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L’enfant et la mort

Auteur : © Renaud PERRONNET

Thèmes principaux :

  • Faut-il éloigner les enfants ?
  • Importance de la maturité des parents.
  • Eviter les traumatismes.
  • Contexte familial et réaction de l'enfant.
  • Comment répondre aux questions de l'enfant ?
  • Les questions délicates.
  • L 'attitude de base face à la douleur de l'adolescent.

Il est devenu banal de dire que notre société moderne a fait de la mort un tabou. Même si celui-ci semble aujourd'hui être un peu remis en cause, il apparaît que beaucoup d'entre nous sommes gauches et maladroits quand il s'agit de parler de la mort à un enfant, encore plus s'il s'agit de l'accompagner dans un deuil.

Ces questions / réponses ont pour objectif de permettre à chacun de faire mûrir sa réflexion, donc son attitude dans la relation à l'enfant.

Pour un adulte, est-il normal de nier l'existence de la mort ?

Oui, c'est une réaction normale puisque nous sommes ainsi faits que quand nous nous retrouvons devant une nouvelle inassimilable par nous, notre première réaction - qui est aussi un mécanisme de défense - est le déni. Signe que nous avons posé le pied sur la première marche d'un parcours douloureux pour nous.

Ordinairement, comment réagit-on lorsqu'une mort sur­git dans une famille ?

On réagit souvent en éloignant les enfants, parce qu'on pense que la vue du cadavre et celle du chagrin des personnes affectées par le deuil peut leur nuire. D'ailleurs le Dalaï-Lama dit : "Le très jeune enfant - jusqu'à 7 ou 9 ans - n'a pas encore développé toute sa capacité de raisonner. Un contact avec la mort pourrait lui causer un choc important. Je pense qu'il faut tout faire pour éviter les traumatismes."

Mais ne risquons-nous pas alors de tomber dans un autre excès ?

Bien sûr, le risque serait de ne pas préparer l'enfant à la vie, de l'isoler, en ne lui permettant pas de participer aux cérémonies entourant la mort. En l'isolant de sa famille, en le faisant garder pour le mettre à l'écart, en l'excluant des conversations, en lui camouflant la vérité, on risque fort d'attiser sa curiosité et sa propension à la dramatisation et à la peur. Souvenons-nous que la mort présentée avec calme et respect donne un sens à la vie. (En effet, quelle valeur accorderions-nous à la vie si elle n'était pas limitée dans le temps ?)

D'un autre côté, il faut tout faire pour éviter les traumatismes. Les parents devront donc évaluer la maturité de leur enfant afin de ne pas risquer de lui imposer ce qui lui serait insupportable. Ils peuvent aussi - s'ils ne sont pas trop submergés par leur émotion - écouter son désir (de voir, de participer… ou pas.)

La maturité des parents est donc essentielle ?

Oui, mais bien souvent, ils ne font que projeter sur leur progéniture leurs propres crain­tes et angoisses sans réfléchir aux vrais besoins psychologi­ques de leurs enfants. C'est sûrement un risque de faire de la mort un sujet tabou donc de priver les enfants d'en faire l'expérience.

Je pense à certaines vieilles gravures qui représentent l'aïeul en train d'expirer dans son lit, entouré de sa nombreuse famille pendant que les plus jeunes jouent à cache-cache autour du lit. Quelle subtile leçon de vie ! L'enfant reste présent - mais dans son rôle - et pourtant il est naturellement associé au deuil vécu par l'ensemble de la famille.

Quelle est donc l'attitude juste du parent ?

Il s'agit moins d'avoir une attitude juste que d'être juste dans son attitude. Christine Longaker, qui dirige des séminaires de formation à l'accompagnement des mourants et qui a participé à la création d'Unités de Soins Palliatifs aux USA, nous dit dans Trouver l'espoir face à la mort, un guide pour l'accompagnement émotionnel et spirituel des mourants, (un ouvrage dont je ne saurais trop vous recommander la lecture) : "Lorsque survient une mort, les enfants découvrent et assimilent la compréhension que leurs parents ont de la mort. Que les parents perçoivent la mort d'une façon négative, comme quelque chose à éviter à tout prix, ou qu'ils la considèrent comme un aspect naturel et inévitable de la vie et de l'amour que nous ressentons pour autrui, le contexte familial se rapportant à la mort influera sur la réaction de l'enfant, pour le meilleur ou pour le pire." Je crois que tout est dit là : le thème de "la mort" demande à la relation parent / enfant beaucoup de tact, de délicatesse et de confiance, pour permettre à l'enfant d'intégrer doucement une réalité incontournable, porteuse de peurs et de fantasmes.

Les enfants voient-ils la mort de la même façon que les adultes ?

Non, ils ne peuvent pas la voir de la même façon parce que leur fonctionne­ment intellectuel est différent et surtout parce qu'ils n'ont pas accumulé la même expérience de vie. Ainsi il n'est pas encore possible d'aborder le sujet de la mort avec un enfant de moins de 2 ans. Après, entre 2 et 7 ans, l'enfant associera la mort à la disparition, à "ce qui s'en va", puis au fur et à mesure qu'il grandira, il cherchera à comprendre.

La manière dont nous nous y prendrons pour lui donner des explications à sa portée qui lui permettront de comprendre est donc capitale ?

Absolument, c'est à ce niveau que se situe notre responsabilité. Comment allons-nous répondre aux questions de l'enfant (telles qu'il nous les pose,) sans devoir courir le risque de créer chez lui des fantasmes ?

Il est absolument maladroit de dire à un enfant de 5 ans dont le grand-père est mort : "Grand-père est parti", donc de ne pas voir qu'il ne peut pas comprendre, encore moins admettre que son grand-père "qui l'aimait tant" soit parti sans lui avoir dit au revoir !

J'ai connu une femme qui, dans le cadre d'une formation à la préparation à l'accompagnement des mourants que j'animais, a partagé avec nous que, jusqu'à l'âge de 20 ans, il lui arrivait, dans des moments de nostalgie de son grand-père dont elle n'avait pas fait le deuil, de sortir de la ferme dans laquelle elle habitait, pour accoler une grande échelle au pignon de sa maison et y monter au plus haut pour se rapprocher de lui et - peut-être - espérer l'y voir. On lui avait dit pendant toute sa jeunesse que son grand-père était au ciel. Attention aux mots que nous employons, il faut éviter de comparer la mort au sommeil par exemple !

Pour parler de la mort aux enfants, nous devons employer les mots de la réalité qu'ils peuvent comprendre en fonction de leur âge et non pas des mots qui masquent notre peur. Françoise Dolto, dans Lorsque l'enfant paraît, explique : "Si la vérité n'est pas dite dans les termes mêmes que les adultes emploient pour affronter ces souffrances, l'enfant construit dans sa tête des fantasmes. Il faut que la réalité demeure dans les mots de la réalité, c'est-à-dire de l'expérience des choses. [On peut par exemple dire à un enfant :]

  • Il est mort parce qu'il avait fini de vivre alors que nous espérions qu'il vivrait comme toi.
  • C'est bien que tu sois vivant.
  • Ce n'est pas mal qu'il soit mort."

Ce n'est pas mal qu'il soit mort ?

Oui, je conçois que cette affirmation puisse nous paraître choquante. Mais en effet ce n'est pas mal, car ce grand-père lui aussi est soumis à la loi de la vie : il naît et il meurt, comme chacun de nous. Cela peut nous causer de la peine, nous faire souffrir, mais ce n'est pas mal en soi.

L'enfant s'interroge-t-il sur ce qui se pas­se après la mort ?

Certainement, il est à remarquer que l'enfant a appris, peu à peu, à ne pas devoir faire un drame de la séparation, donc à découvrir que les choses et les gens continuent à exister même en dehors de son regard. A partir de là, poussé par sa légitime curiosité, il cherche à comprendre et se pose naturellement la question "Qu'est-ce qu'il y a après ? Que font les gens après la mort ?"

Comment peut-on répondre aux questions de l'enfant ?

Il est sûrement important de tenir davantage compte de la dynamique psychologique de l'enfant que de nos croyances (religieuses ou pas.)

L'enfant étant par nature égo­centré, il est important de partir de son point de vue comme de son expérience à lui : "Tu ne peux plus le voir, mais tu en gardes un souvenir dans ton cœur et dans ta tête, peut-être que pour le mort, c'est la même chose, qu'il se rappellera toujours de toi."

Il est juste et important de tenir à l'enfant un langage basé sur l'authenticité et l'honnêteté : "La vie après la mort, je ne peux pas exactement t'expliquer ce que c'est, car je ne le sais pas (n'en ayant pas fait l'expérience), de même que je ne peux pas te dire que ça n'existe pas. Personne ne sait ce qui se passe vraiment. Les êtres humains espèrent et ont des croyances, c'est comme ça."

Et avec les tout-petits ?

Il faut d'abord, accep­ter leur curiosité intellectuelle comme un processus sain et normal de croissance, ensuite leur répondre avec simplicité et honnêteté, en évitant, autant que possible, de dramatiser.

Chaque parent, s'il sait la choisir, pourra en trouver l'opportunité. Une belle occasion peut se présenter si un jour, notre enfant nous tire par la main en s'exclamant : "Viens voir, le hérisson, il est tout écrasé !". Plutôt que de tirer notre enfant de l'autre côté en lui disant : "Laisse, c'est sale !", approchons nous de l'animal écrasé, regardons-le en nous associant à l'enfant et disons sobrement, sans porter de jugement de valeur : "En effet, il est mort."

Et si l'enfant insiste pour en savoir davantage ?

A la ques­tion : "Maman, quand est-ce que je vais mourir, moi ?", la réponse la plus honnête et naturelle est : "Je ne le sais pas et personne ne sait, c'est pour cela que nous avons à vivre notre vie de manière à être le plus heureux possible, donc avec le plus d'amour possi­ble au quotidien."

Après 9 ou 10 ans, comment réagit l'enfant ?

Tout dépend des influences qu'il a reçues, des expériences qui le guident, mais à cet âge, l'enfant démontre une conception beaucoup plus réaliste de la mort, qui est vécue comme un processus biologique. Et, par le truchement de l'école, il est imprégné des croyances culturelles et religieuses de la société dans laquelle il grandit.

Comment se comporter avec lui ?

Encore une fois, si nous voulons l'aider, nous avons à accueillir ses réactions émotionnelles, le plus sobrement possible. Chaque jeune réagira de façon personnelle à la mort d'un parent, d'un frère ou d'un proche.

A l'adolescence, qui est un âge de remise en question, beaucoup en viendront à douter et ils remettront en cause le contenu des enseignements religieux auxquels ils auront été soumis, et ce n'est que plus tard qu'ils se forgeront leurs propres croyances. Dans cette période trou­blée de la vie, l'amour et l'amitié (ce qu'avec pudeur on appelle aujourd'hui la solidarité humaine) sont certainement des valeurs qui, quand elles sont réellement vécues, vont aider l'adolescent à surmonter les sentiments de détresse et d'aliénation qu'il peut ressentir à l'occasion d'une perte.

Nous pouvons garder présent à l'esprit une vérité : dans un moment de deuil, les jeunes ont besoin de l'écoute, de la bienveillance et de la compréhension inconditionnelle des gens qui les aiment, et c'est sur cette base qu'ils oseront s'ouvrir, partager, plutôt que se murer dans un silence buté ou une feinte indifférence.

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53 réponses à “L’enfant et la mort” Laissez une réponse ›

  • Profession : Etudiante en psychologie.
    Ville : Saquenay.
    Pays : Canada.

    J'ai lu votre article et je l'ai trouvé très pertinent. Je suis entrain de réaliser une recherche dans le cadre de mes études.
    J'ai personnellement vécu un deuil important quand j'étais âgée de 8 ans. Le deuil d'une mère.
    Dans le cadre de ma recherche je me pose un questionnement par rapport à l'encadrement d'un enfant endeuillé. Personnellement, je crois que personne se préoccupe du deuil de l'enfant. Il y a pas vraiment de rituel et de rite de passage qui concerne les enfants.
    J'aurais apprécié que mes proches lisent votre article à la suite du décès de ma mère. Je n'ai pas eu de support par rapport à l'expérience de mort que je vivais. Mon père n'était pas en mesure de fournir un encadrement, lui aussi vivait un deuil important.
    L'entreprise funéraire avec qui ma famille à fait affaire n'avait aucun programme pour les enfants. Il n'y avait que du café...

    • Les enfants sont émotionnellement comme des éponges et il est vrai que bien souvent les adultes inconscients de leur présence sont aussi inconscients de ce fait.

      Les aider, c'est toujours aller dans le sens de leur permettre de vivre ce qu'ils vivent. Mais comment voulez-vous que des personnes qui sont souvent déjà très encombrées par leurs propres émotions, par leurs dénis et qui ne savent pas comment les gérer, puissent trouver des ressources en elles pour les aider !

      Là-dessus, je vous invite à lire le très bel article de Lee Lozowick qui est sur mon site et qui s'intitule « Le courage d'éduquer ».

  • Ma petite fille de 4 ans m'interroge sur ce qu'est la mort, si moi je vais mourir, me faire écraser, si je serai là toute sa vie… Des questions bien embarrassantes car je ne me suis jamais préparée à lui parler de ça.
    Votre article va m'aider à lui dire la vérité mais à choisir mes mots.
    Je suis rassurée de lire que c'est sain à son âge.

  • Mon mari est décédé en Mars 2007. J'ai un petit garçon qui aura 3 ans le mois prochain. En ce moment, il me demande où est son papa, ou fait allusion à lui en me donnant par exemple le téléphone et me disant que c'est lui à l'autre bout du fil. Je lui ai expliqué que son papa est "mort". Ce qui me contrarie, c'est que je pense que les questions qu'il se pose actuellement, proviennent du fait que ma belle-mère lui parle trop souvent ou fait trop souvent allusion à son fils. Je suis absente quand il se rend chez elle, je ne peux donc surveiller ce qui est dit ; est-ce bien ou non de lui parler de son papa sans qu'il ne demande rien. Il y a des tas de photos chez elle, est-ce n'est-ce pas perturbant ? Merci pour votre réponse.

    • Votre mari est donc mort alors que votre petit garçon avait 2 ans, donc à une époque où il n'était pas encore possible d'aborder le sujet avec lui de manière à ce qu'il puisse le comprendre.

      Il a donc vécu la mort de son papa complètement à travers vous et à travers les réactions de ses proches. La manière dont il aura été confronté au désespoir et au désarroi émotionnel de ses proches aura donc été prépondérante pour lui.

      Quand il demande où est son papa, il est parfaitement juste que vous lui disiez qu'il est mort et qu'il assimile peu à peu la mort à un départ définitif.

      En fait votre difficulté provient davantage du fait que votre enfant soit élevé en partie par votre belle-mère en qui vous n'avez que relativement confiance.

      Comme vous le savez, puisque les enfants sont comme des éponges qui absorbent les émotions de leur entourage, votre enfant est certainement sensible à la manière dont sa grand-mère a vécu la mort de son fils (son père). Peut-être lui parle-t-elle « trop » souvent de son fils mais peut-elle faire autrement ? Comment pouvez-vous vous y prendre pour peut-être lui faire sentir qu'il ne serait pas bénéfique d'accentuer l'évocation de son fils (comme d'ailleurs de la passer sous silence) ? Cela dépendra en grande partie de vos propres relations avec elle, donc de l'équilibre émotionnel personnel que vous avez avec elle.

      Il est juste de parler à un enfant de son papa mort afin de l'aider à intégrer pour lui cette disparition. La question est de ne pas le faire d'une manière trop pathologique, donc émotionnellement excessive par rapport à ce que l'enfant pourra supporter.

      Moins vous éprouverez le besoin de cacher de choses quant à la mort de son père donc plus votre enfant vivra sa mort de manière « naturelle » donc non excessive, moins il en sera traumatisé, c'est-à-dire plus il en fera naturellement le deuil.

      Votre position est très délicate car elle vous demande d'agir avec tact dans votre relation à votre belle-mère, comme d'avoir une attitude émotionnelle sobre vis-à-vis de votre fils, étant entendu que vous aussi vous avez vos propres émotions et souffrances par rapport à la mort de votre mari. Vous avez certainement besoin vous aussi d'un espace de parole et de déchargement émotionnel, et la mère que vous êtes, le risque de la mère qui aime et protège son enfant que vous êtes, sera certainement de passer trop rapidement sous silence ses propres blessures, sous le prétexte de l'épargner.

  • Un enfant de 4, 5 ans doit-il, peut-il assister aux obsèques de sa grand mère (cérémonie, crématorium) ?
    Je vous remercie pour votre prochaine réponse. Très cordialement.

    • En fait tout dépend du contexte : de l'équilibre émotionnel des parents qui par exemple sauront rester sobres dans leurs émotions, de la demande de l'enfant (que dit-il ?) est-ce lui qui en exprime le désir ? Quelle est "l'atmosphère émotionnelle" autour de cet enfant ? Comment lui a-t-on parlé de la mort ?

      A côté de cela il est important de tout faire pour éviter à tout prix un traumatisme émotionnel à votre enfant.

      Ce sont ces différents paramètres qui permettront à des parents, en harmonie avec leur enfant, de voir ce qui est préférable de faire.

      • Je vous remercie pour cet éclairage, pour la qualité et la richesse d'informations de votre site.
        Très cordialement.

  • Profession : Educatrice petite enfance
    Ville : Lausanne
    Pays : Suisse

    Je voudrais vous demander de m'éclairer sur le sujet de la culpabilité d'un enfant de 5 ans par rapport à la mort d'un proche. J'ai moi-même ressenti beaucoup de culpabilité face a la mort de ma grand-maman, car un des derniers souvenirs que j'ai d'elle est négatif, et je n'ai pas pu « vérifier qu'elle m'aimait toujours et qu'elle ne m'en voulait pas. » Elle est partie trop vite. Par la suite mes parents ont souhaité me protéger en me laissant jouer chez des voisins pendant l'enterrement, et je n'ai pas compris pourquoi je jouais alors que ma famille pleurait... Je sens qu'un enfant a besoin de mettre des mots sur ce qu'il ressent, et pour cela, il a besoin que l'adulte lui en donne, selon ce qu'il peut comprendre.

    Pensez vous qu'un manque de mots ou qu'une mise à l'écart d'un enfant face à un deuil puisse provoquer chez lui des angoisses ou des troubles obsessionnels de tous genres ?

    • Le rôle d'un adulte est de permettre à un enfant de se sentir responsable de ses actes (parce qu'il en est la cause) et pour cela il a besoin d'en être déculpabilisé. S'il ressent de la culpabilité, c'est parce qu'il aappris à devoir la ressentir.

      Pourquoi auriez-vous à penser que votre grand-maman ne vous en voulait pas ? Parce que vous avez dû penser qu'elle pouvait vous en vouloir, sans doute à cause de ce souvenir négatif que vous évoquez. Or c'est vous qui interprétez ce souvenir de sorte que l'on puisse vous en vouloir… parce que vous culpabilisez, c'est-à-dire parce que vous pensez que cette petite fille de 5 ans « aurait dû » agir autrement… Ce qui est faux puisqu'elle ne l'a pas fait…

      Oui, un enfant a besoin de mettre des mots sur ce qu'il ressent et les adultes sont là pour les y aider. Par exemple pour faire sentir à cette petite fille que contrairement à ce qu'elle pense d'elle, elle a toujours été aimable (digne d'être aimée) puisque cette enfant n'a pas pu (à l'époque) agir autrement que comme elle a agi, et qu'au moment où elle a agi, elle ne pouvait pas se douter des conséquences de son acte. C'est le rôle de l'adulte que de montrer cette bienveillance à l'enfant.

      Françoise Dolto explique : « Il n'y a pas à sanctionner du tout. Je ne vois pas comment la sanction peut aider un enfant... Ce qui aide un enfant, c'est qu'il reconnaisse qu'il est sorti des limites qu'il aurait dû garder, comme cela arrive à beaucoup de gens. Il le reconnaît et puis c'est tout... n'en parlons plus... mais il faut qu'il l'ait reconnu. (…) Il faut apprendre aux enfants à assumer leurs actes. »

      La culpabilité empêche donc l'enfant d'accéder à la responsabilité qui est la sienne. Cette culpabilité peut donc le ronger peu à peu de l'intérieur et provoquer chez lui des troubles et des angoisses… jusqu'au moment où il aura reconnu sa propre innocence, et cela pourra se faire le jour où un adulte l'aidera à être le témoin de la souffrance qui est et a été la sienne.

      Là, l'enfant deviendra capable de voir et de reconnaître qu'il s'est trompé (si tel est le cas), sans avoir besoin d'en culpabiliser.

      Dans votre exemple il est pour moi évident que votre mise à l'écart (même si elle a été faite avec l'intention de vous protéger,) a contribué à votre culpabilité, dans la mesure où vous ne pouvez pas vous empêcher de vous en vouloir d'avoir laissé faire ce que pourtant on vous a interdit ! Vous avez donc aujourd'hui besoin de découvrir que vous êtes totalement innocente de cette mise à l'écart et de ses répercussions.

      N'hésitez pas à lire également mon article : Culpabilité ou amour de soi ?

  • Pays : France

    Merci pour cette article très enrichissant, impliquer la mort dans la vie d'un enfant (le plus naturellement possible) cela doit êtres difficile à appliquer sachant que face à la mort d’un proche nous sommes impuissant et nos émotions prédominent (naturellement).
    Question, doit-on agir de la même façon avec un enfant à la mort d'un parent ou d'un proche face à la mort d’un animal domestique ou de compagnie ?

    • L'attitude fondamentale de base doit en effet être la même, garder l'équilibre entre "ne pas nier la douleur" et "ne pas nier la réalité". Parce que l'enfant se sera senti compris et soutenu, il pourra peu à peu "digérer" la réalité de l'impermanence des êtres et des choses. Pour que les parents puissent aider leur enfant à cela, il faut qu'ils aient eux-mêmes avancés dans ce travail de digestion.

  • Profession : Biographe
    Ville : Bréville-sur-Mer
    Pays : France

    Bravo pour la simplicité et la bienveillance qui sous-tendent tout votre propos, à l'image de celle avec laquelle nous devons aborder ce terrible sujet avec nos enfants !
    Je suis maman de jumelles de cinq ans et demi. J'ai moi-même été traumatisée lorsque j'ai compris que nous étions tous mortels (j'avais leur âge), au point de perdre le sommeil et de rester phobique à l'âge adulte, en proie à une peur panique incoercible. Pourtant, comme la plupart d'entre nous, je suis heureuse et j'ai appris à "vivre avec". Mais lorsque l'une de mes filles m'a demandé pour la 1re fois si elle "serait morte quand elle serait très vieille", j'ai eu beau ne pas lui mentir et tenter de la rassurer en lui expliquant que ce serait dans très longtemps, elle a paniqué. Sa soeur, beaucoup plus zen, a simplement acquiescé, comme si je lui confirmais ce qu'elle savait déjà.
    Le soir, ma petite peureuse demande à dormir avec sa jumelle... J'ai peur qu'elle développe la même phobie que moi et me demande si je dois consulter, car elle ressent mes angoisses, même si je cherche à les lui cacher bien sûr !
    Merci d'avance de votre réponse.

    • Merci pour votre retour.

      Je ne crois pas (et cela est très différent) que ce soit la découverte de votre "mortalité" qui vous ait traumatisée (dans ce cas nous serions tous la proie de cette phobie dont vous parlez), mais plutôt "ce que vous vous êtes dit à vous-même" quand vous avez pris conscience de votre mortalité.

      Vous avez été "rejointe" par cela même que vous essayez de cacher avec tant de soins. Savez-vous que la dynamique même de l'inconscient est de vouloir mettre à jour ce que nous tentons de dissimuler ? Et que plus notre ardeur à dissimuler est grande, plus "ce que nous voulons dissimuler" sera la cause de nos souffrances ?

      Regardez votre absence de lucidité (bien compréhensible dans la crainte qui est la vôtre), vous exprimez que vous n'avez pas menti à votre fille en lui expliquant qu'elle mourra dans "très longtemps". C'est ainsi que dans votre désir de lui dire la vérité (désir conditionné par votre peur, donc non objectif) vous avez été contrainte... de lui mentir.

      Il est certainement important que vous permettiez à votre petite fille de dormir avec sa jumelle comme il lui plaira, car c'est parce que vous ne ferez pas un problème du "problème" que peu à peu les choses pourront se détendre. (Et c'est vraisemblablement ce que l'on n'a pas su faire avec vous.)

      En cherchant à lui cacher vos angoisses, vous contribuez (en le sachant, dites-vous) à les créer chez votre fille. Alors pourquoi ne pas jouer "franc-jeu", pourquoi ne pas simplement les reconnaitre devant elle ? Quelque chose comme "Oui, vois-tu, moi je suis angoissée à ce propos parce que je suis malade, je te raconterai cela plus tard quand tu seras grande, mais vois-tu tout le monde meurt sans savoir à quel moment et cela n'empêche pas la plupart d'entre nous de bien vivre." Rappelez-vous les paroles de Françoise Dolto : "Nous avons à vivre notre vie de manière à être le plus heureux possible, donc avec le plus d'amour possi­ble au quotidien."

      Consulter, dites-vous ? Vous avez certainement besoin d'approfondir ce que vous exprimez en disant "je suis heureuse et j'ai appris à vivre avec", sans doute y a-t-il encore beaucoup d'inhibition chez vous (vous parlez de "terrible sujet".)

      Pour vous permettre d'aller plus loin, je soumets à votre réflexion ces paroles d'Epicure (qui datent de 2300 ans) dans sa "Lettre à Ménécée" :

      "Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien pour nous, puisque tout bien et tout mal résident dans la sensation, et que la mort est l'éradication de nos sensations. Dès lors, la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise à jouir du caractère mortel de la vie : non pas en lui conférant une durée infinie, mais en l'amputant du désir d'immortalité. Il s'ensuit qu'il n'y a rien d'effrayant dans le fait de vivre, pour qui est radicalement conscient qu'il n'existe rien d'effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre. Stupide est donc celui qui dit avoir peur de la mort non parce qu'il souffrira en mourant, mais parce qu'il souffre à l'idée qu'elle approche. Ce dont l'existence ne gêne point, c'est vraiment pour rien qu'on souffre de l'attendre !

      Le plus effrayant des maux, la mort ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n'est pas là, et quand la mort est là, c'est nous qui ne sommes pas ! Elle ne concerne donc ni les vivants ni les trépassés, étant donné que pour les uns, elle n'est point, et que les autres ne sont plus. Beaucoup de gens pourtant fuient la mort, soit en tant que plus grand des malheurs, soit en tant que point final des choses de la vie. Le philosophe, lui, ne craint pas le fait de n'être pas en vie : vivre ne lui convulse pas l'estomac, sans qu'il estime être mauvais de ne pas vivre. De même qu'il ne choisit jamais la nourriture la plus plantureuse, mais la plus goûteuse, ainsi n'est-ce point le temps le plus long, mais le plus fruité qu'il butine ? Celui qui incite d'un côté le jeune à bien vivre, de l'autre le vieillard à bien mourir est un niais, non tant parce que la vie a de l'agrément, mais surtout parce que bien vivre et bien mourir constituent un seul et même exercice... Plus stupide encore celui qui dit beau de n'être pas né, ou sitôt né, de franchir les portes de l'Hadès. S'il est persuadé de ce qu'il dit, que ne quitte-t-il la vie sur-le-champ ? Il en a l'immédiate possibilité, pour peu qu'il le veuille vraiment. S'il veut seulement jouer les provocateurs, sa désinvolture en la matière est déplacée. Souvenons-nous d'ailleurs que l'avenir, ni ne nous appartient, ni ne nous échappe absolument, afin de ne pas tout à fait l'attendre comme devant exister, et de n'en point désespérer comme devant certainement ne pas exister."

      • Merci pour cette longue réponse apaisante et éclairante. J'avance chaque jour un peu plus, grâce à quelques lectures dont celle-ci...

        Dans votre réponse, seule une remarque m'interpelle : vous me dites que j'ai été contrainte de mentir à mon enfant en lui disant qu'elle mourrait « dans très longtemps ». N'est-ce pas là la vérité ? Dois-je l'effrayer davantage en lui précisant que si la logique veut qu'elle décède lorsqu'elle sera âgée, elle peut tout aussi bien mourir demain ?!!!

        Pardonnez ma naïveté, mais ma volonté de comprendre est considérable...

        Encore merci, bien sincèrement.

        • Ce que vous appelez votre « naïveté » est en fait la conséquence de votre confusion due à votre peur.

          La « vérité » n'est que l'expression de la réalité « telle qu'elle est » (l'expérience que nous avons des choses) et avec laquelle les humains vivent depuis toujours, (remarquez que les êtres humains ne se suicident pas parce qu'ils doivent mourir, mais qu'ils vivent tout en sachant qu'ils mourront.)

          Il n'est pas conforme à la réalité de dire à votre enfant qu'il mourra « dans très longtemps », par contre vous pouvez évidemment lui dire que vous souhaitez qu'il meure « le plus tard possible. » Ce qui lui permettra de sentir qu'il y a deux : la réalité et le souhait de sa mère qui l'aime, ainsi vous n'entretiendrez pas ses fantasmes. Car la mort n'est pas un mal en soi, elle n'est un mal que pour celui qui la refuse. Regardez comme la mort de « cet être humain inconnu », qui vivait à des milliers de kilomètres de chez vous vous indiffère…

          Si vous ne parlez pas à votre enfant, conformément à la réalité, vous entretenez une confusion en prenant le risque de lui « arranger la réalité » conformément à vos craintes. Donc de créer de la peur chez lui. Sommes-nous d'accord ?

          Et c'est justement ce que je vous invite à ne pas faire, même si je comprends parfaitement que votre histoire personnelle vous incite à parler de manière à entretenir des fantasmes. (Puisque vous-même ne pouvez vous exprimer que sur la base de votre expérience traumatisante.)

          Il ne s'agit donc évidemment pas de « l'effrayer davantage » en lui disant maladroitement qu'elle peut mourir demain. Mais la peur de votre enfant a une cause, faire « comme si » elle ne pouvait mourir que dans très longtemps, c'est l'entretenir.

          Permettre à votre enfant de retrouver son équilibre émotionnel face à la mort c'est aller dans le sens de l'aider à accepter cette réalité qui nous dit que nous pouvons mourir à chaque instant, et non pas à l'occulter. Comment allez-vous vous y prendre, vous qui avez peur de la mort ?

          A mon sens, vous ne pourrez aider votre enfant dans ce domaine que parce que vous-même aurez fait un travail vous ayant permis de mettre à jour les causes de votre propre peur de la mort. (Et c'est la raison pour laquelle je vous invitais à prendre conscience que ce n'est pas la prise de conscience de votre mortalité qui vous a traumatisé, mais ce que vous vous disiez à vous-même en en prenant conscience.)

          Tant que vous n'avez pas fait ce travail d'apaisement avec vous-même, vos émotions sont là, (elles s'expriment notamment en vous contraignant à « rassurer » votre fille), elles sont un obstacle pour accéder à la « vérité » donc vous empêchent - bien malgré vous - de parler à votre fille un langage conforme à la réalité, le seul capable de créer une relation de confiance.

          Si quelque chose n'est pas clair à nouveau, n'hésitez pas à poursuivre votre intervention.

          • Je vous remercie bien sincèrement d'avoir pris le temps de me répondre, a fortiori avec tant de justesse. Vos remarques ont joué comme un déclencheur lors de notre premier échange et la longue citation d'Epicure m'a fait reconsidérer la question de la mort.

            Dans un second temps, je suis arrivée à la même conclusion que vous, à savoir la nécessité pour moi de sortir de mes propres peurs et d'appréhender avec plus de sérénité ce sujet douloureux, pour être capable de l'aborder sereinement avec ma fille. Grâce à elle, je me suis vue contrainte de réfléchir, de me poser les bonnes questions et d'avancer. Les enfants nous procurent une énergie folle et surtout, nous mobilisons pour eux des efforts auxquels nous n'aurions pas recours pour nous-même!
            Je chemine donc à mesure que ses questions se multiplient et y réponds avec sincérité, relayée efficacement par mon mari, qui est infirmier psy et qui a su trouver les mots justes pour lui expliquer notre mortalité latente de chaque instant.

            Mais certaines questions, plus terre à terre, ne sont pas encore "tombées", que je redoute énormément, n'ayant pas de réponse adaptée. Ma puce m'a parlé des cimetières, elle se demandait simplement s'il y avait de la lumière, ce qui m'a permis de rester pragmatique et objective en lui disant que oui (il y a bien quelques ampoules pour éclairer la nuit)... Mais lorsque la question du devenir des corps se posera à son tour, j'avoue continuer de chercher quelle sorte de réponse peut bien constituer une vérité sans pour autant effarer mon enfant de cinq ans et demi...

            Voilà, je vous remercie encore chaleureusement et vous félicite pour votre excellent travail et votre philanthropie manifeste.

  • Profession : Éducatrice petite enfance
    Ville : Genève
    Pays : Suisse

    La sœur de mon mari s'est suicidée dernièrement et j'en ai un peu parlé avec mes enfants (7 et 10 ans) mais il est vrai qu'à la question « pourquoi elle s'est suicidée », j'ai beaucoup de mal à répondre. C'était une personne très dépressive et qui buvait mais comment expliquer qu'on peut ne pas s'aimer au point de vouloir se tuer. D'autant plus qu'elle avait deux enfants qui auraient dû, d'après moi, être un moteur pour essayer d'aller mieux.
    De plus, mes enfants m'ont dit ne pas souhaiter aller à l'enterrement. Il est clair que si c'est leur souhait, je ne les obligerai pas mais je pensais que venir à l'enterrement était important pour dire au revoir, pour qu'ils ne se sentent pas exclu et pour qu'ils puissent sentir la famille réunie se soutenir. En écrivant ces dernières lignes, je me rends compte que parler de la mort avec eux fait sans doute qu'ils ne se sentent pas exclu et par conséquent ils peuvent faire le deuil à leur façon. Merci de m'éclairer et un grand merci pour votre site qui peut répondre rapidement à nos questions.

  • C'est justement parce qu'une personne est désespérée que ses enfants ne peuvent pas être un moteur pour elle. Prenez cela comme une infirmité, vous n'en voudriez pas à un aveugle de ne pas être capable de voir ses enfants.
    Souvenez-vous simplement qu'une personne dépressive n'a - par définition - plus confiance en elle-même, ni en les autres (même ses proches) qui souvent ne trouvent qu'à lui dire qu'elle devrait « faire un effort » ou « se rendre compte que ses enfants l'aiment… » Une personne qui se suicide ne s'en rend plus compte. Pouvoir l'aider c'est la comprendre et surtout lui faire sentir qu'on est avec elle… ce qui n'est - bien souvent - pas facile.
    Répondre à un enfant c'est lui répondre à la fois avec sincérité et simplicité : « Oui, tu vois mon chéri, il y a des gens qui parfois sont tellement malheureux qu'ils préfèrent mourir ; ce n'est pas mon cas vois-tu, moi j'aime vivre et t'aimer, mais certaines personnes qui sont très malheureuses ne peuvent plus ressentir cela. » Pourquoi leur cacher une réalité qu'ils découvriront ? Par contre si vous leur dites : « Je ne peux pas comprendre que l'on puisse en arriver à faire une chose pareille quand on a deux enfants. » Vous les troublerez en « diabolisant » leur tante que vous soumettez à votre propre jugement.
    Oui, tout cela est tragique, oui, soyez certaine qu'elle avait (pour elle) une raison très valable de vouloir mourir. L'aimer, c'est la comprendre et ne pas devoir juger la validité de son désespoir.
    Laissez (comme vous le suggérez), vos enfants libres des réactions affectives qui sont les leurs. Sans doute ont-ils entendus l'indignation des uns et des autres ? Sans doute sont-ils troublés ? Et s'ils posent une question, soyez prête à leur parler avec amour de leur tante. Pourquoi ne devrions nous plus aimer la mémoire d'un être humain qui se suicide ? Même si au fond de votre cœur vous pensez « Quel drame pour les deux enfants de cette femme ! » Souvenez-vous que la meilleure manière de les aider c'est aussi de leur permettre de peu culpabiliser (non pas en le leur disant, ce qui serait maladroit), mais en leur montrant qu'on les aime dans leur malheur, donc en leur faisant aussi sentir qu'on ne juge pas leur mère et qu'on la respecte.

  • Profession : Educatrice en milieu familial
    Ville : Sherbrooke
    Pays : Canada

    Je suis éducatrice et j'ai dans mon entourage un petit garçon très brillant et plein de douceur. Dernièrement, sa grand-maman est décédé et sur le moment tout semble aller pour le mieux, disons qu'il était peiné mais réagissait avec une grande sagesse pour son jeune âge (5 ans). Mais depuis quelques temps il a réalisé que sa mère peut mourir et il a peur d'aller en classe, peur qu'elle parte et ne revienne pas elle aussi, comment lui expliquer, comment surtout le rassurer.... c'est certain qu'il faut lui dire la vérité mais comment faire pour qu'il continu son chemin sans avoir une peur de ce qui va arriver à sa mère ?

    Merci de m'aider... c'est un garçon que j'aime autant que le mien et la petite famille aussi.

  • Oui, je sens bien votre besoin de le rassurer, besoin légitime, puisque vous l’aimez vous ne souhaitez pas qu’il souffre, qu’il soit inquiet et déstabilisé.
    Or comprenez que ce n’est pas sur la base de votre besoin à vous que vous pourrez l’aider mais sur la base de votre capacité à vous ouvrir à sa vérité à lui : un petit enfant inquiet pour sa maman parce qu’il vient de perdre sa grand-maman.
    Lui faire sentir que vous êtes inquiète pour lui reviendrait à lui dire qu’il ne devrait pas s’inquiéter (ce qui ne ferait que renforcer son inquiétude puisqu’il vous aime).
    Comment allez-vous vous y prendre pour lui faire sentir que vous êtes avec lui, entièrement d’accord pour qu’il ressente ce qu’il ressent (la preuve de votre amour sera là, l’amour, c’est « je te comprends » même si je ne suis pas d’accord, plutôt que « tu ne devrais pas. ») Là, dans cette proximité préalable (et ceci est très important) vous ou mieux, - sa maman - pourra rajouter (vous voyez, il n’y a rien à enlever, juste rajouter quelque chose) quelque chose comme « Tu sais mon chéri je n’ai pas du tout l’intention de mourir bientôt, je comprends que tu sois très inquiet puisque ta grand-maman que tu aimais est morte subitement, mais moi, ta maman, je reste avec toi et pour t’en donner la preuve, nous allons faire ceci ensemble. » Et là, la maman trouve quelque chose à faire de plus, à vivre avec son petit garçon afin qu’il sente non pas « Les personnes que j’aime m’abandonnent » mais qu’il se sente ici et maintenant aimé et accompagné.
    Ce petit garçon dans un moment difficile a besoin de se sentir encore plus entouré… mais je vous en prie, n’en faites pas trop ! Il s’agit de trouver la juste mesure…
    Trop, c’est la peur, la juste mesure, c’est l’amour.

  • Profession : Educatrice

    C'est un peu par hasard et dans l'urgence que je suis tombée sur votre article. Il répond à pas mal de mes questions. A savoir quels mots utiliser face à un enfant confronté à la mort.
    Dans le cadre de mon travail, je suis confrontée à la mort très proche d'une maman, des suites d'une longue maladie. Ses enfants nous demandent de les accompagner pour parler à leur plus jeunes frère et sœur (8 et 11 ans). Malheureusement, ils ont déjà perdu leur papa d'une mort brutale voilà 6 ans. La famille en souffre encore beaucoup. Leur deuil n'est pas encore fait, voir pas commencé ! Comment alors arriver à répondre à leur demande ? Quelle place doit-on prendre? Quelle est notre rôle ? Une tierce personne peut-elle aider ces enfants ?

  • Peut-être s’agira-t-il moins de leur parler que de les écouter ? Aider ces enfants ira toujours dans le sens de leur permettre de vivre et d’exprimer ce qu’ils vivent à l’intérieur de la souffrance qui est la leur. Le faux aidant ne permet pas à l’aidé de vivre sa souffrance. L’aidant véritable, lui, l’accompagne.
    Répondre à la demande de ces enfants sera donc leur faire sentir que vous les accompagnez inconditionnellement dans ce qu’ils vivent, quel que soit ce qu’ils vivent. La place que vous avez à prendre est donc l’exact reflet de leurs besoins, dans le cadre du rôle qui est le votre.
    Une « tierce personne » par son respect, son empathie, sa bienveillance, sa capacité à ne pas donner de conseils inutiles, comme celle de ne pas nier la souffrance et de ne pas chercher inutilement à rassurer, peut – bien sûr – avoir un rôle très précieux dans un tel contexte, même si elle n’est pas a priori proche.

  • Bonjour à tous,
    Je suis pleinement concernée par tout ce qui a été dit jusqu'à présent. En effet, mon fils de 6 ans traverse une passe difficile : il ressasse sans arrêt la mort de son arriere grand-pere arrivée subitement en 2006 (décédé dans un accident de voiture). Nous avons jugé important de lui dire la vérité quant aux circonstances du décès tant notre chagrin etait intense. Malgré cete franchise, par moment je regrette d'avoir ete aussi franche parce que du coup il est tres anxieux, inquiet qu'il m'arrive quelque chose. A ce sujet, J'ai une 1ere question : pour quoi les enfants en general sont plus inqiets pour leur maman que pour leur pere. Dans tous les cas, il me pose beaucoup de questions pour lesquelles je suis tres franche, quand je sais repondre je le fais et quand je ne sais pas, je le lui dis aussi... Cependant ce n'est pas suffisant pour lui. Il dessine ces craintes sur papier et tres souvent se met à pleurer. Nous avons pris rdv avec un pedopsychiatre pour qu'il puis se nous aider à trouver les bons mots afin de le rassurer. Il est vrai qu'au bout d'un moment on se sent desarmé. Qu'en pensez-vous: la franchise est-elle tjs la meilleure solution ? Merci de votre aide !

  • La franchise n'est jamais une "solution" comme vous dites, elle est l'attitude de base à partir de laquelle nous pouvons parler à nos enfants. Après, tout dépend de la sensibilité de ceux-ci et de l'importance de l'éventuel traumatisme qu'ils ont subi à l'annonce de la mort d'un proche. Souvenez-vous qu'il est inutile et dommageable de dire à quelqu'un ce qu'il ne peut pas entendre. Il s'agit donc de s'adapter aux besoins de l'enfant sur un fond de franchise.

    Les êtres humains angoissés sont souvent inquiets pour ceux qu'ils aiment et cela indépendamment de leur sexe. Votre petit garçon en effet semble très inquiet, vous dites qu'il a l'opportunité de dessiner ses craintes sur le papier et de pleurer. Il exprime donc ses craintes et c'est ce qui est précieux. Mais je comprends que son expression émotionnelle vous mette vous-même en insécurité. Peut-être est-ce vous qui avez besoin d'être rassurée ? Mais je ne vais pas plus en avant, puisque je ne sais rien de votre relation à lui et que vous me dites consulter bientôt un pédopsychiatre avec qui vous explorerez cela.

  • Pays : France

    La mère de mon mari est hospitalisée ne réanimation depuis deux semaines. Il semble qu'à moins d'un "miracle" elle meurt d'ici la fin de la semaine. mon mari "se prépare" à cet éventualité et soutien son propre père lui même en mauvais état physiquement. j'ai voulu dès le début dire la chose aux enfants (13,11 et 9 ans), les informant (ou incitant leur père à en parler) des jours ou cela allait mieux et ceux ou cela n'allait pas. depuis hier, les médecins sont très négatifs, nous leur avons donc dit qu'elle allait très mal et qu'elle risquait de mourir. Ce soir la petite de 9 ans est venu nous dire que son frère pleurait dans son lit, ce qui était le cas il a dit je ne veux pas qu'elle parte... mon mari comme moi essayons de leur dire dire "la vérité" : c'est normal que tu sois malheureux, tu ne peux rien y faire, il faut que tu te souviennes des bons moments que tu as passé avec elle; C'est le cycle de la vie et on ne sait pas ce qui se passe n'y avant n'y après et c'est peut être très bien... Il faut dire que je pleure facilement dès que je suis émue ce qui peut peux être perturbés encore plus les enfants. En entendant la réaction de leur frère les deux filles ont l'une après l'autre également exprimé leur tristesse (pleur). Chacune à sa manière, la petite sans trop verbaliser, la grande culpabilisant de ne pas avoir compris la douleur d'une de ses amie qui a été dans la même situation il y a quelque temps, et regrettant de ne pas pouvoir la voir. Pensez vous qu'il vaille mieux l'emmener la voir (pour autant que l'hopital" accepte...) et que faire pour l'enterrement ?

  • Pourrez-vous entendre et comprendre que plus que de leur dire "la vérité", l'important est que vous leur montriez que vous êtes, vous et votre mari, prêts à accepter cette vérité ? Ce sont surtout les émotions qui sont les vôtres à propos de la mort de votre parent qui peuvent leur peser, d'autant plus qu'elles se rajoutent aux leurs. En vous disant cela, j'ai conscience que je risque de vous culpabiliser... or c'est ainsi, les enfants sont des éponges, donc la manière dont vous vous y prendrez pour ne pas faire peser sur leurs épaules, "ce qui ne leur revient pas" sera la preuve de votre capacité réelle à les aimer.

    Ne leur parlez pas trop "préventivement", ne prévoyez pas les choses, mettez-vous juste à leur écoute et parlez-leur sur la base de leurs besoins et de leurs demandes, quand elles se présentent.

    Aussi souvenez-vous "qu'ils ne sont pas vous", donc que vous ne pouvez pas leur épargner les douleurs de la vie, vous pouvez juste les assurer de votre amour au moment où ils les vivent... Et cela est énorme de se sentir aimé dans l'adversité. Gardez cette idée tout au fond de vous-même dans votre relation avec eux.

  • Je viens de perdre le père de mon fils il ya deux mois, il vient d'avoir trois ans et n'a pas assisté a l'enterrement. Le jour ou cela est arrivé je lui ai dit que son papa n'était plus là qu'il était mort dans un accident et qu'il était au ciel suite à ses questions.

    Il parle souvent de son papa il dit qu'il lui manque, qu'il est triste que nous sommes tristes. J'essaye de le rassurer en lui disant que je le comprends et que je suis triste aussi et que nous pouvons penser a lui qu'il est dans notre cœur mais que nous ne pourrons plus le voir qu'il n'est plus là. Mais a la suite de son anniversaire il ya une semaine il me demande si son papa va venir bientôt. Dans quinze jour nous allons le mener au cimetière qui est a 2h30 de notre lieu d'habitation, je ne sais pas comment le préparer a cela ni quel mots employer quand nous serons au cimetière.

    J'ai vraiment besoin d'aide car je suis très angoissée.

  • Bien sûr Laurence, je comprends votre souci, votre angoisse qui vous montre à quel point vous aimez votre enfant. Cependant il est important que vous considériez comme vous le pouvez que votre angoisse ne le rassurera en rien, puisque comme vous avez pu le lire sur mes différentes réponses, les enfants sont « comme des éponges ». Il s’agit donc pour vous d’être le plus « vraie » possible et être « vraie » ne doit pas être confondu avec « tout dire inconsidérément ». Donc attendre que le besoin de votre fils se fasse sentir pour lui répondre.

    Si après lui avoir dit que son père était au ciel, vous lui dites maintenant qu’il est enterré au cimetière, cela risque d’être plus compliqué pour lui. Ce que vous lui avez dit « Je suis triste aussi et nous pouvons penser à lui, il est dans notre cœur mais nous ne pourrons plus le voir parce qu'il n'est plus là » est très juste. Donc il ne faut pas qu’il croie que c’est « son papa » que vous allez voir au cimetière ce qui serait très troublant pour lui après ce que vous lui avez dit. Vous allez vous recueillir prochainement sur la tombe du père de votre fils, mais lui, l’a-t-il demandé ? Si non, pourquoi le lui imposeriez-vous ?

    Quand votre fils vous demande si son papa – mort - va venir bientôt (ce qui doit être bien douloureux pour une maman), restez ouverte à lui, accueillez sa demande avec amour (ça, soyez certaine qu’il le sent) ; c’était son anniversaire, donc un moment de fête et sans doute l’absence de son papa a pesé plus intensément sur lui. Restez fidèle à ce que vous lui avez déjà dit et aimez-le en lui répétant ce que vous lui avez déjà dit. Qu’il vive actuellement dans une atmosphère de tristesse est « normal », faites simplement ce que vous pouvez pour que cette atmosphère de tristesse n’occulte pas la vie, sa vie.

  • Profession : Infographiste
    Ville : Yaoundé
    Pays : Cameroun

    Je dirai que votre article arrive à pic.
    Je ne saurai vous présenter mon cas, sans vous remercier et vous encourager pour ce travail magnifique que vous faites.
    Voilà ça fera bientôt 5 mois comme mon fils ainé âgé de 8 ans m'a quittée, laissant son petit frère agé de 20 mois (unique cadet) en ce 26 août 2008, date de son décès.
    Au jour le jour j'essaye de me remettre de cette séparation mais j'avoue que ce n'est pas chose facile. j'étais à la recherche d'un ouvrage qui puisse m'aider à surmonter cette épreuve et m'aider dans la prise en charge de mon fils.
    Mais ma grande préoccuption, c'est son petit frère. Un matin il s'est réveillé et m'a demandé où est Joan il s'appelait. A la fois abasoudie et prise de cours, je lui ai répondu "Joan est parti, il est parti au ciel." Depuis ce jour et à la vue des photos de ce dernier au mur, il a l'habitude de dire : voilà Joan, il est parti ou tout simplement Joan est parti.
    Après avoir lu votre article, j'ai compris toute de suite que j'ai commis une erreur en lui disant que son frère est parti.
    Questions :
    1) Que faire maintenant pour rectifier le tir ?
    2) Je l'ai inscrit en pré-maternelle dans l'école où fréquentait son frère comme ce dernier l'aurait souhaité, pourrait-il avoir une incidence sur sa vie future, du moins quand il sera plus conscient ?
    3) Quel processus suivre pour limiter les effets de la disparition de son frère sur lui ? Autrement dit comment lui faire intégrer cette nouvelle situation de vie ?
    Merci de me répondre !

  • Plus important que les mots, il y a l'énergie qui est la vôtre dans votre relation à votre fils, donc la manière dont vous lui parlez et prenez soin de lui. Afin qu'il n'y ait pas de confusion dans son esprit, il est certainement important qu'il entende que Joan n'est pas "parti", (comme on part sans dire au revoir, sur un coup de tête.) Un jour qu'il évoquera Joan, peut-être pourrez-vous lui répliquer avec les mots simples que nous employons pour parler de ce départ là : il est mort. S'il pose des questions, vous pourrez lui expliquer que parfois les adultes emploient des mots qui ne correspondent pas tout à fait à la réalité, mais que la réalité c'est qu'il est mort et que le souvenir du grand frère est et sera pour toujours dans votre coeur à tous les deux.

    Quand vous partagez "ma grande préoccupation, c'est son petit frère", je comprends bien que j'ai à faire à votre coeur de mère, et il est important que vous sentiez que plus ce coeur de mère s'apaisera dans l'immense douleur qui est le sien, plus il sera capable d'être naturellement en paix et en harmonie dans sa manière d'être et de parler du grand frère qui est parti à son petit frère qui est bien là. Le risque pour vous serait de reporter l'amour du premier sur le second, par exemple d'éduquer le second comme aurait aimé l'être le premier. Il est donc important que vous vous employez à tenter de respecter chacun : le premier est le premier, qui est parti, et le second est le second, qui est là... afin que le premier ne "pèse" pas sur le second et que le second se sente bien aimé "pour lui-même". Tout cela est très subtil et je pense bien que vous faites "comme vous le pouvez". Il est donc précieux que vous restiez le plus possible fidèle à vous même car cela fait aussi partie du destin du second d'être le frère du premier qui est mort donc d'avoir une maman endeuillée.

    Si - au fond de vous-même - dans votre coeur, vous pouvez (ayant préalablement exprimé votre douleur) parler à celui qui est mort, peut-être pourrez-vous le laisser partir donc lui souhaiter un "bon voyage", et c'est parce que vous laisserez (par amour) partir celui qui est parti que vous aimerez celui qui reste pour lui-même. Là, il vous sera peut-être un jour possible de sourire à votre enfant vivant en évoquant la mémoire de celui qui n'est plus et dans ce sourire, en fait, vous serez tous les trois.

  • Merci pour votre article qui m'apprend beaucoup sur la façon dont la mort doit être présentée à l'enfant.
    Pourrais je vous demander s'il existe des livres bien construits qui pourraient aider à aborder ce sujet avec un jeune enfant ?
    Ma petite nièce de 4 ans vient de perdre son papa dans un accident, et je voudrais lui offrir un livre qui soit un support pour qu'elle comprenne ce qu'est devenu son papa dans la mort et pour qu'elle puisse formuler ce qu'elle ressent ?
    Je vous remercie.

  • Je ne connais personnellement pas de livre pour enfant qui pourrait vous aider sinon ceux que citent deux personnes dans ma réponse à : "J’ai peur que ma petite fille de 5 ans n’ait été secouée par un décès" (lien plus haut, à la fin de mon article) à vous de vérifier s'ils vous semblent adaptés.

  • Pays : Canada

    Je suis très contente de découvrir votre site. Il est très réconfortant. La mort fait partie de notre vie, mais tellement difficile à accepter. J'ai une amie qui a perdu son conjoint il y a un peu plus de deux ans. Aujourd'hui c'est son fils unique de 17 ans qui s'éteindra à cause d'un cancer. Quel cauchemard je sais qu'il faut tout d'abord l'écouter et l'accompagner dans ce cheminement sans fin, mais que puis-je faire ou dire à ce jeune homme qui ne sera plus dès nôtres bientôt. Lui, il est au courant, et très courageux, souriant avec les autres. L'évoluation de la maladie est très rapide. Que pourrions-nous faire afin de porter les bons gestes et les bonnes paroles. Que dire à ce jeune homme, pour le consoler et l'aider à trouver une paix intérieure.
    Merci de prendre quelques instants pour me répondre.

  • Vous dites que vous savez ce qu'il y a à faire "l'écouter et l'accompagner" et en même temps vous partagez que vous voudriez faire ou dire quelque chose de plus. Comme si l'écouter et l'accompagner ne vous suffisait pas à vous. Or c'est lui qui meurt...

    Le besoin que l'aidant peut avoir de l'aidé, réduit l'aidé à être un objet pour l'aidant. Si vous n'acceptez pas personnellement le destin tragique de ce jeune homme, vous ne pourrez pas l'accompagner "là où il est", vous serez en porte-à-faux dans votre relation à lui.

    Le travail premier de l'accompagnant est donc de parvenir peu à peu à être 100 % d'accord avec ce qu'il advient à l'accompagné... Regardez, vous dites vous-même que ce jeune homme est courageux et souriant, pourquoi ne partageriez-vous pas ces précieux moments de vie avec lui ? N'oubliez pas que celui qui va mourir est vivant, qu'il vit ici maintenant, et que le regard que nous portons sur lui peut être une ombre à sa vie présente. Et si le mourant avait moins besoin d'être consolé qu'accompagné dans sa vie présente ?

    Je vous invite à lire attentivement "Ecouter", puis "Le travail de deuil", puis "Lettre d'une élève infirmière entrain de mourir" qui vous aidera à vous situer devant la mort de ce jeune homme.

  • Ville : St-Basile-le-Grand
    Pays : Canada

    J'ai trouvé votre article très intéressant. J'ai 3 enfants maintenant âgés de 4, 6 et 8 ans. Il y a 3 ans, leur grand-père qui vivait en dessous de chez-nous est mort suite à un cancer généralisé. Ils l'ont vu dépérir petit à petit. C'est sur que sur le coup les enfants ont été bouleversés par sa mort.
    Ce qui m'inquiète le plus c'est que 3 ans plus tard ma fille de 6 ans, aujourd'hui, a des moment d'ennui total. Elle pleure qu'elle s'ennuie de son papi, en suite elle nous demande ce qu'il y a après la mort, ensuite quand on va mourir. Je lui répond avec des mots simples et elle comprend.
    Pourquoi s'ennuyer encore de son papi ?
    Pourquoi pensé si souvent à la mort, il n'y a personne de malade dans notre entourage?
    Aidez-moi à la rassurer pour que ses moments, quand même, fréquents, cesses et qu'elle soit plus joyeuse.
    Merci à l'avance de m'aider à l'aider.

  • Je comprends tout à fait qu'une mère souhaite sentir sa fille plus joyeuse, mais il semble que votre petite fille ait été véritablement terrorisée par la mort de son papy. N'est-il pas naturel pour un être humain d'être profondément troublé par le dépérissement progressif d'une personne qu'il aime ?

    Il s'agit donc moins pour vous de "réussir à la transformer" que de l'accompagner "là où elle en est". Donc avec patience, laisser venir ses doutes, ses questionnements et ses peurs et ne pas les éviter. Y répondre sans détour, sans lui raconter d'histoires, être "vrai". C'est parce que votre enfant sentira que vous n'êtes pas vous-même (trop ?) troublée par les troubles qui sont les siens qu'il pourra continuer de s'appuyer sur vous en les partageant. Patience, osez l'accepter comme elle est, l'aimer "telle qu'elle" donc l'écouter et peu à peu elle se détendra.

  • Je suis maman d'un petit garçon de 9 ans et demie. Son pére est mort lorsqu'il avait 2 ans. Je me retrouve aujourd'hui dans une situation bien difficile car je pense que mon fils commence à se poser beaucoup de questions au sujet de son pére, mais il n'ose pas venir me parler. Comment l'aider à ouvrir le sujet ? Merci de votre aide.

    • Il est important que ses questions viennent de lui donc de son besoin à lui, qui peu à peu est entrain de mûrir. Mais peut-être que la mère que vous êtes l'appréhende parce qu'elle se demande si elle va savoir lui répondre ? La "situation difficile" dans laquelle vous vous sentez sera pour vous de plus en plus aisée à gérer si vous osez la vivre avec votre coeur et votre simplicité. Cette simplicité peut passer par une parole glissée à l'oreille de votre petit garçon, quelque chose comme "tu sais je me rends compte que ce ne doit pas être tous les jours facile pour un petit garçon d'avoir perdu son papa, je voulais te dire que quand tu le souhaiteras, nous pourrons en parler tous les deux" et si vous pouvez rajouter (?) "ça sera pour moi un plaisir de te parler d'un être que j'ai beaucoup aimé", n'hésitez pas à le faire, car là, vous vous parlerez tous les deux à l'intérieur de l'amour.

  • Nous sommes confrontés à une grande douleur : le disparition du fils de nos amis... il n'avait que 9 ans... il a voulu tester seul dans sa chambre les effets de l'arrêt respiratoire appelé stupidement "jeu" du foulard... les parents, la famille mais nos enfants, (amis de ce petit garçon) et nous-mêmes en souffrons mais nous nous "serrons les coudes"... ce qui me trouble c'est que la fille de leurs voisins (qui a 10 ans et qui l'adorait) reste fermée. Elle nous a dit avoir de la peine mais ne pas arriver à pleurer tant elle lui en voulait.............. que lui répondre ? Comment ses parents et/ou peut-être même nous (?) pouvons réagir ? Comment l'aider à extérioriser sa peine maintenant qu'elle a parlé de sa colère ? Merci d'avance pour vos conseils.

    • Oui, vous êtes en effet les témoins d'un drame cruel. Si la petite voisine de vos amis vous dit ne pas arriver à le pleurer tant elle lui en veut, c'est que (comme vous le percevez) sa colère d'avoir été abandonnée par son ami l'empêche (pour le moment) d'accéder à sa tristesse de l'avoir perdu. Un de mes amis dit que la colère c'est de la tristesse infectée.

      Dans un tel contexte, l'aider, ce n'est pas lui dire qu'elle ne devrait plus en être "là où elle en est" dans sa colère, mais lui faire sentir que vous la comprenez, que vous la respectez et que vous l'aimez "dans sa colère" donc exactement là où elle en est. Car c'est parce qu'un être se sent inconditionnellement compris dans ce qu'il vit qu'il pourra peu à peu se détendre au coeur même de son vécu... et accéder à une autre phase de lui-même. L'aider à extérioriser sa peine c'est donc ne pas lui dire qu'elle devrait être maintenant capable de le pleurer, mais - au contraire - lui faire sentir que vous êtes parfaitement d'accord avec elle quand elle en veut à son petit ami de l'avoir abandonné.

      N'hésitez pas à lire également mon article : Le travail de deuil.

      • Tout à fait, nous lui avons dit qu'elle avait le droit d'être en colère ! Il est logique que pour ne plus en vouloir à quelqu'un, il faut arriver à lui pardonner... Mais comment l'aider à y arriver ? Notre crainte est que son chagrin ne sorte JAMAIS et que cela lui fasse du tord ... Comment "adoucir" ce sentiment d'abandon ?
        Je vous remercie pour l'aide à y voir plus claire que vous apportez à toutes les personnes qui se sentent dans le noir... comme nous... Merci.

        • Pourquoi dire à une personne qu'elle a le droit d'être en colère quand elle l'est ? Pourquoi ne pas simplement la laisser être ce qu'elle est et l'aimer comme elle est ? N'est-ce pas parce que vous avez peur pour elle ? N'est-ce pas parce qu'on a peur pour l'autre qu'on ne l'accepte pas tel qu'il est ? "Adoucir" le sentiment d'abandon de cet enfant, n'est-ce pas lui permettre de sentir que vous l'aimez "telle qu'elle est" ? Je vous laisse réfléchir à cela, à votre émotion d'insatisfaction et vous invite à lire :
          - Ecouter.
          - Le pardon ou la fidélité à soi-même.

  • Profession : Assistante maternelle
    Ville : Aspiran
    Pays : France

    Je recherche des article sur la mort mais pas celle d'un adulte, mais celle d'un chien, notre chien est mort il y a 3 mois d'une crise cardiaque sous les yeux de mon fils thomas 4 ans. Nous avons enterré notre chien avec lui, au fond du jardin, nous lui avons expliquer qu'il était mort car trés malade et Thomas n'a jamais posé de question mais depuis la toussaint, il ne tient plus en place en classe, il reve ou veut se faire remarquer, à la maison, il tue un tas d'insecte de maniere froide "tiens, t'es mort". Je dois voire le psy scolaire mais comme j'ai lu votre article et tous les commentaires, j'aimerai savoir si la mort d'un animal peut perturbé autant qu'un humain et surtout comment l'aider car il n'en parle jamais et reste gai et calme à la maison. Merci d'avance.

    • Pourquoi devriez-vous dramatiser le comportement de votre fils de 4 ans qui reste gai et calme à la maison ? La mort d'un animal est - bien sûr - une occasion pour un enfant de se confronter à la mort. Vous avez perdu votre chien et votre enfant ne semble pas en être affecté plus que cela. Si cela vous étonne, n'est-ce pas parce que vous comparez votre affectation à vous à la sienne ? La relation d'aide n'est possible que sur la base de la demande de l'autre, restez donc disponible, pour le moment il n'en parle pas, mais (si vous le lui avez dit simplement et sans dramatiser) votre enfant sait qu'il peut compter, le moment venu, sur ses parents pour en parler.

      • Profession : Assistante maternelle
        Ville : Aspiran
        Pays : France

        Merci, je vois que vous avez tout compris et vos précieux conseils m'ont permis de comprendre que je devais attendre les question de mon fils et non les provoquer. A l'école, il le ressort à sa maniere et son instit me dit qu'il est en phase de reprise alors... Merci à vous d'être là et merci pour mon fils.

  • Ville : Ittre
    Pays : Belgique

    Merci pour tous ces mots qui sonnent juste, qui sont si doux, apportent réconfort et conseil si simplement.
    Nous avons deux garçons de six et cinq ans et vivons une période assez difficile émotionnellement car leur grand-mère maternelle est en traitement pour un cancer qui a déjà envahi deux organes. Hier elle a été hospitalisée pour une pneumonie et une grippe (H1N1?), ce qui signifie qu'elle ne peut plus subir de chimiothérapie pour l'instant, le pourra-t-elle encore? Voilà déjà 7 mois qu'elle lutte... En sois, ceci n'est pas une situation particulière, même si c'est une souffrance pour elle surtout, mais aussi pour toute la famille qui l'accompagne. C'est certainement une souffrance pour notre aîné qui a déjà vécu les décès de ses grands parents paternels en 2005 et 2006 décédés à 14 mois d'intervale suite à des cancers également! Il a aussi vécu la mort de deux animaux de compagnie qui lui étaient chers: un cheval et une ânesse gravide. Nous avons la chance d'avoir toujours pratiqué le dialogue ouvertement dans notre famille. Chacunes des question qu'il posait a eu un e réponse et il s'en sort assez bien même si la mort reste un sujet grâve qui peut apporter de la tristesse, des angoisses par moment et parfois beaucoup d'incompréhension. A son âge, elle est tellement présente dans sa vie que l'on pourrait presque dire qu'elle fait partie de son quotidien (ce qui est la réalité au même titre que les naissances!) ce que nous trouvons excessif au niveau émotionnel. Heureusement les enfants (surtout en bas âge) ont beaucoup de ressources. Mais une réflexion qu'il a faite récemment nous a bloqué: " a quoi ça sert de vivre si l'on doit mourir?". Bien sûr, comme vous le dites si bien dans votre article, nous lui proposons de vivre le bonheur et l'amour au jour le jour... Mais aujourd'hui, il ne doit plus être rassuré quant à la manière de vivre, mais au but de la Vie! Son petit frère est plutôt un "jouisseur" et se contente d'avoir des explications qui le rassure, cela lui suffit pour être heureux et... vivre.
    Pouvez-vous nous aider dans notre réflexion?
    Encore mille merci de partager toutes ces expériences: lorsque nous sommes malheureux, nous nous croyons toujours seuls, votre site nous montre bien que ce n'est pas le cas.

    • Tout d'abord, soyez persuadé que (quelles que soient les expériences douloureuses que vit votre famille) le « dialogue ouvert » qui est le vôtre dans votre relation à vos enfants les aide considérablement. Oui, la mort de quelqu'un qu'il aime est le plus souvent un véritable traumatisme pour l'enfant. Il ne s'agit donc pas de chercher à lui éviter un traumatisme inévitable, mais de l'accompagner le mieux possible dans ce traumatisme, ce que vous vous employez à faire avec tout l'amour qui est le votre. Assurément vos enfants perçoivent qu’au travers des épreuves, il est possible de rester debout et de continuer à aimer, c’est cette perception, même inconsciente, qui leur permet et leur permettra de rester debout au cœur même des tempêtes.

      La question existentielle de votre enfant : « A quoi ça sert de vivre si l'on doit mourir ? » n'est-elle pas pour vous l'occasion d'une véritable prise de conscience opérée à travers ce que vous nommez vous-même votre « blocage » ? La plupart d'entre nous, projetons constamment vers l'avenir (nous nous vivons comme si nous n’allions jamais mourir), cette projection nous évitant par là-même de regarder la mort en face. Dans la logique du vécu de votre expérience, vous proposez donc à votre enfant (pour le soutenir et le rassurer) de vivre et d'aller de l'avant (comme s’il n’allait jamais mourir), et voilà qu'il vous répond au niveau auquel vous n'aviez pas prévu qu'il vous réponde : vivre ? Et pourquoi puisqu'on va mourir ?

      J'avais été frappé - voici quelques années - par la réponse faite à un journaliste par une modeste femme de pécheur qui venait de perdre son mari et deux de ses enfants dans le tsunami advenu sur une côte indienne. Le journaliste de France 2 demandait, à celle qui tenait dans ses bras son seul bébé rescapé : « Vous devez être en colère contre la mer ! » Elle avait très simplement répondu : « Je ne suis pas en colère contre la mer car si j’étais en colère contre elle, cela voudrait dire que j’attendrais quelque chose d’elle, or la mer – elle - n’attend rien de nous. »
      Cette réponse avait été pour moi bouleversante. Il est vrai que pour la plupart d’entre nous la vie est un dû et que si la vie ne nous obéit pas en conformité avec ce que nous attendons d’elle, nous crions à l'injustice. L’injustice de la vie qui ne répond pas à nos attentes (!)
      En fait la vie – elle - n’attend rien de nous, nous pouvons vivre, mourir, nous suicider, jouir ou souffrir, la vie, éternellement s’épand et l’univers va en s’agrandissant. Ce n’est donc pas elle qui a besoin de nous mais plutôt nous qui avons besoin d’elle… puisque nous sommes en vie. Que faisons-nous de cette possibilité constamment renouvelée d’être en vie qui nous anime ? Allons-nous la gâcher sous le prétexte qu’elle ne correspond pas à nos attentes ? Ou allons-nous en faire grandir la conscience et en jouir tant que cela est possible ? L’écrivain crétois Kazantzakis nous encourage à vivre notre vie pleinement pour ne laisser à la mort qu’un « château brûlé », sur sa tombe, une épitaphe : « Je n’espère rien, je ne crains rien, je suis libre ».
      Tant que nous nous situons en fonction de la crainte de la mort (« A quoi ça sert de vivre si l'on doit mourir ? »), ne sommes-nous pas des êtres à demi-vivants (ou déjà à moitié morts) parce qu’amputés par la peur ? Quelle prise de conscience nous permettra de sentir qu’il nous est possible de vivre alors même que notre seule certitude est celle de mourir ?
      N’est-ce pas notre certitude de mourir qui conditionne notre capacité à vivre notre vie pleinement ? Parce que le déni de mort se change toujours en déni de vie, n'y a-t-il pas finalement plus d'angoisse à vivre comme si on n'allait jamais mourir, plutôt qu'à vivre sans évacuer la pensée de la mort ?
      Votre petit garçon n’a sans doute pas besoin d’être rassuré, les questionnements douloureux qui sont les siens sont là pour lui permettre de traverser sa souffrance. N’est-ce pas à travers eux qu’il grandit puisqu’il a des parents capables de les entendre et de les accueillir ?

      • Merci pour votre réponse qui ouvre mes yeux sur le fait que l'on comprend les paroles des AUTRES en fonction de ce que NOUS vivons ou avons vécu. Ayons le courage ou la lucidité de prendre du recul par rapport à nous afin de mieux (plus objectivement) comprendre les paroles des autres. Ceci pourrait nous amener "par magie" à mieux leur répondre...
        Votre réponse me fait beaucoup réfléchir à ma propre expérience de Vie et me conforte dans le bon dialogue d'ouverture que nous avons avec nos enfants.
        Merci.

  • Profession : Rééducatrice rasd

    Dans le cadre de mon travail, je rencontre des enfants originaire d'afrique qui ont perdu leur mère en mai dernier, ces enfants sont jumeaux. Le décés de leur mère ne leur a pas été parlé ; le papa est parti "au pays" pour un mois à l'occasion des obsèques de sa femme. Les enfants agés de 6 ans ont été laissés à la garde des plus grands. Au moment de la fête des mères, Senabou la petite fille disait que sa maman viendrait la chercher à la sortie de l'école. Les autres enfants savaient...
    Cette année les 2 enfants sont au cours préparatoire, dans 2 classes différentes, aucun des deux n'entre dans les apprentissages ; le papa très en souffrance avoue n'avoir pas pu parler aux enfants. A la maison tout le monde sait pour la maman et chacun croit que les jumeaux ignorent.
    L'assistante sociale s'occupant de la famille et moi même ont reçu le papa.
    Actuellement, je travaille avec la petite fille, dans le cadre de l'aide à l'école: elle est tt à fait en capacité d'apprendre à lire mais elle est très triste ; j'ignore à ce jour si sa famille lui a parlé du décés de sa maman ; elle ne parle que très peu... comment pouvez vous m'aider à trouver une piste. Je sais qu'elle sait comme une éponge et qu'elle a dû faire comme si elle ne savait pas... Lui a-t-on parlé, je l'ignore... Quel conseil avez vous pour me guider dans l'accompagnement de cette petite fille pour qui mon travail devrait consister à dénouer le blocage face aux apprentissages ?

    • Oui, au coeur de cette situation cruelle, comment allez-vous vous y prendre pour faire comprendre à ce père en souffrance que l'équilibre futur de ses enfants passe par oser leur parler la douloureuse vérité ? Nous oublions souvent la dimension temporelle du "parler de la mort", si ce père n'a pas pu, peut-être qu'il peut aujourd'hui ou qu'il pourra bientôt, grâce notamment à vos interventions... Votre risque est la résignation sous le prétexte que "cela n'est pas possible", il est donc capital que nous nous souvenions en tant qu'aidant que nous vivons dans l'impermanence et que c'est cette impermanence qui peut rendre un jour l'impossible possible.

      Bien sûr, le blocage que vit cette petite fille face aux apprentissages est lié à sa tristesse mais aussi au secret qui l'entoure. Comment faire comprendre à ce père douloureux qu'il ne peut aimer ses enfants qu'à travers la mort de son épouse, donc que le déni de sa mort inhibe sa capacité à les aimer ?

  • Profession: aide medico psychologique

    je cherche des conseils sur ma fille qui est adolescente, et qui vient d'apprendre que son père, avec qui je suis séparés mais toujours en bon terme, est en phase terminal d'un cancer du pancréas...Il lui reste que quelques mois a vivre a combattre cette maladie. A l'annonce de sa maladie, j'ai commencer a préparer ma fille a cette éventualité, depuis elle passe par des phases d'agressivité, de colères envers son père et a la fois une certaines lucidités! le problème est qu'elle refoule a l'extrême sa tristesse, j'ai donc dû utiliser comme un "electro choc" pour qu'elle puisse enfin se libérer de tous ce poids.... Elle a fait comme un transfert sur un chat errant, que nous avons récupéré (j'emploie transfert, car il est arrivé a l'annonce de la maladie de son père) et je me demande si cela est un bien pour elle...Nous parlons beaucoup de son père ensemble, en fait ont se remémorent les moments passés ensemble, son père l'a élevé tous seul, il ne c'est jamais remis avec une compagne et les liens entre deux sont très fort...Ce qui m'inquiète a ce jour est ses réactions a venir, je l'entoure de tous mon amours, je suis a l'écoute mais est ce suffisant? En vous remerciant de me conseiller et si mes actions l'aident... CORDIALEMENT
    PAOLA

    • Je ne sais pas comment vous vous y êtes prise mais je ne suis pas sûr que le meilleur moyen de préparer votre fille à la mort de son père soit de lui faire subir "comme un électrochoc" !
      Que pouvez-vous faire de plus que d'entourer votre fille, de l'écouter et de lui donner tout votre amour ? La question est simplement de savoir comment vous vous y prenez pour le faire... Aimer son enfant c'est faire en sorte qu'il se sente aimé par nous.

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