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	<title>EVOLUTE Conseil</title>
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		<title>Vivre heureux avec Alzheimer ?</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 20:42:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vidéos, diaporamas]]></category>
		<category><![CDATA[Aider]]></category>
		<category><![CDATA[Alzheimer]]></category>
		<category><![CDATA[Démence]]></category>

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		<description><![CDATA[Non, la maladie d’Alzheimer n’est pas synonyme de mort psychique !
« Un patient Alzheimer, ce n’est pas forcément un patient grabataire au fond de son lit, c’est un patient qui au début a quelques troubles et qu’il va falloir accompagner tout au long de l’évolution de cette maladie… Ce qui me semble important, c’est de proposer différentes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span style="color: #ff0000;">Non, la maladie d’Alzheimer n’est pas synonyme de mort psychique !</span></p>
<p><em><span style="color: #993366;">« Un patient Alzheimer, ce n’est pas forcément un patient grabataire au fond de son lit, c’est un patient qui au début a quelques troubles et qu’il va falloir accompagner tout au long de l’évolution de cette maladie… Ce qui me semble important, c’est de proposer différentes actions thérapeutiques, médicamenteuses ou non, pour <strong>vivre</strong> malgré tout avec cette maladie. »</span></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #993366;">Docteur Drunat.</span></em></p>
<p><em><span style="color: #993366;">« Ne pas regarder sans cesse ce que l'on perd ou a perdu, mais ce qu'il nous reste de capacité, d'intelligence ou de sensibilité... et il n'y a qu'ainsi que la maladie peut être supportée et la vie continuer d'être vécue, avec le but de faire de chaque instant un moment important. »</span></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #993366;">Claude Couturier (touché par la maladie d'Alzheimer.)<br />
</span></em></p>
<p style="text-align: left;">
<p>Extraits de la conférence de Daniel et Colette Roumanoff à l'Hopital Bretonneau sur l'initiative du Docteur Drunat :</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="360" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/x9gw02?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="360" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/x9gw02?additionalInfos=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/x9gw02_peut-on-vivre-heureux-avec-alzheime_lifestyle"><br />
</a></strong></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">(Durée : 10:42)</p>
<p style="text-align: left;">Pour aller plus loin, vous pouvez:</p>
<ul>
<li>Consulter le site <a href="http://www.alzheimer-autrement.org/index.php3" target="_blank">Alzheimer autrement</a> (et ses nombreuses réponses aux questions que vous vous posez.)</li>
</ul>
<ul>
<li>Lire le passionnant article du Dr. Geneviève Demoures <a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/paroles-dements" target="_blank">Paroles de déments - Parole aux déments</a></li>
</ul>
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		<title>Pour ne plus avoir peur de la bonté ni de l&#8217;impuissance&#8230;</title>
		<link>http://www.evolute.fr/relation-aide/peur-bonte-impuissance</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/relation-aide/peur-bonte-impuissance#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 Jun 2010 16:59:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Relation d'aide]]></category>
		<category><![CDATA[Bonté]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance]]></category>
		<category><![CDATA[Impuissance]]></category>

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		<description><![CDATA[Auteur : © Renaud PERRONNET
« Homo sum : humani nihil a me alienum puto. »
(Je suis homme, rien de ce qui est humain ne m'est étranger.)
 
Publius Terentius Afer, dit Térence 
(auteur latin d’origine berbère, né à Carthage, vers 190 - 159 av. J.C.). 
Quand il a peur d’assumer ses valeurs humanistes, quand il finit par « oublier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span style="color: #ff6600;">Auteur : <strong>© Renaud PERRONNET</strong></span></p>
<p><span style="color: #800080;"><em>« Homo sum : humani nihil a me alienum puto. »</em></span></p>
<p><span style="color: #800080;"><em>(Je suis homme, rien de ce qui est humain ne m'est étranger.)</em></span></p>
<p><span style="color: #800080;"><em> </em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #800080;"><em>Publius Terentius Afer, dit Térence </em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #800080;"><em>(auteur latin d’origine berbère, né à Carthage, vers 190 - 159 av. J.C.). </em></span></p>
<div id="attachment_2798" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/main-tendue.jpg"><img class="size-medium wp-image-2798" title="main-tendue" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/main-tendue-205x300.jpg" alt="" width="205" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">La main tendue</p></div>
<p>Quand il a peur d’assumer ses valeurs humanistes, quand il finit par « oublier l’homme », l’aidant qui sent que la réponse juste à la détresse de l’autre est de le prendre dans ses bras pour l’étreindre n’ose pas le faire ou, s’il le fait, il pense qu’il doit le cacher.</p>
<p>Plus l’aidant s’endurcit et « se blinde », plus il se sent insatisfait de lui dans son rôle, donc pas à la hauteur humaine de sa tâche.</p>
<p>Il y a encore trop souvent dans le milieu de la relation d’aide une sorte de conformisme qui oblige les aidants à penser qu’ils ne doivent pas se montrer compréhensifs, ou tout du moins à s’en sentir coupables quand ils le sont.</p>
<p>Les aidants ont besoin de prendre confiance en eux-mêmes (et en ce qu’ils sentent juste de faire) donc de savoir qu’ils sont capables d’être plus solides qu’ils ne le pensent. Dans une interview accordée à Fabien Ouaki, le Dalaï-Lama partage : <span id="more-2780"></span><em>« </em><em>Généralement les soignants s'impliquent </em><em>énormément. Mais s'ils se rendaient vraiment compte à </em><em>quel point les patients et leurs familles dépendent d'eux, ils auraient encore plus de capacité à soulager la souf­france. Ils peuvent se dire : On attend tellement de moi..., un mot gentil, un sourire fera toute la différence, même si le malade se trouve dans un état désespéré. »</em></p>
<p>Parallèlement, de nombreux parents se sentent également bien souvent démunis, aux abois, quant à leur capacité de trouver en eux-mêmes l’attitude juste en réponse aux comportements de leur enfant en dérive. Bien souvent, parce qu’ils confondent faiblesse et bonté, ils ont peur d’être faibles, et n’osent donc pas être « bons ».</p>
<p>Comme si les valeurs éternelles d’amitié, de bienveillance, de tendresse et de confiance ne nous étaient plus accessibles… Comme si nous avions oublié qu’elles avaient fait leurs preuves…</p>
<p>Dans ce monde rempli de pudeur, de honte même de paraître « bon » aux yeux des autres, (quand ce n’est pas jugé comme déplacé, ça fait au minimum sourire), il me paraît essentiel de réaffirmer ces valeurs éternelles, donc précieuses. D’abord pour que ceux (nombreux parmi vous) qui en sont les apprentis se sentent un peu moins seuls ; mais aussi pour que les plus pusillanimes (timides) d’entre nous, qui sentent pourtant confusément que le rapport de domination et l’agressivité ne sont sans doute pas la « solution » d’une relation qui se propose d’aider l’autre, puissent se sentir confirmés dans ce qu’ils pressentent.</p>
<p>Nous ne dirons jamais assez que le début d’une relation aidante vivante passe nécessairement par <span style="color: #993366;"><strong>notre capacité à nous laisser émouvoir par le vécu de l’autre</strong></span>. Sans cette capacité à se laisser toucher, il n’y a pas de relation d’aide possible. Nous laisser toucher non pas dans un sentimentalisme larmoyant (aussi inopérant que mortifère pour les deux parties), mais dans notre capacité à oser ressentir profondément ce qui nous unit fondamentalement à l’autre (donc à tous les êtres humains), je veux parler de notre propension à la souffrance.</p>
<p>L’écrivain Christian Bobin - dans <span style="text-decoration: underline;">« Ressusciter »</span> - exprime cela magnifiquement :</p>
<p><em>« Le jour de l'enterrement de sa mère, C. a été piquée par une abeille. Il y avait beaucoup de monde dans la cour de la maison familiale. J'ai vu C. dans l'infini de ses quatre ans, être d'abord surprise par la douleur de la piqûre puis, juste avant de pleurer, chercher avidement des yeux, parmi tous ceux qui étaient là, celle qui la consolait depuis toujours, et arrêter brutalement cette recherche, ayant soudain tout compris de l'absence et de la mort. Cette scène, qui n'a duré que quelques secondes, est la plus poignante que j'aie jamais vue. Il y a une heure où, pour chacun de nous, la connaissance inconsolable entre dans notre âme et la déchire. C'est dans la lumière de cette heure-là, qu'elle soit déjà venue ou non, que nous devrions tous nous parler, nous aimer et même le plus possible rire ensemble. »</em></p>
<p>La fameuse lettre d’une infirmière qui, parce qu’elle est entrain de mourir, ose « parler vrai » à ses consœurs, nous le rappelle aussi. En voici un extrait :</p>
<p><em>« Si nous pouvions seulement être honnêtes, admettre nos peurs, nous toucher mutuellement. Votre professionnalisme serait-il vraiment menacé si vous alliez jusqu'à pleurer avec moi ? Est-il vraiment exclu que nous communiquions vraiment pour qu'à l'heure où ce sera mon tour de mourir à l'hôpital, j'aie auprès de moi des amies ? »</em></p>
<p>Mais la plupart de nos enseignants, de nos formateurs nous ont solennellement conseillé de nous protéger, donc de devenir imperméables à la souffrance de l’autre. L’empathie ne serait pas professionnelle, certains s’en défient, elle serait même une faute professionnelle. Il serait devenu malsain d’être en amitié, en lien profond avec celui que l’on se propose d’aider, comme d’être ému par son émotion, et même d’aller jusqu’à « pleurer avec lui ». Cela veut-il dire qu’ils n’ont pas souffert ?</p>
<p><em>« J’ai dit ma peine à qui n’a pas souffert,</em></p>
<p><em>Et il s’est ri de moi,</em></p>
<p><em>J’ai dit ma peine à qui a souffert,</em></p>
<p><em>Et il s’est penché vers moi.</em></p>
<p><em>Ses larmes ont coulé avant mes larmes,</em></p>
<p><em>Il avait le cœur blessé. »</em></p>
<p style="text-align: right;">partage le poète algérien (berbère) Jean Amrouche.</p>
<p>Comprenez-moi bien, je ne suis pas entrain de vous dire qu’être empathique c’est devoir nécessairement pleurer avec l’autre, mais que puisqu’il est nécessaire de se laisser toucher par l’autre pour pouvoir entrer en contact (en relation aidante) avec lui, il peut arriver qu’en nous laissant toucher, nous pleurions avec l’autre, sans que cela soit ennuyeux ni pour lui (au contraire !) ni pour nous (sentir son cœur s’ouvrir, c’est très « doux »).</p>
<p>Dans son livre <span style="text-decoration: underline;">« Mourir les yeux ouverts »</span>, écrit avec Nadège Amar, (livre dont je vous recommande la lecture parce qu’il est un témoignage très fort sur la fin de vie d’un homme - Yvan Amar - qui assumait pleinement son destin mortel), Marie de Hennezel partage ses débuts de psychologue :</p>
<p><em>« Lorsque je travaillais comme psychologue dans une unité de soins palliatifs, nous avons reçu une jeune femme atteinte d'une tumeur au cou inopérable. La jeune femme, d'origine asiatique, était dans un grand espoir de guérison et relativement confiante. Je me souviens qu'elle disait souvent qu'elle était dans la main de Dieu. Cette confiance d'ailleurs déroutait l'équipe soignante. Il est difficile d'être en face d'une personne qui garde espoir dans sa guérison lorsqu'on sait parfaitement qu'elle va mourir, parce qu'on a tous les éléments objectifs, parce que notre logique nous dit qu'elle est dans ses derniers moments. Plusieurs semaines ont passé. Son état était stationnaire et les médecins ont même eu l'impression qu'elle allait mieux. Alors ils ont décidé de tenter une nouvelle chirurgie. Elle est donc sortie du service de soins palliatifs pour entrer dans une clinique chirurgicale. Les chirurgiens ont ouvert, puis refermé immédiatement. Ce n'était pas possible d'opérer. La jeune femme a été informée de cette impossibilité, puis on l'a renvoyée vers le service des soins palliatifs. L'infirmière qui l'a accueillie est venue ensuite me raconter la chose suivante. </em></p>
<p><em>Alors qu'elle installe la jeune femme dans son lit, celle-ci la regarde droit dans les yeux et lui demande : « Dis-moi, est-ce que je vais mourir ? » L'infirmière se sent alors comme aspirée au fond d'un puits. Elle sent que tout se défait en elle. Elle ne sait pas quoi répondre, ni que faire. Elle reste muette, mais elle reste là. Elle soutient le regard de sa patiente, garde sa main dans la sienne. Tout à coup, des larmes lui montent aux yeux. Elle n'essaie pas de fuir, ni de cacher ses larmes, ni de sortir de cette situation par une pirouette. Elle reste là, vraie. Elle sent qu'il ne s'agit pas tant de « dire la vérité » que d' « être vrai ». Elle reste donc vraie, c'est-à-dire en contact avec son sentiment du moment, un sentiment d'impuissance pure. Alors la jeune femme lui dit : « J'ai compris... Je te remercie... Maintenant, parlons d'autre chose ! »</em></p>
<p><em>Finalement, l'histoire est représentative de bien d'autres situations similaires. Un malade, au bout d'un certain temps, prend conscience qu'il va mourir. Il porte souvent cette conscience dans une grande solitude. Il cherche à la partager avec quelqu'un d'autre. Parfois, la quête de partage prend la forme d'une question, comme nous venons de le voir, question qui ne demande pas de réponse. Elle est là seulement pour jeter un pont. Et la plupart du temps nous nous dérobons. Nous avons peur de la souffrance de l’autre, de nous désintégrer dans cette souffrance. Nous avons peur de nos émotions, de nos larmes, de notre propre vulnérabilité. Mais si, en face de la question qui tente de jeter un pont, il y a quelqu'un pour l'accueillir à partir de sa vulnérabilité, alors le pont est établi et les piliers de chaque côté se renforcent mutuellement. </em></p>
<p><em>Le paradoxe de la situation, c'est que montrer à un patient que l'on est démuni, ému, vulnérable, loin de l'affaiblir, lui permet au contraire d'accepter sa condition humaine et la difficulté de son destin. Car en osant rester là, au cœur de son impuissance, il se produit une communion intime. L'effondrement de nos stratégies défensives peut être une grâce, une bénédiction, lorsque nous osons partager nos sentiments avec nos patients. Ne faut-il pas accepter d'être nu devant l'autre, abaisser ses barrières, entrer dans son impuissance et s'en servir comme d'un tremplin qui propulse dans un moment de rencontre authentique ? Alors ce n'est plus une relation entre une personne forte de son soi-disant pouvoir ou de son soi-disant savoir et une personne affaiblie et impuissante. C'est une relation entre deux personnes qui souffrent, chacune à leur manière, de leur condition d'être mortel. »</em></p>
<p>Oser « ne pas fuir », assumer son effondrement intérieur quand il est là, pour entrer dans la « question intime » de l’autre.</p>
<p>Quand nous aimons la personne qui souffre, cela nous semble plus accessible. Mais alors, comment l’aidant va-t-il s’y prendre pour se « laisser toucher » par une personne acariâtre et râleuse ? Comment ce père, et cette mère, vont-ils oser se rendre consciemment vulnérable à leur enfant menteur ou voleur, ou très agressif, par exemple ?</p>
<p>En mars dernier, <a href="http://www.evolute.fr/connaissance-soi/resilience-au-dela" target="_blank">sur mon site internet</a>, une personne qui avait choisi comme pseudonyme « Une maman dans la peine », m'écrivait :</p>
<p><em>« Je suis la maman de Paul (prénom d'emprunt) (24 ans) adopté à l'âge de 1 mois. Ensuite, nous avons eu, mon mari et moi, 3 fils « biologiques » (23 ans, 20 ans, 15 ans). Déménagements, soucis professionnels, la vie n'a pas été simple mais nous étions heureux, malgré tout, avec ces 4 garçons pleins de vie et de malice. Mais à l'adolescence, le caractère rebelle et « mouche du coche » de Paul s'est transformé en révolte, mépris, choix de vie dangereux : pas de travail scolaire, incapacité à suivre une formation, une autre, cinq autres..., drogue, mauvaises relations, problèmes avec la police, gardes à vue, manifestations, dégradation des logements, violence, coups, cris, crises, faux suicides, hospitalisations, haine à notre égard, vols, mensonges... Comment résister à une telle tempête familiale ? Comment préserver un semblant d'équilibre et de bonheur de vivre pour que les autres enfants aient droit malgré tout à une enfance, une adolescence pas trop noires ?... Comment garder son moral, son sourire ? Comment vivre une telle souffrance intérieure à côté de personnes qui ne comprennent pas ? qui n'ont aucune idée des « coups » (dans le cœur) que l'on reçoit ? des « douches écossaises » : espoir, désespoir, amélioration, rechute et on recommence !...Paul a eu un enfant (19 mois aujourd'hui) adorable mais qui n'a pas été, avec sa maman, l'élément de « résilience » que nous espérions tant ! Incapable de travailler de façon suivie, Paul a perdu la confiance et l'amour qui l'avaient recueilli dans ce petit foyer modeste où vivait déjà un premier enfant sans père. Violence, cet été, sur la maman, insultes répétées : mais pourquoi ?... Insultes sur moi, menaces de mort, malgré toute ma tendresse de mère... Mais pourquoi ?... Paul vit dans un hôtel social de la Croix Rouge. Ils parlent de ne pas le garder : il ne fait pas d'efforts, il ne se comporte pas comme il faudrait... Il vient de passer deux semaines à l'hôpital psy (après avoir avalé des calmants « pour faire chier » a-t-il dit...) : quelle douleur d'aller le voir, là-bas ! Je lui ai porté tout ce dont il pouvait avoir besoin et surtout de quoi dessiner et peindre : il a tant de talent ! et il est intelligent mais manipulateur... la confiance est si difficile, après avoir été tant « roulés » par lui... Que va-t-il devenir ? Sa grande phrase est : « Je suis tout seul ! »... mais j'essaie de lui expliquer que, d'une certaine façon, chacun de nous est seul, face à sa vie, ses responsabilités, ses chagrins personnels. Il oublie que c'est son mépris, ses insultes, ses menaces qui ont fait le vide autour de lui, malgré toute la bienveillance qui l'entourait... J'essaie de lui expliquer aussi que je suis souvent là, son père aussi, pour l'aider encore et encore, comme il y a 3 jours quand je l'ai ramené dans sa ville (après une journée passée chez nous) car il ne tenait plus debout, tant il avait pris de calmants (et peut-être d'alcool, de drogue pendant le week-end avec je ne sais qui ?...) : j'ai fait plus de 100 km pour aller le reconduire. Il oublie vite ce que l'on fait pour lui. Il ne veut pas qu'on lui parle de ses erreurs, du « passé ». Il est entouré de mauvaises relations, roi des « embrouilles ». J'ai peur qu'un jour, un règlement de compte tourne mal... ou qu'il se pende dans sa chambre comme il me l'a dit (mais quand on le dit, c'est qu'on ne le fera pas ???). Je voudrais le sauver. J'ai peur de sa violence envers lui et envers les autres. J'ai peur de l'avenir... Il ne veut plus entendre parler de formation, il voudrait trouver du travail mais c'est très difficile sans formation... De plus, ses capacités lui font trouver les boulots de manutention insupportables... Dans ses formations passées (toutes arrêtées en cours de route), les professeurs lui disaient de dormir sur sa table. On le réveillait pour faire le devoir : en quelques minutes, il avait la meilleure note ! Peut-être a-t-il été déformé par « l'argent facile » qu'il a connu ?... abimé par le cannabis ?... fragilisé par la douleur d'abandon remontant à son premier mois de vie, à ses 9 mois « in utero » ?... Il méprise sa mère biologique, les femmes en général et moi qui suis la seconde mère : il me déteste ou il me met à l'épreuve ?... parfois il est gentil : c'est alors tellement déroutant !... et je voudrais tellement que le bon côté l'emporte : il y a forcément un bon côté ! On ne peut pas dire, dans son cas, qu'il ait manqué d'amour : nous l'aimons tous depuis toujours, certains disent que nous l'avons trop gâté, d'autres disaient que mon mari se fâchait trop... C'est vrai que Paul était plus difficile que ses frères donc on le reprenait davantage et, du coup, il a peut-être pensé qu'il était moins aimé ? : parce qu'adopté ???... En réalité, on a fait ce que l'on a pu, au jour le jour, on n'a peut-être pas été des parents parfaits mais on l'a élevé comme les autres, sans différence, parce qu'il était notre fils aîné, tout simplement, adopté si petit..., porté sur mon cœur en « kangourou », si beau, si espiègle... Ses frères l'ont aimé. Ils ont traversé l'adolescence sans heurts malgré les difficultés liées à Paul, ils ont bien travaillé, sont de bons garçons sérieux, matures, pleins de gentillesse et d'humour. Mais maintenant, ils sont « fatigués » de voir le chagrin que Paul me donne... Le voir arriver à l'improviste à la maison n'est pas simple pour eux... Comment pardonner à un frère qui a menacé de mort leur maman ?... Les psys disent que Paul est responsable de son destin, que nous ne devons pas culpabiliser, nous devons prendre du recul... Je voudrais bien mais comment faire ? quand Paul m'appelle sur mon portable, je suis toujours là pour l'écouter, prise entre le désir de l'aider et la prudence... car je sais que je peux être manipulée par lui, qu'il ne m'appelle que pour un service... Tout cela est terriblement difficile et fatigant !... J'ai la foi mais j'ai le cœur, l'âme, bien lourds... Trop de combats et l'obligation de rester debout parce que « les autres », dans la famille, ne veulent pas d'une femme, d'une mère abattue !... Je voudrais le sortir de là, de cette « misère » actuelle, le hisser vers un avenir enfin clair et serein, peut-être le voir partir chez Tim Guénard ou quelque part où il se restructurerait ?... Mais où ? comment ? (Il refuse Dieu...) Je sais : on ne peut rien pour lui s'il n'adhère pas un minimum... Mais assister au naufrage d'un fils, c'est trop dur ! Alors, je veux m'accrocher à cette part d'Espérance qui brille encore au-dessus de nous !... Merci... »</em></p>
<p>Je lui réponds :</p>
<p><em>« Avez-vous offert <span style="text-decoration: underline;">« Plus fort que la haine »</span> (Le livre de Tim Guénard) à votre fils ?</em></p>
<p><em>Vous le savez, votre fils vit au dedans de lui une souffrance insupportable qui le taraude et l’oblige à se renier comme à renier les siens.</em></p>
<p><em>Comment ne pas le lui reprocher et oser lui faire ressentir qu’il n’est pas tout seul dans l’extrême solitude qui est la sienne et que vous l’aimez ? Rien d’autre, juste tenter de créer pour lui la certitude que quoi qu’il fasse il est aimé.</em></p>
<p><em>La bienveillance et l’amour ne nous entourent que quand nous les ressentons : comment les lui faire ressentir puisque votre partage les crie ?</em></p>
<p><em>Oui – bien sûr – vous n’avez à culpabiliser de rien et si – justement – vous ne culpabilisez de rien, vous n’avez plus rien à perdre en lui faisant sentir que « quoi qu’il fasse », vous êtes sa mère qui l’aime.</em></p>
<p><em><span style="color: #800080;"><strong>« C’est au moment ou la nuit est la plus noire que nous sommes au plus près du point de l’aurore »</strong></span>, dit le poète Rilke.</em></p>
<p><em>C'est la confiance que vous aurez en votre amour pour lui qui peut vous aider, tous les deux. »</em></p>
<p>Après quelques temps, elle me répond :</p>
<p><em>« Paul (prénom d'emprunt) vient de nous faire très peur. Pour la 2e fois en 3 semaines, le 15 mars, parce que la mère de son enfant lui redisait son intention de ne pas faire sa vie avec lui, parce que l'hôtel social qui l'héberge depuis des mois, lui signifiait qu'ils ne pourraient pas le garder à cause de ses agissements, Paul a avalé ses boîtes de calmants. Je venais d'arriver en Vendée (pour me reposer 3 jours, en bord de mer) lorsque Paul m'a appelée, sur mon portable, en pleurant. Je ne comprenais pas ce qu'il disait. Puis j'ai compris : il m'a dit que c'était trop tard. Alors, je lui ai dit de ne pas avoir peur, que j'allais m'occuper de lui, que je l'aime... J'ai fait le 18, puis on m'a passé les pompiers de notre département. J'ai indiqué son adresse, demandé que l'on me rappelle. Je tremblais mais je me sentais très forte. Plus tard, ils ont rappelé, m'ont indiqué l'hôpital où on l'envoyait. Plus tard, cet hôpital m'a indiqué qu'on le transférait dans une ville plus importante, intubé pour assistance respiratoire, dans le coma... La nuit suivante fut horrible. La journée qui a suivi bien longue aussi, même si les nouvelles ont été enfin meilleures puis bonnes, puisqu'il a été libéré du tube respiratoire, le lendemain. Transfert le jour suivant dans l'hôpital psychiatrique de notre ville, là où il venait de passer 15 jours... Je suis allée le voir, il était au milieu de personnes toujours aussi impressionnantes à voir, il était en pyjama, en socquettes... Il était étonnamment en bonne forme, à part la gorge abimée par l'intubation. Quelle force il a !... Il m'a suppliée de le sortir de là. Je suis allée lui faire quelques achats, je lui ai pris les mains avec tendresse, je ne voulais pas le voir là, je savais qu'il regrettait son geste, qu'il avait eu peur, qu'il avait eu mal, que c'était encore un « appel au secours »... Le lendemain, il nous a encore suppliés de le laisser partir. Le Psychiatre responsable du service nous a demandé de signer son internement. Cela a été très difficile, déstabilisant, culpabilisant même... Nous avons réfléchi, pris conseil auprès de notre médecin de famille, décidé de ne pas signer. Paul a pu sortir. Il devra suivre un traitement donné une fois par semaine. Il est logé maintenant chez les parents d'un de ses amis, en attendant de trouver du travail et un logement. Peut-être !... : il a commencé à faire des démarches, il m'appelle... Je ne sais pourquoi, je suis à peu près certaine que quelque chose a changé : j'ai compris, effectivement, à travers ces angoisses, ces batailles, ces moments forts, toute la tendresse qui nous unit, en dépit des années si difficiles. Il me semble que je suis plus forte, que je n'ai plus vraiment peur de rien. C'est assez difficile à expliquer... Je pense que Paul ne recommencera pas, je pense que nous avons avancé. Je l'espère, en tout cas... Est-ce que ce serait l'aurore après la nuit noire?... Je vous remercie... »</em></p>
<p>Je lui ai répondu :</p>
<p><em>« Il vous a fallu plonger au fond de la nuit noire… votre témoignage est simplement magnifique parce qu’il est celui d’une femme, d’une mère, qui aime plus son fils qu’elle.</em></p>
<p><em>A vous lire je sens que vous avez vécu chaque moment de cette nouvelle épreuve comme une occasion, pour vous, de renforcer l’amour que vous portez pour lui et – à force de renforcement, dans l’exacte mesure où vous n’obéissiez plus à ce qui en vous avait encore peur – à parvenir à le lui faire sentir. Oui, cette alchimie est difficile à expliquer mais l’essentiel est que vous la viviez tous les deux.</em></p>
<p><em>Comme vous l’énoncez : « J’ai compris, effectivement, à travers ces angoisses, ces batailles, ces moments forts, toute la tendresse qui nous unit, en dépit des années si difficiles. » et là, vous vous sentez plus forte et vous n’avez plus vraiment peur de rien. »</em></p>
<p>Il existe toujours une alternative à la défiance et à la punition : la confiance, et c’est peut-être au cœur de notre « impuissance » alors qu’aucun espoir ne semble plus nous être permis que nous serons le plus à même de la rencontrer. La confiance illumine le ciel assombri de celui qui n’y croit plus, la confiance, parce qu’elle sidère celui à qui on ne l’a jamais faite, peut créer l’électrochoc du changement radical d’attitude chez lui… comme le dit Marie de Hennezel, <em>« On est toujours l'obligé de celui qui s'abandonne à nous avec confiance. »</em></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2010<strong> Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
<p>Si vous voulez télécharger l'intégralité de cet article au format PDF, cliquez sur ce lien :</p>
<p><a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/peur_bonté_impuissance.pdf">peur_bonté_impuissance</a></p>
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		<title>Une psychologue en souffrance : Comment gérer son impuissance ?</title>
		<link>http://www.evolute.fr/reponses-questions/psychologue-en-souffrance</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/reponses-questions/psychologue-en-souffrance#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 06 Jun 2010 20:53:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réponses à vos questions]]></category>
		<category><![CDATA[Aider]]></category>
		<category><![CDATA[Impuissance]]></category>

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		<description><![CDATA[« Il y a un apaisement au fond de toute grande impuissance. »
Marguerite Yourcenar.
« On ne commande à la nature qu'en lui obéissant. »
Francis Bacon.
Question d’Eliane, psychologue.
Je suis psychologue dans une institution sociale et je suis présente dans les réunions d'équipe pour accompagner cette équipe dans sa réflexion. Après des vécus d'injustice, de non écoute, d'exigences importantes concernant le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: left;"><em><span style="color: #800080;">« Il y a un apaisement au fond de toute grande impuissance. »</span></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #800080;">Marguerite Yourcenar.</span></em></p>
<p style="text-align: left;"><em><span style="color: #800080;">« On ne commande à la nature qu'en lui obéissant. »</span></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #800080;">Francis Bacon.</span></em></p>
<p><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Question d’<strong>Eliane</strong>, psychologue.</span></span></p>
<p>Je suis psychologue dans une institution sociale et je suis présente dans les réunions <a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/impuissance.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2750" title="impuissance" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/impuissance-300x216.jpg" alt="" width="300" height="216" /></a>d'équipe pour accompagner cette équipe dans sa réflexion. Après des vécus d'injustice, de non écoute, d'exigences importantes concernant le travail, les remplacements de collègues absents... l'accueil d'un enfant très violent, très difficile à prendre en charge le temps d'une réorientation voulue la plus rapide possible par tous car enfant en souffrance dans ce lieu et ayant besoin d'une prise en charge autre a été très mal vécu par l'équipe. Toute parole autre que celle de l'équipe est inaudible. Venez le prendre en charge au quotidien, sur le groupe d'enfants et à partir de là vous pourrez parler. Cela vaut pour tous les professionnels non éducateurs du groupe. La souffrance est massive, le rejet de toute réflexion surtout de une ou deux personnes de l'équipe est fort. Il n'y a plus de confiance. Je suis réduite à l'impuissance comme tous. Je crains de me retrouver en situation difficile si j'interviens. Je subis comme eux subissent et je me demande comment rester psychologue dans cette situation où il est impossible d'introduire un petit écart par rapport au discours de l'équipe. Je les écoute, je fais preuve d'empathie par rapport à ce qu'ils vivent mais je n'ai pas l'impression d'être reçue dans cette attitude. Merci de me lire.<span id="more-2724"></span></p>
<p><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Ma réponse :</span></span></p>
<p>Une remarque en avant propos, êtes-vous certaine que ce soit à vous, psychologue dans une institution sociale, d’accompagner dans sa réflexion, l’équipe même avec laquelle vous travaillez au quotidien ? Ce n’est certainement pas un hasard si les groupes Balint comme les groupes d’analyse de la pratique, font toujours appel à un intervenant extérieur…</p>
<p>Les soignants comme les éducateurs vivent par moments des pressions telles qu’ils peuvent avoir l’impression d’être inutiles, pire d’être comme « sabotés » par l’institution dans laquelle ils travaillent. Auquel cas ils peuvent se sentir écartelés entre leur conscience professionnelle, leur sens du devoir et ce que j’appelle le « possible dans le cadre de leur institution ».</p>
<p>Dans un tel contexte, ils peuvent se retrouver aux prises avec des vécus d’injustice et de non écoute qui, s’ils ne sont pas accueillis, risquent de les mener au burn-out :</p>
<p><em>« En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d'incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consumer</em><em> </em><em>comme sous l'action des flammes, ne laissant qu'un vide immense à l'intérieur, même si l'enveloppe externe semble plus ou moins intacte. »</em> disait Herbert J. Freudenberger (in : L'épuisement professionnel : « La Brûlure interne ».)</p>
<p>Il est particulièrement douloureux pour un aidant de devoir faire le deuil de son idéal parce que le « possible » l’y oblige.</p>
<p>C’est ainsi que - psychologue - vous vous retrouvez aux prises avec toutes sortes d’émotions issues de la pluralité des vécus de l’institution dans laquelle vous travaillez. Vous partagez clairement « toute parole autre que celle de l'équipe est inaudible », il s’agit ici, bel et bien, d’un signe de burn-out. Quand une personne ou une équipe ne peut pas s’ouvrir à autre chose qu’à elle-même, c’est toujours parce qu’elle est en souffrance et la souffrance est égocentrique, elle <span style="text-decoration: underline;">empêche d’entendre</span> un point de vue extérieur à elle-même. Avec amertume, celui qui est enfermé à l’intérieur de sa souffrance vous dira toujours, si vous essayez de lui faire percevoir autre chose, « vous ne pouvez pas me comprendre puisque vous n’êtes pas à ma place. »<span style="color: #800080;"> <strong>L’aidant en souffrance ne peut pas être un observateur objectif de sa souffrance professionnelle,</strong></span> il aura recours à toutes sortes de mécanismes de défense, il tentera de déformer la réalité en l’empirant, afin qu’elle adhère à sa perception du monde, en un mot, il entrera inconsciemment en « résistance » contre toute possibilité de créer de la confiance.</p>
<p>Dans un tel contexte, il est à la fois logique et juste que la psychologue se sente comme vous le dites si bien « réduite à l'impuissance comme tous ». Votre défi va alors être de découvrir ce que vous allez pouvoir faire de cette impuissance et comment elle influence vos interventions.</p>
<p>Je vous propose, en vrac, quelques pistes qui vous aideront, si vous répondez à ces questions, à élaborer votre sentiment d’impuissance :</p>
<ul>
<li>Vous êtes-vous interrogée sur votre seuil de tolérance à la souffrance de l’équipe dont vous faites partie ?</li>
<li>Etes-vous lucide quant à la manière dont ce « seuil de tolérance » vous limite dans vos interventions ?</li>
<li>Comment l’expression émotionnelle de l’équipe de laquelle vous faites partie vous touche-t-elle ?</li>
<li>Dans quelle mesure vous sentez-vous en proie à la crainte d’être jugée par vos collègues ?</li>
<li>Comment vous y prenez-vous pour que votre « sécurité interne » vous protège de telle façon qu’elle permette à vos collègues d’être « ce qu’ils sont » ? En d’autres termes, savez-vous avoir une confiance telle en « ce qui est » que les refus émotionnels de vos collègues, non seulement ne puissent vous ébranler, mais qu’en plus vos collègues puissent sentir, à travers vous, cette indéfectible confiance qui leur fait défaut ?</li>
<li>Quelles idées avez-vous quant à la manière dont vous pourriez transformer ces pulsions de mort en pulsions de vie ?</li>
<li>Pensez-vous que la souffrance psychologique de vos collègues puisse se guérir et que vous pouvez contribuer à cette guérison ou que vous pourriez l’apprivoiser ?</li>
</ul>
<p>Le psychologue, « par définition », est en relation avec des personnes qui expriment de la souffrance, il ne peut donc que composer « avec » elle dans son rapport à l’autre, comme dans son rapport à lui-même.</p>
<p>En fait, vous ne pourriez accueillir la souffrance de l’autre qu’à travers la manière dont vous accueilleriez votre propre souffrance. Si, pour des causes qui vous appartiennent, vous gérez votre propre souffrance à travers une quelconque rigidité, les autres que vous tentez d’accueillir vont le sentir et se braqueront.</p>
<p>Il faut faire preuve de beaucoup d’humilité et de douceur avec soi-même pour pouvoir accueillir, avec douceur et humilité, les souffrances des autres. Or la difficulté de beaucoup d’aidants est justement de vouloir pratiquer avec les autres ce qu’ils ne réussissent justement pas à pratiquer avec eux-mêmes.</p>
<p>Une sentence chinoise dit « <em>Si l'homme de travers utilise le moyen juste, le moyen juste opérera de travers.</em> » Il ne s’agit donc pas d’un simple « vouloir bien faire » pour y parvenir.</p>
<p>Vous partagez : « Je fais preuve d'empathie par rapport à ce qu'ils vivent mais je n'ai pas l'impression d'être reçue dans cette attitude. »</p>
<p>Comment vous y prenez-vous avec vous-même pour gérer votre sentiment d’ingratitude ? Car c’est bien d’un sentiment d’ingratitude dont il s’agit. Si vous partagez plus haut : « Il est impossible d'introduire un petit écart par rapport au discours de l'équipe », c’est bien parce que vous souhaitez (peut-être inconsciemment) changer quelque chose dans cette équipe, y faire vivre une plus grande harmonie. Votre intention est sans doute louable mais est-elle adaptée à ce que vit cette équipe en souffrance ?</p>
<p>En d’autres termes, vous semblez comparer l’équipe qui « est » à celle dont vous rêvez, et cela s’appelle de l’idéalisme et c’est toujours destructeur. <em> </em></p>
<p>Vous les écoutez et faites preuve d’empathie, mais qu’est-ce que l’écoute et l’empathie ?</p>
<p>Les <span style="color: #800080;"><strong>accueillir, c’est réussir à faire en sorte qu’ils se sentent accueillis</strong>,</span> donc ne plus vouloir les changer même quelque peu.</p>
<p>La condition préalable et nécessaire à cela, c’est de devenir capable d’être conscient de nos propres besoins, comme de nos propres projections <span style="text-decoration: underline;">et de les accepter</span>. Souvent, dans la relation d’écoute, nous sommes inconscients que <span style="color: #800080;"><strong>nous n’accueillons que conditionnellement les émotions des autres parce que nous les désapprouvons chez nous.</strong></span></p>
<p>Personnellement, j’apprécie tout particulièrement les paroles du moine zen japonais Suzuki Roshi, que je relis régulièrement avec attention pour m’en imprégner :</p>
<p><em>« Lorsque vous écoutez quelqu’un, abandonnez toute idée préconçue et toute opinion subjective ; contentez-vous de l’écouter, d’observer sa manière d’être. Nous nous occupons très peu de l’idée de bien et de mal, de bon et de mauvais. Nous voyons seulement les choses telles qu’elles sont pour lui et nous les acceptons. Voilà comment nous communiquons l’un avec l’autre. Lorsque vous écoutez quelqu’un, vous entendez souvent ses paroles comme un écho de vous-même. En fait vous écoutez votre propre opinion. Si l’opinion de l’autre correspond à la vôtre, vous l’acceptez, sinon vous le rejetez à moins que vous ne l’entendiez même pas. C’est un des dangers lorsqu’on écoute. L’autre danger est de rester accroché aux paroles exprimées… sans comprendre l’esprit derrière la lettre.</em></p>
<p><em>Il faut donc se concentrer de tout son corps et son esprit sur ce que l’on fait, et être subjectivement et objectivement fidèle à soi-même, particulièrement à ce que l’on ressent. »</em></p>
<p>Toute tentative de « raisonner » la souffrance est vouée à l’échec. Pour qu’ils puissent se sentir accueillis par vous, vos collègues doivent sentir que vous accueillez leur souffrance.</p>
<p>Non pas « Oui… mais », mais « Oui » (point.) Si écouter, c'est arrêter de s'occuper de soi-même, ce sera donc ne rien attendre de l’autre. Si vous n’attendez rien d’eux, rien - en vous - ne sera en porte à faux quand, alors que vous aurez le sentiment de les avoir écoutés, ils ne se seront pourtant pas (parfois) sentis écoutés.</p>
<p>Dans une émission de télévision que je regardais récemment, à propos des schizophrènes meurtriers, j’entendais un médecin psychiatre déplorer qu’il n’y ait plus aujourd’hui de fatalisme.</p>
<p>La mentalité d’aujourd’hui, dans sa frénésie de réussite, de rentabilité et de risque zéro (!!!) a de plus en plus de mal à admettre les échecs comme inhérents à toute organisation humaine. Or l’échec comme l’erreur sont intrinsèquement naturels et humains. Mais comme ils ne sont plus reconnus comme tels, de plus en plus d’aidants parviennent difficilement à accepter leurs limites. Dans leur idéalisme, ils voudraient pouvoir aider « absolument » alors même qu’ils ne peuvent aider que « relativement ». Ils pensent maladroitement devoir réussir alors même qu’ils n’ont que la possibilité de tenter, d’essayer. C’est ainsi qu’ils risquent de se perdre. A moins qu’au cœur de leur errance, ils découvrent – avec humilité – qu’il y a toujours une marge à conserver entre leurs désirs et l'énergie dont ils disposent pour les réaliser.</p>
<p>C’est cela même que je vous souhaite et que je souhaite à votre équipe.</p>
<p>La psychanalyste jungienne, Lily Jattiot, a terminé par ces mots une conférence à laquelle j’assistais : <em>« Ce que j’ai découvert, et qui est pour moi la merveille des merveilles, c’est qu’à condition qu’on soit conscient et qu’on ait une technique de travail solide, c’est-à-dire qu’il y ait un cadre qui tienne la route, ce que j’ai découvert, c’est le prodigieux pouvoir de la douceur, l’incroyable pouvoir de guérison de la douceur. »</em></p>
<p style="text-align: center;">------------------------------</p>
<p>Pour aller plus loin, vous pouvez lire :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/defi-aidant-groupe-parole" target="_blank">Le défi de l’aidant.</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/gerer-emotions-relation-aide" target="_blank">Comment gérer ses émotions dans la relation d’aide ?</a></li>
</ul>
<p>Et travailler personnellement avec le livre de Carl Rogers "Le développement de la personne" :</p>
<p><a href="../wp-content/uploads/develop_personne.jpg"><img title="develop_personne" src="../wp-content/uploads/develop_personne-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>Et celui de Lily Jattiot "La dynamique du soi" : <a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/dynamique-du-soi.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2768" title="dynamique-du-soi" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/dynamique-du-soi-193x300.jpg" alt="" width="193" height="300" /></a></p>
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<p><span style="color: #ff6600;">© 2010 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
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		<title>Accompagner ou diriger ?</title>
		<link>http://www.evolute.fr/relation-aide/accompagner-diriger</link>
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		<pubDate>Mon, 24 May 2010 19:01:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Relation d'aide]]></category>
		<category><![CDATA[Accompagnement]]></category>
		<category><![CDATA[Aider]]></category>

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		<description><![CDATA[Auteur : © Renaud PERRONNET
Thème principal :

Un mémo pour vous aider à garder une relation positive avec la personne en souffrance.

« Puis-je me permettre d'entrer complètement dans l'univers des sentiments de l'autre et de ses conceptions personnelles et les voir sous le même angle que lui ? »
Carl Rogers.

Vous êtes un certain nombre, après avoir suivi l’une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child ">Auteur : <span style="color: #ff6600;"><strong>© Renaud PERRONNET</strong></span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="text-decoration: underline;">Thème principal :</span></p>
<ul>
<li>Un mémo pour vous aider à garder une relation positive avec la personne en souffrance.<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/inf.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2673" title="inf" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/inf-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></li>
</ul>
<p><span style="color: #800080;"><em>« Puis-je me permettre d'entrer complètement dans l'univers des sentiments de l'autre et de ses conceptions personnelles et les voir sous le même angle que lui ? »</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #800080;"><em>Carl Rogers.</em></span></p>
<p style="text-align: left;">
<p>Vous êtes un certain nombre, après avoir suivi l’une de mes formations sur la relation d’aide à m'en demander un résumé que voici…</p>
<p><span id="more-2657"></span><span style="color: #ff6600;"><strong> </strong></span></p>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Diriger</strong>, qu’est-ce que c'est ?</span></p>
<p><span style="color: #800080;"><strong>1. Rassurer ou consoler trop vite</strong></span> (c’est-à-dire risquer d’enfermer l’aidé dans sa solitude.)</p>
<p>Exemple : <em>« Ne vous inquiétez pas, votre opération se passera bien. »</em> Comment le savez-vous ? Comment pouvez-vous être certain(e) que l’aidé vous fera confiance ? Et s’il ne vous croit pas, que risque-t-il de vivre ? Compatir trop, c’est être dans le déni de ce que vit l’aidé qui risque de ne pas se sentir compris dans ce qu’il vit. Pourquoi voulez-vous ainsi banaliser ce que l’aidé vit ?<strong> </strong></p>
<p><span style="color: #800080;"><strong>2. Moraliser, vouloir être gentil</strong> </span>(c’est-à-dire risquer d’isoler l’aidé, de le dévaloriser.)</p>
<p>Exemple : <em>« Vous ne devriez pas vous mettre dans un tel état, vous feriez mieux de penser à votre petit fils qui est si mignon. » </em>Moraliser, c’est dire à l’aidé ce qui est bon pour lui, sur la base de ce que nous pensons nous et surtout de la morale  « convenue » qui fait peu de cas de ce que chacun ressent dans sa profondeur.</p>
<p><span style="color: #800080;"><strong>3. Juger, blâmer, évaluer</strong></span> (c’est-à-dire se servir de son pouvoir pour donner des leçons.)</p>
<p>Exemples : <em>« Vous devriez vous estimer déjà heureuse de ne pas vous faire opérer. » ; « Il y en a des bien plus malheureux que vous. » ; « Ne soyez pas si douillette, ça ne fait pas mal. » </em>C’est très violent d’évaluer ainsi les paroles comme les ressentis physiques ou émotionnels de l’aidé. Ce n’est pas le rôle de l’aidant de donner à l’aidé son opinion personnelle sur ce qu’il vit, surtout si elle est « donneuse de leçons ».</p>
<p><span style="color: #800080;"><strong>4. </strong><strong>Conseiller trop vite</strong></span> (c'est-à-dire donner des solutions.)</p>
<p>Exemples : <em>« Vous devriez en parler à votre fille. » ; « Vous n’avez qu’à manger davantage. »</em> Risque d’incompréhension comme d’enfermer l’aidé dans sa solitude. Prenez conscience que l’aidé n’est pas vous, l’autre est différent. <strong> </strong></p>
<p><span style="color: #800080;"><strong>5. Argumenter logiquement</strong></span> (c'est-à-dire se défendre ou se protéger en risquant de mettre l’aidé en porte-à-faux.)</p>
<p>Exemple : <em>« Il est préférable pour vous de vous faire opérer puisque vous avez mal. »</em> Risque pour l’aidé de ne pas se sentir compris dans sa sensibilité.</p>
<p><span style="color: #800080;"> <strong>6. </strong><strong>Esquiver, faire de l'humour facile, fuir la réalité.</strong></span></p>
<p>Exemples : <em>« Mais non, le bon dieu ne veut pas de vous en ce moment ! » ; « Ce séjour à l’hôpital vous fera des vacances. » </em>L’humour, s’il n’est pas librement consenti par les deux parties, est une fuite. Demandez-vous ce qui vous force ainsi à vouloir plaisanter coûte que coûte.</p>
<p><span style="color: #800080;"> <strong>7. </strong><strong>Questionner trop et/ou avoir peur des silences.</strong></span></p>
<p>Oser affronter le regard (même angoissé) de l’aidé, être là, présent et « vrai » donc ne pas se réfugier derrière des attitudes techniques qui risquent de déshumaniser la relation.</p>
<p>Et en toutes circonstances : <strong><span style="color: #800080;">agir trop précipitamment</span></strong>.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>La relation d’aide demande que vous preniez le temps de sentir et de soupeser les choses, souvenez-vous que la précipitation est aussi une fuite. Donc laisser à l’aidé le temps dont il a besoin et ne pas aller plus vite que lui.</p>
<p>Il y a une risque également à informer trop vite (sans réfléchir préalablement à ce que l’aidé peut entendre.) Pourquoi risquer de troubler l’aidé en lui disant ce que vous pensez, alors qu’il ne vous le demande pas ?</p>
<p><em>Par contre, vous n’avez pas le droit de mentir à un aidé qui vous demande de lui dire la vérité, sous le prétexte que vous estimez que cela ne sera pas bon pour lui.</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Accompagner</strong>, qu’est-ce que c'est ?</span></p>
<p>Etymologiquement c’est <em>« marcher avec un compagnon »</em> donc avec celui (cum panis) avec lequel on <em>« partage le pain ».</em></p>
<p>L’accompagnant n’est donc ni devant, ni derrière, il reste à l’exacte hauteur de l’autre, à l’écoute exacte de « là où il en est ».</p>
<ul>
<li>Tout faire pour <span style="text-decoration: underline;">éviter la rupture</span> dans la communication avec la personne en souffrance.</li>
<li>Il ne s’agit pas de dire ou de ne pas dire mais de <span style="text-decoration: underline;">répondre honnêtement</span> à une demande faite sous forme d'une question précise.</li>
<li>Le plus souvent il s’agira simplement d’<strong><span style="color: #800080;"><span style="text-decoration: underline;">écouter</span></span> </strong>et - le cas échéant – de chercher à déchiffrer le message caché d’une demande floue parce qu’émotionnelle.</li>
<li>Etre là et montrer à la personne en souffrance que quel que soit son comportement ou ses paroles, <span style="text-decoration: underline;">nous sommes avec elle</span>.</li>
</ul>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Comment ?</strong></span></p>
<ul>
<li>Grâce au <span style="text-decoration: underline;">questionnement intime</span> et authentique qui débouche sur l’écoute.</li>
</ul>
<p>Exemple : <em>« J'ai peur de mourir. » </em>Réponse : <em>« Voulez-vous me parler de votre peur ? »</em> (à condition – bien sûr – que votre attitude non verbale (ton, mimique) soit à l’exacte hauteur de l’intérêt que vous semblez porter à l’autre.)</p>
<ul>
<li>Grâce à la <span style="text-decoration: underline;">reformulation</span> : renvoyer le message avec empathie en utilisant une partie de ses termes, sans jugement de valeur, ni interprétation personnelle.</li>
</ul>
<p>Exemple : Un malade en fin de vie partage. <em>« Je voulais simplement tourner et sortir. Sortir pour partir chez moi. » </em>Après un temps, l’infirmière qui l’écoute se penche vers lui et répète : <em>« Partir chez vous ?... »</em></p>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Cela permet de :</strong></span></p>
<ul>
<li>S'assurer que l'on a bien compris, donc s’adapter rapidement à l’aidé s’il y a eu mauvaise interprétation.</li>
<li> Faire baisser l'agressivité s'il y a lieu, un gain appréciable à une époque où beaucoup d’aidés à la mentalité de « clients » <em>(« Je paye, moi ! »</em>) semblent avoir oublié le proverbe <em>« Ne mords pas la main qui te nourrit. »</em></li>
<li>Faire préciser la pensée de l’autre, uniquement s’il le désire. S’il ne le souhaite pas, vous n’aurez qu’à continuer tranquillement votre travail en arrêtant là la relation pour le moment.</li>
<li>Dédramatiser la situation, non pas à travers une attitude de déni (<em>« Vous ne devriez pas vous inquiéter »</em>), mais à travers une écoute authentique qui permettra à l’aidé de se sentir accueilli et compris.</li>
<li>Apporter une mesure en partageant avec l’aidé que vous l’avez entendu : <em>« Oui, j’entends que vous en avez assez de… »</em></li>
<li>Encourager et stimuler un aidé inhibé qui n’ose pas partager ses sentiments. Parce que nous nous ouvrons quand nous nous sentons entendus et compris.</li>
<li>Résumer la pensée de l’aidé quand il parle beaucoup. Et par là même vérifier qu’ensemble vous communiquez.</li>
<li>Clarifier sa démarche. Etre un miroir pour l’aidé peut lui permettre de se regarder.</li>
<li>Voir l'essentiel et laisser le superflu. Permettre ainsi à l’aidé de se sentir accompagné au cœur même de son problème.</li>
</ul>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Pour cela, vous avez besoin de :</strong></span></p>
<ul>
<li>Connaître la biographie de la personne (anamnèse) : ses joies / peines / réussites / échecs / métier / place sociale / idées / pratiques religieuses / peurs.<em> Souvenez-vous que pour acquérir cette connaissance, les conversations que vous avez avec vos malades et leurs familles sont une mine : vous y préparez vos accompagnements futurs. (En vous souvenant de cela vous n’aurez plus mauvaise conscience à bavarder tranquillement avec eux.)</em></li>
</ul>
<ul>
<li>Écouter la personne (peine, révolte, joie, colère, angoisse), <span style="text-decoration: underline;">sans sélectionner</span> ce qu’elle vous dit, sur la base de ce qui vous plaît ou de ce qui vous déplaît « à vous ».<em> (Pour y réfléchir, cliquez sur <a href="http://www.evolute.fr/relation-aide/ecouter" target="_blank">Ecouter</a>.)</em></li>
</ul>
<ul>
<li>Et bien sûr n’imposer ni vos idées personnelles ou religieuses, ni vos valeurs. Par contre vous « mettre à la disposition » des valeurs de l’autre. Qu’importe votre religion (ou votre absence de religion), l’important n’est-il pas d’accompagner l’autre comme il le souhaite, quitte (par exemple) à lui lire une prière qui vous est étrangère mais qui est précieuse pour lui ?</li>
</ul>
<p><span style="color: #ff6600;"><strong>Trois pièges à éviter :</strong></span></p>
<p><span style="color: #800080;">1) Si nous ne connaissons pas la réponse à la question de l’aidé :</span></p>
<p>Exemple : <em>« Je suis en mauvais terme avec mon mari, croyez-vous qu’il puisse me retirer la garde de mes enfants ? »</em></p>
<ul>
<li>Etre clair : <em>« Je ne connais pas la réponse à cette question. »</em></li>
<li>Lui montrer, avec empathie, qu’on l’a écouté : <em>« …mais je comprends que puisque vous êtes en mauvais terme avec votre mari, vous soyez soucieuse et anxieuse à l’idée qu’il puisse vous retirer la garde de vos enfants. »</em></li>
</ul>
<p>L'<span style="text-decoration: underline;">empathie</span>, c'est comme un message de paix que nous adressons à l'autre, pour lui montrer que nous l’avons écouté donc lui dire que nous sommes complètement avec lui.</p>
<p><span style="color: #800080;">2) S’il vous semble que l’aidé vous raconte des bobards :</span></p>
<p>Exemple d’un aidé pour qui vous avez constaté qu’il a dormi profondément toute la nuit. Le matin, vous entrez dans sa chambre en lui demandant <em>« Comment avez-vous dormi ? »</em> Il vous répond : <em>« J’étais très anxieuse. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. »</em></p>
<p>Ne pas prendre le <span style="text-decoration: underline;">risque de le culpabiliser</span> en lui faisant ressentir qu’il se trompe : Il n'est utile de faire ressentir son erreur à l'aidé que parce que nous avons préalablement <span style="text-decoration: underline;">vérifié qu'il peut l’entendre.</span></p>
<p>Donc lui répondre quelque chose comme : <em>« Je comprends que vous ne vous sentiez pas bien puisque vous avez l’impression de n’avoir pas dormi de la nuit. »</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><span style="color: #800080;">3) Si l’aidé est agressif et hautain :</span></p>
<p>Exemple : <em>« Est-ce que vous savez qui je suis ? Je suis le fils du Dr. X, chirurgien à l'hôpital, vous devez répondre à mes sonnettes immédiatement ! »</em></p>
<ul>
<li>Ne pas répondre <em>« Et alors ? </em>(sur un ton donneur de leçon.) <em>Vous ou un autre, pour moi vous êtes tous des malades. »</em> (même si c’est vrai).</li>
<li>Mais tenter d’ouvrir la relation en répondant quelque chose comme <em>« Je suis à votre service et je m’efforcerai de répondre à vos sonnettes comme cela me sera possible. » </em>(donc ne pas vous trahir pour autant.)</li>
</ul>
<p>Si vous le souhaitez, n’hésitez pas à proposer vos exemples de pratique professionnelle ou personnelle sur ce site.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2010<strong> Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
<p style="text-align: left;">Si vous voulez télécharger l'intégralité de cet article au format PDF, cliquez sur ce lien :</p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/accompagner_diriger.pdf">accompagner_diriger</a></p>
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Comment accompagner un enfant dont la mère se meurt ?</title>
		<link>http://www.evolute.fr/reponses-questions/accompagner-enfant-mere-meurt</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/reponses-questions/accompagner-enfant-mere-meurt#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 24 May 2010 17:49:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réponses à vos questions]]></category>
		<category><![CDATA[Accompagnement]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Parent]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.evolute.fr/?p=2689</guid>
		<description><![CDATA[L'éducation consiste à comprendre l'enfant tel qu'il est, sans lui imposer l'image de ce que nous pensons qu'il devrait être.
Krishnamurti.
Question de Solange :
Mon fils est séparé de la mère de ses deux filles (9 et 7 ans)
Elles voient régulièrement leur maman, mon fils entretenant de bonnes relations avec elle. Elle est atteinte d'un cancer très [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span style="color: #800080;"><em>L'éducation consiste à comprendre l'enfant tel qu'il est, sans lui imposer l'image de ce que nous pensons qu'il devrait être.</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #800080;"><em>Krishnamurti.</em></span></p>
<p><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Question de <strong>Solange</strong> :</span></span></p>
<p>Mon fils est séparé de la mère de ses deux filles (9 et 7 ans)<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/vague.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2706" title="vague" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/vague-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Elles voient régulièrement leur maman, mon fils entretenant de bonnes relations avec elle. Elle est atteinte d'un cancer très avancé dont malheureusement l'issue est fatale.</p>
<p>Comment préparer mes petites filles à ce terrible drame ?</p>
<p>Elles voient régulièrement un pédopsychiatre car leur comportement est difficile à l'école depuis la séparation des parents.</p>
<p><span id="more-2689"></span><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Ma réponse :</span></span></p>
<p>C’est une chance pour vos petites filles que leur père entretienne une bonne relation avec leur mère, car la manière dont votre fils se situe intérieurement par rapport à son ex-femme détermine en partie sa relation émotionnelle à ses filles, qui déterminera à son tour leur vécu personnel.</p>
<p>Il doit être difficile pour lui (s’il a été à l’origine de la séparation) de ne pas projeter (inconsciemment) sur ses enfants, au moment même où leur mère se meurt d’un cancer, sa possible mauvaise conscience de l’avoir quittée. Dans ce contexte, il peut se sentir tenté de compenser cette culpabilité en surprotégeant inconsciemment ses filles, c’est-à-dire en faisant obstacle d’une manière ou d’une autre à l’expression de leurs vécus émotionnels. La culpabilité (parce qu’elle est une émotion qui nous rend à tort responsable des vécus de l’autre) peut, par exemple, lui faire penser qu’elles devraient être plus affligées qu’elles ne semblent l’être, ou a contrario qu’elles devraient avoir déjà fait leur deuil (si elles doivent le faire), au moment où elles ne l’ont pas encore fait, ou même qu’elles ne devraient pas être agressives quand elles le sont.</p>
<p>Quand les parents culpabilisent des émotions de leurs propres enfants, ils leur demandent alors le plus souvent de les inhiber en ne les montrant pas donc de les étouffer. Et quand les émotions que vivent les enfants sont réprimées, elles s’accumulent à l’intérieur d’eux pour ressortir violemment, donc d’une manière disproportionnée, à une occasion ultérieure.</p>
<p>Préparer ces enfants, c’est d’abord avoir le courage de considérer qu’elles vont subir – inéluctablement - un second drame.</p>
<p>C’est aussi principalement se souvenir qu’<span style="color: #800080;"><strong>un parent aidant est un parent qui donne le droit à ses enfants de ressentir ce qu’ils ressentent</strong></span>,<strong> </strong>donc qui leur permet de manifester et de vivre le plus possible les émotions qui sont et qui seront les leurs sans jamais le leur reprocher.</p>
<p>En fait l’idée même de vouloir « préparer » les petites filles peut être dangereuse dans la mesure où elle peut vous faire prendre le risque de ne pas les prendre « telles qu’elles sont », c’est-à-dire telles qu’elles vivront ce nouveau drame.</p>
<p>C’est la famille qui aura besoin de « se préparer » afin de les « accompagner » donc de les suivre à la mesure de ce qu’elles vivront (et non pas tenter de les façonner à la mesure de ses peurs pour elles), elle aura besoin d’être inconditionnellement prête à tout. Pas d’idées préconçues, juste une adaptation à ce qu’elles seront, <span style="text-decoration: underline;">c’est cela qui leur permettra de continuer de se sentir aimées au cœur même de la crise qui sera la leur</span>.</p>
<p>Il n’est pas possible d’intervenir directement sur le destin de vos deux petites filles mais il est possible de tout faire pour ne pas l’alourdir davantage, cela demandera à toute la famille de l’écoute, de la patience, de la douceur et de l’amour donc de vous souvenir constamment de leur droit à la différence, même si cette différence vous apparaît à un moment de leur histoire « illogique », incongrue, ou injuste.</p>
<p style="text-align: center;">--------------------</p>
<p style="text-align: left;">Pour aller plus loin, vous pouvez lire :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.evolute.fr/education-enfants/enfant-mort" target="_blank">L'enfant et la mort.</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/reponses-questions/peur-fille-secouee-deces" target="_blank">J'ai peur que ma petite fille de 5 ans n'ait été secouée par un décès.</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/connaissance-soi/travail-deuil" target="_blank">Le travail de deuil.</a></li>
</ul>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2010 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Une expérience d&#8217;accompagnement de fin de vie</title>
		<link>http://www.evolute.fr/espace-soignants/experience-accompagnement-fin-vie</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/espace-soignants/experience-accompagnement-fin-vie#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 09 May 2010 20:00:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Espace pour les soignants]]></category>
		<category><![CDATA[Accompagnement]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.evolute.fr/?p=2640</guid>
		<description><![CDATA[COMMENT NE PAS ETRE MALADROITE POUR AIDER UN PATIENT EN FIN DE VIE ET A LA CULTURE DIFFERENTE DE LA MIENNE ?
Libre partage de Martine
Profession : Aide-Soignante
La chambre 21.
Je ne sais pas pourquoi, mais je suis toujours attirée par cette chambre. Il est là, dans son fauteuil, son peignoir sur ses épaules, assis face à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff6600;">COMMENT NE PAS ETRE MALADROITE POUR AIDER UN PATIENT EN FIN DE VIE ET A LA CULTURE DIFFERENTE DE LA MIENNE ?</span></strong></p>
<p>Libre partage de <span style="color: #ff6600;"><strong>Martine</strong></span></p>
<p>Profession : Aide-Soignante<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/coucher_soleil.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2648" title="coucher_soleil" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/coucher_soleil-300x220.jpg" alt="" width="300" height="220" /></a></p>
<p>La chambre 21.</p>
<p>Je ne sais pas pourquoi, mais je suis toujours attirée par cette chambre. Il est là, dans son fauteuil, son peignoir sur ses épaules, assis face à la télévision qui reste ouverte jour et nuit ; comme s’il voulait entendre les bruits, les sons, la musique, la présence, la vie quoi !</p>
<p>Ses yeux ouverts, le regard profond, tantôt ses yeux se ferment.</p>
<p>Sa voix est à peine perceptible et ne demande jamais rien. Il y a comme une douce odeur de l'Orient dans sa chambre.</p>
<p><span id="more-2640"></span>Quand il se sent épuisé, il émet des ah ! ah! des gémissements très durs à entendre. Il sait, il sait et à peur.</p>
<p>"Vous avez mal, Monsieur, voulez-vous un cachet pour la douleur ? Vous n'avez pas pris vos médicaments du soir, pourquoi, monsieur ?"</p>
<p>Il refuse son traitement, il ne veut pas dormir, il veut entendre, entendre, il veut voir défiler les images sur son écran de télévision.</p>
<p>"Voulez-vous que je prévienne votre famille ?" il est tard dans la soirée, et je lui dis qu’un proche peut passer la nuit à ses côtés.</p>
<p>Non! il ne veut pas sa famille, car il ne veut pas l'effrayer.</p>
<p>"Que puis-je faire pour vous, Monsieur ?" Il me fait signe qu'il voudrait s'allonger un peu. Il est très grand, tient debout, droit, oui droit avec beaucoup de force, que j'ai même la sensation qu'il veut m'aider, pour ne pas que je sente son poids, il me dit : "merci, merci"</p>
<p>A tout à l'heure , Monsieur !"</p>
<p>Une heure du matin, il est assis au bord de son lit et pousse des gémissements terribles à entendre, ah ! ah !</p>
<p>Il refuse toujours ses médicaments et veut aller sur son fauteuil, j'ai peur, j'ai peur qu'il tombe, il est mal !</p>
<p>Je m'assoie sur son lit à ses côtés et je lui prends ses mains : "Vous êtes fatigué, Monsieur et vous avez mal," Il ne répond pas.</p>
<p>Je lui masse les épaules et son dos, alors en douceur, je m'appuie contre lui dos à dos, il se laisse aller et je sens sa tête sur la mienne. J'étais comme devenue le dossier de son fauteuil, sa respiration est plus calme, je le rallonge dans son lit.</p>
<p>Trois heures du matin, Monsieur est dans son fauteuil, face à sa télévision, sa respiration est saccadée, il salive un peu.</p>
<p>Affolée, je m'approche de lui, je me fâche un peu : "Monsieur, vous n'êtes pas raisonnable, vous allez tomber, vous n'êtes pas bien, vous souffrez, il faut vous allonger, n'ayez pas peur, Monsieur, je suis à vos côtés." Entendez-moi ! Monsieur ! Entendez-moi !</p>
<p>Comme un guerrier, il se met debout, et je le réinstalle dans son lit.</p>
<p>Je comprends, je comprends qu'il va partir, ses yeux se retournent et il fait des pauses respiratoires, lentement je lui installe son peignoir sur ses épaules, et je me permets, je lui fait une bise sur son front, je l'entoure de mes bras, je suis là avec vous monsieur, les larmes coulent sur mon visage. Sa respiration est de plus en plus espacée.</p>
<p>Avec l'infirmière, nous prévenons sa famille. Sa fille nous demande, s’il est dans son lit.</p>
<p>"Oui, Madame votre papa est dans son lit"</p>
<p>Ils sont dix ! vingt ! dans la chambre, il y a des pleurs, il y a des cris, ils sont tous sur lui.</p>
<p>C'est plus fort que moi, je leur dis : "Non ! non ! non ! ne lui faites pas peur, s'il vous plaît!</p>
<p>"Il est mort ?"</p>
<p>"Mais non ! il n'est pas mort, il respire, il se prépare seulement à partir, laissez-lui de la place s'il vous plaît !" alors que l'épouse me donne raison, je prends la fille en cris dans mes bras et je la serre tout fort contre mon coeur, l'épouse nous rejoint et on est là toutes les trois entremêlées à verser des larmes. L'épouse me dit "merci, merci !"</p>
<p>L'infirmière, sans rien dire pousse la porte de la chambre, je me sens transportée au milieu de tous, dans la petite chambre de l'hôpital.</p>
<p>Tout d'un coup, j'entends une petite voix m'appeler.</p>
<p>Elle me connait, mais oui je la connais, une amie de quartier, lorsque j'avais trente ans.</p>
<p>Djamila ! mais que fais-tu ici ?</p>
<p>"C'est mon papa", me dit-elle</p>
<p>"Oh non ! " alors je la serre dans mes bras !</p>
<p>C'était donc cela l'étrange attirance de la chambre 21.</p>
<p>L'imam arrive et fait ses prières, il me regarde, je lui dis gauchement, "il quitte son corps, c'est maintenant à la volonté de Dieu ou Allah".</p>
<p>L'imam me répond "Dieu ou Allah, c'est pareil ! "</p>
<p>Je ne sais pas ce qu'il me prend mais je lui serre très fort les bras et je lui dis "merci"</p>
<p>"C'est cela la vie, me dit-il ! C'est naître pour partir un jour ! "</p>
<p>Je vois Monsieur assis dans son fauteuil.</p>
<p>Il a comme un diamant dans son regard, il me sourit et me dit : "Merci !"</p>
<p>Au revoir Monsieur !</p>
<p>Merci, merci, merci, me dit-il.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #800080;"><em>Vous êtes aidant, soignant et vous souhaitez être publié sur ce site ? </em></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #800080;"><em>N'hésitez pas à m'envoyer votre texte !</em></span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Un peu de détente&#8230;</title>
		<link>http://www.evolute.fr/videos-diapos/detente</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/videos-diapos/detente#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 06 May 2010 19:50:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vidéos, diaporamas]]></category>
		<category><![CDATA[Rire]]></category>

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		<description><![CDATA[« Le rire, c'est une dégradation des valeurs pour s'en affranchir, parce qu'elles sont pesantes. »
Raymond Devos.
« Le monde entier est une scène, et tous les hommes et les femmes sont des acteurs sur cette scène. »
Shakespeare.

Vous revenez fatigués de votre journée de travail, ce petit film est pour vous...
Mais n'oubliez pas de mettre le son !

(Durée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child " style="text-align: center;"><em><span style="color: #800080;">« Le rire, c'est une dégradation des valeurs pour s'en affranchir, parce qu'elles sont pesantes. »</span></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #800080;">Raymond Devos.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #800080;"><em>« </em><em>Le monde entier est une scène, et tous les hommes et les femmes sont des acteurs sur cette scène.</em><em> »</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #800080;"><em>Shakespeare.<br />
</em></span></p>
<p>Vous revenez fatigués de votre journée de travail, ce petit film est pour vous...</p>
<p>Mais n'oubliez pas de mettre le son !</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="384" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/x93rrd" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="384" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/x93rrd" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;">(Durée : 06:47)</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Comment parvenir à guérir de son enfance ?</title>
		<link>http://www.evolute.fr/reponses-questions/parvenir-guerir-enfance</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/reponses-questions/parvenir-guerir-enfance#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 May 2010 13:04:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réponses à vos questions]]></category>
		<category><![CDATA[Enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Guérir]]></category>
		<category><![CDATA[Psychothérapie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.evolute.fr/?p=2576</guid>
		<description><![CDATA[« Si vous n'avez pas confiance en vous, si vous ne vous aimez pas, alors ne pensez pas aux aspects douloureux de vos vies. Songez plutôt à ce fantastique potentiel d'être humain que vous détenez. Il ne demande qu'à croître. »
Dalaï-Lama.
« C'est nous qui acceptons d'être blessés. »
G.I. Gurdjieff.
Question de Marius :
A 5 mois de la retraite [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="color: #800080;">« Si vous n'avez pas confiance en vous, si vous ne vous aimez pas, alors ne pensez pas aux aspects douloureux de vos vies. Songez plutôt à ce fantastique potentiel d'être humain que vous détenez. Il ne demande qu'à croître. »</span></em></p>
<p class="first-child " style="text-align: right;"><em><span style="color: #800080;">Dalaï-Lama.</span></em></p>
<p style="text-align: left;"><em><span style="color: #800080;"><em>« </em>C'est nous qui acceptons d'être blessés.<em> »</em></span></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #800080;">G.I. Gurdjieff.</span></em></p>
<p><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Question de <strong>Marius</strong> :<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/adolescence.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-2594" title="adolescence" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/adolescence.jpg" alt="" width="200" height="212" /></a></span></span></p>
<p>A 5 mois de la retraite à Toulouse.</p>
<p>Bientôt 60 ans (malade), je n'ai toujours pas réussi à accepter mon enfance (blessures psychologiques), manque évident de confiance en moi... aucune envie... dépressif depuis mon enfance (avec des hauts et des bas).</p>
<p>Quels conseils pourriez vous me donner ?</p>
<p>Merci pour votre réponse.</p>
<p><span id="more-2576"></span><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Ma réponse :</span></span></p>
<p>Sans doute connaissez-vous la chanson de Jean Ferrat :</p>
<p><em>« Chacun de nous a son histoire</em></p>
<p><em>Et dans notre cœur à l'affût</em></p>
<p><em>Le va-et-vient de la mémoire</em></p>
<p><em>Ouvre et déchire ce qu'il fut</em></p>
<p><em>Nul ne guérit de son enfance. »</em></p>
<p>Nos cœurs sont-ils condamnés pour toujours à être meurtris par le passé ou est-il possible de définitivement guérir de ses blessures d’enfance ?</p>
<p><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Pour y voir un peu plus clair, tentons de comprendre comment nous sommes devenus ce que nous sommes.</span></span></p>
<p>Au tout début, il y a notre innocence première : personne ne choisit délibérément les personnes qui l’accueillent sur la planète au moment de sa naissance. De même qu’une fondamentale inégalité physique nous caractérise (certains naissent même handicapés, d’autres pas) nous avons – les uns et les autres – été très diversement accueillis par ceux qui nous ont fait naître. Certains ont été aimés et se sont sentis aimés, d’autres (sans doute la majorité) ont des géniteurs qui prétendent les avoir aimés mais ils ne se sont jamais sentis réellement aimés, d’autres encore savent qu’ils n’ont jamais été aimés.</p>
<p>Tous méritent de vivre, tous ont – à égalité – le droit de vivre et d’être heureux, ceux qui ont été aimés au même titre que ceux qui ne l’ont pas été, mais tous ne parviendront pas à l’être car les conditions de leur venue sur terre vont peser très fort sur leur devenir.</p>
<p>Le début de la vie (naissance et premières années) se confond avec une extrême vulnérabilité. Nous n’avons aucune idée préconçue sur nous-mêmes, (nous ne savons pas qui nous sommes), mais juste des besoins et des désirs, les uns demandant à être respectés, les autres à pouvoir se projeter dans l’avenir. Nous sentons tous notre incomplétude et nous la crions (littéralement) corps et âme, en tentant d’y survivre.</p>
<p>Dans cette extrême dépendance, il nous est bien sûr impossible de « faire les difficiles » : obligés par la nécessité, coûte que coûte, nous sommes prêts à conclure n’importe quel pacte avec ceux qui nous accueillent, pourvu qu’ils nous permettent de survivre.</p>
<p>Pire, n’ayant aucune idée préconçue sur nous-mêmes, nous sommes prêts à croire tout ce que nous disent ceux qui nous accueillent dès que nous comprenons ce qu’ils expriment.</p>
<p>Pour le meilleur comme pour le pire, dès le premier jour de notre naissance, nous sommes tous constamment bombardés par des suggestions qui nous limitent : <em>« tu vas tomber »</em> (lorsque nous courons un peu vite), <em>« tu vas salir »</em> (quand nous jouons avec l’eau) <em>« tu vas te faire mal »</em> (quand nous jouons avec des ciseaux) etc. Nous sommes aussi  souvent la proie d’injonctions qui nous déterminent : <em>« méfie-toi des hommes ma fille » ; « un garçon ne pleure pas » ; « dans la vie si tu ne fais pas partie des gagnants, tu seras un perdant » ; « tu dois être parfait » etc.</em></p>
<p>L’éducation, c’est la découverte progressive de ce que l’on va connaître, mais c’est aussi la fermeture à tout ce que l’on n’a pas pu apprendre.</p>
<p>Quand ceux qui détiennent notre survie nous expliquent, par exemple, que nous ne sommes pas assez gentils, nous n’avons pas d’autres choix que celui d’en convenir, avec l’espoir inconscient de nous sentir (en échange) aimés par eux.</p>
<p>Quand notre mère, en proie à une souffrance insupportable pour elle (cela arrive  sans que nous y soyons pour quoi que ce soit !) nous dit que nous sommes le drame de son existence, nous donnons notre accord pour « être » le drame de notre mère, donc pour nous renier nous-mêmes. Quand elle nous dit que nous sommes celui qui va pouvoir racheter la médiocrité de sa propre vie, nous la croyons et nous nous conformons, le plus souvent, à ce qu’elle veut que nous fassions de notre vie.</p>
<p>Mais quand elle nous fait sentir à travers la manière dont elle nous berce, dont elle nous parle et dont elle pose son regard sur nous, que nous sommes des êtres humains différents et respectables, là aussi, nous croyons que nous sommes des êtres humains différents et respectables parce que nous nous sentons aimés.</p>
<p>C’est ainsi que – peu à peu – et sur la base de ce que les autres ont dit de nous, s’est développée la première idée que nous nous sommes faits de nous-mêmes.</p>
<p>En fait, le sentiment premier que chacun a de lui-même, (tel qu'il est décrit par la psychologie moderne), provient du premier stade de son développement : <span style="color: #800080;"><strong>l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes et des autres est liée aux personnes avec qui nous sommes entrées en contact lors des premières années de notre vie.</strong></span> Tout au long de notre enfance, nous remodèlerons l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes, à travers les réactions de notre entourage et par ce que nous renvoie notre environnement.</p>
<p>Parce que notre mère nous trouve mignon, nous allons penser que nous sommes mignons, donc faire le beau devant les adultes qui nous trouveront mignons. Parce que nous avons eu peur de lui, nous allons (par exemple) mentir à notre père qui, quand il s’en apercevra, nous traitera de menteur et de peureux, créant ainsi l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes : une personne menteuse et peureuse (c’est-à-dire qui se conforme à ce que son père a dit d’elle).</p>
<p>Quand un être organise sa vie en fonction de quelques croyances négatives et fausses sur lui-même (ses « schémas »), il y a de fortes chances que le cours de son existence les confirme : parce qu’elle s’est sentie trahie par son père qui a quitté sa mère quand elle n’avait que dix ans, cette jeune femme se méfiera des hommes qu’elle rencontrera, induisant ainsi une réserve de leur part. Une autre, plus paranoïaque, ne pourra faire autrement que de s’imaginer que les hommes qui la complimentent se moquent d’elle, induisant ainsi une rupture que pourtant, à un niveau plus profond, elle redoute.</p>
<p>Par la suite, cette première image de soi-même (le plus souvent négative) est renforcée par les maîtres d'école, les professeurs, l'autorité et les gens que nous rencontrons. Le médecin, pédiatre et écrivain Janusz Korczak, qui s’est laissé déporter au camp d’extermination de Treblinka avec les enfants du ghetto de Varsovie pour ne pas les abandonner, faisait remarquer : <em>« Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu'il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »</em></p>
<p>A l’inverse, si des liens affectifs solides se créent avec nos parents et nos éducateurs et que ceux-ci nous respectent, une saine estime de nous-mêmes s'élabore. Un enfant respecté est un enfant qui assumera ses actes et sera prêt à reconnaître et accepter ses contradictions parce qu’il aura confiance en lui-même.</p>
<p>C'est donc à partir de ce conditionnement permanent que se développe un <span style="color: #800080;"><strong>sentiment habituel de soi</strong></span> basé sur les schémas de notre petite enfance et recréé à travers nos rencontres et nos comportements à mesure que nous nous développons dans l'équilibre ou la névrose.</p>
<p>Le philosophe et stoïcien latin Sénèque disait que <em>« ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles. »</em> Ce qui signifie que<strong> <span style="color: #800080;">le regard que nous posons sur nous-mêmes détermine nos comportements</span></strong>… et que la plupart d’entres nous avons substitué en nous un état de méfiance à un état de confiance.</p>
<p>Il est donc crucial que nous nous intéressions de beaucoup plus près à la manière dont nous sommes devenus méfiants vis-à-vis de nous-mêmes, donc au regard (issu de notre apprentissage) que nous posons sur nous-mêmes, c’est à ce prix que nous parviendrons peu à peu à « liquider » nos blessures d’enfance.</p>
<p><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Prenons l’exemple d’une personne à la personnalité dépressive :</span></span></p>
<p>Par définition, elle subit un certain nombre de croyances : elle se considère généralement (parce qu’elle l’a appris) la victime de son « caractère », soi-disant établi une fois pour toutes, elle se répète ainsi pendant des années qu’elle ne peut pas changer, créant en elle-même la certitude de son incurabilité. Parce que son entourage (bien souvent maladroit, mais les personnalités dépressives ne sont-elles pas extrêmement lourdes à gérer ?) la persuade que « quand on veut, on peut », elle pense aussi (à tort) qu’il suffit de « se secouer » pour aller mieux, elle s’en veut considérablement, renforçant ainsi son mal-être et sa culpabilité, quand elle essaye de se secouer et n’y parvient pas. Bon an mal an, elle tente de se revaloriser avec une image d’elle-même « dure au mal » qui l’empêche de demander de l’aide à un thérapeute.</p>
<p>Elle devient ainsi incapable de <span style="color: #800080;"><strong>se poser les questions lucides</strong></span> concernant l’origine de sa manière de se représenter et de vivre l’existence, et donc de réaliser que son mal-être est réel et qu’elle a besoin d’aide :</p>
<ul>
<li>Qui m’a appris que nous devons nous sentir condamnés à devoir toujours répéter les mêmes comportements ? Est-ce vrai ? (Je subis une influence.)</li>
<li>Quelle démonstration véridique ai-je de la formule « quand on veut, on peut » ? L’être humain est-il une pure volonté ? (C’est toujours mon impuissance actuelle qui est réelle.)</li>
<li>Est-ce vraiment égoïste de se prendre en compte ? Est-ce égoïste de considérer que prendre soin de l’autre ce n’est pas le prendre en charge ? (Je pense que je n’ai pas le droit de vivre.)</li>
</ul>
<p>Récemment, un jeune homme avec qui je travaille et qui vit actuellement un épisode dépressif dans son existence, m’écrit, après une séance d’expression émotionnelle dans laquelle il avait beaucoup sangloté : <em>« Je ne me rendais pas compte à quel point j'ai besoin d'amour et de marque d'affection (mais est-ce que j'en ai manqué ? je ne crois pas ?). Franchement je ne suis pas à plaindre. »</em></p>
<p>Remarquez que ce jeune homme – dans la même phrase – partage qu’il se rend compte de son besoin d’amour et d’affection (donc qu’il en manque) et s’empresse - manifestement inconsciemment - de préciser qu’il n’en a jamais manqué donc qu’il n’est pas à plaindre. Il obéit ainsi à l’injonction « tu n’as pas le droit de te plaindre », se mettant ainsi une pression terrible sur lui-même, qui est en partie à l’origine de son incapacité grandissante à agir.</p>
<p>Il va s’agir pour lui de comprendre de l’intérieur ce qui le pousse ainsi à ne pas oser s’ouvrir à ses propres besoins, à ses propres désirs. Le travail entrepris depuis quelques mois avec moi, lui a permis de découvrir que sa mère est une personne castratrice et autoritaire qui ne lui avait, par exemple, jamais permis d’avoir une liaison avec une femme, et qui avait exercé une pression considérable sur lui en lui tenant des propos du type <em>« J’espère que tu ne me feras jamais la même chose que ce que m’a fait ton frère »</em> (qui lui s’était permis d’avoir une petite amie). Il découvre donc qu’il avait préféré renoncer à toute relation sentimentale plutôt que de décevoir sa mère, quitte à déclencher des crises d’asthme… et que, aujourd’hui encore (alors même qu’il est marié et vient d’être père), il lui est impossible de renoncer à satisfaire les besoins de sa mère parce que cela serait « égoïste »…</p>
<p>La simple pensée d’obéir à ses propres besoins, en se donnant le droit de les avoir, comme de ressentir ses désirs - qui lui permettrait de se projeter dans l’avenir - lui paraît (pour le moment) plus handicapante que les crises d’asthme et d’angoisses, conséquences de son inhibition.</p>
<p>Pour sortir un jour de ses crises d’angoisses, il lui faudra oser remettre en cause son allégeance à sa mère, oser lui être infidèle, oser renoncer au pacte malsain qu’elle l’a obligé à faire, lui qui s’était juré de lui rester éternellement fidèle… dans une famille dans laquelle le père avait toujours brillé par son absence ou sa soumission.</p>
<p>Rompre la promesse mortifère faite à la mère tentaculaire et incestueuse… pour pouvoir vivre enfin !</p>
<p>Plus généralement, que pouvons-nous faire pour accepter notre enfance (telle qu’elle a été), pour que les blessures ou traumatismes anciens subis ne soient plus un handicap à notre épanouissement actuel ?</p>
<p><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Voici 7 points qui me paraissent essentiels pour sortir de l’emprise de son enfance :</span></span> <span style="color: #800080;"><strong> </strong></span></p>
<ol>
<li><span style="color: #800080;"><strong>L’enjeu n’est pas dans le passé mais ici et maintenant.</strong></span> Ce n’est pas « notre enfance » en elle-même qui est la cause de notre perturbation émotionnelle actuelle, car les perturbations émotionnelles que nous pouvons ressentir aujourd’hui à propos de notre enfance sont causées par ce que nous nous racontons à nous-mêmes en ce moment.</li>
<li><span style="color: #800080;"><strong>Se confronter à ce que dit « la réalité ».</strong></span> Il est possible et souhaitable de confronter les idées qui nous troublent aujourd’hui en les comparant à la réalité de ce que nous vivons afin de découvrir si elles sont vraies ou fausses. Par exemple identifier une émotion que nous avons ressentie dans notre enfance et que nous ressentons encore aujourd’hui, voir si elle est adaptée ou non à la situation présente, puis identifier les idées (ce que nous nous disons à nous-mêmes) qui donnent naissance à cette émotion.</li>
<li><span style="color: #800080;"><strong>Les choses sont toujours telles qu’elles sont.</strong> </span>Ceux qui nous ont porté préjudice pendant notre enfance l’ont toujours fait en fonction des émotions qu’ils vivaient à cette époque, (dans un tel contexte) ils ne pouvaient pas s’empêcher de le faire. Chacun agit ici et maintenant selon sa nécessité émotionnelle, qu’elle soit avantageuse ou maltraitante pour l’autre n’y change rien.</li>
<li><span style="color: #800080;"><strong>Rester fidèle à soi-même et à ce que l’on est.</strong></span> Nous avons parfaitement le droit de n’avoir aucune affection et même de détester ceux qui nous ont maltraité, quand nous pensons qu’ils sont à l’origine de notre souffrance. Nous ne leur devons rien, <span style="text-decoration: underline;">il ne s’agit donc pas de leur pardonner</span>, mais de convenir posément qu’étant donné qui ils étaient, ils ne pouvaient pas agir autrement. (Personne ne choisit ses géniteurs ni ses éducateurs.)</li>
<li><span style="color: #800080;"><strong>Oser prendre l’initiative de l’action.</strong></span> Nous pouvons « vaincre la malédiction » qui nous oblige à obéir à nos schémas répétitifs. (C’est, par exemple, parce que nous nous sommes habitués depuis l’enfance à considérer certains autres comme des dangers que nous les ressentons aujourd’hui comme tels et que nous adoptons à leur égard des comportements inappropriés de fuite ou de prudence exagérée.)</li>
<li><span style="color: #800080;"><strong>S’assumer en tant qu’être humain.</strong> </span>Ce qui est dramatique ce n’est pas de s’évaluer soi-même négativement mais de s’évaluer tout court. Personne ne vaut rien « en lui-même », chacun est « ce qu’il est », il est donc absurde et malsain de se comparer aux autres. La valeur d’une personne ou d’une chose n’exprime que le rapport qui s’établit entre les caractéristiques objectives de cette personne ou de cette chose et les désirs de celui qui peut voir en cette personne ou cette chose quelque chose d’utile et précieux ou d’inutile et nuisible. En réalité <span style="text-decoration: underline;">nous sommes tous incomparables et nous avons le droit de vivre</span> ; si nous en restons là dans nos pensées, nous ne déprimerons jamais.<span style="color: #800080;"> </span></li>
<li><span style="color: #800080;"><strong>Cesser de se lamenter.</strong></span> Il est possible de s’exercer à ne plus se plaindre de son enfance (la plainte est la démarche de celui qui n’a pas encore fait son deuil de ce dont il se plaint), donc travailler patiemment à changer les effets des influences négatives subies dans le passé, que nous continuons de subir tant que nous ne les confrontons pas à la réalité. Si aller mieux est un choix qui ne dépend que de nous, nous sommes les seuls responsables de notre vie.</li>
</ol>
<p>Pour résumer, l’éducation parfaite n’existe pas, tout parent est un apprenti, c’est normal car il n’y a pas un seul domaine de l’existence dans lequel l’apprentissage ne passe pas par l’erreur.</p>
<p>En conséquence, chacun de nous a été plus ou moins malmené dans l’enfance, certains ont été carrément maltraités. C’est ainsi, il n’est pas possible de rembobiner le film pour le jouer différemment, notre seule chance de nous en sortir est de l’assumer en le traversant.</p>
<p>Les souvenirs de notre enfance seront toujours « ce qu’ils ont été », si nous focalisons notre vie sur eux, ils nous détruiront. Il n’est pas possible de tricher avec eux, mais il est possible d’être habile avec eux, d’être plus fins qu’eux.</p>
<p>Etre habile, c’est s’ouvrir à ces souvenirs douloureux de telle manière que nous pourrons les digérer au lieu de chercher à les oublier – ce qui leur donne de la force. C’est le seul moyen qui s’offre à nous pour transformer les blessures actuelles (qui purulent) en cicatrices propres.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Des habitudes contractées pendant nos années d’enfance et d’adolescence se sont forgées en nous, nous obligeant à obéir à des (fausses) lois (par exemple : <em>« Je dois être parfait » ; « Je suis un homme donc je ne dois pas montrer mes émotions » etc.)</em>.<em> </em>Et comme la force d’inertie des habitudes est immense, il se peut que nous ayons besoin d’être aidés par un thérapeute pour prendre conscience que ces lois sont fausses, donc nous en libérer. Mais de même que – dit-on – celui qui se rend chez le médecin est déjà à moitié guéri, savoir qu’il est possible de guérir de ses blessures d’enfance c’est faire un immense pas vers la guérison.</p>
<p>Pour aller plus loin, cliquez sur <a href="http://www.evolute.fr/category/connaissance-soi" target="_blank">Connaissance de soi</a>, vous y trouverez aussi des articles sur la relation thérapeutique.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2010 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
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		<title>Etes-vous au clair avec votre culpabilité ?</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Mar 2010 11:30:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tests & Questionnaires]]></category>
		<category><![CDATA[Culpabilité]]></category>

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		<description><![CDATA[Auteur : © Renaud PERRONNET
(Libre adaptation des pensées d’Epictète, d’Albert Ellis et de Lucien Auger qui sont à l’origine de la thérapie émotivo-rationnelle.)
Voulez-vous tenter de comprendre de l'intérieur la manière dont vous vous y prenez pour - non seulement vous sentir coupables - mais aussi croire sincèrement en votre culpabilité ?
Prenez votre temps pour répondre à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="first-child "><span style="color: #ff6600;"><span style="color: #000000;">Auteur : </span><strong>© Renaud PERRONNET<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/culpabilite2.png"><img class="alignright size-medium wp-image-2536" title="culpabilite2" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/culpabilite2-300x211.png" alt="" width="300" height="211" /></a></strong></span></p>
<p>(Libre adaptation des pensées d’Epictète, d’Albert Ellis et de Lucien Auger qui sont à l’origine de la thérapie émotivo-rationnelle.)</p>
<p>Voulez-vous tenter de comprendre de l'intérieur la manière dont vous vous y prenez pour - non seulement vous sentir coupables - mais aussi croire sincèrement en votre culpabilité ?</p>
<p>Prenez votre temps pour répondre à ces questions, pour lire leurs commentaires et n’hésitez pas à me faire part de vos éventuels besoins d’explications…</p>
<p><span id="more-2517"></span><strong><span style="color: #ff6600;">Le Quizz de 16 questions :</span></strong></p>
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<div class="quiz-area single-page-quiz">
<form action="" method="post" class="quiz-form" id="quiz-9">
<div class='quizzin-question' id='question-1'><div class='question-content'>1. La culpabilité est causée par l’idée suivante :</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='87' /><input type='radio' name='answer-87' id='answer-id-509' class='answer answer-1 ' value='509' /><label for='answer-id-509' id='answer-label-509' class=' answer label-1'><span>Je n’ai pas le droit d’avoir agi comme j'ai agi.</span></label><br /><input type='radio' name='answer-87' id='answer-id-510' class='answer answer-1 ' value='510' /><label for='answer-id-510' id='answer-label-510' class=' answer label-1'><span>Je ne pourrai certainement pas faire face à cette situation délicate.</span></label><br /><input type='radio' name='answer-87' id='answer-id-511' class='answer answer-1 ' value='511' /><label for='answer-id-511' id='answer-label-511' class=' answer label-1'><span>Je ne vaux pas grand chose.</span></label><br /><input type='radio' name='answer-87' id='answer-id-512' class='answer answer-1 ' value='512' /><label for='answer-id-512' id='answer-label-512' class=' answer label-1'><span>L’autre n’a pas le droit d’agir comme il agit.</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-2'><div class='question-content'>2. Si je proclame des lois pour les autres, il y a de fortes chances que j’en proclame pour moi.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='88' /><input type='radio' name='answer-88' id='answer-id-464' class='answer answer-2 ' value='464' /><label for='answer-id-464' id='answer-label-464' class=' answer label-2'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-88' id='answer-id-465' class='answer answer-2 ' value='465' /><label for='answer-id-465' id='answer-label-465' class=' answer label-2'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-88' id='answer-id-466' class='answer answer-2 ' value='466' /><label for='answer-id-466' id='answer-label-466' class=' answer label-2'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-3'><div class='question-content'>3. La culpabilité est une émotion très utile.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='89' /><input type='radio' name='answer-89' id='answer-id-467' class='answer answer-3 ' value='467' /><label for='answer-id-467' id='answer-label-467' class=' answer label-3'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-89' id='answer-id-468' class='answer answer-3 ' value='468' /><label for='answer-id-468' id='answer-label-468' class=' answer label-3'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-89' id='answer-id-469' class='answer answer-3 ' value='469' /><label for='answer-id-469' id='answer-label-469' class=' answer label-3'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-4'><div class='question-content'>3. Se sentir coupable permet à une personne de ne pas reproduire l’acte pour lequel elle se sent coupable.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='90' /><input type='radio' name='answer-90' id='answer-id-470' class='answer answer-4 ' value='470' /><label for='answer-id-470' id='answer-label-470' class=' answer label-4'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-90' id='answer-id-471' class='answer answer-4 ' value='471' /><label for='answer-id-471' id='answer-label-471' class=' answer label-4'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-90' id='answer-id-472' class='answer answer-4 ' value='472' /><label for='answer-id-472' id='answer-label-472' class=' answer label-4'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-5'><div class='question-content'>5. Si je souhaite cesser de reproduire un de mes comportements, il est plus utile pour moi de voir les avantages que j'ai à ne pas le reproduire, plutôt que de m’en sentir coupable.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='91' /><input type='radio' name='answer-91' id='answer-id-473' class='answer answer-5 ' value='473' /><label for='answer-id-473' id='answer-label-473' class=' answer label-5'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-91' id='answer-id-474' class='answer answer-5 ' value='474' /><label for='answer-id-474' id='answer-label-474' class=' answer label-5'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-91' id='answer-id-475' class='answer answer-5 ' value='475' /><label for='answer-id-475' id='answer-label-475' class=' answer label-5'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-6'><div class='question-content'>6. Les gestes que je pose ont toujours des conséquences.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='92' /><input type='radio' name='answer-92' id='answer-id-476' class='answer answer-6 ' value='476' /><label for='answer-id-476' id='answer-label-476' class=' answer label-6'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-92' id='answer-id-477' class='answer answer-6 ' value='477' /><label for='answer-id-477' id='answer-label-477' class=' answer label-6'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-92' id='answer-id-478' class='answer answer-6 ' value='478' /><label for='answer-id-478' id='answer-label-478' class=' answer label-6'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-7'><div class='question-content'>7. J’ai le droit de commettre des erreurs.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='93' /><input type='radio' name='answer-93' id='answer-id-479' class='answer answer-7 ' value='479' /><label for='answer-id-479' id='answer-label-479' class=' answer label-7'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-93' id='answer-id-480' class='answer answer-7 ' value='480' /><label for='answer-id-480' id='answer-label-480' class=' answer label-7'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-93' id='answer-id-481' class='answer answer-7 ' value='481' /><label for='answer-id-481' id='answer-label-481' class=' answer label-7'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-8'><div class='question-content'>8. J’ai le droit de faire des bêtises.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='94' /><input type='radio' name='answer-94' id='answer-id-482' class='answer answer-8 ' value='482' /><label for='answer-id-482' id='answer-label-482' class=' answer label-8'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-94' id='answer-id-483' class='answer answer-8 ' value='483' /><label for='answer-id-483' id='answer-label-483' class=' answer label-8'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-94' id='answer-id-484' class='answer answer-8 ' value='484' /><label for='answer-id-484' id='answer-label-484' class=' answer label-8'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-9'><div class='question-content'>9. Parce que j’ai le droit de faire n’importe quoi, cela prouve qu’il est intelligent de faire n’importe quoi.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='95' /><input type='radio' name='answer-95' id='answer-id-485' class='answer answer-9 ' value='485' /><label for='answer-id-485' id='answer-label-485' class=' answer label-9'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-95' id='answer-id-486' class='answer answer-9 ' value='486' /><label for='answer-id-486' id='answer-label-486' class=' answer label-9'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-95' id='answer-id-487' class='answer answer-9 ' value='487' /><label for='answer-id-487' id='answer-label-487' class=' answer label-9'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-10'><div class='question-content'>10. Alors même que j’ai le droit de faire n’importe quoi, il peut être nuisible de faire n’importe quoi.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='96' /><input type='radio' name='answer-96' id='answer-id-488' class='answer answer-10 ' value='488' /><label for='answer-id-488' id='answer-label-488' class=' answer label-10'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-96' id='answer-id-489' class='answer answer-10 ' value='489' /><label for='answer-id-489' id='answer-label-489' class=' answer label-10'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-96' id='answer-id-490' class='answer answer-10 ' value='490' /><label for='answer-id-490' id='answer-label-490' class=' answer label-10'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-11'><div class='question-content'>11. Dans la vie, je peux avoir intérêt à ne pas agir.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='97' /><input type='radio' name='answer-97' id='answer-id-491' class='answer answer-11 ' value='491' /><label for='answer-id-491' id='answer-label-491' class=' answer label-11'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-97' id='answer-id-492' class='answer answer-11 ' value='492' /><label for='answer-id-492' id='answer-label-492' class=' answer label-11'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-97' id='answer-id-493' class='answer answer-11 ' value='493' /><label for='answer-id-493' id='answer-label-493' class=' answer label-11'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-12'><div class='question-content'>12. La culpabilité est toujours la conséquence d’un jugement.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='98' /><input type='radio' name='answer-98' id='answer-id-494' class='answer answer-12 ' value='494' /><label for='answer-id-494' id='answer-label-494' class=' answer label-12'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-98' id='answer-id-495' class='answer answer-12 ' value='495' /><label for='answer-id-495' id='answer-label-495' class=' answer label-12'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-98' id='answer-id-496' class='answer answer-12 ' value='496' /><label for='answer-id-496' id='answer-label-496' class=' answer label-12'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-13'><div class='question-content'>13. Parce qu’il peut-être nuisible de faire n’importe quoi, je n’ai pas le droit de faire n’importe quoi.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='99' /><input type='radio' name='answer-99' id='answer-id-497' class='answer answer-13 ' value='497' /><label for='answer-id-497' id='answer-label-497' class=' answer label-13'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-99' id='answer-id-498' class='answer answer-13 ' value='498' /><label for='answer-id-498' id='answer-label-498' class=' answer label-13'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-99' id='answer-id-499' class='answer answer-13 ' value='499' /><label for='answer-id-499' id='answer-label-499' class=' answer label-13'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-14'><div class='question-content'>14. Lorsque j’agis comme j'agis, c’est parce que je pense qu’il est de mon avantage d’agir comme j’agis.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='100' /><input type='radio' name='answer-100' id='answer-id-500' class='answer answer-14 ' value='500' /><label for='answer-id-500' id='answer-label-500' class=' answer label-14'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-100' id='answer-id-501' class='answer answer-14 ' value='501' /><label for='answer-id-501' id='answer-label-501' class=' answer label-14'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-100' id='answer-id-502' class='answer answer-14 ' value='502' /><label for='answer-id-502' id='answer-label-502' class=' answer label-14'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-15'><div class='question-content'>15. Il est possible qu’un être humain se trompe à propos de ses intérêts véritables.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='101' /><input type='radio' name='answer-101' id='answer-id-503' class='answer answer-15 ' value='503' /><label for='answer-id-503' id='answer-label-503' class=' answer label-15'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-101' id='answer-id-504' class='answer answer-15 ' value='504' /><label for='answer-id-504' id='answer-label-504' class=' answer label-15'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-101' id='answer-id-505' class='answer answer-15 ' value='505' /><label for='answer-id-505' id='answer-label-505' class=' answer label-15'><span>Douteux</span></label><br /></div><div class='quizzin-question' id='question-16'><div class='question-content'>16. En fait la culpabilité est de l'hostilité dirigée contre soi-même.</div><br /><input type='hidden' name='question_id[]' value='102' /><input type='radio' name='answer-102' id='answer-id-506' class='answer answer-16 ' value='506' /><label for='answer-id-506' id='answer-label-506' class=' answer label-16'><span>Vrai</span></label><br /><input type='radio' name='answer-102' id='answer-id-507' class='answer answer-16 ' value='507' /><label for='answer-id-507' id='answer-label-507' class=' answer label-16'><span>Faux</span></label><br /><input type='radio' name='answer-102' id='answer-id-508' class='answer answer-16 ' value='508' /><label for='answer-id-508' id='answer-label-508' class=' answer label-16'><span>Douteux</span></label><br /></div><br />
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</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2010 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
<p>Pour aller plus loin dans votre réflexion, n'hésitez pas à lire :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.evolute.fr/connaissance-soi/culpabilite-amour-de-soi" target="_blank">Culpabilité et amour de soi</a>.</li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/reponses-questions/pardon-fidelite-soi-meme" target="_blank">Le pardon ou la fidélité à soi-même ?</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/reponses-questions/mere-culpabilise" target="_blank">Ma propre mère me culpabilise, comment en sortir ?</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/reponses-questions/culpabilise-mere-mourir-seule" target="_blank">Je culpabilise d'avoir laissé ma mère mourir seule.</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/reponses-questions/pas-bonne-mere-mechancete" target="_blank">Je m'en veux de ne pas être une bonne mère et déborde de méchanceté, que faire ?</a></li>
</ul>
<p>Ce quizz vous a intéressé, vous en trouverez d'autres sur <a href="http://www.evolute.fr/category/quizz" target="_self">Tests et Questionnaires</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.evolute.fr/quizz/test-culpabilite/feed</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Je bats ma femme comment arrêter ?</title>
		<link>http://www.evolute.fr/reponses-questions/arreter_battre_femme</link>
		<comments>http://www.evolute.fr/reponses-questions/arreter_battre_femme#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Mar 2010 22:54:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renaud Perronnet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réponses à vos questions]]></category>
		<category><![CDATA[Femme]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.evolute.fr/?p=2478</guid>
		<description><![CDATA[« Le meilleur service que l’on puisse rendre à l’autre, c’est de lui faire comprendre que c’est l’inconscient qui l’incite à agir et de l’aider à comprendre cet inconscient. »
S. Prajñânpad.
 
« Nul n’est méchant volontairement. »
Socrate.
Question de Casadessus :
Je bats ma femme et la fais souffrir comment faire pour arrêter et plutôt l’aider ?
Ma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #800080;"><em>« Le meilleur service que l’on puisse rendre à l’autre, c’est de lui faire comprendre que c’est l’inconscient qui l’incite à agir et de l’aider à comprendre cet inconscient. »</em></span></p>
<p class="first-child " style="text-align: right;"><span style="color: #800080;"><em>S. Prajñânpad.</em></span></p>
<p><span style="color: #800080;"><em> </em></span></p>
<p><span style="color: #800080;"><em>« Nul n’est méchant volontairement. »</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #800080;"><em>Socrate.</em></span></p>
<p><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Question de <strong>Casadessus</strong> :<a href="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/battre_femme.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2489" title="battre_femme" src="http://www.evolute.fr/wp-content/uploads/battre_femme-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></span></span></p>
<p>Je bats ma femme et la fais souffrir comment faire pour arrêter et plutôt l’aider ?</p>
<p><span style="color: #ff6600;"><span style="text-decoration: underline;">Ma réponse :</span></span></p>
<p>Si la souffrance que vous infligez à votre femme vous fait souffrir (on peut le penser puisque vous posez cette question et dites vouloir l’aider), c’est que vous l’aimez, et que vous êtes suffisamment courageux pour oser poser une question qui remet en cause votre propre comportement.</p>
<p>Oser se remettre en question dans un tel contexte n’est pas une petite affaire. Etes-vous prêt à vous confronter à des vérités qui peuvent être à la fois douloureuses et difficiles à accepter pour vous ? Donc à regarder en face « ce qui vous pousse à la violence » ?</p>
<p><span id="more-2478"></span><br />
Pour cela vous aurez besoin de comprendre que personne ne nait violent, que la violence est toujours le comportement d’un être en souffrance qui ne sait pas trouver d’autre moyen pour se rééquilibrer.</p>
<p>Celui qui est - ici maintenant - violent est un être qui, dans son passé, a été lui-même soumis à la violence d’un autre, <span style="color: #800080;"><strong>en même temps qu’il a été contraint de considérer cela comme « normal ».</strong></span> C’est donc un être qui dans son passé de victime de la violence n’a pas pu faire autrement que de refouler son énergie de défense au plus profond de lui-même.</p>
<p>Prenons un exemple :</p>
<p>Un géniteur (je n’ose par l’appeler un père), contraint son enfant à lui obéir en le menaçant avec un manche de pioche tout en lui répétant qu’il est un bon à rien. Celui-ci – bien qu’ayant la peur au ventre – tente de lui tenir tête un moment. Il se prend des coups et finit par céder à son géniteur qui lui assène « ça t’apprendra, tu n’es qu’un bon à rien et tu n’avais qu’à m’obéir. » Ce jour là, cet enfant a appris deux choses (auxquelles il a cru) : la première c’est qu’il est un bon à rien, la seconde c’est qu’il est possible de faire obéir un « bon à rien » à coups de manche de pioche.</p>
<p>Remarquez que la rage de cet enfant, qui a dû se conformer aux exigences de son géniteur violent est restée intacte à l’intérieur de lui, mais refoulée (au plus profond), puisqu’elle n’a pas pu s’exprimer. Remarquez également qu’il n’a pas eu d’autre choix psychologique que celui de penser qu’il était un « mauvais » garçon désobéissant. Si, plus tard, on lui demande pourquoi son père l’a frappé, il répondra dans cette logique d’autant plus terrible qu’elle a été inculquée par la violence : « c’est parce que j’ai désobéi à mon père et que je suis un bon à rien. »</p>
<p>Quand un enfant se retrouve devant le choix de devoir renoncer à la perception qu’il a de lui-même, ou de devoir renoncer à la perception négative que son parent a de lui, il préfère renoncer à lui-même pour adhérer à la perception qu’à de lui celui qui détient sa propre survie. C’est ainsi que l’enfant (parce que c’est un enfant – dépendant des adultes pour sa survie) ne pourra pas remettre en cause le comportement violent de son parent et qu’il pensera comme la plupart des enfants battus interrogés « oui, c’est vrai, mon père était violent mais j’étais un enfant dur et je l’ai mérité. »</p>
<p>En fait l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes (tant que nous ne l’avons pas remise en cause) est liée à l’idée que se faisaient de nous-mêmes les personnes avec qui nous étions en contact dans les premières années de notre existence.</p>
<p>A travers un tel apprentissage, vous conviendrez que l’idée que cet enfant aura de lui-même sera extrêmement négative et que sa rage due à l’injustice subie, sera d’autant plus potentiellement dangereuse qu’elle sera restée intacte en lui, refoulée dans les profondeurs de son inconscient.</p>
<p>Aujourd’hui, vous vous retrouvez en face de votre femme qui - d’après vous - a fait une erreur. Plutôt que de penser que <span style="color: #800080;"><strong>parce qu’elle est différente de vous, il est tout à fait « normal » que ses comportements soient parfois en désaccord avec ce que vous pensez juste, </strong></span>vous la faites souffrir parce qu’elle ne pense pas comme vous, ou n’agit pas comme vous le voulez. Vous êtes incapable de respect pour elle parce qu’au moment même où vous n’avez pas été respecté vous-même dans le passé, vous avez été dressé à considérer sa différence comme inacceptable (comme votre propre différence, il y a longtemps, apparaissait inacceptable à ceux qui vous ont dressé). L’énergie de l’injustice subie emmagasinée à l’intérieur de vous, il y a pourtant longtemps, est restée intacte, elle vous envahit, ça devient « plus fort que vous ». Au moment où vous l’exprimez contre votre femme, cette énergie négative vous domine et vous devenez son prédateur. Même si après coup il vous arriverait d’en culpabiliser, vous n’y pouvez rien, tant que vous n’avez pas été extirper les causes de votre violence en vous-même.</p>
<p>Cela me fait penser à cet enfant des rues qui, dans le film de Luis Buñuel, <span style="text-decoration: underline;">Los Olvidados</span>,  est régulièrement battu par un aveugle qui l’exploite. Un jour, il est recueilli dans un centre de protection de l’enfance, par un éducateur qui, sachant que cet enfant aime les animaux, lui donne la mission de s’occuper d’un poulailler. Dénoncé au directeur par un de ses camarades parce qu’il a gobé un œuf, l’enfant se bat contre lui et finit par être la risée du groupe. Alors toute la violence subie depuis si longtemps, toute la haine enfouie en lui, remonte ; hors de lui, il prend un bâton et frappe, tue des poules, fait un véritable carnage dans le poulailler.</p>
<p>Plus tard, l’éducateur, un homme lucide et bon, pose une question à l’enfant : « Pourquoi as-tu tué les poules ? » L’enfant répond : « Je ne sais pas ». Mais l’éducateur, lui, a tout compris : « Moi, je sais, tu crois être en prison et tu penses que nous te détestons tous et tu voudrais nous tuer tous. Mais tu n’as pas osé et les poules ont payé, non ? » Le visage de l’enfant s’illumine, il se sent compris, et acquiesce : « Oui, M’sieur ! ». L’éducateur enchaîne : « Fais attention, les poules aussi peuvent se venger. » Ce qui signifie : « la société a ses lois et tu ne t’en tireras pas toujours impunément ».</p>
<p>Pour lui prouver qu’il n’est pas en prison comme il le croit mais dans un centre ouvert, l’éducateur donne de l’argent à l’enfant et lui demande d’aller lui acheter un paquet de cigarettes (il tente par là-même de briser le schéma compulsif de l’enfant qui lui fait croire que le monde entier est contre lui) ; l’enfant, se sentant respecté et reconnu (sans doute pour la première fois de sa vie), court chercher les cigarettes.</p>
<p>Ce personnage lumineux (le seul du film !) avait partagé plus tôt avec ses collègues : « Si plutôt que d’enfermer les enfants, on pouvait enfermer la misère ! ».</p>
<p>Sans doute, dans le monde réel, les êtres humains ne sont-ils pas tous aussi lucides que cet éducateur et beaucoup considéreront un être violent comme un être dangereux (ce qu’il est), et méchant (ce qu’il n’est pas.)</p>
<p>Mais revenons à votre question : il se peut que - dans votre histoire - vous n’ayez eu que rarement l’occasion de vous sentir respecté par l’autre, que vous n’ayez que rarement été considéré par vos proches comme un être humain digne de confiance.</p>
<p>Dans son livre « Les Anatomies de la pensée », Jean-Didier Vincent, neurobiologiste et directeur de l’Institut Alfred Fessart à Gif-sur-Yvette partage :</p>
<p><em>« Tout notre être est mémoire. (...) Les souvenirs obligent à construire un schéma d’action, souvent bricolé de façon à apaiser une insupportable souffrance. »</em></p>
<p>Si vous voulez vous extirper de votre schéma destructeur qui vous force à battre votre femme, il vous faut comprendre qu’il va vous falloir commencer par sortir de l’emprise de votre propre mémoire, et que cela passe par <span style="color: #800080;"><strong>rester fidèle à ce que vous êtes comme à ce que vous avez vécu par le passé pour pouvoir l’intégrer et devenir un jour capable de le dépasser.</strong></span></p>
<p>Ce lent travail d’intégration, vous ne pouvez pas le faire seul, sur la base de votre culpabilité (?) et de vos « bonnes résolutions » . Il se fera pas à pas, si vous le souhaitez vraiment, accompagné par un thérapeute en qui vous aurez confiance.</p>
<p>Merci à vous d’avoir eu le courage de poser votre question, je souhaite qu’elle soit pour vous l’occasion d’une prise de conscience qui vous permettra de vous sentir de plus en plus pleinement responsable de vous-même sur ce chemin de remise en cause de vos comportements destructeurs que vous avez initié en posant votre question. Car vous aurez besoin d’encore plus de courage et de force pour ne pas renoncer à cette entreprise de reconstruction de vous-même et ne pas céder aux sirènes que vous avez vraisemblablement entendues dans votre enfance et intégrées, du genre : « De toutes façons, je suis un bon à rien, incapable de m’améliorer, je n’y arriverai donc jamais. »</p>
<p style="text-align: center;">---------------</p>
<p>Pour aller plus loin, vous pouvez lire ces textes d’Alice Miller, docteur en philosophie, ex psychanalyste, qui a passé une grande partie de sa vie à étudier l’enfance dans sa relation à la violence  :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.evolute.fr/connaissance-soi/miller-racines-violence" target="_blank">Les racines de la violence.</a></li>
<li><a href="http://www.evolute.fr/education-enfants/miller-fessee" target="_blank">Il n’y a pas de « bonne fessée ».</a></li>
</ul>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #ff6600;">© 2010 <strong>Renaud PERRONNET</strong> Tous droits réservés.</span></p>
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