Archives pour la catégorie Relation d’aide

Doit-on écouter les personnes qui nous disent qu’elles ont été abusées sexuellement ?

« Dès lors que l’on se présente uniquement en thérapeute face à un autre être humain, on perd déjà la moitié de son humanité. »

Edward Podvoll (psychiatre et psychanalyste qui révolutionna l’accueil et le traitement des personnes psychotiques à travers le projet Windhorse.)

Récemment, alors que j’animais une formation sur la relation soignant / soigné, auprès d’infirmières d’un centre hospitalier de l’est de la France, alors que nous réfléchissions ensemble sur la manière d’entrer en relation avec des personnes traumatisées, l’une d’entre elles est intervenue pour dire qu’il ne fallait pas exagérer et que les abus sexuels dont les enfants étaient victimes ne laissaient généralement pas de traces dans leur vie ultérieure.

Choqué par son affirmation, selon moi, non fondée, je lui ai demandé ce qui lui permettait d’être si certaine de ce qu’elle affirmait. Elle m’a répondu qu’elle avait entendu dire cela récemment à la télé par un psychiatre renommé dont elle avait oublié le nom.

Après quelques recherches sur internet, j’ai découvert que le pédopsychiatre en question s’appelait Marcel Rufo, qu’il était auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’enfance et avait en effet tenu des propos plus que suspects dans l’émission de télévision « Allo Rufo » du 3 décembre 2012, diffusée sur France 5. Il s’agit d’une émission quotidienne de 6 minutes, dans laquelle il répond aux questions des auditeurs, « sans aucun tabou », est-il précisé.

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Aider les aidants. Pourquoi ? Comment ?

On estime que dans 80% des accidents d’avion, les pilotes commettent des erreurs qui auraient pu être évitées, surtout si l’équipage avait travaillé en meilleure harmonie. Aujourd’hui la formation des pilotes, outre ses aspects techniques, insiste donc sur l’importance du travail en équipe, sur la nécessité d’écouter les autres et de dire ce que l’on pense, en d’autres termes sur le b.a.-ba de l’intelligence sociale et de la maîtrise de soi.
Des découvertes récentes ont en effet clairement montré que le système nerveux joue un rôle essentiel dans le fonctionnement du système immunitaire, autrement dit que de mieux maîtriser nos sentiments négatifs contribue à prévenir la maladie.

Le monde médical commence donc, lui aussi, à s’apercevoir qu’en prenant en compte la détresse émotionnelle du patient on réalise des économies.

Or si l’aidant – celui-là même qui est chargé d’accompagner – est encombré de ses propres difficultés, il ne verra pas les difficultés de son équipe et il se tiendra à distance de celles de ceux qu’il se propose d’accompagner, sous peine de raviver les siennes et de risquer de s’y perdre.

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Pourquoi doit-on communiquer avec les personnes en état végétatif ?

Auteur : © Renaud PERRONNET

Est-ce juste de les considérer comme des « légumes » ?

Les séquelles de certains traumatismes crâniens comme de certaines défaillances cardiaques graves peuvent mener au coma, (du grec κῶμα/kôma qui signifie « sommeil profond »), qui est défini comme une abolition de la conscience et de la vigilance, non réversible par les stimulations, alors même que les fonctions végétatives (par définition les fonctions physiologiques indépendantes de la volonté comme la respiration, la digestion ou la circulation sanguine), sont plus ou moins bien conservées.mort_cerebrale

C’est ainsi qu’on parle d’EVC (Etat Végétatif Chronique) lorsque l’état végétatif persiste plus de 12 à 18 mois.

On estime que les personnes en EVC :

  • ne témoignent à l’évidence d’aucune conscience d’elles-mêmes ou de leur environnement ;
  • ne présentent aucun signe de compréhension ou d’expression du langage ;
  • n’offrent aucune réponse significative aux stimulations.

On parle plus spécifiquement d’EPR (Etat Pauci Relationnel, du latin « pauci » peu), lorsque ces personnes répondent seulement à quelques stimulations.

Plus l’état végétatif dure longtemps, plus les chances d’une évolution vers un retour à la conscience normale deviennent minimes, même si on a pu exceptionnellement observer des éveils chez des patients qui étaient en état végétatif depuis plus de 18 mois, (une quinzaine de cas seulement auraient été mentionnés dans les revues scientifiques), comme celui du jeune américain Terry Wallis qui est sorti du coma après 19 ans de soins de nursing.

Alors, les personnes en EVC sont-elles des « légumes » ?

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L’identification dans la relation d’aide

« Ce n’est pas tant l’aide de nos amis qui nous aide que notre confiance dans cette aide. »

Epicure.

Question de Marie-Claude :

Assistante de Travail Social, en Bourgogne.

Je suis « aidante » dans un groupe de femmes qui sont dans une démarche de trouver le chemin de l’abstinence par rapport à l’alcool. Depuis trois séances, une jeune femme de 33 ans, maman de cinq enfants, n’arrive pas à supporter que ses enfants et son mari ne lui fassent plus confiance. Ils la surveillent en permanence, fouillent dans son sac à main, ont mis des mouchards sur son ordinateur… ils ne la croient pas, quand elle dit ne pas avoir bu alors que cela était vrai et à cause de cela, elle vient de replonger. Elle dit avoir confiance en moi car je ne la juge pas. Je me rends disponible pour elle et je pense être bienveillante car je l’écoute (j’ai fait une formation « Approche Centrée sur la Personne » (1), mais je me sens démunie…

Ma réponse :

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La juste relation d’accompagnement

(ou comment dépasser ses craintes et ses méfiances pour accompagner l’autre)

« Accompagner quelqu’un, c’est se placer ni devant, ni derrière, ni à la place. C’est être à côté. »

Joseph Templier.

Auteur : © Renaud PERRONNET

Trouver le juste équilibre face à celui que nous nous proposons d’accompagner n’est pas toujours facile.

Même si un dicton de notre culture nous rappelle que « la peur est mauvaise conseillère », nos méfiances comme nos craintes peuvent nous sembler légitimes dans le contexte d’aidés trop entreprenants ou agressifs.

En fait, il existe deux risques, deux écueils pour l’aidant dans la relation d’accompagnement :

  • Etre dans l’affectif (souvent dans la sympathie et la pitié pour l’autre), donc dans la confusion entre lui et nous.
  • Etre distant, se protéger, donc prendre le risque que celui que nous nous proposons d’accompagner rompe sa relation à nous.

Pour pouvoir « garder notre équilibre » dans une relation d’accompagnement, nous avons tous personnellement besoin de « nous situer » par rapport à celui que nous accompagnons.

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Prendre soin de soi pour aider l’autre

Auteur : © Renaud PERRONNET

« Aider c’est être, ce n’est pas vouloir. »

Daniel Morin.

L’absence de compréhension, comme l’absence de connaissance de soi-même, ne profitent jamais au soignant. Au contraire, ce flou le condamne a toujours devoir répéter les mêmes comportements inadaptés, préjudiciables à la relation d’aide comme à lui-même.

Par contre, un soignant, qui ne serait-ce qu’une seule fois dans son approche de lui-même, a pu comprendre les raisons pour lesquelles il a été amené à avoir tel ou tel comportement inapproprié dans la relation d’aide, a fait naître en lui un espoir inestimable pour lui-même comme pour sa capacité à grandir dans cette relation d’aide.

Cet espoir est palpable parce qu’il est issu de l’expérience de sa pratique personnelle. L’expérience personnelle du soignant qui s’aide en se comprenant est la substance même de sa relation d’aide future. C’est parce qu’il a réussi à se comprendre lui-même sans se juger ni culpabiliser qu’il sera capable de comprendre celui qu’il se propose d’aider, sans le juger.

Comprendre ses propres comportements, se les expliquer à soi-même, c’est forger la clé qui ouvrira la serrure de sa possible évolution. A partir de cette compréhension, de cette préhension de lui-même, le soignant va pouvoir se prendre lui-même en charge et devenir peu à peu moins dépendant du comportement des soignés et de ses collègues, devenir plus autonome, c’est à dire plus apte à aider.

Il faut donner aux soignants des espaces pour se comprendre, des espaces pour s’accepter, donc des espaces d’humanité. Créer des moments propices de non-jugement et de confiance dans lesquels ils pourront commencer par s’accepter eux-mêmes en découvrant que leurs attitudes sont « saines » et du côté de la vie.

Sans ces moments, ils risquent de se fermer, de « se blinder », comme ils disent bien souvent. A force d’incompréhension et de meurtrissures, leur désir d’aider les autres s’émousse, leurs cœurs risquent de se fermer pour moins souffrir et c’est dans ce contexte que l’établissement de santé risque de devenir un lieu dans lequel on « répare » plutôt que d’être un lieu dans lequel on « prend soin ».

A partir de la compréhension que l’on a de ses propres comportements, tout reste à faire, mais sans cette compréhension, rien ne peut être fait.

Fournir aux soignants-aidants des lieux d’évolution et de ressourcement, c’est leur fournir la capacité d’aider les autres.

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UN EXEMPLE DE CE TRAVAIL DE COMPRÉHENSION DE SOI-MEME

DANS UNE RELATION SOIGNANT / CADRE DE SANTÉ

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L’infantilisation des personnes âgées ou le parler condescendant

Extraits de deux articles lus sur le blog « Mythe-Alzheimer » : Une autre manière de penser le vieillissement cérébral : pour une approche qui assume la complexité.

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Le soutien social et les interactions sociales influencent de façon fondamentale la qualité de vie des personnes âgées résidant dans une structure d’hébergement à long terme.

Cependant, il apparaît que, trop souvent, ces structures ne répondent pas réellement aux besoins de soutien social des personnes âgées. Par ailleurs, l’analyse de la communication dans les structures d’hébergement révèle une relative absence de conversation, une conversation principalement orientée vers la tâche en cours et un langage qui encourage la dépendance. On observe ainsi assez fréquemment la mise en place d’un style de communication qui a été appelé le parler « personnes âgées » ou le parler condescendant.

En utilisant ce type de parler, les membres du personnel peuvent, sans réellement en prendre conscience, renforcer la dépendance et favoriser l’isolement ainsi que la dépression chez les résidents, ce qui contribue à une spirale de déclin physique, cognitif et fonctionnel.

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Vivre heureux avec Alzheimer ?

Non, Alzheimer n’est pas synonyme de mort psychique !

« Un patient Alzheimer, ce n’est pas forcément un patient grabataire au fond de son lit, c’est un patient qui au début a quelques troubles et qu’il va falloir accompagner tout au long de l’évolution de cette maladie… Ce qui me semble important, c’est de proposer différentes actions thérapeutiques, médicamenteuses ou non, pour vivre malgré tout avec cette maladie. »

Docteur Drunat.

« Ne pas regarder sans cesse ce que l’on perd ou a perdu, mais ce qu’il nous reste de capacité, d’intelligence ou de sensibilité… et il n’y a qu’ainsi que la maladie peut être supportée et la vie continuer d’être vécue, avec le but de faire de chaque instant un moment important. »

Claude Couturier (touché par Alzheimer.)

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Pour ne plus avoir peur de la bonté ni de l’impuissance…

Auteur : © Renaud PERRONNET

« Homo sum : humani nihil a me alienum puto. »

(Je suis homme, rien de ce qui est humain ne m’est étranger.)

 

Publius Terentius Afer, dit Térence

(auteur latin d’origine berbère, né à Carthage, vers 190 – 159 av. J.C.).

La main tendue

Quand il a peur d’assumer ses valeurs humanistes, quand il finit par « oublier l’homme », l’aidant qui sent que la réponse juste à la détresse de l’autre est de le prendre dans ses bras pour l’étreindre n’ose pas le faire ou, s’il le fait, il pense qu’il doit le cacher.

Plus l’aidant s’endurcit et « se blinde », plus il se sent insatisfait de lui dans son rôle, donc pas à la hauteur humaine de sa tâche.

Il y a encore trop souvent dans le milieu de la relation d’aide une sorte de conformisme qui oblige les aidants à penser qu’ils ne doivent pas se montrer compréhensifs, ou tout du moins à s’en sentir coupables quand ils le sont.

Les aidants ont besoin de prendre confiance en eux-mêmes (et en ce qu’ils sentent juste de faire) donc de savoir qu’ils sont capables d’être plus solides qu’ils ne le pensent. Dans une interview accordée à Fabien Ouaki, le Dalaï-Lama partage : Lire la suite

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Une psychologue en souffrance : Comment gérer son impuissance ?

« Il y a un apaisement au fond de toute grande impuissance. »

Marguerite Yourcenar.

« On ne commande à la nature qu’en lui obéissant. »

Francis Bacon.

Question d’Eliane, psychologue.

Je suis psychologue dans une institution sociale et je suis présente dans les réunions d’équipe pour accompagner cette équipe dans sa réflexion. Après des vécus d’injustice, de non écoute, d’exigences importantes concernant le travail, les remplacements de collègues absents… l’accueil d’un enfant très violent, très difficile à prendre en charge le temps d’une réorientation voulue la plus rapide possible par tous car enfant en souffrance dans ce lieu et ayant besoin d’une prise en charge autre a été très mal vécu par l’équipe. Toute parole autre que celle de l’équipe est inaudible. Venez le prendre en charge au quotidien, sur le groupe d’enfants et à partir de là vous pourrez parler. Cela vaut pour tous les professionnels non éducateurs du groupe. La souffrance est massive, le rejet de toute réflexion surtout de une ou deux personnes de l’équipe est fort. Il n’y a plus de confiance. Je suis réduite à l’impuissance comme tous. Je crains de me retrouver en situation difficile si j’interviens. Je subis comme eux subissent et je me demande comment rester psychologue dans cette situation où il est impossible d’introduire un petit écart par rapport au discours de l’équipe. Je les écoute, je fais preuve d’empathie par rapport à ce qu’ils vivent mais je n’ai pas l’impression d’être reçue dans cette attitude. Merci de me lire. Lire la suite

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Accompagner ou diriger ?

Auteur : © Renaud PERRONNET

Thème principal :

  • Un mémo pour vous aider à garder une relation positive avec la personne en souffrance.

« Puis-je me permettre d’entrer complètement dans l’univers des sentiments de l’autre et de ses conceptions personnelles et les voir sous le même angle que lui ? »

Carl Rogers.

Vous êtes un certain nombre, après avoir suivi l’une de mes formations sur la relation d’aide à m’en demander un résumé que voici…

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Quelles sont vos croyances d’aidant ?

10 questions / réponses pour apprendre à aider sans se perdre.

(Libre adaptation d’un questionnaire de Michelle Arcand, psychothérapeute.)

Auteur : © Renaud PERRONNET

L’objectif de ce quizz est de vous aider à réfléchir à la manière dont vous pouvez interpréter votre rôle d’aidant à travers des croyances erronées… au risque de vous perdre et de sombrer dans le burn-out.

Répondez à ces questions, puis lisez leurs commentaires et souvenez-vous que – si vous le souhaitez – vous pouvez engager le dialogue avec moi au bas de cette page…

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