendre parti, c’est être là, faire ressentir sa présence justement bienveillante parce que neutre.</p>
<p>Vous savez que l’approche « ACP (1) » met l'accent sur le patient et le processus relationnel plus que sur le symptôme. La mettre en pratique c’est ici, accorder une importance égale au fait qu’elle se soit remise à boire, et au fait qu’elle « n'arrive pas à supporter que ses enfants et son mari ne lui fassent plus confiance » puisque cela la contraint pour le moment à rechuter. Ces deux aspects des choses sont « sa vérité » du moment, qu’elle a à intégrer pour pouvoir la dépasser.</p>
<p>Même si - pour le moment - elle se sent en échec, c’est sur cet échec qu’elle va pouvoir s’appuyer (avec votre accompagnement bienveillant), pour sentir qu’elle a la force en elle de ne plus succomber à l’attitude négative de sa famille.</p>
<p>Il s’agit donc pour vous, à travers votre écoute active, à travers le regard que vous posez sur elle, de lui permettre de se sentir comprise (donc pas jugée) par vous. C'est ainsi que peu à peu, elle se sentira avec vous comme avec une amie (3) et c’est cela (cette relation issue de votre regard) qui l’aidera à prendre conscience qu’elle est une femme qui a le droit d’être qui elle est et ce qu’elle est. C’est cela qui l’aidera à prendre un jour suffisamment confiance en elle-même pour agir (peut-être pour la première fois de sa vie), positivement pour elle-même en ne buvant plus.</p>
<p>Si vous lui répondez quelque chose comme « oui, je comprends tout à fait que ce soit douloureux pour vous d'être, une fois encore, la victime des agissements manipulateurs de votre famille qui ne vous fait pas confiance. » Vous êtes activement « avec » elle. Peut-être s’en servira-t-elle pour se « victimiser » encore davantage ? Peut-être - a contrario - cela sera-t-il l’occasion pour elle d’une prise de conscience douloureuse et salutaire que ceux qui l'entourent ne lui veulent pas du bien ?</p>
<p>Convenons qu’une personne qui a un problème d'alcool est une personne qui ne se veut pas du bien. Comment une personne qui ne s’aime pas elle-même pourrait-elle s'entourer de personnes réellement bienveillantes ? Ses mécanismes psychologiques inconscients négatifs sont à l’œuvre dans ses relations…</p>
<p>Ce qu’elle conclura sera une étape sur son chemin à elle, au moment même où vous-même êtes « réellement » une personne qui lui voulez du bien.</p>
<p>Mais dès lors que « ce qu'elle fait » ou « ce qu'on lui fait » ne vous convient pas « à vous », cela devient de la confusion (entre vous et elle), et il n'y a plus de relation d'aide.</p>
<p>En réalité, il y a de multiples causes au fait qu’elle ait replongé. Certes sa famille a exercé une influence négative sur elle, au moment où elle avait le plus besoin de se sentir soutenue et crue, mais cette influence aurait été nulle si elle avait eu, en elle, pour la contrebalancer, la force et la confiance qui lui auraient permis de rester fidèle à ses décisions.</p>
<p>N’avons-nous pas vite fait d’accuser les autres de nos faiblesses ou incapacités personnelles ? Ne serait-ce pas injuste de risquer d’entretenir chez elle l’illusion de la victime impuissante, une pauvre femme maltraitée par sa famille indigne ?</p>
<p>La manière dont les schémas des uns et des autres s’enchevêtrent dans les relations familiales créent beaucoup de souffrances mutuelles. Accéder à l’autonomie, n’est-ce pas pouvoir <span style="color: #800080;"><strong>devenir capable de compter sur ses propres forces, de telle manière que même ceux qui prétendent nous aimer ne puissent plus nous influencer négativement</strong></span> ?</p>
<p>;</p>
<p>Un dernier point…</p>
<p>S’il est vrai qu’aider l’autre c’est comme se retrouver en face du miroir de soi-même - si vous avez le désir d’aller plus loin en comprenant ce qui vous arrive - vous vous retrouvez-là en face d’une belle opportunité…</p>
<p>Quand l’aidant se sent négativement démuni face à l’aidé, ce qui revient à dire, quand l’aidant est atteint émotionnellement par ce que vit l’aidé, il doit (s’il veut grandir) se poser la question de la nature de ce qui est ainsi touché en lui :</p>
<p>→ Qu'est-ce qui fait que la rechute de cette femme me touche personnellement si douloureusement et me remet en cause, créant chez moi une émotion de…</p>
<p>→ En quoi l’histoire de la personne que j’accompagne parle-t-elle de mon histoire à moi (même si c'est dans un contexte différent) ?</p>
<p>Pour être encore plus précis :</p>
<p>→ N’y a-t-il pas encore au fond de moi – vivante et non guérie - une part de moi-même douloureusement trahie par ceux qui avaient pour mission de m’aimer qui, à l’occasion de cette relation d’aide, a resurgi si vite que je n’ai pas eu le temps de l’identifier ?</p>
<p>→ Qu'est ce qui, pour moi, serait si difficile à vivre dans le fait qu’on ne me fasse pas confiance, pire, qu’on ne me croie pas au moment même où j’ai besoin qu’on me croie ?</p>
<p>Si la réponse à ces questions trouve quelque écho en vous, c'est que des émotions cachées ne demandent qu’à être identifiées et mises en lumière, afin de vous permettre de vous en désidentifier.</p>
<p>Ce travail sur vous-même est la condition absolue pour qu’un jour vos propres émotions vous laissent en paix et n'interfèrent plus dans vos relations d’aide car, <span style="color: #800080;"><strong>c’est parce que nous sommes nous-mêmes conscients de nos propres émotions (et que nous les acceptons), que nous pouvons être en relation d’aide avec l’autre</strong>.</span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Notes :</span></p>
<p>(1) Approche Centrée sur la Personne (ACP) : étiquette qui désigne la méthode mise au point par le psychologue Carl Rogers et qui met l’accent sur la qualité de la relation entre le thérapeute et le patient à travers l’écoute empathique, l’authenticité, le non-jugement, etc.</p>
<p>(2) Carl Rogers, « Le développement de la personne. » Editions Dunod. 1996.</p>
<p>(3) Allusion à l’expression « comme avec une amie », utilisée dans la "<a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/lettre-infirmiere-mourir" target="_blank">Lettre d'une élève infirmière entrain de mourir</a>", publiée par Elisabeth Kubler-Ross, et qui décrit de manière explicite les besoins réels de l’aidé.</p>
<p style="text-align: center;">-----------------------------------</p>
<p>Pour aller plus loin, vous pouvez lire sur ce site :</p>
<p><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/gerer-emotions-relation-aide" target="_blank">Comment gérer ses émotions dans la relation d’aide ?</a></p>
<p><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/ecouter" target="_blank">Ecouter.</a></p>
<p><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/oui" target="_blank">Oui.</a></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2012 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
<p><strong><span style="color: #993300;">SI - APRES VOIR LU MON ARTICLE  - VOUS SOUHAITEZ QUE J'INTERVIENNE DANS VOTRE STRUCTURE,</span> <a href="http://www.evolute.fr/question_generale">CONTACTEZ-MOI ICI.</a></strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Note à propos des commentaires :</span></p>
<p>Si ce témoignage vous donne envie de partager un vécu personnel, je vous invite à vous exprimer dans les commentaires ci-dessous.</p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.evolute.fr%2Frelation-aide%2Fidentification-relation-aide&amp;title=L%E2%80%99identification%20dans%20la%20relation%20d%E2%80%99aide" id="wpa2a_4"><img src="http://www.evolute.fr/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_171_16.png" width="171" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Pensée positive ou travail sur les pensées ?</title>
		<link>http://www.evolute.fr/connaissance-soi/travail-pensees</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Nov 2011 22:13:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connaissance de soi]]></category>
		<category><![CDATA[Croyances]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée positive]]></category>
		<category><![CDATA[Psychothérapie]]></category>
		<category><![CDATA[Travail sur les pensées]]></category>

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		<description><![CDATA[Auteur : © Renaud PERRONNET Se confronter aux choses « telles qu’elles sont » et ne plus tricher avec soi-même, une approche positive de la réalité. « Celui qui est maître de ses pensées est plus grand que celui qui est le maître du monde. » Bouddha.  « C’est dans la lutte contre les pensées, et là seulement, que réside la possibilité d’une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: left;" align="center">Auteur : <span style="color: #ff6600;"><strong>© Renaud PERRONNET</strong></span></p>
<p align="center"><span style="color: #ff6600;">Se confronter aux choses « telles qu’elles sont » et ne plus tricher avec soi-même, </span><span style="color: #ff6600;">une approche positive de la réalité.</span></p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-3692" style="border-style: initial; border-color: initial; float: right; border-width: 0px;" title="pensee" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/pensee-300x220.jpg" alt="" width="300" height="220" /></p>
<p align="center"><span style="color: #800080;"><em>« Celui qui est maître de ses pensées est plus grand que celui qui est le maître du monde. »</em></span></p>
<p align="right"><span style="color: #800080;"><em>Bouddha.</em><em> </em></span></p>
<p align="center"><span style="color: #800080;"><em>« C’est dans la lutte contre les pensées, et là seulement, que réside la possibilité d’une véritable libération. »</em></span></p>
<p align="right"><span style="color: #800080;"><em>Arnaud Desjardins.</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Sur internet, les commentaires à propos de la « pensée positive » sont multiples : « la pensée positive, ça marche… ; la pensée positive pour transformer votre vie… ; la puissance de la pensée positive… » La pensée positive est souvent proposée comme la panacée pouvant nous guérir de nos maux.</p>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Sur quoi repose la pensée positive ?</strong></span></p>
<p><span id="more-3684"></span>Nous comprenons tous aisément qu’avant de nous lancer vers un but, nous avons besoin de penser (pour pouvoir prétendre à la réussite) que nous nous en sentons capables, et que si nous avons des pensées négatives sur nous-mêmes du type : « Je n’y arriverai jamais parce que je suis un incapable », cette pensée fonctionnera comme un frein ou même un empêchement à la réalisation de notre but.</p>
<p>Si je pense ne pas être capable de courir, je ne m’inscrirai jamais à un marathon, sans doute plus parce que je me pense incapable de courir que parce que je ne sais pas courir réellement…</p>
<p>La manière dont nous nous pensons nous-mêmes détermine notre capacité à entreprendre, sinon à réussir. Si je me pense (positivement) capable de réussir, j’aurai infiniment plus de chance de réussir que si je me pense (négativement) incapable de réussir.</p>
<p>Sous le prétexte que la pensée négative induit l’échec en faisant focaliser notre attention sur le négatif, les partisans de la pensée positive affirment qu’il suffit de penser positif pour réussir.</p>
<p>Or <span style="color: #800080;"><strong>s’il est vrai que pour réaliser quelque chose il faut s’en croire capable, la réciproque « puisque je m’en crois capable, je le peux » n’est pas pour autant vraie !</strong></span></p>
<p>Avec une naïveté déconcertante, certains proposent de pratiquer une nouvelle technique qui repose sur ce qu’ils appellent la « pensée créatrice » : pour obtenir ce que vous voulez pour vous-même, il vous suffit de croire cela possible (automatiquement vous en serez donc capable), et pour vous convaincre que cela est possible, il vous suffit de vous le répéter - inlassablement – plusieurs fois par jour, même si cela n’est pas vrai…</p>
<p>La technique des marchands d’affirmations positives est née : il s’agit de nous répéter des pensées positives (trouvées sur internet par exemple) telles que :</p>
<ul>
<li>La vie m'aime et je suis en sécurité.</li>
<li>C'est l'amour qui anime ma vie.</li>
<li>Financièrement, je suis toujours à l'aise.</li>
<li>Mes parents sont des gens merveilleux.</li>
<li>Je me fais toujours confiance.</li>
<li>Je suis en paix avec le départ de ceux que j'aime.</li>
<li>Je m'aime dans toutes les expériences que je traverse et tout va bien.</li>
<li>Je m'aime et je m'accepte exactement tel que je suis.</li>
</ul>
<p>La perspective matérialiste du quantitatif prétend donc être capable d'anéantir le négatif en grossissant le positif. C'est en me disant que je suis heureux (alors que je ne le suis pas) que je parviendrai au bonheur, il faut po-si-ti-ver !</p>
<p>Les matérialistes-marchands ont même poussé leur mercantilisme jusqu’à créer (sur internet) un petit bracelet en latex violet, symbole des pensées positives, qu’il s’agit de porter et qui est censé aider à se souvenir de se répéter des pensées positives ! (Le bracelet est gratuit, mais son envoi est payant… comme les CD, autres t-shirts et livres qui l’accompagnent.)</p>
<p>Nous faire croire qu’il nous suffit de nous autosuggestionner, c’est-à-dire de nous répéter chaque jour des pensées positives pour que nous les croyons peu à peu est une mystification.</p>
<p>Le psychologue canadien Camillo Zacchia<sup>(1)</sup> nous met en garde :</p>
<p><em>« Par définition, les personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes pensent qu’elles ne valent pas grand-chose. Aussi, en constatant que l’affirmation positive ne fonctionne pas, elles ont tendance à s’imputer la faute de l’échec... et à s’enfoncer davantage. »</em></p>
<p>Il nous encourage plutôt à axer notre <em>« intervention sur les croyances de la personne,</em> (ce que j’appelle plus bas, le travail sur les pensées) <em>plutôt que sur la répétition de phrases creuses. Si je suis mauvais joueur au golf, ce n’est pas en me disant que je suis bon que je vais le devenir ! »</em> …et si je suis un joueur moyen, inutile de me dévaloriser…</p>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Qu’est-ce que le véritable travail sur les pensées ?</strong></span></p>
<p>En fait, il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, donc d’éradiquer les pensées négatives parce qu’elles sont négatives mais <span style="color: #800080;"><strong>parce qu’elles sont fausses</strong>.</span></p>
<p>Entre l’optimisme et le pessimisme, il n’y a pas à choisir. Il vaut mieux s’en tenir aux faits, c’est-à-dire aux choses « telles qu’elles sont » plutôt qu’aux rêves, c’est-à-dire aux choses « telles qu’elles devraient être ».</p>
<p>Le travail sur les pensées est donc un travail de mise en contact avec soi-même, une confrontation active et inlassable de nos pensées avec l’évidence des choses telles qu’elles sont, afin que – peu à peu – nous devenions capables d’être en harmonie avec les choses telles qu’elles sont.</p>
<p>Si – par exemple – je suis triste, je le suis, il ne sert à rien de me raconter des histoires fumeuses du genre « je n’ai aucune raison d’être triste, puisque je passe le week-end prochain avec des amis », en tentant de me convaincre de leur réalité. Quand la vie comporte des aspects authentiquement difficiles pour nous, nous nous devons de les reconnaître, pour peu à peu les accepter, afin de nous y ouvrir pour les traverser, plutôt que de nous culpabiliser en nous disant à nous-mêmes que nous devrions être capables de vivre les choses autrement en étant « positifs ».</p>
<p>Le plus sûr moyen de garder nos angoisses, c’est de les refouler au plus profond de nous-mêmes en nous racontant qu’elles n’existent pas, et en croyant par la même les faire disparaître.</p>
<p>Cette erreur que nous commettons régulièrement avec nous-mêmes, nous la commettons aussi avec les autres : combien de fois, croyant bien faire, n’avons-nous pas été négatifs avec les personnes que nous nous proposons d’aider, sous prétexte de les soutenir et de leur remonter le moral, en leur conseillant d’être positifs, donc de voir leurs problèmes autrement ? « Vous savez Madame Untel, quand on a une petite fille si mignonne, on n’a pas le droit de penser à des choses tristes. » Et celui qui entend ces paroles entend aussi le déni, il sent qu’on ne le respecte pas tel qu’il est, puisqu’on lui demande d’être un autre… qu’il n’est pas.</p>
<p>Pema Chödrön<sup>(2)</sup>, remarque judicieusement : <em>« Affirmer</em> (et la technique des affirmations positives affirme !) <em>revient à se dire à soi-même qu'on est plein de compassion et courageux afin de dissimuler que, secrètement, on se considère comme un perdant. »</em></p>
<p>Dans le secret espoir d’être ce que je voudrais être, je refoule ce que je suis… C’est parce que je ne veux pas vivre ce qu’il m’est donné de vivre que je me condamne à en avoir peur quand je le vis, donc à me raconter des histoires sur moi-même.</p>
<p>Terriblement réaliste, le chercheur spirituel Daniel Morin<sup>(3)</sup>, affirme : <em>« Le goût d'une sucette finit toujours par le goût du bâton. »</em> Certains rêvent d’éradiquer définitivement le goût du bâton ce qui n’est évidemment pas possible, dans la vie il n’y a pas de joie sans peine.</p>
<p>Ce qui nous empêche de nous adapter à la réalité de l’existence (à cette succession de joies et de peines), est le refus de le faire. Nos mécanismes de défense se fondent sur le refus (de la peine), or une angoisse refusée se renforce et une angoisse peu à peu acceptée, donc intégrée, s’apaise, se dissout. Il suffit de le tenter quelquefois pour s’en persuader en le vivant.</p>
<p>Certains de nos refus sont conscients, d'autres ne le sont pas. Il s'agit donc – pour s’adapter - de tenter d’entrer en relation avec ses refus inconscients donc de s’interroger honnêtement sur les choses telles que nous les vivons à partir de la question :</p>
<p align="center"><span style="color: #800080;"><strong>« Suis-je en vérité avec moi-même et la réalité telle qu’elle est</strong></span></p>
<p align="center"><span style="color: #800080;"><strong>ou suis-je en train de me raconter des histoires ? »</strong></span></p>
<p>Le philosophe stoïcien Epictète a dit <em>: « Il ne faut pas vouloir que les événements viennent comme tu le veux, il faut les vouloir comme ils arrivent, ainsi ta vie sera heureuse. » Or avant de parvenir à « les vouloir comme ils arrivent »</em>, ne nous faut-il pas commencer par être d’accord pour qu’ils arrivent comme ils arrivent ?</p>
<p>La perspective stoïcienne ose faire la différence entre les événements qui dépendent de nous et ceux qui ne dépendent pas de nous, en nous faisant sentir que puisque nous ne pouvons pas intervenir sur « ce qui advient », seule « la manière dont nous prenons ce qui advient » dépend de nous. M’accueillir ici maintenant dans la tristesse – par exemple – qui est la mienne, ne change pas ma tristesse mais me permet de me réconcilier avec elle, puisque la nier c’est la renforcer par le refoulement.</p>
<p><em>« C’est très facile de vous débarrasser de vos erreurs et de vos insuffisances, si, dès que vous les remarquez, vous leur faites face et ne les refoulez pas. Vous ne pouvez nettoyer une chambre que si vous voyez nettement la saleté qui s’y trouve. »</em> disait le sage indien S. Prajñânpad<sup>(4)</sup>.</p>
<p>Seule la « vérité » intégrée de ce que je suis, ici et maintenant, peut me permettre d’en être libre. Ne nous mentons pas à nous-mêmes, soyons d’abord honnêtes et sans parti pris, sans a priori ni idées préconçues, sur nous-mêmes.</p>
<p>La <span style="color: #800080;"><strong>pensée réaliste</strong></span> est une « approche positive » en ce sens qu’elle voit la réalité telle qu'elle est et se garde de l'interpréter à travers le filtre du négatif et du positif.</p>
<p>Oui, nous sommes « créateurs de notre vie » dans la manière dont nous allons nous y prendre pour ne plus tricher avec nous-mêmes en :</p>
<ul>
<li>Commençant par reconnaître que « ce qui nous arrive » nous arrive, donc en ne le niant plus, (sous le prétexte de positiver).</li>
<li>N’interprétant plus les événements qui nous arrivent sur la base de pensées irréalistes dont nous n’avons jamais pris soin de vérifier la pertinence.</li>
</ul>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Comment nous y prendre pour être d’accord avec le fait que ce qui nous arrive nous arrive ?</strong></span></p>
<p>Sur la ligne de départ, il y a « ce qui m’arrive » et que je refuse sous le prétexte que cela ne me convient pas, un peu comme un enfant qui trépigne devant son parent qui l’envoie se coucher à une certaine heure.</p>
<p>Notre volonté de puissance (certains l’appellent arrogance), nous empêche de percevoir ce que le philosophe anglais Francis Bacon nous fait remarquer si finement : <em>« On ne commande à la nature qu’en lui obéissant. »</em> C’est donc parce que j’accepte la loi de la pesanteur, que je m’y adapte, que je peux l’utiliser. De même que c’est en obéissant aux lois physiques de la gravité que l’homme a réussi à voler, c’est en nous soumettant aux choses « telles qu’elles sont » que nous parviendrons – parfois - à les faire évoluer en cohérence avec ce qui nous apparaît comme le plus avantageux pour nous-mêmes.</p>
<p>Pour ne pas risquer d’être comme une personne qui, voulant voler, se jetterait dans le vide du haut d’un précipice, sous le prétexte que la loi de la pesanteur ne lui convient pas, nous avons besoin – pour grandir – de toujours nous adapter à la réalité « telle qu’elle est », que cela nous convienne ou pas.</p>
<p>Pour ce faire, il nous faut commencer par reconnaître les choses telles qu’elles sont en nous posant les questions primordiales :</p>
<ul>
<li>Est-il vrai que les choses sont ainsi ?</li>
<li>Est-il vrai que je ne peux rien y changer (pour le moment) ?</li>
</ul>
<p>Et d’y répondre : …Oui, j’en conviens… la réalité est telle qu’elle est.</p>
<p>Je ne me trompe plus moi-même en me racontant – par exemple - que « cela m’est égal, que je m’en fous » alors que cela me pose manifestement problème. Je vois et reconnais l’écart (douloureux) entre les choses « telles qu’elle sont » et mon refus qu’elles soient telles qu’elles sont.</p>
<p>Donc je découvre peu à peu que, <span style="color: #800080;"><strong>le plus souvent, je refuse ce qui m’arrive sous le prétexte que je l’interprète comme ne devant pas m’arriver.</strong></span></p>
<p>Certains objecteront qu’accepter la réalité « telle qu’elle est » est du fatalisme : « Il n’est pas question pour moi d’accepter que cet enfant m’ait manqué de respect. » Et pourtant, au moment même où je le refuse, ne m’a-t-il pas déjà manqué de respect ? Je ne peux pas faire autrement que de le reconnaître.</p>
<p>De quoi s’agit-il au juste ? C’est la croyance fausse que ce qui nous arrive ne devrait pas nous arriver qui nous pousse à penser de la sorte… Dans le domaine très répandu des « choses qui ne dépendent pas de nous », nous n’avons pas d’autre choix que celui de nous y résoudre. Par contre, dans le domaine, plus exceptionnel des « choses qui dépendent de nous », nous avons – bien sûr - la possibilité d’agir en ne tolérant pas que cela dure.</p>
<p>C’est parce que j’accepte (donc que je m’adapte) au fait que cet enfant m’a manqué de respect, que je ne m’y résigne pas, donc que j’interviens afin que - autant que faire se peut - il n’ait pas le besoin de recommencer.</p>
<p>Agir, avant qu’il soit trop tard, c’est<span style="color: #800080;"> <strong>ne pas tolérer de ne pas intervenir sur ce qui dépend de nous</strong></span>, donc agir quand c’est possible d’agir, ce qui est le meilleur moyen pour nous d’obtenir des résultats…</p>
<p>Commençons par des choses simples : « Oui, j’ai passé trente minutes à préparer ce petit plat que j’ai laissé brûler par un temps de cuisson trop long. », « Oui, en me garant maladroitement, j’ai malencontreusement rayé ma voiture sur toute sa longueur. », « Oui, mon fils vient de me parler agressivement en m’envoyant me faire voir. », « Oui, mon supérieur hiérarchique vient de me faire une remarque blessante. »</p>
<p>Puis par des choses un peu plus difficiles : « Oui, ma femme a regardé pendant toute la soirée cet homme séduisant. », « Oui, mon patron vient de me signifier mon congé définitif. »</p>
<p>C’est sur cette base que je pourrai – dans un second temps – voir tranquillement ce qui peut être fait. Nous appellerons cela : voir lucidement la réalité (donc faire avec), pour pouvoir agir dessus.</p>
<p>Le travail est particulièrement difficile à cause de notre interprétation de ce qui nous arrive à travers <span style="color: #800080;"><span style="color: #000000;">des</span><strong> croyances erronées</strong></span> auxquelles nous continuons d’adhérer parce que nous ne les avons jamais mises en cause.</p>
<p>Pour les modifier, nous devons développer une pensée critique, c’est-à-dire apprendre à observer un événement sous un angle objectif en s’appuyant sur le réel, plutôt que sur nos perceptions - par définition subjectives.</p>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Mais à propos, qu’est-ce qu’une croyance ?</strong></span></p>
<p>La croyance est une pensée qui prétend saisir la réalité telle qu’elle est, à travers des mystifications que le sujet s’impose à lui-même. Elle est associée à la peur de ne pas être ce que l’on pense que l’on devrait être ou de ce que l’on pense que l’autre voudrait que nous soyons (qu’il nous le fasse sentir d’une manière explicite ou implicite.)</p>
<p>Il y a beaucoup de chances pour que, par exemple, dans un service hospitalier, une aide-soignante qui pense qu’elle doit être parfaite, ait peur qu’on la surprenne en flagrant délit d’imperfection…</p>
<p>Des comportements excessifs directement liés à cette croyance (« je dois être parfaite ») vont donc se mettre en place à son insu, tels que celui de devoir faire de nombreuses heures supplémentaires non payées par exemple.</p>
<p>Le cycle : croyance / peur / réaction se met en place : Je crois que je dois être parfaite, donc j’ai peur de ne pas l’être, donc je m’astreins à des heures supplémentaires en pensant que je n’ai pas d’autre choix que celui de les faire.</p>
<p>Le schéma<sup>(5)</sup> se dramatise souvent d’une telle façon qu’il fonctionne en s’amplifiant automatiquement, par exemple :</p>
<ul>
<li>J’ai peur de déranger.</li>
<li>Je ne m’autorise que rarement à appeler mes amis par téléphone.</li>
<li>Ceux-ci interprètent cela comme de l’indifférence, ils s’éloignent donc de moi.</li>
<li>C’est la preuve que je les dérangeais.</li>
</ul>
<p>Les croyances erronées induisent chez nous des émotions telles que la culpabilité, la peur, la honte, le ressentiment, la haine, l’auto sabotage, la victimisation, la résignation, le perfectionnisme… et bien d’autres.</p>
<p>Voici quelques-unes des croyances qui nous dictent des comportements qui se retournent à un moment contre nous :</p>
<ul>
<li>Je suis nul.</li>
<li>Je dois être parfait.</li>
<li>Je ne suis pas digne d’être aimé.</li>
<li>Il ne faut pas déranger.</li>
<li>Le désir de l’autre est plus légitime que le mien.</li>
<li>Je n’ai pas le droit de me reposer ni de prendre soin de moi.</li>
<li>Les autres sont plus intéressants que moi.</li>
<li>Je n’en fais jamais assez.</li>
<li>L’autorité est toujours répressive.</li>
<li>Les hommes ne sont pas dignes de confiance…</li>
</ul>
<p>Face aux fausses lois issues de nos croyances, se dresse la vraie loi issue de notre capacité à les démasquer :</p>
<p align="center"><span style="color: #800080;"><strong>« Tout ce qui n’est pas certain est de la pensée erronée. »</strong></span></p>
<p>En particulier tout ce que je pense en termes répétitifs de « toujours la même chose » doit devenir suspect. C’est la remise en cause systématique des croyances, devenue possible grâce à la non identification aux pensées.</p>
<p><strong><span style="color: #ff6600;">Comprendre la nécessité du travail sur les pensées :</span></strong></p>
<p>Le travail thérapeutique que chacun d’entre nous pouvons faire avec nous-mêmes (et en cela nous pouvons nous faire aider par un thérapeute), consiste d’abord à comprendre que nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont, donc que <span style="color: #800080;"><strong>c’est notre manière personnelle de voir le monde qui contient des pensées sur nous-mêmes et le monde qui sont à la source de nos souffrances émotionnelles.</strong></span> C’est-à-dire que le regard que nous posons sur le monde détermine nos vécus ultérieurs. On pourrait dire : dites-moi comment vous voyez la situation et je vous dirai comment vous allez la vivre…</p>
<p>Comprenons que si la souffrance était réellement provoquée par ce qui nous arrivait, tout le monde aurait les mêmes souffrances face aux mêmes situations difficiles. Or nous avons tous remarqué (parfois en nous en étonnant), que des situations qui étaient difficiles à vivre pour nous, ne l’étaient pas, ou moins, pour certains autres.</p>
<p>En effet, si mes croyances me forcent à penser que je ne devrais pas vivre ce que – pourtant – je vis, je résiste à « ce que je vis », c’est-à-dire que mes résistances me font nier mon expérience et c’est cela qui me fait souffrir, puisque le refus de l’évidence ne supprime jamais l’évidence et que dans le bras de fer qui s’engage entre la réalité et moi, je suis et je serai toujours… le vaincu !</p>
<p>C’est ainsi que beaucoup de personnes se retrouvent prises dans un étau dont les deux mâchoires sont : obéir à la croyance qui oblige et s’épuiser par exemple, ou ne pas lui obéir et culpabiliser !</p>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Prenez le temps de faire cette petite expérience :</strong></span></p>
<p>Remémorez-vous une expérience pénible que vous avez récemment vécue. Prenez votre temps et entrez peu à peu dans la pensée que la situation, l’événement ou l’émotion que vous avez vécus auraient dû être autre.</p>
<ul>
<li>Que ressentez-vous ?</li>
</ul>
<p>Remémorez-vous la même expérience pénible, mais entrez maintenant dans la pensée, que la situation, l’événement ou l’émotion que vous avez vécus ne pouvaient pas être autrement, parce que les choses ne peuvent être que ce qu’elles sont.</p>
<ul>
<li>Que ressentez-vous ?</li>
</ul>
<p><strong><span style="color: #ff6600;">Comment s’y prendre pour ébranler puis modifier ses croyances ?</span></strong></p>
<p>Il faut les remettre en cause en les confrontant systématiquement à la réalité.</p>
<p>La confrontation est une démarche dont l’objectif est de changer les croyances irréalistes qui peuplent habituellement notre esprit, qui sont la cause de nos émotions indésirables et qui se répercutent inévitablement sur nos comportements.</p>
<p>Elle peut se comparer à un procédé de contre-propagande, de déconditionnement mental : il s’agit d’<span style="color: #800080;"><strong>apprendre à distinguer le vrai du faux</strong>.</span></p>
<p>Comme vous pouvez le comprendre, cela n’a rien à voir avec la pensée positive, le sermon ou l'autosuggestion. Une pensée vraie, n’est pas forcément une « belle » pensée. Ce travail de confrontation demande de la lucidité, du temps et de la constance, donc de la détermination.</p>
<p>La confrontation commence par une démarche de comparaison. Il s’agit de voir objectivement les phrases ou pensées que l’on se dit à propos d’un événement et de vérifier si elles décrivent exactement la réalité.</p>
<p>Si non, il s’agit de les remplacer par des phrases fidèles au monde « tel qu’il est ». La confrontation est une démarche qui demande précision et rigueur.</p>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Les étapes de la confrontation de ses croyances sont les suivantes :</strong></span></p>
<ol>
<li>Je suis troublé émotionnellement par un événement de ma vie.</li>
<li>J'observe les idées qui habitent mon esprit à ce moment même (perceptions, jugements, monologue intérieur.)</li>
<li>Je compare ces perceptions, jugements, croyances avec la réalité.</li>
<li>Si je constate que mes croyances sont réalistes, mon trouble est fondé. J’essaye de modifier l’événement qui en est la cause si cela est possible. Sinon, il me reste à l’accepter en évitant de l’amplifier ou de le déformer.</li>
<li>Si je constate que mes croyances sont irréalistes, je les modifie et les remplace par des croyances rigoureusement réalistes donc adaptées. Je n’hésite pas à revenir inlassablement à « la réalité ». Ainsi disparaît peu à peu mon trouble dû aux croyances irréalistes.</li>
</ol>
<p>Il est important de garder à l’esprit que si notre problème persiste jusqu’à aujourd'hui, <span style="text-decoration: underline;">ce n’est pas dû à la contagion magique du passé</span> (et cela est la meilleure nouvelle que nous pouvons entendre car nous ne pouvons rien contre l’inéluctable), mais au fait que <span style="text-decoration: underline;">nous continuons, sans nous en apercevoir, à croire aux idées absurdes acquises graduellement pendant notre enfance.</span></p>
<p>La méthode, c’est d’oser nous regarder autrement qu'à travers le filtre de nos croyances et de nos certitudes. Nous pouvons être intelligent et agir de façon stupide, c’est-à-dire, par notre action, contrecarrer l’atteinte de nos propres objectifs.</p>
<p>Nous sommes, chacun de nous, les seules personnes à pouvoir examiner, critiquer, confronter et enfin expulser les croyances irréalistes qui nous occupent en nous manipulant.</p>
<p>En avons-nous le désir ?</p>
<p>La plus intéressante des pistes, c'est nous et la manière dont nous évaluons les choses. Il va s’agir de s’ouvrir à ce qui se passe à l’extérieur comme à l’intérieur de nous, donc de <span style="color: #800080;"><strong>fixer notre attention simultanément sur ce qui nous arrive et sur ce que nous ressentons à propos de ce qui nous arrive.</strong></span></p>
<p>Il s’agit donc d’entreprendre un véritable travail de <span style="color: #800080;"><strong>connaissance de soi-même.</strong></span></p>
<p><strong><span style="color: #ff6600;">Le déroulement, pas à pas, du travail sur les pensées :</span></strong></p>
<p>La question de base est : <em>« Qu'est-ce que je vis ici et maintenant ? »</em></p>
<p>1. Décrivez la situation qui a été l'occasion pour vous d'une émotion désagréable.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 1 :</span> Au supermarché, alors que je lui faisais un sourire, la caissière m’a dit sur un ton ferme « Allez, avancez ! »</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 2 :</span> A la suite d’une promotion interne dans mon travail, je me retrouve avec des dossiers en retard de traitement.</p>
<p>2. Nommer l'émotion que vous vivez.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 1 :</span> Tristesse et sentiment d’abandon.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 2 :</span> Angoisse et culpabilité.</p>
<p>3. Evaluez son intensité sur une échelle de 1 à 10.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 1 :</span> 5/10.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 2 :</span> 8/10.</p>
<p>4. Notez ce que vous vous dites à vous-même (votre « pensée irréaliste automatique », issue de votre passé) à propos de l’émotion qui est la vôtre.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 1 :</span> « Quelle idiot(e) ! Pourquoi donc faut-il que personne ne soit aimable avec moi ? »</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 2 :</span> « Je suis un(e) incapable, je n'aurais jamais dû accepter ce nouveau poste, je n’y arriverai jamais. »</p>
<p>5. Evaluez l’intensité de votre croyance en cette pensée irréaliste sur une échelle entre 1 et 10.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 1 :</span> 7/10.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 2 :</span> 8/10.</p>
<p>6. Confrontez cette pensée irréaliste à la réalité en lui opposant des pensées réalistes alternatives.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 1 :</span> Les gens fatigués sont souvent revêches. Puis-je être certain que le mal être de cette caissière s’adresse à moi personnellement ?</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 2 :</span> Puisque les autres me font confiance, je peux me faire confiance. Qui ne risque rien n'a rien.</p>
<p>7. Evaluez l’intensité de votre croyance en cette pensée réaliste sur une échelle entre 1 et 10.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 1 :</span> 5/10.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 2 :</span> 3/10.</p>
<p>8. Réévaluer l’intensité de notre croyance en la pensée irréaliste sur une échelle entre 1 et 10.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 1 :</span> 2/10.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Exemple n° 2 :</span> 6/10.</p>
<p><strong><span style="color: #ff6600;">D’autres exemples pratiques dans le cadre d’une formation :</span></strong></p>
<p>Dans certaines formations sur l’usure professionnelle et le burn-out que j’anime pour un public d’aidants, nous listons ensemble les croyances fausses, qu’ils adoptent, et qui sont à l’origine de leur épuisement professionnel.</p>
<p>En voici quelques-unes :</p>
<ul>
<li>La principale, directement liée à l’idéalisme ambiant des structures d’aide, est celle du perfectionnisme. Nous l’énonçons généralement ainsi :</li>
</ul>
<p align="center"><em>« Je dois être toujours capable de faire et de donner davantage </em><em>quand on me le demande (ou même sans qu’on me le demande). »</em></p>
<p>Cette croyance irréaliste induit des comportements de personnes qui s’impliquent trop dans leur tâche et ne savent pas moduler leurs efforts.</p>
<p>Ainsi c’est bien parce que Sandrine, assistante sociale, croit qu’elle doit toujours faire plus pour les usagers de son service qu’elle fait des heures supplémentaires non payées, à moins que sa propension à jouer au Sauveur<sup>(6)</sup> ne la contraigne à penser d’une manière aussi irréaliste.</p>
<ul>
<li>Une autre, particulièrement délétère pour celui qui la pratique, et qui a donné naissance à un nouveau concept appelé « includence », décrit le « sentiment de ne pas avoir le temps de tout faire dans un temps donné », nous l’énonçons généralement ainsi :</li>
</ul>
<p align="center"><em>« Je dois être toujours capable de faire ce que l’on me dit de faire, </em><em>dans le temps qui m’est imparti. »</em></p>
<p>Cette croyance fausse induit des comportements de personnes qui vivent du stress négatif, courent, deviennent maladroites, culpabilisent et s’en veulent.</p>
<p>Ainsi c’est bien parce que Stéphanie, infirmière, croit que le temps dont elle dispose est extensible à l’infini, qu’elle accepte des tâches supplémentaires de ses supérieurs hiérarchiques en pensant qu’elle doit les faire, à moins que ce ne soit son absence de confiance en elle qui l’amène à penser d’une manière aussi irréaliste.</p>
<p>Ensemble nous tentons de formuler des <span style="color: #800080;"><strong>pensées plus conformes à la réalité</strong></span>, comme par exemple :</p>
<p><em>« S’il est légitime pour moi de penser que dans le contrat de travail qui me lie aux usagers de mon service, je dois faire ce que je peux faire ; en revanche, j’ai la lucidité de penser que ce que je ne peux pas faire, je ne dois pas le faire. »</em></p>
<p>Ou encore :</p>
<p><em>« Dans un temps imparti, je ne peux faire que ce qu'il m'est possible de faire, compte tenu de mes capacités. »</em></p>
<p>Ainsi le perfectionniste se croit volontiers incompétent lorsqu’il commet une erreur au travail et il est généralement incapable de découvrir par lui-même qu’il est, le plus souvent, « normal » dans ses erreurs.</p>
<p>Le psychologue Lucien Auger<sup>(7)</sup> l’exprime bien joliment : <em>« Cela fait partie de la nature, les oiseaux volent, les poissons nagent, les vaches mangent du foin et les humains font des erreurs. »</em></p>
<p>Peut-être qu’à l’époque de la vache devenue folle parce qu’on lui a fait manger de la viande, les êtres humains deviennent fous, eux aussi, quand ils croient qu’ils doivent réussir tout ce qu’ils entreprennent ?</p>
<p>Le Dr. Albert Ellis<sup>(8)</sup>, créateur de la psychothérapie émotivo-rationnelle, a listé les dix pensées fausses avec lesquelles nous nous martyrisons le plus souvent, si nous ne les confrontons pas fréquemment à la réalité.</p>
<p>Je vous propose de les découvrir et de vous les approprier, car il y a de très fortes chances que certaines d’entre elles parlent beaucoup de vous :</p>
<ol>
<li><em>« Il est essentiel que je sois aimé et approuvé par presque toutes les personnes de mon entourage, pour presque tout ce que je fais. »</em></li>
<li><em>« Je dois parfaitement réussir tout ce que j'entreprends dans tous les domaines afin de me considérer comme ayant une valeur. »</em></li>
<li><em>« Certaines personnes sont méchantes, mauvaises et méritent d'être sévèrement blâmées et punies pour leurs fautes. »</em></li>
<li><em>« C'est terrible, catastrophique et insupportable quand les choses ne vont pas comme je le souhaite. »</em></li>
<li><em>« Mon malheur est causé par des circonstances extérieures à moi-même et j'ai peu de capacités pour me débarrasser de mes troubles et de mes problèmes. »</em></li>
<li><em>« Parce qu'une chose est ou peut devenir dangereuse, il est inévitable que je m'en préoccupe profondément et que je me tracasse sans arrêt à ce sujet. »</em></li>
<li><em>« Il est plus facile d'éviter les difficultés et les responsabilités que d'y faire face en se disciplinant soi-même. »</em></li>
<li><em>« Mon passé détermine mon comportement actuel, et il est inévitable que ce qui m'a déjà affecté profondément continue à le faire pendant toute ma vie. </em><em> </em></li>
<li><em>« Les choses et les gens devraient être autres qu'ils sont et c'est une chose terrible que de ne pas trouver de solution parfaite et immédiate aux dures réalités de la vie. »</em></li>
<li><em>« Le plus grand bonheur humain peut être atteint par l'inertie et l'inaction, en se laissant vivre passivement. »</em></li>
</ol>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Voici le déroulement du cycle des pensées fausses sur soi-même :</strong></span></p>
<p>(A l’origine) Evénement dans l’enfance → Jugement par l’autre → Apprentissage d’une pensée sur soi-même liée au jugement de l’autre → Emotion douloureuse → (Plus tard) Répétition d’une situation qui évoque (consciemment ou inconsciemment) le passé douloureux → Pensée irréaliste sur soi-même → Réactivation de l’émotion douloureuse → Renforcement de la pensée irréaliste sur soi-même.</p>
<p>Et ainsi de suite… si le travail thérapeutique de remise en cause des pensées irréalistes que nous avons sur nous-mêmes n’est pas fait, il y a renforcement de la dépendance aux pensées fausses, donc risque de glissement vers encore plus de confusion à travers des émotions inadaptées.</p>
<p><strong><span style="color: #ff6600;">Pour conclure :</span></strong></p>
<p>Combien de fois ai-je constaté le malaise ou l’agacement de la personne angoissée face à celui qui – jovial et inconscient – l’invitait à positiver !</p>
<p>Pour garder ou retrouver notre équilibre, nous avons besoin de repères infaillibles et non d’approximations publicitaires amusantes et folkloriques du type <em>« Il faut po-si-ti-ver ! »</em></p>
<p>Le travail sur les pensées est une approche phénoménologique en ce sens qu’elle se fait sur la subjectivité de notre vécu. La ferme confrontation réaliste et objective des « pensées irréalistes » qui sont à la source de nos révoltes et de nos frustrations est un moyen simple et facile de nous remettre les pieds sur terre quand nous avons tendance à nous perdre et à errer dans le noir… <em>« Il faut se voir penser, il faut objectiver ses pensées, c’est-à-dire en faire des objets dont le sujet prend conscience. »</em> explique Arnaud Desjardins<sup>(9)</sup>.</p>
<p>C’est à cette condition que nous deviendrons peu à peu davantage maîtres de nous-mêmes.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Notes :</span></p>
<p><sup>(1)</sup> Camillo Zacchia est docteur en psychologie de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal, président du Comité d'éthique clinique du Douglas et vice-président du conseil d'administration de l'organisme Phobie-Zéro. Il publie une chronique « La vie en tranches », pour le journal Métro de Montréal, savant mélange de données scientifiques, de pensée critique et de pragmatisme au sujet du monde qui nous entoure. Vous pouvez lire ses billets <a href="http://www.journalmetro.com/columnist/16501--camillo-zacchia-la-vie-en-tranches" target="_blank">ici</a>.</p>
<p><sup>(2)</sup> Pema Chödrön, nonne bouddhiste, in  « Les Bastions de la peur », p. 61.</p>
<p><sup>(3)</sup> Daniel Morin, in « Eclats de silence, l'indicible simplicité d'être », préfacé par Alexandre Jollien, Editions l’Originel, p. 124.</p>
<p><sup>(4)</sup> S. Prajñânpad (1891 – 1974), sage indien,  qui a intégré des données venant de sources aussi différentes que la tradition indienne, la physique occidentale et la psychanalyse.</p>
<p><sup>(5)</sup> Un schéma est un entrelacs de pensées et d'émotions négatives qui trouvent leur sens dans notre passé. Lire mon article précédent <a href="http://www.evolute.fr/connaissance-soi/schemas-renoncer" target="_blank">« Voir ses schémas à l’œuvre pour y renoncer »</a>.</p>
<p><sup>(6)</sup> Allusion au « triangle dramatique » également appelé triangle SVP (Sauveur / Victime / Persécuteur). Lire mon article précédent <a href="http://www.evolute.fr/connaissance-soi/jeu-victime" target="_blank">« Le jeu de la Victime »</a>.</p>
<p><sup>(7)</sup> Lucien Auger (1933 – 2001), psychologue québécois, in « S’aider soi-même, une psychothérapie par la raison. » qui reprend et analyse longuement chacune de ces dix croyances fausses, telles qu’elles ont été listées par le Dr. Albert Ellis. Editions de l’Homme. (1974)</p>
<p><sup>(8)</sup> Dr. Albert Ellis (1913 – 2007), psychologue américain, créateur de la « psychothérapie émotivo-rationelle » qui trouve son origine chez les stoïciens de l'antiquité.</p>
<p><sup>(9)</sup> Arnaud Desjardins (1925 - 2011), écrivain, disciple du sage indien S. Prajñânpad, in « Approches de la méditation », p. 87.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2011<strong> Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
<p><strong><span style="color: #993300;">SI - APRES VOIR LU MON ARTICLE  - VOUS SOUHAITEZ QUE J'INTERVIENNE DANS VOTRE STRUCTURE,</span> <a href="http://www.evolute.fr/question_generale">CONTACTEZ-MOI ICI.</a></strong></p>
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<p><span style="text-decoration: underline;">Note à propos des commentaires :</span></p>
<p>Si cet article vous donne envie de partager un vécu personnel, je vous invite à vous exprimer dans les commentaires ci-dessous.</p>
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		<title>Relaxation nuage</title>
		<link>http://www.evolute.fr/connaissance-soi/relaxation-nuage</link>
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		<pubDate>Thu, 27 Oct 2011 20:47:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connaissance de soi]]></category>
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		<description><![CDATA[Attendre le lapin... Comment s’y prendre pour permettre à l’aidant en perte de vitesse de retrouver le sens de son rôle, afin qu'il accepte que les aidés s'appuient sur lui et qu'il soit capable de réponde à cette demande en ne s'épuisant pas dans sa pratique professionnelle ? Le gros risque du contexte actuel, régi avant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: center;"><span style="color: #800080;">Attendre le lapin...</span></p>
<p>Comment s’y prendre pour permettre à l’aidant en perte de vitesse de retrouver le sens de son rôle, afin qu'il accepte que les aidés s'appuient sur lui et qu'il soit capable de réponde à cette demande en ne s'épuisant pas dans sa pratique professionnelle ?<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/nuage.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-3678" title="nuage" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/nuage.jpg" alt="" width="259" height="194" /></a></p>
<p>Le gros risque du contexte actuel, régi avant tout par des impératifs économiques de rentabilité, est que l’aidant finisse par en perdre son humanité, et c'est ce qui se passe - malheureusement - de plus en plus souvent…</p>
<p>Un article du journal Le Monde du 09/10/2011, qui traite de la santé des 10 000 salariés du CHU de Nantes le rappelle : <em>« Les signes de souffrance observés chez le personnel ne cessent d'augmenter, tous grades confondus, et notamment au niveau de l'encadrement, ce qui est un phénomène plus récent. (…) Le personnel médical et paramédical se retrouve perclus de « symptômes neuropsychologiques et émotionnels ». Irritabilité, agressivité, anxiété, crises de larmes, syndrome d'épuisement sont relevés. Des troubles du sommeil et de la sphère digestive, mais aussi de multiples affections péri articulaires, sont déplorés. Des cas de tachycardie et d'asthénie sont signalés. »</em></p>
<p><span id="more-3644"></span>Or, depuis plus de vingt ans, je le répète inlassablement, dans chacune des formations portant sur l’usure professionnelle, la gestion du stress et le burn-out, que j’anime :<em> </em></p>
<p align="center"><strong><span style="color: #800080;"><em>« Pour pouvoir sortir quelqu'un du bourbier, </em></span></strong></p>
<p align="center"><strong><span style="color: #800080;"><em>il faut avoir soi-même les deux pieds sur la terre ferme. »</em></span></strong></p>
<p>Cela signifie que pour que l’aidant ne perde pas son humanité, il est urgent d'être humain avec lui, c'est-à-dire de lui proposer des espaces de soutien adaptés, comme des groupes de parole, mais aussi des groupes de relaxation, dans lesquels il pourra <span style="color: #ff6600;"><strong>apprendre à pratiquer la détente avec lui-même</strong></span>, ce que le plus souvent son environnement (responsables et collègues), en perte de vitesse lui aussi, ne sait pas non plus faire avec lui-même.</p>
<p>Nous ne le répéterons jamais assez, c'est parce qu'il a confiance en lui, parce qu’il se sent « fiable », que l’aidant peut avoir confiance en sa relation avec l’aidé ; c'est parce qu'il s'accepte lui-même tel qu'il est, comme il se sent, qu'il peut accepter l’aidé tel qu'il est, inconditionnellement.</p>
<p>Permettre à l’aidant de se construire, c'est lui apprendre à gérer son stress et ses risques d’épuisement dans la relation d'aide et d’accompagnement.</p>
<p>Pour ce faire, s’allonger ponctuellement sur le sol, pour apprendre à détendre - peu à peu - les différentes parties contractées de son corps, est infiniment précieux.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #ff6600; text-decoration: underline;">La relaxation - pratiquée régulièrement - est un outil solide qui permet :</span></span></p>
<ul>
<li>Le ralentissement du métabolisme du corps, ainsi que la diminution du taux de lactate qui s'accumule dans les muscles fatigués.</li>
<li>Le ralentissement du rythme cardiaque avec diminution de la tension artérielle.</li>
<li>La libération d’endorphines avec activation du système immunitaire (augmentation du nombre des leucocytes.)</li>
<li>La lutte contre le stress et le burn-out : on estime que 30 mn en état de relaxation équivalent à 3 heures de sommeil.</li>
<li>Une perception sensorielle de soi accrue donc un meilleur enracinement dans le présent.</li>
<li>Une plus grande conscience et réunification de soi par le recentrage et l'attention… qui est la condition nécessaire à la connaissance de soi-même.</li>
</ul>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #ff6600; text-decoration: underline;">Comment s’y prendre pour se relaxer ?</span></span></p>
<p>Alors qu’il est possible de « faire » une contraction, il n’est pas possible de « faire » un relâchement, la relaxation est donc de l’ordre du « non-faire »… Pour que les muscles se relâchent, il faut réussir à les convaincre !</p>
<p>Arnaud Desjardins nous donne le conseil suivant :</p>
<p><em>« Soyez patients. Vous ne pouvez pas relâcher de force. Imaginez que vous vouliez voir un lapin sortir de son trou ; ce n’est pas en vous mettant devant le terrier en criant : « lapin, lapin », que vous le ferez sortir. Il faut que vous soyez absolument immobiles et silencieux jusqu’à ce que le lapin daigne sortir. Vous ne pouvez pas intimer aux muscles l’ordre de se relâcher. »</em></p>
<p>Il poursuit :</p>
<p><em>« Je vous assure que, si vous découvrez le secret du vrai relâchement, ce sera une révélation pour vous. Je vous assure que simplement par le relâchement dont je parle maintenant, quand j’ai eu ce petit commencement de pouvoir sur moi qui consiste à convaincre les muscles de se détendre, j’ai vu, à chaque onde de relâchement, venir une souplesse que je ne connaissais pas, uniquement par la détente. »</em></p>
<p>La souplesse, physique et relationnelle (intelligence émotionnelle, capacité à la maîtrise de soi et à l’empathie avec l’autre), n’est-elle pas la ressource dont ceux qui aident ont le plus besoin ?</p>
<p>Pour vous faciliter la pratique, vous trouverez ci-dessous une <span style="color: #ff6600;"><strong>relaxation enregistrée de trente minutes</strong></span>, guidée par moi-même, sous la forme d’un petit fichier mp3 intitulé « relaxation_nuage », que vous pourrez facilement télécharger sur votre ordinateur ou sur votre baladeur préféré, pour l’écouter à loisir, il vous suffit de cliquer sur le lien…</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/relaxation_nuage.mp3">relaxation_nuage</a></strong></p>
<p>Dans un premier temps, allongez-vous ou asseyez-vous, dans un endroit paisible et confortable, dans lequel vous ne risquerez pas d’être dérangé pendant trente minutes.</p>
<p>Puis, mettez vos écouteurs et fermez les yeux…</p>
<p style="text-align: right;"> <span style="color: #ff6600;">© 2011 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
<p><strong><span style="color: #993300;">SI - APRES VOIR LU MON ARTICLE  - VOUS SOUHAITEZ QUE J'INTERVIENNE DANS VOTRE STRUCTURE,</span> <a href="http://www.evolute.fr/question_generale">CONTACTEZ-MOI ICI.</a></strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Note à propos des commentaires :</span></p>
<p>Si cette relaxation guidée vous donne envie de partager une mise en pratique personnelle, n'hésitez pas à vous exprimer dans les commentaires ci-dessous.</p>
<p>Vous pouvez aussi lire et pratiquer :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.evolute.fr/connaissance-soi/apprendre-detendre">Apprendre à se détendre.</a></li>
</ul>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.evolute.fr%2Fconnaissance-soi%2Frelaxation-nuage&amp;title=Relaxation%20nuage" id="wpa2a_8"><img src="http://www.evolute.fr/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_171_16.png" width="171" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Ne plus avoir peur ?</title>
		<link>http://www.evolute.fr/connaissance-soi/neplus-avoir-peur</link>
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		<pubDate>Thu, 13 Oct 2011 15:10:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connaissance de soi]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos, diaporamas]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Peur]]></category>
		<category><![CDATA[Psychothérapie]]></category>

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		<description><![CDATA["Quand le regard de l'adversaire détermine notre attitude, alors on a perdu." Michel Vaujour. Voulez-vous trouver la bonne direction pour un jour devenir, "le patron de vous-même" ? André Sauvé est un auteur, scénariste et acteur québécois, au parcours assez particulier. Après avoir étudié le Bharata Natyam (danse classique de l’Inde) pendant des années, il se lance dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: center;"><em><span style="color: #800080;">"Quand le regard de l'adversaire détermine notre attitude, alors on a perdu." </span></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #800080;">Michel Vaujour.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #800080;">Voulez-vous trouver la bonne direction pour un jour devenir, "le patron de vous-même" ?</span></strong></p>
<p style="text-align: left;">André Sauvé est un auteur, scénariste et acteur québécois, au parcours assez particulier. Après avoir étudié le Bharata Natyam (danse classique de l’Inde) pendant des années, il se lance dans le mime et écrit toutes sortes<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/AndreSauve.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-3598" title="AndreSauve" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/AndreSauve.jpg" alt="André Sauvé en pleine surprise..." width="300" height="225" /></a> de sketches hurluberlus qui ont la particularité de nous faire d’abord sourire en nous mettant de bonne humeur puis – l’ouverture ayant ainsi été faite – de nous proposer une réflexion profonde à propos de la vie et de la manière dont nous nous y prenons avec elle…</p>
<p>Quand on lui demande s’il continue sa thérapie commencée dix ans plus tôt, il réplique : <em>« La scène est devenue ma thérapie ! Le rire permet de dédramatiser bien des affaires. J’ai toujours été enclin à l’humour mais la scène c’est très fort. (…) Je me dis qu’<span style="color: #800080;"><strong>à un moment la vie suffit à la vivre</strong></span>. Ça été utile mais il faut savoir quand arrêter. Sinon ça devient un espèce d’univers à huis clos et on est plus dans la réalité. Le but d’une thérapie, c’est de ne plus en avoir besoin. »</em></p>
<p><span id="more-3596"></span>C’est ainsi que le jovial et sympathique Mr. Ramesh (alias André Sauvé) nous invite à nous ouvrir à la première vertu du philosophe, celle d’être curieux devant l’inconnu… et finit par nous proposer une fine mise en pratique à propos de… la peur :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/An18wQ3asMw" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
<p style="text-align: center;">(Durée : 02:45)</p>
<p style="text-align: left;"><span style="text-decoration: underline;">Note à propos des commentaires :</span></p>
<p>Si cette vidéo vous donne envie de partager une mise en pratique personnelle, je vous invite à vous exprimer dans les commentaires ci-dessous.</p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.evolute.fr%2Fconnaissance-soi%2Fneplus-avoir-peur&amp;title=Ne%20plus%20avoir%20peur%20%3F" id="wpa2a_10"><img src="http://www.evolute.fr/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_171_16.png" width="171" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>A propos de la violence éducative</title>
		<link>http://www.evolute.fr/education-enfants/violence-educative</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/education-enfants/violence-educative#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 Jun 2011 10:27:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Education des enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Eduquer]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>

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		<description><![CDATA[S’il vous arrive de penser : Qu’une claque n’a jamais fait de mal à personne, Que c’est le seul moyen de mater certains enfants, Que c’est normal d’infliger une humiliation à quelqu’un qui se croit tout permis, Que l’important c’est de mettre des limites et que peu importe la façon dont on les met, Qu’on n’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child ">S’il vous arrive de penser :</p>
<ul>
<li>Qu’une claque n’a jamais fait de mal à personne,</li>
<li>Que c’est le seul moyen de mater certains enfants,</li>
<li>Que c’est normal d’infliger une humiliation à quelqu’un qui se croit tout permis,</li>
<li>Que l’important c’est de mettre des limites et que peu importe la façon dont on les met,</li>
<li>Qu’on n’est pas responsable des « baffes » qu’on inflige aux enfants parce qu’ils les ont cherchées...</li>
</ul>
<p>Ou qu’au contraire vous sentez :</p>
<ul>
<li>Que les fessées données aux enfants sont néfastes pour leur développement,</li>
<li>Que battre un enfant le force à s’endurcir pour moins souffrir,</li>
<li>Que plus on a été battu enfant plus on risque d’être violent soi-même comme parent,</li>
<li>Que s’attaquer à plus faible que soi est indigne d’un parent aimant,</li>
<li>Qu’un enfant éduqué avec douceur et patience aura toutes les chances de devenir un adulte épanoui…</li>
</ul>
<p>Commencez par regarder cette courte vidéo de la <span style="color: #800080;"><strong>Fondation pour l’Enfance</strong></span> qui tente l’exploit de nous faire percevoir (en 37 secondes !) que nous ne sommes pas libres de nos comportements réactionnels violents… parce qu’ils sont la conséquence des influences que nous avons reçues…</p>
<p>Puis lisez l’article de Natacha Polony, une journaliste du Figaro qui – en réponse à cette vidéo - crie à la décadence, parce qu’elle culpabiliserait les parents…</p>
<p>Enfin et surtout, ne manquez pas de lire la lumineuse réponse d’Olivier Maurel, fondateur de l'<span style="color: #800080;"><strong><a href="http://www.oveo.org/" target="_blank">Observatoire de la Violence Educative Ordinaire</a> </strong></span>(OVEO) – dont l’objectif est de dénoncer et de décrire toutes les formes de violences contenues dans l'éducation.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline; color: #ff6600;">La courte vidéo de la Fondation pour l’Enfance :</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline; color: #000000;">
<object width="425" height="344">
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<param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/ZgAMczPxs60&autoplay=0&loop=0&rel=0" />
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</object>

</span><strong><span style="text-decoration: underline; color: #ff6600;"><br />
</span></strong></p>
<p><span id="more-3530"></span><strong><span style="text-decoration: underline; color: #ff6600;">L’article de Natacha Polony :</span></strong></p>
<p style="text-align: center;">SOS Enfants battus… et société à la dérive</p>
<p>En ce jour de lancement, à grand renfort de communication, de la croisade initiée par la Fondation pour l’enfance contre ces survivances barbares que seraient la claque ou la fessée, qu’il soit permis de rendre un hommage appuyé à M. Cahuzac, député-maire socialiste de Villeneuve-sur-Lot, et auteur d’une gifle salutaire contre un voyou irrespectueux.</p>
<p>En l’occurrence, Jérôme Cahuzac, venu se rendre compte dimanche de l’état d’exaspération des riverains de la Place Lafayette, importunés depuis plusieurs semaines par des jeunes gens désœuvrés qui insultaient les passants et s’appropriaient l’espace public, s’est adressé aux jeunes gens en question pour tenter de leur faire entendre raison. L’un d’eux a mal pris la chose, comme il arrive assez fréquemment dans ce genre de cas, et comme sont payés pour le savoir tous ceux qui subissent, dans les transports ou les halls d’immeuble, la tyrannie de quelques jeunes brutes hargneuses. Se voyant tutoyé et interpellé violemment dans ce qui devenait visiblement une forme de rapport de force, Jérôme Cahuzac aligne une paire de claques au courageux caïd, qui part sans réclamer son reste. Ce qui s’appelait en un temps pas si lointain « remettre à sa place » un jeune homme visiblement mal élevé. Et lui infliger une petite humiliation devant cette bande qui lui sert de bouclier (car ces jeunes gens-là sont des modèles de courage), pour lui rappeler que tout n’est pas permis. Bref, un geste assez sain.</p>
<p>Un geste qui évoque d’ailleurs celui de François Bayrou, en 2002, contre un gamin qui lui faisait les poches sans vergogne. La fameuse gifle avait valu au futur président du Modem un score plus qu’honorable, ce qui prouve combien sont nombreux les Français qui jugent que, ma foi, ce genre de geste a le mérite de la clarté quand il s’agit de rappeler que les bornes ont des limites…</p>
<p>Ah, bien sûr, on a d’ores et déjà vu se récrier les chantres habituels de la pédagogie du dialogue. « La violence engendre la violence », tel est l’argument massue, le réflexe intellectuel qui fait office de pensée pour les gentils porteurs d’œillère qui n’ont toujours pas compris qui exerce aujourd’hui la violence, dans les sociétés occidentales. Ceux-là oublient que pour l'heure, c'est l'absence d'éducation et de règles qui engendre la violence et la barbarie. Non, nous ne vivons plus dans un monde où l’ordre patriarcal et l’impitoyable machine du pouvoir broient les individus. Et la violence quotidienne s’exerce contre ceux qui respectent les lois et leurs voisins, de la part de ceux qui se croient dans la jungle, du petit caïd de hall d’immeuble au délocaliseur d’usines, chantre d’une « mobilité » qui ne profite qu’à lui. « La violence engendre la violence », disent-ils, ce qui signifie, dans un simplisme merveilleux, que c’est bien l’adulte qui est coupable de la violence du jeune, lui qui a voulu le corriger d’une gifle; c’est bien le parent qui est coupable, lui qui a donné une fessée. Pour un peu, on nous expliquerait que les guerres n’existent que parce que des parents ont donné quelques tapes sur les fesses rebondies de leurs gamins effrontés.</p>
<p>Tel est d’ailleurs le message de la campagne de publicité matraquée depuis aujourd’hui par la Fondation pour l’Enfance, qui n’a visiblement pas de cause plus urgente que la criminalisation des parents normaux, pour faire oublier qu’on laisse agir sans s’en préoccuper plus que cela de très nombreux parents bourreaux. La scène nous montre donc une petite fille faisant tranquillement ses devoirs, une enfant modèle, dans une cuisine modèle – que peu de Français pourraient s’offrir. Sa mère passe l’aspirateur, sa grand-mère n’est pas loin. Soudain, la petite fille renverse son jus d’orange, sa mère se met à hurler comme une aliénée et lui assène une gifle au claquement effroyable. La fillette s’effondre, en larmes, et la grand-mère qui regarde la scène d’un air désolé, s’approche de sa propre fille pour la serrer dans ses bras en lui demandant pardon. La morale de l’histoire s’affiche sur fond noir : « Des parents qui battent ont souvent été des enfants battus. Eduquons nos enfants sans violence ni claques ni fessées ».</p>
<p>Passons sur la nullité absolue d’une vidéo dans laquelle tout sonne faux, les voix, les regards, les attitudes… Cette petite fille dont le geste, censé relever de la maladresse, est forcé, cette mère hystérique dont les hurlements sortent de nulle part, cette grand-mère aux airs compassés… Mais qui diable a pu concevoir une telle accumulation de grotesque outrance ? Le plus grave réside évidemment dans la manipulation intellectuelle dont relève ce message. Grave, parce qu’il s’agit de focaliser l’attention sur des gestes, gifles et fessées, qui sont courants, pour faire croire que les parents qui en usent sont des monstres, au même titre que ceux qui attachent leur enfant à un radiateur ou lui assènent des coups de ceinture. Le meilleur moyen, bien sûr, de laisser ceux-là agir en toute impunité.</p>
<p>Cette obsession contre la fessée, rebaptisée « violence éducative », ou même « châtiment corporel », est une vieille lune de quelques militants forcenés, parmi lesquels la pédiatre Edwige Antier, également adepte de l’allaitement jusqu’à deux ans et autres utopies délicieuses. L’argumentation est rodée : la « violence » est un échec, un « aveu d’impuissance », il faut « privilégier le dialogue »… Argumentation qui ressemble à s’y méprendre à celle qui fut servie pendant des années aux jeunes professeurs dans les IUFM, à propos des punitions, et dont les résultats se lisent à la rubrique faits divers des journaux.</p>
<p>Le processus qui consiste à amalgamer des éléments différents pour en tordre le sens est relativement classique. En l’occurrence, une fessée n’est pas une gifle, ni une petite tape sur la main, et qui les assène n’est pas forcément hors de ses gonds et prêt à se défouler sur une victime. La gifle, pour qui a un quelconque sens des relations d'autorité, est un geste plus violent qu'une fessée (destinée au jeune enfant, et qui ne doit pas faire mal), et qu'il faudrait pouvoir éviter. Mais elle vient généralement, vis-à-vis d'un enfant plus âgé ou d'un adolescent, sanctionner une provocation manifeste, une marque d'irrespect (et si ce geste ne pourra jamais pallier une absence d'autorité ou de légitimité, il ne prouve absolument pas pour autant un "échec" ou une "impuissance"). De même que l’Etat possède, pour régler les conflits entre citoyens, le monopole de la violence légitime, un parents, parce qu’il est dépositaire de l’autorité, est légitime lorsqu’il impose ou sanctionne, du moment qu’il reste dans les limites du respect dû à cet enfant en tant que personne (et pas en tant que personne adulte). Ce sont ces limites que brouille volontairement une telle campagne.</p>
<p>Mais ce genre de croisade révèle surtout un des travers de nos sociétés mêlant psychologie de bazar et culte de la performance. En matière d’éducation, comme en tout domaine, un discours d’experts chargés de réformer nos conduites pour les rendre plus efficaces s’est substitué, non seulement au bon sens – dont on peut admettre qu’il n’est pas universellement répandu – mais surtout à l’espoir de développer en chacun l’intelligence et le libre-arbitre. Bonnes gens, ne réfléchissez plus, un expert s’en charge pour vous. Les parents dépossédés de leur légitimité, privés de leur capacité à évaluer telle situation, et à choisir la meilleure façon d’y répondre, ne sont donc plus parents que par leur fonction d’engendrement.</p>
<p>On pourra déplorer les « parents démissionnaires », et les petits monstres qu’ils produisent à grande échelle. Mais il serait plus opportun d’enfin constater que ce discours culpabilisant et délégitimant a créé des générations de jeunes parents totalement paumés, et incapables de savoir eux-mêmes quelles sont les limites à fixer à leur enfant, quelles sont les conduites acceptables et celles qui ne le sont en aucun cas. Les milliers d’enfants qui verront ce petit film (car le premier renoncement au bon sens se manifeste face à cette télévision qu’on laisse allumée devant eux) comprendront parfaitement le message : sanction et brutalité aveugle sont de même nature, et le parent qui voudrait leur imposer quoi que ce soit, éventuellement par la force, est un bourreau. Détruire ainsi l’image d’un parent aux yeux de son enfant est une grave responsabilité. Car on ne sait jamais quels modèles de substitutions celui-ci se choisira.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline; color: #ff6600;">La réponse éclairée d’Olivier Maurel :</span></strong></p>
<p style="text-align: center;">Lettre ouverte à Natacha Polony</p>
<p>Sur son blog du Figaro, Natacha Polony s’en est prise longuement à la campagne de la Fondation pour l’enfance.</p>
<p>Je ne vais pas répondre à toutes ses critiques, qui ne sont souvent que celles qu’on retrouve partout. Natacha Polony a vraisemblablement reçu comme presque tout le monde des claques et de fessées, et elle est donc victime, comme malheureusement la majorité des Français, d’un des plus durables effets de ces punitions : elle trouve normal et éducatif de frapper un enfant. Elle ne se rend pas compte du fait que si elle avait reçu des coups de bâton dans une société où l’on traite couramment les enfants de cette façon, par exemple la société française jusqu’au XIXe siècle environ, elle défendrait avec la même conviction la bastonnade. Et ceux qui souhaiteraient l’interdire lui paraîtraient de dangereux idéalistes.</p>
<p>Pourtant, Natacha Polony est certainement convaincue que le premier principe de la morale à enseigner aux enfants est de « ne pas faire à autrui ce que l’on ne veut pas qu’il nous fasse ». Elle est certainement convaincue aussi qu’il est lâche pour un être fort de frapper un être faible. Mais il lui est impossible d’appliquer ces deux principes à l’éducation des enfants, parce que les coups qu’elle a probablement reçus de ses parents qu’elle aimait et à qui elle était attachée comme le sont, vitalement, tous les enfants dans leur jeune âge, celui où on commence à recevoir des fessées, ont fixé en elle la certitude que ses parents avaient raison de la frapper. Et, en l’absence d’une prise de conscience approfondie, il est difficile de revenir sur cette conviction.</p>
<p>Je ne relèverai donc que trois ou quatre points dans son argumentation.</p>
<p>Natacha Polony commence par rappeler l’incident récent de la paire de gifles donnée par le député-maire Jérôme Cahuzac à un jeune homme d’une vingtaine d’années qui le défiait et le tutoyait publiquement. Naturellement, Natacha Polony attribue l’attitude du jeune homme à « l’absence d’éducation et de règles » et, sous-entendu dans le contexte de son article, à toutes les claques bien méritées que ce jeune homme n’a pas reçues dans son enfance. Pourtant, quand on a passé 37 ans dans l’enseignement (et non dix mois, comme Natacha Polony), on remarque tout de suite un indice qu’elle donne elle-même, et qui laisse supposer, au contraire, que ce jeune homme en a reçu beaucoup. En effet, dit-elle, le jeune homme est parti « sans réclamer son reste ». Contrairement à ce que l’on croit, les élèves les plus perturbateurs en classe sont le plus souvent ceux qui ont reçu force claques et qui ont pris l’habitude de n’obéir qu’à ce signal venant de quelqu’un qui représente l’autorité à leurs yeux, comme leurs parents. Habitués à recevoir des claques ou autres punitions corporelles de leurs parents, ils ne se soumettent qu’aux claques et font de la provocation jusqu’à ce qu’ils en reçoivent. Il faut beaucoup de patience pour les convaincre qu’il existe d’autres comportements possibles. De plus, les violences et les humiliations qu’ils ont subies les poussent à imposer à ceux qu’ils côtoient le même genre de rapports de violence, d’où les comportements de provocation qui ont motivé les claques du député.</p>
<p>Natacha Polony est également très choquée qu’on puisse penser que « c’est bien l’adulte qui est coupable de la violence du jeune, lui qui a voulu le corriger d’une gifle ; c’est bien le parent qui est coupable, lui qui a donné une fessée ». Mais, qu’elle le veuille ou non, elle pourra difficilement nier le fait que ce qui exerce l’influence la plus forte sur les enfants, ce ne sont pas les mots ni les punitions, mais l’exemple du comportement de leurs éducateurs. C’est déjà vrai chez les animaux qui apprennent les comportements qui leur seront utiles en imitant leurs parents et les adultes qui les entourent. Donc, coupable ou non, et qu’il le veuille ou non, un parent qui frappe son enfant lui donne, et cela à de nombreuses reprises au cours de son enfance, l’exemple même de la violence et, qui plus est, de la violence du fort sur le faible. Or, on sait aujourd’hui, depuis les découvertes de Giacomo Rizzolatti, directeur du département de neurosciences de l’université de Parme, que nous avons tous dans le cerveau des neurones que Rizzolatti a nommés « neurones miroirs » qui enregistrent tous les comportements dont nous sommes témoins et nous donnent le réflexe de les imiter. Bref, on ne peut que conseiller à Natacha Polony de s’informer sérieusement sur les effets de la violence éducative plutôt que d’énoncer des lieux communs.</p>
<p>Elle écrit ensuite : « Pour un peu, on nous expliquerait que les guerres n’existent que parce que des parents ont donné quelques tapes sur les fesses rebondies de leurs gamins effrontés. » Comme Natacha Polony a la science infuse, elle n’a évidemment pas besoin de s’informer sur un sujet pour pouvoir en parler. Si toutefois elle avait été un peu moins sûre d’elle-même, et si elle s’était un peu informée, elle aurait appris que ce ne sont pas « quelques tapes » que la majorité des enfants ont reçues depuis cinq mille ans qu’on les frappe, mais des coups de bâton, de fouet, de toutes sortes d’objets contondants, que cela ne s’est atténué dans quelques pays européens, dont la France, que depuis un siècle et demi environ, mais que, dans la majorité des pays du monde, la bastonnade est encore considérée comme normale et éducative, y compris dans une vingtaine d’Etats des Etats-Unis où l’on continue (à l’école !) à fesser les enfants à coups de palette. Les conséquences d’un tel traitement sur les enfants sont de deux ordres. Ils ont appris d’une part, comme on l’a vu plus haut, que la violence est la réaction normale en cas de conflit ; et d’autre part, ils ont appris à se soumettre non pas à la loi ni à leur conscience, mais à la violence et aux leaders violents en qui ils retrouvent des images de leurs parents. Or, que faut-il pour faire des guerres ? Des hommes prêts à recourir à la violence et à se soumettre à des leaders agressifs. Il n’est donc pas étonnant que l’histoire de l’humanité ait été un tissu de guerres, de massacres de gens sans défense et de génocides sur le modèle de la violence du fort au faible. Elle aurait appris aussi que tous les dictateurs du XXe siècle, qu’il s’agisse de Hitler, Staline, Mao, Ceausescu, Saddam Hussein, Amin Dada, ont eu une enfance ravagée par la violence de leurs parents ou de leurs éducateurs, et que les peuples sur lesquels ils ont pris le pouvoir recouraient à des méthodes d’éducation autoritaires et violentes, méthodes qui les ont préparés à la fois à la violence et à la soumission à la violence.</p>
<p>Pour Natacha Polony, dénoncer les fessées et les gifles serait le meilleur moyen de laisser les parents maltraitants « agir en toute impunité ». Mais ce que sa science infuse ne lui a pas permis de savoir, c’est que la plupart des cas de maltraitance commencent par des fessées et des gifles. Comme, au bout d’un moment, celles-ci s’avèrent inefficaces, notamment lorsque l’enfant est capable de répondre « Même pas mal ! », il faut augmenter la dose. Et plus cette habitude est prise, plus les coups risquent d’être fréquents, plus l’enfant peut provoquer, et ainsi de suite. Personne n’est à l’abri de ce type d’escalade, surtout lorsqu’on a soi-même été maltraité. Ainsi, contrairement à ce que dit Natacha Polony, c’est en luttant contre la violence éducative ordinaire qu’on lutte le mieux contre la maltraitance.</p>
<p>Il paraît aussi, selon Natacha Polony, que « cette obsession contre la fessée, rebaptisée “violence éducative”, ou même “châtiment corporel”, est une vieille lune de quelques militants forcenés ». Reconnaissons qu’elle a raison sur un point : les militants contre la fessée ne sont pas très nombreux, exactement comme ont été longtemps très peu nombreux les militants contre l’esclavage, contre la peine de mort, pour le vote des femmes, contre la violence conjugale, contre la torture, et, en Afrique, contre l’excision. Et ils ont tous été probablement traités de « militants forcenés » et en tout cas de dangereux idéalistes. Quant aux « vieilles lunes », non ! Là, Natacha Polony se trompe. Les premiers proverbes recommandant de frapper les enfants datent de 5 000 ans et leur version orale est sans doute beaucoup plus ancienne. Et les premiers auteurs qui aient demandé qu’on cesse de les battre (Quintilien et Plutarque) n’apparaissent qu’au premier siècle après Jésus-Christ. En matière de « vieilles lunes », madame Polony, vous avez nettement l’antériorité ! Et quant aux « militants forcenés » contre la violence faite aux enfants, on trouve parmi eux, Victor Hugo, Michelet, Jules Vallès, Janusz Korczak, Maria Montessori, Célestin Freinet, Nelson Mandela, Alice Miller, qui sont, madame Polony, je vous l’assure, d’assez bonne compagnie.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2011 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
<p>Pour aller plus loin, vous pouvez lire sur ce site :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.evolute.fr/reponses-questions/parvenir-guerir-enfance">Comment parvenir à guérir de son enfance ?</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/education-enfants/eduquer-dresser" target="_blank">Eduquer ou dresser ?</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/education-enfants/miller-fessee" target="_blank">Il n'y a pas de "bonne" fessée.</a></li>
</ul>
<p><span style="text-decoration: underline;">Note à propos des commentaires :</span></p>
<p>Si cet article vous donne envie de partager un vécu personnel, je vous invite à vous exprimer dans les commentaires ci-dessous.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Etes vous adulte ou fusionnel dans la relation à vos parents ?</title>
		<link>http://www.evolute.fr/connaissance-soi/adulte-fusionnel-parents</link>
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		<pubDate>Mon, 09 May 2011 16:38:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connaissance de soi]]></category>
		<category><![CDATA[Tests & Questionnaires]]></category>
		<category><![CDATA[Adulte]]></category>
		<category><![CDATA[Fusionnel]]></category>
		<category><![CDATA[Parent]]></category>

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		<description><![CDATA[Auteur : © Renaud PERRONNET « Par rapport aux lois de la vie, les parents pervers tentent d’inverser l’ordre des générations. Au lieu d’être au service de la vie des générations suivantes, ils veulent supprimer leur fils, pour l’empêcher de nuire : l’enfant sert aux parents et non l’inverse. Ainsi les familles pathologiques font tout à l’envers, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span style="color: #ff6600;">Auteur : <strong>© Renaud PERRONNET</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong> </strong><span style="color: #993366;">« Par rapport aux lois de la vie, les parents pervers tentent d’inverser l’ordre des générations. Au lieu d’être au service de la vie des générations suivantes, ils veulent supprimer leur fils, pour l’empêcher de nuire : l’enfant sert aux parents et non l’inverse. Ainsi les familles pathologiques font tout à l’envers, et prétendent que les enfants nuisent à leurs parents, ou alors, leur demandent de résoudre leurs blessures psychiques. C’est comme demander à la rivière de remonter son cours. A coup sûr, l’inversion engendre des monstres. »</span></em></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #993366;">Lily Jattiot, psychanalyste jungienne, <em>Dynamique du Soi</em>, p.165, Editions Accarias.</span></p>
<p>On définit habituellement l’autonomie comme la capacité pour un être humain de savoir quelles sont les lois et les règles qu’il respecte et pourquoi. Elle est donc la capacité à se diriger avec cohérence, selon ses propres choix.<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/carotte.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3488" title="carotte" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/carotte-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a></p>
<p>L’adulte responsable est une personne qui reconnaît ses droits et ceux des autres. Il est clair, authentique, cohérent et ouvert (aussi bien avec lui-même qu’avec les autres). Il discute, négocie et coopère ; pour ce faire, il discrimine ce qui n'est pas acceptable de ce qui l'est, compte tenu des circonstances.</p>
<p>Sa croyance de base - avec laquelle il entre en relation avec les autres - est quelque chose comme : « La vie est une négociation entre égaux. »</p>
<p><em>« La toute première tâche de chaque homme est l’actualisation de ses possibilités uniques, sans précédent et jamais renouvelées »</em>, disait Martin Buber<sup>(1)</sup>. Pour cette réalisation, chaque enfant a besoin d’être naturellement soutenu par ses parents dont la tâche est de l’aider à devenir lui-même.</p>
<p>Si la relation que nos parents avaient avec nous enfants était saine (donc que des liens affectifs solides s’étaient créés entre eux et nous), nos réactions émotionnelles ne leur posaient pas de problèmes : ils savaient gérer nos comportements de manière équilibrée.</p>
<p>Par contre si nos parents ne parvenaient pas à les gérer parce qu’ils les vivaient mal, ils ont pu nous les reprocher, nous en culpabiliser, créant ainsi en nous toutes sortes de troubles et d’attitudes pathologiques qui se retourneront contre nous pendant toute notre vie, du moins si nous ne les remettons jamais en cause.</p>
<p>Bien qu’il soit parfaitement normal pour un enfant d’éprouver de très fortes réactions émotionnelles à l’égard de ses parents, si vous avez été puni parce que vous avez osé révéler vos émotions et votre sensibilité, vous avez pu en déduire qu’il était dangereux et inopportun d’avoir des émotions et de la sensibilité. Si vos émotions étaient fortes et douloureuses, peut-être avez-vous préféré les refouler au fond de votre inconscient pour survivre. Peut-être même en êtes-vous arrivés à vous convaincre que les choses qui en fait vous touchaient, ne vous touchaient pas. Peut-être - à contrario – n’avez-vous jamais cessé (et même encore aujourd’hui) d’essayer de prouver à vos parents (par votre agressivité et votre attitude défensive) que leurs comportements réprobateurs ne pouvaient pas vous atteindre.</p>
<p>Aujourd’hui, vous êtes adulte et, si vous éprouvez des difficultés à gérer vos émotions en restant fidèle à qui vous êtes, c’est le signe que vos émotions sont profondément enfouies au fond de vous-même et que vous auriez tout intérêt à tenter d’y voir plus clair, c’est-à-dire à commencer par <span style="color: #993366;"><strong>mettre en lumière la nature des pensées qui sont les vôtres – notamment à propos de vos parents - et qui sont à l’origine de vos comportements autodestructeurs.</strong></span></p>
<p>Pour vous y aider, voici quelques « convictions familiales fusionnelles », telles que Susan Forward<sup>(2)</sup>, les énonce.</p>
<p>Commencez par répondre par « vrai » ou « faux » aux 16 affirmations suivantes, puis cliquez sur le bouton « Show Results » afin de découvrir des pistes de réponses :</p>
<p><span id="more-3478"></span><link type="text/css" rel="stylesheet" href="http://www.evolute.fr/wp-content/plugins/quizzin/style.css" />
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<div class="quiz-area single-page-quiz">
<form action="" method="post" class="quiz-form" id="quiz-10">
<div class='quizzin-question' id='question-1'><div class='question-content'>1. C’est à moi de rendre mes parents heureux.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='103' /><input type='radio' name='answer-103' id='answer-id-626' class='answer answer-1 ' value='626' /><label for='answer-id-626' id='answer-label-626' class=' answer label-1'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-103' id='answer-id-627' class='answer answer-1 ' value='627' /><label for='answer-id-627' id='answer-label-627' class=' answer label-1'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-2'><div class='question-content'>2. Mes parents doivent être fiers de moi.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='104' /><input type='radio' name='answer-104' id='answer-id-628' class='answer answer-2 ' value='628' /><label for='answer-id-628' id='answer-label-628' class=' answer label-2'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-104' id='answer-id-629' class='answer answer-2 ' value='629' /><label for='answer-id-629' id='answer-label-629' class=' answer label-2'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-3'><div class='question-content'>3. Je suis tout pour mes parents.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='105' /><input type='radio' name='answer-105' id='answer-id-630' class='answer answer-3 ' value='630' /><label for='answer-id-630' id='answer-label-630' class=' answer label-3'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-105' id='answer-id-631' class='answer answer-3 ' value='631' /><label for='answer-id-631' id='answer-label-631' class=' answer label-3'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-4'><div class='question-content'>4. Mes parents ne pourraient pas survivre sans moi.

&nbsp;</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='106' /><input type='radio' name='answer-106' id='answer-id-632' class='answer answer-4 ' value='632' /><label for='answer-id-632' id='answer-label-632' class=' answer label-4'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-106' id='answer-id-633' class='answer answer-4 ' value='633' /><label for='answer-id-633' id='answer-label-633' class=' answer label-4'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-5'><div class='question-content'>5. Je ne pourrai pas survivre sans mes parents.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='107' /><input type='radio' name='answer-107' id='answer-id-634' class='answer answer-5 ' value='634' /><label for='answer-id-634' id='answer-label-634' class=' answer label-5'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-107' id='answer-id-635' class='answer answer-5 ' value='635' /><label for='answer-id-635' id='answer-label-635' class=' answer label-5'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-6'><div class='question-content'>6. Si je disais la vérité à mes parents (à propos de mon divorce, mon avortement, mon homosexualité…), ça les tuerait.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='108' /><input type='radio' name='answer-108' id='answer-id-636' class='answer answer-6 ' value='636' /><label for='answer-id-636' id='answer-label-636' class=' answer label-6'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-108' id='answer-id-637' class='answer answer-6 ' value='637' /><label for='answer-id-637' id='answer-label-637' class=' answer label-6'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-7'><div class='question-content'>7. Si je tenais tête à mes parents, je les perdrais pour toujours.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='109' /><input type='radio' name='answer-109' id='answer-id-638' class='answer answer-7 ' value='638' /><label for='answer-id-638' id='answer-label-638' class=' answer label-7'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-109' id='answer-id-639' class='answer answer-7 ' value='639' /><label for='answer-id-639' id='answer-label-639' class=' answer label-7'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-8'><div class='question-content'>8. Si je leur disais à quel point ils m’ont fait souffrir, ils me rayeraient de leur existence.

&nbsp;</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='110' /><input type='radio' name='answer-110' id='answer-id-640' class='answer answer-8 ' value='640' /><label for='answer-id-640' id='answer-label-640' class=' answer label-8'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-110' id='answer-id-641' class='answer answer-8 ' value='641' /><label for='answer-id-641' id='answer-label-641' class=' answer label-8'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-9'><div class='question-content'>9. Je ne dois ni dire ni faire quoi que ce soit susceptible de faire de la peine à mes parents.

&nbsp;</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='111' /><input type='radio' name='answer-111' id='answer-id-642' class='answer answer-9 ' value='642' /><label for='answer-id-642' id='answer-label-642' class=' answer label-9'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-111' id='answer-id-643' class='answer answer-9 ' value='643' /><label for='answer-id-643' id='answer-label-643' class=' answer label-9'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-10'><div class='question-content'>10. Les sentiments de mes parents sont plus importants que les miens.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='112' /><input type='radio' name='answer-112' id='answer-id-644' class='answer answer-10 ' value='644' /><label for='answer-id-644' id='answer-label-644' class=' answer label-10'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-112' id='answer-id-645' class='answer answer-10 ' value='645' /><label for='answer-id-645' id='answer-label-645' class=' answer label-10'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-11'><div class='question-content'>11. Ce n’est pas la peine de parler avec mes parents, parce que cela ne nous avancerait à rien.

&nbsp;</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='123' /><input type='radio' name='answer-123' id='answer-id-646' class='answer answer-11 ' value='646' /><label for='answer-id-646' id='answer-label-646' class=' answer label-11'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-123' id='answer-id-647' class='answer answer-11 ' value='647' /><label for='answer-id-647' id='answer-label-647' class=' answer label-11'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-12'><div class='question-content'>12. Si seulement mes parents changeaient, je me sentirais mieux dans ma peau.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='124' /><input type='radio' name='answer-124' id='answer-id-648' class='answer answer-12 ' value='648' /><label for='answer-id-648' id='answer-label-648' class=' answer label-12'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-124' id='answer-id-649' class='answer answer-12 ' value='649' /><label for='answer-id-649' id='answer-label-649' class=' answer label-12'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-13'><div class='question-content'>13. Il faut que je me rachète auprès de mes parents pour ma méchanceté.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='125' /><input type='radio' name='answer-125' id='answer-id-650' class='answer answer-13 ' value='650' /><label for='answer-id-650' id='answer-label-650' class=' answer label-13'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-125' id='answer-id-651' class='answer answer-13 ' value='651' /><label for='answer-id-651' id='answer-label-651' class=' answer label-13'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-14'><div class='question-content'>14. Si seulement je pouvais leur faire comprendre combien ils me font mal, je sais qu’ils agiraient différemment.

&nbsp;</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='126' /><input type='radio' name='answer-126' id='answer-id-652' class='answer answer-14 ' value='652' /><label for='answer-id-652' id='answer-label-652' class=' answer label-14'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-126' id='answer-id-653' class='answer answer-14 ' value='653' /><label for='answer-id-653' id='answer-label-653' class=' answer label-14'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-15'><div class='question-content'>15. Quoi qu’ils aient pu faire, ils sont toujours mes parents et je dois les honorer.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='127' /><input type='radio' name='answer-127' id='answer-id-654' class='answer answer-15 ' value='654' /><label for='answer-id-654' id='answer-label-654' class=' answer label-15'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-127' id='answer-id-655' class='answer answer-15 ' value='655' /><label for='answer-id-655' id='answer-label-655' class=' answer label-15'><span>Faux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-16'><div class='question-content'>16. Mes parents n’ont aucun contrôle sur mon existence. Je me bats sans cesse contre eux.

&nbsp;</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='128' /><input type='radio' name='answer-128' id='answer-id-656' class='answer answer-16 ' value='656' /><label for='answer-id-656' id='answer-label-656' class=' answer label-16'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-128' id='answer-id-657' class='answer answer-16 ' value='657' /><label for='answer-id-657' id='answer-label-657' class=' answer label-16'><span>Faux</span></label><br /></div><br />
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<input type="hidden" name="quiz_id" value="10" />
</form>
</div>

</p>
<p><span style="text-decoration: underline; color: #ff6600;">A l’intention des parents :</span></p>
<p>Le poème de Khalil Gibran<sup>(3)</sup> peut nous aider à réfléchir aux fondements d’une saine relation parents / enfants, donc à nous situer, en tant que parents, afin de ne pas risquer d’inverser l’ordre des générations.</p>
<p><em>Vos enfants ne sont pas vos enfants.</em></p>
<p><em>Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.</em></p>
<p><em>Ils viennent à travers vous mais non de vous.</em></p>
<p><em>Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Vous pouvez leur donner votre amour, mais non point vos pensées,</em></p>
<p><em>Car ils ont leurs propres pensées.</em></p>
<p><em>Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,</em></p>
<p><em>Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, </em></p>
<p><em>pas même dans vos rêves.</em></p>
<p><em>Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.</em></p>
<p><em>Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier. </em></p>
<p><em>Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.</em></p>
<p><em>L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.</em></p>
<p><em>Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;</em></p>
<p><em>Car de même qu’il aime la flèche qui vole, il aime l’arc qui est stable.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La soumission aux lois de la vie, donc à l’ordre des générations, est à la fois la condition de notre santé psychique à nous adultes et de celle de nos propres enfants.</p>
<p><span style="text-decoration: underline; color: #ff6600;">A l’intention des enfants :</span></p>
<p>Nos parents ne sont donc (surtout pas) nos enfants, résoudre leurs blessures psychiques ou leurs problèmes de couple n’est pas notre rôle, même si les mères malheureuses en ménage essaient bien souvent de résoudre leurs problèmes par le biais de leurs enfants (« on ne demande pas à la rivière de remonter son cours »), nos parents ont été responsables de nous, ils ont eu pour mission de nous aider à grandir et se sont accommodés de cette tâche avec plus ou moins de bonheur mais, quoi qu’il en ait été, nous ne sommes pas – aujourd’hui - responsables d’eux.</p>
<p>On n’a jamais rien à craindre de la part de ceux qui nous aiment, car si on aime les gens seulement quand ils se comportent conformément à nos idéaux, ce n’est pas de l’amour.</p>
<p>Chacun a le droit de vivre sa vie, nous sommes uniques et il est impossible de toujours tenir compte de la façon dont les autres vont apprécier nos actions… car nous ne sommes responsables que de nous-mêmes, jamais des opinions des autres sur nous.</p>
<p>Plus rapidement nous comprendrons les causes de nos comportements douloureux et erronés, plus rapidement nous serons en mesure de les dépasser. Pour mettre de l’ordre, il faut commencer par regarder le désordre, c’est donc la connaissance que nous avons de nous-mêmes qui nous permettra de prendre de nouvelles orientations dans notre vie afin de vivre plus en harmonie avec nous-mêmes et les autres, car <span style="color: #993366;"><strong>il est indispensable qu’un être humain apprenne à prendre de la distance (je ne dis pas devenir hostile) par rapport à ses parents, pour devenir un adulte équilibré, c’est-à-dire sortir de la fusion.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Notes :</span></p>
<p><sup>(1)</sup> Martin Buber, philosophe israélien, figure du mouvement hassidique, pour lui « toute vie réelle est rencontre. »</p>
<p><sup>(2)</sup> Susan Forward, psychothérapeute américaine, in <em>Parents toxiques</em>, p.213, Editions Marabout.</p>
<p><sup>(3)</sup> Khalil Gibran, poète libanais, in <em>Le Prophète</em>, p. 19, Editions Gallimard.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2011 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
<p><strong><span style="color: #993300;">SI - APRES VOIR LU MON ARTICLE  - VOUS SOUHAITEZ QUE J'INTERVIENNE DANS VOTRE STRUCTURE,</span> <a href="http://www.evolute.fr/question_generale">CONTACTEZ-MOI ICI.</a></strong></p>
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<p><span style="text-decoration: underline;">Note à propos des commentaires :</span></p>
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<p>Pour aller plus loin, vous pouvez lire sur ce site :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.evolute.fr/reponses-questions/parvenir-guerir-enfance">Comment parvenir à guérir de son enfance ?</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/connaissance-soi/schemas-renoncer">Voir ses schémas à l'oeuvre pour y renoncer</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/connaissance-soi/comment-devenir-soi-meme">Comment devenir soi-même ?</a></li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>A propos de la rivalité amoureuse.</title>
		<link>http://www.evolute.fr/connaissance-soi/rivalite-amoureuse</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/connaissance-soi/rivalite-amoureuse#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 01 May 2011 12:01:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connaissance de soi]]></category>
		<category><![CDATA[Réponses à vos questions]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance en soi]]></category>
		<category><![CDATA[Rivalité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.evolute.fr/?p=3439</guid>
		<description><![CDATA[Qui juge se dénonce, qui accuse se défend, qui médit se raconte. Dicton. « C'est toujours celui qui le dit qui y est » Parole d'enfant. Question de Rose  Dahlia : Je vous envoie ce mail afin que vous m'aidiez à me déterminer et à trouver le discernement pour avancer. Une « bonne » copine avec laquelle j'étais assez confidente [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: center;"><em><span style="color: #800080;">Qui juge se dénonce, qui accuse se défend, qui médit se raconte.</span></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #800080;">Dicton.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #800080;">« C'est toujours celui qui le dit qui y est »</span></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #800080;">Parole d'enfant.</span></em></p>
<p><span style="text-decoration: underline; color: #ff6600;">Question de <strong>Rose  Dahlia</strong> :</span></p>
<p>Je vous envoie ce mail afin que vous m'aidiez à me déterminer et à trouver le discernement pour avancer.<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/amoureux.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3443" title="amoureux" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/amoureux-156x300.jpg" alt="" width="156" height="300" /></a></p>
<p>Une « bonne » copine avec laquelle j'étais assez confidente s'est séparée de son copain et passe maintenant beaucoup de son temps avec un ami qui me plaisait bien et dont je lui avais parlé. Je me suis sentie trahie, elle a vu que je mettais de la distance et donc suite à cela, nous avons eu une discussion claire où je lui expliquai que je n'avais pas apprécié son attitude vis-à-vis de moi, elle pour sa part m'a dit que ce garçon n'était qu'un copain pour elle , qu'elle le trouvait sympa mais seulement en tant que copain.</p>
<p>Suite à cette conversation, les choses ont semblé rentrer dans l'ordre jusqu’à ce que je me rende à nouveau compte qu'elle passait beaucoup de son temps à communiquer avec ce garçon via internet, et que finalement lors d'une sortie il passait beaucoup plus de son temps avec elle.</p>
<p>J'ai le sentiment de leur servir de faire-valoir.</p>
<p>Donc en ce moment, je suis entrain de recréer de la distance pour tenter d'y voir plus clair dans mon fonctionnement.</p>
<p>Comment avancer en trouvant en moi suffisamment de sécurité intérieure pour ne pas tomber dans ce cas de figure ?</p>
<p>Pouvez-vous m'éclairer ?</p>
<p>Merci à vous.<span id="more-3439"></span></p>
<p><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Ma réponse :</span></span></p>
<p>Ce qui est intéressant dans votre partage c'est que vous raisonnez comme si ce garçon, cet ami, vous appartenait, comme si vous aviez un « droit » particulier de préemption sur lui, alors qu'il n'en est rien. Quand vous expliquez à votre amie que vous n'appréciez pas son attitude, vous voulez lui dire que ce garçon est « chasse gardée », or en fait - dans la vie - personne n'appartient jamais à personne, les chasses gardées n'existent pas, ni pour vous, ni pour les autres.</p>
<p>En fait votre manière de voir et d'agir compense vraisemblablement votre absence de confiance en vous.</p>
<p>Posez-vous lucidement la question de savoir pourquoi vous avez le sentiment de servir de faire-valoir à ces deux là. Ne serait-ce pas parce que vous n'osez pas vivre et agir par vous-même ? Ne reprochez-vous pas à votre amie de faire ce que – justement - vous-même n'osez pas faire ?</p>
<p>En conséquence, je vous invite à vous tourner vers vous-même : si ce garçon vous intéresse (et il semble vous intéresser), comment allez vous vous y prendre pour le séduire ? C'est-à-dire pour lui montrer que vous avez de l'intérêt pour lui.</p>
<p>Laisser votre copine vivre sa vie c'est donc oser vivre la vôtre, (ce que vous lui accordez le droit de faire, vous y avez droit, vous aussi), en faisant ce qui est en votre pouvoir pour obtenir ce que vous souhaitez obtenir, car <span style="color: #800080;"><strong>vous avez le droit d’oser assumer vos désirs de femme.</strong></span></p>
<p>Dans la vie – vous aurez sûrement l’occasion de le vérifier - c’est souvent que nous reprochons à l’autre de faire ou d'être ce que nous-mêmes n’osons pas faire ou être. S’en apercevoir, c’est donc pouvoir rectifier le tir, pour notre plus grand avantage.</p>
<p>Vous pourrez parvenir à la satisfaction (donc devenir une femme davantage épanouie), en <span style="color: #800080;"><strong>osant agir dans le sens de ce qui est bon pour vous-même</strong></span>, c'est-à-dire dans le sens de vos besoins propres, comprenez-vous ?</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2011 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Note à propos des commentaires :</span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Comment gérer celui qui dit du mal de nous ?</title>
		<link>http://www.evolute.fr/connaissance-soi/gerer-dire-du-mal</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/connaissance-soi/gerer-dire-du-mal#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 11 Apr 2011 08:35:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Connaissance de soi]]></category>
		<category><![CDATA[Conflit]]></category>
		<category><![CDATA[Méchanceté]]></category>
		<category><![CDATA[Peur et insécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Victime]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.evolute.fr/?p=3405</guid>
		<description><![CDATA[Auteur : © Renaud PERRONNET Sommes-nous volontairement méchants ? « Le meilleur service que l'on puisse rendre aux autres, c'est de leur faire remarquer que c'est l'inconscient qui les incite à agir et de les aider à comprendre cet inconscient. » Swami Prajñânpad(1). &#160; « La peur est ce qui rend méchant ; la méchanceté est ce qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child ">Auteur : <span style="color: #ff6600;"><strong>© Renaud PERRONNET</strong></span></p>
<h3 style="text-align: center;"><span style="color: #ff6600;">Sommes-nous volontairement méchants ?</span></h3>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #800080;"><em>« Le meilleur service que l'on puisse rendre aux autres, c'est de leur faire remarquer que c'est l'inconscient qui les incite à agir et de les aider à comprendre cet inconscient. »</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #800080;">Swami Prajñânpad</span><sup><span style="color: #800080;">(1)</span></sup><span style="color: #800080;">.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #800080;"><em>« La peur est ce qui rend méchant ; la méchanceté est ce qui fait peur. »</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #800080;"> Eugen Drewermann</span><sup><span style="color: #800080;">(2)</span></sup><span style="color: #800080;">.</span></p>
<p>Socrate (dans le dialogue de Platon, <span style="text-decoration: underline;">Le Gorgias</span>), énonce : <em>« Nul n’est méchant volontairement. »</em> On peut - en effet - se demander<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/freud-illusion.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3433" title="freud-illusion" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/freud-illusion-257x300.jpg" alt="" width="257" height="300" /></a> si l’être humain accomplit une action mauvaise en toute connaissance de cause, « parce qu’elle est mauvaise » (auquel cas il serait volontairement méchant), ou « bien qu’elle soit mauvaise » (auquel cas il serait méchant par accident et ne rechercherait pas la méchanceté « pour la méchanceté. »)</p>
<p>Pour Platon, le mal - ne pouvant pas être fait en connaissance de cause - ne saurait être le fait d’un esprit lucide. Un peu comme quand il nous arrive de pressentir, sans en tenir compte, que nous allons commettre une erreur. Si nous avions « vraiment » pressenti notre erreur, l’aurions-nous commise ? En fait peut-être l’avons-nous pressentie, mais certainement pas d’une manière suffisamment explicite pour nous empêcher de la commettre… Comme si nous étions restés incapables de croire en la vérité de notre pressentiment.</p>
<p>Prenons un exemple. Le jour où Olivia a montré à sa mère la robe un peu courte qu’elle venait de s’acheter, et qu’elle s’est entendue dire <em>« Voilà une robe parfaite pour faire le trottoir à Pigalle »</em>, elle s’est sentie profondément blessée par la réplique de sa mère, la trouvant méchante avec elle.</p>
<p><span id="more-3405"></span>Il ne s’agit pas ici, de remettre en cause la nature maltraitante de cette remarque mais de se poser la question de ce qui la motive. Cette mère, incapable de tenir compte du goût de sa fille, et inconsciente des effets à long terme de ses paroles en ce qu’elles ont blessé l’image que sa fille avait d’elle-même et ont mis en cause l’image que sa mère semblait avoir d’elle, avait vraisemblablement intuitivement perçu sa maladresse sur le moment. Elle avait ressenti un malaise immédiat devant la robe de sa fille car cela lui avait rappelé une peur inconsciente (celle de paraître une prostituée), mais elle avait préféré s’en tenir à la pensée qui flattait ce qu’elle interprétait comme son rôle de mère, qu’elle ne voulait pas courir le risque que sa fille soit considérée comme une putain.</p>
<p>L’intention consciente de cette mère n’est pas de blesser sa fille ; pourtant menée par son inconscient, elle la blesse en se racontant à elle-même qu’elle fait « son bien ».</p>
<p>Le psychologue américain Marshall B. Rosenberg (créateur de la méthode « Communication NonViolente ») va plus loin, en écrivant que <em>« La méchanceté est l’expression de l’amertume des gens qui n’ont pas pris soin de leur souffrance. »</em></p>
<p>Dans notre exemple précédent, une mère devient maltraitante parce qu’elle reste soumise à la part active de son inconscient qu’elle n’a jamais mise à jour. Son « programme intérieur secret » la force à prendre sa revanche coûte que coûte en blessant sa fille innocente.</p>
<p>Nous devenons donc dangereux pour l’autre au moment même où cet autre nous apparaît comme menaçant pour les conflits internes qui sont les nôtres et que nous n’avons jamais résolus. N’entendons-nous pas très souvent : <em>« Il n’avait pas à me traiter comme il m’a traité, maintenant, s’il souffre de la manière dont je l’ai à mon tour traité, c’est bien fait pour lui. »</em></p>
<p><span style="color: #800080;"><strong>C’est donc notre cécité concernant nos propres blessures qui nous contraint à la maladresse et à l’agressivité vis-à-vis de l’autre et non une soi-disant nature « mauvaise » ou « méchante ».</strong></span></p>
<p>Cela fonctionne ainsi dans un implacable enchaînement de causes à effets, contraignant l’agressé à devenir à son tour agresseur, la victime à devenir le bourreau. Si la personne blessée ne peut pas s’empêcher d’être agressive à l’égard de son agresseur, c’est bien parce qu’elle lui prête l’intention, qu’elle lui attribue la responsabilité, de l’avoir volontairement blessé. Dans le cas d’Olivia - qui ne sait rien des « vieilles » blessures de sa propre mère – c’est ce qui s’est passé. La personne blessée ne sait pas que puisque « nul n’est méchant volontairement », la responsabilité qu’elle attribue à celui ou à celle qui l’a blessé est liée à son incapacité à le voir « tel qu’il est » : un être mené par son inconscient qui croit avoir raison et veut le prouver coûte que coûte.</p>
<p>Ordinairement, nous accordons plus d’importance à « ce qui nous arrive », qu’à la manière dont nous le prenons… Mais si nous souhaitons faire évoluer notre relation à celui qui dit du mal de nous, nous avons intérêt à focaliser notre attention sur la manière dont nous interprétons ce qu’il nous dit, plutôt qu’à nous identifier à ce qu’il nous dit (ce qui reviendrait à adopter la position de la victime).</p>
<p>Regarder en face la manière dont nous interprétons les paroles de cet autre (ce qu’Olivia, dans sa relation à sa propre mère était évidemment bien incapable de faire), c’est apprendre à <strong><span style="color: #800080;">nous situer par rapport aux pensées qui sont les nôtres</span></strong> au moment même de la relation.</p>
<p>A chaque fois que l'autre dit du mal de nous, nous avons le choix entre :</p>
<ul>
<li>croire que ce qu'il dit est vrai et devenir sa victime.</li>
</ul>
<p>(Il suffit que l'autre dise quelque chose de moi pour que je lui donne raison.)</p>
<ul>
<li>nous demander si nous sommes – en vérité - ce qu’il dit de nous.</li>
</ul>
<p>(Suis-je réductible à l'interprétation que l'autre fait de moi ? Suis-je entrain d'opérer une confusion entre l'opinion de l'autre sur moi et « ce que je suis » ?)</p>
<p>Et par là même découvrir que la manière dont nous nous sentons provient bien de l'interprétation que nous donnons de ce qui nous arrive. (N’est-ce pas parce que je donne raison à l'autre donc que je lui donne du pouvoir sur moi, que je suis malheureux quand il dit du mal de moi ?) Et notre manière de lui accorder du pouvoir sur nous n’est-elle pas de croire en sa liberté d’être « méchant » avec nous ? Prenons l’exemple, du reproche adressé à l’autre :</p>
<p style="text-align: center;"><em>« Tu es la personne la plus égoïste que j'aie jamais rencontrée. »</em></p>
<p>Et observons que c’est le lieu à partir duquel nous allons porter notre attention qui va déterminer notre réponse à celui qui dit du mal de nous.</p>
<p>1)<em> </em>Je porte mon attention <span style="text-decoration: underline;">sur moi</span>, comme <strong><span style="color: #800080;">victime passive</span></strong>, je me conforme à ce jugement et je m'y soumets, je deviens la victime de l'autre donc je souffre en me faisant des reproches à moi-même et en <span style="text-decoration: underline;">culpabilisant</span>.</p>
<p>Je lui réponds donc : <em>« C'est vrai que je suis égoïste et que je ne devrais pas l'être, j'aurais dû être plus ouvert(e), je suis nul(le). »</em></p>
<p>2) Je porte mon attention <span style="text-decoration: underline;">sur moi</span>, comme <strong><span style="color: #800080;">victime agressive</span></strong>, et deviens la victime de l'autre par réaction. Donc je me sens mal, je fais des reproches à l'autre et me mets en <em>colère</em> en rejetant la faute sur l'autre. (Ainsi j'oublie que si l'autre est responsable de ce qu'il dit, je suis – moi - responsable de ce que je ressens à partir de ce qu’il dit.)</p>
<p>Je lui réponds donc :<em> « Tu n'as pas le droit de dire cela, c'est toi qui es égoïste. »</em></p>
<p>3) Je porte mon attention <span style="text-decoration: underline;">sur moi</span>, comme ayant des <span style="text-decoration: underline;">émotions et des besoins</span> non satisfaits et je prends le risque de demander à l’autre de les satisfaire. (En oubliant que l’autre n’est pas nécessairement consentant pour le faire.)</p>
<p>Je lui réponds donc : « <em>Quand je t'entends dire que je suis la personne la plus égoïste que tu aies rencontrée, je me sens frustré(e) et blessé(e) parce que j'ai besoin que tu portes un regard positif sur moi. »</em></p>
<p>4) Je peux aussi porter mon attention <span style="text-decoration: underline;">sur l'autre</span>, sur ses <span style="text-decoration: underline;">émotions et ses besoins non satisfaits</span>. (En effet, nous pouvons observer que tout reproche se fait sur la base d'une frustration des besoins de celui qui les adresse, et que le plus souvent ce n’est pas « volontairement » que ces reproches jaillissent, mais à travers une émotion par nature impulsive.)</p>
<p>Je peux me souvenir que si l’autre se sent blessé c’est parce qu’il a le sentiment que je suis égoïste et que cela le frustre d'avoir l'impression que ses demandes ne sont pas prises en compte. Ce qui me servira à le traiter avec douceur… par exemple en ne lui répondant pas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans son Manuel (XLII), Epictète<sup>(3)</sup> observe :</p>
<p><em>« Lorsque quelqu’un te fait du mal ou dit du mal de toi, souviens-toi qu’il pense avoir raison d’agir ou de parler ainsi. Il ne lui est donc pas possible de suivre ta façon de juger, mais il suit la sienne, en sorte que s’il juge mal, c’est lui qui subit un dommage, puisqu’il se trompe. (...) Partant de ce principe, traite avec douceur celui qui te fait du tort. Dis-toi à chaque fois : « Il a cru avoir raison. »</em></p>
<p>C’est ainsi que pour gérer celui qui dit du mal de nous, nous devons <strong><span style="color: #800080;">devenir capable de porter notre attention sur ses émotions et ses besoins, </span></strong>ce qui nous servira à comprendre qu’il se trompe, d’autant plus que nous nous souviendrons qu’il ne peut pas être volontairement « méchant ».</p>
<p>C’est donc la manière dont nous allons nous situer nous-mêmes, en face de la critique négative de l’autre, qui va déterminer ce que nous allons vivre dans notre relation à cet autre.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Notes :</span></p>
<p>S. Prajñânpad<sup>(1)</sup> : (1891 – 1974), sage et thérapeute indien -  qui a proposé, entre psychanalyse et Vedânta, une voie originale vers la liberté.</p>
<p>Eugen Drewermann<sup>(2)</sup> : (né en 1940) philosophe, théologien, psychanalyste jungien, et psychothérapeute allemand, son interprétation psychanalytique de la Bible lui a valu d’être frappé d’interdit par la hiérarchie catholique.</p>
<p>Epictète<sup>(3)</sup> : (50 – 135), esclave affranchi par l’Empereur, il devient adepte du stoïcisme qui prône la liberté intérieure et une rigueur de conduite dans les relations humaines.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2011 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
<p><strong><span style="color: #993300;">SI - APRES VOIR LU MON ARTICLE  - VOUS SOUHAITEZ QUE J'INTERVIENNE DANS VOTRE STRUCTURE,</span> <a href="http://www.evolute.fr/question_generale">CONTACTEZ-MOI ICI.</a></strong></p>
<p>Si vous voulez télécharger l'intégralité de cet article au format PDF, cliquez sur ce lien :</p>
<p><a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/gerer_dire_du_mal.pdf">gerer_dire_du_mal</a></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Note à propos des commentaires :</span></p>
<p>Si cet article vous donne envie de partager un vécu personnel, je vous invite à vous exprimer dans les commentaires ci-dessous.</p>
<p>Pour aller plus loin, vous pouvez lire sur ce site :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/gerer-agressivite-aide" target="_blank">Comment gérer l'agressivité et la violence dans la relation d'aide ?</a></li>
</ul>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.evolute.fr%2Fconnaissance-soi%2Fgerer-dire-du-mal&amp;title=Comment%20g%C3%A9rer%20celui%20qui%20dit%20du%20mal%20de%20nous%20%3F" id="wpa2a_18"><img src="http://www.evolute.fr/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_171_16.png" width="171" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La juste relation d&#8217;accompagnement</title>
		<link>http://www.evolute.fr/relation-aide/juste-accompagnement</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/relation-aide/juste-accompagnement#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 Feb 2011 21:24:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Relation d'aide]]></category>
		<category><![CDATA[Accompagnement]]></category>
		<category><![CDATA[Aider]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.evolute.fr/?p=3208</guid>
		<description><![CDATA[(ou comment dépasser ses craintes et ses méfiances pour accompagner l'autre) "Accompagner quelqu'un, c'est se placer ni devant, ni derrière, ni à la place. C'est être à côté." Joseph Templier. Auteur : © Renaud PERRONNET Trouver le juste équilibre face à celui que nous nous proposons d’accompagner n’est pas toujours facile. Même si un dicton de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="color: #800080;">(ou comment dépasser ses craintes et ses méfiances pour accompagner l'autre)</span></p>
<p class="first-child " style="text-align: center;"><em><span style="color: #800080;">"Accompagner quelqu'un, c'est se placer ni devant, ni derrière, ni à la place. C'est être à côté."</span></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #800080;">Joseph Templier.</span></em></p>
<p>Auteur : <strong><span style="color: #ff6600;">© Renaud PERRONNET</span></strong></p>
<p>Trouver le juste équilibre face à celui que nous nous proposons d’accompagner n’est pas toujours facile.<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/accompagnement.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3213" title="accompagnement" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/accompagnement-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p>Même si un dicton de notre culture nous rappelle que « la peur est mauvaise conseillère », nos méfiances comme nos craintes peuvent nous sembler légitimes dans le contexte d’aidés trop entreprenants ou agressifs.</p>
<p>En fait, il existe deux risques, deux écueils pour l’aidant dans la relation d’accompagnement :</p>
<ul>
<li>Etre dans l’affectif (souvent dans la sympathie et la pitié pour l’autre), donc dans la confusion entre lui et nous.</li>
<li>Etre distant, se protéger, donc prendre le risque que celui que nous nous proposons d’accompagner rompe sa relation à nous.</li>
</ul>
<p>Pour pouvoir « garder notre équilibre » dans une relation d’accompagnement, nous avons tous personnellement besoin de « nous situer » par rapport à celui que nous accompagnons.</p>
<p><span id="more-3208"></span></p>
<p><strong><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">La confusion :</span></span></strong></p>
<p>Le risque que nous prenons lorsque nous tentons d’accueillir l’aidé inconditionnellement « tel qu’il est », c’est de nous croire et de nous sentir personnellement responsables de « ce qu’il est ». Si nous sommes dans la confusion avec l’aidé (confusion le plus souvent affective), si nous nous « mettons à sa place », nous ne pourrons pas faire autrement que de nous sentir la victime de ce qu’il vit (au même titre que lui).</p>
<p>La condition préalable à toute relation d’accompagnement est d’oser faire la distinction entre celui que nous nous proposons d’accompagner et nous-même. En aucune manière nous n’avons à « nous mettre à la place de l’aidé », pour la bonne raison que nous n’y sommes pas, pour la bonne raison que ce n’est pas notre place.</p>
<p>Il est malheureusement courant que nous entretenions cette confusion typiquement judéo-chrétienne. Qui n’a pas entendu (et cru) dans sa jeunesse qu’il devait se mettre à la place » de sa « pauvre grand-mère » impotente, ou de ce « pauvre aveugle » pour toujours dans le noir ?</p>
<p>Sans doute, si nous n’y réfléchissons pas trop, sommes-nous facilement amenés à penser que nous devons avoir de la pitié pour celui que nous nous proposons d’accompagner et nous ne voyons pas que cette pitié est le plus souvent un obstacle à une relation de confiance. En quoi le fait que nous souffrions personnellement de la souffrance de l’aidé serait-il une aide pour lui ?</p>
<p>Dans la pitié, l’aidant projette sur l’autre quelque chose qu’il ne voudrait surtout pas pour lui parce que cela lui fait très peur ; or quand l’aidant est mal à l’aise, il se confond facilement avec l’aidé qu’il accompagne.</p>
<p>C’est pourquoi certains aidants – percevant cela plus ou moins confusément - clament qu’il faut « mettre de la distance » et glosent sur la fameuse « distance thérapeutique » que tel ou tel de leur collègue n’aurait pas « su » mettre.</p>
<p><strong><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Etre distant :</span></span></strong></p>
<p>Nous sommes « distants » parce que nous ressentons le besoin de nous protéger de l’autre sous le prétexte que nous nous sentons démunis face à lui.</p>
<p>« Je lui ai dit que s’il était encore soucieux, ce n’était pas de ma faute, parce qu’en ce qui me concernait, j’avais fait tout ce que je pouvais pour lui. »</p>
<p>Nous culpabilisons de la difficulté que l’autre vit et qui pèse malheureusement sur nos épaules à nous, et parce que nous culpabilisons, nous nous refermons.</p>
<p>Pourquoi cet étrange besoin de se « dédouaner » de l’autre si ce n’est pour s’en mettre personnellement à l’abri ?</p>
<p>Comme si nous nous étions déjà avoués vaincus, donc « incapables » de maintenir la relation vivante dans de telles circonstances.</p>
<p>Heureusement il existe une troisième voie qui évite l’écueil de la confusion (se sentir débordé parce qu’on se met à la place de l’autre), et celui de la distance (risque de rupture de la relation), je l’appellerai être « distinct ».</p>
<p><strong><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Etre distinct :</span></span></strong></p>
<p>Etre « distinct » de celui qu’on accompagne, c’est constamment avoir à l’esprit et au cœur que nous ne sommes pas cet être qui souffre qui est en face de nous, tout simplement parce que cela est vrai. Et je crois que c’est cette « vérité », cette « lucidité » qui – si nous la gardons en nous précieusement – nous aidera à ne plus sombrer dans la confusion ni à devoir nous refermer.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #800080;"><strong>« Je suis moi, l’aidé est un autre, je ne suis donc pas lui. »</strong></span></p>
<p>Etre « distinct » de l’aidé, est la condition nécessaire pour que nous ne nous laissions pas « bouffer » par lui, c’est-à-dire par nos propres projections sur lui, (en attribuant à l’aidé ce qui nous appartient à nous.)</p>
<p>L’accompagnant « distinct » est libre, il ne se sent pas responsable de la manière dont l’aidé voit le monde, ni de la manière dont il perçoit la relation. Il l’accepte « tel qu’il est » et s’y ouvre.</p>
<p>Par contre il sent bien que – du bout de sa relation à lui – il est pleinement responsable de la manière dont il voit l’accompagné, donc de la manière dont il vit la relation avec lui.</p>
<p>Il n’a pas peur de cette responsabilité donc ose se situer, s’engager face à l’accompagné de la manière qui lui apparaît la plus juste, parce qu’il sait que le regard qu’il porte sur lui va conditionner en grande partie la relation.</p>
<p>Nos craintes, nos méfiances - inhérentes à notre humanité - nous limitent parce qu’elles conditionnent (sans que nous le sachions), le regard que nous posons sur l’aidé et donc notre pratique d’aidant.</p>
<p>En être conscient, dans un premier temps, est la condition pour que - peut-être par la suite - nous puissions les dépasser de manière avantageuse pour les deux parties.</p>
<p>C’est grâce à la propension à être « distinct » de celui que nous nous proposons d’aider que nous pourrons être en empathie avec lui, condition du début de la juste relation d’accompagnement qui – plutôt que de risquer de mettre de la distance – enrichira la relation et resserrera le lien.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2011 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
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<p>Pour aller plus loin, vous pouvez lire sur ce site :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/defi-aidant-groupe-parole" target="_blank">Le défi de l'aidant.</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/gerer-agressivite-aide" target="_blank">Comment gérer l'agressivité et la violence dans la relation d'aide ?</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/prendre-soin-soignants" target="_blank">Pourquoi prendre soin des soignants ?</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/groupe-analyse-pratique" target="_blank">Le Groupe de Parole et d'Analyse de la Pratique de la Relation d'Aide, que peut-il bien s'y dire ?</a></li>
</ul>
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